‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 121 sur 344 · PRIX · texte numérisé non relu

PRIX

le kilogr.

DECOMPTE

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fr.

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Viande

Pain de soupe ....

Pommes de terre . . .

Légumes verts ....

Sel, poivre, épices . .

mémoire

mémoire

Saindoux

lit.

Haricots secs

kil.

Sucre

Café

Total..

C’est un chiffre déjà élevé bien qu’à côté nous voyons les cantinières nourrir leurs pensionnaires à un taux de 62 à 65 centimes, sans le pain, toujours fourni en nature.

Lorsque les denrées sont moins chères, la masse d'alimentation se grossit de certaines économies, portant le nom de boni; une fois atteinte une certaine somme, les généraux décident de l’emploi alimentaire qu'il y a lieu d'attribuer au surplus des fonds économisés.

Le mobilier et les ustensiles de bouche sont un peu rudimentaires : des tables, des bancs (dans les chambrées), une gamelle individelle, une cuiller, et c’est tout ! Le couteau est la propriété personnelle du soldat. Dans les quartiers neufs, on a disposé des réfectoires, mesure pleine d’opportunité, que l'on devrait bien pouvoir appliquer aux vieilles casernes, sans toutefois restreindre l'airedes chambres à coucher.

Dü TRAVAIL : EXERCICES, INSTRUCTION MILITAIRE. — n ICTIONNAIRE POPULAIRE nE MÉDECINE IJSUE LI.K.

Il faut que le soldat soit toujours en mouvement, car si la guerre est une méditation, la paix n’est qu’une série d’exercices. D’ailleurs « occupez le soldat, vous le rendrez sage » et tout homme dans le rang développe une somme d’activité physique au moins égale à celle que fournit un ouvrier travaillant pour gagner sa vie. Le soldat n’a pas moins de 9 à 10 heures par jour de travail professionnel avec quelques alternances de repos, aux heures des repas principalement; on lui réserve au moins sept heures de sommeil. Les tours de garde et de service sont convenablement espacés, au plus de trois jours l’un.

Avec la progression de l’instruction, commencée dès le lendemain de l’incorporation, les hommes arrivent à des résultats étonnants et d’autant plus rapides qu’ils montrent plus de hardiesse, sans cesser d’être prudents.

La gymnastique leur fait acquérir dans la marche, la course, les sauts d’obstacle, le plus grand fond de résistance possible ; la pratique en est progressive: course, escalade, sauts et voltige, exercices d’application et de pratique, le soldat doit s’y livrer sans armes d’abord, puis avec armes et ensuite armes et bagages ou fardeaux de guerre. Il suffit de deux mois d’exercices suivis, pour constater dans tous les groupes musculaires du corps des augmentations allant de 14 à 40 millimètres pour l’avant-bras et la circonférence thoracique.

Les recrues ont besoin de patience dans les premiers moments, car la nouveauté de leur existence peut déterminer de certains troubles, de sérieuse apparence, alors que l’on pourrait n’en rien croire, avant de les avoir vus. Dans la station debout, par exemple, immobilité sous les armes, les novices, dépourv us d'endurance, sont sujets au vertige et parfois on en voit tomber roide tout d’une pièce, en état de véritable hypnotisation. L’indication consiste à dégraffer l’homme, le déboutonner à fond, pour ensuite l’étendre horizontalement, la tête basse ; il est bon, mais non indispensable, de lui projeter au visage quelques : gouttes d’eau froide, ou encore, de lui faire avaler un peu du premier cordial venu, cognac, rhum, etc. Ce genre d’accident est généralement passager et sans suites ; pourtant il nous est arrivé de constater, consécutivement à une semblable chute, une fracture de la symphyse du menton, lequel avait directement porté sur le sol de toute la hauteur de l’arc décrit par l’homme dans la chute.

