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Celte variété d’onanisme a reçu le nom de saphisme, depuis que l'illustre grecque Sapho l'éleva à la hauteur d’un culte avec les Lesbiennes comme prêtresses, ce qui prouve que de tout temps la langue et les lèvres ont pris une large part aux plaisirs de l’amour contre-nature.
Sans remonter à Sapho, on trouve dans l’histoire moderne des exemples authentiques de ce vice, notamment chez les filles du Régent. « L’abbesse de Chelles, dit mon savant ami P. Garnier, fut accusée de se livrer au saphisme avec les jeunes religieuses de son couvent qui lui accordaient des témoignages de la plus infâme complaisance. Sa sœur, la reine d’Espagne, à peine âgée de 16 ans, attaquait toutes celles de ses caméristes qu’elle jugeait passionnées. Le roi, prévenu, chassa les beautés lesbiennes qui s’étaient prêtées au goût de la reine; mais, après le pardon conjugal, elle reprit ses divertissements. »
Tout le monde se souvient du salon d’une princesse qui, sous l’empire, réunissait chez elle des femmes de la cour de Napoléon III, avec des chanteuses qui se saphisaient à l’envie. Enfin, les Parisiens n’ont pas oublié l’aventure de ce mari qui, en 1883, surprit dans l'arrière-boutique d’un magasin interlope de parfumerie du quartier de la Madeleine, sa propre femme en train de se faire saphiser par la jolie parfumeuse.
Le saphisme est surtout fréquent dans les maisons de prostitution et entre prostituées libres. 11 se pratique aussi beaucoup dans les appartements particuliers tenus par des matrones, dans certains magasins de parfumerie, de gants, de modes, de papeterie même, où la clientèle se compose moins de femmes galantes que de femmes du monde qui, blasées, perverties et libidineuses, viennent là se faire saphiser pour satisfaire leurs excitations génésiques et payent les femmes qui leur procurent cette jouissance, mais sans jamais se lier de cœur avec elles, absolument comme les hommes vont dans les maisons de tolérance ou chez une fille.
L'onanisme entre les deux sexes est celui dans lequel la bouche de la femme sert de vagin et la langue de l’homme remplace le pénis. Cette variété se rencontre presque exclusivement dans la catégorie des ménages irréguliers et réguliers. 11 se pratique beaucoup plus fréquemment qu’on ne le pense, entre amant et maîtresse, entre mari et femme; moins par pure perversité voluptueuse, que par crainte de faire des enfants, étant donné le nombre considérable des adeptes de la fameuse théorie de Malthus, le célèbre économiste anglais.
11 y a encore une autre forme d’onanisme entre l’homme et la femme, c’est l 'onanisme entre les deux, seins serrés l'un contre L'autre, la femme étant dessous et l’homme dessus ou inversement. On y a rarement recours, soit à cause de la position incommode, soit parce que le nombre est grand des femmes dont les seins n’offrent pas de développement suffisant pour cette manœuvre.
Pour en finir, rappelons une dernière variété d'onanisme, qui est bien le résultat de la plus horrible dépravation et la preuve d’une formidable aberration du sens génésique. Je veux parler de l’ onanisme clitoridien que certaines femmes se font pratiquer par des chiens dressés à cet effet.
Ces faits de bestialité sont moins rares qu’on ne croit, dans les grandes villes surtout. Méfiez-vous des femmes, en général des prostituées et des femmes galantes, que vous voyez toujours avec ces affreux Kings-Charles qu’elles portent sous leurs bras et qu’elles comblent de caresses
Quelles sont les causes de l’onanisme? — « L’habitude de l’onanisme, dit Deslandes, peut avoir trois origines : elle peut venir : 1° de ce que l'individu a découvert spontanément sans le secours de personne l’art de se masturber; 2° de ce que cet art lui a été enseigné; 3° de ce qu’étant privé, dans cet âge où le besoin du coït se fait sentir, des moyens de le satisfaire, il a cherché dans l’onanisme une ressource. »
Parmi les causes d’onanisme , il en est qui sont spéciales à l’homme; d'aulresqui sont particulières à la femme; un certain nombre qui sont communes aux deux sexes.
