‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 129 sur 344 · MYE · texte numérisé non relu

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note qu’en plaçant le livre à la distance ordinaire de I 30 centimètres, le malade n’arrive à lire que des caractères d’une certaine dimension, le numéro 7 par exemple, et qu'il lui est impossible de lire des caractères plus petits. On s’aperçoit aussi que, même pour la lecture de caractères d’imprimerie ordi- ! naires, le malade a de la tendance à placer le livre ; à une distance plus grande que la distance de la P vision distincte. On présente ensuite au malade 'des caractères imprimés plus gros ; il les lit, à une plus grande distance de l’œil affecté que de l’œil sain. Si les deux yeux sont mydriatiques, on constate pareillement que la lecture se fait à une plus grande distance que la moyenne normale. Donc l'acuité de la vision n’est pas diminuée; le sujet est simplement hypermétrope. Reste à rechercher si cette hypermétropie est réellement le résultat d’une exagération du diamètre de la pupille. Pour cela; donnez à lire des caractères d’imprimerie ordinaires, à travers une plaque de cuivre percée d’un trou plus petit que la pupille du côté malade, et placée devant cet œil, à la condition de bien éclairer la page imprimée. Ces mêmes caractères, qui n’étaient vus que confusément à l’œil nu, seront distingués avec grande netteté. Introduisez une goutte de solution desérine (alcaloïde de la fève de Calabar) derrière les paupières; la pupille se resserre promptement; dès qu’elle est arrivée à des dimensions plus exiguës, le malade lit les caractères d'imprimerie les plus fins. On complète l’examen, en recherchant, au moyen de l’ophthalmoscope, s’il n’existe aucune altération, ni de la rétine, ni de la papille optique.

Le traitement de la mydriase est curatif ou palliatif. L'indication à remplir est de ramener la pupille à des dimensions plus exiguës. Les .moyens employés agissent, soit en stimulant la contractilité des fibres circulaires (mydriase paralytique), soit en modérant l’excès de contractilité des fibres rayonnées (mydriase spasmodique). La plupart des médications usitées dans la paralysie de la troisième paire trouvent leur place; quelques autres sont plus spéciales à la mydriase et méritent d’être mentionnées ici. Lorsque la dilatation de la pupille n’est pas accompagnée de symptômes congestionncls, on emploie avec avantage les divers stimulants locaux : embrocations sur l’orbite avec préparations aromatiques, éthérées, ammoniacales; vésicatoires sur la paupière supérieure avec la pommade de Gondret; attouchements de la paroi muqueuse des paupières, tous les deux jours, avec un crayon de sulfate de cuivre; cautérisation, sur la circonférence delà cornée, avec un crayon de nitrate d’argent taillé en pointe; sternutatoires. J’ai obtenu d'excellents résultats, dans un cas de mydriase traumatique, d’une pommade à l’extrait gommeux thébaïque, au cinquième, à introduire entre les paupières, gros comme un pois, deux fois par jour. Cette préparation est beaucoup plus active que le laudanum de Sydenham.

Le seigle ergoté a été aussi employé. L’extrait de fève de Calabar, surtout la solution d’ésérine, qui est l'alcaloïde de la fève de Calabar, a une efficacité incontestable, et bien supérieure aux agents précédents. Une ou deux gouttes de cette solution suffisent pour diminuer le diamètre de la pupille

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dans l’espace de quelques minutes. L’effet ne persiste pas au delà d’un certain temps; il faut revenir à cette préparation; en continuant l’usage du médicament pendant plusieurs jours, la pupille reprendra d’une manière définitive ses dimensions normales.

