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fresne, ancien interne des hôpitaux, si connu pour ses beaux travaux sur le suc pancréatique, mettant à profit la propriété remarquable qu’a ce suc d’émulsionner les corps gras et de les rendre assimilables par l’économie, l’a utilisée pour rendre l’huile de t'oie de morue parfaitement digestible et assimilable, même pour les estomacs les plus difficiles. La plupart des professeurs et des médecins des hôpitaux, Gubler, Béclard, Potain, Delpech, Chauffard, Guéneaude Mussy, Isambert, Huchard, Moissenet, etc., et, après eux, un très grand nombre de praticiens, ont sanctionné cette idée et, grâce à la combinaison de l’huile de foie de morue avec le suc pancréatique, Defresne est arrivé à présenter à l'etat de crème, l'huile de foie de morue, et à en faire un corps demi-solide pouvant s’aromatiser au gré du malade et se délayant très bien dans le lait, le café, le café au lait, le chocolat, le bouillon, etc. Aussi, l'huile de foie de morue pancréatique Defresne est, aujourd’hui, sans contredit, la meilleure préparation d’huile de foie de morue. Les malades la prennent sans aucun dégoût et la digèrent sans peine, si bien que, lorsqu’ils en ont commencé l’usage, ils ne peuvent plus revenir à l'huile de foie de morue ordinaire.
La dose moyenne de l'huile de foie de morue à donner à un adulte est de deux cuillerées à bouche dans les 24 heures, ce qui correspond à deux cuillerées à café chez un tout jeune enfant. On peut, dans des cas particuliers, élever progressivement cette quantité jusqu’à trois, quatre, même six cuillerées par jour et continuer la même médication pendant des mois et des années avec de nombreux intervalles de repos.
Ajoutons en terminant que dans les capsules Dartois créozotées, l’huile de foie de morue sert de véhicule à la créosote (V. Dartois).
Dr Marc. Camboulives.
Falsifications de l’huile de foie de morue. —
On falsifie surtout l’huile de foie de morue avec de l'huile de poissons ou avec de l’huile de graines diverses. Enfin, on livre souvent au public de l’huile de foie de morue rance.
On peut s’assurer de la pureté de l’huile de foie morue par plusieurs procédés dont deux surtout sont très simples et à la portée de tous.
Le premier, dû à Gobley, consiste à verser de l’huile de foie de morue sur une plaque de verre en contact avec l’acide sulfurique. Si elle est pure, elle offre une auréole d'un beau violet, qui passe bientôt au cramoisi, puis, mais au bout de quelques minutes seulement, elle prend une teinte brune.
Le second, proposé par Boudard, consiste à verser dans l'huile, goutte à goutte, de l’acide nitrique pur et fumant. Si chaque goutte est tour à tour circonscrite par une auréole rosée, on peut affirmer que l'huile est pure; s’il n’y a pas de coloration rose et si la transparence de l’huile est légèrement troublée, c’est qu’on a ajouté à l’huile de foie de morue son poids d’huile de poisson.
Pour reconnaître le mélange de l’huile de foie de morue avec de l’huile de graines, il suffit de la soumettre à la distillation. Si l’huile est pure, la
distillation donnera un produit solide et fusible; si l’huile est mélangée, le produit distillé ne se solidifie pas.
Quant à l’huile de foie de morue rance, elle se distingue de la fraîche, en ce que, tandis que celle-ci n’est pas colorée par la rosaline, l’autre se colore en rouge d'autant plus intense que le degré de rancité est plus prononcé. Dr Paul Labarthe.
MORVE. — Médecine vétérinaire. — La- morve,
nous devrions dire la maladie morvo-farcineuse, pour ne pas séparer la morve du farcin, puisque ces deux affections sont de nature identique, la morve est une maladie générale, virulente et éminemment contagieuse.
Elle est propre au cheval, à l’âne et au mulet, elle peut se communiquer, par inoculation, à d’autres espèces animales, — voire à l'homme lui-même, comme on le verra plus loin.
On reconnaît à la maladie farcino-morveuse deux formes distinctes.
