ESO
l’œil sain, le diamètre de la pupille, la saillie de la cornée, la teinte de la conjonctive scléroticale, les vaisseaux qui parcourent celte dernière. La face postérieure, concave, recouvre le globe atrophié, de façon que lorsque l’œil artificiel emboîte bien le moignon, celui-ci communique à la pièce des mouvements en divers sens. L’œil artificiel est maintenu en place par les deux paupières qui le recouvrent et par les deux culs-de-sac oculo-palpébraux de la conjonctive dans .lesquels les bords s'insinuent.
Lorsqu’un œil artificiel est bien fait, il est impossible de reconnaître que c’est une pièce artificielle. Il y a un moyen simple de ne pas se tromper, c’est d'examiner la pupille ; celle de l’œil normal se dilate et se resserre sous l’influence des alternatives de jeux de lumière; celle de l’œil postiche conserve invariablement les mêmes dimensions.
Ce n’est pas seulement au point de vue de l'esthétique que l'adaptation d’un œil artificiel a de l'importance, mais encore sous le rapport de la curabilité de certaines lésions consécutives à l’atrophie de l'œil. Par suite de l’enfoncement profond dans l'orbite du moignon oculaire, la paupière supérieure ne se relève plus qu’incomplètement ; les deux \ oi les se renversent en arrière, par leur bord libre, ce qui produit une irritation permanente de la muqueuse oculo palpébrale par le frottement des cils. D’où larmoiement, sécrétion muco-purulente, parfois excoriation de la peau, au niveau delà commissure externe. En redressant les paupières, la pièce artificielle remédié à tous ces troubles.
Chez les jeunessujets, l’atrophie du globe entraîne une conséquence plus grave: les parois de la cavité orbitaire cessant d'être soutenues, par suite de la diminution de volume des parties qui y sont contenues, s’affaissent peu à peu, et entraînent de | leurs côtés les os de la face avec lesquels elles s’articulent. Lorsque l'accroissement du sujet est terminé, tout le côté de la face correspondant à l’œil atrophié est plus petit que le côté opposé. Les deux moitiés de la face cessent d'ètre symétriques. L’œil artificiel soutient les parois de l’orbite et en prévient l’affaissement. Dr fano.
ŒNOLÉ. — N oui donné en pharmacie à des médicaments qui ont le vin comme véhicule, p. l.
ŒSOPHAGE. — Anatomie — L'œsophage est un conduit musculo-membraneux allant du pharynx à l’estomac. A part quelques inflexions, il présente une direction sensiblement rectiligne. Sa longueur est d’environ 22 à 25 centimètres. En dehors du moment où passe le bol alimentaire, il a la forme d'un cylindre aplati, mais distendu par le passage des aliments, il acquiert alors un diamètre de 11 à 28 millimètres.
Au cou, l'œsophage est en rapport en avant avec la trachée dont le sépare une mince couche de tissu cellulaire. Celte contiguïté explique l’influence des corps étrangers de l'œsophage sur la trachée et réciproquement. En arrière, il est en rapport avec le rachis et sur les côtés avec l’artère carotide primitive et la veine jugulaire interne. Dans le thorax, il répond en avant à la trachée,
puis à la crosse de l'aorte, à la bronche gauche qui y laisse son empreinte et au péricarde. Il est accompagné par les nerfs pneumogastriques. Il est en rapport en arrière avec le canal thoracique, puis il traverse l’orifice œsophagien du diaphragme pour se continuer, au niveau du cardia, avec l’estomac.
Ses parois se composent d’une tunique externe musculaire et d’une tunique interne muqueuse. Cette dernière est blanchâtre et présente des plis longitudinaux.
Les artères de l’œsophage appelées œsophagiennes, sont très grêles et proviennent de l’artère thyroïdienne supérieure, de l’aorte thoracique et de la coronaire stomachique.
Les nerfs viennent du pneumogastrique; quelques filaments sont cependant fournis par le grand sympathique.
L’œsophage a pour fonctions de transporter les aliments du pharynx dans l'estomac. Ce transport, qui constitue le troisième temps de la déglutition, s’effectue à l’aide de mouvements péristaltiques (V. Déglutition , Digestion).
Corps étrangers de l’œsophage. — On observe fréquemment l’arrêt des substances, alimentaires
Fig. 94i. — Corps étrangers dans l’œsophage.
