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2°' Paroxysmes. — Accès. — L’excitabilité nerveuse n’étant pas continue et s’épuisant après un certain temps, il en résulte que les douleurs névralgiques offrent des intermittences, c’est-à-dire des alternatives d’apaisement et d’augmentation, et présentent en réalité deux formes : douleurs continues, accès douloureux. C'est-à-dire que la région atteinte de névralgie est à peu près constamment le siège d’une douleur continue, mais sourde et très supportable, et que, de temps à autre, éclatent spontanément ou sous l’influence d’une cause légère (contact, mouvement, etc.) des paroxysmes dans lesquels la douleur acquiert une grande intensité. Ces paroxysmes, souvent désignés sous le nom d 'accès, sont eux-mêmes formés par des secousses douloureuses qui se succèdent rapidement et que l’on a comparés à des décharges électriques; ces accès ne se prolongent pas ordinairement au delà de quelques minutes : cependant leur durée est d'autant plus longue que la névralgie est plus ancienne.
3° Points douloureux. — On sait que lorsqu’un nerf est excité sur un point de son trajet, quel que soit le point de ce trajet qui ait été excité, le sensorium rapporte la douleur à l’extrémité périphérique du nerf; mais, outre ces douleurs excentriques, il en est qui se manifestent au niveau même de la pression. Valleix s’est attaché à déterminer pour chaque nerf les points au niveau desquels la pression éveillait la douleur locale (ou diffuse), et il a reconnu que c’était surtout au niveau de l’émergence du nerf hors des trous ou conduits osseux qu'il traverse, et encore dans les points où un filet se détache du tronc nerveux pour devenir cutané et superficiel. Cependant, une pression énergique, exercée sur le nerf malade, calme souvent la douleur. La suspension de la douleur tient à la suppression de la conductibilité du nerf; pour que la pression supprime la douleur, elle doit être exercée sur la partie du nerf intermédiaire au cerveau et à la partie malade, car seulement alors elle empêche les excitations morbides d'arriver à l’encéphale : si le point malade se trouve placé entre le cerveau et le lieu comprimé, la douleur persiste toujours en vertu de la loi des manifestations excentriques (amputé qui souffre du pied qu’il n’a plus). On voit combien la pression d’un nerf atteint de névralgie peut éclairer le diagnostic du siège de la lésion.
B. Troubles de la motilité. — Il n’est pas rare d'observer, dans le cours de certaines névralgies, des convulsions cloniques ou toniques, qui tantôt se limitent aux muscles de la région douloureuse, tantôt se produisent à distance. Ces secousses convulsives s'observent fréquemment à la face dans les cas de névralgie trifaciale, tic douloureux de la face, dans les muscles du mollet, chez les gens atteints de sciatique.
Les nombreuses anastomoses qui, dans les centres nerveux (et surtout dans le bulbe), unissent les cellules originelles des nerfs sensitifs et moteurs, expliquent ces irradiations d’un nerf à l'autre.
C. Troubles de l’innervation vaso-motrice. — Les névralgies provoquent souvent des désordres dans l’innervation vaso-motrice : ces désordres,
Dictionnaire pouhire de Medecine usuelle.
qui se manifestent au moment où la douleur attein son paroxysme, consistent dans la dilatation du système vasculaire; les artères battent avec force, les veines sont turgescentes, la température s’élève, peau rougit, les sécrétions s’exagèrent; l’accès terminé, tout rentre dans l’ordre. L’exagération des sécrétions lacrymale, nasale, salivaire, est surtout très remarquable dans les accès de névralgie faciale.
Cependant la répétition de ces actes peut entraîner des troubles durables : les téguments et les tissus sous-cutanés s’épaississent et se couvrent d’éruptions diverses, les poils tombent ou prennent, au contraire, un développement exagéré.
Quelle est la marche des névralgies? — i-a marche des névralgies est subordonnée à leur cause. Tient-elle à une lésion organique, la n vralgie durera autant qu’elle, à moins que le nerf jî ne vienne à être détruit par les progrès de la tumeur, auquel cas l’anesthésie succédera à la névralgie, circonstance heureuse que l’on a cherché à obtenir par la section ou la résection du nerf.
