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dans l’air, et se trouvent entraînées dans les poumons, pendant l’inspiration. De là un certain nombre d’affections des voies respiratoires comme, l’emphysème, l’asthme, la bronchite et la pneu- 1 monie; mais c’est surtout la phthisie qui esta craindre pour peu que la personne chargée du travail de nettoyage ait quelque disposition personnelle à cette maladie. Les meuniers, comme les i grainetiers, comptent donc dans leurs rangs un certain nombre de phthisiques, et souvent ils sont obligés de surveiller d’assez loin l’opération du nettoyage et d’éviter ainsi de se tenir dans la chambre où se fait ce travail et dont l’atmosphère est surchargée de poussières, de débris des poils du blé et de fragments de paille brisée.
Outre les affections pulmonaires, il faut encore citer les blépharites, les conjonctivites, les angines, déterminées également par le contact de ces débris en suspension et l’irritation qu’ils produisent sur les muqueuses oculaire et laryngienne.
La farine mélangée à l’air ambiant n’a aucun de ces inconvénients et dans la bluterie, où elle se suspend à toutes saillies, où elle recouvre les parois des murs et les plafonds, elle ne détermine qu’une gêne pour la respiration, à laquelle le meunier s’accoutume à la longue. Toutefois le contact des parties nues de la peau avec cette poussière de farine excessivement ténue, qui forme avec la transpiration une sorte de mastic qui s’insinue dans les moindres replis de la peau, détermine des éruptions cutanées de natures diverses.. On observe le plus fréquemment l’eczéma, le prurigo, l’acné et des furoncles. On a également remarqué une éruption papuleuse qui entraîne de vives démangeaisons. Cette maladie, qui ne saurait être confondue avec la gale, dont elle offre cependant quelques-uns des caractères, siège le plus souvent sur l’un des côtés du cou, celui sur lequel les meuniers ont l’habitude de porter le sac de blé. On l’a vu également sur les bras et les mains, et les papules examinées au microscope ont révélé la présence d’un acarus qui ne serait dit-on que la larve du charançon.
Un phénomène singulier qui a déterminé de graves accidents mérite d’ètre signalé. Dans la chambre de la bluterie, dont l’atmosphère est surchargée de farine en suspension, on a vu se produire au contact de la lumière, une enflammation de cette atmosphère, suivie d’explosion, absolument comme dans un appartement où le gaz hydrogène serait retenu en grande quantité. Cet accident se produirait surtout dans la pièce ou l’on vide la farine, quand celle-ci détermine un nuage épais. Si à ce moment on approche une lumière, il semble que ce nuage s’enflamme et l’explosion ne tarde pas à se produire. Il en résulte un véritable incendie qui peut avoir des conséquences extrêmement graves, non seulement pour l’immeuble où l’événement a pris naissante, mais encore pour les hommes occupés dans la piece où l’incendie s’est déclaré. Les brûlures plus ou moins étendues et profondes peuvent en être les conséquences.
De ce que nous venons de dire, il résulte que les meuniers devront se soumettre à des soins extrêmes de propreté pour éviter les affections cutanées.
Le nettoyage des blés sera fait, autant que possible au grand air et, dans tous les cas, l’ouvrier chargé de ce travail évitera de se tenir sous le vent des appareils qui chassent les poussières contenues dans le blé. Enfin on ne devra jamais entrer dans les bluteries ou les chambres à farine avec une lumière, à moins qu’elle ne soit contenue dans une lampe de sûreté. Dr phillis.
MIASMES. — Les miasmes sont des émanations provenant de substances animales ou végétales qui se répandent dans l’air ambiant. On a longtemps considéré les miasmes comme les agents directs de la contagion d’une foule de maladies et plus particuliérement des affections éruptives. Il était en effet tout naturel d’admettre que pendant la variole, la rougeole, la scarlatine, l’épiderme s’exfoliant abandonnait à l’air des particules excessivement ténues qui, respirées par un individu sain, lui communiquaient la maladie d’où ces particules émanaient. Peut-on aujourd’hui soulenir la même these? La découverte des microbes (V. ce mot), leur mode de propagation, rejettent les théories miasma tiques au second plan. üue dire maintenant du miasme paludéen (V. ce mot) du miasme puerpéral (V. ce mol) et de tant d’autres?
