CHAP. IV. CHATIMEITT DES ANGES COUPABLES
« L'Eternel , dont la toute-science ; la pres- « cïBDce et l'influence s'étend sur toutes « choses^ excepté sur l'action des êtres qu'il a a créés libres , vit avec douleur et colère <c la défection de Mozazor ^ de Raabon ^ et a des autres chefs des ançes.
(c Miséricordieux dans son courroux y il <( envoya Birma^ Vitsnou et Sib, pour leur « reprocher leur crime et pour les porter à ce rentrer dans leur devoir^ mais^ confirmés « dans leur esprit d'indépendance^ ils per- « ststèrent dans la révolte. L'Éternel alors ic commanda à Sib de marcher contre eux^ a armé de la toute puissance, et de les pré- « cipiter du lieu éminent, dans le lieu de a ténèbres y dans VOndéra, pour y être punis a pendant mille ans y multipliés par mille « ans^ V
PAËCIS du CINQUIEME CHAPITRE.
Au bout de mille ans, Biima, Vitsnou et Sib, sollicitèrent la clémence de l'Eternel eniàveur des délinquants. L'Eternel daigna les délivrer de la prison de XOndëra, et les mettre dans un état de probation pendant un grand nombre de révolutions du soleil.
Voltaire. Dict. philos, t. n. 7
146 AJNGE.
Il y eut encore des rebellions contre Dieu dans ce temps de pénitence.
Ce fut dans un de ces périodes que Dieu créa la terre ; les anges pénitents y subirent plusieurs métempsycoses } uoe des dernières fiât leur changanent en vaches. C'est de là que les vaches devinrent sacrées dana l'Inde. Et enfin ils furent métamorphosés en hommes. De sorte que le système des indiens sui* les anges e&t précisément celui du jésuite Bougeant^ qui prétend que les codrps des bétes sont habités par des anges pécfaeiu*s. Ce que les brachmanes avaient inventé sérieusement ^ Bougeant l'imagina plus de quatre mille ans apràs par plaisanterie 9 si pourtant ce badinage n'était pas en lui un reate de superstition mêlée avec resprH systématique ^ ce qui est arrivé asseé souvent, .
Telle est l'histoire des an^s chez les an-^ ciens brachmanes , qu'ils enseignent encore depuis environ cinquante siècles. Nos marchands qui ont trafiqué dans l'Inde n'en ont jamais été instiruits ^ nos missionnaires ne l'ont pas été davantage, et les brames ^ qui n'ont januis été édifiés, ni de leur science, ni de leurs moeurs , ne leur ont point com* muniqué leurs secrets. Il a fallu qu'un Anglais, nommé M. Holwell, ait.habité Uentç
aa6 à Bénarës sur le Gange ^ ancienne école des brachmanes ; qu'il ait appris l'ancienne langue sacrée du Hanscrit, et qu'il ait lu les anciens livres de la religion indienne, pour enrichir enfin notre Europe de ces connaissances singulières : comme M. Sale avait demeuré long-temps en Arabie pour nous donner une traduction fidèle de YAlcoran, et des lumières sur l'ancien sabisme, auquel a succédé la religion musulmane:
de même encore que M. Hyde a recherché , pendant vingt années en Perse , tout ce qui concerne la religion des mages.
DES ANGES mS PERSES.
Les Perses avaient trenta et un anges. Le premier de tous ^ et qui est servi par quatre autres anges ^ s'appelle Bahaman^ il a l'inspection de tous les animaux^ excepté de l'homme^ sur qui Dieu s'est réservé une juridiction immédiate.
Dieu préside jslu jjour ou le soleil entre dans le bélier^ et ce jour est un jour de sabbat ; ce qui prouve que la fête du sabbat était observée chaz les Perses dans les temps les pkis anicieos. ,
Le second ange préside au huitième JQur^ et s'appelle Débadur.
Le troisième est Kiir, dont on a fait depuis probablement Cyrus^ et c'est Tange du soleil.
Le quatrième s'appelle Ma, et il préside à la lune.
Ainsi chaque ang;e a son district. C'est chez les Perses que la doctrine de l'ange gardien et du mauvais ange fut d'abord reconnue. On croit que Raphaël était l'ange gardien de l'empire persan.
DES AlfGES CHEZ LES HEBREUX.
Les Hébreux ne connurent jamais la chute des anges jusqu'aux premiers temps de l'ère chrétienne. Il fout qu'alors cette doctrine secrète des anciens brachmanes fut parvenue jusqu'à eux : car ce fut dafts ce temps qu'on fabriqua le livre attribué a Enoch , touchant les anges pécheurs chassés du ciel.
Enoch devait être un auteur fort ancien , puisqu'il vivait, selon les Juifs, dans la septième génération avant le déluge^ mais^ puisque Seth, plus ancien encore que lui, avait laissé des livres aux Hébreux, ils pou-vaient se vanter d'en avoir aussi d'Enoch. Voici donc ce qu'Enoch écrivit selon eux .
a Le nombre des hommes s'étant prodi-»
« gieusement accru , ils eurent 'de trës belles « filles; les anges ^ les brillants^ Egregori^ a en devinrent amoureux^ et furent entraînés « dans beaucoup d' erreurs. Us s'animèrent a entre eux^ ils se dirent : Choisissons-nous « d^s femmes parmi les filles des hommes «( de la terre. Semiaxàs leur prince dit : Je « crains que vous n'osiez pas accomplir un « tel dessein^ et que je ne demeure seul tt chargé du crime. Tous répondirent : Fea sons serment d'exécuter notre dessein^ et « dévouons-nous à l'anathème si nous y « manquons. Us s'unirent donc par serment « et firent des imprécations. Us étaient au « nombre de deux cents. Ils partirent en- « semble ^ du temps de Jared ^ et allèrent « sur la montagne appelée Hermonim à « cause de leur serment. Voici le nom des a principaux : Semiaxàs y Atarcuph^ Ara- « ciel^ Chobabiel^ Sampsich^ Zaciel , Phar- « mar ^ Thausael^ Samiel^ Tyriel ^ Jumiel.
<K Eux et les autres prirent des femmes « l'an onze cent soixante et dix de la création a du monde. De ce commerce naquirent « trois genres d'hommes^ les géants^ Naphea lim, etc. »
L'auteur de ce fragment écrit de ce style qui semble appartenir aux premiers temps ;
fJM) AHGE.
c'est la nfème mHfmSbé. Il ne mftnqOBie pas de nommer les peyscmnages ; il n^oubMe pas les dates f point de réflexions^ point de maximes : c'est l'ancienne manière orientale.
On voit qtie cette histoire est fondée sur le sixième chapitre de la Genèse: a Or ^ en « ce temps il y avait des géants sur la terre^ « car les enfants de Dieu ayant eu corn- « merce avec le» filles des hommes, elles « enfantèrent les puissances du siècle. »
Le livre à* Enoch et la Genèse sont entièrement d'accord sur ^Accouplement des anges avec les filles des hctfnmes, et sur la race des géants qui en naquit : mais ni cet Enoch ni aucun livre de l'ancien Testament ne parlent de la guerre des anges contre Dieu, ni de leur défaite, ni de lewr chute dans l'enfer, ni de leur haine contre le genre humain.
Presque tous les commentateurs de Tancien Testament disent unanimexuent qu'avant la captivité de Babylone, les Juifs ne surent le nom d'aucun ange. Celui qui apparut à Manué , père de Samson , ne voulut point dire le sien.
Lorsque les trois anges apparurent à Abraham, et qu'il fit cuire un veau entier pour les régaler, ils ne lui apprirent point