Au nombre des causes spéciales à l’homme, il faut citer : la conformation et la disposition des organes sexuels. Il est évident qu’un petit garçon « ayant sur lui, comme dit Pouillet, à sa portée, sous sa main, un organe saillant, le considère ainsi qu’il ferait d’un jouet, il s’en amuse; il leprend, le frotte, le tiraille; les nerfs, extraordinairement susceptibles, recueillent ces impressions, entrent en action, engendrent l’érection, d’où résultent une sensation nouvelle, une idée de plaisir, un germe de jouissance. Ces influences subséquentes engagent à leur tour le sujet à continuer des manœuvres primordiales, auxquelles met seulement fin une détente spasmodique du système nerveux arrivé à son summum d’excitation : la masturbation est trouvée. »
Le prépuce a aussi une influence pernicieuse et est une cause toujours prédisposante et souvent déterminante de masturbation. « Tantôt, dit encore Pouillet, fourreau mobile, le prépuce, dans divers mouvements généraux, se plisse et se déplisse plus ou moins, ou encore permet au gland de rouler sous lui; il résulte de ces déplacements un froltement qui, chez les uns, éveille l'idée du plaisir et invite à le satisfaire; qui, chez les autres, détermine, par action réflexe, la turgescence du pénis et la sensation agréable que provoque cette tension ; choses plus que suffisantes pour attirer la main ou engager à des mouvements propres à renouveler le frottement produit par l’accident. Tantôt très allongé, encapuchonnant le gland, comme chez bon nombre de jeunes sujets, il laisse s’accumuler et emprisonne, entre la muqueuse du gland et la sienne, le smegma et même l'urine, véritables corps étrangers qui irritent la terminaison des nerfs et occasionnent l'érection, soit d’emblée, soit secondairement à du prurit suivi de manœuvres tentées pour le faire cesser. Tantôt enfin, le prépuce, voile serré exactement sur l'extrémité du gland, établit une constriction assez gênante, assez forte pour exciter l’enfant à tirailler avec les doigts ce manchon compresseur ; pratique qui sollicite l’éréthisme et ses suites. »
Il existe d’autres causes personnelles qui poussent l’homme à l’onanisme. Chez les uns, c’est une trop grande timidité qui ne leur permet pas
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d’aborder une femme; chez d'autres, c’est la crainte d'attrapper une maladie vénérienne par le coït ou de faire un enfant; chez les gens difformes, bossus, boiteux, cul-de-jatte, ceux qui ont une verge trop petite, qui sont affligés d’une maladie repoussante, c’est la honte d’exposer aux femmes leurs infirmités, et la peur d’être repoussés et de leur servir d’objet de risée ; chez les matelots, à bord des navires, chez les prisonniers, c’est la continence prolongée par suite du manque absolu de femmes, etc.
Parmi les causes qui poussent la femme à se livrer à l’onanisme, il faudrait citer toutes celles qui la privent du plaisir que la nature leur a donné le droit de ressentir : le défaut d’harmonie des organes de la copulation de l’homme avec les siens, la frigidité, l’impuissance du mari ou de l’amant; l’inhabileté de celui-ci à lui procurer le spasme voluptueux pendant le coït; la haine qu’il peut lui inspirer; des vices de conformation, une laideur repoussante; certaines infirmités qui l’empêchent de se marier ou d’avoir un amant, etc.
Quant aux causes prédisposantes pathologiques communes aux deux sexes, leur nombre est très grand : l’hérédité, le tempéramment bilioso-sanguin et nêrvoso-bilieùx, la constitution érotique;
— l’érythème, l’impétigo, l’eczéma, l’intertrigo, l'herpès génital; — les végétations anales, la présence dans la région ano-génitale de vers oxyures vermiculaires, la constipation, les hémorrhoïdes ;
— l'épilepsie , l’hystérie, lhypochondrie, l'idiotie, l’ataxie locomotrice, etc.
Au nombre des causes que j’appellerai physiques, il faut citer : les climats chauds; — les vêtements rugueux et poilus, les pantalons trop collants; — l’équitation, îa vélocipédie, le jeu de la balançoire, la danse, la trépidation des wagons, le roulis et le tangage des navires; les machines à coudre; — certains aliments excitants, tels que-: gibier, venaison, œufs, cervelles, langoustes, homards, huîtres, etc.; la plupart des condiments : poivre, muscade, moutarde, truffes, etc.; — enfin certains médicaments, tels que : cantharide, phosphore, strychnine, cannabis indica, aloès et autres purgatifs drastiques, etc.
Dans la classe des causes sociales je ferai rentrer la richesse et la pauvreté. — La richesse, qui entraîne une nourriture succulente, la vie sédentaire, les siestes, le désœuvrement, les lits de plumes chauds et moelleux dans des alcôves parfumées, etc.
— La pauvreté, qui entraîne l’entassement, la promiscuité des sexes, les enfants des deux sexes couchant pêle-mêle, dans la même pièce, à côté du père et de la mère, qui ne se gênent guère pour s’habiller, se déshabiller, faire leur toilette, et souvent même se livrer aux rapprochements sexuels, sans pudeur ni vergogne.
Enfin, il y a des causes intellectuelles et morales qui ont, elles aussi, une influence énorme sur l’onanisme. Telles sont la vue des statues nues, des peintures érotiques, des images lascives, des photographies de femmes fortement décolletées ou simplement vêtues d'un maillot; la lecture des romans d’amour, des contes pornographiques; le théâtre, les ballets, les tableaux vivants, les féeries, etc. Tels
sont encore les gestes et les conversations obscènes, et surtout les mauvais exemples donnés dans les ateliers, les pensionnats, les lycées, les couvents, les séminaires, dont on peut dire qu’ils sont les véritables foyers où s’entretient et se perpétue l’onanisme.
