‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 137 sur 344 · NE R · texte numérisé non relu

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on pratiquera des émissions sanguines locales (sangsues ou ventouses scarifiées), on donnera des purgatifs drastiques (pilules de Bosredon, grains de santé du Dr Franck, etc.), surtout si l'hydropisie est considérable. L’emploi du calomel sera proscrit, car il produit rapidement la salivation chez les albuminuriques. On prescrira, en outre, des diurétiques légers, les eaux minérales de Pougues, Vichy, Heucheloup, Capvern, etc., ou la tisane de chiendent additionnée par litre de 2 grammes de nitrate de potasse, ou les préparations de digitale ( digitaline Romolle et Quivenne) , de scille, etc.

On exigera un régime sévère et un repos absolu. Si on observe des symptômes urémiques, il ne faudra pas hésiter à pratiquer une saignée générale. Les frictions sèches et l’hydrothérapie seront employées avec avantage contre l’albuminurie.

Néphrites chroniques. — Le traitement par excellence dans les néphrites chroniques consiste dans le régime lacté. Jaccoud, G. Sée, Potain , l’ont appliqué avec succès Le malade peut prendre jusqu’à 5 ou 6 litres de lait par jour. Au début, si le lait est mal supporté, on commencera par de petites doses auxquelles on ajoutera un peu d’eau de chaux. Sous l'influence de ce traitement, la diurèse se rétablit, l’œdème diminue, les troubles respiratoires et cardiaques disparaissent. En même temps il faudra soutenir les forces du malade par les préparations toniques généralement employées contre l 'anémie (V. ce mot). Le régime lacté sera continué plus ou moins longtemps. On pourra, au bout d’un certain temps, associer la viande au lait. Les fonctions de la peau seront excitées par des frictions stimulantes. Les révulsifs sur la région lombaire sont indiqués. Gubler a préconisé le tannin et l’acide gallique. On combattra l’œdème au moyen du régime lacté et de la digitale ( digitaline Homolle et Quévenne). Les purgatifs drastiques seront prescrits. On a recommandé les pilules suivantes :

y Aloès )

Gomme gutte J> âa 13 centigr.

Extrait d’ellébore. . )

Résine de jalap. ... 10 —

pour une pilule; —2 ou 3 par jour. On peut avantageusement substituer à ces pilules les pilules de Bosredon, les grains de santé du D' Franck, etc.

Certains médicaments, la digitale et l’opium, en particulier, doivent être donnés avec une extrême prudence en raison de la difficulté de leur élimination dans les reins. On a préconisé l’emploi du chlorure de sodium à la dose de 3 à 6 grammes par jour dans le lait. Le sulfate de quinine a donné des succès dans la forme palustre. Si l’on suppose que la néphrite est d’origine syphilitique, on prescrira l’iodure de potassium (sirop de Laroze). La pilocarpine semble avoir donné quelques succès dans certains cas.

Si les épanchements des séreuses sont très considérables, il faudra donner issue au liquide. Si certains symptômes font craindre l’apparition de l’urémie, on prescrira des purgatifs drastiques, des ■révulsifs aux membres, et on fera une saignée

générale dans le cas de convulsions ou de dyspnée trop intense.

Néphrite suppurée. — La néphrite suppurée exige un traitement antiphlogistique énergique. Si le sujet est jeune et vigoureux, on fera d’abord une saignée générale abondante et on prescrira des ventouses ou des sangsues à la région lombaire. Le malade sera soumis à un régime sévère et à un repos absolu. On ordonnera des tisanes délayantes, légèrement diurétiques. Les vomissements seront combattus au moyen de boissons glacées ou gazeuses. On calmera la douleur par des injections hypodermiques de morphine. Enfin, si le pus tend à se faire jour au dehors, il faut ouvrir l’abcès : on l’empêche ainsi de se répandre dans les cavités viscérales. Dr Louis Thomas.

NÉPHROTOMIE. — Nom donné à une opération chirurgicale qui consiste, soit à extirper totalement le rein, soit simplement à l’inciser pour donner issue au pus d’un abcès ou pour en extraire un calcul. Toujours excessivement grave et presque toujours suivie de mort, la néphrotomie a été cependant pratiquée en Fnyice avec succès, par notre illustre ami, l’habile chirurgien Péan et par Le Dentu. p. l.

NERFS. — Anatomie. — Les nerfs sont des cordons blancs et arrondis destinés à établir des relations entre les centres nerveux et les diverses parties constituantes de notre corps. Leur ensemble constitue le système nerveux périphérique.

Si, dans les organismes inférieurs, toutes les fonctions sont confondues, dans les organismes supérieurs elles sont, au contraire, très nettement séparées, et cette séparation (division du travail) les conduit à un plus haut degré de perfection. Les nerfs, qui sont de simples agents conducteurs, doivent présenter des différences en rapport avec la diversité des fonctions de nos organes; aussi peuton les diviser en quatre groupes :

A. Les nerfs de sensibilité spéciale transmettant à l’encéphale des impressions spéciales: lumière (nerf optique), son (nerf acoustique), saveur (nerfs glosso-pharyngien et lingual), odeur (nerf olfactif), tact (nerfs cutanés) ;

B. Les nerfs sensitifs ou centripètes destinés à transmettre aux centres nerveux, c’est-à-dire à la cellule nerveuse, une impression particulière qui produit une sensation;

C. Les nerfs moteurs ou centrifuges par lesquels les cellules nerveuses envoient aux éléments anatomiques moteurs (tissu musculaire) l’excitation qui les fait entrer en jeu ;

D. Les nerfs trophiques ou vaso-moteurs qui, par leur action sur les vaisseaux, président aux phénomènes de la nutrition intime de nos tissus. (Ces nerfs, appartenant au grand sympathique, seront étudiés avec lui.)

Envisagés d’une manière générale, les nerfs nous présentent à étudier : 1° leur structure; — 2° leur origine; — 3° leur trajet; — 4° leur rapports; — 5° leur terminaison.

1° Structure. — Les nerfs sont formés par l’association d’un nombre plus ou moins considérable

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