‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 165 sur 344 · OR B · texte numérisé non relu

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Le traitement consiste en injections iodées faibles dans la fistule, et en précautions pour empêcher le lagophthalmos ou l’ectropion consécutif à l'adhérence osseuse.

Carie des parois de l'orbite. — Lorsque la carie de l'os est primitive, elle marche très lentement. Le point malade s'entoure d’un foyer qui grossit et amène, lorsqu’il siège au fond de l’orbite, plus ou moins d’exophthalmie; en même temps la paupière supérieure est généralement gonflée par un œdème. Les douleurs ne se manifestent guère qu’au moment où l’ouverture du foyer purulent va se faire; il contient un pus fétide et mal lié.

L’ouverture de l’abcès se transforme en fistule, et la suppuration prend le caractère chronique.

La cause de ces caries est surtout dans les contusions. Mais elles sont spontanées chez les sujets scrofuleux et syphilitiques. Elles sont d’autant plus graves qu’elles siègent plus près du sommet de l’orbite.

Le traitement consiste à hâter l’évolution de la maladie pour la circonscrire; on favorisera l’évacuation du pus et on introduira à demeure une mèche ou un corps irritant, qui amènera le bourgeonnement des parties malades. S’il existe une esquille, on débridera la fistule pour l’extraire. Mais on prescrira surtout un traitement approprié à l’état général.

Blessures et corps étrangers. — Les blessures peuvent être produites par divers instruments, par des coups. Leur gravité est très variable.

Les blessures produites par instruments piquants ou tranchants sont peu graves quand elles n’intéressent que le tissu cellulaire; mais elles peuvent produire la section de nerfs ou de vaisseaux, et donner naissance soit à des paralysies, soit à des anévrismes.

Les contusions s’accompagnent habituellement d'ecchymoses étendues et provoquent souvent des abcès profonds.

Les blessures qui s’accompagnent de fracture des parois de l’orbite sont graves. Quand elles siègent à la face interne, la communication qui s’établit entre l’orbite et les cellules ethmoïdales produit l’emphysème du tissu cellulaire de l’orbite et des paupières au moment où le malade se mouche; mais celles qui siègent vers le sommet de l’orbite deviennent souvent mortelles par suite de la fracture du crâne; ces dernières blessures sont caractérisées, suivant Velpeau, par une ecchymose tardive de la paupière supérieure.

Les corps étrangers les plus variés ont pu pénétrer et séjourner dans l’orbite pendant des années, sans y causer de graves désordres. On en a retiré des bouts de tuyau de pipe, des bouts de parapluie, des clous, des aiguilles à tricoter, etc.

Les plaies simples et les contusions seront traitées par des applications de compresses froides ou même de glace pilée. Les fractures exigeront le repos et l'extraction des petites esquilles. Les abcès consécutifs seront traités par l'incision et les cataplasmes; enfin les corps étrangers seront extraits en débridant au besoin le tissu cellulaire de l’orbite, vers la partie externe de préférence.

Dictionnaire polulaire de Médecine usuelle.

Tumeurs de l’orbite. — 1° Emphysème. — La pénétration de l’air dans le tissu cellulaire de l’orbite cause une exophthalmie indolore, et s’accompagne souvent de l’emphysème des paupières. On l’observe à la suite de fractures des parois de l’orbite, et il est grave; mais s’il est consécutif à la déchirure du sac lacrymal, dans l’action de se moucher violemment, il est de peu d’importance et se réduira par la compression.

2° Hématocèle. — C’est une tumeur sanguine formée dans le tissu cellulaire de la capsule de Ténon, à la suite d’une rupture vasculaire. L’exophthalmie est presque subite. Le traitement consiste il à appliquer des compresses froides, à exercer la compression, à faire garder le repos la tête basse.

Le sang se résorbe assez vite, et l’on ne doit ponctionner la tumeur pour l’évacuer que si elle cause de vives douleurs.