Les exercices méthodiques de l’œil mydriatique sont avantageux. Un moyen très simple consiste à contraindre cet œil à lire à une petite distance des caractères d’imprimerie ordinaires. On force, par cet artifice, la pupille à se resserrer, parce qu’il est de règle que la pupille devient plus petite, quand on fixe des objets rapprochés. En faisant lire au malade des caractères d’imprimerie de petites dimensions à travers des lunettes à mydriasis, on espère qu’à la faveur d’une action réflexe qui se porte de la rétine sur l’iris, la pupille reprendra sa contractilité normale. On a conseillé l’emploi de lunettes à verres convexes, de moins en moins forts, en commençant par le numéro 14 (ancien), et en descendant progressivement au 24, 26, 33, 60, 80, 90. Se fondant sur ce fait que, dans le mouvement de rapprochement des paupières, la pupille se rétrécit, on a aussi conseillé de se livrer à un exercice qui consiste à ouvrir et à fermer avec force les paupières.

Lorsque la mydriase ne cède pas aux divers moyens que nous avons passés en revue, il convient de recommander, à titre de palliatif, l’emploi de lunettes à mydriasis, ou de verres convexes d’un numéro proportionné au degré de dilatation de la pupille. Dr fano.

MYDRIATIQUE. — Qualificatif donné par les oculistes aux médicaments qui jouissent de la propriété de dilater les pupilles. Le plus usité est l 'atropine (V. ce mot). p. l.

MYÉLITE. — La myélite est l’inflammation de la moelle. Elle peut être aiguë ou chronique.

Myélite aiguë. — La myélite aiguë est l’inflammation aiguë de la névroglie ou du tissu conjonctif qui entre dans la structure de la moelle. Les travaux de Charcot et Joffroy ont démontré que les éléments nerveux eux-mêmes, cellules et tubes nerveux prennent part à la phlegmasie.

La myélite aiguë est surtout produite par les blessures de la moelle ou par les altérations des vertèbres dont le voisinage irrite la moelle. En dehors de ces causes bien déterminées, il est difficile de lui en assigner d’autres même simplement probables ; on a prétendu que les excès de coït, les changements brusques de température, les maladies de vessie, pouvaient engendrer des myélites aiguës, mais c’est fort douteux.

Les symptômes de la myélite aiguë se déduisent très exactement des propriétés physiologiques du segment de la moelle qui est intéressé; ils consistent en : 1° fièvre ; 2“ douleurs ; 3° troubles du mouvement; 4° troubles de la sensibilité ; 5° troubles nutritifs.

1° La fièvre est à peu près constante, sans caractère spécial.

2° Les douleurs sont vives; leur foyer correspond au segment de la moelle qui est malade ; de là elles

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s’irradient soit en ceinture, soit dans les membres; elles suivent, en un mot, le trajet des nerfs dont les racines émergent des parties malades.

3° Troubles de la motilité. — Ils consistent en une paralysie qui occupe toute la moitié du corps située au-dessous delà zone médullaire enflammée ; c’est ce que l’on nomme une paraplégie.

La paraplégie est bornée aux membres inférieurs, aux muscles de l’abdomen, à la vessie et au rectum lorsque la myélite occupe la région dorso-lombaire; quand c’est le centre cilio-spinal (de la cinquième vertèbre cervicale à la sixième dorsale), la paraplégie frappe les membres supérieurs; de plus, comme de ce centre partent des filets nerveux qui se rendent au cœur et à la pupille, il se produit des palpitations de cœur, une dilatation de la pupille, puis un rétrécissement.

Enfin, si la myélite occupe la portion cervicale de la moelle, outre la paralysie du tronc et des membres, on observe de la dysphagie et de la dyspnée.

Les mouvements réflexes sont très accrus dans la partie du corps située au-dessous de la région malade, car les impressions sensitives ne pouvant arriver au cerveau se transforment en mouvements dans la moélle elle-même; si après quelques jours on constate la disparition de ces mouvements réflexes, il faut en conclure que la myélite descend progressivement et a détruit la partie inférieure de la moelle.

Les convulsions et contractures sont fréquemment observées, surtout lorsque les méninges sont en cause et qu’il existe une méningo-myélite.

