VI. — Les ondes sonores qui passent de l’air dans
l’eau par l'intermediaire d’une membrane tendue, sont transmises sans changement dans la hauteur du son. *
VII. — Les ondes sonores se transmettent de l’air à l'eau sans changement notable d’intensité, alors môme que les membranes se trouvent tendues sur un corps solide résistant, qui est seul en contact avec le liquide.
Rôle des diverses parties de l’oreille dans le mécanisme de l'audition. — Le pavillon de l’oreille a été considéré comme inutile à l’audition, par Dard, qui avait vu des gens privés de cet appendice entendant fort bien. Mais cette opniion n’est pas admise par la plupart des auteurs. Je considère, avec Boerhaave, Buchanan, etc., le pavillon comme réfléchissant les ondes sonores, et par ses saillies et ses dé ressions, leur offrant dans presque toutes les directions une saillie perpendiculaire favorable à l'audition.
Voici comment Schneider et, plus récemment, Hinne ont prouvé par leurs expériences la réalité de ces fonctions: Schneider bouche le conduit auditif externe de l’une de >es oreilles (soit l’oreille gauche) avec un petit tampon de coton, puis il remplit les anfractuosités de la conque du même côté avec une composition liquide (1 partie de cire, 3 parties d’huile), de manière qu’après le, refroidissement la conque est transformée en une surface plane. Après quoi il enleve le coton qui préservait les parties profondes contre 1 introduction de la composition cireuse, et le conduit auditif externe redevient libre. Écoutant alors un corps sonore placé derrière lui ou devant lui, à égale distance des deux oreilles, l’observateur comtate que ce corps est beaucoup mieux entendu par l'oreille droite, dont la conque est restée libre, que par l'oreille gauche; si l'observateur tourne alors son oreille gauche, du côté où vient le bruit, il arrive hml àc<‘u\> un moment où il entend aussi bien avec cette oreille qu’avec l'autre. C’est le moment où le conduit auditif externe se trouve dans la direction précise du corps résonnant.
llarlss est venu contredire le ré-ultat des expériences de Schneider, qui nous ont paru cependant très exacte*.
Savart a essayé de prouver par ses expériences que les portions cartilagineuses et osseuses du conduit auditif v diraient p r l'intermédiaire du cartilage du pavillon et que les vibrations se transmettaient ainsi à la membrane du tympan et à la portion osscu c de la paroi externe de la caisse. Savart croit que l'usage du pavillon est de présenter une large surface aux ondulations aériennes.
Le pavillon est appelé aussi à jouer un rôle pour la notion de la direction des sons. Ainsi, avec un tube en caoutchouc de bO centimètres, ayant ses
extrémités fixées avec de la cire, dans les conduits auditifs, si l’on place une montre àsa partie moyenne, le son est transmis par la colonne d’air du tube dans les deux oreilles. 11 est impossible, les yeux étant fermés, quand on porte le tube et la montre en avant ou en arrière de la tête, d’affirmer d’où vient, le son.
Le conduit auditif externe reçoit les ondes sonores directement, ainsi que celles qui sont réfléchies par le pav illon et les vibrations communiquées par celui-ci. Je n’ai pas remarqué, pour l’audition, une grande différence, lorsque ce conduit auditif est étroit et très recourbé: mais j'ai cru pouvoir constater une prédisposition à la dûreté de l’ouïe chez la personne dont le conduit est très large et très droit.
Il est probable que, dans ces cas, le tympan est plus exposé au froid, au choc de corps étrangers voltigeant dans l’air, etc.
Le cérumen et les poils protègent précisément le fond du conduit auditif, mais peuvent devenir des causes de troubles par leur trop grande abondance.
L’oreille moyenne joue un grand rôle dans l’audition. Le tympan reçoit les ondes sonores et entre lui-même en vibration.
La caisse est remplie d’air qu’elle reçoit par la trompe d’Iîustache. Celle-ci est fermée dans l’arrière-gorge par un cartilage flexible entrouvert à sa partie supérieure et recouvert en ce point par une membrane tendineuse. L'airentre par la (rompe dans la caisse pendant les mouvements de déglutition. L’action d'avaler la salive a donc une grande action sur la régularité de la fonction auditive et la corde du tympan, nerf qui traverse la caisse et vient se rendre aux grandes salivaires de la langue, semble appelé en amenant la sécrétion en temps opportun à jouer ainsi son rôle physiologique.
