II. — Maladies de l’oreille moyenne. — On les
distingue en maladies du tympan, de la caisse, de la trompe d'Euslache et de Y apophyse mastoïde.
§ 1. — Maladies du tympan. — Plaies. — Les plaies et les déchirures sont dues à des épingles, des branches d’arbre, des cure-oreilles, aux manœuvres tentées pour l’extraction d’un corps étranger, à la compression de l’air du conduit par un coup de poing, par un soufflet ou par un violent ébranlement de l’air, comme dans les cas d’explosion d’armes à feu, ce qui n’est pas très rare chez les artilleurs. Ces déchirures du tympan peuvent aussi être le résultat d’injections poussées avec force dans le conduit, etc. On les voit encore se produire dans les fractures du rocher.
Les plaies de la membrane du tympan occasionnent une douleur vive, qui cesse rapidement. Elles s’accompagnent d’hémorrhagie, parfois de syncope. Il peut survenir une inflammation qui produit de la surdité et des bourdonnements.
Si, après avoir étanché le sang, on fait l’examen du tympan, on aperçoit la lésion dont le siège et la forme sont variables. Une plaie récente est recouverte d’un peu de sang fluide, et une plaie datant de quelques jours de sang coagulé. Si la déchirure est grande on aperçoit la paroi interne de la caisse. Le pronostic de cette affection est ordinairement peu grave, mais s’il survient une otite moyenne, le malade peut per.lre plus ou moins son acuité auditive. Nous avons été témoin d'un cas de mort par blessure du tympan chez une petite fille qui, se grattant l’oreille avec un crochet, reçut un coup sur le bras. 11 s’ensuivit une hémorrhagie rapidement mortelle.
Danslescas légers, il suffit de boucherie conduit avec un peu d’ouate phéniquée pour voir la guérison se produire en quelques jours, mais le malade devra éviter de se moucher trop fort, ce qui entraverait le travail de cicatrisation. S'il y a myringile ou otite moyenne, on devra instituer le traitement dont nous parlerons plus loin.
Inflammation aigue ou myringite aigue. — C’est l’inflammation du tympan, mais elle ne reste guère localisée à celte membrane, elle s'étend au conduit ou à la caisse.
Elle peut être due à une lésion traumatique, à la pénétration d’eau froide, de vapeurs, ou de liquides irritants, etc.
, Elle débute par une vive douleur qui s’accom-
Dl CTIONNAIRE POPULAIRE DE MÉDECINE USUELLE.
pagne de fièvre chez les sujets nerveux, de délire et même de convulsions chez les enfants, ce qui fait penser à une méningite.
L’ouïe est altérée; le malade accuse des bourdonnements et des battements.
Le tympan est rouge, vasculaire; le manche du marteau est injecté, on aperçoit nettement les vaisseaux de cette membrane principalement au pôle supérieur qui est rouge vif. La partie du conduit prend part à cette coloration. Bientôt le tympan est d’un rouge uniforme plus ou moins foncé, le triangle lumineux ainsi que le manche du marteau sont invisibles. Quelquefois même on aperçoit des ecchymoses et des abcès dans les couches de la membrane, qui ne tarde pas à se ramollir au poin de se rompre au moindre effort.
Lorsque l’inflammation diminue, l’apophyse externe apparaît sous forme d’un point blanc, jaunâtre, puis la membrane offre une série de stries dues aux fibres radiées de la couche moyenne du tympan; enfin la membrane reprend sa coloration normale.
Le pronostic n’est généralement pas grave, si le malade est d’une bonne constitution; mais les strumeux et les tuberculeux sont sujets à voir la perforation s’agrandir.
Au début, on emploie les antiphlogistiques, quelques sangsues au-dessous des oreilles, près de l’apophyse mastoïde. En versant à diverses reprises dans la journée 5 ou 6 gouttes tièdes de la solution suivante :
Chlorhydrate de cocaïne.. . . 0 03 centig.
Sulfate neutre d’atropine. . . 0 02 —
Glycérine 10 gr.
on obtient une diminution notable de la congestion, les vaisseaux se resserrent en même temps que disparaît la douleur. On conseille encore, avec succès, les bains de pieds sinapisés et les purgatifs.
