‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 158 sur 344 · OLI · texte numérisé non relu

OLI

quantité d’autres huiles à bon marché, telles que l'huile d 'arachide, de colza , de coton , d’ œillette et de sésame.

Plusieurs moyens ont été proposés pour reconnaître ces falsifications. La plupart nécessitent l’emploi d’appareils spéciaux ou de réactifs dont le maniement est assez délicat et exige une grande habitude. Nous ne parlerons ici que des plus simples.

Et d’abord, rappelons que les diverses huiles employés pour sophistiquer l’huile d’olive n’ont ni la même densité, ni le même poids que celle-ci, sauf celle d’arachide, ainsi que le montre le tableau cidessous :

Huiles

Densité

Poids du litre

d’olive

917 "ranimes

d’arachide . . . .

de colza

de coton ....

930 sr, 6

d’œillette. . . .

de sésame . . .

Elles n’ont pas non plus le même degré de congélation. Tandis que l'huile d’olive douce se congèle de 6 à 8 degrés au-dessus de zéro, la congélation de l’huile d’arachide se produit à la température de 7 degrés au-dessous de zéro; celle de l’huile de colza à 6 degrés au-dessous de zéro, et celle d’œillette, seulement à 18 degrés au-dessous de zéro. Les mélanges de deux huiles, selon les diverses proportions, se congèleront donc à des températures intermédiaires qui peuvent donner des indices.

D’après Lailler, 8 grammes d’huile d’olive pure mise en contact avec 2 grammes d’un mélange de 2 parties d’acide chromique et de 1 partie d’acide nitrique, commence à se concréter après 48 heures ; cette concrétion se termine en quelques jours, et l’huile prend une coloration bleue; ce caractère, que ne présentent pas les autres huiles grasses, ne se montre jamais dans l’huile d’olive sophistiquée. Ce fait est important à connaître, ainsi que celui-ci : si* l’on verse 2 grammes d’acide chlorhydrique au 8* dans 8 grammes d’huile d’olive et si au bout de 24 heures le liquide est opaque, on peut dire que l’huile est falsifiée.

On distingue le mélange de l’huile d’arachide et de l’huile d'olive, à la limpidité que présente l’huile dans les couches supérieures, tandis qu’un dépôt granuleux se forme lorsque sa température est descendue à 6 degrés au-dessous de zéro, tandis que dans les mêmes circonstances, ainsi que le fait reremarquer Payen, l’huile d’olive pure se prendrait en masse blanchâtre opaque.

On peut aussi rechercher l’huile d’arachide dans 1 huile d'olive par le procédé suivant, dont nous empruntons la description à Girard : On dissout 200 grammes de potasse dans 500 grammes d’alcool à 90°. On saponifie une petite quantité d’huile avec une partie de la solution potassique, et on laisse le mélange une demi-heure ou trois quarts d’heure au bain-marie. Au bout de ce temps on le place dans un endroit froid de 0 à 6° au-dessus de zéro.

5 p. 100 d'huile d’arachide sont accusés par le dépôt sur les parois de grumeaux cristallisés d’arachidate de potasse insoluble dans l’alcool. S’il y a une grande Dictions âme populaire de Médecine usuelle.

quantité d’huile d’arachide, le mélange se prend en masse. L’huile d’olive pure ne donne pas de grumeaux lorsqu’on la traite comme il vient d’être dit.

Quant à l’addition de l’huile d’œillette à l’huile d’olive, on la reconnaît lorsque, en agitant vivement le liquide dans une fiole, il se forme à la surface de petites vésicules qui persistent un certain temps. On peut aussi reconnaître le mélange, en faisant usage d’un morceau de glace qui fige l’huile d’olive seule, celle d’œillette restant fluide au-dessus. Enfin, on peut encore reconnaître le mélange en répétant l’expérience de Lefebvre, qui consiste à abandonner l’huile suspecte à un repos complet pendant 8 ou 10 jours. On voit alors les deux huiles se séparer en deux couches, l’une inférieure formée par l’huile d’œillette qui est plus dense, l’autre supérieure formée par l’huile d’olive qui est plus légère. A ce moment, si l’on soutire à part une quantité égale de chaque couche d’huile et qu’on soumette les deux échantillons à une température de 6 degrés au-dessus de zéro, l’huile d’olive se congèlera, tandis que l’huile' d'œillette restera fluide.

On peut déceler la présence de l’huile de coton dans de l'huile d’olive, à l’aide de l’acide azotique. Pour cela, on verse dans un tube à essai un volume égal d’huile et d'acide, on le bouche, et après l’avoir agité fortement pendant une minute, on laisse reposer le contenu six à sept minutes. Au bout de ce temps, l’huile vient surnager l’acide. Avec de l’huile d’olive pure, dit Girard, on obtient, une coloration gris clair avec un léger reflet jaunâtre. L’huile de coton, au contraire, devient brun foncé, presque noir, ressemblant à une infusion de café. Un mélange des deux huiles donne des nuances de plus en plus foncées, allant du jaune d’or au brun, en passant par l’orange, suivant que l'huile renferme plus ou moins d’huile de coton. Cette réaction permet de déceler une addition de 5 p. 100 d’huile de coton.

D’après Roth, l'acide azotique et l’acide sulfurique mélangés à parties égales et versés dans l’huile d’olive, dans les proportions de 2 grammes de mélange acide pour 10 grammes d’huile, permettent de reconnaître si elle est pure ou mélangée d’une huile étrangère. Si l’huile d’olive est pure, elle prendra, en présence de ces acides, une coloration jaune clair; si elle est mélangée d’huile d’ara chide elle prendra une coloration brun jaunâtre ; si elle est mêlée à l’huile de sésame, elle prendra une coloration rouge vif foncé.