On peut à volonté faire enirer ou sortir l’air de la caisse après avoir fermé la bouche et le nez, en raréfiant par la déglutition ou en augmentant par un effort d’expiration l'air contenu dans ces ca-, vités.
Les muscles qui ouvrent la trompe étant fixés au voile du palais, cela explique son ouverture au nu>-, ment de leur contraction pour la déglutition.
La pression de l'air dans la caisse égale habituellement la pression atmosphérique. Quand une trop grande différence existe entre la pression interne oq externe, on éprouve un malaise dans l’oreille jusqu a ce que l'équilibre ait pu se rétablir.
L’air de la caisse est séparé de1 l’oreille interne remplie de liquide, comme nous l’avons vu, en deux endroits par dos membranes fines et tendues : ce sont les fenêtres ronde et ovale. La fenêtre ronde touche le liquide en dedans et, en dehors, est en contact avec l’air «le la caisse. La fenêtre ovale est baignée aussi par la péri'ymphe et reçoit en dehors la base de l’étrier. Le tympan est donc en contact par la chaîne des osse’ets avec l’oreille interne. Lé tympan ayant, dans son épaisseur, le manche du marteau, tous les mouvements de cette membrane sont transmis aux osselets et au liquide de l'oreille interne. Si la membrane lympanique est poussée, en dedans, par un mouvement de sonnette, l'étrier appuie sur le liquide du labyrinthe; si l’air pousse
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fortement dans la caisse par la trompe chasse le tympan en dehors, le marteau entraîne bien un peu la tête de l’enclume et l’étrier, mais beaucoup moins qn’on pourrait le croire, l’articulation se faisant par une sorte d’engrenage, qui dans ce sens cesse d’agir.
Le muscle du marteau est comme tenseur de la membrane ; le muscle de l’étrier sert à dégager un peu la base de cet osselet de la fenêtre ovale. Un auteur a pensé qu’ils agissaient chacun comme tenseur d’une partie du tympan.
En se reportant aux lois de Muller, que j’ai données plus haut, on comprendra comment se fait la transmission des ondes sonores du tympan, membrane tendue entre deux couches d’air et reliée à la fenêtre ovale, beaucoup plus petite qu’elle, par les osselets corps solides.
Lorsque le tympan est déchiré ou largement détruit, la fonction auditive est conservée, mais plus G.u moins amoindrie. J’ai vu certains malades entendre encore très bien ma montre à 70 et 80 centimètres. Mais si la chaîne des osselets est brisée et que l'étrier seul reste en place, l’audition peut encore être de 2 à 3 centimètres.
Les perforations tympaniques sont très fréquentes. Aussi ai-je cherché à juger dans des perforations traumatiques, telles qu’une piqûre avec un porteplume en une oreille, etc., examinées peu de temps après l’accident, les changements survenus dans l’ouïe du côté blessé. Si la déchirure était petite et ne touchait pas les osselets et qu’il n’y eut pas de sang dans la caisse, l’audition à la voix était très bonne et peu diminuée, mais la montre était entendue moins loin que du côté sain ; les sons très aigus causaient une douleur, les sons très graves étaient encore bien perçus, mais moins loin qu’avant.
Dans les perforations suites de polypes, de suppurations, la variété dans la force de l’audition est immense, tels avec un petit trou entendent fort mal, d’autres avec les deux tiers inférieurs du tympan détruits, conservent une bonne audition à la voix, et certains jusqu’à 80 centimètres à une montre. Ma montre à l’état sain est entendue à 2 mètres; je n’ai jamais vu, depuis 20 ans, un seul malade avec une perforation l’entendre a plus d’un mètre.
Dans les bruits très forts la membrane du tympan, contrairement à l’opinion de Bichat et d’après les expériences de Savart, se tend, et le muscle interne du marteau tire fortement le manche de l’osselet et avec lui la membrane en dedans. De nouvelles expériences ont prouvé l’assertion de Savart.
Sur un chien fraîchement tué on enleva la paroi supérieure de la caisse du tympan, on fixa sur la tête du marteau un fil de verre de 10 à 12 centimètres de longueur et à l’extrémité de ce fil fut adapté vui fragment de barbe de plume destiné à écrire sur un cylindre enregistreur. -
On écarta alors le cerveau et on excita le tronc du nerf trijumeau pour faire contracter le tenseur <Ju tympan.
En même temps un tuyau d’orgue mis en communication latérale par un tube en caoutchouc avec le conduit auditif résonna fortement ; dans Ces conditions, les excursions du levier étaient plus
faibles qu’avant la contraction du muscle et la tension du tympan (Palitzer).