Perforation de l’œsophage et de l’aorte par une pièce de 5 francs. (.Musée DupuvtrenJ.
ou autres, dans l’œsophage. Les corps étrangers s'arrêtent généralement au niveau du cartilage cricoïde. Parmi ceux qu’on trouve le plus souvent, il faut citer, en premier lieu, les fragments osseux, les arêtes, les épingles ou les aiguilles, les clous, les
QESO
OESO
pièces de monnaie, les sangsues qui se trouvent dans l’eau des pays chauds, etc. On a noté une vingtaine de cas d'introduction de fourchettes. Un aliéné s'était introduit des lunettes.
Le premier symptôme qu’on observe est la toux, accompagnée parfois d’expectoration sanguinolente, de spasme œsophagien. Le malade accuse une douleur plus ou moins vive, enfin si l’objet est volumineux il détermine un violent accès de suffocation. La face devient rouge, larmoyante, tuméfiée, anxieuse. Mais tous ces accidents peuvent manquer. Bégin rapporte l’histoire d’un caporal qui avala un écu de six francs, le conserva pendant 14 jours sans être gêné et mourut d’hémorrhagie.
La présence des corps étrangers peut s’accompagner de graves complications. Ils peuvent déterminer de l’inflammation, des abcès (X.Œsophagite). On a signalé des cas de perforation de l’aorte, de la trachée, du péricarde, etc. La perforation des vaisseaux artériels est à la fois la complication la plus grave et la plus fréquente; elle donne lieu à des hémorrhagies le plus souvent mortelles. On voit au musée Dupuvlren un exemple, devenu classique, de perforation de l’aorte par une pièce de cinq francs ( fig . 944).
Le pronostic est toujours sérieux, cependant on voit souvent, ou bout de 4 ou 5 jours, des corps étrangers être rendus avec les selles, sans avoir déterminé d’accidents.’
Des qu’on s’est assuré de la présence d’un corps étranger dans l’œsophage et qu’on a reconnu son siège et son volume, il faut chercher à l’extraire par la bouche ou à le repousser dans l’estomac.
On tentera, lorsqu'il est possible, de l’extraire avec les doigts. S’il est enfoncé profondément on se servira d’un des nombreux instruments inventés pour pratiquer l’extraction Nous recommanderons les pinces courbes de Collin et le panier à anse de Græf’e. On a construit aussi des instruments à ailettes et en forme de parasol.
Dans certains cas, on s’est servi avec succès des injections hypodermiques d’apomorphine dans le but de provoquer des vomissements. Mais il faut que l’estomac contienne des aliments.
Dans le second procédé, celui de la propulsion, on cherchera à repousser le corps étranger dans l’estomac, soit en faisant avaler des liquides ou des substances pâteuses, soit en le poussant avec la sonde oïdinaire ou l’éponge montée.
Pour pratiquer toutes ses manœuvres, le patient sera assis, sa tête sera solidement maintenue entre les mains d’un aide.
Rétrécissements de l’œsophage. — Les rétrécissements de 1 œsophage reconnaissent des causes multiples Nous les distinguerons, selon la division classique, en rétrécissements spasmodiques et rétrécissements organiques.
Rétrécissements spasmodiques ou æsophagisme. — Cette affection se rencontre chez l’homme et chez la femme. On l’attribue à un grand nombre de causes (rhumatismes, vers intestinaux, dentition. etc ), mais la véritable cause prépondérante, c’est le nervosisme.
L’œsophagisme débute brusquement. Chez une personne en bonne santé, le bol alimentaire s’ar-
rête tout à coup au milieu d’un repas. Puis, au bout de quelques instants, il finit par passer. Bientôt ces accidents deviennent de plus en plus fréquents. Généralement, les aliments solides cessent de passer, puis les liquides même finissent par ne plus passer. Sauf à de rares intervalles, la dysphagie est complète et la mort peut être produite par l’inanition.
Le début brusque des accidents, leur marche irrégulière et surtout le cathétérisme permettent d’établir le diagnostic.
Le chloral, l’opium, les injections hypodermiques, la morphine, le bromure de potassium à la dose de 4 à 8 grammes par jour, la belladone,' donnent de bons résultats. Jaccoud recommande d’associer la belladone à l’iodure de potassium. Mais le mode de traitement par excellence sera le cathétérisme.
