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qui forment un relief plus apparent et plus dur qu’à l’état normal; les mouvements spontanés sont impossibles et les mouvements communiqués fort douloureux. Il peut y avoir un certain degré de réaction générale.
La myosite aiguë se termine ordinairement par résolution, sauf lorsqu’elle dépend de maladies septiques ou virulentes, dans ce cas, elle suppure. Lorsqu’il se forme un abcès dans un muscle, on ne s’en aperçoit guère que pendant la convalescence de la maladie qui a engendré lainyosite; cet abcès se présente sous l’aspect d’une tumeur fluctuante à son centre, indurée sur son pourtour, souvent la peau rougit, s’élève et le pus s’évacue.
La myosite chronique, à marche silencieuse, ne se reconnaîtrait guère que si elle provoquait la rétraction du muscle malade.
Si la myosite aiguë survenait chez un homme vigoureux, on pourrait la combattre par les antiphlogistiques, tels que saignées, sangsues, bains tièdes prolongés, larges onctions d’onguent mercuriel. Mais si la maladie frappe un homme surmené, il faut s’abstenir de toute médication spoliatrice; au contraire, il faut relever ses forces par des toniques, calmer le processus irritatif par le repos et des applications résolutives, et ouvrir rapidement les collections purulentes, si ordinaires en pareil cas. Dr Léon Moynao.
MYRRHE. — La myrrhe est une gomme résine qui découle d'un arbuste de la famille des térébinthacées, connu sous le nom de baumier portemyrrhe , commun dans l'Arabie et l’Abyssinie. Elle se présente dans le commerce sous forme de myrrhe en larmes, et de myrrhe en sorte.
La première est en larmes pesantes, jaunâtres ou d’un brun rougeâtre, demi-transparentes, à surface irrégulière, crevassée ou efflorescente, fragile et à cassure vitreuse et huileuse, douée d’une odeur forte, aromatique, agréable, et d’une saveur âcre et amère. La seconde est plus brune, formée de petites niasses agglutinées, mélangées de débris de végétaux, d’une cassure terne et d’une odeur beaucoup plus faible. Elle est bien moins estimée que la première.
La myrrhe, dont la composition est analogue à celle de l’encens, a été fort employée jadis comme tonique aromatique et emménagogue, soit en poudre, à la dose de 50 centigrammes à 2 grammes par jour, soit sous forme de teinture alcoolique, à la dose de 3 à 6 grammes dans une potion. On l’utilisait aussi à l’extérieur pour le pansement des plaies et des ulcères. Elle est aujourd’hui à peu près inusitée seule. Elle entre cependant dans la composition du Baume de Fioraventi, du Baume du Commandeur, de la Thériaque, de Yélixir de Garus, des pilules de cynoglosse, etc. (Y. ces mots).
Dr Paul Labarthe.
MYRTE. — Le myrte commun est un arbrisseau de la famille des Myrtacées, très commun dans la région méditerranéenne et cultivé dans nos jardins à cause de la beauté de son port et de l’odeur aromatique de ses feuilles très agréable. Celles-ci sont quelquefois employées en médecine, en infusion, comme toniques, stimulantes et astringentes. Ses fleurs, distillées, fournissent YEau d'ange, usitée par bon nombre de femmes pour la toilette de la peau et des muqueuses; elles entrent aussi dans la composition de la Pommade de la Comtesse. Enfin, on prépare avec ses feuilles et ses fruits une teinture alcoolique dont on fait usage comme dentifrice. P. L.
MYRTIFORME. — Nom donné par les anatomistes à un muscle du nez, situé au-dessous du nez, mince et aplati, qui s’insère, en haut, à l’extrémité postérieure du nez et à la sous-cloison, en bas, à une saillie correspondant à la dent incisive latérale, à la canine et à la première petite molaire. Il est constricteur des narines et abaisseur des ailes du nez et exprime les passions tristes.
On donne aussi le nom de myrtiformes aux caroncules situées à l’entrée du vagin et qui sont formées par les débris de la membrane hymen (V. ce mot). p. l.
MYRTILLE. — (V. Airelle.)
NÆVUS. — On désigne sous ce nom des taches vasculaires de la peau. On les a encore nommées signes , envies, taches de naissance. Le naevus constitue une variété importante des tumeurs érectiles (V. ce mot).
Les nævi sont des productions accidentelles dues à la dilatation et à la multiplication des vaisseaux sanguins. Ils peuvent affecter aussi la couche pigmentaire de la peau ou le système pileux.
Cette affection est le plus souvent congénitale. Depaul a observé que plus d'un tiers des enfants
Fig. 913.
