‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 141 sur 344 · C. Altérations constitutionnelles · texte numérisé non relu

C. Altérations constitutionnelles

A. Lésions primitives et intrinsèques. — Les lésions primitives et intrinsèques des nerfs ne sont pas les causes les plus ordinaires des névralgies; mais leur interprétation est des plus nettes, car on conçoit aisément que l’altération matérielle d’un nerf sensible exagère sa sensibilité.

Ces lésions comprennent : la névrite, les congestions et œdèmes du névrilème, les tumeurs de diverses natures développées dans le nerf, en particulier les névromes, et enfin l’action du froid.

Les névralgies à frigore ou de nature rhumatismale sont fréquentes, mais leur pathogénie n’est pas encore élucidée. Comment agit le froid? Est-ce simplement en troublant la conductibilité du nerf sans altérer sa texture d’une façon appréciable, oû bien détermine-t-il une hyperhémie, une congestion active de ses tuniques? Celte dernière opinion tend à prévaloir.

B. Causes extrinsèques. — 1° Les unes sont directes, c’est-à-dire que, situées dans le voisinage immédiat du cordon nerveux, elles le compriment, l’irritent au point de faire éclater une névralgie: telles sont les altérations des os du crâne, du rachis, des membres, de lalàce (tumeurs, exostoses, nécroses, carie, etc.), avec lesquels sont en rapport les nerfs sensitifs. Les tumeurs de toute nature, les hypertrophies des ganglions ou des organes situés dans le voisinage immédiat de ces nerfs (exemple : névralgie sciatique dans le cas de tumeur utérine).

2° Les autres sont indirectes, c’est-à-dire qu’éloignées du nerf atteint de névralgie, elles agissent sur lui par irradiation réflexe. Ces névralgies sont assez rares ; on les observe dans le cours des lésions chroniques de l’encéphale et de la moelle (sclérose, etc.).

C. Causes constitutionnelles. — Les névralgies de cet ordre sont très fréquentes et elles.se rattachent très probablement à une altération du sang.

Pour qu’un nerf fonctionne bien, il faut que le sang qui l’alimente soit convenable en quantité et

en qualité; cette double condition ne se trouve remplie ni dans les anémies, ni dans les intoxications.

Aussi les femmes anémiques sont-elles fréquemment atteintes de névralgies à déterminations multiples (névralgies intercostales, faciales, crampes d’estomac, etc.). Les névralgies sont également très fréquentes dans une foule d’intoxications; pour ne citer que les principales, on les observe dans les pays marécageux (la névralgie faciale est la forme la plus commune de la fièvre lactée), dans les intoxications saturnines, mercurielles, chez les syphilitiques, les goutteux.

Quels sont les symptômes des névralgies? — La douleur est le symptôme capital de toute névralgie ; de plus, l’état d’excitation dans lequel se trouve un nerf atteint de névralgie peut avoir du retentissement sur les nerfs moteurs et sur les nerfs vaso-moteurs, et produire ainsi des désordres du mouvement, de la nutrition et des sécrétions.

lien résulte .que les symptômes des névralgies peuvent se grouper sous trois chefs :

A. La douleur, symptôme capital et constant;

B. Des troubles dans la motilité et les fonctions de la région malade;

C. Des désordres dans son innervation vaso-motrice (sécrétions, nutrition, etc.).

A. Douleur. — Les douleurs névralgiques se présentent sous des formes variées, mais elles sont toujours remarquables par leur intensité ; spontanément ou sous l’influence de l’excitation la plus légère (chatouillement avec la barbe d’une plume), elles atteignent des proportions qui plongent le malheureux patient dans la plus vive anxiété; il s’agite, crie, se roule par terre, ne peut trouver de termes assez énergiques pour exprimer ses souffrances.

Quelques variées que soient les douleurs névralgiques, elles obéissent, en général, aux trois lois suivantes :

1° Elles suivent très exactement le trajet des branches nerveuses malades, à tel point que le malade peut indiquer du doigt le trajet du nerf malade, aussi exactement que le ferait un anatomiste ;

2° Elles présentent des paroxysmes désignés sous le nom d'accès;

3° 11 est certains points déterminés (points douloureux de Valleixj au niveau desquels la pression les réveille ou les exagère.

1° Trajet de la douleur. — Les nerfs le plus ordinairement atteints de névralgie sont, par ordre de fréquence, les nerfs intercostaux, le nerf de la 5' paire ou trijumeau, les branches des plexus lombaire et sacré (surtout le grand nerf sciatique), le nerf sous-occipital et les nerfs cervicaux.

La névralgie peut frapper toutes les branches de ces différents nerfs, se limiter à l’un ou à un certain nombre de leurs rameaux; mais, qu’elle soit généralisée à tout le nerf ou circonscrite dans une de ses branches, la douleur suit très exactement le trajet du filet nerveux malade.

De plus, la névralgie peut s’étendre par l’intermédiaire des appareils ganglionnaires et centraux à d’autres nerfs sensibles.

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