4U Troubles de la sensibilité. — Ils comprennent d’abord les douleurs dont nous avons déjà parlé, puis se sont des sensations étranges de fourmillement, d’engourdissement; l'hyperesthésie est assez rare, cependant, parfois, le moindre contact éveille dans l'autre membre des sensations douloureuses: on a considéré ce phénomène comme un symptôme propre à la myélite; l’anesthésie est bien plus commune, elle occupe en général les parties paralysées. Il n’est pas rare d’entendre les malades se plaindre de régions complètement insensibles à toute excitation directe, c’est ce que l’on nomme l’anesthésie douloureuse.

5° Troubles nutritifs. — La myélite aiguë détermine très rapidement un affaiblissement considérable dans la nutrition, aussi voit-on se produire des eschares, de l’œdème, et la moindre excoration suffit pour déterminer des plaques de gangrène.

Charcot a décrit sous le nom de myélite centrale ou ascendante une forme de myélite qui se traduit par de la paraplégie, de l’anesthésie, etc., mais dont le caractère principal est une tendance à s’élever vers la région cervicale, il en résulte une paralysie ascendante rapidement mortelle.

Habituellement mortelle en quelques jours, la myélite aiguë peut, par exception, rester station-

naire, mais les parties'détruites ne se séparent pas, il en résulte une paraplégie définitive.

Son traitement est le même que celui de la méningite aiguë (V. Méningite) .

Myélite chronique. — (V. Sclérose .)

Dr Léon Moynac.

MYLO-HYOÏDIEN. — Nom donné parles anatomistes à un muscle de la région sus-hyoïdienne, large et mince, qui constitue la paroi inférieure de * la cavité buccale ou plancher de la bouche. Il s’insère, en haut, à la ligne oblique de la face interne de l’os maxillaire supérieur; et en bas, au bord supérieur de l’os hyoïde. Ce muscle élève le plancher de la bouche, applique la langue sur la voûte palatine et joue, par conséquent, un grand rôle

dans le premier temps dejl’acte delà déglutition (Y. ce mot). p. l.

MYOME. — On désigne sous le nom de miome, des tumeurs bénignes formées par du tissu musculaire. On en distingue deux variétés: les myomes à fibres striées et les myomes à fibres lisses, correspondant aux deux classes de fibres musculaires des mêmes noms. Les premiers sont extrêmement rares, aussi n’en dirons-nous rien. Quant aux myomes à fibres lisses, ils sont très fréquents et comme leur siège de prédilection est l’utérus, nous renvoyons le lecteur à l’article utérus, où ils seront étudiés tout au long. p. l.

MYOPIE. — Le mot myooie vient de uûeiv, cligner tütj/, œil, parce que les myopes rapprochent les paupières pour distinguer les objets éloignés.

Dans un œil.no rmal ou emmétrope, les objets

Fig. 91 i. — Région sus-hyoïdienne.

(La glande sous-maxillaire a été enlevée.)

12. Muscle mylo-hyoïdien. — 2. Muscle tf masséter. — 8. Artère linguale. — 1.1. Artère faciale accompagnée) par la 'veine faciale. —3. Expansion aponévrotique étendue du bord antérieur du muscle sterno-mastoïdien à l’angle de la mâchoire, et séparant la glande parotide de la glande sous-maxillaire.— 4. Glande parotide. — 5,5'. Muscle ..digastrique. — 6. Artère carotide externe. — 7. Artère carotide ‘primitive. — 9. Veine jugulaire interne. — 10. Os hyoïde. — 11. Nerf grand hypoglosse. — fi'i. Muscle stylo-hvoïdien. — 14. Muscle sterno-mastoïdieu. — 15. Muscles sterno-hyoïdien et thyro-hyoïdien.

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qui sont placés à la distance de 30 centimètres environ, forment leur image sur la couche des bâtonnets de la rétine. Il est des yeux organriés de façon à ce que l'image de ces objets, placés à la même distance, se forme au devant de la rétine: la vision est alors confuse ou même impossible à cette distance. Si on rapproche l’objet de l'œil, l'image se forme plus en arrière, c'est-à-dire sur la rétine, et la vision est nette: telles sont les conditions dans lesquelles se trouvent les yeux myopes.