3° Morbidité et mortalité spéciales à l’armée. — Mortalité et morbidité en temps de paix. — La statistique de l'armée à l 'intérieur et en temps de paix montre que les hommes entrés à 1 hôpital et à l'infirmerie (année ordinaire) font un total dépassant presque toujours 50 p. 4 00 de l’effectif des présents : il en est de même, d’ailleurs, dans toutes les armées européennes). Nous trouvons, observation générale d’une année pour 450,000 hommes d’effectif et en comprenant les indispositions légères :

7,075,775 journées de traitement ou )d’indisponibilité, représentant :

2,327 malades p. 1,000 hommes d’effectif ;

238 entrés aux hôpitaux p. 1,000 hommes;

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18,295 malades ou indisponibles par jour (c’est l’effectif d’un corps d’armée!) et 17,5 journées de traitement par homme présent.

La morlaliié est très élevée dans toutes les armées ; en France, elle atteint un chiffre absolu un peu inférieur à la moyenne (10,6 p. 1,000) de la mortalité des hommes de 20 à 25 ans. Ce chiffre est encore trop élevé; il baissera certainement.

La moitié de la mortalité militaire est imputable à la fièvre typhoïde c t à la tuberculose, malgré tous les efforts faits pour en atténuer les coups. La pneumonie et la pleurésie donnent encore une létbalité étonnante, décelant une faiblesse latente, une insuffisance de réaction, qui rapproche d’une étrange façon nos hommes des individus surmenés ou bien des enfants.

Aussi bien les jeunes soldats sont sujets à plusieurs maladies de l’enfance, bronchite capillaire, fièvres éruptives de tout genre, stomatite ulcéromembraneuse, tuberculisation des membranes séreuses et nous les voyons, pendant la maladie et la convalescence, se comporter absolument comme les enfants.

La variole est rare et bénigne chez nos soldats, soigneusement vaccinés et revaccinés au régiment; Yalcoolrsme a disparu.

Les maladies de l’appareil digestif et de ses annexes, la diarrhée, la dysenterie, ne laissent pas que d’être encore fréquentes et comptent pour 15 p. 100 dans les hospitalisations; les maladies de l’appareil respiratoire sont plus nombreuses encore (18 p. 100); le rhumatisme donne seulement 5 p. 100 et la fièvre inter rmlteute 11 ; les maladies des organes génito-urinaires vont à 8 p. 100, représentées en urélhrites et orchites blennorrhayiques 5 p. 100, lésions vénériennes diveises 1 p. 100, syphilis avérée 2 p. 100. Cette dernière maladie, la syphilis, va en décroissant et tout permet de croire qu’elle disparaîtra un jour du cadre nosologique; actuellement, au taux d’environ 2,500 syphilitiques annuels sur un demi-million de soldats présents, cela ne fait guère que 5 contaminés p. 1,000 hommes d'effectif et l'on peut juger de l’immense progrès réalisé depuis seulement 25 années.

Morbidité et mortalité en temps de guerre. — Les armées en campagne ne cessent pas d’être éprouvées par les maladies; seulement, celles-ci changent de caractères, en devenant beaucoup plus fréquentes et plus meurtrières, au point que les troupes en expédition perdent beaucoup plus d’hommes par la maladie que par le feu. 11 n’en n’est pas tout à fait ainsi dans une campagne de courte durée ; les hommes ont tous une provision de force vii tuelle qui leur suffit pendant un effort de plusieurs jours, comme aux époques des manoeuvres d automne, où nous les voyons souvent ne tomber malades qu’uprès le retour. Ces mêmes manoeuvres n’entraînent pas de maladies épidémiques, du moment qu’elles se font en une quinzaine de jours et par une belle saison.

Les troupes en guerre sont en butte à tous les accidenls, partiels ou généraux et presque toujours aigus, de la chaleur (insolations, fièvres climatiques), du Jroid (congélations, asphyxie par le froid, in-

flammations banales), et de l'humidité (refroidissement, catarrhes, bronchites ou intestinaux, etc.), comme aussi aux influences telluriques des pays neufs qu’elles abordent. La fièvre malariale en Italie, en Morée, en Algérie, en Crimée, dans les Colonies, a fait bien des victimes dans l’armée française.

Le régime alimentaire insuffisant ou mauvais, l’usage des eaux souillées ou putrides amènent le scorbut et la diarrhée , tournant à la chronicité et à la dysenterie épidémique.

Les grands mouvements de troupes sont un des modes les plus sûrs de propager les épidémies existantes dans les régions occupées. Suivant les pays et les époques, on porte ou bien on rapporte la fièvre typhoïde, la variole, le choléra, la fièvre jaune, et enfin le typhus des camps, typhus exanthématique, que les armées concentrées, immobilisées et souffrant de misères et de privations, semblent avoir la faculté de créer de toutes pièces.

