‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 167 sur 344 · SIMPLES · texte numérisé non relu

SIMPLES

gauche.

Orchites

doubles.

Gaussait.

D’Espine

Aubry

Castelnau

Curling

Sigmund

Fournier

Millet

P. Labarthe ....

Totaux

D’après ces statistiques, on voit que la différence

n’est pas grande, et que sur un total de 1,236 orchites, il n’y en a que 35 de plus à gauche qu’à droite. Les auteurs qui les ont observées plus souvent à droite prétendent que cela tient à l’habitude qu’on a généralement de porter les bourses et la verge à gauche de la couture du pantalon. Par suite de cette habitude, le testicule droit se trouve placé au devant du gauche, et est plus exposé à l’action des causes extérieures. Ceux qui les ont observées plus souvent à gauche, retournent cet argument dû à Desruelles, et pensent, au contraire, que le testicule droit étant mieux soutenu, a des chances de moins d'inflammation. Cullerier, pour expliquer les cas plus nombreux à gauche, a invoqué la compression exercée sur les veines- spermatiques par des matières fécales endurcies et accumulées dans l’S iliaque. Or, ajoute-t-il, on sait que la constipation accompagne souvent l’orchite et même la précède. D’autres auteurs invoquent des causes anatomiques. Pour eux, l’orchite est plus fréquente à gauche, parce que le cordon spermatique gauche est plus long que le droit, ce qui fait que le testicule gauche descend plus bas que le droit. Souvent aussi le testicule gauche est plus gros, plus lourd et plus fréquemment atteint de varicocèle. Toutes ces causes sont admissibles, mais pour certains cas, et aucune d'elles ne peut expliquer tous les cas.

Comment se produit 1 orchite? — Par quel mécanisme l’inflammation blennorrhagique se communique-t-elle de l’urèthre au testicule et à ses enveloppes? On a émis trois théories différentes pour expliquer cette propagation morbide : 1° pour les uns l’orchite se produit par métastasé ; 2° pour les autres elle se produit par sympathie ; 3° enfin d’autres soutiennent que l'inflammation se produit par continuité de tissus.

1° Pau métastase. — Les partisans de la métastase ont soutenu que l'inflammation se déplaçait, qu'elle se transportait de l’urèthre sur l’épididyme tj; ou sur les testicules, et qu’à ce moment même la chaudepisse disparaissait brusquement.

Ces auteurs se sont trompés et ont mal observé.

Pour qu’il y ait métastase, il faut en effet que l’inflammation s'opère entièrement d’une partie où elle était fixée sur une autre partie où elle se dépose. Tel n’est pas ici le cas. Lorsque l’orchite commence, l’écoulement dure encore dans l’immense majorité des cas. Cependant, quelquefois, sous l'influence de l'inflammation violente dont l'épididyme est devenue le siège, une sorte de révulsion s'opère à l’égard de l’urèthre, et l’écoulement diminue beaucoup; on pourrait même le croire tari. Mais un examen attentif démontre toujours l’existence d’un suintement qui, peu à peu, redevient aussi abondant qu’avant. C’est cette notable diminution de la sécrétion blennorrhagique qui a pu faire admettre un déplacement d’inflammation, mais de là à une véritable métastase il y a loin et jamais je n’en ai, pour ma part, observé une véritable. Presque toujours, au contraire la blennorrhagie existe encore et se continue après la disparition de l’orchite.

2° Par sympathie. — Nous savons que rarement l’orchite se montre au début d’une blennorrhagie.

Il faut pour qu'elle se développe que l’inflam- [

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mation ait atteint les parties profondes du canal. Quelquefois alors on voit l’épididyme s’enflammer subitement, sans que le canal déférent subisse la moindre atteinte. Si l’on excepte les orifices des canaux éjaculateurs qui participent nécessairement à l’inflammation de la partie profonde de l’urèthre où ils viennent s’ouvrir, on n’observe aucune inflammation des voies spermatiques comprises entre l’urèthre et l’épididyme. Évidemment ce mode de production de l’orchite ne peut s’expliquer que par une influence sympathique exercée sur le testicule par les orifices enflammés des canaux éjaculateurs.

La nature nous offre du reste des exemples analogues. Ne voit-on pas, en effet, le bubon se produire dans le ganglion lymphatique à la suite d’un chancre sans que les vaisseaux lymphatiques intermédiaires soient atteints. Ne voit-on pas aussi une plaie du doigt produire l’engorgement de ganglions de l’aisselle, sans qu’il y ait pour cela lymphite du bras. On peut donc et on doit admettre des orchites par sympathie. Mais tel n’est pas le mécanisme qui préside le plus ordinairement à leur production.