Signalons aussi d’une manière toute particulière, le défaut de retenue en présence des enfants, négligence excessivement commune dans les familles et qui a souvent des conséquences fâcheuses. « Tantôt c’est une fille qui se met à l’aise et se couche à peine vêtue devant un garçonnet; tantôt ce sont des dames qui emmènent un enfant au bain avec elles et, malgré leurs précautions, ne peuvent lui cacher qu’une partie de leur nudité. Ici, ce sont une sœur, une mère qui, en s’occupant de leurs parures, laissent à découvert épaules ou jambes, sans penser qu’elles ne sont pas seules, et qu’un frère ou un fils les suit sournoisement de l’œil; là, enfin, ce sont des femmes qui, poussées par leur amour des câlineries, embrassent avec excès des adolescents, les caressent, les assoient sur leurs genoux et les mettent de cette sorte à même de sentir des saillies mammaires, et de plonger des regards, plus qu’il ne faudrait, dans les profondeurs de leur corsage. Qu’on y Veille! ce sont là des imprudences qui, tôt ou tard, doivent nuire à l’enfant; ce dernier, en effet, étonné de l’impression agréable qu’il perçoit en semblable occurrence, s’efforcera à la rencontrer sous peu ou en conservera le souvenir pour l’utiliser à un moment donné. » (Pouillet.)
• Il me reste, pour être complet, à parler d’une cause religieuse qui n’est ni la moins commune ni la moins grave, j’ai nommé : la confession.
La confession est, en effet, plus souvent qu’on ne le pense généralement, la cause des pratiques onanistiques par les questions indiscrètes du confesseur. Le Pere Debreyne, un moinede la Trappe, qui est en même temps un docteur en médecine érudit et, par conséquent, doublement compétent, le reconnaît dans son ouvrage classique ( Mœchiologie , — Traité des péchés contre Le 6e et le 9e commandement,^ éd., ■1846) : « La trop grande curiosité du confesseur, dit-il, est capable de pexdre les jeunes gens de l’un et l’autre sexe. On en a vu qui, après avoir été imprudemment interrogés sur le 6' commandement, ont essayé de faire ce que leur confesseur leur avait appris par son indiscrétion.» Plusieurs le font sans doute, d’après leurs manuels théologiques, sans en connaître ni en prévoirie danger. Les plus vertueux peuvent même être les plus dangereux à cet égard.
Comme le dit fort justement notre savant ami, le Dr Garnier, il est facile de le comprendre : « un jeune confesseur, soumis par sa continence à une excitation génitale permanente, augmentée souvent par sa bonne chère, son isolement et son défaut d’exercice, peut-il se trouver secrètement face à face et presque bouche à bouche au confessionnal, avbc une jeune pénitente, lui faisant l’aveu de certaines fautes, sans en éprouver une surexcitation sensuelle qui le porte à s’appesantir et à insister sur les plus petits détails? Il demandera ainsi si les mauvaises pensées, les tentations ne sont pas accompagnées de désirs ou suivies d’actes, de baisers, d’attouchements impudiques, et de quelle manière
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ils se font. Si la femme est mariée, il s’enquiert si l’acte conjugal est normal, sans attouchements, ni poses impudiques, sucube ou incube, et si l’émission séminale n’a pas lieu extra vas ou indcbito. D'autres questions aussi intimes et encore plus obscènes, formulées explicitement en latin dans les livres de théologie morale et érotique, sont faites tous les j jours à de jeunes filles ou femmes innocentes, comme à de jeunes garçons, en les initiant à des détails que souvent ils ignoraient. Le confessional devient ainsi une école d’immoralité, quand il n’en est pas par la pratique ou l’exemple. Les femmes s.ont surtout les victimes de cet enseignement, non seulement parce qu’elles fréquentent plus le confessionnal que les hommes, mais parce que leur dévotion ardente et l’exaltation religieuse qui y conduit la plupart les poussent davantage à l’érotisme. Une veuve hystérique, sur le retour, en me consultant sur les tourments et les souffrances érotiques qu’elle éprouvait, m’avoua que son plus grand bonheur était d’aller se jeter dans le confessionnal de l’ancien couvent des Barnabites, aujourd’hui démoli, quand un certain confesseur l’occupait. Une autre dame m’a dit avoir perdu l’habitude de s’y rendre, après avoir été scandalisée, étant jeune fille, des questions de son confesseur; elle avertit assitôt sa mère qu’elle ne ferait plutôt pas ses pâques que d’v retourner. Toute femme religieuse de | bon sens, calme et froide, quoique convaincue,
1 agirait de même. »
Quels sont les signes auxquels on peut recon- I naître qu'un individu, homme ou femme, se livre à i l’onanisme? — Il faut bien l’avouer, ces signes ' sont nuis si l’onanisme n’est pratiqué que de temps i en temps. Quant aux prétendus signes auxquels on reconnaît le masturbateur de profession, « le teint | pâle et plombé, un cercle noirâtre autour des orbites, les yeux éteints, un caractère de faiblesse | générale, la taciturnité, l’humeur morose, la recherche de la solitude, autant pour satisfaire son funeste penchant que pour fuir la société qui lui est à charge, etc. » (Deslandes), j’avoue, avec Lasègne, que « comme tableau... de fantaisie, ce n’est pas mal, mais je dirai avec l’éminent professeur, à la honte de la morale, que ce masturbateur-là, i je ne le connais pas, je ne l’ai jamais rencontré. »
Les seuls signes réels auxquels on puisse reconnaître qu’un individu se livre assidûment à la mas- I turbation, sont les signes locaux qui consistent dans ! des déformations spéciales des organes génitaux.