La même réflexion est applicable aux diverses formes de la septicémie et delà pourriture d'hôpital, qui surgissent presque inévitablement dans toute agglomération de blessés. Hâtons-nous d’ajouter que les pansements antiseptiques changent singulièrement le caractère de ces complications, dont l’apparition n’a plus la portée fatale d'autrefois.

Les blessures du champ de bataille, pour être moins nombreuses que les maladies, intéressent légitimement l’hygiène pour leur fréquence, nature, siège et gravité. En Crimée, les alliés comptèrent 3,13 p. 100 de tués et 13,76 de blessés ; en Italie, les belligérants eurent, respectivement, 1,87 tués et 11,70 blessés pour 100 (armée franco-italienne), 2,49 tués et 11,90 blessés (armée autrichienne); dans la guerre de 1870-71, avec un effectif général de 936,915 hommes, l’armée allemande accusa 17,570 tués et 127,867 blessés.

D’après ces chiffres, chaque combattant a, moyennement, 1 chance sur 7 d’être blessé et 1 sur 44 d’être tué. On remarquera que la mortalité sur le champ de bataille va en diminuant : en Crimée 1 sur 33, en Italie 1 sur 45 et dans la guerre francoallemande 1 sur 53.

L’observation démontre que les blessures des membres sont beaucoup plus communes que celles du tronc: dans une statistique d’environ 200,000 blessures, il y en a plus de 132,000 pour les bras et jambes, à peu près 28,000 pour la tête, la face et le cou, et 45,000 seulement pour le reste du corps.

Les plus nombreuses blessures sont le fait des balles et beaucoup moins des projectiles creux; les blessures par armes blanches se font assez rares, pour que l’on ait pu songer à supprimer le sabrebaïonnette.

Une des conséquences des blessures dont la perspective préoccupe beaucoup le soldat, c'est 1 ’hèn^orrhagie immédiate ou primitive. 11 ne paraît pas, cependant, que cette complication soit aussi redoutable qu’on l’a cru , ni même qu’elle soit très redoutable. A moins d’avoir affaire à une blessure foudroyante, contre laquelle personne ne peut rien, on homme atteint d’une projectile quelconque a bien le temps d’aviser au moyen de parer à l’hémorrhagie qu’il voit ou qu’il redoute. Il retrouvera

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un peu de tranquillité d’esprit, en attendant l’arrivée de l'assistance étrangère, car il est des moyens de compression dont tout le monde dispose, un mouchoir, un lambeau de chemise, des bretelles, pour exercer sur une plaie une action temporaire et efficace. 11 est bien rare, nous le répétons, que l’obturation spontanée des vaisseaux lésés se trouve insuffisante dans le cas de blessures par projectiles. Une précaution consiste, pour le soldat, à se munir préventivement d’une cartouche de pansement, qui renfermera du linge, une bande et même un appareil à compression, de facile application. Les combattants feront sagement de se munir d’eau avant le combat et d’économiser soigneusement jusqu’à la fin de la lutte le contenu de leur bidon ; la soif, sans moyen de la satisfaire, est un supplice intolérable pour les blessés, qui peuvent être parfois relevés tardivement du champ de bataille, malgré toute la diligence possible et la meilleure volonté du monde, soit de la part des équipes de brancardiers militaires, soit des sociétés de secours auxiliaires, qui sont autorisées à fonctionner sur le champ de bataille. Dr E. Lux,

Médecin-major de Ir* classe.

MILLEFEÜILLE. — (V. Achillée.)

MILLEPERTUIS. — Le millepertuis, appelé aussi herbe de la Sainl-Jean, herbe à mille trous, chasse diable, est une plante herbacée, vivace, très commune dans nos pays, où on la rencontre sur la lisière des bois, dans les lieux herbeux et découverts, sur le s bords des chemins. Elle est douée d'une odeur résineuse assez forte, d’une saveur amère et styptique, ses feuilles renferment dans leur épaisseur un très grand nombre de petites glandes transparentes remplies d’une huile essentielle, volatile, qui entre dans la composition de certaines préparations officinales, telles que le baume du commandeur (V . ce mot), et qu’on emploie aussi seule en frictions et en fomentations. Les sommités fleuries étaient jadis fort employées en infusion comme vulnéraire; on n’en fait plus usage aujourd’hui. p. l.