3° Pau continuité. — Dans l’immense majorité des cas, c’est par continuité de tissu que l’inflammation, s’étendant de proche en proche, gagne les parties profondes du canal, de là, pénètre dans les voies spermatiques jusqu’à l’épididyme et même parfois jusqu’au testicule, en passant par les canaux éjaculateurs, les vésicules séminales et les canaux déférents.

La preuve que cela se passe ainsi, c’est que si on pratique le toucher rectal, on constate l’engorgement des vésicules séminales et du canal déférent : ce dernier surtout est beaucoup plus gros, plus dur et plus sensible.

C’est à Velpeau-que nous devons cette théorie de la production de l’orchite par la propagation de l’inflammation par continuité de tissu. Toutefois on la trouve déjà dans Goddesten, qui conseille un suspensoir « ne suspensio noceat J'aciendo currere maleriam ad testiculos. » Elle a rallié la généralité des syphiligraphes.

Quels sont les symptômes de l'orchite? — L’orchite se fait généralement précéder de quelques prodromes : un malaise général, des frissons et même quelquefois un état fébrile bien dessiné. Le plus souvent la maladie s’annonce par une douleur sourde dont le siège n’est pas constant; tantôt les malades la rapportent au trajet du cordon, tantôt aux lombes, à la hanche, à la crête iliaque, et même à la partie supérieure de la cuisse correspondant au testicule malade. Il arrive souvent que le scrotum en est le premier siège. Chez un grand nombre de malades, il existe, avant la manifestation des symptômes propres à l’orchite, un sentiment de picotement, de pesanteur vers le périnée et le col de la vessie.

Quoi qu’il en soit, au bout d’un temps assez court, 24 à 48 heures, l’inflammation éclate définitivement et à la douleur s’ajoutent ses caractères habituels de rougeur, de chaleur, de tuméfaction et de production plastique.

La douleur est d’une intensité variable, mais elle se montre toujours au début de la maladie. Quel-

quefois elle ne consiste que dans un sentiment de pesanteur du testicule, et n’est pas assez intense pour forcer les malades à garder le lit, et même pour les empêcher de se livrer à la marche, munis d’un suspensoir. D’autres fois, elle a une acuité extrême. Nous l’avons vue cruelle, arrachant des cris aux malades, et les clouant sur leur lit; continue, exacerbante, participant du caractère des douleurs névralgiques, s’irradiant dans le canal, aux aines et jusqu’aux reins, ressemblant, selon la juste comparaison de Curling, à celle que produit le froissement du testicule, et s’accompagnant de la même sensation de malaise. Il est des cas où l’intensité de la douleur est telle, que le malade ne peut supporter même le contact de la cuisse contre le testicule; alors l’organe pris par l’inflammation se trouve étranglé par la résistance de la tunique albuginée.

L’intensité de la douleur ne persiste pas heureusement pendant toute la durée de la maladie. Quelquefois, au bout de 24 à 48 heures, il y a une diminution marquée. En général, le quatrième ou cinquième jour l’acuité a disparu. Mais une fois que la douleur est redevenue modérée, elle décroît beaucoup plus lentement, se réveille par la pression, par le mouvement, et dure de 15 à 21 jours. Il est même fréquent de rencontrer au bout de ce temps, en palpant l’épididvme, une sensibilité assez vive.

Dans quelques cas, l’engorgement, quoique assez considérable, est entièrement indolent et le malade n’est incommodé que par le poids de la tumeur qui gène ses mouvements. Dans ces cas, l’orchite aune tendance à prendre la forme chronique.

En même temps que douleur, il y a sensation de chaleur brûlante dans les bourses.

Le scrotum conserve quelquefois en partie sa couleur normale, mais, d’ordinaire, il est tendu, luisant, adhérent aux parties sous-jacentes, et d’une rougeur dont le maximum d’intensité est à la face externe de l’organe malade, d’où elle se prolonge, sur le côté sain, en s'affaiblissant insensiblement.