Chez l'enfant masturbateur, les organes sexuels ] ont un développement précoce, c’est-à-dire qu’ils | ont des proportions plus considérables que ne le ' comporte l’âge : la verge est plus longue et plus j grosse ainsi que les testicules. Le prépuce ne recouvre plus le gland, qui est pâle et flétri en général.
Chez l’adolescent et le jeune homme, la verge est | allongée, ridée, décrépite à l’état de repos ; le gland a pris la forme d’une massue, son extrémité est I arrondie, hypertrophiée et simule à peu près la tète d’une massue dont la tige serait la verge; les I bourses sont molles, flasques, pendantes et sont, avec Tentre-cuisse, le périnée et le pubis, dans un état presque constant de moiteur sudorale.
Chez les femmes qui. se livrent à l'onanisme, les
organes subissent aussi des déformations caractéristiques qui ont été très bien décrites par mon excellent ami Martineau, médecin de Lourcine.
Ces déformations varient suivant le genre d’onanisme auxquels se livrent les femmes.
Chez celles qui se livrent à l’onanisme clitoridien manuel, on constate un allongement de tout le clitoris qui peut atteindre le double de sa longueur normale. Cet organe est aussi plus volumineux. Son extrémité ou gland est plus allongé, plus rouge, plus turgescent; il est saillant, il déborde le capuchon ou prépuce qui ne le recouvre plus qu’en partie. Le capuchon est lâche, allongé, glabre, plissé, plus consistant et plus épaissi. Les petites lèvres, surtout lorsque la masturbation a commencé dès le jeune âge, sont allongées, elles dépassent les grandes lèvres, elles sont flasques, pendantes, ridées, réticulées, avec exagération de leur forme triangulaire, surtout vers leur extrémité supérieure. Elles ne sont plus rosées, mais brunes, grises, ardoisées; leur bord libre et parfois leur face externe, sont parsemés de taches noires, tandis que sur leur face interne on remarque une série de petits points jaunes ou blancs constitués par des glandes hypertrophiées. Martineau insiste sur la constatation de ces petits points jaunes, dont l’existence indique une inflammation datant de l’enfance, ou une affection prurigineuse qui est souvent l’origine des habitudes vicieuses contractées par l’enfant et qui peuvent devenir invétérées chez la femme. Quant aux grandes lèvres, elle sont aussi flasques et ridees. Le méat urinaire, au lieu d’être fermé, est ouvert et élargi. Enfin la membrane hymen a subi un relâchement considérable, et le muscle constricteur ayant perdu une grande partie de sa ténacité, on peut facilement pratiquer le toucher vaginal , dans certains cas même, ainsi que l’a dit le professeur Tardieu, on a pu pratiquer le coït sans amener aucune déchirure de l’hymen.
Chez celles qui pratiquent l’onanisme par le frottement des cuisses l’une contre l’autre, les déformations vulvaires offrent, dit Martineau , des caractères assez particuliers pour qu’on puisse reconnaître leur origine. Le capuchon clitoridien, ordinairement très développé dans la masturbation manuelle, est ici peu développé relativement au volume acquis par le gland clitoridien. Il n’est pas aussi allongé; il ne présente pas de plis; il n’est, pas ridé; il ne se détache pas complètement du gland et pourtant il ne le recouvre pas complètement. Le gland clitoridien, en effet, est proéminent; son extrémité est renflée, plutôt aplatie qu’allongée. Aussi peut-on dire que le gland clitoridien est en massue, son diamètre transversal étant plus étendu que le diamètre longitudinal. Il est presque continuellement turgescent; sa coloration est rouge sombre violacé. Les petites lèvres sont moins développées, moins volumineuses, moins allongées que dans l’onanisme manuel, ce qui n’a rien d’étonnant puisque ces caractères de la masturbation manuelle apparaissent dès le premier âge, alors que l’enfant tiraille constamment les petites lèvres par suite du prurit vulvaire existant.
Chez les femmes qui ont pratiqué la masturbation manuelle longtemps avant la masturbation par
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le frottement des cuisses l’une sur l’autre, on constate les signes principaux qui caractérisent ces deux variétés de masturbation réunies.