Les mêmes expériences faites sur le cadavre de l’homme ont donné des résultats identiques (Lucæ).
La chute de l’étrier avec déchirure de la membrane de la fenêtre ovale ou la perforation de la fenêtre ronde, en permettant au liquide labyrinthique de s’écouler en dehors, entraîneraient une surdité très forte; mais le liquide peut se reformer et la surdité s’améliorer.
Dans le labyrinthe où aboutissent les ramifications des nerfs auditifs, toutes les parties se meuvent dans un liquide; la fenêtre ovale et la fenêtre ronde, par leurs membranes, ferment l’oreille interne du côté de la caisse.
Sous l’empire des vibrations transmises par le tympan aux osselets, l’étrier s’enfonce plus ou moins dans la fenêtre ovale et communique la secousse au liquide et aux parties nerveuses qui s’y trouvent. Le liquide comprimé par la pression de l’étrier vient distendre plus ou moins la membrane élastique qui ferme la fenêtre ronde.
Dans ces mouvements imprimés au liquide, les otoconies, les crins de Max Schultze et les filaments de la membrane basilaire et des organes de Corti, entrent soit les uns, soit les autres, çn vibration, suivant la hauteur et les autres qualités des sons. On ignore encore si l’extrémité des fibres nerveuses sont continuées directement par les arcs de Corti, mais elles reçoivent un ébranlement direct quand ces corps entrent en vibration.
Voici la théorie d’Helmholtz : le nombre des sons musicaux distincts pour l’oreille la plus exercée est de 3,376 et le nombre des fibres radiales de la membrane basilaire est environ de 6,000 (3,000 arcs de Corti et 2 fibres radiales par arc), on peut supposer que c’est un clavier dont chaque partie doit répondre à la perception d’un son. On suppose qu'à chaque corde radiale correspond une terminaison nerveuse. Le professeur Gavarret a été le vulgarisateur de cette théorie en France.
Par cette hypothèse, nous voyons, dit Ilelmholtz, que les attributs de la sensation auditive, hauteur et timbre, sont dus à la variété des fibres mises en vibration.
C’est là un progrès du même genre que celui qui a été réalisé dans un domaine plus vaste par J. Muller pour la théorie des activités spécifiques des sens. 11 a démontré que la diversité des sensations perçues par les différents sens ne dépendras des agents extérieurs producteurs de la sensation, mais des divers appareils nerveux destinés à la percevoir.
Ainsi, un corps mis en vibration par un bruit très fort donne à la main une sensation de secousse ; à l'oreille c’est un son qui est perçu; à l’œil les vibrations donnent des impressions de couleurs différentes, etc.
Pour l’oreille, les différences de la qualité des sons, c’est-à-dire de la hauteur et du timbre sont ramenées à la diversité des fibres nerveuses percevant la sensation, et pour chaque fibre prise isolément il ne reste que les différences provenant de la densité et des vibrations.
Les ondes sonores arrivent également au nerf au-
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ditif par les parties molles et les os de la tète. Les vibrations une fois imprimées par l’air à ces parties résistantes, marchent très rapidement et sont entendues, bien que les oreilles soient parfaitement bouchées. N’arrive -t -il pas journellement qu'on bouche ses oreilles pour éviter le bruit du sifflet d’une locomotive et qu’on l’entend encore même très fort. Dans un bruit très violent, comme un coup de canon, il est probable que les vibrations agissent sur toutes les parties du corps et que le bruit arrive ainsi par différents chemins au nerf auditif.
Audition par les corps solides. — La perception des sons se fait d’une façon très distincte si le corps vibrant est mis en rapport avec les os du crâne. Ainsi, si vous faites vibrer un diapason, à un moment donné, l’oreille ne perçoit plus aucun son ; appliquez-le alors sur le front ou sur les dents, aussitôt vous entendez de nouveau le son qui peut continuer ainsi quelques instants.
On s'est servi de cette remarque pour communiquer avec certains sourds. On a employé depuis longtemps des baguettes d’un mètre de longueur environ, un des bouts un peu plus longs est placé par le malade sur les dents de la mâchoire supérieure, celui qui parle lient l'autre bout serré entre ses dents incisives et le sourd entend très bien ainsi ce qu'on lui dit.