Tête et partie antéro-postérieure d'une enfant de 4 ans atteinte de nævus pileux Le membre et la partie antérieure du tronc présentent un épaississement brunâtre de ia peau qui est couverte de poils. Sur la face et sur la partie inférieure des membres, existent de petites taches café au lait de la dimension d’un grain de beauté, dont quelques-uns seulement présentent des poils.
nés a la Clinique étaient atteints de nævus. Généralement on ne trouve pas de cause pour expliquer la production de ces taches. Selon les croyances vulgaires elle seraient le résultat de certaines affections morales, de certains désirs non contentés de la mère pendant la grossesse, d’où le nom d 'envies sous lequel on les a aussi décrites. Mais c'est là une opinion grossière qu'on ne saurait admettre.
Les nævi sont uniques ou multiples; on en compte quelquefois cinq ou six. Les uns ont une forme aplatie, les autres sont saillants. Les taches aplaties présentent une coloration rouge. On les appelle vulgairement taches de sang. Elles n’aug-
La même enfant vue en arrière. Les poils se dirigent presque tous de haut en bas et de dehors en dedans; une tumeur cutanée existe entre les deux épaules et la région des fesses offre plusieurs petites tumeurs couvertes de poils.
mentent ni en étendue ni en épaisseur. Les taches saillantes présentent l’aspect le plus varié, on les a comparées, selon leur aspect, à des fraises, à des framboises ou à d’autres fruits. Chacun peut d’ailleurs, selon sa fantaisie, leur trouver une ressemblance quelconque. La moindre piqûre provoque parfois un écoulement de sang abondant. Ces taches se distinguent des tumeurs érectiles en
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ce qu'elles restent le plus souvent stationnaires; niais elles peuvent se transformer et donner naissance à des tumeurs érectiles. On a distingué les taches artérielles et les taches veineuses. Les premières sont plus rouges, présentent des contours mal limités, disparaissent sous la pression du doigt. Les secondes, toujours congénitales, sont pins ou moins bleues, tantôt circonscrites, tantôt diffuses. Elles atteignent parfois des dimensions considérables. Elles ne disparaissent pas sous la pression du doigt et elles deviennent turgescentes sous l'influence des cris et des efforts.
Le nævus pigmentaire s’observe sur presque toutes les régions de la peau. Cette variété est constituée par de nombreuses granulations pigmentaires, accumulées ensemble. Souvent ce nævus ne consiste qu’en une petite tache noire, à peine visible, à contours bien délimités. Mais il forme parfois une tache plus étendue, saillante, rugueuse et couverte de poils durs et raides.
Le système pileux peut être aussi le siège de cette affection. Ce genre de nævus peut même atteindre de grandes dimensions et devenir une véritable difformité.
Les nævi ne sauraient être confondus avec aucune autre maladie. Ils constituent une affection purement locale et essentiellement bénigne.
Lorsqu’ils ne siègent pas sur des parties du corps habituellement à découvert, les personnes qui les portent s’en préoccupent généralement peu, mais lorsqu’ils sont placés sur le visage, ils constituent une ditîonnité dont on désire se débarrasser.
On a proposé un grand nombre de traitements. Citons d’abord un procédé ancien complètement | inusité aujourd’hui, celui du tatouage. Ce procédé consiste, à insinuer sous la peau un mélange de I blanc de céruse et de carmin destiné à lui rendre sa coloration naturelle. Les réfrigérants et les as- ; tringents ont été essayés sans succès. On a vanté l’emploi du perchlorure de fer en badigeonnages.
1 La compression suivie de la ligature des vaisseaux j se rendant à la tumeur a donné quelque succès. L'amputation par incision circulaire est un procédé qui ne peut être appliqué que dans un petit nombre de cas et qui expose à des hémorrhagies.
I On a conseillé d’enfoncer dans la tumeur un grand nombre d’épingles, mais on n'atteint pas toujours ! ainsi le degré d’inflammation nécessaire. La vaccination est un bon procédé, on doit la tenter toutes les fois que l’enfant n’est pas encore vacciné et que le nævus est peu étendu. Certains chirurgiens ont pratiqué avec avantage la cautérisation au moyen d’aiguilles rougies ou avec du nitrate d’argent ou encore à l’aide de la pâte de Canquoin. Les caustiques, tels que l’acide nitrique, le nitrate acide de | mercure, la pâte de Vienne, ont été tour à Lour employés. Ces moyens comptent de nombreux I succès, mais leur usage doit être surveillé avec attention. Enfin, tout récemment, l’emploi du thermo-cautère actuel a donné d’heureux résultats. On se sert, à cet effet, d’une aiguille line. Au bout i d’un certain nombre d’applications on a notablement diminué l’étendue du nævus qui se trouve bientôt remplacé par une petite cicatrice blanchâtre, peu visible. ir tous Thomas.