Pour pratiquer l’exploration de l’œsophage, on se sert d’un instrument composé d’une tige en baleine flexible, au bout de laquelle on peut visser des olives, en bois dur ou en ivoire, de grosseurs différentes. Pour introduire le catéther dans l'œsophage, on fera asseoir le malade, sa tète sera renversée en arrière et maintenue entre les deux mains d’un aide. L’opérateur abaissera la langue à l’aide de 1 instrument connu sous le nom d'abaisselangue qu’il tiendra de la main gauche, tandis que, tenant le cathéter de la main droite, comme une plume à écrire, il l’introduira, après l’avoir huilé ou induit de vaseline, et le poussera doucement dans l’œsophage. Il se produit' souvent un spasme qui arrête l’instrument au moment où il atteint la partie supérieure de l’œsophage. Il suffit alors d’attendre quelques instants, et d’imprimer une nouvelle propulsion à l’instrument.
Rétrécissements organiques. — Les rétrécissements organiques sont dus à des lésions des parois de l’œsnphage. Ces lésions reconnaissent deux ordres de causes différentes qui permettent de distinguer deux sortes de rétrécissements : 1° les rétrécissements d'origine cicatricielle ; dans ce cas les cicatrices résultent d'ulcérations produites soit par des corps étrangers, soit par l’ouverture d’abcès, survenus dans le cours d’une variole, soit 'surtout par l’ingestion de liquides trop chauds ou corrosifs (acide sulfurique, nitrique, etc.), ou caustiques comme la potasse par exemple; 2° les rétrécissements d'origine néoplasique. Parmi ces derniers', le cancer est une des causes les plus fréquentes. Signalons aussi les rétrécissements dus à la tuberculose et à la syphilis.
Quelle que soit la cause d'un rétrécissement, il débute par les mêmes symptômes. Le début, est, le plus souvent, lent et insidieux. Le malade accuse d’abord de la gène dans la déglutition, de la douleur au niveau du sternum ou entre les deux épaulés. llesl oblige de mâcher longtemps les aliments, de les réduire à l’état de pâte devenue liquide. .Bientôt le malade doit renoncer à la déglutition d'aliments solides; les liquides seuls peuvent passer. Enfin, plus tard encore, la déglutition des liquides devient presque impossible, lt arrive souvent que les aliments séjournent au-dessus du rétrécissement, y déterminent la formation d’une
ŒSU
OESO
sorte de poche, où ils s’accumulent. Puis les efforts de la digestion en font deux parts: la plus grande partie est rejetée, l’autre pénètre dans l’estomac, ce qui explique comment la vie peut se soutenir, quelquefois longtemps, chez certains malades.
Les rétrécissements cicatriciels peuvent guérir. Si la mort survient, elle est due à 1 inanition. Cependant le malade peut être emporté par diverses complications (hémorrhagies , pleurésies, abcès gangréneux, etc.)
Grâce au cathétérisme, le diagnostic sera facile. Mais, dans certains cas, il présentera des difficultés
Dilatateur œsophagien du professeur Léon Le Fort.
pour déterminer la nature du rétrécissement. L’âge avancé du malade, l'œdème des malléoles, la cachexie feront penser au cancer.
Le rétrécissement reconnu, quel traitement devra-t-on adopter? C’est encore au traitement chirurgical qu’on aura recours. On s’efforcera de dilater l'œsophage d’une façon méthodique et progressive. On se servira du cathéter, que nous avons décrit plus haut, auquel on adaptera des olives de plus en plus grosses. On pourra aussi avoir recours au dilatateur œsophagien de Le Fort. Dans les cas où le rétrécissement est dû à l’existence d’une bride de tissu cicatriciel, on pourra le sectionner en pratiquant Y œsophagotomie interne. Enfin, comme dernière ressource, on peut, lorsque h* rétrécissement siège au-dessus de la portion thoracique, pratiquer Yœsophogotomie externe (V. Œsophagotomie) ; mais si le rétrécissement siège trop bas, on aura recours à la gastrotomie (V. ce mot). Cette opération consiste à établir, à la région épigastrique, une ouverture stomacale par laquelle on introduit des aliments. Elle a été pratiquée par Léon l.abbé avec succès.
Si le ré récissement est de nature syphilitique, on administrera au malade l’iodurc de potassium.
Dr Louis Thomas.
ŒSOPHAGISME. — Nom donné parfois aux rétrécissements spasmodiques de l’œsophage (V. Œsophage [rétrécissement de 1’]). L. T.
de la muqueuse de l’œsophage, est une maladie rare. Cette affection s’observe à tous les âges de la vie. Elle est primitive ou secondaire Dans le premier cas, elle résulte d’un traumatisme. Elle est consécutive a l'ingestion de liquides corrosifs (acides sulfurique, nitrique), de liquides bouillants ou de substances irritantes, telles que l'iode et le tartre slibié à haute dose. Les corps étrangers, surtout lorsqu’ils séjournent un certain temps dans l’œsophage, sont une cause fréquente d œsophagite. On l’a encore attribuée au cathétérisme maladroitement pratiqué. Dans le second cas, elle résulte de l’exiension d’une inflammation du pharynx, comme on l’observe dans le muguet et dans l’angine diphthéritique, ou elle survient dans le cours de maladies infectieuses : la lièvre typhoïde, la variole, le choléra. L’inflammation peut être légère et superficielle ou profonde. Dans les cas graves, la muqueuse est épaissie, ulcérée, parfois même les parois de l'œsophage sont perforées.