La montre promenée sur la tète est mieux entendue dans différents points que dans d’autres : les dents incisives supérieures en première ligne, puis la tempe, l’apophyse zygomatique, le sommet de la tête, l’apophyse mastoïde, mais cette audition varie encore suivant les individus; en effet, la montre, après 50 ans, est moins bien entendue sur le front et cesse même parfois de l’être.
J’ai remarqué parfois que la montre était mieux entendue, chez certaines personnes, appliquée en avant de l’oreille que sur l’apophyse mastoïde, et vice versa.
Pendant l’expérience de l’audition de la montre ou du diapason sur la tète, si vous faites boucher les oreilles à la personne en observation, elle vous dira de suite qu’elle entend beaucoup mieux le corps vibrant; faites alors fermer seulement une oreille, et aussitôt elle vous indiquera que le son semble se porter de préférence du côté bouché.
Cette remarque est d’une grande utilité dans le diagnostic d'un certain nombre de maladies de l’organe auditif.
L'explication donnée de ce phénomène, c’est que le conduit auditif externe qui reçoit les sons amenés par l’air, laisse également échapper, quand il est ouvert, les vibrations reçues directement par l’os et conduites par celui-ci au nerf auditif. D’autres explications reposant sur la condensation de l’air dans le conduit auditif pendant son occlusion ont été proposées.
D'après la première théorie, le doigt ou le corps étranger qui bouche l'oreille empêche les vibrations de sortir comme elles le font du côté laissé libre, d’où un renforcement du son du côté bouché.
Les os de la tête conduisent donc facilement le son, et l'audition est alors d'autant meilleure que le corps sonore occupe une plus grande surface, est
séparé de l’os le moins possible, se rapproche le plus de l’oreille, et enfin il existe des variétés individuelles.
Transmissions par les liquides. — Nous avons vu que les liquides transmettent le son plus vite que l’air. On entend très distinctement, si l’on plonge la tète dans l’eau, un coup de fusil tiré près de la surface du liquide. Le bruit arrive très distinctement à notre organe auditif. Un individu qui plonge assez loin de vous est bien entendu si on prête un peu d’attention en ayant la tête sous l’eau.
Les ondes sonores ici nous parviennent par la vibration transmise aux os du crâne et à l’ébranlement de la couche d’air renfermée encore dans les conduits auditifs.
De l'audition suivant l’intensité des bruits. —
Nous avons vu en étudiant la physiologie de l’oreille que les sons ou les bruits très aigus ou très violents rencontrent dans les mouvements imprimés au tympan par le muscle interne du marteau un degré de tension considérable de la membrane. En même temps, si l’air pénètre dans la caisse par la trompe d’Eustache, les chances de rupture du tympan sont diminuées. J’ai évité à bien des artilleurs cette blessure, en leur conseillant de faire des mouvements de déglutition au moment ou le coup de canon retentit.
Dans la cloche à plongeur, où l’envoi brusque de l’air comprimé déchire souvent le tympan, comme j’ai pu m’en assurer pendant les travaux faits aux piles du Pont-Neuf il y a une quinzaine d’années, en recommandant aux ouvriers d’avoir dans la bouche des corps fondants, les forçant à avaler souvent leur salive, j'ai vu presque disparaître cet accident.
Pour les sons très faibles, l’on dirige instinctivement l’ouverture du conduit auditif dans la direction de l’émission du son; la bouche est souvent ; entrouverte et le voile du palais laissé dans le relà- tU chement, car les contractions du voile du palais agissent aussi sur le muscle du marteau, et dans cette position attentive nous distendons le tympan; il y a ici un acte de volonté instinctive que nous venons de chercher à analyser. Si nous cherchons par la volonté dans ces cas à augmenter l’audition, nous plaçons parfois la main ouverte derrière le pavillon que nous redressons et nous pouvons recueillir ainsi les ondes sonores et les diriger dans l’oreille. Certains peuples sauvages, pour reconnaître l’approche d’un ennemi, placent souvent leur oreille en contact avec le sol qui conduit mieux et plus vite les ondes sonores que l’air.
L’attention a une grande importance dans l’audition ; c’est ainsi que par un travail de l’esprit, des conversations ayant lieu en même temps, on peut suivre à vol nié celle qui se fait souvent à voix presque basse et ne rien entendre qu’un murmure confus des autres prononcées à voix haute.
Bien que le bruit frappe les deux oreilles et semble se confondre dans une sensation unique cependant, l’audition bi-auriculaire a une immense importance pour l’auscultation.
Certaines personnes ont été citées comme pouvant entendre un son différent de chaque oreille.
