Lobule. — 9. Conduit auditif externe
villon, de l’autre à l’aponévrose occipito-frontale, permettent les mouvements en haut, en avant et en arrière.
Les cinq petits muscles intrinsèques répandus l’un en arrière, les autres sur ditférents points du cartilage, ont une action beaucoup moins marquée.
2° Le conduit auditif externe commence à la conque à sa partie antérieure et inférieure; il est elliptique de haut en bas, il se dirige de dehors en dedans en formant une courbure en forme d’S. On le redresse en tirant le pavillon en haut et en arrière.
Il est cartilagineux et membraneux dans son tiers externe et osseux dans ses 2/3 internes. Sa longueur est d’environ 2 1/2 à 3 centimètres. La peau qui le recouvre est mince, dépourvue de graisse et contient, dans la partie externe, les glandes cérumineuses.
L’ouverture de ce conduit est fermée en dedans par la membrane du tympan. Là commence l’oreille moyenne.
IL — Oreille moyenne. — L’oreille moyenne comprend la membrane du tympan; 2° la caisse; 3° les cellules mastoïdiennes; 4° la trompe d’Eustache.
1* Le tympan est une membrane mince, d’un blanc gris perle, élastique, presque arrondie, encadrée dans les 4/b de sa circonférence dans une rainure creusée dans l’os. 11 est formé de trois couches, la peau en dehors, une couche fibreuse et la muqueuse.
11 est concave en dehors. Dans son épaisseur, allant de haut en bas et d’avant en arrière, jusqu’à son tiers inférieur, se trouve une petite branche osseuse : le manche du marteau.
La caisse, creusée dans l'os, est une cavité aplatie de dehors en dedans, fermée en dehors par le tympan et en dedans par une surface osseuse percée de
Fig. 984.
Membrane du tympan (oreille gauche).
1. Manche du marteau se dessinant sous l’aspect d’une ligne blanche terminée par une saillie (2) qui correspond à l’apophyse externe du marteau. — 3. Ombilic du tympan. — (4. Triangle lumineux situé sur la partie antérieure du tympan.
deux ouvertures, de deux millimètres environ, la fenêtre ovale et la fenêtre ronde. La chaîne des osselets dont je vais parler vient réunir le tympan et la fenêtre ovale. La fenêtre ronde est bouchée par une membrane.
Quatre petits osselets, le marteau, Yenclume, les lenticulaires et Vèlrier, forment une tige articulée
Fig. 985. — Chaîne des osselets vue par la partie externe. — 1. Tête du marteau. — 2. Apophyse externe du marteau. — 3. Manche du marteau. — 4. Son apophyse grêle. — 5. Corps de l’enclume. — 6. Sa courte branche. — 7. Sa longue branche. — 8. Etrier.
Fig 9?6. — Rapports des osselets de l’ouïe et insertions de leurs muscles. — 1. Tête du marteau. — 2. Manche du marteau engagé dans l’épaisseur de la membrane du tympan. — 3. Enclume. — 4. Os lenticulaire. — 5. Etrier. — 6. Muscle du marteau. — 7. Muscle de l’étrier. — 8. Feuillet interne de la membrane du tympan. — 10. Feuillet externe de la membrane du tympan
qui va du tympan à la fenêtre ovale derrière laquelle se trouve l’oreille interne.
Le marteau est formé d'une tête et d’un manche dont j’ai parlé. Un petit muscle pénétrant par la paroi antérieure de la caisse s’attache par son tendon au tiers supérieur du manche, la tête de l’osselet est articulée avec le corps de l’enclume et la longue branche de l’enclume est fixée à l’os lenticulaire et celui-ci à l’étrier qui bouche la fenêtre ovale. Un second petit muscle s’insère à la partie postérieure d > col de l’étrier. Une membrane mince qui fait suite à la muqueuse de la trompe d'Eustache tapisse la caisse, recouvre aussi les osselets et sert avec de petits ligaments très fins à les fixer.