Quel est l’état de l’œil chez les myopes? — On a expliqué la myopie par un état anormal des milieux réfringents de l'œil, ou par une exagération dans le diamètre antéro-postérieur de l’organe : convexité exagérée de la cornée, épaisseur trop considérable de cette membrane, excès de densité d'un seul ou de tous les milieux transparents de l’œil, convexité trop prononcée du cristallin ; axe optique trop allongé, soit primitivement, soit consécutivement à l'action incessante des muscles de l'œil, que celui-ci soit normal, ou que le segment postérieur ait subi un amincissement qui ait diminué la résistance de cette portion de l'organe à l’action des cordes motrices qui l’entourent. On a prétendu à tort qu’on trouve chez presque tous les myopes, neuf fois sur dix, un staphylôme postéiieur. Chez la plupart des myopes que j’ai examinés à l’ophthalmoscope,j’ai trouvé le pigment choroïdien disposé sous forme de lignes ou de taches irrégulières bien accentuées. Cela prouve que la myopie essentielle est rare; qu’il existe, chez les myopes, d’autres conditions anatomiques qu’un simple trouble de la réfraction, ou que du moins celui-ci s’accompagne d'une altération de la membrane sentante de l’œil. Efl'eclivement, on s’assure que, chez la plupart des myopes, Vacuité de la vision a diminué plus ou moins notablement.

La myopie peut être congénitale et héréditaire. D'autres fois, elle se développe à l’âge de la puberté; elle succède alors communément à l’application suivie des yeux sur des objets petits et rapprochés; soit que, par suite d’une accommodation forcée et continuée longtemps, l’œil s’allonge d'avant en arrière, sous l’influence d’une contraction prolongée des muscles de l'organe; soit que, par le fait d'une congestion rétino-choroïdienne, les milieux réfringents acquièrent un indice de réfraction plus considérable que dans l’état normal.

La myopie paraît être plus commune chez les garçons que chez les filles, chez les hommes que chez les femmes. Elle est plus fréquente dans la population des villes et dans la classe aisée de la société que chez les habitants des campagnes et dans les classes pauvres. Elle est très rare chez les peuples nomades. Toutes ces circonstances prouvent que le travail assidu des yeux joue un grand rôle dans le développement de la maladie.

- Les myopes ont souvent des yeux proéminents; chez eux, la cornée est plus bombée, la chambre anterieure plus profonde, la pupille large. L’œil est plus gros, plus résistant à la pression. Le regard est parfois sans expression, comme hébété et vague, ce qui tient à ce que le sujet ne voit qu’à une faible distance et qu’il paraît étranger à ce qui l’entoure.

Quand on présente une feuille imprimée en caractères ordinaires à un myope, celui-ci la rapproche des yeux, d’autant plus que la myopie est plus prononcée. Dans les cas de myopie exagérée, le sujet serait forcé de se rapprocher tellement du livre, qu’il intercepterait la lumière. Alors il place le livre de côté, et ne lit que d’un œil, pour permettre à la lumière de tomber obliquement sur l’objet qu’il regarde. Les myopes emploient plusieurs artifices pour distinguer les objets éloignés: le plus communément, ils resserrent l’orifice interpalpébral, en rapprochant, jusqu’à un certain degré, les paupières l’une de l’autre. De cette façon ils masquent la partie périphérique de la pupille; celle-ci n’admet plus que les rayons centraux.

L’application de l’extrait de fève de Calabar sur la conjonctive de sujets myopes, en rétrécissant la pupille, produit le même effet. En comprimant le globe d’avant en arrière, à travers la paupière supérieur, avec la pulpe du doigt, les myopes raccourcissent l’œil dans son diamètre antéro-postérieur; ils avancent l’écran, représenté par la rétine, de l’ouverture de la chambre noire que représente l’œil, c’est-à-dire de la pupille, et ils arrivent aussi à mieux distinguer les objets éloignés.