S’il y a sécrétion, on nettoie le conduit avec un peu de ouate. Si la douleur est trop vive, on incise , la membrane.
Inflammation chronique ou myringite chronique.
— Elle succède à une myringite aiguë ou s’établit d’emblée chez les scrofuleux, les syphilitiques, etc.
Les sujets se plaignent de quelques élancements, ,{ de démangeaisons et de bourdonnemenls. Le lympan est rougeâtre, épaissi, recouvert par places de pus fétide; quelquefois il est ulcéré et même perforé, on peut même y constater des granulations.
Il est nécessaire d’établir un traitement le plus J vite possible sous peine de voir la fonction s’altérer profondément.
Outre le traitement général, le malade fera des injections antiseptiques matin et soir. On aura | soin de lui faire des cautérisations avec une solution de nitrate d’argent au dixième et même avec le crayon.
Épaississement du tympan. — Il est dû à une otite externe avec myringite, ou à une otite moyenne.
La membrane devient opaque, blanchâtre. Dans j certains cas, même, il se forme des dépôts et des sels calcaires que l’on peut voir, même simultanément, dans les deux oreilles.
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: L’ouïe est diminuée, et l’on a proposé d’y remédier en faisant une opération appelée myringotomie, qui consiste à inciser la membrane du tympan, pour permettre au son d’arriver plus facilement à l’oreille interne. On a essayé, en vain, de noaintenir béante celte perforation; nous avons cependant obtenu des succès par la combinaison de Ja galvanocaustique chimique et du galvanocautère.
Relâchement du tympan. — 11 peut être général ou partiel; dans ce dernier cas, il est souvent le résultat d’une cicatrice. On a conseillé de remédier à cet inconvénient, en pratiquant la myringolomie ou la section du muscle tenseur du tympan ou encore, en cautérisant le tympan au galvanocaulère, comme nous l’avons préconisé.
S 2. — Maladies de la caisse. — Lésions traumatises. — Elles sont dues à la pénétration à travers le tympan d’un instrument piquant ou à un traumatisme qui agit sur les parois du crâne.
A la suite de ces blessures, on constate une inflammation de la caisse, une destruction de la chaîne des osselets et des troubles plus graves de l’audition. Il y a hémorrhagie par le conduit, en même temps que le malade accuse de la douleur et des bourdonnements.
A la suite dés fractures du crâne, il peut s’écouter par l’oreille un liquide séreux qui vient de la cavité crânienne (liquide céphalo-rachidien).
Le traitement se borne à enlever les corps étrangers, à nettoyer la caisse et à prévenir l’inflammation par l'application de tubes réfrigérants autour de l'oreille, et par l'introduction d'un peu de coton I dans le conduit.
Corps étrangers. — Ils proviennent en général, du conduit d’où ils ont été poussés dans la caisse à la suite de manœuvres intempestives. Quelques auteurs rapportent qu’un éclat de caoutchouc provenant. d’une seringue qui avait servi à faire les injections nasales, aurait pénétré dans la caisse par la trompe d’Eustache.
Ces corps doivent être extraits au moyen d’injeclions d’eau tiède par le conduit auditif ou par la trompe d’Eustache; on peut encore avoir recours à p des instruments appropries, et dans certains cas, on est forcé de détacher le pavillon de la paroi i pûsléro-supéricure du conduit.
Lorsque la plaie du tympan s’est refermée ou rétrécie, il faut débrider la membrane, ce qui | permet l’extraction du corps par l’ouverture artit tidelle ainsi faite.
■ Inflammations. — (V. O'i/es mm/enne*.)
§ 3. — Maladies de la trompe d Eustache. — Outre, les lésions traumatiques et les corps étrangers,
11a trompe d’Eustai lie ne présente guère d’autres affections que les lisions inflammatoires qui sont liées à une maladie de l’oreille moyenne ou de l anière ca\ i lé nasale.
Obstruction de la trompe. — La trompe peut être , obstruée ou oblitérée par un gonflement de l.i muqucusc, par du mucus ou des tumeurs de l’arriére \ cavité nasale, ou bien encore par les brides cicatricielles dues à la syphilis.
Les sujets accusent de la surdité, des botirdnn- . uemenls, tme sensation do,tcnsion et de plénitude.