On a dit également que le côté droit, choisi de pré- [
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férence pour s'appuyer pendant le sommeil devenait moins sensible au son (Fechner).
Enfin, quelques fibres radiées, citées pRis liant, pouvant être lésées seules, cela expliquerait ce fait bizarre que certains malades éprouvent, c'est-à-dire de n'ètre sourds que pour certains sons.
11 reste encore bien des phénomènes inexpliqués. J’ai vu plusieurs malades devenus sourds en peu de jours, entendre encore une note unique, mais incapables de comprendre la moindre paro’e.
Quand on écoute avec une seule oreille, il existe une très grandediftérence avec l’audition bi auriculaire. Nous devons à Le Roux cette remarque très intéressante. Deux diapasons scmb’ab’es sont mis l’un après l'autre en vibration, on place devant l'oreille droite le premier, quand cette oreille cesse presque de percevoir le son. On approche de l’oreille gauche le second diapason qu’on vient de faire vibrer, aussitôt l’oreille droite recommence à entendre le premier diapason. Celte observation pourrait aider à expliquer comment certains sons doub’es peuvent être entendus pendant un bruit assez fort, quand bruits et sons vibrent à l’unisson. Ainsi on a cité certains musiciens entendant très bien la moindre fausse note dans un orchestre et se servant d'un cornet acoustique pour la conversation.
L'audition, pour conclure, donne le moyen de s’instruire, de communiquer ses pensées. Elle joue un rôle immense dans le développement des fonctions intellectuelles.
La conversation, l'échange par la voix des pensées, des émotions, a un charme qui jette 1 individu privé d'audition dans un état habituel de profonde tristesse. Dr Ga'rrigou Desarènes.
Maladies de l'oreille. — Les affections de l’oreille se divisante» maladies (le l'oreille externe, moyenne et inlerne, suivant les différentes parties qui sont atteintes.
I. Maladies de l'oreille externe. — Elles comprennent les MALADIES DU PAVILLON et Celles (lu CONDUIT.
§ 1. Affections du pavillon. — Contusions. — Les contusions de l’oreille sont assez l'réqiien'es; elles sont produites par une pression sans solution de continuité de la peau, avec écrasement des téguments et extravasions sanguines, et donnent lieu à des ecchymoses légères ou à des épanchements sanguins, et même à la rupture du cartilage.
Elles peuvent avoir pour caille un bandage Irop serré qui comprime le pavillon, une chute ou un coup sur le côté de la lêle.
Le traitement consiste à appliquer des compres es résolutives sur les parties lésées : alcool camphré, eau blanche, teinture d'arnica, etc. Nous employons aussi avec avantage un tube rélïigéran' qui permet d’enli elenir sur l’oreille de l’eau toujours froide, ce qui évite les accidents infiammah ires.
Plaies. — E les sont dues à des instruments pi quanls, lianchants ou contondants.
Le- picmièies sont ordinairement dues à la perforation du lobule destine à y acriv.qher des bm clcs d’oreille. Clnzles sujets ly iiiphaliqurs ou scrofuleux, la perf ration devient fréquemment le point de départ d'un eczéma ou d’un érysipèle qui se
propage aux parties voisines. Dans ce cas, de même que lorsqu’on fait usage de boucles d’oreilles trop lourdes, le lobule peut se diviser complètement, ce qui nécessite un avivement et l’application de points de suture si l’on veut remédier à celte perte de substance.
Les plaies par instruments tranchants ne sont pas graves si l'on a soin de bien rapprocher les bords de la solution de continuité. Si le pavillon est détaché entièrement, il faut essayer de le remettre en place et de le suturer. Aujourd’hui on connaît un grand nombre de faits de ce genre. C’est ainsi que Manni rapporte qu’un pavillon complète- ’ im nt détaché fut applique au bout de quelques heures, et qu’on obtint une réunion primitive et parfaite en haut et secondaire en bas. En Orient, on prétend qu’on peut remplacer par transplantation d’oreilles coupées sur le vivant les oreilles perdues qui ont été enlevées aux prisonniers de guerre ou aux criminels.
Les plaies contuses déterminées par les armes à feu et les morsures s’accompagnent pai fois de perte de substance qui donnent lieu à des accidents syphditiques lorsque l'agresseur était porteur de plaques syphilitiques à la bouche, comme noos l’avons vu chez un marin qui fut mordu à l'oreille.
liai loues. — Les brûlures- n’offrent rien de spécial à signaler, si ce n’est que l'on devra éviter avec soin la soudure du pavillon aux parties voisines du crâne, et prévenir l'oblitération du conduit auditif externe.