En dehors des matières organiques qui constituent les miasmes, ce mot s'applique encore aux gaz plus ou moins délétères qui émanent des corps en activité vitale ou en décomposition. Or ces gaz peuvent à eux seuls déterminer des maladies chez les gens qui les respirent. Il reste à la chimie biologique et à la microscopie le soin de démontrer si ces gaz renferment par eux-mêmes quelques unes de ces bactéries qu’on retrouve aujourd hui un peu partout. p. l.
MICROEE. — Les microbes sont des petits êtres vivants que l’on peut considérer comme formant le trait d’union entre le règne végétal et le règne animal. Le mot de microbe a été appliqué par Sédillot à ces êtres qui étaient auparavant connus sous le nom de rnicrozoaires donné par les physiologistes, qui les rangeaient sur le premier échelon de la série animale, ou sous celui des micropkytes imposé par les naturalistes, qui les considéraient comme de petites plantes.
Aujourd’hui le terme de microbe est à peu près accepté par tous pourdésigner cesêtres inférieurs; bien que les Anglais et les Allemands se servent plutôt du mot bactérie , qui n’est qu’un des genres de la classe des microbes, et que les Italiens aient accepté le mot de protisle, inventé par llæckel, et destiné par son auteur à désigner cette classe intermédiaire.
Les microbes sont nombreux dans la nature, et leur rôle est si différent qu’on pourrait les diviser en deux grandes classes, les microbes utiles et les microbes nuisibles.
Aux premiers appartient la transformation des matières organiques en putréfaction en éléments plus simples qui sont repris par la terre. « Ils débarrassent ainsi la surface de la terre des cadavres, des matières excrementitielles, de toutes les substances mortes et inutiles qui sont les déchets
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de la vie et relient par un cercle sans fin les végétaux et les animaux » (Trouessart). Ce sont eux qui constituent les ferments.
Les microbes nuisibles sont les agents des maladies qui attaquent aussi bien les végétaux que les animaux. Leurs graines ou spores flottent dans l’atmosphère que nous respirons, dans l’eau que nous buvons. Nous sommes donc exposés constamment à leurs attaques; aussi est-il bon de les connaître pour pouvoir les éviter et les détruire.
Si l’on veut bien comprendre le mode de formation, de développement et de fructification ou de
Développement de l'agaric comestible.
A. Mycélium portant de petits agarics à divers degrés de développement : — I, il, iii, iv, v. Transformations que subit l'agaric avant d’arriver à la forme de champignon de couche représenté en v.
reproduction des microbes, il faut étudier d’abord les champignons les plus inférieurs, les moisissures
Fig. 87T. — Agaric comestible.
A. Coupe verticale de quelques lames de grandeur naturelle. — B. Coupe verticale grossie d’un lame. — C. Coupe très grossie d’un fragment de lame. — sli. Couche sous hyméniale. — hy. Couche hyméniale. — s. Spores.
qui ne sont autres que des microbes visibles à l’œil nu. Passant ensuite aux ferments, nous verrons quels liens rapprochent les premiers des seconds, comment sur la limite qui semblerait les séparer, ces deux espèces sont en quelque sorte confondues. Des ferments aux microbes il n’y a qu’un pas, et de cette étude rapide nous pourrons déduire la nature essentiellement végétale des microbes.
Dans le champignon de couche, ou agaric comestible, on distingue: 1° une partie souterraine appelée vulgairement blanc de champignon et scientifiquement mycélium , qui représente à la fois la racine, la tige et les rameaux de la plante; 2° la queue et le chapeau, la partie comestible du champignon, nommés en botanique l’ hyménium, doivent être considérés comme la fleur ou pédoncule floral chargé de supporter et de protéger les spores ou graines, qui se rencontrent sur les lames visibles au-dessous du chapeau. Mais ce mode de reproduction n’existe pas seul sur les champignons. Quelques-uns donnent également naissance à des spores par leur mycélium; c’est pourquoi, dans le champignon de couche, par exemple, quand on veut établir une champignonnière, on se procure seulement du mycélium ou blanc de champignon, qui porte avec lui les spores qui donneront naissance à de nouveaux individus. On appelle spores endogènes celles qui prennent naissance sur le mycélium, et spores exogènes celles qui se développent sur un pédoncule floral.