MIMISAN (BAINS DE MER de). — Mimisan est un petit bourg du département des Landes, situé entre Arcachon et Biarritz, sur, le golfe de Gascogne, à l’embouchure d’une petite rivière nommé le Courant, qui possède une plage à fond de sable et légèrement accidentée. p. l.

MINEURS. — Hygiène professionnelle — La

nécessité d’un séjour prolongé dans des galeries souterraines privées de la lumière du jour, et de respirer un air pauvre en oxygène et mélangé de gaz délétères, constitue pour les mineurs la source de nombreuses maladies. Nous devons encore noter les variations brusques de température qui peuvent affecter les organes respiratoires. C’est ainsi que la chaleur peut être très élevée dans une galerie transversale et le froid assez vif à l’embranchement d’un puits d’aérage. L’humidité est souvent très grande, car beaucoup de mines, surtout en Angleterre s’avancent plus ou moins loin jusque sous la mer. Enfin l’obligation de travailler pen-

dant longtemps courbé en deux, agit également sur l’attitude. Toutes ces conditions réunies font que les mineurs jouissent en général d’une santé assez précaire, même quand ils ont pu pendant leur vie de labeur échapper aux accidents si fréquents dans cette profession.

Nous avons donc à signaler en première ligne l’anémie résultant de cette vie confinée loin du jour dans un milieu insalubre. Cette affection a d'autant plus de prise sur le mineur que les ouvriers entrent jeunes dans cette carrière. En Angleterre on compte environ 50 pour 100 d’enfants au-dessous de quatorze ans employés dans les mines, ce qui s’explique, non seulement par la nécessité pour les familles nombreuses d’augmenter les salaires parle travail du plus grand nombre de ses membres, mais encore par la disposition de certaines mines qui ont des galeries si étroites qu’on recherche pour les exploiter des ouvriers de taille exiguë, et par conséquent beaucoup d'enfants. Avons nous besoin d’insister sur les conséquences que cette sorte de réclusion doit avoir sur ces enfants qui auraient au contraire besoin, à cette période de leur développement, d’un air pur, de grand air et de soleil et d’un exercice capable de fortifier les muscles et la charpente osseuse. C’est le contraire qui arrive dans les mines, pas de soleil, de l’Jiumidité, un air malsain , un exercice limité. J’ai parlé plus haut de la courbure de la colonne vertébrale. Chez les mineurs, ce que je viens d’exposer sur le travail prématuré des enfants dans des galeries aussi étroites, explique suffisamment cet affaissement de la taille.

Le rhumatisme est également fréquent chez les mineurs : on constate environ un tiers des ouvriers atteints de cette affection, ce qui s’explique par l’humidité qui règne dans les mines, au point que dans quelques-unes les ouvriers, en quelques minutes, sont mouillés jusqu’à la peau. L’inégalité, et les brusques changements de température, surtout quand les mineurs remontent des galeries à la surface du sol, engendrent de nombreuses affections catarrhales, des pneumonies, des pleurésies. De même que l’anémie qui frappe si communément les hommes a reçu le nom d 'anémie des mineurs, de même il existe une affection catarrhale dénommée crachement noir, anthracose, pneumo-mélanose . Cette affection est caractérisée d’abord par une toux opiniâtre, de l’essoufflement, de véritables accès d’asthme, suivis de l’expectoration de nombreux crachats noirâtres. Si la maladie s’agrave, la toux devient constante, l’essoufflement s’exagère, l’oppression est extrême, les crachats toujours mélaniques et, à l’auscultation, on perçoit des râles secs dans toute l’étendue du poumon.

L’examen microscopique des crachats et du tissu pulmonaire qui présente une coloration noire généralisée, démontre l’existence de parcelles excessivement ténues de charbon qui ont été absorbés pendant le travail. A la suite de cette absorption, survient une irritation constante des vésicules pulmonaires, dont les parois s’ulcèrent, se détruisent, laissant à leur place des anfractuosités, des cavernes, et la phthisie en découle naturellement.

