‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 113 sur 344 · TO · texte numérisé non relu

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constitutive peut être ajoutée au traitement et alterner avec le bain, attendu qu’elle agit dans le même sens que lui. On se tromperait d’ailleurs, si l’on pensait que l’eau de mer n’a pas, en été, une température assez basse pour servir aux usages hydrothérapiques ; recueillie la nuit, et restée plusieurs heures à couvert, elle baisse de 3 à 4 degrés et descend même un degré au-dessous de l’eau douce placée dans les mêmes conditions qu elle. » L’eau de mer s’emploie encore en lavements et en douches vaginales.

Bains de sable. ■ — La mer communique au sable de la plage qu’elle baigne tous les jours des propriétés analogues à celles qui lui sont propres. Aussi les médecins ont cherché à tirer parti de ce sable, et sur les plages de la Méditerranée et du bassin d’Arcachon on les emploie aujourd’hui très fréquemment et avec succès en bains. D’après le D‘ Marchani, l’arène sur laquelle il se prend doit être visitée par la mer de temps en temps ; la fosse qui doit servir de baignoire est creusée une heure avant le bain, afin que le sable ait le temps de sécher et de s’échauffer; le baigneur y entre entièrement nu et est recouvert d’une couche de sable de 4 à 5 centimètres d’épaisseur; il est abrité du vent et du soleil. L’ensablement ne doit pas durer plus de quinze minutes, et le traitement, la cure se compose de six à quinze bains, pris de deux jours l’un.

Action physiologique de l’eau de mer. — Nous examinerons l’action physiologique de l'eau de mer suivant ses diverses modes d’administration.

Eau de mer prise en boisson. — Les effets de l’eau de mer prise en boisson sont variables. Nous distinguerons avec Rabuteau : 1° ceux qui résultent de l’ingestion de l’eau de mer à haute dose; 2° ceux qui résultent de son ingestion à faible dose.

1° « A haute dose, dit-il dans son excellent ouvrage : Éléments de thérapeutique et de pharmacologie, l’eau de mer produit une action laxative. 11 suffit de deux ou trois verres au plus, chez un adulte, pour que la purgation ait lieu. Cette action est la résultante des propriétés reconnues aux sels contenus dans l’eau de mer. Nous savons, en effet, que le chlorure de sodium purge à haute dose, et j’ai démontré que le chlorure de magnésium est un excellent purgatif. L’eau de mer contenant de petites quantités de chlorure de potassium, et 2 à 3 pour 1,000 de sulfate de magnésium, les actions de ces deux composés, qui seraient sans efficacité si elles étaient seules, deviennent efficaces en s’ajoutant à celles des précédents.

2° Administrée à petite dose, l’eau de mer ne purge pas ; elle est absorbée et agit alors sur la nutrition. Elle élève la température et active la circulation. Nous savons que les chlorures augmentent la production et l’acidité du suc gastrique; il en est de même de l’eau de mer. On sait que l’augmentation de l’appétit est l’un des premiers signes que l’on observe non seulement après l’usage interne de celte eau-, mais encore après les bains de mer.

L’eau de mer est peu agréable à boire, à cause de sa saveur amère et nauséabonde. Pour la rendre transportable, on l’a filtrée et on y a incorporé

de l’acide carbonique. Pasquier, pharmacien à Fécamp, envoya, il y a plus de vingt ans, à l’Académie de médecine, des bouteilles d'eau de mer préparée ainsi par lui depuis quatre ou cinq mois, et voici les conclusions du rapport que Rayer fit à ce sujet : « J’ai pu constater : 1° que c’était un purgatif puissant, qu’une bouteille d’eau de mer purge davantage qu’une bouteille d’eau de Sedlitz de 32 grammes ; 2° que les malades l’ont pris sans répugnance et l’ont trouvée agréable au goût ; 3° qu’aucun accident, aucune incommodité n’ont suivi son administration. Nous croyons, en conséquence, que l'eau de mer gazeuse préparée par Pasquier, peut être employée avec avantage dans tous les cas où les purgatifs salins sont indiqués. Nous avons ^remarqué de plus, qu’elle a une action spéciale et favorable sur les individus atteints d’affections scrofuleuses.

