‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 117 sur 344 · MEU · texte numérisé non relu

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ménorrhagies idiopathiques, mais la persistance et l’abondance des écoulements sanguins obligent d'aller plus loin et de poursuivre, par un examen local aussi complet que possible, la recherche de la cause initiale de ces accidents, quelles que soient du reste les difficultés morales et matérielles que l’on a à surmonter.

Dans les ménorrhagies on peut instituer un traitement prophylactique. En effet les femmes qui savent qu’à l’époque de la menstruation l’écoulement sanguin sera assez abondant pour prendre la forme hémorrhagique, soit que la chose se passe ainsi chez elles depuis quelque ' temps, soit que certains signes reconnus par elles leur permettent de prévoir cet accident, pourront par des précautions générales, par quelques soins locaux diminuer l’abondance delà perte qu’elles redoutent.

Ainsi, dès la première apparition des règles, elles devront prendre le lit ou s’étendre sur un canapé ; conserver la tête basse, le siège élevé; s’abstenir de toute excitation sexuelle dans les jours qui précèdent et, à plus forte raison, pendant la période menstruelle; prendre des boissons fraîches, légèrement acidulées, l’eau de Léchelle, etc. Souvent ces moyens prophylactiques ont suffi pour empêcher les ménorrhagies, et on devra toujours y recourir au début de tout écoulement sanguin un peu abondant qui se fait par les organes génitaux, sans préjuger de la cause initiale de ces hémorrhagies ; mais si, malgré ces précautions, l’écoulement conserve son abondance, on devra prendre du seigle ergoté, soit en poudre mélangé à une potion gommeuse (4 grammes dans 120 grammes de julep gommeux) par cuillerée à bouche toutes les heures, soit en capsules, soit par la méthode hypodermique (l6r30 pour 100 grammes d’eau distillée), à l’aide de la seringue de Pravaz. La quinine a été également conseillée comme hémostatique, mais il faut en prendre d’assez fortes doses (l*r50 à 2 grammes dans les vingt-quatre heures). On pourra encore y adjoindre des compresses trempées dans l’eau froide, et souvent renouvelée, apphquées sur le haut des cuisses, sur la région hy- ■agastrique et sur la vulve. Des injections froides faites lentement et prolongées pendant quinze à vingt minutes, à l’aide de l’irrigateur ou d’un seau suspendu au plafond ou au ciel du lit, des lavements froids, des bains de siège à l’eau courante, etc. Ces moyens ont souvent arrêté des pertes considérables, même celles qui succèdent à l’accouchement, et dont l’abondance peut quelquefois effrayer les plus vieux praticiens.

Dans les affections utérines, comme les tumeurs fibreuses interstitielles, les déviations, les congestions de toute nature, au lieu de recourir, pour combattre les hémorrhagies, aux applications froides qui ont été seules si longtemps en usage, on a, au contraire, employé les injections chaudes (40 à 50°), les grands bains chauds, ou des sacs pleins d’eau chaude portés sur la région lombaire. On a obtenu de ces moyens d’assez bons résultats pour les conseiller dans les cas dont il s’agit, auxquels j'ajouterai les différentes formes du cancer du col et les polypes, en attendant le moment où l’on pourra en pratiquer l’ablation.

Enfin, si tous ces moyens échouent et que la métrorrhagie continue, on devra faire la compression de l’aorte et le tamponnement.

La compression de l’aorte est facile à pratiquer aussitôt après l’accouchement, quand l’utérus, qui refoulait en haut et sur les côtés la masse intestinale , est descendu dans la région hypogastrique, après l’expulsion de l’enfant et celle du délivre, car toutes les hémorrhagies qui se produiront entre ces deux temps de l’accouchement , nécessiteront d’abord l’extraction du placenta (V. Délivrance).

Ce ne sont que les hémorrhagies survenant après cette opération qui pourront obliger à recourir à la compression de l’aorte, alors que les moyens généraux indiqués plus haut, combinés avec l’extraction des caillots accumulés dans l’utérus et dans le vagin et l’administration du seigle ergoté n’auront pas suffi pour arrêter l’écoulement sanguin. A ce moment, si ou applique la main au-dessus du fond de la matrice et qu’on l’enfonce dans la direction de la colonne vertébrale, il sera facile de percevoir les battements aortiques, et l’on pourra alors comprimer suffisamment cette artère pour empêcher que le sang afflue à l’utérus et en remplisse les sinus par l’intermédiaire des artères utérines et des artères utéro-ovariennes qui prennent naissance sur l’aorte dans un point inférieur à celui où a. lieu la compression. Celle-ci est donc appliquée en un lieu intermédiaire entre le cœur et l’utérus, et a pour but d’empêcher l’afflux du sang aux organes contenus dans le bassin et, par conséquent, d’arrêter l’hémorrhagie utérine. Ce moyen, qui vient en aide à toutes les autres applications que nous avons énumérées, donne, aussitôt après la délivrance, d’assez bons résultats.

Mais, hors cette phase de la vie féminine, il est beaucoup plus difficile de recourir à la compression aortique. On a, en effet, les anses intestinales plus ou moins remplies de gaz ou de matières qui se trouvent interposées entre la paroi abdominale et l’aorte. De plus, il faut compter sur le panicule graisseux qui, chez certaines femmes, double souvent d’une épaisse couche la peau de l’abdomen, de sorte que ce procédé ne peut guère être mis en usage que chez certaines femmes maigres. Mais il reste alors le tamponnement , que nous décrirons plus tard (V. ce mot), qui, justement, ne peut être mis en usage après l’accouchement, mais qui rend au contraire des services importants dans les métrorrhagies non puerpérales. D' A. de Soyre.

MEUM. — Le meum, appelé aussi fenouil des Alpes, est une plante de la famille des Ombellifères, commune dans les pâturages du Jura, des Alpes, des Cévennes, des Pyrénées, de l’Auvergne, dont la racine à saveur amère, piquante et aromatique, jouit de propriétés apéritives, stimulantes et diurétiques, utilisées jadis contre les affections atoniques et flatulentes de l’appareil digestif. Son usage est aujourd’hui à peu près complètement délaissé. p. L.

MEUNIER. — Hygiène professionnelle. — Le

nettoyage des blés, comme de toutes les graines, en général, amène le dégagement de poussières excessivement ténues qui restent en suspension

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