‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 161 sur 344 · UNA · texte numérisé non relu

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mais encore dans les domestiques et les surveillants; que les abus ne se bornent pas toujours à la masturbation;... qu'ils ne se propagent pas seulement par l'exemple et la séduction, mais qu’ils s’imposent même quelquefois par la menace et la violence. Et que l’on ne croie pas que je ne parle ici que de faits rares, exceptionnels, ou que je me les exagère ; je n'ai pas connu cette vie d'immobilité recluse, et j’en bénis souvent la prudence paternelle ; mais je parle sur des preuves multipliées et concordantes. D’ailleurs, tout ceux qui se sont occupés de ce triste sujet rapportent des faits semblables. Le docteur Téraube, surtout, en parle longuement : il n’y a rien d’exagéré dans tout ce qu’il dit, et c’est la meilleure partie de son ouvrage. »

De son côté, le docteur J. Agrippa, .écrit avec autant de raison : « Le vice germe spontanément sur cet engrais malsain du collège ; en tant que régime d’emprisonnement et d’agglomération, l’internat ^st mortel aux inclinations honnêtes, et — pardon du mot — à la vertu. Toutes les améliorations qu’on pourra inventer sont inutiles.

« Je plaide la suppression de l’internat, la fermeture de mauvais lieux où, sous prétexte de latin et de grec, la chair et l’esprit de nos enfants sont gâtés et s'atrophient sans retour.

« Que l’affection que j’analyse soit uniquement due à l’internat, je ne le prétends point, mais je montre que l’internat la développe au point de la rendre quelquefois incurable. Loin de moi la pensée d’attaquer ni l'Université ni aucun corps enseignant : je fais le procès d'un système.

« Que nos enfants soient instruits au dehors, soit. Mais c est vous seul, père de famille, qui devez élever vos enfants, parce qu’il n’existe pas un individu sur la terre, qui vous puisse remplacer dans ce quotidien labeur. »

Enfin, il faut, à un moment donné, qui variera suivant la précocité des enfants, ne pas hésiter à indiquer, aussi bien aux garçons qu’aux jeunes filles, le rôle naturel que les organes génitaux sout appelés à jouer un jour, et à les mettre en garde contre leur usage prématuré et contre leur abus. Pour ma part, je trouve absurde les mères de famille qui croient devoir laisser jusqu’au jour de leur mariage les jeunes filles dans l’ignorance absolue de l’usage de certaines parties de leur corps. Il y a au contraire avantage à instruire les jeunes gens sur ce chapitre délicat; « caron évite ainsi les élans d’une inquiète curiosité, on prévient les funestes écarts où s’égare l’imagination, » comme l’écrit fort judicieusement Londe.

Si on a été assez heureux pour préserver les enfants de l’onanisme jusqu’au moment où, devenues pubères, ils sentent, les jeunes gens surtout, Réveiller fortement le sens génital, qu’il leur sera très difficile de dompter pour peu qu’ils aient un tempérament érotique, mieux vaut alors conseiller a ces 'jeunes gens le coït que de risquer, ce qui arriverait fatalement, de les laisser deviner la masturbation à laquelle ils s’adonneraient avec ardeur. Mais s’ils abusent du coït, dira-t-on! D abord il est plus difficile à pratiquer que la masturbation, et puis, comme le dit Jean-Jacques Rousseau à Emile : « quoi qu’il arrive vous l’arra-

cherez plus facilement aux femmes qu’à lui-même. »

Pour en finir avec le traitement préventif, nous dirons qu’il faut, lorsqu’elles existent, débarrasser les enfants de toutes les affections qui exercent sur la genèse de l’onanisme une influence manifeste, telles que l’eczéma, l’érythème, l’herpès génital ou péri-génital, les vers oxyures vermiculaires dont le siège de prédilection est l’anus et la vulve, etc.