Vers 1871, Rabuteau imagina de faire fabriquer du pain avec de l’eau de mer. Nous avons vu et goûté ce pain. 11 avait un degré de saveur voulue et était agréable. Il se conservait frais pendant plus de huit jours, c’est-à-dire beaucoup plus longtemps que le pain ordinaire. Ce pain, Rabuteau l’a expérimenté. Il en a fait un usage exclusif pendant plusieurs jours et il a trouvé qu’il augmentait l'appétit et favorisait, la digestion ; qu’il ne constipait en aucune façon ; et qu’il rendait même parfois les exonérations plus faciles. On peut dire que le pain à l’eau de mer est un aliment hygiénique et même un médicament qui présente les avantages de l’eau de mer à petite dose.

Bains de mer froids. — En lisant les descriptions que font les divers auteurs des effets physiologiques des bains de mer, on trouve entre elles des différences sensibles. Aussi, ne croyons-nous pouvoir mieux faire que de nous en rapporter à notre propre observation. Voici, d’après ce que nous avons ressenti en prenant des bains de mer, les phénomènes qui se produisent. Lorsqu’on entre dans l’eau, on éprouve presque toujours un saisissement général, voisin du malaise; malgré soi on est envahi par un frisson plus ou moins intense, et on éprouve un engourdissement des extrémités des membres. Bientôt survient une sensation de suffocation, de contriction du thorax, et, presque en même temps, le visage pâlit, la peau prend un aspect rugueux et mamelonné, en un mot on sent que le sang, abandonnant la périphérie, est refoulé vers le centre ; la respiration est généralement anxieuse et se ralentit; le pouls devient plus petit et diminue de fréquence. Quelques secondes suffisent souvent pour amener une sensation de bienêtre qui fait bientôt oublier la sensation pénible que l’on a d’abord éprouvée. La respiration devient alors large et profonde, la chaleur augmente, la peau se colore, le pouls s'accélère ; en un mot, on sent dans tout l’organisme, une énergie et une vitalité qui invite au mouvement. Cet état dure plus ou moins longtemps, suivant que la lame est plus ou moins forte, que l’individu est jeune et vigoureux, que l’on a plus ou moins l’habitude des bains de mer froids. Après un temps plus ou moins long, qui varie de 10 à 23 minutes, on

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éprouve un second frisson : c’est alors le moment de sortir du bain. Pour n’avoir pas tenu compte de cette loi formelle, il m’est arrivé une fois d’avoir des vomissements, et plusieurs fois d’être pris d’un violent mal de tète qui durait tout le reste de la journée, et quelquefois une partie de la nuit.

Tels sont les phénomènes physiologiques immédiats du bain de mer froid que nous avons observés sur nous-mème. Il est bien évident qu’ils ne se reproduisent pas chez tout le monde absolument de la même manière. Ils varient suivant l'âge, le tempérament et la constitution des baigneurs.

Voyons maintenant quels sont les effets consécutifs du bain de mer froid : nous parlons toujours d’après notre propre expérience. A la sortie du bain, on éprouve, pendant les premiers jours, une lassitude générale plus ou moins marquée qui invite au sommeil ; aussi la nuit est-il plus profond que d’habitude. Mais cette sensation de lassitude, cette paresse du corps, ne tardent pas à disparaître, et on voit alors le teint se colorer sous l’influence d’une vascularisation plus grande, et, les phénomènes du collapsus nerveux faire place aux phénomènes contraires de l’état physique et moral.

A côté de ces phénomènes communs à presque tous les baigneurs, viennent s’en placer d’autres que nous devons mentionner. Nous venons de parler de la vascularisation périphérique; c’est surtout chez les enfants que cette augmentation est la plus marquée. L’action irritante de l’eau de mer agit plus énergiquement chez certains individus que chez d’autres ; ainsi, chez plusieurs, on voit apparaître des rougeurs par petites plaques, qui durent à peine quelques heures pour apparaître de nouveau à chaque bain, pendant les quatre ou cinq premiers jours. Les désordres digestifs ne sont pas rares dans les premiers jours ; mais ils cessent rapidement, et alors on voit se développer et se régulariser simultanément les fonctions digestive, musculaire, circulatoire et nerveuse; dès lors l’assimilation est plus active. Quelquefois on observe après le premier et le second bain un petit mouvement fébrile analogue à la fièvre thermale que déterminent souvent les eaux minérales.