La membrane est plus concave qu’à l’état normal, le manche du marteau est rétracté et l’apophyse externe est très saillante. L’insufflation d’air ne donne aucun bruit à l’otoscope. Le son est mieux perçu de l’oreille la plus malade lorsqu'on applique une montre sur le crâne, et le bruit est plus fort si on bouche les oreilles.
Le traitement consiste à faire des insufflations d’air au moyen du cathéter dans lequel on passe une bougie destinée à dilater le canal; si on n’y parvient pas, on doit pratiquer l'électrolyse.
§ 4. — Maladies de l’apophyse mastoïde.’ — Abcès sous-cutanés. — On peut les observer à la suite des furoncles du conduit ou d’adénites suppurées.
Ils déterminent de la douleur, de la rougeur et du gonflement des téguments. Au début, les réfrigérants appliqués sur l'endroit malade peuvent arrêter la maladie. Dans le cas contraire, il faudra ouvrir la collection dès que la fluctuation sera sensible.
Abcès sous-périostiques. — L’olite moyenne suppurée est une des affections occasionnant le plus souvent celte lésion qui est due à la propagation de l’infl imination par continuité du tissu au périoste du conduit.
Les douleurs sont vives, surtout au niveau de l’apoplryse mastoïde , d’où elles s’irradient dans toutes les parties voisines. Il se forme un gonflement péri-auriculaire qui refoule le pavillon en avant. Les tissus sont tendus, luisants. La pression détermine une augmentation de la douleur.
Même traitement que pour les abcès sous-cutanés, avec cette différence que cette fois l'incision ne s’arrête pas à l’aponcvrosc, mais va jusqu’à l’os. 11 est évident qu’au début les antiphlogistiques sont indiqués : sangsues, frictions d’onguent mercuriel, etc.
Inflammation des cellules mastoïdiennes. — Elle résulte ordinairement d’une olorrhée de la caisse, et s’annonce par une douleur profonde qui va en augmentant, en môme temps qu’il se produit un gonflement œdémateux de la région mastoïdienne avec rougeur et tension des parties qui la recouvrent. 11 se fait alors un abcès qui peut fuser dans les régions voisines et s'ouvrir à l’extérieur, en amenant alors un soulagement; une fistule est la conséquenc'e de cet état. Souvent la maladie ne prend pas cette marche; les sujets sont pris de la fièvre, de la céphalalgie, de vomissements, de convulsions et meurent d’accidents infectieux ou d’hémorrhagie, de méningite, etc.
Outre les antiphlog sliqiics. on ne doit pas craindre de faire une incision jusqu’à l’os; si l’on n’oblienf. pas ainsi une amélioration notable, on doit pratiquer la trépanation de l’apophyse mastoïde avec la conge et le maillet, ou mieux avec le tour dos dentistes.
III. — Maladies de l’oreille interne. — (V. Otite interne.) Dr J. Bahatoux.
ORÉILLONS. — On peut définir celte affection : une maladie aiguë, générale et contagieuse, localisée sur le. système glandulaire.
Les oreillons s’observent- surtout chez les enfants et .chez les adolescents. Trousseau, Rilliet, Peter,
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ont signalé des exemples nombreux de contagion. On a observé de véritables épidémies sévissant sur les écoles, les collèges et les casernes. Tout d’abord l’épidémie ne frappe pas un grand nombre d’individus. Elle se développe d'une façon lente et progressive. Une première atteinte confère, le plus souvent, l'impiunité.
I.es oreillons sont caractérisés par un engorgement, parfois considérable, des glandes parotides. Cet engorgement envahit souvent les glandes sousmaxillaires et linguales. La tuméfaction est généralement précédée par une période de malaise, d’inappétence et de courbature. On observe même quelquefois une fièvre interne avec des frissons et de la céphalalgie. Les prodromes durent un ou deux jours. Le malade accuse.de la douleur dans l’une des régions parotidiennes. La mastication est difficile, douloureuse. Puis la tuméfaction, généralement d’un seul côté, ne tarde pas à envahir le côté opposé. Le gonflement s’étend au cou et à la face, au point de défigurer les malades dont la physionomie devient semblable à celle de certains singes. Les amygdales et le pharynx peuvent être également gonfles : l'angine ourlienne a provoqué, plusieurs fois des cas d'œdème de la glotte. La peau conserve, le plus souvent, au niveau de la région tuméfiée, sa coloration normale; elle peut, par exception, devenir rouge et légèrement chaude. La terminaison par suppuration est très rare. On peut observer, pendant la période, chez les enfants surtout, un mouvement fébrile, accompagné de vomissements et d’épistaxis. Généralement, vers le quatrième jour, la maladie décroît et la guérison survient vers le huitième jour.