J’allais oublier une opération chirurgicale qui a été proposée comme traitement préventif de l’onanisme chez l’homme : la circoncision. C’est un excellent moyen, et il n’est pas douteux qu’en retranchant le prépuce, on diminue considérablement les chances d’excitation chez l’enfant, puisque les idées libidineuses ne s'éveillent qu’à l’âge de la puberté. Du reste la plus grande rareté de l’onanisme chez les ,, juifs que chez les individus non circoncis en est la preuve manifeste. Vanier a donc raison de dire que « la circoncision est à l’onanisme ce que la castration est aux plaisirs intersexuels pour l’adulte. »

Traitement curatif. — Lorsque le traitement préventif n’a pas été employé, ou lorsqu’il a été inutile et impuissant à empêcher l’onanisme de se jj produire, il faut chercher à l’enrayer et à le détruire.

Chez 'les petits enfants, il faut soigneusement rechercher quelle est la cause locale qui les détermine à se polluer; malpropreté des parties génitales, eczema, prurit, impétigo, intertrigo, oxyures vermiculaires, balanite, vulvite, etc., et dès qu’on l’aura découverte s’appliquer à la faire disparaître au moyen d’une hygiène et d’un traitement appropriés. Très souvent la disparition de la cause a pour conséquence heureuse la cessation des manœuvres J solitaires.

Chez les adolescents qui s’adonnent depuis un certain temps à l’onanisme, le traitement devient plus difficile, on peut employer les moyens de douceur d’abord, puis, s’ils échouent, se décider à avoir recours à ce que j’appellerai les moyens coercitifs.

Les moyens de douceur consistent dans la persuasion par la parole. Les parents, surtout pour les garçons, auront de préférence recours au médecin pour les admonester.

Les moyens de coercition consistent dans l’emploi d’appareils spéciaux destinés à rendre impossible les manœuvres de l’onanisme aussi bien chez le garçon que chez la fille.

Certains auteurs ont proposé de pratiquer Yinfibulalion, opération fréquente chez les Komains de l’ancienne Rome, et qui consiste à faite un trou de i-j chaque côté de l’extrémité du prépuce chez le garçon, et sur chacune des deux grandes lèvres chez la fille, puis à passer dans ces trous un anneau métallique, en or ou en argent, que l’on soude de i façon à ce qu’il soit impossible aux masturbateurs " . de l’enlever.

L’infibulation est efficace chez l’homme, car elle s’oppose à toute érection volontaire ou non; en effet, si celle-ci tente de se produire, d’une part le gland vient se heurter contre l’anneau ; d’autre part, le prépuce, qui est sollicité en arrière, subit A: des tiraillements très- douloureux, et la verge redevient vite flasque et molle. Mais ce procédé à l'inconvénient très grave de rendre impossibles les soins de propreté du prépuce et du gland, et de fa-

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voriser l’accumulation du smegma dont le séjour prolongé sur la muqueuse balano-préputiale occasionne plus d’une maladie, aussi n’en sommesnous pas partisans.

Cliez la femme, l’infibulation est absolument illusoire, car elle n’empèche pas celle-ci d’introduire son doigt jusqu’au clitoris ; et elle n’empêche pas non plus l'onanisme par le frottement des cuisses fortement serrées l’une sur l’autre.

Sprengel et après lui Simon, de Metz, avaient proposé comme moyen radical l’ablation des testicules. Hâtons-nous de dire que nous ne citons ce procédé barbare que pour mémoire, car je ne pense pas qu’un seul médecin oserait sérieusement le proposer, encore moins l’appliquer! J’en dirai autant de l’extirpation du clitoris chez la femme, proposée par le professeur Braun, de Vienne.

Larrey faisait une injection irritante dans le canal de l’urèthre de façon à déterminer une inflammation assez vive, une véritable uréthrite; Lallemand arrivait au même résultat en plaçant dans le canal une sonde à demeure, et ces deux chirurgiens sont arrivés à guérir ainsi plusieurs masturbateurs de leur déplorable habitude.

Pouillet a réussi deux fois à déraciner l’habitude le l’onanisme à l’aide de scarifications superficielles faites sur la peau de la verge avec un bistouri. On comprend aisément que l'érection de la verge ainsi scarifiée est très douloureuse et que les masturbateurs font tout pour éviter qu’elle se produise.