Quant aux effets physiologiques des bains de mer froids chez les enfants, nous ne saurions en donner une meilleure idée qu’en reproduisant le passage suivant de l'excellent ouvrage du Dr Brochard si compétent sur cette matière. « Les capillaires cutanés se dessinent, le tissu cellulaire sousjacent s’injecte, la peau se vascularisé; elle devient moins sèche et conserve une chaleur qui ne lui était pas ordinaire. Le système musculaire acquier^ de l'energie; l'appétit est plus vif, principalement à la sortie du bain. Chez certains sujets nerveux et impressionnables, le sommeil est agité, mais au bout de quelques jours il devient plus profond. Le contact journalier de l'eau de mer occasionne chez un grand nombre d’enfants de vives démangaisons ou des éruptions de formes diverses. L’urticaire, dans ce cas, apparaît fréquemment. Au bout d’un temps un peu plus prolongé de l’usage des bains de mer, on remarque chez les enfants les phénomènes

physiologiques suivants : le besoin de prendre de la nourriture est plus fréquent, les digestions sont meilleures. La circulation générale devient plus active et imprime une énergie toute nouvelle à la circulation périphérique. La peau subit d importantes modifications dans son tissu et dans son aspect; elle devient plus ferme, plus rose, plus chaude, elle ne tarde pas à brunir. Les mouvements respiratoires acquièrent de l’ampleur et de la régularité. L’hématose se fait mieux; le sang appauvri se modifie sous le rapport de la quantité et de la qualité. La maigreur des enfants disparaît, leurs chairs flasques et blafardes deviennent fermes et colorées. Chez plusieurs d’entre eux, on remarque un accroissement rapide qui ne s’accompagne ni d’amaigrissement, ni de faiblesse comme cela se voit souvent. Presque toujours, au contraire, sous l’influence de la médication maritime, des enfants qu’une croissance excessive avait courbés et fatigués au point de faire concevoir des inquiétudes pour leur taille ou pour lèur poitrine, se redressent et prennent de la force. » Bien entendu, ces phénomènes physiologiques varient de rapidité et d’intensité suivant la nature des individus.

Bains de mer chauds. — Les bains de mer chauds pris dans une baignoire ne peuvent avoir, on le comprend, des effets identiques aux bains de mer à la lame. Leur action cependant est analogue, mais bien moins intense.

Douches à Veau de mer. — Les douches s’emploient froides ou chaudes. Elles agissent par leur action révulsive sur la peau qu’elles rougissent rapidement. Lorsqu’elles sont de courte durée elles procurent une action vive, favorisent la circulation et augmentent les fonctions de la surface cutanée, en même temps qu’elles impriment à l’organisme un ébranlement salutaire. Lorsqu’on les prolonge, au contraire, au lieu d’être excitantes, elles sont hyposthénisantes et sédatives, elles concentrent le sang, ralentissent le pouls et déterminent un sentiment de calme et de bien-être chez les individus qui s’y soumettent.

Bains de sable. — Quant aux bains de sable, voici en peu de mots leurs principaux effets physiologiques : chez l’individu qui y est soumis, on voit la peau devenir rouge, la face s’animer, une sueur abondante s’échapper de tous ses pores et dissoudre les sels marins, d’où une sorte d’imbibition cutanée qui ajoute à la surexcitation cutanée causée par la température élevée du bain. Ces bains sont donc révulsifs et dépuratifs.

Action thérapeutique des bains de mer. — Nous allons passer en revue les affections qui ressortent de la thérapeutique maritime.

Scrolule. — Au premier rang de ces affections, il faut placer la diathèse scrofuleuse. « Tous les médecins ont dans leur clientèle, dit Brochard dans son excellent traité des Bains de mer chez les enfants, de ces enfants au teint pâle, verdâtre, dont les yeux sont cernés, les paupières rouges et chassieuses. Ces enfants sont d’une extrême maigreur, ont l’air ennuyé, la démarche languissante; d’autres, au contraire, ont la peau blanche et rose, des cils magnifiques, des chairs flasques, un peu bouffies ; leur aspect extérieur rappelle ce teint frais et rose

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dont les mères sont quelquefois si fières, ne cache que trop souvent une constitution lymphatique, qui se décèle aux yeux des praticiens par d'imperceptibles nodosités que ces enfants présentent toujours sur les parties latérales du cou. La plupart de ces jeunes sujets ont au nez, aux lèvres, aux oreilles ou ailleurs, des éruptions dont la forme varie, mais qui sont toujours de nature slrumeuse. On attache en général peu d’importance à ces éruptions, et l'amour-propre des mères permet rarement au médecin de leur donner la seule et véritable dénomination qui leur convienne.)» A cette prédominance des tissus blancs qui se traduit par les signes que Brochard décrit dans le passage que nous venons de rapporter, viennent s’ajouter la langueur de l’appétit, la fréquence des indigestions, le développement exagéré de l’abdomen, la vitesse et la variabilité du pouls, le retard de la croissance, et souvent' l’apparition de quelque localisation plus ou moins grave. Chez le plus grand nombre de ces enfants, cet état constitutionnel est héréditaire; mais, chez plusieurs autres, il provient de la mauvaise nourriture qu’ils ont eue, du défaut du régime auquel on les a soumis pendant leur première enfance, du séjour prolongé dans une grande ville à l’air vicié, ou dans un logement humide et mal aéré, etc. C’est surtout à ces enfants-là que conviennent les bains de mer et un séjour prolongé sur la côte. Leurs effets toniques et reconstituants ne tarderont pas à se manifester d’une manière sensible.