Après l’anémie, le rhumatisme, le catarrhe mé-

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lanique, on note encore les affections organiques du cœur comme fréquentes chez les mineurs. Ces maladies sont dues aux troubles de la respiration et de la circulation, au milieu de l’air insuffisamment oxygéné qui environne les ouvriers, auxquels on doit ajouter les déformations du thorax que nous avons signalées.

Si nous ouvrons le chapitre des accidents, nous voyons qu’ils sont nombreux chez les mineurs. Depuis les excoriations qui se produisent entre les doigts des pieds, à la face plantaire et principalement aux talons, et qui sont dues au contact du pied nu contre toutes les aspérités des fragments au milieu desquels les hommes travaillent, jusqu’aux grands traumatismes qui occasionnent la mort, nous pourrions inscrire tout le répertoire de la pathologie chirurgicale. Nous n’en retiendrons que les plus fréquents, comme : les fractures de toute nature déterminées par les chutes, et en particulier par celles qui résultent de la rupture de la chaîne qui soutient le cuffat dans lequel sont entassés les hommes qui descendent dans la mine ou qui en remontent ; les écrasements par les chariots qui contiennent le charbon, ou par les ébou-’ lements résultant delà rupture des étais; les ébranlements et les brûlures déterminés par les coups de mine; l’asphyxie par submersion dans les inondations subites et, enfin, la mort par les e«plosions de feu grisou.

Tout ce que nous avons dit jusqu’ici se rapporte aux houilleurs ; mais les ouvriers employés dans les mines de cuivre, de plomb, d’étain, outre qu’ils auront à souffrir de la privation de la lumière, de l’humidité, des variations de température, du mélange de gaz délétères à l'air ambiant respiré, etc. , conditions communes à toutes les mines, seront encore exposés aux influences propres aux métaux qu’ils sont chargés d’extraire. Aussi les bronchites et les phthisies sont plus fréquentes dans les mines de cuivre, les affections gastro-intestinales s’observent en plus grand nombre dans celles de plomb. Somme toute la mortalité est plus grande chez les mineurs en métaux que chez les houilleurs.

Si maintenant on envisage l’hygiène des mineurs, on arrive à cette triste conclusion que, pour les préserver de toutes ces maladies, de tous ces traumatismes, il n’y a qu’un moyen, ce serait de supprimer le travail des mines; mais cela n’est pas possible. Toutefois, certaines prescriptions sévèrement appliquées aux entreprises minières pourraient,. croyons-nous, diminuer de beaucoup la mortalité : par exemple, ou pourrait empêcher le travail des enfants dans les mines avant seize ans ; limiter le nombre des heures de travail qui serait interrompu, au milieu, par un temps de repos passé à l’air libre et au jour; améliorer l’outillage dont la solidité serait sévèrement contrôlée; multiplier les puits d’aérage et les moyens de ventilation; exiger que les .étançonnements se fassent avec des colonnes en fonte et faire vérifier fréquemment par des inspecteurs les moyens de soutiens Enfin, grâce aux progrès de l’électricité, on pourra peutêtre tirer du téléphone d’utiles ressources pour que les ouvriers puissent communiquer avec les surveillants à l’extérieur et prévenir ainsi les acci-

dents, sans parler des lampes à incandescence qui viendraient supprimer avantageusement toutes les lampes de sûreté en usage actuellement. or phillis.

MOELLE ÉPINIÈRE. — Anatomie. — La moelle

épinière est ce gros cordon de substance nerveuse

Fig. 893. Fig. 891.

Fig. 892, 893, 894. — Moelle et ses enveloppes.

Fig. 892. — D. Segment de moelle et de ses enveloppes ouvertes sur leur face postérieure. — 1. Dure-mère rachidienne. — 2. Ligament dentelé dépendant de la pie-mère. — 3. Face postérieure de la moelle. — 4. Racines postérieures des nerfs rachidiens. — o. Renflement ganglionnaire placé sur les racines postérieures des nerfs rachidiens.