Chez les adultes, au 'moment où la fluxion parotidienne diminue, on voit souvent la fievre s’allumer de nouveau, la température s’élève jusqu’à 40° et 42°, le malade se plaint de pesanteur, puis de douleur dans l’un des testicules : c’est le début d’une complication si fréquente que certains auteurs ont pu la regarder comme un des symptômes de l’aflection. En effet, sur 432 cas d’oreillons observés chez des militaires, Lavcran a noté 156 cas d 'orchile. Le testicule douloureux est le siège d’un gonflement considérable. L’orchite peut être simple ou double. Au bout de 4 ou 5jours la douleur et le gonflement testiculaires diminuent, la résolution s’opère rapidement. Malheureusement, l’orchite ourlienne produit quelquefois de l’atrophie testiculaire et peut devenir ainsi, chez certains sujets, une cause d’impuissance.
Chez la femme, on trouve des engorgements analogues du côté de la glande mammaire ét des ovaires : mais ces laits sont rares.
Les oreillons peuvent s’accompagner de phénomènes typhiques graves, même lorsqu’il n’y a ni orchite, ni nouvelle poussée inflammatoire du côté de la parotide, ün a noté quatre ou cinq cas de complications rénales ( néphrite albumineuse).
Signalons enfin, une forme assez rare, désignée sous le nom de forme fruste, dans laquelle le gonflement parotidien fait défaut et où 1 orchite constitue, à elle seule, toute la maladie.
Quelle est la nature des oreillons? On a émis différentes opinions. Pour les uns, l’oreillon est une
inflammation de la parotide (Jaccoud) ; pour d’autres, c’est un engorgement inflammatoire du tissu cellulaire (Grisolle); pour Gosselin, c’est une fluxion de la parotide. Ces diverses opinions n’expliquent pas, d’une façon satisfaisante, les faits observés. Aujourd’hui, on range les oreillons, à juste titré, parmi les maladies infectieuses. Même, lorsque l’affection a été très légère, la convalescence est longue, le malade reste pendant un mois et quelquefois plus, profondément anémié, ce qui prouve aussi la nature infectieuse de la maladie. On a trouvé, d’ailleurs, dans le sang et dans l’urine des malades atteints d’oreillons, des microbes spécifiques.
La forme caractéristique du gonflement parotidien empêche de confondre les oreillons. avec une autre affection.
Les oreillons sont, le plus souvent, surtout chez les enfants, une affection légère, dont il faut cependant, en vue des complications possibles, surveiller la marche avec attention.
En temps d’épidémie, dans une pension ou dans une caserne, on devra isoler les malades.
Une fois l’affection déclarée, on se bornera à observer le repos ou la diète pendant la période fébrile. Il faut éviter l’action du froid. Les parties tuméfiées seront enveloppées dans de la ouate. Si la douleur est trop vive on la calmera à l’aide d’onctions avec un Jiniment laudanisé. Le docteur Gosse, médecin principal de l’armée belge, a employé avec un plein succès, en 1880, le jaborandi du docteur Coutinho, chez un militaire atteint d’oreillons sous une forme assez aiguë. Il lui lit administrer une infusion de 120 grammes avec 4 grammes de feuilles de jaborandi en deux fois, à dix minutes d’intervalle. Cinq minutes après, la salivation devint tellement abondante, qu’en trois ou quatre heures le malade en remplit son crachoir. En même temps il eut des sueurs profuses. 11 s’ensuivit aussitôt un amendement de tous les symptômes. Le docteur Gosse renouvela la potion le lendemain et la guérison fut complète le troisième jour.