On l’appelle morve quand elle s’attaque aux organes internes, particulièrement à ceux de la respiration. On lui donne le nom de farcin lorsque ses manifestations se produisent à la surface de la peau.
1° Morve. — La morve est surtout caractérisée par trois signes bien distincts :
1° Un écoulement nasal, muco-purulent, poisseux, adhérent aux ailes du nez, qui, ordinairement, n’a lieu que d’un seul côté — le plus souvent du côté gauche ;
2° Un engorgement circonscrit, dur, indolent, des ganglions sous-glossiens qui adhèrent au maxillaire inférieur — engorgement qui se montre tantôt des deux côtés, tantôt du côté seul qui correspond au jetage;
3° Des ulcérations grisâtres, à bords saillants, taillés à pic, appelés chancres, qui se forment sur la muqueuse du nez.
Ajoutons que les malades ont le poil terne, l'air fatigué, encore bien qu’ils continuent à manger et à travailler.
Il existe encore bien d’autres symptômes, mais nous n’y insisterons pas. Contentons-nous de faire remarquer que la présence des trois signes « cardinaux » que nous venons d'indiquer : le jetage, le glandage et les chancres, suffisent toujours pour affirmer l’existence de la maladie.
La morve se montre sous la forme aiguë et sous la forme chronique.
Dans le premier cas, les symptômes, dont nous venons de parler, s’accompagnent d’un état fébrile plus ou moins prononcé et se terminent généralement parla mort à brève échéance; dans le second, la maladie peut exister sans fièvre et durer pendant un temps plus ou moins long.
Voilà pour la morve, voici pour le farcin :
2° Farcin. — Tandis que la morve, comme nous venons de le voir, atteint surtout les muqueuses et les organes internes, le farcin, lui, s’attaque à la peau, au tissu cellulaire et aux lymphatiques.
Il se montre sous forme de boutons disposés en lignes, en cordes noueuses, sur le trajet des veines superficielles.
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Plus ou moins douloureux, ces boutons produisent du pus et se transforment en ulcères peu profonds, mais difficiles à cicatriser.
Pendant longtemps on a cru à la spontanéité de la morve ; aujourd’hui, on n’admet plus qu'une seule cause capable de la produire : la contagion.
D'après les partisans de M. Pasteur, la maladie serait due à un microbe spécifique, d’où cette formule : la morve ■provient de la morve et ne saurait être engendrée par aucune autre cause.
Ce qui n’empêche pas que les causes banales, jadis invoquées pour expliquer sa-genèsc, telles que 1 excès de travail, l’insuffisance de la nourriture, l’humidité des habitations, etc., n’aient une grande part d’influence sur la propagation du mal, en préparant l’économie à recevoir l’ensemencement virulent.
Quant au virus on peut dire qu’il est un peu partout dans l’économie, dans le jetage, dans le produit des boutons, des tumeurs, des ulcères, dans les liquides provenant de plaies accidentelles, même dans le pus du séton, employé à combattre le mal.
Police sanitaire. — Nous ne dirons rien du traitement de cette affection, la loi ordonnant de faire disparaître immédiatement, par voie d’abatage, tout animal atteint de morve.
Mais nous devons parler des mesures de police sanitaire à appliquer dans le cas de constatation de cette maladie.
C'est ainsi que, dès qu’elle est constatée, déclaration doit en être faite immédiatement à l’autorité : en même temps, il importe de séquestrer le malade afin de prévenir la contagion.
Aussitôt que le vétérinaire commis par l'autorité a reconnu l’existence du mal, on doit procéder surle-champ à l’abatage de l’animal. '
Son cadavre doit être enfoui ou livré à l’équarisseur. Dans.aucun cas, il ne peut être livré à la consommation. Quant à la peau, elle ne peut être vendue qu’après avoir été désinfectée à la suite d’une immersion complète dans une solution de sulfate de zinc à 2 pour 100.
