SECTION III
Fêtes instituées sur des chimères.
Je ne sais s'il y eut dans toute l'antiquité une seule fête fondée sur un fait avéré. On a remarqué ailleurs à quel point sont ridicules les scoliastes qui vous disent magistralement : Voilà un ancien hymne à l'honneur d'Apollon qui visita Claros ; donc Apollon est venu à Claros. On a bâti une chapelle à Persée ; donc il a délivré Andromède. Pauvres gens! dites plutôt : Donc il n'y a point eu d'Andromède.
Eh î que deviendra^ donc la savante antiquité qui a précédé les Olympiades ? Elle deviendra ce qu'elle est, un temps inconnu,
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uu temps perdu ^ un temps d'allégories et de mensonges^ uxi temps méprisé par les sages ^ et profondément discuté par les sots qui se plaisent à nager dans le vide- comme Les atomes d'Épicurc.
Il y avait partout des jours de pénitence , des jours d'expiation dans les temples : mais ces jours ne s'appelèrent jamais d'un mot qui répondît à celui de fêtes. Toute fête était consacrée au divertissement ; et cela est si vrai que les prêtres égyptiens jeûnaient la veille pour manger mieux, le lendemains coutume que nos moines ont conservée. Il y eut sans doute des cérémonies lugubres ; on ne dansait pas le branle des Grecs en enterrant ou en portant au bûcher son fils et sa fille j c'était une cérémonie publique; mais certainement ce n'était pas une fête..