L’adulte devra observer, dès le début, le repos au lit, afin d’éviter, autant que possible, l’orchite. Cette dernière complication exige un repos absolu, les testicules doivent être maintenus élevés, à l’aide d'un suspensoir approprié, et au besoin enveloppés de cataplasmes. Il sera bon de prendre un purgatif salin, l’eau de Rubinat, par exemple. Enfin, s’il survenait des symptômes adynamiques graves, on aurait recours aux révulsifs et aux excitants diffusibles. Dr Louis Thomas.
OREZZA (eaux minérales d'). — Orezza dépend du canton de Piedicroce, siiué en Corse, à 30 kilomètres de Bastia et à une faible distance de la mer, au fond d’une ravissante vallée que bordent des montagnes d’un aspect très pittoresque et qu’arrose le Fiumalto.
Ses eaux minérales proviennent d’une source excessivement abondante — puisqu’elle fournit plus de 150,000 litres par 24 heures — qui sourd sur la rive droite de la rivière. Elles jaillissent d’un terrain crétacé, à une température de 14 degrés. Elles
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sout claires, incolores et inodores, dégagent au griffon de grosses bulles d’acide carbonique. Elles ont une saveur aigrelette piquante très agréable, avec un arrière-goût styplique et pétillent dans le verre. Mélangées au vin, elles ne l'altèrent pas.
Connues dès le commencement du siècle, elles furent analysées une première fois en 1833 par La Prévolte, plnrmacien principal des armées. Vingt ans plus tard, en 1853, Poggiale, pharmacien inspecteur des armées, professeur de chimie au Valde-Gràce et membre de l Académie de médecine, les analysa de nouveau. Il résulte de ces recherches communiquées et approuvées par l’Académie, qu’un litre d'eau d'Orezza contient près d’un lilreetdemi d’acide carbonique libre, près de 15 centigrammes de carbonate de protoxyde de fer, des traces très sensibles de manganèse et de lithine et 60 centigrammes de carbonate de chaux. Ces eaux rentrent donc dans la classe des eaux ferrugineuses bicarbonatées. Leur richesse en acide carbonique et en fer est très grande et dépasse sensiblement celle de la plupart des sources similaires de France et de l’étranger, telles que Passy, Forges, Saint- Alban, Couzan, Cransac, Sylvanès, Pyrmonl, Spa, etc. Aussi, le regretté professeur Gubler, la classait-il au premier rang des eaux bicarbonatées ferrugineuses.
Pour connaître les effets physiologiques des eaux d’Orezza, nous n’avons qu'à nous rappeler que le fer et l’acide carbonique sont ses deux principaux éléments constitutifs. Le fer est le modificateur par excellence de la nutrition, puisqu’il a pour propriété essentielle de contribuer d’une manière efficace à la reconstitution des globules rouges du sang, qui sont les agents directs des oxydations, c’est-à-dire de l’assimilation. Sous son influence, la circulation devient plus active, la respiration plus ample, la sécrétion urinaire plus abondante, en un mot, tout l’organisme fonctionne avec une énergie et une vigueur plus grandes.
De son côté, l’acide carbonique introduit dans l’estomac à l’état de dissolution aqueuse, y provoque une sensation de chaleur et de bien être; sous son influence, l’appétit est réveillé, les secrétions salivaires et gastro-intestinales sont activées ainsi que les contractions péristaltiques de l’estomac et des intestins, ce qui facilite singulièrement la digestion.
Les indications thérapeutiques des eaux d’Orezza seront donc celles du fer et de l'acide carbonique. Ces eaux sont indiquées: l°à cause de leur fer, dans l’anémie, la chlorose et tous les troublent qui en dépendent, dan> les convalescences des maladies aiguës, telles que la fièvre typhoïde et la pneumonie, dans les cachexies paludéenne, mercurielle et saturnine, dans les diathèses syphilitique, scrofuleuse, tuberculeuse et cancéreuse dans le diabète; 2" à cause de leur acide carbonique, dans les affections stomacales, digestions laborieuses, dyspepsie, gastralgies, gastrites, crampes, vomissements, dans les catarrhes intestinaux, la constipation, les flatulences, dans les diathèses goutteuse et rhumatismale.