Chez les femmes enfin qui ont recours à l'onanisme clitoridien buccal, c’est-à-dire au saphisme, les déformations vulvaires offrent des caractères qui participent à la fois de ceux produits par l’onanisme manuel et par la succion. Elles sont caractérisées, dit Martineau, par une élongation de tout l'organe clitoridien, par un aspect ridé, flasque, du fourreau et du capuchon qui se détache en partie du gland. Celui-ci est en partie découvert ; il est volumineux et turgescent. Ces caractères appartiennent à la friction clitoridienne. Par le fait de la succion, quelques-uns d’entre eux sont plus accusés; quelques autres qui n'existaient pas se développent. C’est ainsi que la procidence du clitoris est plus marquée, que tout l’organe est plus proéminent ; aussi fait-il saillie entre les grandes lèvres. Le capuchon surtout est volumineux ; il se détache complètement du gland clitoridien qu’il laisse la plupart du temps à découvert. 11 est légèrement remonté en haut, formant ainsi au-dessus du gland un repli saillant comparable à un casque, en même temps son bord libre est plus épais, la consistance en est plus ferme. Les freins du clitoris, replis formés parle dédoublement de l'extrémité antérieure des petites lèvres, sont plus-accusés, plus saillants, plus épais ; ils ont plus de consistance. Le gland est très développé, très saillant, et, tout en étant allongé, son extrémité est renflée. Son diamètre transversal est augmenté; il est légèrement aplati sur les bords, saillant et un peu bombé à sa partie médiane; en un mot il est en massue; son aspect rappelle, en effet, la déformation qu’il subit dans la masturbation par le frottement des cuisses. Sa coloration est rouge intense, parfois violacée ; sa turgescence est presque constante, alors surtout que le saphisme est journalier. Quant aux grandes et petites lèvres, elles ne présentent, soit dans leur volume, soit dans leur conformation, aucune déformation spéciale au saphisme.
La constatation des signes que nous venons de passer en revue permet d’affirmer l’existence de l’onanisme. Toutefois, il est préférable, pour arriver à une affirmation irrécusable, de chercher à surprendre le masturbateur en flagrant délit. Pour cela, le meilleur moyen est d’observer, sans qu'il s’en doute, sa manière d'être au lit. Elle a été dépeinte de main de maître par Pouillet. « A peine y est-il entré, qu’il s’empresse, après avoir plié son corps et ramassé en chien de fusil, selon une expression vulgaire, qu'il s’empresse de plonger sous les couvertures ses mains et très souvent sa tête comme pour dérober les expressions qu’on y pourrait lire. Persuadé que simuler le sommeil est le meilleur moyen d’imposer aux parents et aux surveillants une sécurité complète, il ne se fait point scrupule d’user de cette feinte, en faisant aussitôt entendre le bruit d’une respiration uniforme et même d’un ronflement sonore. Le matin, dès qu’on pénètre auprès de lui, il fait le même manège. Le réveille-t-on en le secouant, — un appel ne peut servir de rien à qui ne veut l'entendre, — il se frotte les yeux, s’étire les membres, bredouille,
reproduit en l’exagérant la scène du dormeur interrompu en sursaut, puis se plaint d’un mal quelconque, accuse la fatigue d’une longue insomnie et cela, bien entendu, dans le but d’éloigner l’importun et de pouvoir à son aise accomplir ses manœuvres ordinaires avant de se lever.
« Si toutefois pris d’un soupçon l’on voulait dérouter la perspicacité inquiète du vicieux, on ne devrait point hésiter à paraître dupe de sa feinte ; alors choisissant le moment où il s’attend le moins à un examen minutieux, que l’on survienne à l’improviste auprès du lit, et l’on percevra une série de phénomènes propres à découvrir la fraude. C’est ainsi que sa figure loin d’exprimer le calme et le repos, présentera de la rougeur, de la congestion ; que malgré une température ambiante moyenne, la sueur perlera sur son front ; ce n’est pas tout : sa respiration sera saccadée, suspirieuse; son pouls battra fortement et rapidement; la peau sera chaude ; tout son corps en un mot, dénotera la fausseté du simulateur, en laissant voir cet orgasme qui accompagne la mise en jeu des organes génitaux.
« Qu’alors on le découvre brusquement, comme l’indique Deslandes, on trouve ses mains, s'il n’a pas eu le temps de les déplacer, sur les organes dont il abuse, ou dans leur voisinage. Si c’est un garçon, on peut aussi trouver la verge en érection, ou même les traces d’une pollution récente; celle-ci pourrait encore être reconnue à l’odeur spéciale qui s’exhale du lit, ou dont les doigs sont imprégnés.)^ Si c’est une fille, on peut trouverses doigts humides de salive et de sécrétion vaginale dont l’odeur se reconnaît facilement.