Les névralgies d’origine palustre ont des accès périodiques, souvent quotidiens.
En dehors de cela il n’y a rien de fixe; les accès sont plus ou moins fréquents : souvent ils se terminent tout à coup, après un phénomène critique tel que larmes et sueurs abondantes; parfois ils se calment peu à peu. Mais on en a vu qui persistent des années entières; certains malades, découragés par la persistance du mal, se sont suicidés.
Le pronostic, extrêmement variable, ne se prête pas à des considérations générales.
Comment reconnaît-on une névralgie et sa cause?
— Une névralgie se reconnaît aisément aux caractères que présente la douleur, c’est-à-dire à sa limitation au trajet d’un nerf, à ses paroxysmes spontanés ou provoqués par une pression exercée dans les points déterminés.
L’anesthésie douloureuse donne également lieu à des douleurs lancinantes avec paroxysmes, mais elle se distingue de la névralgie par l’abolition de la sensibilité tactile.
On détermine la cause de la névralgie par un examen scrupuleux de l’état général du malade, du nerf lui-même et des portions du squelette avec lesquelles il est en rapport.
Ainsi les névralgies anémiques sont souvent intercostales, elles se déplacent, le malade est pâle, faible, il souffre de crampes à l’estomac, de palpi- | j tâtions de cœur, on entend chez lui des souffles vasculaires, etc.
Les névralgies a frigore surviennent brusquement sous l’influence d’un refroidissement chez des personnes ayant présenté déjà d’autres manifestations rhumatismales.
Les névralgies d’origine palustre s’observent dans les pays à fièvres intermittentes; elles reviennent par accès, souvent à la même heure, et frappent d'ordinaire le trijumeau; l’efficacité du sulfate de quinine et de la liqueur de Fowler démontre leur nature.
Les névralgies rhumatismales et goutteuses s’observent fréquemment soit sur le nerf sciatique, i soit sur le nerf sous-occipital : l’âge du malade et |
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les autres manifestations arthritiques permettent de rapporter la névralgie à sa véritable cause.
Les névralgies de nature organique, caractérisées par leur ténacité et par le caractère fulgurant de la douleur, se reconnaissent par la constatation d’une tumeur siégeant sur le nerf ou dans son voisinage, par l’association à la douleur de paralysies ou de troubles fonctionnels liés à la compression des nerfs moteurs, par l’existence de manifestations syphilitiques, de caries, nécroses, etc.
Quel est le traitement des névralgies? — Le traitement présente deux indications : 1“ combattre la cause de la névralgie; 2° calmer la douleur.
1® Indications fournies pur la cause. — Une névralgie ne peut être efficacement combattue que grâce à une connaissance exacte de sa cause.
Avez-vous reconnu sa nature syphilitique, ayez recours, soit de prime abord à l’iodure de potassium ( sirop de Laroze ), soit préalablement au traitement mixte [pilules du Dr Labar/he ), au biiodure ioduré et à l’extrait de quinquina.
Est-elle d’origine palustre, administrez chaque jour de 60 centigrammes à 1 gramme de sulfate de quinine [capsules de quinine Pelletier), et, en même temps, de i à 10 gouttes de liqueur de Fowler.
Est-elle de nature anémique, prescrivez le traitement de l 'anémie (V. ce mot).
Est-elle de nature rhumatismale ou goutteuse, ayez recours à la médication alcaline et lactée, aux bains de vapeur prolongés.
Se rattache-t-elle à une lésion organique, sa destinée lui est enchaînée; il n’es.t point fort rare d’observer la destruction du nerf par le fait des progrès de cette lésion, auquel cas 1 anesthésie succède à la névralgie.
On a cherché à obtenir ce résultat par la résection du nerf atteint de névralgie : mais, pour que cette résection supprime les douleurs, elle doit porter sur la partie du nerf comprise entre le bulbe et 1a. lésion : la résection sera réservée aux cas dans lesquels la pression suspend la douleur, et elle sera pratiquée au niveau du point comprimé.