Lorsque la membrane du tympan vibre, la chaîne
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des osselets transmet les murmures à l'oreille interne.
La paroi antérieure de la caisse présente deux ouvertures : une en haut pour le muscle du marteau, la seconde au-dessous pour l’orifice externe de la trompe d’Eustache.
La trompe d’Eustache. qui joue un très grand rôle dans l’audition, aboutit dans la gorge, en arrière de l’ouverture des narines; elle est formée d’une partie fibro-cartilagineuse et d’une partie osseuse qui ressemblent .à deux cônes réunis par le sommet, l’ouverture dans la gorge étant la plus large. Le tube se rétrécit jusqu’à sa réunion à la partie osseuse pour s’élargir de nouveau jusqu’à sa terminaison dans la caisse.
Les cellules mastoïdiennes sont placées dans l’os qui fait une saillie derrière le pavillon de l’oreille et s’ouvrent dans la caisse en haut sur la paroi postérieure.
III. — Oreille interne. — Située en dedans de la caisse et creusée dans l’épaisseur de l'os appelé rocher elle comprend une portion osseuse et une portion membraneuse, labyrinthe osseux, labyrinthe membraneux , ayant en quelque sorte la môme configuration et recevant les branches terminales du nerf auditif.
Le labyrinthe osseux se compose du vestibule des canaux semi-circu' aires et du limaçon. Le vestibule est interposé au limaçon et placé en avant aux canaux semi-circulaires en arrière. C’est une petite cavité irrégulièrement arrondie qui communique avec le limaçon, la cavité du tympan, et, en arrière, avec les canaux semi-circulaires. La face externe laisse voir l'ouverture de la fenêtre ovale qui est fermée par la base de l'étrier ; la paroi antérieure présente l’ouverture de la rampe vestibulaire du limaçon.
Dans le reste de son étendue on voit les orifices ampullaires des canaux semi-circulaires.
Les canaux semi-circulaires au nombre de trois, deux verticaux et un horizontal, forment 6 branches qui s’ouvrent par 5 orifices dans le vestibule ; deux branches des canaux verticaux se réunissant pour aboutir à une seule ouverture. Trois de ces ouvertures sont ovales et répondent aux extrémités ampullaires des canaux; les deux autres sont arrondies.
Le labyrinthe membraneux, renfermé dans le labyrinthe osseux, présente outre le périoste qui recouvre le vestibule, les canaux semi-circulaires et 1 e, limaçon: — 1° Des canaux semi-circulaires membraneux parallèles aux canaux osseux formant un cylindre en demi-cercle comme eux et traversés par un renflement à l’une de leurs extrémités ; — 2° Deux petits sacs fermés, Yutricu/e et le saccule ; — 3° La portion molle de la cloison spirale du limaçon, et deux liquides, l’un interne, dans lequel baigne le labyrinthe membraneux ( pêry lymphe), et l’autre renfermé dans l’utricule, le saccule et les canaux semi-circulaires membraneux (1 ’endolymphe) en ampoule.
Dans le saccule, l’utricule et les ampoules, on trouve de petits amas de poudre crétacée (otoconies de Breschet), les extrémités nerveuses viennent s’épanouir à leur niveau. Cette poudre répond aux Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
pierres auditives (otolithes) trouvées dans les oreilles des poissons.
Les branches terminales des nerfs auditifs se rendent du labyrinthe osseux au labyrinthe membraneux en traversant l’endolymphe et aboutissent à des renflements dans l’utricule, le saccule et les ampoules des canaux membraneux.
Max Schullze a découvert à la surface de l’épiderme de ces renflements, des poils élastiques, raides, dépassant en longueur ~ de ligne. Dans le vestibule par des points épaissis, ces crins n’existent pas ou sont très courts, mais sur ces points où les nerfs aboutissent se trouvent les otoconies comme je l’ai déjà signalé.