Souvent, les symptômes présentent si peu d'in- I tensité que l’affection passe inaperçue. Mais elle se traduit généralement par deux signes principaux : la douléur et la dysphagie. La douleur, plus ou moins intense, peut être ressentie en plusieurs points : le long de l’œsophage , entre les deux épaules, à l’épigastre. Elle est exaspérée par l’ingestion des aliments et des liquides trop chauds et trop froids. Elle s’accompagne souvent de vomissements et d’Iiématémèses. Si l’inflammation est très aiguë, on observe de la tievre et de 1 agitation.
L’œsopliagite est, le plus souvent, une affection bénigne. Cependant elle peut se terminer, rarement il est vrai, par suppuration et donner lieu à des accidents graves qui compromettent la vie du malade.
Lorsque l’œsophagiie est consecutive à l’ingestion de substances caustiques, elle est une cause fréquente de rétrécissement de l’œsophage (V. ce mot).
Le plus souvent, dans les cas légers, il suffira de donner des boissons mucilagineuses. Un pourra appliquer quelques sangsues au-devant du cou. Si la douleur est Lrop vive on la calmera à l'aide de frictions avec un liniment calmant ; on utilisera à 1 intérieur les préparations opiacéçs, la morphine en injections hypodermiques, ou en potion. Dans l’œsophagite chronique, on aura recours a l’iodure de potassium. D1' Louis Thomas.
ŒSOPHAGOTOMIE. — L’œsophagotomie est une operation qui consiste à inciser l'œsophage dans les cas de rétrécissements cicatriciels situés audessus de la portion thoracique, indilatables par les moyens ordinaires, et dans le casde corps étranger de l’œsophage, lorsque toutes les tentatives d’extraction auront échoué et qu’on ne pourra, sans de graves inconvénients, le repousser dans 1 estomac.
L’œsophagotomie est interne ou externe.
L’ œsophagotomie interne se pratique à l’aide d’un instrument spécial appelé œsophigotome (/ ig . 946). Elle consiste à introduire par la bouche jusqu’au rétrécissement, l’instrument destiné à opérer sa section linéaire. Si l’on se sert de l’instrument du professeur Trelai, qui opère la section de bas en haut, il faut l’introduire au delà du rétrécissement.
ŒSOPHAGITE. — L’œsophagite, ou inflammation
OEUF
ŒUF
Sitôt celui-ci franchi, on fait saillir les deux lames jusque-là cachées, et l’incision du rétrécissement s’opère en retirant l’instrument.
L 'œsophagotomie interne consiste à inciser l'œ-
Fig. 946. — CEsophagotome du professeur Trél at.
sophage, au-dessous du point rétréci. C’est une opération sérieuse qui se fait de préférence sur le côté gauche de l’œsophage. Nous ne croyons pas utile d’en donner la description complète dans un dic-
BBHCtiN
Fig. 947. — Œsophagotomie externe.
tionnaire de la nature de celui-ci. Disons seulement que l’œsophagotomie a été pratiquée une quarantaine de fois. Taranget, qui tenta le premier l’œsophagotomie, put, à l’aide d’un espèce d'entonnoir, faire pénétrer des aliments dans l’estomac. Son malade vécut ainsi pendant seize mois.
Dr Louis Thomas.
ŒUF. — L’œuf humain préexiste à la naissance, et chez les fœtus abortifs on a pu, grâce au microscope, voir dans la couche ovigène de V ovaire (V. ce mot) un nombre considérable d 'ovules ou petits œufs à l’élat latent. Nous ne nous occuperons ici de l’ovule qu’après sa sortie de la vésicule de de Graaf, quand a eu lieu la déhiscence (V. Menstruation, Ovulation). Dans la grande majorité des cas, que l'œuf soit fécondé ou qu’il ne le soit pas, au moment de sa sortie de l’ovisac, il passe dans le pavillon de la trompe et, après avoir parcouru cet
organe, il arrive dans la cavité utérine. 11 est hors de doute cependant que l’ovule peut n’ètre pas saisi parla trompe, soit que cet organe, à la suite d’accidents antérieurs, ait contracté des adhérences qui l’ont dévié de sa direction normale, soit par suite d’une malformation congénitale, soit qu'enfin une phénomène extérieur arrête brusquement l’évolution de l'érection tubaire comme cela a été attribué à une chute, un coup, une violente émotion. Dans ces circonstances, l’ovule tombe dans la cavité péritonéale où il se dissocie s'il n’a pas été fécondé, mais où il peut au contraire se développer en subissant toutes les transformations que nous allons passer en revue, et constitue ainsi l’origine d’une yrossesse extra-utérine ! (V. ce mot)..