Enfin, pour reconnaître le mélange d’huile de colza, de La Souchère, directeur du laboratoire municipal de Marseille , se basant sur ce fait que l’huile de colza contient du soufre au nombre de ses éléments, saponifie 10 grammes de l’huile à vérifier, à l’aide d’une dissolution alcoolique de potasse caustique exempte d’hydrogène sulfuré. Il agite le liquide avec une spatule en argent, et si celle-ci noircit, la présence de l’huile de colza est vérifiée.

Terminons cet article déjà trop long par l’exposé du procédé de Maumené. Il est basé sur la propriété qu’a l’acide sulfurique versé dans l’huile d'élever fortement la température de celle-ci, mais

OMB

0MB

d’une manière variable suivant la nature de l’huile. Ainsi, lorsqu’on mêle 10 centimètres cubes d’acide sulfurique concentré dans 50 grammes d’huile d’olive,'au moyen d’un thermomètre employé comme agitateur, on constate, au bout de deux minutes, que la température de l’huile s’est élevée de 42 degrés. Or, si on répète la même expérience, avec le même acide et la même température extérieure sur d’autres huiles, voici les variations qu’on observe dans la température suivant la nature de l’huile : l’huile d’arachide s’élève à la température de 67°, l’huile de colza à celle de 58°, l’huile d’œillette à celle de 86°, 4, et l’huile de sésame à celle de 68 degrés.

Il résulte des expériences de Maumené que ce phénomène reste constant après le mélange des huiles, c’est-à-dire que la température de l’huile d’olive étant de 42° et celle de l’huile d’œillette de 86°, 4, par exemple, si le mélange est fait avec 2 parties d’huile d’olive et 1 partie d’huile d’œillette, ce mélange» sous l’influence de l’acide sulfurique concentré, doit s’échauffer de 2 fois 42°, plus 4 fois 86°, 4, soit de 170°, 4.

Ce qui arrive en effet. Dr Paul Labarthe.

OMBILIC. — On appelle ombilic ou nombril une dépression plus ou moins prononcée, qu’on rencontre sur la paroi abdominale antérieure. Cette dépression est le résultat de la cicatrice qui suit la chute du cordon ombilical.

C’est ainsi que l’ouverture faisant communiquer la cavité abdominale du fœtus avec le placenta, en livrant passage aux vaisseaux ombilicaux se trouve oblitérée (V. Fœtus). Elle est plus ou moins prononcée selon les individus. Très accentuée chez les personnes grasses, elle est beaucoup moins marquée chez les gens maigres. Elle peut être complètement effacée quand l’abdomen contient une tumeur ou une masse liquide qui distendent outre mesure les parois de l’abdomen. Il en est ainsi dans une ascite volumineuse, dans les kystes de l’ovaire, ou pendant la grossesse quand l’utérus a déjà acquis un certain développement. En général, la cicatrice ombilicale est toujours plus marquée chez la femme que chez l’homme, à cause du relief plus prononcé du basventre chez la femme, et de la couche cellulograisseuse sous-cutanée qui est toujours plus abondante chez cette dernière.

L’ombilic se trouve sur la ligne médian e de l’abdomen, dans cette région placée entre les bords internes des deux muscles grands droits de l’abdomen, et qu’on appelle communément ligne blanche abdominale. La cicatrice ombilicale ne marque pas le milieu de la hauteur totale du corps. Elle est plus rapprochée du sommet de la tête chez l’adulte contrairement à ce qui s’observe sur l’enfant nouveau-né. Dr A. DE SOYRE.

placenta pendant la vie intra-utérine. Ce cordon, qui a une longueur très variable puisque dans quelques cas il est tellement court que le placenta s’insère presque sur le ventre de l’enfant, a dans d’autres cas une longueur démesurée, de plus d’un mètre par exemple. Ces anomalies ne sont pas sans danger pour l’enfant, car dans le premier cas, pendant la descente du fœtus, au moment de l’accouchement, le placenta sera décollé et une hémorrhagie s’en suivra qui peut être mortelle pour le fœtus et compromettre en même temps la vie de la mère. Dans le second cas, le cordon trop long décrit toujours un certain nombre de circulaires autour des membres, du tronc ou du cou de l’enfant et il peut en résulter une atrophie d’un membre par suite de cette constriction ou même une amputation véritable, le fœtus naît alors avec un moignon. Quand le cordon est très serré autour du cou il peut déterminer la mort, par suite de la constriction qu’il exerce sur les vaisseaux du cou.

OMBILICAL. — Cordon ombilical. — On appelle cordon ombilical la tige flexible qui va du fœtus au

Le cordon ombilical dont nous avons vu la formation en parlant de l’œuf humain, est constitué au moment de la naissance par trois vaisseaux : la veine ombilicale et les deux artères ombilicales. La première est beaucoup plus grosse que les deux autres. Ces trois vaisseaux sont accolés les uns aux autres par une substance blanc jaunâtre, presque transparente, demi-solide, qu’on appelle gélatine de

Fig. 960. — Cordon ombilical.

A. Artères ombilicales (1, 1») enroulées autour de la vein° (2). — Rétrécissement indiquant la présence de replis (3, 3'). — Replis semi-lunaires (4, 4'). Replis diaphragmatiques ou circulaires (5, 5'). — Ouvertures latérales faites à la paroi des artères (6, 6' 6").

B. Veine (1) ouverte sur la surface latérale présentant un rétrécissement (2) au niveau d’un repli intérieur (3'). — Replis semi-lunaires (3, 3', 3").

C. Coupe de la veine et des artères, perpendiculaire à leur axe longitudinal, montrant un repli appartenant à la veine (1), et deux autres appartenant aux artères, dont l’une (2) semilunaire, l’autre (3) diaphragmatique.

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