La myopie existe à un degré plus ou moins prononcé : d’où trois variétés : la myopie faible latente, qui permet de distinguer assez bien les objets éloignés, et très nettement les objets rapprochés; la myopie moyenne, qui ne permet de voir distinctement que les objets rapprochés; la myopie forte, dans laquelle il est impossible de lire a\ec les deux yeux simultanément, parce que le livre doit être tellement rapproché, qu’une somme suffisante de lumière n’arrive plus sur la page imprimée, et que les deux axes optiques ne peuvent plus se rencontrer à cette faible distance; le sujet ne se servant le plus souvent que d’un seul œil, l'autre reste dans l’inaction, et la sensibilité de la rétine diminue.

L’impossibilité de voir les objets éloignés, sans que les yeux soient armés de verres concaves, est le signe pathognomonique de la myopie. Cette épreuve permet de différencier la myopie de Vamblyopie ; dans cette deruiere, les verres concaves, . au lieu d’améliorer la vision, la rendent trouble.

La myopie essentielle étant relativement rare, il convient de rechercher s’il n’existe pas une véritable diminution dans l’acuité de la vision, et si les membranes profondes de l’œil n’uffrentpas quelque altération.

11 ne suffit pas de reconnaître qu’un sujet est myope. Il faut déterminer le degré de la myopie, c’est-à-dire la distance exacte de la vue distincte du myope, afin de choisir le numéro des verres concaves qu’on lui fait porter. Dans ce but, on peut, pour arriver à une mesure exacte, se servir de Voptumètre. Dans la pratique, on se contente de présenter au sujet des caractères d’imprimerie de grandeur ordinaire, et de mesurer la distance entre les yeux et la page imprimée, pour que la lecture soit facile. De cette façon, on constate aussi très bien, si le degré de myopie est le même pour les deux yeux; il suffit de faire fermer alternativement chacun d’eux pendant la lecture. On peut, du reste, varier les épreuves, en faisant lire des carac-

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tères plus petits, à la distance ordinaire, et de grands caractères, ceux d’affiches, par exemple, placées de l’autre côte de la rue.

La myopie essentielle diminue avec l’âge. Beaucoup de sujets qui se servaient de verres concaves dans la jeunesse, y renoncent complètement dans l’âge mûr. Parfois même l’œil devient hypermétrope. Il n’en est pas de même de la myopie liée à quelque altération des membranes profondes de l’œil; celle-ci s’accroît, ou tout au moins s’accompagne, à une certaine période, d’une diminution plus ou moins notable de l’énergie visuelle ; .alors les verres concaves n’améliorent plus la vision que médiocrement.

Le pronostic est subordonné à l’état des parties profondes de l’œil, au degré d’acuité de la vision. La myopie essentielle est bien moins grave que celle qui est accompagnée d’une scléro-choroïdite postérieure, d’une choroïdite congestive ou atrophique.

Le traitement palliatif consiste à faire porter des verres concaves d’une force appropriée à la myopie. 11 faut conseiller aux myopes d’avoir deux paires de lunettes d’un numéro différent, des verres plus faibles pour voir de près, des verres plus forts pour voir plus loin. Au delà d’une certaine distance, certains myopes ne trouvent plus de verres concaves pour voir distinctement, et ils sont obligés de se servir d’une petite lorgnette de théâtre.

Divers moyens ont été proposés pour guérir la myopie : le resserrement de la pupille par des frictions sur l’orbite avec la teinture concentrée de gingembre ou de poivre, ou par l’instillation de l'extrait de fève de Calabar; l’aplatissement de la cornée obtenu en comprimant le miroir oculaire par les paupières un peu rapprochées et attirées très légèrement en dehors avec le doigt appuyé sur la commissure externe.

L’exercice méthodique des yeux a plus d’importance. On le pratique de diverses manières. Un moyen très simple consiste à | faire lire des caractères d’imprimerie de dimension constante, en les éloignant tous les jours un peu plus des yeux. On peut aussi prescrire la lecture des caractère d’imprimerie, d’une grandeur immuable, en se servant de verres concaves de moins en moins forts.