Gelures. — La gelure se montre habituellement sons forme d’érythème. Cette affection est due à l'influence du froid humide, surtout chez les jeunes sujets lymphatiques ou strumeux.
Elle est caractérisée par une rongeur plus ou moins vive et une tuméfaction de l'oreille avec démangeaisons qu’exaspère la chaleur. Le pavillon devient luisant, il sc déformé et se convie de phlyclenes remplies d’un liquide brun ou noirâtre, le derme s'ulcère et se recouvre d'une croûte jaune . brunâtre.
Le irailcment consiste en applications de teinture d’iode, de glycérine au borax, de cataplasmes émollients, en même temps qu'est donnée à l’intérieur de l'huile de f me de morue et des pilules ou du sirop de Bhmcard à Eioduré de 1er.
Eczéma — L’eczéma se développe primitivement sur le pavillon ou succède à une affection semblable , de la face ou du cuir chevelu. Il atteint une seule ou les deux oreilles a la fois, et survient à la suite d olorrbée, de perforation des lobules.
Les enfants slumeux y sont prédisposés ainsi que les jeunes filles au moment de la puberté, et les femmes à l’époque de la ménopause.
L’eczéma e.-l aigu ou chronique. L'eezéma aigu e>t généralement lié à la scrofule. Il débuté par une rougeur et un gonflement limité généralement à la lare postérieure du pavillon ou au lobule; puis surviennent des vésicules nombreuses, serrées, à contenu séreux, qui s’ouvn ni pour laissera ou une surface humide que des croûtes d’un jaune clair ne tardent pas a recouvrir. Sous ces croûte-, un trouve un exsudât visqueux, séreux ou. purulent. Les gan- * gliuns lymphatiques s’engorgent ols'abcedonlmème. ^
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Les malades sc plaignent de tension douloureuse, de chaleur, avec démangeaison pénible.
L’eczéma chronique revêt les mêmes caractères que l’eczema aigu. Le pavillon se déforme par suite de répai'>i-si*mrnt de la peau et de l'effacement des saillies et des dépressions. Le mal se localise souvent au sillon formé par l’union du pavillon au crâne.
L’eczéma aigu disparaît parfois rapidement, mais il est sujet à des récidives.
Le traitement consiste en lotions émollientes, en pulvéri-aiions d’eau tiède ou en enveloppement avec du caoutchouc et en applications de poudre de riz ou d'amidon, dans les cas aigus Dans l'eczéma chronique, après avoir fait tomber les croûtes au moyen de cataplasmes ou de douches de vapeur, on fait usage de caoutchouc vulcani.'é. Quand la peau est devenue lisœ et souple, on fait usage d'une des formules suivantes :
Goudron 0,20
Vaseline. 10
Oxyde de zinc 0,50
Vaseline 10
Précipité Idanc 0,50
Acide borique 1
Vaseline 10
11 est nécessaire de donner à l'inléricur de l’huile de foie de morue, du sirop d'iodure de fer, en un mol de Irniler l étal général suivant la diathèse lymphatique, scrofuleuse ou herpétique.
Érysipèle. — L’érysipèle naît du pavillon à la suite d’uue plaie, ou succède à une inflammation de la face ou du cuir chevelu. 11 donne lieu à une tuméfaction de la face interne et des bords du pavillon et à une rougeur luisante de ces parties; il >e termine enlin par un phlegmon.
Pour le traitement de celle affection on fera des applications de compresses imbibées d’eau de sureau ou de badigeonnages par une solution de nitrate d’argent à 1/500.
Tumeurs. — Parmi celles ci, l’une des plus importantes, est Ylu'iiiuiome , qui n’est autre qu’une tumeur sanguine qui se rencontre fréquemment chez les aliènes et chez les lutteurs. Elle serait due soit à un traumatisme, soit à un trouble de la circulation cérébrale et à des altérations de la structure du périchondre. Nos expériences ont continué celles de llrown Séquard sur ce sujet. Il suflit de déterminer une lésion des corps restiformes pour donner lieu a une hémorrhagie du paxillon.
Lhémaiome se présente sous forme de tumeur rouge ou bleuâtre, lui.-ante, fluctuante au centre et dure à la périphérie et occupant l’espace compris entre l’hëiix et l’anlhélix ou encore la conque.