Fig. 893. — E. Face latérale de la moelle et de ses enveloppes. — 1. Racines des nerfs rachidiens revêtus de la gaine que leur forme la dure-mère. — 2. Section de ces racines avant leur fusion. — 3. Coupe de la dure-mère rachidienne. — 1. Racines antérieures des nerfs rachidiens. — 5 Racines postérieures des nerls rachidiens. — 6. Nerf formé par la fusion de ces deux racines.

Fig. 894. — Face antérieure du bulbe et de la moelle. — 1. Protubérance annulaire. — 2. Quatrième ventricule. — 3. Nerfs crâniens émanant du bulbe. — 4. 5. Face antérieure de la moelle. 6, 7. 8 Nerfs rachidiens. — 9. Nerfs de la queue de cheval. — 10. Dure-mère rachidienne ouverte.

qui occupe le canal vertébral et donne naissance de chaque côté à la série des nerfs rachidiens.

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La moelle épinière est à peu près cylindrique, mais, vers ses extrémités, elle est légèrement aplatie d’avant en arrière : son calibre n'est pas uniforme, présente au niveau des dernières vertèbres cervicales et des dernières vertèbres dorsales des renflements qui correspondent, le premier, à 1 origine des nerfs du plexus brachial {renflement cervical ), le second, à l’origine des nerfs du plexus. lombaire [renflement lombaire).

La moelle commence vers la première, vertèbre cervicale, en se continuant, sans ligne de démarcation, avec le bulbe, et se termine en forme de pointe au niveau de la deuxième vertèbre lombaire, du moins chez l’adulte, car chez le fœtus elle descend jusqu’au coccyx, et chez l’enfant jusqu’au sacrum ; du reste, la moelle ne se termine pas brusquement, elle se réduit à un mince filet, nommé fllum terminale; ce filet, composé d’un canal central entouré d’une mince couche de substance nerveuse, est contenu dans l’intérieur du ligament coccygien.

Les nerfs qui émergent de la fin de la moelle occupent la terminaison du canal vertébral, en formant un paquet nommé queue de cheval; ces nerfs sortent par les derniers trous de conjugaison des vertèbres lombaires et par les trous sacrés.

La consistance de la moelle est supérieure à celle de l’encéphale , grâce à l’épaisseur de la pie-mère rachidienne et au nombre de prolongements qu’elle envoie dans la moelle. Dépouillée de ses enveloppes, la moelle pèse 27 grammes (Sappcyj.

La moelle présente à étudier: A. sa conformation extérieure ; B. sa structure.

A. Conformation extérieure de la moelle. — On peut décrire à la moelle quatre faces: une face antérieure, une face postérieure et deux faces latérales, mais il est préférable de lui considérer : 1° des sillons ; 2° des cordons ; 3° des commissures.

Sillons. — Les sillons qui parcourent la moelle sont au nombre de six principaux : un sillon médian antérieur, un sillon médian postérieur et quatre sillons latéraux (deux de chaque côté).

Le sillon médian antérieur parcourt dans toute sa longueur la face antérieure de la moelle qu’il divise en deux moitiés symétriques; tapissé par la pie-mère, ce sillon, moins profond que le postérieur, n’occupe que le tiers de l’épaisseur de la moelle. En écartant ses lèvres, on voit qu’il est fermé par une substance blanche qui se porte transversalement d’une moitié de la moelle à l’autre : c’est la commissure blanche ou antérieure.

Le sillon médian postérieur parcourt dans toute sa longueur la face postérieure de la moelle qu’il divise en deux moitiés symétriques; il est, comme le sillon antérieur, tapissé par la pie-mère, mais il est plus étroit et plus profond que lui; en écartant

ses lèvres, on voit qu'il est fermé par une lame de substance grise qui se porte transversalement d’une moitié de moelle à l'autre: c’est la commissure prise ou postérieure.

Les deux sillons latéraux sont distingués en antérieur et postérieur et désignés sous les noms de sillon collatéral antérieur et sillon collatéral postérieur ; ils correspondent à l’émergence des racines des nerfs rachidiens et ne sont visibles qu’après l’arrachement de ces racines nerveuses.

Fig. 89o. — Coupe horizontale de la moelle épinière au niveau de la région lombaire (d’après Luys).