La tumeur formée par l’organe malade est pesante, ovoïde, un peu aplatie latéralement, plus dure en arrière, à la région occupée par l’épididyme, très douloureuse à la moindre pression. La tuméfaction s'accroît rapidement et arrive en quelques jours à son maximum de développement; son volume est tantôt réduit à quelques bosselures, tantôt il atteint la grosseur du poing et le dépasse même. Cette tuméfaction commence habituellement à la queue de l’épididyme et se répand bientôt au reste du canal, à la tunique vaginale et au testicule luimême. Elle reste localisée à l’épididyme quelques heures et même un ou deux jours, avant de s étendre plus loin. Elle peut aussi ne jamais atteindre la tunique vaginale ou le corps du testicule, surtout si on l’a combattue à temps. La masse extérieure de la tumeur est formée par les tuniques du scrotum épaissies, infiltrées, et par le liquide qui parfois s’épanche en assez grande quantité de la tunique vaginale, pas assez cependant pour qu on puisse le constater par la transparence.

Y a-t-il plusieurs variétés d'orchites? — On a voulu faire autant de variétés d’orchites qu’il y a d’éléments dans le testicule : épididymite, vaginalite, orchite parenchymateuse, suivant qu’on sup-

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posait l’enflammation limitée à l’épididyme, à la tunique séreuse vaginale, ou au tissu testiculaire lui-même. Mais, le plus souvent, chaque élément participe dans une certaine proportion à l’inflammation et tout ce que l’on peut dire, c’est qu’elle est d’ordinaire beaucoup plus vive dans l’un d’eux, surtout dans l’épididyme.

Quelles sont la marche, la durée et les terminaisons de l'orchite ? — L’orchite a une marche aiguë. Elle arrive en peu de temps à son maximum d'intensité et diminue ensuite par une gradation plus ou moins rapide. Sa durée varie en général de 13 à 20 jours; elle dépasse rarement 25 jours.

Quant à ses terminaisons, elles sont variables. La plus commune est la terminaison par résolution. Elle s’opère des parties superficielles aux parties profondes : l’engorgement du tissu cellulaire disparait, l'épanchement de la tunique vaginale se résorbe, la résolution du cordon succède à celle du testicule, tandis que l’épididyme reste induré le dernier et se résout le dernier. Souvent même cette résolution se fait attendre très longtemps, surtout chez les individus scrofuleux.

Dans certains cas, l’orchite peut se terminer par suppuration. Ces cas sont très rares. Cullerier n’en cite que deux cas; Curling et Ricord en ont vu chacun quelques exemples; pour ma part je ne l’ai observée qu’une fois.

D'autres fois, l’orchite peut se terminer par l 'atrophie du testicule. Cette terminaison se présente rarement. Cullerier a observé des testicules réduits au volume d'un haricot à la suite d’une orchite double. Dans ces cas, il se produit une véritable résorption interstitielle aux dépens de tous les tissus de la glande séminale.

La terminaison par gangrène est excessivement rare. Enfin, la terminaison par tuberculisation du testicule citée par Velpeau n’est plus admise aujourd’hui.

Est-il facile de reconnaître une orchite? — Le

diagnostic de l’orchite est le plus souvent facile. Cette affection pourrait être confondue avec une hématocèle, une hydrocèle enflammée, des tubercules du testicule, une hernie inguinale étranglée; enfin avec l'érysipèle du scrotum, mais je n’insiste pas. Les caractères de ces affections sont trop différents et trop tranchés. Je n'insisterai que sur ce point : il faut toujours songer, en observant une orchite, à une inversion possible du testicule qui pourrait, lorsqu'elle existe, faire croire à une orchite parenchymateuse, dans le cas de simple épididymite, et vice versa, et exposer le médecin à blesser le testicule, s’il employait les mouchetures comme traitement.

Quel est le pronostic de l'orchite? — Peu grave d'ordinaire, le pronostic de l’orchite le devient davantage lorsqu'il y a suppuration, induration ou atrophie. 11 est aussi plus sérieux si l’orchite est double au lieu d’être simple, parce qu'on a à redouter l’infécondité — ainsi que l’a démontré le professeur Gosselin — due à l’obstruction du canal épididymique survenue à la suite de la transformation en tissu fibreux de l’épanchement plastique qui occupe son intérieur; obstruction qui ne laisse pas passer les spermatozoaires au moment de l’éja-

culation de la liqueur séminale. Ajoutons que cette obstruction disparaît d’ordinaire au bout d’un temps plus ou moins long, qui varie de 2 à 6, 10, 15 et même 18 mois. La seule preuve évidente de la disparition de cette obstruction , est la réapparition des spermatozoaires dans le sperme facilement constatable au microscope.

Quel est le traitement de l’orchite? — Ce traitement peut être préventif, abortif ou curatif.

1° Traitement préventif. — Le meilleur moyen de prévenir une orchite consiste à traiter la blennorrhagie par les moyens rationnels, appropriés, de manière à éviter que l’inflammation gagne les parties profondes de l’urèthre (V. Blennorrhagie ).