Les eaux d'Orezza sont justement appréciés dans les ouvrages de nos meilleurs auteurs et des plus
grands cliniciens français et étrangers, Gubler, Bouchut, Hardy, Gallard, Pétrequin, Marchai de Calvi, Durand-Fardel, Audhouy, de Pietra-Santa, Lande, Desnos, Le Bret, Mallei, Bertherand, Servicen, Schernowichs, Bayard, Ardouin, Renzy, Wilson, Bennet, etc., et prescrites par eux journellement avec le plus grand succès dans les nombreuses affections que nous venons d’énumérer.
Ajoutons, en finissant, que les eaux d’Orezza se conservent longtemps et très bien en bouteilles, grâce au peu de matières organiques qu’elles tiennient en dissolution, et aussi aux heureuses modifications apportées à leur embouteillage par leur habile directeur M. Arger. Aussi leur exportation dans toutes les parties du monde «st-clle considérable. D' Paul Lababthe.
ORGANE. — Nom donné en anatomie à toutes les parties du corps destinées à exercer une fonction. Les organes peuvent être simples : langue, lèvres, paupières, etc., ou composés : larynx, œil, oreille, etc., et dans ce cas, la réunion de plusieurs organes concourant à une même fonction, prend le nom d 'appareil. p. l.
ORGANICISME. — Nom donné à une doctrine médicale qui fait dépendre toute maladie d’une lésion matérielle d’un organe, ou de ses parties constituantes, appréciable soit à l’œil nu, soit au microscope, soit à l’analyse chimique. p. l.
ORGANISATION. — Nom donné à l’état d’un corps organisé, c'est-à-dire à l’ensemble des parties qui le consiituent, ainsi qu’à l’ensemble des fonctions qu’exécute l’ètre vivant à l’aide de ces organes. On emploie aussi ce mot comme syno nyme de structure. p. l.
ORGANIQUE. — Qualificatif appliqué en médecine aux lésions qui se manifestent dans la texture et les fonctions des organes. p. l.
ORGANISME. — Mot employé jadis pour désigner l'organisation en action, mais qui ne sert plus aujourd’hui que pour indiquer anatomiquement l’ensemble des parties du corps vivant. p. L.
ORGANOLEPTIQUE. — Mot employé pour désigner la propriété qu’ont les corps extérieurs de faire sur nos divers organes des impressions que ceux-ci perçoivent. p. L.
ORGASME. — Mot employé, d’une manière générale, pour désigner le plus haut degré d’excitation des organes des sens, et plus particulièrement
vénérien. p. L.
ORGE. — Nom donné, par les botanistes à une plante annuelle de la famille des Légumineuses dont la graine constitue une substance alimentaire qui tient le milieu entre le froment et le seigle.
Voici qu’elle est, d’après Payen, la composition immédiate de l’orge. Sur 100 parties on trouve :
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Amidon 66,43
Matières azotées 12,96
Dextrine 10
Matières grasses et subst. congénères. . . . 2,76
Cellulose ou tissu végétal 4,75
Matières minérales 3,10
L’orge est donc assez riche en matière azotée, elle l’est moins, cependant, que le froment, qui en contient 19,50 pour 100. Son grain est plus gros, plus rude et d’un jaune moins foncé que celui du froment. Son écorce ou enveloppe externe n’est que partiellement réduite en poudre sous la meule, ce qui fait que la farine d’orge est ordinairement grossière; elle est de plus, inférieure en tous points à celle du froment, à cause du gluten contenu dans les matières azotées qui est mal lié et difficile à isoler. Aussi le pain d orge lève-t-il peu et mal, et a-t-il une odeur et une saveur de beaucoup moins agréables que celui du froment. Il est de plus, sec, dur, cassant, mat, d’une couleur brun violacé, lourd et indigeste. Cependant, la farine d’orge mélangée à de la farine de froment, donne un pain assez bon et suffisamment nutritif.
En médecine, on emploie l’orge décortiquée, en infusion, comme tisane rafraîchissante et adoucissante. On emploie de la même façon l’orge perlée. Celle-ci est même, dans certains pays, en Allemagne surtout, l’objet d’une grande consommation comme substance alimentaire, sous forme de potage. Mais celte céréale sert surtout à la fabrication de la bière (Y. ce mot). Dr Paul Labarthe.