Quand l’ovule est passé dans le pavillon de la trompe, deux solutions se présentent : ou bien l’œuf n’a pas été fécondé et après une série de transformations ses éléments constitutifs se dissocient et il disparait au milieu des mucosités sécrétées par la trompe et la surface interne de la matrice; ou l’œuf a été fécondé et à ces premières transformations en succèdent d’autres qui président à l’apparition du nouvel être.
L’ovule, au moment de la déhiscence, est essentiellement constitué par une membrane d’enveloppes dite membrane vitelline contenant un liquide granuleux nommé vitellus ou jaune. Cet ovule mesure de 1 à 2 dixièmes de millimètre. En un point de la, masse granuleuse on voit une petite vésicule complètement transparente à laquelle on a donné
Fig. 948. — Œuf humain.
A. Membrane [vitelline ou zone transparente. — B. Jaune ou vitellus. — C. Vésicule;germinative. — D. Tache germinative.
le nom d e vésicule germinative et sur un des points de cette vésicule se montre une tache obscure et arrondie appelée tache germinative ( fig . 948).
Quand l’œuf s’échappe de la vésicule de de Graaf (V. Ovaire), il entraîne avec lui une partie du disque proligère qui l’environne et qui l’accompagnera dans la moitié de son parcours à travers la trompe. Plus loin ces granulations sont remplacées par une couche albumineuse sécrétée par les parois même de la trompe. Pendant son passage dans cet organe l’œuf subit les modifications suivantes : 1° disposition de la vésicule et de la tache germinative; 2° condensation des granulations du vitellus qui se séparent du liquide au milieu duquel elles étaient en suspension et qui se réunissent au centre sous forme de masse compacte; 3° formation des
ŒUF
ŒUF
globules polaires. On appelle ainsi un globule transparent qui apparaît sur un point de la masse vitelline. Il peut s'en former plusieurs au même endroit, mais ils se réunissent tous en un seul, au point où se fera plus tard la séparation du vitellus. Tout œuf qui passe dans la trompe subit ces transformations, mais si l’ovule n’a pas été fécondé, là s’arrêtent les modifications, après quoi cet ovule se fond en quelque sorte et disparaît.
Si l’œuf a été fécondé, on peut observer d’autres transformations : la segmentation du vitellus; la masse d’abord unique des granulations condensées au centre de l’ovule se subdivise en deux, puis ën quatre, puis encore en huit parties et ainsi de suite, pour arriver à constituer un corps formé de petites sphères accolées les unes contre les autres, ayant chacune leur membrane d’enveloppe et auquel on a donné le nom de corps inuriforme {fig. 949-950-951-952;.
Tous ces changements se sont accomplis pendant le parcours de l’œuf dans la trompe. On admet généralement qu’entre sa sortie de l’ovaire et son arrivée dans la matrice il s’écoule un espace de 10 à 12 jours.
Quand l’œuf arrive dans l’utérus, il contracte avec la muqueuse qui tapisse la face interne de cet organe, des adhérences qui le fixent en un certain point de la cavité utérine.
Nous étudierons bientôt la formation de la caduque qui émane de cette membrane muqueuse. Mais les modifications que nous avons vu s’accomplir dans l’œuf pendant son passage dans la trompe, se continuent pendant son séjour dans la matrice. Ainsi les cellules qui forment le corps muriforme, ne tardent pas à se séparer les unes des autres. Un liquide s’épanche au centre et chasse
appliquées contre la face interne de la membrane vitelline, à laquelle elles constituent une sorte de revêtement d’une certaine épaisseur. Si l’on admet que les parois de ces cellules en contact disparaissent peu à peu, on comprendra que cette seconde membrane, formée par la réunion
ig. 949. Fig. 950.
’ig. 951. Fig. 952.
Fig. 919. - Segmentation du vitellus en deux sphères (d’après Coste).