La scrofule, on le sait, a de nombreuses manifestations dans les divers tissus du corps humain : lissu ganglionnaire, tissu muqueux, tissu cutané, osseux. Les bains de mer agissent-ils également sur les manifestations qui se produisent dans tous ces tissus. La création de l’hôpital d’enfants de Berck-sur-Mer, spécialement consacré aux scrofuleux, a permis de chercher la solution de cette importante question. Voici les résultats auquels est arrivé le l)1 Perrochaud, médecin de cet hôpital. « La plupart des enfants admis à l'hôpital de Berck, présentent à la fois plusieurs formes de scrofules. Les scrofulides, les abcès froids suppurés sont, de toutes les formes de cette maladie, celles qui guérissent le plus facilement. Ordinairement, au bout de quinze jours, je remarque une amélioration très prononcée. En général, j’ai pu constater que dans ces formes la durée moyenne de la guérison était de soixantedix à quatre-vingts jours. De vastes iibcès froids suppurés ont, à mon grand étonnement, guéri en six ou huit semaines. La cicatrisation des ulcérations scrofuleuses et des abcès ulcérés se fait plus facilement pendant la saison des bains. Les engorgements ganglionnaires sont très heureusement et très promptement modifiés par le séjour au bord de la mer et l’hydrothérapie marine... Presque toujours, chez nos malades l’amélioration se fait sentir au bout d’un mois, six semaines. Les ganglions diminuent de volume très rapidement. Les ostéites, particulièrement celles des piecîs et des mains, guérissent très promptement; habituellement 1 amélioration se manifeste au bout d’un mois, six semaines. 11 m’a été permis de constater au bout de dix à douze mois la guérison des manifestations les plus graves de la scrofule.)) Bro-

chard, dans sa grande pratique a obtenu les memes résultats.

Maladies des femmes. — Après les maladies de l’enfance, les maladies des jeunes filles et des femmes sont celles qui réclament le plus souvent les effets curatifs de la thérapeutique marine.

Parmi les affections du sexe, qui sont le plus heureusement traitées par les bains de mer, nous citerons : les troubles qui accompagnent la croissance trop rapide et la dilficulté de la première menstruation à l’époque la puberté; ceux qui se manifestent lors de la ménopause à l’âge critique; et enfin ceux qui surviennent dans 1 intervalle, les ménorrhagies, les aménorrhées et les dysménorrhées; la chlorose et la chloro-anémie; les déplacements de la matrice consécutifs aux accouchements laborieux, ou aux avortements naturels ou provoqués; les engorgements et les ulcérations du col de l'utérus dus aux mêmes causes ou à des excès de coït, ou à de simples dérangements de la menstruation de l'utérus; et certaines formes de l’hystérie, et surtout la forme convulsive.

Névroses. — Parmi les maladies du système nerveux susceptibles du traitement marin, nous donnerons la première place au nervosisme que les femmes appellent état nerveux et qui est souvent lié aux troubles des fonctions ou de la sensibilité de l’utérus; certaines formes de l’hystérie, principalement la forme convulsive ; i’hypochondrie chez l’homme, qui a tant d'analogie avec l’hystérie de la femme, et la chorée. Viennent ensuite certaines névralgies locales, telles que les névralgies de la face et du crâne, la névralgie de la cinquième paire ou sciatique.

Affections des voies digestives. — Certaines gastralgies et certaines dyspepsies, principalement celles qui dépendent d'un défaut d'acidité du suc gastrique sont heureusement influencées par l’usage de l'eau de mer sagement combiné avec l’usage externe. Il en est de même des diarrhées chroniques et des engorgements de diverses natures ayant leur siège dans les glandes et les viscères abdominaux.

Affections delà peau. — La thérapeutique marine peut être employée très avantageusement dans toutes les manifestations cutanées du lymphatisme et de la scrofule.