Ce mode de fructification a permis d’établir une classification parmi les champignons; c’est ainsi que la rouille du blé et des graminées est un champignon qui n’a que des spores exogènes. L’on comprend qu’au moment de la fructification ces spores tombent dans le champ, ou sont portées par
Fig. 875. — Cluirceps purpurea ou ergot de seigle. a. Ergot produisant des réceptacles fructifères. — b. Coupe verticale du renflement terminal du réceptacle. — c. Coupe d’un conceptable très grossi, rempli de thèques. — d Asque déchiré à une extrémité et laissant sortir les spores.
le vent sur d’autres plantes, qu'elles peuvent là passer l’hiver, rester stationnaires, puis, quand une goutte de pluie, de rosée, avec un certain degré de chaleur, les mettra dans des conditions favorables à leur développement, on verra une nouvelle tache s’étendre et fructifier à son tour.
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Au contraire, V ergot de seigle, les moisissures, le champignon des pommes de terre, Yoïdium, le mildiou, etc., sont des cryptogames à spores endogènes. Chez quelques-uns même on trouve des organes de sexes différents, et c’est par la fusion qui s’établit entre ces deux organes que les spores acquièrent la faculté reproductrice.
Il ne faut pas croire que les champignons ne prennent naissance que sur les corps en putréfaction, qu’ils soient le produit de la décomposition, car on en rencontre même sur des cailloux, sur du verre, sur les lentilles des microscopes. Ce qui leur est nécessaire pour se développer c’est une certaine humidité. Aussi rencontre-t-on ces parasites un peu partout, sur les animaux morts et vivants, sur les bois les plus durs et sur ceux qui sont pourris, sur les murs des caves et sur les rochers en pleine lumière, etc. La muscardine ou maladie des vers à soie, est causée par un champignon qui se développe sur un ver jusque-là en bonne santé, et entraîne rapidement sa mort. Le mycélium de ce champignon donne naissance à de nombreuses spores qui se répandent dans l’air et sont transportées par le vent sur d’autres chenilles où elles se développent pour recommencer le même cycle. Une magnanerie est bien vite infestée par ces microbes, et on ne peut que très difficilement et avec beaucoup de soins la purifier.
La teigne faveuse, chez l'homme, est également
Fig. 876.
Achorion Scbr.nlênii; champignon de la teigne faveuse. a. Spores. — b. Chaînes de spores à l’extrémité des filaments du mycélium à articles courts. — c. Filaments à articles longs (Cornil et Ranvier).
produite par un champignon, V achorion schoeniénii de la famille de l’oïdium. Chez celui-là, le mycélium produit des spores qui se séparent de la masse générale et reproduisent chacune la plante mère, envoyant des prolongements de tous côtés au milieu des cellules épidermiques, gagnant ainsi de proche en proche sur les cheveux malades entre les lames épidermiques du poil. On trouve de nombreuses spores qui expliquent ainsi la facilité du transport et la contagion de la maladie. La teigne tonsurante est déterminée par un autre champignon, le tricliophyton lonsurans, qui se conduit de la même façon.
Le muguet ou oïdium albicans est encore un champignon. Là, la spore s’allonge et se trans-
forme en filaments de mycélium qui à son tour donne naissance à de nouvelles spores, soit par production endogène, soit par segmentation de la cellule terminale des filaments.
Jusqu’ici nous avons vu que tous les champignons
Fig. 877.
Trichophiton lonsurans; champignon de la teigne tonsurante.
a. Spores. — b. Filaments de mycélium à articles courts, se dissociant en spores. — c. Filaments de mycélium végétatif.
parasites avaient un mycélium producteur de spores, soit par génération exogène, soit par génération endogène comme dans la teigne et l’ oïdium. Le champignon de la pelade et celui du pityriasis
Fig. 878.
Microsporon Audouini; champignon de la pelade.