ORGEAT. — -Nom donné à un sirop préparé jadis avec une décoction d'orge et qui a aujourd’hui pour base une émulsion d’amandes douces et amères. On le fabrique d’après la formule suivante :
Amandes douces
grammes,
Amandes amères
Sucre blanc
Gomme arabique
Eau de fleurs d’oranger. .
Eau pure
On pile les amandes, privées au préalable de leur pellicule, avec 375 grammes de sucre et 75 parties d’eau, on partage la pâte obtenue en 6 ou 8 parts que l’on pile séparément jusqu’à ce qu’elle soit très fine, puis on délave le tout dans les 750 grammes d’eau qui restent et on passe à travers une toile serrée avec expression ; enfin on ajoute le sucre, la gomme préalablement dissoute au bain-marie , et l’eau de fleur d’oranger.
Le sirop d’orgeat étendu d’eau constitue une boisson rafraîchissante et aussi adoucissante très agréable. Dr Paul Labarthe.
ORGELET. — Nom donné à un petit furoncle du bord libre des paupières, siégeant particulièrement vers l’angle interne de l’œil, qui se développe dans les glandes annexées aux bulbes pileux, et se présente sous l’aspect d’une petite tumeur dure, de la grosseur d’un grain d’orge (d’où son nom), d’un rouge foncé, souvent très douloureuse, qui jaunit au bout de quelques jours, se crève et expulse quelques gouttelettes de pus et un bourbillon, puis la guérison survient presque aussitôt.
Dès le début d’un orgelet, il faut administrer au malade un léger purgatif salin (sulfate de magnésie, eau de Rubinat, etc ), faire sur les paupières des applications de compresses ou de cataplasmes émollients, et si la douleur est trop forte, inciser la tumeur et la cautériser légèrement avec le crayon de nitrate d’argent, ce qui hâte singulièrement la guérison. p. l.
ORIGAN. — Nom donné par le public à deux plantes herbacées vivaces de la famille des labiées : t° Y origan vulgaire, ou marjolaine sauvage , très commun en France dans les terrains incultes et sur la lisière des bois, à odeur forte, à saveur amère et chaude, qui est stimulant et aromatique, mais peu usité; 2° l 'origan dictamne, ou dictamne de Crète (V. Dictamne). p. l.
ORME. — Nom donné par les botanistes à un grand et bel arbre de la famille des Elmacées, très commun dans nos forêts, nos promenades et nos routes, dont la seconde écorce, murilagineuse, à saveur amère et astringente, aujourd’hui inusitée, était jadis employée en décoction, en poudre ou en extrait, contre les maladies de la peau, et à l’extérieur, en lotions sur les plaies. p. l.
0R0BE. — Nom donné par les botanistes à une plante de la famille des Légumineuses, très commune dans le midi de l’Europe, dont les graines noires, ovoïdes, luisantes, servent à préparer une farine qui est une des quatre farines résolutives employées sous forme de cataplasmes contre les abcès, les adénites, les furoncles, etc. p. l.
ORONGE. — (V. Champignons.)
0RPIN. — Nom donné à la joubarbe (V. ce mot).
ORTEILS. — Anatomie. — Les orteils présentent une grande analogie avec les doigts. Cependant ils s’en distinguent en ce qu’aucun d’eux n’est opposable aux autres. Ils sont au nombre de cinq. On les compte en allant de dedans en dehors, sous les noms de Ie1'. 2e, 3e, 4e et 5“ orteil. Le premier s'appelle encore gros orteil, le cinquième petit oiteil. Le premier est le plus volumineux. Lorsque le pied est bien conformé, le second orteil dépasse légèrement les autres, puis viennent ensuite le premier et enfin les trois derniers qui diminuent de longueur et de volume, en les comptant de dedans en dehors.
Chaque orteil est composé d’un squelette formé par trois petits os longs qui portent le nom de phalanges. Les phalanges, articulées bouts à bouts, sont analogues à celles des doigts. Le gros orteil est formé de deux phalanges seulement. Chaque phalange présente un corps et deux extrémités. L'extrémité postérieure s’articule avec la tête des métatarsiens. Les articulations métatarso-phalangiennes comprennent une synoviale pour chacune d’elles et deux ligaments latéraux, l’un interne, l’autre externe. L’articulation du gros orteil renferme deux os sésamoïdes.