2® Calmer la douleur. — Pour cela, on aura recours aux préparations opiacces, belladonées, aux pilules de Moussette, à l’aconitine cristallisée et au quinium pur, recommandées par Gubler, Charcot, Desnos, Constantin Paul, Oulmont, etc- (commencer par trois le premier jour : une le matin, une dans le milieu de la journée et une le soir, et aller jusqu’à six par jour). Citons encore le val érianate d’ ammoniaque de P/erlot, le chloral [chloral perlé Limousin), le chloroforme, l’éther, le bromure de potassium ( sirop de Laroze), le bromure'de camphre ( capsules du Dr Clin), etc., administrés à l’intérieur. On a aussi recommandé le gelsemium sempervirens, le piscida erythrina, mais tous deux n’ont donné que des résultats presque nuis dans la plupart des cas entre les mains de Rerger, Wolfe, Dujardin-Beaumetz, etc., et, de plus, le gelsemium a occasionné de véritables empoisonnements ; aussi ne saurions-nous trop, avec notre ami Labarthe, déconseiller leur emploi.
Sanders a retiré de très bons effets de 1 emploi du sulfure de carbone. Il l’applique de la manière
suivante : il prend une boulette de coton ordinaire qu’il allonge un peu, et sur l’extrémité du cône il verse 5 à 10 gouttes de sulfure de carbone, et il l'applique immédiatement sur la partie douloureuse, de façon à empêcher la volatilisation rapide du sulfure. Le lieu de l’application a son importance : généralement l’auteur choisit le point le plus douloureux, en se faisant indiquer par le malade le point où la douleur est la plus vive. Si la douleur est diffuse, on peut en faire une application sur divers points. Dans tous les cas, il faut enlever le coton dès que la chaleur devient intolérable. Le soulagement, dit Sanders, est pour ainsi dire instantanée. La rougeur de la peau disparaît lentement, et la douleur produite par le sulfure cesse graduellement.
On retire aussi les meilleurs effets des injections hypodermiques de chlorhydrate de morphine, d’acide osmique; de la réfrigération par le chlorure de méthyle vaporisé sur la peau; des petits vésicatoires volants ( vésicatoire Albespeyres) appliqués loco dolenti et pansés avec le chlorhydrate de morphine, etc. Dans certains cas rebelles, Valleix a même pratiqué la cautérisation transcurrente ou ponctuée, avec le fer rouge. On a aussi recours aux bains électriques, et mieux à l’application des courants continus. Dr Léon Moynac.
NÉVRILÈME. — Nom donné par les anatomistes au tissu conjonctif qui unit entre eux les tubes nerveux entourés de leur périnèvre (V. Nerf, Périnèvre). p. l.
NÉVRITE. — On donne ce nom à l’inflammation des cordons nerveux; ces inflammations sont assez graves. Elles se produisent : 1° sous l’influence d’une lésion directe du nerf occasionnée par une plaie, une contusion, la présence d’un corps étranger; 2° par void nage, lorsqu’une inftamma tion ou une tumeur s’est développée près d’un nerf, s’est étendue jusqu’à lui; 3° sous l'influence du froid.
Les symptômes d’une névrite sont de deux ordres. Ce sont : l°des modifications survenues dans l’état du nerf; 2° des troubles dans ses fonctions.
1° Si le nerf est superficiel, les téguments sont, à son niveau, rouges, sensibles et légèrement gonflés; on peut même sentir un cordon dur, tuméfié et douloureux.
2° Troubles fonctionnels. — lis varient suivant la nature du nerf; si c’est un nerf sensitif, le symptôme dominant est une douleur très vive s’irradiant sur tout son trajet; plus tard, si le nerf se détruit, il existe une anesthésie des régions auxquelles il se distribue. Si le nerf est moteur, le symptôme principal corniste dans des contractures auxquelles succèdent des paralysies motrices avec abolition des mouvements réflexes et de la contractilité électrique dès que le nerf est détruit; pour peu que la paralysie persiste, elle s'accompagne de l’atrophie des muscles inactifs. Enfin si le nerf est mixte, on observe à la fois ces deux ordres de phénomènes.
Les téguments de la région innervée par le nerf malade sont très fréquemment le siège de troubles de nature assez variée : ce sont des éruptions vési-