A. Spores sur des cellules épidermiques, provenant d’une pelade achromateuse . — B. Deux cellules bourgeonnantes. — C. Petites sphères. — D. Sporules de Malany.
capitis qui font partie de la classe des microsporées, ne présentent plus de mycélium. Ils sont uniquement constitués par des cellules arrondies qui se reproduisent par bourgeonnement. Ils constituent le lien qui rattache le champignon aux ferments, considérés comme des algues par quelques auteurs, et comme des champignons par d’autres. Le seul point qui permettrait de ranger les fer-
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ments parmi les algues, c’est qu’ils vivent dans des liquides, ou au moins dans des milieux humides comme ces dernières.
Les ferments sont des plantes simples constituées par une cellule unique plus ou moins grande, de forme sphérique, elliptique ou cylindrique. Cette cellule est constituée par une enveloppe qui renferme un liquide granuleux nommé protoplasma. Ces cellules se développent par bourgeonnement, c’est-à-dire que, arrivées à un certain volume, on observe en un point un étranglement se prononçant de plus en plus et amenant la division de la cellule mère en deux cellules secondaires; celles-ci se séparent ou restent accolées, formant ainsi des chapelets, des étoiles, des groupes de formes diverses. Tant que les conditions même du développement des cellules restent entières, c’est-à-dire, tant que ces cellules sont dans un milieu humide, le bourgeonnement se continue, multipliant ainsi les cellules à l’infini; mais si la sécheresse succède à l’humidité nécessaire à cette prolifération, on voit le protoplasma contenu dans chaque cellule, se contracter, se subdiviser en globules qui ne sont autres que les spores ou organes de reproduction de la plante mère. On voit le lien qui ratiache ces algues aux champignons, car, entre la multiplication par spores endogènes du mycélium, et la reproduction par spores endogènes de la cellule des ferments, il y a une analogie frappante. De même que les spores des champignons, celles des ferments peuvent rester stationnaires très longtemps, sans perdre aucune de leurs propriétés vitales, atten-
Fig. 879. — Cellules du saccliaromyces cerevisiæ ou de la fermenlulion alcoolique (levure de bière).
a. Colonies de cellules produites par bourgeonnement les unes des autres. — b,c. Cellule dont leprotasma s’est divisé en deux et quatre spores. — d, e. Spores en voie de germination.
dant les conditions favorables à leur développement.
Si nous passons maintenant à l’étude des microbes proprement dits ou bactéries, nous voyons qu’eux aussi se présentent sous forme de cellules sphériques, elliptiques ou cylindriques, isolées ou réunies deux à deux, ou en forme de chapelets articulés, suivant l’état de développement des microbes au moment de l’examen. Seulement, si les cellules de la levure de bière mesuraient par exemple 9 millièmes de millimètre de diamètre, les cellules bac-
téridiennes n’en ont que 2 millièmes ou même t/2 millième de millimètre.
Sous le champ du microscope, il est intéressant d’observer les mouvements dont sont animées ces cellules plus ou moins multiples. Mais ces mouvements ne sont pas ceux d’êtres animalisés. Ils sont involontaires et toujours dirigés dans le même sens. Que les bactéries soient arrêtées dans leur mouvement de propulsion par un obstacle, on les voit se buter en quelque sorte contre cet obstacle, continuant à onduler sur place. Elles se groupent, s’enchevêtrent en ce point jusqu’à ce qu’une force étrangère, dérangeant la poussière qui les a arrêtées, leur rende la liberté de leurs mouvements, qu’ils reprennent aussitôt dans la même direction, en quelque sorte fatale.
Ces mouvements sont dus à l’existence de cils vibratiles placés à la partie inférieure des bactéries.
Chaque cellule est formée, comme pour les ferments, d’une enveloppe albumineuse contenant un protoplasma granuleux. La multiplication des cellules s’opère également par bourgeonnement ou par scission, et la formation des spores se fait aussi par la contraction du protoplasma. Mais contrairement aux ferments, où chaque cellule peut donner naissance à plusieurs spores, dans les microbes, chaque bactérie ne produit qu’une spore. Il sera nécessaire évidemment que l’enveloppe cellulaire se déchire pour donner la liberté aux spores qui, transportées dans un milieu favorable se développeront et reproduiront la cellule ou la bactérie mère. Comme pour les ferments, l’humidité est nécessaire à leur développement, et la sécheresse les annihile sans les tuer; elle suspend seulement la multiplication et favorise la production des spores.