Les secondes phalanges, plus courtes que les
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premières, n’appartiennent qu’aux quatre derniers orteils. Les troisièmes phalanges, au nombre de cinq, présentent un très petit volume. Les articulations des secondes phalanges avec les premières
Fig. 990. — Squelette du pied (face dorsale).
8, 9. 10, il, 12. Orteils. — 1. Astragale (la face dorsale présente la poulie articulaire sur laquelle repose le tibia). — Calca- . néum — 3. Scaphoïde — 4 Premier cunéiforme. — 5 Deuxième cunéifoime — 6. Troisième cunéiforme. — 7. Cuboïde. — 8,8. Premiers métatarsiens. — 9,9 Prrmièies phalanges.— 11,11. Deuxièmes phalanges. — 12,12. Troisièmes phalanges.
et des troisièmes avec les secondes sont analogues aux articulations correspondantes des doigts.
Les artères, les veines et les nerfs collatéraux des orteils cheminent dans la couche cellulograisseuse sous-cutanée et affectent une disposition analogue à celle des vaisseaux et des nerfs des doigts.
La face dorsale des orteils est recouverte par [ une couche des tendons, par l’aponévrose dorsale, par du tissu cellulo-graisseux et par la peau. Au niveau de la troisième phalange la peau se replie vers la racine de l’ongle. La face plantaire est ' recouverte, de dedans en dehors, par l'aponévrose t plantaire, la couche graisseuse sous-cutanée et la peau.
Les orteils ont pour usage de prolonger la voûte plantaire pour former une solide base de sustentation. Cependant on a vu des hommes, privés de | leurs mains, arriver, par un travail opiniâtre, à remplacer leurs doigts par leurs orteils. Tout le monde connaît l’histoire du peintre célèbre qui plaçait son pinceau entre le premier et le second orteil et savait obtenir ainsi de merveilleux effets.
Difformités des orteils. — Les orteils surnuméraires sont assez fréquents. Lorsqu’ils ne sont formés que d’un simple appendice, on doit en pratitiquer l'ablation. Mais lorsque l’orteil surnuméraire est formé d’un squelette, il peut servir de point d’appui et il faut en éviter, si c’est possible, l'amputation.
Les déviations des orteils peuvent être : 1° acquises; dans ce cas, elles sont dues, le plus souvent, à des chaussures trop étroites ou trop courtes. L’usage de chaussures larges constitue le
Fig. 991. Fig. 992.
Position vicieuse du gros Position vicieuse du
et du second orteil. second orteil.
meilleur remède; 2° congénitales ; dans ce cas, l’amputation sera encore le procédé auquel il faudra recourir en dernier lieu. Le plus souvent ces déviations sont justifiables de la ténotomie et de l 'orthopédie.
Luxations des orteils. — Ces luxations sont trop rares pour qu’il soit nécessaire d’y insister longuement. La luxation du gros orteil est la plus fréquente. Elle se produit toujours en haut. Elle est souvent due à une chute de cheval.
On la reconnaît à la saillie que le gros orteil vient former sous la peau.
Ces luxations sont souvent difficiles à réduire. On se servira de procédés applicables à la réduction de celles du pouce.
Quant aux luxations des seconde et troisième phalanges, on les observe encore plus rarement. Elles sont analogues à celles des doigts.
On devra, après avoir réduit la luxation, immobiliser l'articulation pendant quelques jours.
Fractures des orteils. — Les fractures des orteils prélentent la plus grande analogie avec celles des doigts. Elles sont produites presque toujours par écrasement. Aussi sont-elles généralement compliquées de contusions intenses, de plaies donnant parfois issue à des fragments osseux.
Lorsque la fracture est simple, il suffit de maintenir les fragments en contact à l'aide de deux petiles attelles et d’une bande. Les complications qui accompagnent souvent ces fractures aggravent généralement le pronostic. Elles peuvent nécessiter l’amputation de l’orteil fracturé. Mais on ne devra recourir à celte opération qu’en dernier lieu.
La peau qui recouvre les orteils peut être le siège de diverses affections : cors, durillons, œilde-perdrix, mal perforant (V. ces mots).