2° Traitement abortif. — Peut-on faire avorter une orchite commençante? On a proposé dans ce but plusieurs moyens.

Les auteurs du siècle dernier, entre autres Hirschel, de Berlin, attribuant l’orchite à la suppression de l’écoulement, blennorrhagique, conseillaient, pour faire avorter une orchite commençante, de rappeler l’écoulement par l’introduction dans le canal d’une bougie irritante. Swédiaur, pour atteindre ce but plus sûrement, inoculait au malade une nouvelle chaudepisse, au moyen d’un peu de matière purulente, prise sur un autre blennhorragien, dont il enduisait une bougie qu’il introduisait profondément dans le canal uréthral de son malade. La connaissance exacte du mécanisme de l’orchite a fait justice de ces deux moyens.

En 1855, Chassaignac proposa, comme traitement abortif de l'orchite commençante, l’application irritante sur le scrotum d’acide nitrique au moyen d’un pinceau de coton cardé. Il appelait cela « le suspensoir à l’acide nitrique » parce que sous son influence le scrotum se crispe en quelque sorte, fait remonter le testicule et agit comme résolutif par compression. Ce chirurgien faisait ces applications très légères, de façon à produire le simple parcheminage de scrotum. A l’appui de sa méthode, il a rapporté 60 observations d’orchites commençantes avortées en 3 ou 4 jours.

A la même époque le chirurgien anglais Curling préconisait les applications de glace sur le scrotum comme traitement abortif, celle-ci agissant comme analgésique et comme compressif.

En somme, aucune de ces méthodes ne constitue un traitement abortif réel, et on peut dire que celui-ci n’existe pas.

3° Traitement curatif. — Le malade doit garder le repos au lit ou étendu sur une chaise longue, le bassin un peu élevé, tenir les bourses relevées à l’aide d’un tampon de linge ou d’un petit coussin placé entre les cuisses ; prendre tous les jours un laxatif salin, sulfate de magnésie ou eau de Rubinat, etc. ; maintenir sur toute la partie malade et sur le trajet du cordon dans le pli de l’aine, de larges cataplasmes llamilton arrosés de laudanum ou d’huile de jusquiame; prendre tous les deux jours, un grand bain d’une heure de durée. Dans les cas simples, ces moyens suffisent pour guérir l’orchite en 10 a 20 jours.

Dans le cas d’orchite intense, on a proposé divers moyens plus énergiques que les précédents. Les applications de 10 à 15 sangsues, dès le début,

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non sur le scrotum du côté malade, mais sur le trajet du cordon, ont été jadis fort employées et avec plein succès, je dois le dire. Aujourd’hui la plupart des médecins les rppoussent sous prétexte qu’elles affaiblissent le malade déjà anémié par la suppuration blennorrhagique. Je trouve, pour ma part, le prétexte un peu bien exagéré, et j’avoue que j’ai souvent recours aux sangsues qui m’ont toujours très bien réussi, et dont l’application a surtout l’avantage, très apprécié par les malades, d’amener une sédation considérable de la douleur.

Velpeau pratiqua longtemps la ponction de la tunique vaginale. Cette ponction amène la cessation de la douleur, puisque grâce à elle on vide la sérosité épanchée dans la tunique vaginale, et qu’on fait disparaître la distention de cette dernière et la pression du liquide sur le testicule. Elus tard cet illustre chirurgien préféra à la ponction les mouchetures, môme lorsqu'il n’y avait pas d’épanchement, et fut suivi dans celte pratique par Cullerier. Vidal de Cassis alla plus loin, il pratiqua le débridement de la tunique albuginée, et fit même des incisions dans l’épaisseur du testicule, sans jamais avoir d’accidents. Sans contester l’efficacité de ces divers moyens, je doute qu’en dehors de l’hôpital, le médecin puisse les faire accepter dans la clientèle de la ville.

Quelques médecins ont proposé l’application de vésicatoires volants, de 6 centimètres sur 2, bien exactement sur le trajet oblique qu'affecte l’engorgement. Ce procédé est très douloureux.