Le moyen que nous venons d’indiquer pour arriver à pouvoir affirmer l’existence de l’onanisme, tout excellent qu’il est, n’est guère applicable que lorsque l'enfant vit dans la famille. 11 est impraticable dans les lycées et les pensions, les séminaires et les couvents. Pour les jeunes gens, il faut alors avoir recours à d’autres moyens : remarquer s’ils portent les mains dans leurs poches pendant une grande partie de la journée; s’assurer si les poches ne sont, pas percées, surtout sur le côté interne qui correspond à l’appareil génital; examiner attentivement les draps de lit, les chemises, les mouchoirs, pour voir si on n’y trouve pas de taches de sperme. Pour les jeunes filles, il faut observer celles qui se retirent à i’écarf pendant la récréation et les promenades, remarquer si elles n’exécutent pas ce balancement particulier du bassin que nous avons décrit en parlant de la masturbation entre les cuisses serrées l’une contre l’autre; se rendre compte si en classe ou en étude elles ne répètent pas ce balancement; examiner leurs ongles et voir si ceux de certains doigts, principalement du médius, ne sont pas plus courts que ceux des autres. Pour les garçons comme pour les filles, remarquer si elles ont un ami ou une amie plus intime, et bien étudier leur physionomie lorsqu'ils sont ensemble. De plus, lorsqu’une enfant va aux lieux d’aisances, compter exactement le temps qu il y reste.
En dehors de tous les moyens que nous venons de passer en revue, il en est un qui serait évidemment 1e plus simple : obtenir du masturbateur
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l’aven de son habitude vicieuse. Mais cet aveu est très difficile à obtenir. Voici comment Deslandes conseille de s'y prendre pour arriver à ce résultat.
« Quelle que soit la manière de l’obtenir, dit-il, toujours est-il qu’on ne peut le faire qu’en nommant ou en désignant l'action qu’il s'agit d’avouer. Avec les hommes et généralement aussi avec les jeunes gens, le choix des mots est facile, et l’on peut soit nommer la masturbation, soit la désigner clairement sans craindre de blesser des oreilles pour lesquelles ceci n’a rien de neuf. Mais il n’en est pas de même avec des femmes, des demoiselles ,et des jeunes sujets. Ici, on s’adresse à des personnes au moins pudiques et quelquefois chastes : il faut bien considérer, d’ailleurs, que si un aveu est nécessaire, c’est que l’on a des doutes, et qu’on peut avoir affaire à une personne fort innocente, ou fort ignorante du fait dont on la soupçonne. En quels ternies désignera-t-on, en pareille occurence, une action telle que ceux qui s’y abandonnent ne ^peuvent eux-mêmes en entendre parler sans rougir,? Plutôt que d'affronter ces difficultés, beaucoup de praticiens, quand il leur vient des soupçons sur les personnes dont nous parlons, s’abstiennent de les exprimer. D’autres fois, ils se servent de formes tellement obscures et équivoques qu’ils ne sont pas compris. Aussi est-il arrivé que les réponses qu’ils obtenaient donnaient lieu à de véritables méprises. J’ai vu de jeunes sujets, garçons et filles, s’avouer coupables, de manière à faire croire qu’ils l'étaient réellement, bien que de fait et de pansée il fussent purs d'onanisme; mais ils avaient appliqué à des actions très naturelles les discours qu’on leur avait tenus. Concilier les ménagements que l’on doit au sexe et à l’âge, avec la nécessité de se faire comprendre, voilà, quand on veut exprimer à des femmes ou à de jeunes sujets le fait dont on les soupçonne, le problème qu'il faut résoudre. On sent que je ne peux rien dire de plus précis à cet égard; seulement j'ajouterai qu'il m’est arrivé plus d’une fois de me borner dans ce cas embarrassant, à donner un simple conseil; je pouvais voir à la manière dont il était reçu que j'étais tombé juste et que je n'avais plus besoin de questionner.