Lorsque la myopie est récente, qu’elle a succédé à une application trop prolongée des yeux sur de petits objets, qu’elle paraît la conséquence d’une congestion rétino-choroïdienne, on prescrit la cessation de tout travail pendant un certain temps; l’abstention de lunettes à verres concaves, l’exercice en plein air, des promenades à pied et à cheval dans la campagne, où la vue se repose sur des objets éloignés et à grandes dimensions.

Partant de ce fait, que certaines myopies sont dues à une élongation de l’axe antéro-postérieur de l’œil, élongation produite par la contraction exagérée des muscles qui entourent l’organe, ou par une brièveté primitive de ces cordes motrices, quelanes chirurgiens ont proposé et exécuté la section de quelques-uns de ces muscles. Dr fano.

MYOSIS. — On donne ce nom au resserrement exagéré de la pupille. Tantôt ce resserrement est

permanent; d’autres fois il se montre sous forme d’accès, cette dernière forme, désignée par quelques auteurs sous le nom d 'hippies, est propre aux hypocondriaques, aux femmes hystériques.

Le myosis ne se montre pas seulement dans ces dernières conditions. Il succède parfois aux ophthalmies internes ; il peut être congénital. On l’attribue à l’application habituelle des yeux sur de petits objets, surtout quand ceux-ci sont fortement éclairés. C'est ainsi qu’on explique le développement du mal chez les brodeurs, les horlogers, les monteurs de bijoux. Le resserrement de la pupille étant la conséquence d’une prédominance d’action des fibres circulaires sur les fibres rayonnées de l’iris, on comprend l'idée de mettre le point de départ du myosis sur le compte d’une affection du cordon cervical du grand sympathique qui préside aux contractions des fibres rayonnées.

Le myosis accompagne parfois l’atrophie des nerfs optiques, bien que dans ces cas la mydriase soit la règle.

Le myosis atteint simultanément les deux yeux. Il présente, en général, de nombreux degrés, depuis une légère diminution dans le diamètre de l’ouverture pupillaire, jusqu’à une étroitesse telle, qu’il serait impossible d'y faire passer une aiguille. La pupille ne présente plus des alternatives de resserrement et de dilatation, sous l’influence du jeu de la lumière et de l’obscurité. L’état de la vision est d’ailleurs très variable, selon que le myosis est essentiel, ou qu’il se rattache à d’autres altérations de l’œil; suivant encore le degré de resserrement de la pupille.

On ne confondra pas le myosis avec l’atrésie de la pupille, parce que, dans le premier cas, le contour de l’ouverture est régulier, que la dilatation artificielle de la pupille par l’atropine permet de reconnaître qu'il n'existe aucune adhérence avec la capsule du cristallin.

Le traitement du myosis est subordonné à sa cause. Dr Fano.

MYOSITE. — On donne le nom de myosite à l'inflammation des muscles. Cette inflammation peut être primitive ou secondaire.

Les causes ordinaires de la myosite primitive sont les plaies, les contusions, les ruptures souscutanées des muscles, et enfin les grandes fatigues qui prédisposent beaucoup aux suppurations, ainsi qu’on a souvent lieu de l’observer chez les animaux surmenés.

Les myosites secondaires ou symptomatiques sont aiguës et suppurées ou chroniques et fibreuses. Les premières surviennent dans le cours des maladies septiques ou virulentes (infection purulente, fièvre typhoïde, fièvres éruptives , ictère grave, morve et farcin). Les secondes se développent par irritation de voisinage, autour d’os nécrosés, d'articulations fongueuses, par le contact du pus, ainsi que cela s’observe pour le muscle psoas iliaque dans le mal de pott ; dans ce cas la myosite est souvent suppurée.

La myosite aiguë survenue à la suite d’efforts, de contusions, etc., se traduit par une douleur fixe et assez vive au niveau des muscles enflammés,

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