Plusieurs spécialistes distingués, Diday et Jullien, entr’autres, à l’exemple de Curling, ont recours aux applications de glace sur les parties enflammées. Pour cela, iis introduisent dans une vessie assez ample pour entourer toutes les parties malades, de l’eau glacée ou de la glace qu’on a soin de renouveler. Ces applications apaisent la douleur en très peu cle temps, 10 à 15 minutes, dans bon nombre de cas; et la tuméfaction subit dès le premier jour une diminution sensible, qui s’affermit de plus en plus et conduit à une résolution rapide. Elles doivent être continuées et prolongées jusqu’à la disparition complète de tout signe d’inflammation aiguë, 2 ou 3 jours dans la plupart des cas, d'après Jullien. Malheureusement on n’a pas toujours de la glace à sa disposition et ce procédé ne peut guère être employé que chez les malades qui habitent les grandes villes.

Le Dr Drouet vante beaucoup un badigeon à l’acide phénique (acide phénique cristallisable , 9 grammes; alcool, 1 gramme), de toute la surface cutanée qui correspond au trajet du cordon du côté malade dans le canal inguinal, sur une largeur d’environ 4 à 5 centimètres. Ce praticien conseille de donner à ce badigeon, en quelques minutes, de 3 à 4 couches. 11 devient, dans la majorité des cas, très rapidement douloureux; il développe une sensation de brûlure le plus souvent insupportable, mais que l’on apaise assez vite, en appliquant une compresse mouillée sur le point badigeonné. Cràce à ce procédé bien simple, qu’il emploie depuis 1874, le D‘ Drouet déclare avoir vu les orchites simples guérir (c’est-à-dire permettre au malade de marcher et de vaquer à ses affaires), en un laps de

temps variant de 2 à 4 jours dans les cas légers et moyens, et de 5 à 8 jours dans les cas les plus graves. Il ,est entendu qu’il maintient ses malades au lit le plus possible, mais dans aucun cas, dit-il, cette recommandation n’est observée plus de 3 ou 4 jours. Dans les orchites simples, un seul badigeon suffit; dans les orchites graves avec inflammation du cordon des testicules, le D' Drouet recommande de répéter le badigeon au 3e ou au 4e jour. A ce moment, la cuisson consécutive au premier badigeon se reproduit plus ou moins intense, le fendillement et la desquamation épidermique mettent plus ou moins le derme à nu.

En 1881, le docteur Ilourdeaux, dans les Ar chives médicales belges , et le docteur Sabadini, dans une communication à la Société de médecine de Constantinople, ont fortement recommandé les applications topiques d’iodoforme.

Ce dernier rapporte, entre au très, l’observation d’un garçon d’hôtel atteint d’orchite avec gonflement testiculaire énorme, chez lequel des applications locales d’une pommade composée de 4 grammes d’iodoforme pour 40 grammes de vaseline amenèrent des effets absolument remarquables : les douleurs cessèrent rapidement, le malade ne fut pas obligé de suspendre ses occupations qui le forçaient à rester debout toute la journée, et le gonflement disparut dans l’espace de huit jours.

En 1882, le docteur Ilanderson a préconisé, dans le journal anglais The Lancet , le salicylate de soude à l’intérieur. Chez trois individus atteints d’orchite, il administra le médicament par prises de de 1 gr. 50 renouvelées toutes les trois heures d’abord, puis à des intervalles plus éloignes. Sous l’influence de ce traitement, il a vu se produire un prompt soulagement des douleurs, en même temps qu’une résolution plus rapide de l’engorgement des. parties malades. Au lieu de poudre de salicylate sous forme de prises, on pourrait, avec avantage, avoir recours à l’excellente solation du docteur Clin, titrée à 1 gramme par cuillerée à soupe.

En 1885, le docteur Lawson écrit dans The Therapeutic gazette que, dans un cas d'orchite volumineuse, il a prescrit deux gouttes de teinture d’anémone pulsatille, selon la pharmacopée américaine, à prendre dans un peu d’eau, toutes les deux heures. Il eu obtint un effet magique : gonflement, douleur, tension, toutdisparut immédiatementaprès la troisième dose. L’autre testicule s’étant ensuite engorgé et endolori, 1 auteur reprit le même traitement et guérit de suite radicalement son malade. Justement frappé de ces résultats merveilleux, je me propose d’expérimenter ce médicament à la première occasion.

L’électricité a aussi été préconisée dans le traitement de l’orchite. On a recommandé les courants ascendants, de 10 minutes de durée, le pôle positif étant placé sur l’épididyme et le pôle négatif sur le cordon au-dessus de l’aine. Ces courants agiraient en activant la circulation, comme résolutifs, et aideraient enfin le liquide à se résorber. Malheureusement les résultats obtenus n’ont pas été très efficaces. *

Quel que soit le traitement employé dès le début de l’orchite, lorsque la période aiguë est passée, on

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