11 faut, en outre, désinfecter tous les locaux et objets ayant servi à l'animal malade ; arroser sur place, avec un liquide désinfectant, phénol Botas'jJ, vinaigre de Pennes, etc., les litières, les fumiers, les restes de fourrage, puis procéder à leur enfouissement; gratter à fond les mangeoires, râteliers, bat-flancs, seaux et toutes les surfaces sur lesquelles les matières contagieuses ont pu être déposées; laver le sol, les murs et toutes les boiseries, détruire par le feu les éponges, brosses, licous, cordes d’attache, etc.; flamber les objets en fer, tels que mors, chaînes d’attache, étrilles, etc.; nettoyer à l’eau bouillante les harnais et les couvertures.
On le voit, la loi prescrit contre cette maladie les plus grandes précautions. Et pour en faire mieux sentir la nécessité, il nous suffira de rappeler une observation publiée, il y a quelques années, par M. Mannechez, vétérinaire à Arras, dans le Moniteur agricole. Un cultivateur possédait quatre chevaux que ce praticien avait conseillé d'abattre comme morveux. Au lieu de suivre ce conseil, le propriétaire, s'en rapportant à un empirique, conserva les
OlUTTONNATRE POPULAIRE DK MÉDECINE USUELLE.
animaux. Deux ans après, ils travaillaient encore, mais les fils de la maison avaient contracté la morve en les soignant et ils expiraient, à quinze jours d’intervalle, après six semaines des plus horribles souf frances. Gaston Percheron, Médecin-vêiérinaire, 8
Rédacteur en chef de la France agricole, Secrétaire général de la Ligue de l' Enseignement agricole.
MORVE. — Médecine humaine. — On désigne sous ce nom une maladie virulente caractérisée anatomiquement : 1° par des éruptions, avec exudats spécifiques sur la peau et diverses muqueuses;
2° Par des collections purulentes dans le tissus cellulaire, les lymphatiques, les muscles et même certains viscères.
Lorsque les lésions se limitent aux téguments et aux tissus sous-cutanés, la maladie porte le nom de far cin.
Lorsque les lésions sont plus profondes et envahissent les muqueuses nasale et respiratoire, elles prennent le nom de morve.
L’affection farcino-morveuse ne se développe pas spontanément chez l’homme, elle est toujours chez lui le résultat de la contagion, or la contagion peut s’effectuer par inoculation ou par infection; aussi ne l’observe-t-on que chez les hommes qui vivent avec les chevaux (cavaliers, palefreniers, charretiers, etc.), et chez les médecins qui soignent les morveux, car la morve est transmissible de I l’homme à l’homme.
L 'inoculation est produite par le contact de la ; peau ou d’une muqueuse dépourvues de leur épiderme avec la matière du jetage nasal, des boutons | ou des ulcères farcineux ; P infection résulte de la ■< cohabitation avec des animaux malades.
L’affection farcino-morveuse présente dans sa J marche et ses localisations des différences qui ont |j conduit tous les auteurs à en décrire quatre formes : J 1° farcin aigu; 2° morve aiguë; 3° farcin chro- I
nique; 4° morve chronique.
1° Farcin aigu. — S'il est produit par inoculation, la plaie qui a été mise en contact avec la matière virulente, prend un mauvais aspect, les vaisseaux lymphatiques du membre se dessinent sous l’aspect de traînées noueuses et bosselées qui aboutissent à des ganglions engorgés (cet état ressemble à celui que provoque une piqûre anatomique), le membre devient le siège d’un oedème douloureux et parfois d’un véritable phlegmon.
S’il y a eu infection, les phénomènes locaux manquent.
En tout cas, il existe des phénomènes généraux frissons, céphalalgie, malai^s, nausées, vomissements, fièvre, douleurs violentes dans les membres.
En même temps surviennent : 1° des collections purulentes, se présentant sous forme de petites tumeurs molles et fluctuantes disséminées dans diverses parties du corps; 2° des éruptions cutanées] c’est-à-dire de petites élevures entourées d'uni auréole rouge comme celle du vaccin et qui ne| tardent point à s’ulcérer et à suppurer.
La mort a lieu ordinairement vers la troisième! semaine ; dans certains cas, la maladie s’est bornée à l’angioleucite et a pu guérir.
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