Pour ma part, je compte plusieurs cas de guérison de l’onanisme, grâce à la circoncision. Le Dr Vanier, du Havre, et plusieurs autres médecins ont aussi obtenu des succès par ce procédé. La circoncision, en effet, nécessite une interruption forcée de la masturbation jusqu’à la cicatrisation complète de la plaie; de plus en plus elle effraye l’enfant, circonstances qui exercent une salutaire modification dans sa conduite.

Bon nombre de médecins ont proposé l’emploi de la camisole de force, fermée par derrière, avec des manches jointes l’une à l’autre de façon à forcer les bras à rester croisés sur la poitrine. Bonne

pour l’homme, inutile pour la femme chez laquelle elle n’empêchera pas l’onanisme par le frottement des cuisses, la camisole de force a en outre l’inconvénient capitcil de ne pouvoir être appliquée que dendant la durée du séjour au lit.

De tous les appareils, tour à tour proposés, les

deux auxquels je donne la préférence sont ceux qui sont représentés par les figures 968 et 969. Cet appareil, dont l’un est destiné à l’homme, l’autre à la femme, peuvent se garder nuit et jour; ils permettent aux enfants de continuer les exercices du corps

si variés, se composent d’une ceinture métallique tfès flexible, fortement rembourrée de laine à son intérieur, recouverte de peau à la partie extérieure et s’adaptant exactement aux contours des crêtes iliaques.

Sur le milieu de la ceinture est fixée une plaque en melchior ou en argent, destinée à emprisonner la verge chez les garçons, le vagin et la vulve chez les. petites filles; deux sous-cuisses attachées au bas de la plaque, passant par un anneau situé sur les côtés de la ceinture, viennent se joindre à la partie antéro-postérieure de cette même ceinture, où ils sont maintenus, ainsi que le cercle pelvien, au moyen d’un petit cadenas. Ces appareils se dissimulent très bien sous les vêtements, ils permettent aux enfants de continuer tous les exercices du corps; ils servent le jour et la nuit, et les enfants qui en sont munis ne peuvent, quoi qu’ils fassent, porter leurs mains sur les organes génitaux.

Beaucoup de médecins joignent à ces moyens chirurgicaux l’administration à l’intérieur de médicaments anti-aphrodisiaques, tels que le bromure de potassium ( sirop de Laroze), le bromure de camphre (■ capsules du Dr Clin), etc.

Mais, en somme, le meilleur moyen de débarrasser les jeunes gens des pratiques onanistiques, c’est de leur ordonner le coït. Jean-Jacques Rousseau l’a dit avec raison : « Si les fureurs d’un tempérament ardent deviennent invincibles, mon cher Emile, je te plains; mais je ne balancerai pas un moment, je ne souffrirai pas que la fin de la nature soit éludée. S’il faut qu’un tyran te subjugue, je telivre par préférence à celui dont je peux te délivrer; quoiqu’il arrive, je t’arracherai plus aisément aux femmes qu’à toi. » De son côté, Lallemand parle de la même façon, mais avec la précision du médecin: « Le coït est l’unique moyen véritablement efficace pour le présent et pour l’avenir, le seul qui puisse changer complètement des goûts contre nature, en faisant apprécier l’immense distance qui sépare ces tristes jouissances de celles qui sont dans l'ordre physiologique. » Le coït, voilà donc le remede pour les jeunes gens, dès qu’ils ont atteint l’âge de la puberté. Pour les jeunes filles, le meilleur moyen de

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les guérir, c’est de les marier le plus tôt possible.

Quant aux masturbateurs endurcis, aux masturbateurs de profession, qui, pleins d’aversion et de dégoût pour la femme, continuent à se livrera leurs habitudes vicieuses pendant la jeunesse, et même pendant l’âge mûr, aucun remède ne les guérira, ce sont des candidats à la folie. Dr Paul Labarthe.