3° Kystes hydatiques. — On a un certain nombre ,1 d’observations où, en évacuant par la ponction une tumeur indolente de l’œil, il en était sorti un liquide très limpide, dans lequel le microscope faisait reconnaître des crochets d’échinocoques. Incisant plus largement la tumeur, on avait pu en ,1 faire sortir un certain nombre d’hydatides reconnaissables à leur poche semi-transparente, pleine d’un liquide très clair. Il a fallu souvent répéter ces ponctions, car les tumeurs hydatiques ne s’oblitèrent qu’après l’évacuation ou la destruction du dernier de ces animaux.

4° Tumeurs vasculaires. — Elles peuvent affecter trois formes : tumeurs érectiles, tumeurs variqueuses, tumeurs anévrismales. Les premières et les secondes sont rares. Quant aux tumeurs ané- f . vrismales, elles sont du genre des anévrismes faux ou diffus. Elles sont causées principalement par une lésion de l’artère ophthalmique, et le sang épanché s’entoure d’une poche fibrineuse qui augmente continuellement sous l’impulsion de l’ondée sanguine. L’exophthalmie est souvent f énorme.

On a proposé, comme traitement, la compression portant soit directement sur la tumeur, soit sur la carotide, et la coagulation par l’injection au perchlorure de fer. Mais le moyen qui a donné les ? meilleurs succès dans les cas rapides et graves est la ligature de la carotide.

5° Exostose. — On a noté souvent les exostoses des os de l’orbite avec une forme analogue à celle que ces tumeurs osseuses présentent dans le reste i du corps. Mais il est une forme particulière d’exos- i tose que l’orbite a seule offerte jusqu’à présent, et qui est la tumeur éburnée, ou à consistance d’ivoire. Elles se développent lentement, en prenant , leur point de départ dans l’ethmoïde ou le frontal.

Leur consistance est d’une dureté telle, qu’elles | émoussent les instruments de chirurgie; leur surface est bosselée.

Quand on a reconnu que le point d’implantation est étroit et accessible, on pourra tenter l’ablation.

Il faudra préalablement ouvrir la conjonctive, et luxer le globe de l’œil en dehors, puis attaquer la base de la tumeur avec la gouge et le marteau. Il n’est pas nécessaire de faire remarquer les dangers et la difficulté d’une opération de cette nature.

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6° Cancer de l’orbite. — Le cancer médullaire et le cancer mélanique sont les deux formes de carcinome que l’on a rencontrées le plus souvent dans l'orbite, ayant d’ailleurs pour point de départ une des membranes internes de l’œil, rétine ou choroïde.

Quand la dégénérescence aura gagné les parois de l’orbite, il est malheureusement impossible de s’assurer contre la récidive. La seule opération à tenter est l’extirpation de tout le contenu de l’orbite, avec rugination des parois.

On a noté encore diverses formes de tumeurs solides dans l’orbite : Yenchondrome, le lipome, le fibrome, la tumeur fibro-plaslique. Dr J.-A. Fort.

ORCHITE. — L’orch ite, appelée aussi épididymite, vaginalite, et à laquelle le vulgaire, dans son langage pittoresque, a donné le nom de chaudepûse tombée dans les bourses, est une complication de la blennorrhagie caractérisée par l’inflammation du testicule et de ses enveloppes.

Quelles sont les causes qui peuvent produire l'orchite ou favoriser sa production? — Elles sont nombreuses et variées. Et d’abord citons : les rapports sexuels intempestifs, les excitations fréquentes des organes^ génitaux produites par la fréquentation des femmes; l’onanisme; les excès de marche, l’exercice du cheval, la danse, l’escrime, la station debout prolongée, les pressions sur les testicules, quelquefois le froissement seul du linge; les excès de boissons, l’action subite du froid sur l’appareil génito-urinaire (ce qui faisait dire au professeur Bouchardat dans ses cours : Si vous avez la chaudepisse, évitez de pisser au coin des rues et en plein vent), sont autant de causes qui peuvent produire ou favoriser la production des orchites.

Certains auteurs ont cité la continence. Mais pour ma part, d’accord en cela avec tous les syphiligraphes contemporains, je ne crois pas que jamais la continence absolue chez un individu atteintde blennorrhagie ait été le point de départ d’une orchite.