Rhumatisme. — 11 résulte d’une longue et laborieuse discussion de la Société d’hydrologie, sur le traitement de rhumatismes par l’hydrothérapie marine, que les formes atoniques avec empâtement des articulations sont seules justifiables de ce traitement. Encore faudra-t-il employer l’hydrothérapie à l’eau chaude, et dans quelques cas les bains de sable.

Phthisie. — Tout le monde sait aujourd’hui que c’est notre savant ami Amédée Latour, le regretté rédacteur en chef de l'Union médicale, qui a introduit le chlorure de sodium dans le traitement de la phthisie pulmonaire. Voici, en quelques mots, le traitement : Amédée Latour fait prendre au malade le sel marin dans le lait, ou mieux, le lait chloruré produit par une chèvre à laquelle on donne une nourriture saine et abondante, composée en partie d’herbes vertes et de racines fraîches, et additionnée d’une certaine quantité de sel dont on peut élever progressivement la dose jusqu’à 30 grammes par jour.

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De plus, on n’ignore pas que le grand Laënnec considérait la respiration de l’atmosphère maritime comme si efficace dans la phthisie qu'il était ailé jusqu’à mettre des algues dans les salles de son service hospitalier. Aujourd’hui un grand nombre de médecins préconisent avec succès les sels de chaux dans la phthisie.

D’après tout ce qui précède, on ne doit donc pas s’étonner de l’action efficace de l’air marin et de l’eau de mer combinés avec une hygiène appropriée, dans le traitement de la phthisie. Seulement, on choisira de préférence les stations balnéaires du bassin d’Arcachon et de la Méditerranée comme étant plus chaudes et plus à l’abri des vents violents, et entre toutes, celles qui auront dans leur voisinage des forêts de pins.

Maladies chirurgicales. — L’eau de mer produit de très bons effets en chirurgie, toutes les fois que son emploi est dirigé d’après une connaissance parfaite de la maladie. Son action topique et détersive et reconstituante se fait surtout sentir dans les affections chroniques des articulations, dans les difformités consécutives aux fractures et aux luxations, dans les nécroses, les caries, les trajets fistuleux, dans les cicatrices vicieuses résultant de brûlures étendues, etc.

Coup d’œil sur les plages de la France. — « La

France, a dit Michelet, a l’avantage admirable d’avoir les deux mers. De là des facilités d’alterner selon les saisons, les tempéraments, les degrés de la maladie, entre la tonicité salée de la Méditerranée et la tonicité plus moite, plus douce (n’étaient les tempêtes), que nous offre l’Océan.

« Sur chacune des deux mers, il y a une échelle graduée de stations plus ou moins douces, plus ou moins fortifiantes. Il est très intéressant d’observer cette double gamme, et le plus souvent de la suivre, en allant du plus faible au plus fort.

« Celle de l’Océan, qui, par des eaux fortes et fortifiantes, ventées, agitées, de la Manche, s’adoucit extrêmement au midi de la Bretagne, s’humanise encore en Cironde, et trouve une grande douceur au bassin fermé d’Arcachon.

« Celle de la Méditerranée, pour ainsi dire circulaire, a sa note la plus haute dans le climat sec et et vif de Provence et de Cènes. Elle s’amollit vers Pise ; elle s’équilibre en Sicile, obtient à Alger un degré remarquable de fixité. Au retour grande douceur à Valence et à Majorque, aux petits ports du Roussillon, si bien abrités du nord. »

Ces remarques sont très justes et sont de tous points confirmées par tous les médecins qui se sont occupés de la géographie et de la climatologie côtière de France.

Dulroulau, un des plus compétents entre tous, divise nos côtes en trois régions, comme Michelet, et voici les caractères distinctifs qu’il reconnaît à

chacune de ces trois régions. « La première, qui

prend de l’embouchure de la Loire à Dunkerque, est très irrégulièrement découpée, dans la première moitié surtout; elle présente quelques plages plus abritées que les autres, mais son exposition générale au nord-ouest et sa latitude lui rendent le climat vif et saturé d’air marin. La température annuelle y est de 10°, 9, celle de l’été et celle de l’hiver