On a essayé de faire une classification des microbes, suivant l’aspect qu’ils présentent dans les divers milieux où on les observe. Wunsche a élabli la classification suivante: 1° cellules se divisant toujours dans la même direction, c’est-à-dire tendant à former des chapelets avant la production de branches latérales ; 2° cellules se divisant en croix. Les cellules secondaires ainsi obtenues restant accolées.
Dans le premier groupe nous avons : le micrococcus constitué par des cellules sphériques ou elliptiques généralement immobiles. Le baettrium dont les cellules se présentent sous forme de bâtonnets courts et mobiles. L 'ascococcus où les cellules sont agglutinées comme du frai de grenouille. Le bacitlus représenté par de courts filaments. Le teptothrix au contraire formé de filaments longs. Dans ces deux derniers genres, les filaments qui les constituent sont cylindriques et immobile.'. Si au contraire les filaments sont bifurqués, on a le dadotlirix. Sont-ils au contraire mobiles, contournés en spirale, courts, ils forment le spirochœte, longs et flexibles c’est le nbrio, courts et raides, on a le spirillum, enroulés en pelote ils constituent le myconostoc, etc.
Mais nous ferons mieux comprendre tous ces noms barbares par quelques exemples:
Le microbe qui constitue la mère du vinaigre est
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une véritable bactérie. Il se présente sous forme de cellules très petites, allongées, placées les unes à la
Fig. 880. — Différentes formes de microbes ou bactéries.
a, b, c, d Miccroccus de tailles diverses. — e Bacterium court. — f. Bacillus court. — k. Leptoihrix ou bacille long. — l. Vibrio se divisant par scission. — m. Spirillum. — o. Spirochœte. — p. Cladolhrix, etc. (tiré de Trouessart, Les microbes, 1885).
suite des autres, sous forme de chaînes ou de chapelets. Ces cellules se multiplient par scission pré-
Fig. 881.
Bacilli en voie de segmentation (1,000 diamètres).
cédée d’un étranglement transversal. Ce microbe se nomme mxjcoderma aceii.
Les maladies des vins, sibien étudiées par Pasteur, sont dues également à des microbes différents. Les vins piqués ou fleuris contiennent le mycoderma vini, ferment alcoolique constitué par des cellules plus volumineuses que celles des microbes proprement dit et dont la réunion forme à la surface du vin une pellicule blanche qui s’étend très rapidement. Les vins aigris doivent cette altération au mycoderma aceli dont nous avons parlé plus haut. Dans les vins tournés, poussés, les vins bleus, on rencontre un microbe représenté par des filaments non ramifiés, flexibles, de longueur variable, et qui appartient au genre vibrio. Les vins gras huileux contiennent un autre microbe du genre bactèrium. Les vins amers doivent cette maladie à la présence d’un microbe du genre bacillus. Il forme sous le microscope des filaments cylindriques courts, contournés, non ramifiés, mais articulés et immobiles, etc.
La fermentation lactique est due à la présence
d’un microbe du genre bacillum,e t la fermentation ammoniacale de l’urine à celle d'un autre microbe nommé micrococcus urce. La fermentation butyrique est le résultat de la présence d’un autre microbe du genre baciltum , etc.
Mais arrivons aux microbes qui déterminent les maladies de nos animaux domestiques.
Le microbe du charbon ou sang de rate est un bacille qui se présente sous forme dé filaments
longs et quelquefois enroulés sur eux -mêmes comme des paquets de cordes. Celui du choléra des poules est un micrococcus, et le rouget des porcs est dû à la présence dans le sang d’une bactérie ou d’un bacillus.
La rage chez le chien, la morve chez le cheval, sont des maladies dues à la présence d’un microbe encore mal défini pour la rage, mais bien nettement mis à jour pour la morve, et qui est du genre bacillus.
Si maintenant nous passons des animaux à l’homme, nous pouvons constater que ce dernier, même en bonne santé, porte en lui des microbes de diverse nature. Ainsi le leptolhrix bucca/is se rencontre toujours dans la matière raclée à la surface de la langue ou retirée d’entre les dents. Dans la salive, on trouve un micrococcus, qui, sans influence nocive pour l’homme qui le porte, devient virulent et peut déterminer la mort, si on l’injecte dans le sang d’un lapin.