Un traitement de la blennorrhagie mal ordonné, mal suivi, peut aussi avoir de l’influence sur le développement de l’orchite. Quelques auteurs ont prétendu que le traitement abortif pouvait provoquer l’orchite. C’est une grave erreur dont l’observation clinique a depuis longtemps fait justice. Loin de favoriser la production de l’orchite, ce traitement abortif, lorsqu’il est fait à temps et lorsqu’il réussit, en est le meilleur traitement préservatif. Tous les bons praticiens sont en effet d’accord pour reconnaître que la fréquence de l’épididymite est en raison directe de la durée de la chaudepisse. Or, plus sera prompte la guérison de celle-ci et plus on aura de chance d’échapper à celte complication.

On a accusé les balsamiques, le cubebe et le copahu. Le copahu peut bien amener de l’irritation au col de la vessie, mais elle disparaît d’ordinaire assez rapidement, sans laisser de trace; et avant d’émettre une pareille opinion, on aurait dû songer qu’on ne donne le copahu que lorsque la blennorrhagie est déjà dans la région proionde de l’urèthre, et que, par conséquent, à ce moment-là, une orchite peut se déclarer sans qu’il soit besoin d’accuser les balsamiques.

On a aussi incriminé les injections. Sans doute un liquide irritant peut déterminer une orchite, puisque le passage d’une bougie dans l’urèthre sain peut quelquefois produire le même accident. La circonstance qui les a surtout fait accuser, c’est qu’on les pratique à la dernière période de la blennorrhagie, c’est-à-dire à l’époque la plus favorable au développement de l’orchite, ainsi que nous le verrons tout à l’heure.

Certaines dispositions anatomiques du cordon, du canal déférent, du testicule, peuvent prédisposer à l’orchite. Ainsi, d’après Melchior Robert, le volume du testicule, la longueur du canal déférent, l’épaisseur du cordon, le varicocèle, prédisposeraient à l’orchite.

On a dit que certaines époques de l’année, certains états de l'atmosphère sont favorables au développement de l’orchite. Vidal de Cassis, qui a porté son attention sur ce point, a remarqué qu’en automne, et au moment où la température devenait brusquement très chaude outrés froide, le nombre des orchites s’accroissait au point de faire croire à une épidémie.

Les circonstances d’âge ne présentent rien de très positif pour l’orchite en général. Toutefois, on peut dire qu’elle est moins fréquente à un âge avancé, et qu’on la rencontre le plus souvent de 18 à 30 ans.

Quant à l’influence de l'intensité de l’inflammation uréthrale sur le déyeloppement de l’orchite, elle est nulle. Cela résulte d’un mémoire de Castelnau, dans lequel notre éminent confrère rapporte que sur 37 malades affectés d’orchite, 30 avaient médiocrement souffert au début de la blennorrhagie, 6 avaient eu des douleurs très vives, et 1 avait eu une hémorrhagie uréthrale suivie de syncope.

La vraie cause, la cause essentielle de l’orchite, c’est la blennorrhagie. Souvent elle suffit seule à produire l’orchite, en dehors de toute circonstance adjuvante, sans le concours de la moindre provocation locale. Ainsi, il n’est pas rare que l’orchite se produise chez les individus qui ont suivi le régime le plus sévère, qui se sont astreints religieusement à la médication la plus méthodique, qui même ont été retenus au lit par quelque complication étrangère. Ainsi Fournier l’a vue survenir chez un malade atteint d’une fièvre typhoïde pendant le cours d’une blennorrhagie, qui n’avait pas mis le pied à terre depuis six semaines.

L’orchite est-elle très fréquente ? — Oui. Elle est même, sans contredit, la plus fréquente de toutes les complications de la blennorrhagie. Dans quelle proportion se montrent les orchites, par rapport à la blennorrhagie? 11 est difficile de le dire d’une manière exacte. Gela tient à ce que tous les malades atteints de blennorrhagie ne consultent pas le médecin. Bon nombre se soignent eux-mêmes, ou vont chez le pharmacien (qui a toujours le tort, dans ces cas et dans biens d’autres, de cumuler les fondions de médecin et de pharmacien, sans cumuler pour cela les deux diplômes), tandis que tous les malades atteints de blennorrhagie compliquée d’orchite, viennent demander conseil aux médecins. Toutefois, voici le relevé de plusieurs statistiques dressées par différents observateurs :

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