On applique dés compresses résolutives sur la tumeur qui peut disparaître ainsi, si elle est récente et de petit volume, mais généralement on est obligé de faire une ponction aspiratrice suivie de compression ou encore une incision dans tout le diamètre de la poche.
On trouve encore les angiomes, les fibromes, qui s'observent au niveau du lobule, principalement chez les négres>es ayant l’habitude de porter des boucles d’oreilles pesantes; des cancroïdes et des
sarcomes , qui nécessitent une intervention chirurgicale rapide et enfin des tumeurs crétacées ou toi>hns qui ne sont autres que des dépôts d’urales chez les goutteux .
§ 2. — Affections du conduit auditif externe. — Plaies. — Les plaies ne sont pas graves si elles sont localisées aux parties molles. Elles sont dues généralement à des tentatives d’extraction d’un corps étranger. Nous avons vu une plaie de la paroi postérieure du conduit et de la peau qui recouvre l’apophyse mastoïde, chez une dame qui, en se retournant brusquement sur son oreiller, s’enfonça ainsi une épingle à cheveux dans le conduit.
Fractures. — La fracture du conduit résulte d’une chute sur le menton, d’où tuméfaction du conduit avec douleur de la partie antérieure du canal.
Corps étrangers. — Les corps étrangers sont vivants ou inanimés. Parmi les premiers on cite les vers, les punaises, les puces, ou quelquefois les mouches, attirées par l’odeur du pus ulcéré, qui déposent leurs œufs sur le conduit. Ceux-ci éclosent et donnent naissance à des vers. Nous avons signalé la présence d’acarus qui étaient introduits avec les injections d’eau de guimauve, par exemple.
Comme corps inanimés, citons les haricots, les pois, les noyaux de fruits, de la mie de pain, du papier, des cailloux, les perles, les grains de.plomb, les épis, etc.
Les accidents occasionnés par ces différents corps étrangers sont variables. Ils passent quclquclois inaperçus, mais ordinairement ils occasionnent une gêne légère, quelques bourdonnements, un peu de surdité, d'autres lois ils déterminent des vertig.es, des bourdonnements violents, de la lourdeur de tète, de la céphalalgie, de la salivation, de la toux, et même de l'épilepsie.
Rein cite le cas d’un malade qui, pendant 40 ans garda dans l’oreille une dent cariée, sans en éprouver aucun malaise. Nous avons trouvé chez un malade un épi qui y séjournait depuis de longues années, il en faisait remonter l’introduction dans le conduit à |*lus de 20 ans.
Pour constater la présence d’un corps étranger, il faut pratiquer l’examen du conduit auditif (V. 0! »sco frie).
Le traitement doit varier avec le corps étranger. On doit d’abord faire les injections d’eau tiède que l’on poussera avec force à l’aide d’une seringue ou d’un irrigateur, dont le robinet sera ouvert au quart. 11 faut avoir soin de redresser la courbure du conduit en tirant le pavillon en haut et en arrière. Dans d’autres cas il sera bon de diviser le corps étranger au moyen du galvanocautère s il s’agit surtout d'un corps gonflé pari eau. Parfois on aura recours à la curette ou mieux à notre stylet coudé qui permet de passer facilement entre les parois du conduit et le corps à extraire. Après avoir franchi l’obstacle, on retourne l'instrument qui repousSe en avant le corps étranger. On a aussi uiilisé les agglulinalifs (colle) pour fixer un pinceau sur le corps à extraire et l’enlever ensuite. On est quelquefois obligé de faire des injections sur la trompe d'Eustache et même de détacher le pavillon de son insertion aux parois du crâne pour arriver
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sur le corps lorsqu’il est refoulé dans la caisse et on ne peut l’enlever par les procédés indiqués précédemment.
Cérumen. — La sécrétion cérumineuse est quelquefois tellement abondante qu’elle s’accumule dans le conduit dont elle détermine l’obstruction. Elle peut se produire lentement et rester incomplète jusqu’au jour où un coup ou l’emploi d’un cure-oreille le déplace et le refoule vers le tympan. Les individus qui plongent ou qui introduisent de l’eau dans l’oreille occasionnent ainsi le gonflement de l’amas cérumineux qui bouche alors le canal et provoque la surdité. Les inflammations furonculeuses, l'eczéma, le pityriasis amènent également une déformation épithéliale abondante qui, mêlée au cérumen, produit des bouchons obturateurs. Ceux-ci sont généralement composés de cérumen, de cellules épidermiques, de poils, de matière sébacée, de cholestérine, d’oléine et de savon de potasse.