La carie des dents est due à la présence d’un microbe se présentant tantôt sous forme de micrococcus, tantôt sous celle d’une bactérie. C’est à la chaleur de la bouche et à l’acidité de la salive qu’il faut attribuer la multiplication de ce microbe qui pénètre dans les canalicules de la dentine.
Les fièvres intermittentes ou fièvres de marais, la fièvre récurrente, la fièvre jaune, la fièvre typhoïde, et le typhus, sont causés par des microbes divers, microcoques , bacilles, bactéries, etc. — Le docteur Koch a fait connaître le microbe du choléra, qu’il a nommé bacillus komma ou bacille virgule.
Il serait trop long de rappeler toutes les maladies qui dérivent des microbes, nous terminerons donc cette longue énumération par les fièvres éruptives, le croup et la coqueluche, et enfin la phthisie, l’infection. purulente, la fièvre puerpérale, etc., affections dans lesquelles on a pu mettre au jour l’agent microbe de l’infeclion.
Voyons maintenant comment ces microbes agissent dans les maladies, et nous dirons quelques
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mots sur la manière dont nous pouvons nous préserver de leur atteinte.
« Dans l'état actuel de la science, dit M. Trouessart, dont l’excellent livre nous a servi pour résumer cette question des microbes, on doit admettre que l'action des microbes sur l’économie est complexe et peut se décomposer ainsi : 1° Action d’un parasite vivant qui se nourrit et se multiplie aux dépens des liquides et des gaz de l’économie; 2° formation par ce parasite d’une substance vénéneuse (i ptomaïne ), dont les éléments sont empruntés à l’organisme et qui, par elle-même, est toxique de cet organisme. »
Si nous revenons maintenant sur nos pas en rapprochant les descriptions que nous avons données sur le mode de végétation et de reproduction des champignons inférieurs, des ferments et des microbes, nous voyons que tous trois donnent naissance à des spores qui, abandonnées dans la terre ou dans l’air, conservent, pendant un temps très long, toutes leurs propriétés, attendant un milieu et des conditions propres pour reproduire les plantesmère, champignon ou algue, ferment ou microbe, qui leur ont donné nais-
Fig. 883.
Formations de spores dans
les filaments.
sance. Quand on examine au microscope toutes les poussières et les corps de natures diverses contenus dans l’air atmosphérique, on trouve par mètre cube des milliers de spores, et l’on a remarqué que le nombre en était beaucoup plus considérable en été qu’en hiver, parce que, dans cette der-
nière saison, en raison de l’humidité, les spores restent fixées au sol, aux plantes, aux corps sur lesquels elles se développent, tandis qu’en été la sécheresse les détache, et le moindre courant d’air les emporte dans l’atmosphère. Il en est de même des bactéries, plus nombreuses pendant les mois de mai et d’octobre qu’en hiver. On en trouve environ 80 par mètre cube d’air. Est-il nécessaire d’ajouter que ces germes sont d’autant plus nombreux que l’air est recueilli dans des milieux plus habités, et que, si on trouve dans un mètre cube d’air recueilli au sommet du Panthéon 28 microbes, on en observe 462 dans la même masse d’air, prise au centre de Paris.
L’eau en contient encore plus que l’air; non seulement l’eau d’égout, mais l’eau de source, l’eau de pluie, et même l’eau obtenue par la condensation de la vapeur de l’atmosphère. Dans la première, on trouve 80 millions de microbes par litre ; dans la dernière, il n’y en a que 900 par litre.
Dans le sol, les microbes se rencontrent également, comme l’ont, démontré les expériences de Pasteur sur la transmission du charbon à des animaux qu'on faisait paître dans des prairies où des animaux morts de cette maladie avaient été enterrés.
N’est-il pas facile de comprendre maintenant comment ces germes qui flottent dans l’air, qui nagent dans les eaux, qui reposent dans le sol n’attendant qu’une occasion, qu’un terrain favo-
rable pour se développer, deviendront la source de maladies jusqu’alors inexpliquées, d’épidémies effrayantes dont on ignorait l’origine. Nous devons donc nous tenir armés contre l’introduction de ces germes dans notre organisme. C’est pourquoi les pansements antiseptiques de Lister ou d’Alphonse Guérin ne devront jamais être négligés, afin de mettre les plaies hors d’atteinte des germes de l’atmosphère. La ventilation, l’épuration des chambres des malades est aussi indispensable que le filtrage des eaux à l’aide d’appareils tels que le filtre Chamberland, qui ne laissent pas passer les microbes.