Le limaçon, ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec la coquille de ce mollusque gastéropode, forme une cavité conoïde, enroulée près de trois fois autour d’un axe. Cette cavité est séparée en deux par une cloison partie osseuse, partie membraneuse, dans toute sa longueur ; cette dernière est la plus externe.
Fig. 987. — Oreille interne.
(Coupe des canaux semi-circulaires et du limaçon.)
A. Canal semi-circulaire supérieur. — B. Canal semi-circulaire horizontal — C. Canal semi-circulaire inférieur. — D. Partie supérieure du vestibule. — E. Partie inférieure du vestibule. — F. Fenêtre ronde. — G, G, G. Lame des contours. — H, H, H. Lame spirale. — L. Axe ou columelle. — M, M, M. Canaux demi-circulaires membraneux- — N. Saccule ou otoconie sacculaire. — U. Utricule ou otoconie utriculaire. — V. Ampoule du canal semi-circulaire horizontal. — X. Ampoule du canal semi circulaire supérieur. — Y. Ampoule du canal semi -circulaire inférieur — I. Rameau médian de la branche limacienne ou nerf sacculaire. — 2 Rameau supérieur de ta branche limacienne ou nerf utriculaire divisé en trois rameaux. — 3. Rameau inférieur de la branche limacienne ou nerf ampullaire.
On a donné le nom de rampes h ces subdivisions. Ces deux rampes communiquent au sommet par une ouverture étroite et aboutissent à la base, l’une dans le vestibule (rampe vestibulaire), l’autre dans la caisse (rampe tympanique), fermée par une membrane, la membrane de la fenêtre ronde.
La partie membraneuse de la cloison reçoit les filets nerveux qui pénètrent par l’axe du limaçon, traversent la partie osseuse de la cloison et aboutissent dans la membrane à des petits organes particuliers qui portent le nom du savant oui les a découverts, organes de Corli.
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Ces organes et les fibres radiales de la membrane basilaire, forment une série de fibres de différentes longueurs; d’après la théorie d’Ilelmholtz, fl doit y avoir danfe l’oreille différentes parties qui sont mises en vibrations par les sons de hauteurs différentes et qui donnent la sensation de ces sons. Le nombre de fibres radiales de la membrane basi-
Fig. 988. — Limaçon.
(Coupe du limaçon montrant ses rampes.)
A. Base du limaçon. — B Sommet du limaçon. — C Premier tour — I). Second tour. — E. Troisième demi-tour. — C, D, E. Paroi externe de la lame des contours. — G. Axe ou columclle. — H, H, H Lame spirale. — L. Terminaison de la lame spirale. — 1, 2, 3, i. Nerfs du limaçon. — 1. Nerf du premier tour. — 2. Nerf du second tour. — 3. Nerf du troisième demi-lour. — 4 Anses nerveuses de terminaison des nerfs sur la lame spirale.
lairc est porté à 6,000 (3,000 arcs de Corli et deux fibres radiales par arc).
Le conduit auditif interne placé à la partie externe et antérieure du rocher, offre à son extrémité externe un orifice par lequel passe le nerf facial près des fossettes criblées de trous, livrant passage aux branches vestibuluires et limacéennes du nerf auditif.
Mécanisme de laudition. — Après avoir décrit successivement la construction de l’oreille, je vais passer au mécanisme de l’audition.
Le sens de l’audition nous fait percevoir les ondes sonores produites dans le milieu ambiant (air ou eau) par un corps en vibration.
L’air est le fluide par lequel le son arrive le plus -souvent à l’oreille. La transmission des bruits ou des sons dans l'air est simplement une suite d’oscillations partant d’un corps sonore, communiquées à ce fluide et arrivant ainsi jusqu’à l’organe de l’ouïe. Les vibrations qui se communiquent à l’air, ou à tout autre milieu gazeux liquide ou solide, se transmettent comme la lumière, dans toutes les directions.