1, 2, 3, 4, 5. Substance grise de la moelle renfermant une grande quantité de cellules nerveuses. — 12. Canal central de la

moelle 13. Section transversale d’un gros vaisseau. —

14, 14', 14", 14"'. Section horizontale des tubes nerveux consti- ’ tuant la substance blanche de la moelle.

Le sillon collatéral postérieur se présente sous l’aspect d’une ligne ponctuée nette et régulière, parce que les racines postérieures des nerfs rachidiens émergent régulièrement de la moelle; le sillon collatéral antérieur est assez irrégulier, disposition également en rapport avec l’irrégularité d’origine des racines antérieures.

Coudons. — Les sillons que nous venons de décrire divisent la moelle en un certain nombre de faisceaux nommés cordons médullaires. Ces cordons, formés de substance blanche et symétrique-

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ment disposés à droite et à gauche, sont au nombre de trois de chaque côté: 1° le cordon antérieur; 2° le cordon latéral ; 3° le cordon postérieur.

1° Le cordon antérieur forme la face antérieure de la moelle ; il est placé entre le sillon médian antérieur et le sillon collatéral antérieur (origine des racines nerveuses antérieures).

2° Le cordon latéral forme la face latérale de la moelle; il est placé entre le sillon collatéral antérieur et le sillon collatéral postérieur, c’est à-dire entre les racines nerveuses.

3° Le cordon postérieur forme la face postérieure de la moelle; il est placé entre le sillon collatéral postérieur et le sillon médian postérieur; or, il faut remarquer que vers sa partie interne, c’est-à-dire près du sillon médian postérieur, il présente un léger sillon longitudinal qui le subdivise en deux cordons d’épaisseur inégale, l’externe, ou cordon postérieur proprement dit, étant beaucoup plus considérable que l’interne, qui a reçu le nom de cordon cunéiforme de Goll ; cette ligne de séparation s’accentue vers la partie supérieure de la moelle et sur le bulbe où l’on voit le cordon le plus volumineux se continuer avec le corps restiforme, tandis que le petit cordon situé en dedans de lui se termine à l’extrémité inférieure du quatrième ventricule par un petit renflement, et forme dans son ensemble la pyramide postérieure.

En pratiquant une section transversale de la moelle, tous les détails de sa conformation deviennent très évidents; les sillons se dessinent avec tous leurs caractères. On voit que les sillons médians antérieur et postérieur ne sont séparés l’un de l’autre que par une bande transversale de substance nerveuse qui relie entre elles les moitiés de la moelle, d’où le nom de commissure qu’on lui a donné; de plus, on reconnaît que cette commissure est formée de deux parties, l’une antérieure composée de substance blanche ( commissure blanche ou antérieure), l’autre postérieure formée de substance grise ( commissure grise ou postérieure).

On voit encore que la moelle, comme les autres centres nerveux, et formée de substance blanche et de substance grise. — La substance blanche (qui existe en plus grande quantité) occupe toute la périphérie de la moelle; elle forme ses cordons et sa commissure antérieure.

La substance grise est disposée en trois bandes longitudinales dont la dispositien est toute spéciale ; sur une coupe transversale, cette substance grise se présente sous l’aspect de deux croissants se répondant par leur connexité et réunis par une ligne transversale. — Les croissants occupent chacun une des moitiés de la moelle, et par leurs extrémités ou cornes, ils répondent aux racines des nerfs rachidiens.

La bande transversale qui les réunit forme la commissure grise postérieure. Sur la coupe de cette commissure grise, assez près de jla commissure blanche, on aperçoit (à la loupe) l’orifice d’un canal, c’est le canal de i épendyme qui parcourt la moelle dans toute sa longueur.

Structure de la moelle. — Le moelle se compose, comme le cerveau, de substance grise et de substance blanche; mais, à l’inverse de ce qui a lieu

dans le cerveau, la substance grise occupe le centre de la moelle et la substance blanche sa surface.

La substance blanche de la moelle se compose de fibres ou tubes nerveux plongés dans la névrogl>e (V. ce mot). Elle est disposée en départements désignés, comme nous l’avons vu, sous le nom de cordons antérieurs, latéraux et postérieurs et de commissure blanche ou antérieure.

La substance grise se compose de cellules et de fibrilles nerveuses plongées dans de la névroglie.