Dr A. DE SOYRE.
MICROCÉPHALE. — Nom donné par un certain nombre de médecins aux individus qui ont une très petite tête, comme les idiots en général. D’ordinaire, on qualifie de microcéphale, tout individu dont le cerveau ne dépasse pas le poids de 900 grammes, lorsqu’il a atteint l’âge adulte. p. l.
MICROCOCCDS. — (Y. Microbe.)
MICROSCOPE. — Le microscope est un appareil destiné à observer des corps dont on ne pourrait examiner les détails à l’œil nu, ou qu’on n’apercevrait même pas du tout sans l’emploi de cet instrument.
Il y a deux sortes de microscopes. Le microscope simple ou loupe, et le microscope composé.
Microscope simple ou loupe. — Il se compose d’une lentille biconvexe, sertie dans un cercle en corne, en bois ou en métal, muni d’un manche.
La théorie de la loupe s’appuie sur la formation des images virtuelles pour tout objet qui est placé entre la lentille et son foyer principal. C’est-à-dire
Fig. 884.
Principe Je la loupe ou microscope simple.
A, B. Objet à examiner placé entre la lentille O et son foyer principal F. — A1, B'. Représente l'image droite et amplifiée.
que la reproduction de 1 objet se fait du meme côté par une image droite et amplifiée.
Pour obtenir de la loupe les meilleurs résultats, il est bon de se placer d’abord à une certaine distance de l'instrument et de rapprocher l’œil graduellement de la lentille, jusqu’à ce qu’on observe très distinctement les parties que l’on a intérêt à étudier. En effet, la loupe doit être peu à peu
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transportée sur des points différents de l’objet à examiner, car les rayons lumineux qui se rapprochent trop des bords de la lentille, subissent une déviation qui enlève à l’image toute la netteté désirable.
Microscope composé. — Il est essentiellement constitué par deux lentilles ou par deux jeux de lentilles. Le principe sur lequel est établi cet instrument est celui-ci : tout objet placé au delà du foyer d’une lentille biconvexe, donne de l’autre côté une
a, b. Objet à examiner placé au delà du foyer principal f de la petite lentille. — a' b'. Première image renversée et amplifiée venant de faire entrer la lentille 0 et son foyer principal F. — A, B. Deuxième image amplifiée et renversée.
image agrandie et renversée ( fig . 885). Si l’on suppose ensuite uneloupe qui reprendrait cette image déjà agrandie et l’amplifierait de nouveau, on aura le mécanisme complet du microscope.
On donne le nom d 'objectif au système de len-
Fig. 886. — Microscope incliné de Nachet.
tilles qui est tourné du côté de l’objet, et celui d oculaire au système de lentilles qui est en rapport Dictionnaire populaire de Médecine usuelle
avec l’œil de l’observateur. Ces deux systèmes de lentilles sont généralement disposés aux deux extrémités d’un tube en cuivre. Soit AB le tube de cuivre, ou corps du microscope, noirci en dedans, dans lequel sont adaptés l’oculaire en A et l’objectif en B. Ce tube glisse à frottement dans une bague également en cuivre CD. Par ce moyen on peut descendre aussi près qu’on le désire l’objectif de la platine ou porte-objet E. Mais comme un mouvement un peu brusque pourrait porter trop vivement l’objectif contre la préparation, et peut-être la détériorer, quand on a fait descendre le tube AB assez près du porte-objet, on se sert d’une vis G, à pas très fin, qui permet de mettre l’instrument au point, en imprimant au corps du microscope un mouvement d’ascension ou de descente très lent. On voit sur la platine E deux ressorts destinés à fixer sur le porte-objet la préparation à étudier préalablement insinuée entre deux lames de verre mince. Cette platine est percée d’une ouverture circulaire qui permet d’étudier la préparation par transparence. Pour que l’objet à examiner soit bien éclairé, le microscope est muni d’un miroir M et d’une lentille L, fixés chacun sur un pied articulé qui permet de leur faire prendre toutes les directions afin de pouvoir diriger sur la préparation les rayons du soleil on d’une lampe.
