ARIANISME
Toutes les grandes disputes théologiques pendant douze cents ans ont été grecques. Qu'auraient dit Homère, Sophocle, Démosthènes, Archirnède, s'ils avaient été témoins de ces subtils ergotismes qui ont coûté tant de sang?
Arius a l'honneur encore aujourd'hui de passer pour avoir inventé son opinion, comme Calvin passe pour être fondateur du calvinisme. La vanité d'être chef de secte est la seconde de toutes les vanités de ce monde; car celle des conquérans est, dit-on, la première. Cependant ni Calvin , ni Arius n'ont certainement pas la triste gloire de l'invention.
On se querellait depuis long-temps sur la Trinité , lorsque Arius se mêla de la querelle dans ladisputeuse ville d'Alexandrie, où Euclide n'avait pu parvenir à rendre les esprits tranquilles et justes. Il n'y eut jamais de peuple plus frivole que les Alexandrins; les Parisiens même n'en approchent pas.
Il fallait bien qu'on disputât déjà vivement sur la Trinité, puisque le patriarche auteur de la Chronique d Alexandrie, conservée à Oxford, assure qu'il y avai deux mille prêtres qui soutenaient le parti qu'Arius embrassa.
Mettons ici, pour la commodité du lecteur, ce qu'on dit d'Ariusdans un petit livre qu'on peut n'avoir pas sous la main.
« Voici une question incompréhensible qui a exercé