de 17°, 6 et de 3°, 95 avec 13°6 d’écart; le vent dominant est le sud-ouest qui vient de l’Atlantique et souffle un tiers de l’année, et après lui, le nordouest et le nord-est venant des mers situées plus au nord, vents toujours vifs et souvent violents, même pendant l’été; les pluies y sont fréquentes en toute saison. Ce climat est regardé par les météorologistes comme un climat égal, essentiellement marin et se rapprochant de ceux de la Hollande et de l’Angleterre ; les étés n’y sont jamais très chaud, les hivers tiennent le milieu entre les hivers doux et les hivers rigoureux. — La seconde division s’étend de la Loire à la frontière d’Espagne et forme la partie centrale des côtes maritimes de l’Europe en même temps que de la France; elle suit une direction presque rectiligne du nord au sud et ne présente guère qu’une succession de plages plates et de dunes de sables, interrompues seulement par quelques baies ouvertes et des embouchures de rivières; l’exposition générale est à l’ouest. Là, le climat est plus doux ; on compte pour température annuelle 12°, 7, et pour moyenne de l’hiver, 20°, 6 et 5°,0; le vent dominant est encore le sud-ouest soufflant de l'Océan Atlantique, mais le dessus rectiligne de la côte diminue les points de contact avec l’air de la mer et affaiblit d’autant le caractère marin du climat; les bourrasques et les pluies sont d’ailleurs assez fréquentes dans ces régions, surtout en automne. En somme, le climat tient le milieu entre le précédent et celui de la division du sud. Celle-ci, baignée par la Méditerranée, s'étend de l’est à l’ouest, entre l’Italie et l’Espagne, exposée en plein sud, et présente des différences notables de dessin et de topographie suivant les parties où on l’observe. La moitié ouest formant le golfe du Lion, est plate, sablonneuse, sans anfractuosités et coupée seulement par des embouchures de rivières et des entrées d’étangs entourées de marais très étendus; tandis que la moitié est, faisant saillie vers le sud, est très escarpée et très inégalement découpée, formée par une succession de caps et de belles baies sablonneuses, et couronnées à petites distances par de hautes montagnes. Là le climat, par ses hautes températures , se rapproche de celui des pays chauds pendant l’été, mais il est très inégal par rapport à ces diverses saisons. La température annuelle y est de 14°, 8; celle de l’été et de l’hiver de 22 ,6 et de 7°, 5 ; mais ce qui les caractérise au point hygiénique, c’est le vent sec et violent du nordouest qu’on nomme mistral, vent continental, soufflant par séries de trois jours en moyenne et repoussant l’accès de l’air marin sur le littoral; la sécheresse extrême des trois quarts de l’année n’y est compensée que par des pluies d’automne souvent excessives; en un mot, le climat méditerranéen des côtes de France est beaucoup plus inégal et beaucoup moins marin que ceux du nord et de l’ouest. » Dr Paul Labarthe.

MER (mal de). — Le mal de mer est un trouble général de l’économie qui s’observe chez beaucoup de personnes, non seulement pendant un voyage maritime, mais encore dans certaines circonstances particulières. Ainsi dans le jeu de l’escarpolette, peu-

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dant un voyage en chemin de fer, quand on est placé à reculons, quand les yeux sont éblouis par la vue des objets qui tournent avec une extrême rapidité , quelques personnes nerveuses éprouvent des effets comparables au mal de mer, mais amoindri.

Essentiellement caractérisé au début par des vertiges, des éblouissements, le mal de mer ne tarde pas à déterminer un malaise général, des bâillements répétés, une pesanteur à la région hypogastrique, une salivation exagérée, la contraction des muscles masseters, et finalement des vomissements. Ces derniers procurent d’abord un certain soulagement, surtout quand l’estomac contenait des matières alimentaires; mais les nausées se répétant et les vomissements se succédant, plus ou moins rapidement, les matières rejetées sont bientôt constituées par les sucs gastriques et la bile auxquels se mélangent quelquefois des filets sanguins.

Les efforts contractiles de l’estomac sont extrêmement douloureux, et la personne qui est en proie au mal de mer ne tarde pas à perdre si bien conscience de ce qui se passe autour d'elle que la pensée d’un naufrage même ne lui apparaît que comme la délivrance des douleurs qu’elles ressent.

Tout le monde heureusement n’est pas également sujet au mal de mer; certaines personnes ne l’éprouvent jamais, même dans les temps les plus rudes: d’autres ne ressentent qu'un malaise passager pouvant aller jusqu’au vomissement quand la mer devient très mauvaise ; mais il en existe quelques-unes qui deviennent malades à la seule vue de la mer, ou qui sont prises de vomissements sitôt que le navire se met en marche, et continuent d’être malades pendant toute la durée du voyage, si long qu’il soit.