Dans la figure 886 nous avons représenté un microscope incliné qui permet l’étude pour une personne assise devant une table supportant l’instrument. D’autres microscopes sont droits et ne peuvent pas prendre une autre direction. Quand une préparation est exactement mise au point et qu’on
Fig. 887. Fig. 888.
Fig. 788. — Chambre claire de Nachet s’adaptant au microscope Fig. 887. — Microtome de Nachet pour faire les coupes.
veut reproduire les détails par le dessin, on se sert d’une chambre claire, représentée par la figure 887, et qui s’adapte sur le corps du microscope au-dessus de l’oculaire.
Pour faire l’étude des tissus animaux ou végétaux on est obligé d’en faire des coupes extrêmement minces. Pour cela on a imaginé un appareil qui facilite cette préparation {fig. 888). C’est un microtome. Le i -n à étudier est placé dans le tube et rapproché par le pas de vis de la platine supé-
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lieure sur laquelle Lon fait, glisser un rasoir bien affilé enlevant ainsi une épaisseur aussi mince qu’on le désire du tissu à étudier.
Pour disséquer les tissus avant de les placer sur ra platine du microscope [fig. 889), on a imaginé
Fig. 889.
Microscope simple de dissection de Nachet.
un petit appareil muni d’un porte-objet, d’un doublet, d’un miroir et de deux appuie-mains.
Pour les études de chimie, afin d’éviter que les vapeurs qui s’échappent des corps à étudier ne viennent ternir l’objectif, on a donné au micros-
grossissements'de r50 à 750 diamètres. Quand on veut obtenir de plus fortes dimensions on est obligé de se servir d’objectifs dits à immersion, c’est-àdire qu’on interpose une goutte d’eau ou mieux d’huile, entre la lentille et la lame de verre qui recouvre l’objet. La lentille de l’objectif se trouve ainsi réunie, par l’intermédiaire du liquide interposé, à la lame de verre mince qui recouvre la préparation. Par ce moyen, on voit plus nette-
Fig. 890.
Microscope renversé de Nachet pour tes études de chimie.
cope une disposition inverse [fig. 890), l’objectif est alors placé au-dessous de l’objet à examiner.
Enfin il existe des microscopes à double oculaire permettant de voir avec les deux yeux [fig. 891). Dans cet instrument les deux oculaires peuvent s’éloigner ou se rapprocher à l’aide d’un mécanisme spécial afin d’être exactement mis en rapport avec les yeux de l’observateur.
Le microscope donne des grossissements variables suivant les oculaires et les objectifs que l’on emploie. En effet, les instruments perfectionnés sont munis d’une série d’oculaires et d’objectifs numérotés, de telle façon qu’on sait, en employant tel numéro d’objectif avec tel nu i o d'oculaire, qu’on aura pour l’objet à examiner un grossissement de tant de diamètres. On arrive ainsi à des
Fig. 891.
Microscope grand modèle binoculaire spécial de Nachet.
ment les détails qu’on a intérêt à étudier et on arrive à des grossissements de 1000 à 1400 diamètres. Les applications de ce système ont été surtout très importantes pour les études sur les bactéries, microbes, bacilles, etc.
Principales applications du microscope. En médecine, le microscope a pris une place considérable. C’est grâce à lui que l’on a pu étudier la constitution intime des tissus et dés liquides normaux et pathologiques. Sans le microscope, jamais on n’aurait pu fonder les théories nouvelles sur les microbes et les virus qui nous permettront peut-être, dans un temps assez court, de nous mettre à l’abri de terribles maladies (rage, charbon, morve, etc.). En médecine légale, les taches de sang, de sperme, etc., sont facilement mises en évidence par cet instrument. En histoire naturelle, le microscope a permis de surprendre les détails intimes de la constitution et de la reproduction des végétaux inférieurs. C est à lui que nous devons les données certaines sur l’organisation des moisissures, des levures, etc.
Ses applications, au point de vue de l'hygiene alimentaire, sont très importantes. Aujourdhui