‹ Dictionnaire philosophique (volume 5)Chapitre 6 sur 90 · AR · texte numérisé non relu

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La pauvre Jeanne d'Arc ayant été prise par les Anglais, en dépit de ses prédictions et de ses miracles, soutint d'abord dans son interrogatoire que sainte Catherine et sainte Marguerite l'avaient honorée de beaucoup de révélations. Je m'étonne qu'elle n'ait rien dit de ses conversations avec le prince de la milice céleste. Apparemment que ces deux saintes aimaient plus à parler que saint Michel. Ses juges la crurent sorcière, elle se crut inspirée; et c'est là le cas de dire :

Ma foi. juge et plaideurs, il faudrait tout lier.

Une grande preuve que les capitaines de Charles VII employaient le merveilleux pour encourager les soldats , dans l'état déplorable où la France était réduite, c'est que Saintrailles avait son berger, comme le comte de Dunois avait sa bergère. Ce berger fesait ses prédictions d'un côté, tandis que la bergère les fesait de l'autre.

Mais malheureusement la prophétesse du comte de Dunois fut prise au siège de Compiégne par un bâtard de Vendôme, et le prophète de Saintrailles fut pris par Talbot. Le brave Talbot n'eut garde de faire briller le berger. Ce Talbot était un de ces vrais Angîais qui dédaignent les superstitions, et qui n'ont pas le fanatisme de punir les fanatiques.

Voilà , ce me semble , ce que les historiens auraient dû observer, et ce qu'ils ont négligé.

La Pucclle fut amenée à Jean de Luxembourg , comte de Ligny. On l'enferma dans la forteresse de Bcaulieu, ensuite dans celle de Beaurcvoir, et de là dans celle du Crotoy en Picardie.

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