ONGLE. — Anatomie. — Les ongles sont des lames cornées, oblongues, recouvrant l’extrémité de la face dorsale des doigts et des orteils. Us sont logés dans un repli du derme, en forme de fer à cheval, nommé rainure unguéale. On distingue dans l'ongle une partie postérieure ou îacine, une partie moyenne ou corps et une partie antérieure ou bord libre. La face supérieure est convexe transversalement; la face inférieure concave, creusée de sillons longitudinaux et très adhérente au derme. La racine est plus molle que les autres parties; elle est cachée dans la rainure unguéale, sauf un petit espace blanchâtre, semi-lunaire, appelé lunule. Cette partie n’existe pas aux ongles des orteils. La racine, appelée aussi matrice de l'ongle, se termine en arrière par un bord mince, tranchant, tandis que le bord libre est épais. Les deux bords sont rectilignes, logés dans la rainure unguéale. L'épiderme de ces replis se détache parfois sous forme de lamelles appelées envies.

Les ongles sont des productions de nature épidermique ; ils sont formés de 1

feuillets superposés. Ils ne reçoivent ni 3

vaisseaux ni nerfs. Us sont donc insensibles et le mot « onglée » par lequel on , désigne la sensation douloureuse que fait éprouver le froid est donc une expression impropre.

Ils apparaissent vers le cinquième mois de la vie fœtale, leur accroissement se fait surtout en longueur; ils se renouvellent environ tous les cinq mois.

Les ongles sont destinés à soutenir la pulpe des doigts et des orteils; aussi les individus qui marchent beaucoup, ont-ils un certain intérêt à porter les ongles du pied un peu longs. A la main, ils servent à la préhension des objets en fournissant à la pulpe un point d'appui. De là, l'habitude d'arrondir leur extrémité libre. Dans l’exercice du tact, l'ongle" intervient utilement, il forme un plan résistant, recouvrant toute la pulpe du doigt et permettant ainsi de recueillir le plus grand nombre d'impressions tactiles.

De tout temps, l’ongle a été l’objet de certains soins. C’est ainsi que quelques seigneurs chinois et annamites laissent leurs ongles atteindre une longueur de 4 à 5 centimètres.

On sait que, sous Louis XIV, il était de bon goût de porter l’ongle du petit doigt plus long que les autres. L'ongle présente par transparence une teinte rosée. En Egypte et en Orient, il est de bon ton chez les femmes, de se servir de carmin pour lui donner plus de coloris.

Chez certains animaux, les ongles constituent un puissant moyen d’attaque et de défense; chez

l'homme, cet usage est assez rare pour qu'il soit utile d’y insister.

Altérations des ongles. — Un grand nombre d'affections altèrent l’accroissement, la forme et la constitution des ongles. L 'hypertrophie consiste en un épaississement et un allongement plus ou moins considérables, pouvant transformer l’ongle en une véritable corne, analogue à celle des animaux. Lancercaux a rencontré plusieurs fois à La Salpêtrière des femmes âgées dont les ongles, recourbées, avaient une forme prismatique et une longueur qui, au pouce, n’avait pas moins d’un décimètre en longueur et d’un centimètre en épaisseur [fig. 971).

Dans certaines maladies aiguës (fièvre typhoïde, pneumonie, rougeole, scarlatine, rhumatisme), on observe une déformation consistant en

une sorte de sillon transversal. Il existe une altération de l’ongle, propre aux tuberculeux, désignée sous le nom de doigt hippocratique. En même temps que la dernière phalange s’hypertrophie, l’ongle s’incurve dans le sens antéro-postérieur. Dans le rachitisme, l'ongle est plus large que long. Ces altérations sont dues aux troubles nutritifs qui résultent de toutes les affections que nous venons d’énumérer.

Parmis les affections chirurgicales, citons les contusions, le décollement, Y arrachement des ongles. L’inflammation du derme sous-unguéal donne lieu à une affection commune, vulgairement appelée tourniol, parce qu’elle fait le tour de l’ongle. On donne le nom d 'onyxis (V. ce mot), aux différentes inflammations de la matrice de l’ongle. Une variété des plus fréquentes constitue Yongle incarné.

Ongle incarné. — Nommé encore par les auteurs, onyxis latéral, ou vulgairerrient ongle rentré dans les chairs, l’ongle incarné consiste en une

Fig. 970.