« Demander l'aveu, n’est pas, il s’en faut, le meilleur moyen de l’obtenir. Agissant ainsi, on convient implicitement de ses doutes, et il est rare que le masturbateur s’empresse de les dissiper. Mieux vaut, quand on a des présomptions très fortes, et que le sujet est de ceux avec lequel on peut s’expliquer sans réserve, lui dire nettement qu'on n’ignore pas qu'il se masturbe. De la sorte on lui évite la peine que l’on éprouve constamment à s’accuser soimême d un lait réputé honteux ou ridicule. Rarement il cherche à s’en défendre, ou, s’il essaie d'abord, il ne persiste pas longtemps. L’embarras, la maladresse de sa défense montrent, au surplus, qu’on a pu se permettre le langage qu’on lui a tenu. Avec certains sujets il convient, tout en paraissant instruit, de ne s’exprimer qu'à demi mol. S’ils sont masturbateurs, ils comprendront de suite, et leur tacilite à saisir un langage obscur pourra dispenser de questions nouvelles : s’ils ne le sont pas, on aura été trop peu explicite pour exposer son crédit. Qu’on sache bien encore que l'aveu qui coûte le plus Dictionnaire polilaire de Médecine usuelle
est celui du principal : aussi doit-on, souvent, ne questionner que sur l'accessoire. Tel sujet qui aurait répondu négativement à cette question. « N’auriez-vous pas l’habitude de vous masturber? » sera plus franc, si, paraissant instruit à cet égard, on s’informe seulement de l’époque où, pour la première fois, il a porté les mains sur lui et s’il les y porte souvent. De la sorte, on lui sauve une partie et la plus rude partie du chemin; car il faut considérer que le plus pénible, pour un masturbateur, n’est pas d’être connu comme tel, mais de confesser qu’il l’est. Placé entre le désir de se conserver et la honte d’un aveu, il pourra sacrifier le premier à celui-ci; mais ce n’est pas sans peine qu’il fera ce sacrifice. Que le médecin tâche surtout, dans ses rapports avec les masturbateurs, d’acquérir leur confiance, de les mettre à l’aise. Ce n’est pas devant un front sévère, ou quand ils s’attendent à une leçon de morale, qu’ils ont de la franchise, il faut que le médecin ne soit avec eux que médecin. Pour lui, l’onanisme ne doit être qu’une cause de maladie, c’est-à-dire une chose analogue à un excès de travail, à un régime mauvais, à toute influence enfin qui pourrait nuire à la santé. S'il se fait moraliste, on le redoutera et il n’obtiendra aucune de ces confidences qui lui permettraient d'employer à temps ses conseils et ses ressources. »
Quelles sont les conséquences de l'onanisme ? — Et d’abord, je déclare que Tissot, dont l’ouvrage qui remonte à 1760, a le tort d’être encore considéré comme classique, a considérablement exagéré les conséquences de l’onanisme, et que Réveillé-Parize, de son côté, a été tout simplement absurde lorsqu’il a écrit ceci : « A mon avis, ni la peste, ni la guerre, ni la variole, ni une foule de maux semblables n’ont de résultats plus désastreux pour l’humanité que la funeste habitude delà masturbation; c'est l’élément destructeur des sociétés civilisées, et il est d’autant plus actif qu'il agit continuellement et mine peu à peu les populations.» Combien je trouve plus sages, plus justes et plus exactes ces lignes de Félix Roubaud, que je contresigne volontiers: « Tous les auteurs qui ont pris la masturbation pour sujet de leurs études se sont plu, dans une intention louable sans doute, mais qui, bien souvent, n’a pas atteint le but qu’ils se- proposaient, se sont plu, dis-je, à rembrunir sans mesure les couleurs avec lesquelles ils peignaient les maux qu’entraîne cette funeste habitude. »
Ceci dit, je reconnais que l’onanisme, lorsqu'il est fréquentet invétéré, finit par produire, surtout chez les enfants et les adolescents, un certain nombre d’affections toujours fâcheuses et souvent très graves. Ces affections sont les unes locales, les autres générales.
•Les affections locales diffèrent naturellement pour chaque sexe.
Chez les enfants et chez les jeunes gens, l’abus de la masturbation peut, déterminer le paraphimosis, la balano-posthite , l’uréthrite, l’orchite, le pissement de sang, l’engorgement de la prostate, la cystite, l’incontinence d’urine, le varicocèle, des pertes séminales involontaires, ou spermathorrée, qui ont souvent pour conséquence l’impuissance.
Chez les petites filies cl les demoiselles, l'abus de
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l’onanisme occasionne de la rougeur des parties génitales, des excoriations des petites lèvres et du clitoris, de la vulvite, des déchirures de l’hymen, de la dysurie/un écoulement leucorrhéique, de l’eczéma de la partie interne des cuisses, le relâchement de la muqueuse vaginale et des ligaments de l’utérus qui peuvent entraîner des déplacements de cet organe.
Les affections générales, qui peuvent être la conséquence . directe ou éloignée de l’abus de l’onanisme, sont : la dyspepsie, la gastralgie, les névralgies, l’anémie, la nervosisme, la contracture essentielle des membres inférieurs, la chorée, l’épilepsie, l’hystérie, l’hypochondrie, la folie, la congestion du cerveau, de la moelle, du poumon, l’ataxie locomotrice, la phthisie, la consomption. Je dois ajouter, que ces affections graves ne se développent pas chez tous les masturbateurs, mais que l’abus de la masturbation favorise singulièrement leur éclosion chez les individus qui sont déjà sous l’influence d’une prédisposition héréditaire ou diathésique.
Quant à l’homme et à la femme faits qui, ne s’étant jamais masturbés dans leur enfance ou ne l’ayant fait que très rarement, pratiquent l’onanisme pour une cause telle que le veuvage, une séparation prolongée s’il sont mariés ou concubins, la crainte d’avoir des enfants, la peur d’attraper une maladie vénérienne, etc., mais ne le pratiquent que de temps en temps, quoique blâmables au point de vue de la morale, il est évident qu’ils n’ont pas à redouter les conséquences que nous venons d’énumérer.