Au centre de la moelle se trouve creusé un canal microcospique, appelé canal de V épendyme, qui la parcourt dans toute son étendue, depuis le quatrième ventricule jusqu’à l’extrémité.

Vaisseaux de la moelle. — Les artères de la moelle, désignées sous le nom d'artères spinales, sont au nombre de trois : l’une antérieure et les deux autres postérieures. Elles proviennent des vertébrales et des cérébelleuses, et parcourent la moelle dans toute son étendue, grâce à un grand nombre d'artérioles de renforcement qui leur arri-

Fig. 896. — Tronçon de la moelle épinière munie de ses enveloppes et présentant les émergénces des nerfs rachidiens (Fort).

1. Pie-mère avec ses vaisseaux bien apparents. — 2. Feuillet viscéral de l’arachnoïde voilant en partie les vaisseaux de la pie-mère. — Racines antérieures des nerfs rachidiens. — 4. Bords de la dure-mère incisée, écartés avec deux crochets.

vent par les trous de conjugaison et leur sont fournies par les artères vertébrale, cervicale, ascendante, intercostales et lombaires. Après s’être ramifiées dans la pie-mère, ces artérioles s’enferment dans la moelle et y forment un réseau, plus serré dans la substance grise que dans la substance blanche. Le sang provenant de ce réseau se jette dans deux troncs veineux placés au fond du sillon médian postérieur; de ces troncs naissent des veinules qui se rendent dans les veines intrarachidiennes.

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Nerfs qui se détachent de la moelle. — On donne le nom de nerfs rachidiens (V. ce mot), aux nerfs qui se détachent de la moelle et sortent du canal vertébral par les trous de conjugaison. Ils naissent de la moelle par deux racines : l’une, antérieure ou motrice; l’autre, postérieure ou sensitive. On en compte trente et une paires , que l’on divise en:

anterieures et postérieures des nerfs rachidiens (Fort.'.

A. Substance grise de la moelle. — B. Substance blanche de la moelle. — 0. Sillon médian antérieur. — D. Sillon médian postérieur. — E. Racines postérieures ou ganglionnaires des nerfs rachidiens. — F. Ganglion. — G. Racines antérieures des nerfs rachidiens. — 11, Tronc du nerf rachidien.

1° huit paires cervicales; 2° douze paires dorsales; 3° cinq paires lombaires ; 4° six paires sacrées.

La première paire émerge entre l’occiput et l’atlas ; la dernière entre la première vertèbre coccygienne et le bord inférieur du sacrum. Les autres sortent par les trous de conjugaison correspondants.

Tous les nerfs rachidiens n’ont pas le même volume; les plus grêles sont les deux derniers nerfs sacrés ; puis viennent les nerfs dorsaux ; les plus développés sont les nerfs qui se détachent du renflement cervical et lombaire de la moelle, et se rendent aux membres supérieurs et inférieurs.

Fonctions de la moelle. — La moelle possède à la fois les propriétés d’un nerf mixte (moteur et sensitif; et celles d’un centre nerveux ; c’est-à-dire qu’elle conduit de l’encéphale aux racines antérieures des nerfs rachidiens les incitations motrices, qu’elle transmet à l’encéphale les impressions sensitives, et que, sans l’intermédiaire de l’encéphale, elle peut transformer des impressions en mouvements ( actes réflexes).

Nous allons dire un mot de chacune de ces trois grandes fonctions de la moelle.

A. La moelle transmet aux nerfs rachidiens les incitations qui lui viennent de l’encéphale. — En eflet, la section de la moelle entraîne la paralysie du mouvement dans toutes les régions dont les nerfs se détachent du tronçon de la moelle placé au-dessous de la section. Cette expérience démontre d’une façon absolue que la moelle est un agent conducteur qui transmet de l’encéphale à la périphérie les incitations motrices.

11. La moelle conduit à L'encéphale les impressions sensitives. — En effet, une section transversale de la moelle entraîne non seulement la paralysie du mouvement, que nous avons déjà notée, mais encore la paralysie de la sensibilité dans toutes les régions dont les nerfs se détachent du tronçon de la moelle placé au-dessous de la section. Cette expérience démontre d’une façon absolue que la moelle est un agent conducteur qui transmet à l’encéphale les impressions sensitives.

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