On distingue le bruit du son en ce sens que des vibrations transmises à l’oreille pendant le bruit, sont mal appréciées par le jugement, tandis que pour le son, l’intensité, le timbre, le ton, sont comparés et très bien saisis. L’intensité varie suivant l’amplitude des vibrations des corps sonores. Le son dépend du nombre des vibrations dans un temps pris pour unité.
Le timbre, ainsi qu’IIelmholtz l’a démontré, est dû à ce que des sons qui nous paraissent simples, comprennent d’abord un son fondamental et des sons accessoires nommés harmoniques. Biot a démontré que si l’on frappe sur un corps vibrant, l’in-
tensité du son varie suivant la densité du milieu qui transmet les ondes sonores; voici son expérience : une sonnerie en mouvement étant placée sous la cloche d’une machine pneumatique, après chaque coup de piston qui diminue la densité de l’air, le bruit s’affaiblit et quand le vide est presque complet, il est imperceptible. Les ouvriers employés à des travaux hydrauliques à une assez grande profondeur et soumis quand on leur envoie de l’air, à une pression atmosphérique un peu forle, sont frappés de la résonnance de leur voix. Le contraire a lieu quand un voyageur gravit une très haute montagne, et arrive aux couches raréfiées.
L’oreille humaine, dans son admirable organisation, embrasse et porte à l'esprit un nombre de vibrations de 32 par seconde pour les sons les plus graves jusqu'à 73,700, d’après Despretz, répondant aux sons les plus aigus. Si l'on fait vibrer un corps sonore dans le voisinage d’une membrane tendre et couverte d’une poussière fine, la membrane vibrera également et les grains de poussière sautillent et viennent former des dessins représentant des couches concentriques; si l’on fait le vide au-dessous de la membrane, les dessins n’apparaissent pas.
On pense que dans l'air, les ondulations sonores s’étendent en formant un peu ce qui se produit quand on lance une pierre dans une nappe d'eau tranquille. Les ondes s'étendent en ligne droite; si elles rencontrent un plan quelconque elles sont renvoyées sous un angle de réflexion égal a l’angle d’incidence, conservant leur vitesse et leur intensité. Si le son direct et le son réfléchi viennent alors frapper séparément et d’une façon bien distincte notre oreille, nous avons le phénomène de Yéclio.
On appelle loi du sou et de in vih aliou par influence, le fait qu'un corps vibrera également lorsque le fluide ambiant lui transmettra un nombre de vibrations égales à celles qu'il peut produire d’après sa forme et sa tension.
Une membrane vibrera sous l’influence de différents sons, car elle se divise en segments qui vibrent séparément, suivant le nombre des oscillations qui lui sont communiquées.
Voici quelques-uns des résultats des expériences de Mulleç, sur la propagation des vibrations des corps gazeux aux corps solides et celles des corps solides aux corps liquides. La connaissance de ces résultats jointe à ce que nous avons dit, fera mieux comprendre l'audition.
I. — Les ondes sonores des corps solides se transmettent avec plus de force à d'autres corps solides mis en communication avec eux qu'à l'eau; mais la transmission des ondes a bien plus d’intensité quand elle s’opère des corps solides à l'eau que quand elle s'opère des corps solides à l’air.
IL — Les ondes sonores de l’air se transmettent très difficilement à l’eau, mais elles se communiquent très facilement à ce liquide par l’intermédiaire d'une membrane tendue.
111. — Des ondes sonores qui se propagent dans l’eau et qui traversent des corps solides limités, ne se communiquent pas seulement avec force aux corps solides, mais encore se transmettent des surfaces de ce corps dans l’eau, de manière que le son dans l’eau, au voisinage du corps solide, est entendu
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fort, là où il eut été entendu faible d’après la seule transmission dans l’eau.
IV. — De minces membranes conduisent le son dans l'eau sans affaiblissement, qu’elles soient ou non tendues.
V. — Des masses d’air résonnent dans l'eau lorsque l'air est renfermé dans des membranes ou des corps solides et produisent ainsi un renforcement considérable du son.