Coupe de la'matrice'et de la racine de l’ongle (grossissement 25). (Fort).

t. Papilles rous-uriguéales. — 2. Corps muqueux. — 3. Corps de l'ongle. — i. Epiderme sus-unguéal. — 5. Fusion des] deux couches précédentes. — G. Papilles. — 7. Corps muqueux. — 9, 11. Tissu du derme. — 10. Epiderme.

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inflammation de la matrice de l’ongle. Les uns ont soutenu que l’ongle s’enfoncait et déterminait ainsi une ulcération; les autres ont prétendu que les chairs remontaient par-dessus l’ongle et s’ulcéraient

Fig 971.

Ongle du gros orteil hypertrophié ayant acquis un accroissement excessif.

à son contact. Le gros orteil est le siège presque exclusif de cette affection.

Boyer attachait une grande importance à la façon de couper les ongles; selon lui, les ongles coupés en rond ont une grande tendance à pénétrer dans les chairs. Quoiqu’il en soit, presque tous les chirurgiens sont d’accord pour accuser la chaussure d’être la cause principale de l’ongle incarné ; des chaussures trop courtes ou mal faites, exerçant une pression au niveau de l’ongle, tendent àl’incarner. On comprend sans peine l’influence désastreuse de ces chaussures trop étroites et ridiculement effilées, où les orteils sont obligés de s’entasser les uns sur les autres.

Au début, on ressent une légère douleur pendant la marche, mais la peau qui se trouve en contact avec l’ongle, ne tarde pas à s’ulcérer et bientôt se développent des fongosités. La douleur augmente, devient continue et la marche est impossible ; bientôt le malade ne peut même plus rester debout. L’inflammation gagne la racine de l'ongle, les fongosités se développent davantage, la suppuration s’établit et devient de plus en plus abondante et fétide. Il faut alors intervenir sous peine d’accidents sérieux.

Fig. 972.

Position vicieuse du second orteil amenant l’incarnation de l'ongle du second orteil.

On peut obtenir, au début, du soulagement en interposant entre le bord de l’ongle et le repli cutané, quelques brins de charpie; mais les douleurs ne tardent pas à reparaître, et il faut avoir recours au traitement chirurgical.

De nombreux procédés ont été, tour à tour, proposés. Velpeau en a compté près de cent; il nous

suffira de rappeler ceux qu’on emploie le plus souvent.

Parmis les chirurgiens, les uns se sont attaqués aux chairs, les autres à l’ongle.

Dans l’ablation des chairs, on peut, comme Lisfranc, retrancher les fongosités à l’aide du bistouri, on cautérise ensuite la plaie ; d’autres chirurgiens produisent cette perte de substance au moyen du feu ou des caustiques. Le professeur Guyon enlève

Fig. 973.

Opération de l’ongle incarné. (Procédé de Guyon.)

un lambeau de chair sur la face latérale de l’orteil, puis entrouvrant les deux lèvres de la plaie, il éloigne ainsi l’ulcère du bord de l’ongle.

Quelques-uns ont. essayé de rétrécir l’ongle en amincissant le milieu, de manière à le séparer en deux moitiés, que l’on rapprochait ensuite l’une de l’autre (Dionis).

Desault a tenté de redresser l’ongle en introduisant entre celui-ci et les chairs l’extrémité recourbée d’une lame de fer-blanc.

L’ablation de l’ongle peut être partielle ou totale. Dans le premier procédé (Dupuytren), on glisse sous l’ongle, jusqu’à la racine, des ciseaux droits, pointus, à plat; on coupe, puis, avec l’aide d’une

Opération do l’ongle incarné. — Arrachement de l’ongle.

(Procédé de Long.)

pince, on enlève la moitié nuisible. Velpeau arrachait toujours les deux moitiés. L’ablation totale, d’après le procédé de Long, consiste à glisser sous la racine de l’ongle, une spatule qu’on fait avancer vivement en lui imprimant un mouvement de bascule, de façon à produire le décollement et 1 avulsion de l’ongle.

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