On peut s’accoutumer à la longue à la mer, et n’éprouver qu’un malaise plus ou moins prononcé dans les premiers jours de l’embarquement; mais on rencontre parmi les marins des hommes qui n’ont jamais pu vaincre complètement le mal de mer, et parmi eux il en existe qui ont dû renoncer tout à fait à leur métier.

On a remarqué que les femmes sont plus sujettes que les hommes au mal de mer, qui n’a que peu d’influence sur les enfants, surtout en bas âge.

On souffre également plus du mal de mer sur les navires à vapeur que sur les voiliers. Cela tient, d’une part, aux odeurs de toutes sortes s’exhalant de la machine et, d’autre part, à la construction du navire qui, fait pour marcher rapidement, est long, effilé et assez étroit. De là un tangage plus prononcé que sur les navires à voiles. Or on a remarqué que le tangage prédispose plus au mal de mer que le roulis.

Quant à la cause du mal de mer, on est encore à la chercher : ballottement des intestins qui réagissent sur l’estomac, vertige, produit par la mobilité des vagues qui entourent le navire, anémie cérébrale, ballottement du cerveau, gastralgie déterminée par le miasme marin, etc., sont autant de causes mises en avant sans aucune preuve à l’appui de l’une ou de l’autre.

l'eut-on éviter le mal de mer? Le nombre des remèdes qui ont été proposés pour atteindre ce but répond éloquemment à cette question. Mais il existe quelques moyens qu’on peut qualifier de prophylac-

tiques. Ainsi toute personne qui se sait sujette au mal de mer fera bien de prendre un bon repas deux heures environ avant de s’embarquer, puis de gagner une couchette et de rester dans sa cabine pendant les premières heures du voyage, après quoi elle gagnera le pont et se promènera au grand air, de préférence vers la partie médiane du navire, en évitant de regarder les vagues ou les parties mobiles,la proue du navire par exemple. Ce premier point acquis, si le mal de mer ne survient pas, elle se réconfortera par un repas pris à bord et cherchera de la distraction soit en causant, soit en jouant avec les autres passagers. Si l’on s’est embarqué par un beau temps et si le mal de mer ne s’est pas fait sentir au bout de quarante-huit heures, on a des chances de l’éviter à moins que la mer ne devienne très mauvaise. Dans ce cas le mieux est de se réfugier sur son lit dans la cabine.

On a conseillé, avant de s’embarquer, de boire une tasse de café très fort ; de prendre une potion ou un sirop contenant de la caféine, de se mettre une ceinture abdominale assez serrée pour éviter le ballottement des intestins. Ces moyens peuvent être facilement mis en usage et s’ils n’empêchent pas l’invasion du mal de mer, à coup sûr ils ne peuvent être en aucune façon nuisibles.

Quand le mal de mer s’est déclaré, le mieux est de s’étendre, de profiler des moments de répit que donnent les vomissements pour ingérer quelques aliments. Les boissons glacées, le champagne frappé, sont assez facilement supportées par le plus grand nombre; quelques personnes, au contraire, ne peuvent conserver que des infusions très chaudes : thé, tilleul, menthe, etc.

Le baron de Thérésopolis, dans les trajets du Brésil en Europe, a eu l’occasion d’expérimenter sur lui-même et sur d’autres passagers depuis 1874 les injections hypodermiques de chlorhydrate de morphine et a obtenu d’excellents résultats.

On a également préconisé les préparations bromurées (sirop de Laroze au bromure de potassium, dragées de bromure de camphre de Clin, etc.).

Plusieurs médecins, Giraldès entre autres, ont obtenu de bons résultats avec les préparations de chloral ( chloral perlé Limousin, etc.).

Depuis le mois de mai 1883, le Dr Otto, médecin à bord d’un navire de la compagnie du Lloyd, de l’Allemagne du Nord, a expérimenté le chlorhydrate de cocaïne. Ces essais ont été faits pendant cinq traversées consécutives, de Brême à New-York, et vice versa.

La dose à prendreétait, pour un adultede Ogr.015 à 0,02 de chlorhydrate de eocaïne; la dose de 0,015 a toujours été bien supportée, et l’ingestion du médicament avec un peu de glace, répétée au maximum trois fois par jour, avait pour effet d’arrêter les vomissements occasionnés par le mal de mer, et de supprimer les nausées, de procurer, en outre, un sommeil réconfortant, de telle sorte, que quelques malades croyaient avoir été soumis à l’action de la morphine. Le D1 Otto a soin d’ajouter que certaines des personnes qu’il a soumises à ces essais sont restées sujettes au mal de mer jusqu’à la fin des traversées, malgré qu’on continuât de leur faire prendre du chlorhydrate de cocaïne. Dr Phillis.