La diminution de l’ouïe n’est appréciable que quand le bouchon remplit toute la lumière du conduit. Il produit alors des bourdonnements, des étourdissements et des vomissements. L’examen de l’oreille fait découvrir la présence de ce bouchon qui cache la membrane tympanique.
Lorsque le bouchon n’est pas trop dur, une injection peut le faire sortir, mais il faut avoir soin d’employer de l’eau tiède, puis de bien essuyer l’oreille avec une tige garnie de colon destiné à enlever l’eau. Pendant quelques jours, on doit conserver un peu de coton dans l’oreille. Si le bouchon est durci, il est nécessaire de le ramollir au moyens d'instillations tièdes de quelques gouttes du mélange suivant :
Glycérine 4 grammes
Eau 6 —
Bicarbonate de soude 0. 50
Répéter les instillations trois fois par jour et les conserver cinq minutes chaque fois.
Le bouchon se ramollit ainsi; mais le bourdonnement et la surdité augmentent; ces phénomènes disparaissent à la suite de l’injection qu’on aura soin de ne pas faire trop forte, car non seulement on peut ainsi déterminer des vertiges mais occasionner même une rupture du tympan, avec perte consécutive de l’ouïe.
Inflammation. — (V. Otite externe).
Parasites végétaux. — Le conduit peut encore être le siège de parasites végétaux dont les plus importants sont l’aspergillus et le microsporon. L’aspergillus se fixe sur le tympan ou sur la portion osseuse du conduit en donnant lieu à des démangeaisons, à des élancements et à de la surdité. Le microscope révèle la forme du parasite qui appartient au genre nigricans, flavescens ou fumigatus.
On obtient la guérison par des injections antiseptiques du conduit et par des instillations d’alcool absolu saturé d’acide borique ou de biodure de mercure au 1/5000. Ces instillations seront répétées deux à trois fois par jour.
Le microsporon est le parasite du pityriasis.
Tumeurs. — Les polypes ne sont pas rares. Ils
naissent habituellement sur la surface irritée par le contact du pus. De forme sphérique ou ovoïde, et à surface lisse ou framboisée, les polypes revêtent une coloration rougeâtre. Ils sont muqueux, gélatineux ou fibreux. Ils s’accompagnent d’une suppuration fétide qui recouvre la tumeur. L’ouïe est altérée profondément.
Il est nécessaire de les détruire. On a conseillé de les arracher avec la pince à pansement, mais nous repoussons ce moyen qui peut déterminer une hémorrhagie sérieuse et une lésion grave du tympan. Nous préférons les enlever au moyen de notre serre-nœud composé de deux branches creuses analogues à celles d’une paire de ciseaux dans lesquelles passe une anse de fil de 1er que nous portons ainsi sur la base du polype. Au moyen d’un anneau placé sur l’une des branches nous faisons glisser l’anse qui vient ainsi sectionner le polype à sa base.
Nous employons encore un autre instrument compo-é d’une série de tubes destinés à laisser passer les fils {fi g. 989). Ces tubes se montent sur une tige portant un anneau auquel viennent se fixer les extrémités du fil. Le maniement de l’instrument est semblable au précédent. Nous donnonstoutefois la préférence à l’anse galvanique qui n’est autre que le dernier serre-nœud dont le fil est rougi au moyen d’une pile. Il est bon d’anesthésier la tumeur avant de l’extraire. Chez les personnes pusillanimes, nous recommandons le procédé suivant qui nous a toujours très bien réussi. Après avoir appliqué une pointe de galvanocâutère sur le polype, nous y introduisons une tige sur laquelle nous avons fait fondre quelques cristaux d’acide chromique. A la suite de cette cautérisation, il se forme une eschare qui tombe au bout de quelques jours entraînant ainsi le polype. Ce moyen, qui n’est nullement douloureux si l’on a soin de pratiquer aussitôt après une injection d'eau tiède, nous a toujours donné d’excellents résultats chez les enfants et les personnes qui redoutaient une ipération.
Exostoses. — Les exostoses sont des tumeurs isseuses développées dans la portion interne du conduit. Elles paraissent se produire chez les sujets ]ui ont eu des écoulements purulents de l’oreille. Tantôt il n’existe qu’une seule exostose, tantôt on in découvre deux ou trois qui viennent rétrécir la lumière du canal. La peau est unie et rosée à leur surface. Ces tumeurs sont dures et douloureuses.
Fig. 989. ‘
Polypotome pour les polypes de l'oreille.