Quel est le traitement de l’onanisme? — Le traitement de l’onanisme doit être préventif ou curatif.
Traitement préventif. — Il consiste dans une série de précautions hygiéniques et morales. Tout d’abord, il faut dès le bas âge avoir soin de tenir très propres les organes sexuels des garçons et des fillettes, au moyen de lavages à l’aide d’une éponge trempée dans l’eau tiède: ces lavages, que l’on fera matin et soir, au lever et au coucher, éviteront l’accumulation du smegma entre le prépuce et le gland et dans les replis de la vulve, et les démangeaisons prurigineuses qu'il occasionne. A la première apparition dans ces régions d’une rougeur, d’un peu de prurit, d’intertrigo, d’eczéma, il faudra instituer un traitement curatif approprié. 11 faut coucher les enfants dans une chambre sans parfums, dans un lit de crin, sans duvet ni édredon, enfermés dans une chemise très longue fermée par le bas, les bras hors des couvertures; ne les laisser dormir que sept ou huit heures, et les lever sitôt qu’ils sont réveillés. Le linge de corps doit être doux, en colon ou en fil.
L’alimentation doit être simple et rafraîchissante, c’est dire que les mets épicés, le gibier, les viandes noires, les truffes, les huîtres, homards, langoustes, crevettes, doivent en être proscrits, ainsi que les spiritueux et le vin pur. Il faut éviter la constipation et s’assurer que les enfants n’ont pas de vers oxyures vermiculaires. Si les enfants sont très nerveux, on leur interdira la balançoire, l’équitation, le vélocipède, les voilures mal suspendues, que l’on remplacera par la marche, la course, ies sauts, la
gymnastique, exercices qui sont certainement le meilleur moyen préservatif de l’onanisme.
Autres choses importantes : il faut surveiller les nourrices, les bonnes et les domestiques qui sont souvent les initiatrices des enfants aux pratiques de l’onanisme. Il faut aussi éviter de mettre sous les yeux des enfants des statues, des peintures, des gravures ou des photographies représentant des nudités, des tableaux obscènes ou voluptueux ; ne pas leur laisser lire de romans d’amour ; ne pas les conduire au bal, en soirée, au théâtre, aux féeries; mais au contraire leur faire faire des promenades, des excursions, des voyages. Il faut éviter de s’habiller et de se déshabiller devant eux; ne pas déshabiller le frère devant la sœur, à plus forte raison ne pas les coucher dans le même lit, ne pas non plus les mettre au bain avec soi.
Point capital : que tous les parents qui peuvent faire instruire leurs enfants chez eux, sous leurs yeux, le fassent aussi longtemps que cela sera possible, car les pensions, les lycées, les séminaires et les couvents sont les foyers publics de l’onanisme.
« Si j’en juge par ma propre observation, écrit Lallemand, sur dix masturbateurs dont la santé s’est altérée immédiatement ou consécutivement, on peut en compter neuf qui se sont perdus au collège ou dans un pensionnat. Tout ce que j’ai lu dans les auteurs m’a convaincu que celte proportion n’était pas exagérée. L’enfant élevé dans le sein de sa famille est entouré de causes capables d 'éveiller sa curiosité, ses désirs; mais elles agissent isolément, accidentellement; elles ne produisent un effet profond que sur les imaginations ardentes : mille distractions peuvent en détourner l’influence. Au collège, ces causes n’existent pas, mais il y en a d’autres ; elles sont moins nombreuses, moins variées, mais elles agissent d’une manière plus active et plus continue; leur effets sont directs et presque inévitables.
« L’enfant trouve en arrivant un foyer de contagion qui s’étend bientôt jusqu’à lui, car le mal y est établi d’une manière endémique et se transmet, sans interruption, des anciens aux nouveaux venus. Si quelques individus privilégiés échappent d’abord à ces initiations perfides, ce sont ceux qui n’y éprouvent, encore aucun plaisir; mais leur temps viendra plus tard. Quand les sens parleront, les mêmes objrts se représenteront alors à la mémoire sous un jour moins dégoûtant...
« Je n’entrerai dans aucun détail, quoique j’aie reçu des révélations bien multipliées, bien circonstanciées. Comment pourrai-je reproduire ce que ces malades osaient à peine me confier en tète-à-tête et pressés par l’intérêt puissant de leur conversation? L’un d’eux me disait encore, il y a quelques jours, sans vouloir s’expliquer davantage : « Sachez seulement que les infâmes ouvrages du marquis de Sade ne sont que des églogues auprès de ce que j'ai vu. »
« D’après tout ce qui m’est revenu des sources les plus directes et les plus variées, je ne crains pas d’affirmer que, nulle part, on ne se procure aussi facilement de mauvais livres, que nulle part ils ne circulent avec plus d'impudence et de sécurité; que la cause du mal n’est pas seulement dans les élèves,
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