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MERCURE. — Le mercure, appelé aussi argent liquide, vif argent, hydrargyre, est le seul métal qui soit liquide à la température ordinaire. Il est d'un blanc très éclatant, d'une densité oe 13,59, insipide, inodore et volatil. Exposé à un froid artificiel de 40° au-dessous de zéro, il se solidifie; il prend alors l’aspect de l’argent. 11 fait partie de plusieurs alliages nommés amalgames ; il sert à l'extraction de l’or et de l’argent; il entre dans la construction de plusieurs instruments de physique, entr’autres des thermomètres. On fait actuellement un si grand usage de ces derniers pour reconnaître la température du corps dans les maladies, qu’il n’y a pas d’aftéction un peu sérieuse où l’on n’interroge ces appareils pour mieux apprécier la gravité du mal et diriger le traitement d'une manière plus favorable.

En médecine, le mercure peut s’employer sous trois états différents. Le mercure en masse se prescrivait autrefois à l’intérieur contre l’iléus, l’invagination intestinale ou la colique de miserere. Le mercure en vapeurs fait naître des accidents si fréquents et si graves, qu'il faut se garder de le prescrire par les voies digestives et respiratoires. Le mercure divisé ou éteint, c’est-à-dire combiné à diverses substances: eau, miel, extrait, cérat, graisses, etc., est le seul qui soit devenu maintenant d’un usage quotidien.

En frictions sur la peau, le mercure éteint produit bientôt une éruption caractéristique, désignée sous le nom d’eczéma mercuriel, pouvant prendre des proportions inquiétantes si on continue l’administration du même remède. Alors, on n’observerait pas seulement la couleur noirâtre, l’ulcération, la suppuration de toute la surface enduite du produit toxique, mais encore la stomatite, la salivation, la pâleur des tissus, la cachexie avec tous les symptômes de l’intoxication générale. C’est que le mercure n’est pas seulement absorbé par la peau, il agit comme antiphlogistique, résolutif, antisyphilitique, à la condition d’ètre prescrit à des doses modérées, sinon, il devient toxique.

Le mercure pris à l’intérieur n'occasionne aucun dérangement sur la muqueuse de l’estomac; si, à la longue, il finit par irriter le tube intestinal et par produire de la diarrhée, celle-ci est bientôt calmée par la prescription d’un correctif tel que l’opium, lequel est capable d’en réprimer bien vile les effets excitants. Son absorption est assez rapide, la circulation en est ralentie, la température abaissée, le sang devient plus diffluent, la fibrine et les globules rouges diminuent dans de certaines proportions. En continuant l’administration du médicament, la pâleur des tissus survient, la faiblesse augmente, la cachexie s’accentue de jour en jour, et ne peut être arrêtée que par les toniques corroborants : viande, fer, quinquina. Son élimination est des’ plus faciles, étant volatil et fusible. Cette élimination se fait aisément par tous les produits d’excrétion : urine, sueur, salive, bile, lait (chez les femmes), où il est facile de le retrouver, de sorte qu’au bout de quelques jours, de quelques semaines au plus, il n’en reste plus de traces dans l’organisme, après un traitement mercuriel ordinaire (Rabuteau). Il n’en est pas de même de fortes doses prescrites pendant

longtemps, elles finissent par entraîner des désordres dont l’économie a du mal à e débarrasser.

Le mercure domine la thérapeutique de la syphilis à tel point qu’on le regarde comme le spécifique des terribles accidents que cette maladie entraîne après elle (V. Syphilis).

De plus, le mercure jouit de propriétés antiphlogistiques et résolutives manifestes qui le rendent très utile dans le traitement des phlegmasies des séreuses (péritonite, méningite, hydrocéphalie, pleurésie, iritis), dans le rhumatisme articulaire, les tumeurs blanches, les engorgements viscéraux, bon nombre de maladies de la peau, le’s affeclions parasitaires. Pour triompher de ces diverses affections morbides, le mercure se prend à l’intérieur sous forme- de pilules de Belloste ou de Sédillot.

PILULES DE BELLOSTE

Mercure 60 grammes.

Poudre d’aloès 60 —

Poudre de rhubarbe 30 —

Poudre de scammonée 20 —

Poudre de poivre noir 10 —

Miel 60 —

On fait avec cette masse des pilules de 20 centigrammes chacune, et dont on en administre 12 comme purgatif, 2 par jour, contre la syphilis. (Chacune de ces pilules contient 5 centigr. de mercure.)

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