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Enfin, on donnera à l’intérieur des préparations ferrugineuses et de quinquina. L’opium et le chloral sont employés avantageusement pour combattre la douleur et l’agitation. Dr Louis Thomas.

PÉRISTAPHYLIN. — Nom donné par les anatomistes à deux muscles du voile du palais : le përistaphylin externe qui s’insère, d’une part à la base de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde, d’autre part à la face inférieure de l’apronévrose du voile du palais; le péristaphylin interne, qui s’insère, d’une part au sommet du rocher, et à la partie inférieur de la portion cartilagineuse de la trompe d’Eustache, d’autre part à la face supérieure de l’aponévrose du voile du palais. Le premier tend le voile du palais, le second l’élève, et tous deux empêchent ainsi le passage des aliments dans les fosses nasales pendant l’acte de la déglutition. p. l.

PÉRITOINE. — Anatomie. — Le péritoine est

Fig. 1030.

Coupe verticale et antéro-postérieure (le l’abdomen. — Trajet du péritoine dans les régions épigastriques et hypogastriques chez la femme.

A. Péritoine pariétal de la région hypogastrique. — B. Péritoine passant de la paroi abdominale sur la vessie. — C. Enveloppe séreuse de l'utérus. — D. Cul-de-sac recto-vaginal. — E.S ilia- * que. — F. Péritoine remontant vers le mésentère. — G. Enveloppe séreuse de l'intestin grêle. — H. Continuité du mésentère avec le mésocôlon transverse. — I. Feuillet antérieur du mé- . soeôlon. — K. Péritoine pariétal de la région épigastrique. —

L. Péritoine tapissant la surface inférieure du diaphragme. —

M. Péritoine tapissant la face convexe du foie. — N. Péritoine tapissant la face inférieure du foie. — 0. Coupe de l’épiploon gastro-hépatique. — P. Feuillet séreux postérieur de l’estomac. — Q. Grand épiploon. — R. Feuillet supérieur du mésocôlon transverse. — S. Péritoine allant du mésocôlon transverse vers le foie. — T. Coupe du rein.

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une membrane séreuse qui tapisse l’intérieur de la cavité abdominale, et enveloppe les viscères contenus dans cette cavité. Il est formé par deux feuillets, le feuillet pariétal et le feuillet viscéral , réunis par des points de réunion.

Le feuillet pariétal, partout continu, et plus épais que le viscéral, recouvre toute la paroi abdominale, les fosses iliaques, le diaphragme et les parois du petit bassin.

Le feuillet viscéral, partout continu également, mince et tout à fait transparent, recouvre tous les viscères abdominaux (intestin grêle, gros intestin, face supérieure du foie, estomac, vessie, utérus, etc.), sur lesquels il adhère.

Les points de réunion de ces deux feuillets, prennent le nom de ligament , mèso ou épiploon. Les ligaments sont des replis séreux, étendus du feuillet pariétal, au feuillet viscéral, qui recouvre les viscères autres que l’intestin et qui servent de soutient à ces deux organes; les méso sont des replis séreux étendus du feuillet pariétal, au feuillet viscéral qui recouvre les intestins ( méso-côlon , méso-cæcum, mésentère). Les épiploons, sont les replis séreux qui se portent d’un viscère à un autre viscère.

Le péritoine, outre qu’il enveloppe tous les viscères contenus dans la cavité abdominale, est aussi destiné à faciliter les mouvements multiples et variés dont ces organes sontcontinuellementle siège.

Inflammation du péritoine. — (V. Péritonite.)

D' Paul Labarthe.

PÉRITONITE. — C’est l’inflammation du péritoine; elle peut être primitive ou secondaire, aiguë ou chronique, partielle ou générale.

La péritonite essentielle, c’est-à-dire indépendante de toute lésion des parois ou des organes abdominaux et survenue sous l’influence du froid par exemple, est fort rare. Le plus souvent la péritonite est consécutive à la lésion de ces organes; chez la femme, à celle des organes génitaux, surtout à la suite des couches sous l’influence de lapuerpéralité ; dans les deux sexes, aux lésions du foie, de l’estomac, de l’intestin, etc. : les plaies pénétrantes de l’abdomen se compliquent très souvent de péritonite.

La péritonite peut rester circonscrite au voisinage de la lésion qui l’a engendrée, mais elle se généralise dans certaines circonstances (perforations intesteslinales, etc.).

Lorsqu’elle est limitée au péritoine qui tapisse le petit bassin, elle a reçu le nom de pelvi-pémtonite.

Les lésions ne diffèrent guère de celles de la pleurésie (voy. Pleurésie) ; ce sont des altérations de la membrane et des épanchements séreux, purulents ou sanguins ; des adhérences pouvant circonscrire des espaces où le liquide s’accumule de manière à simuler des tumeurs fluctuantes. Lorsque ; la péritonite passe à l’état chronique, ce qui a lieu surtout dans les cas de tubercules, les fausses membranes acquièrent une épaisseur considérable, les j anses intestinales sont maintenues immobiles et béantes au milieu de ces néo-membranes qui renferment très souvent de nombreuses granulations tuberculeuses grises demi-transparentes ou opa-

ques; les ganglions mésentériques sont très tuméfiés, le liquide est au contraire peu abondant et très souvent constitué par du pus.

La pelvi-péritonite enkystée dans le bassin forme, soit dans le cul-de-sac utéro-rectal, soit sur les parties latérales du vagin, des tumeurs qui s’étendent souvent vers les fosses iliaques et qui étaient autrefois confondues avec le phlegmon péri-utérin.

Péritonite aiguë. — Elle peut débuter avec une violence inouïe par une douleur qui, localisée dans un point de l’abdomen, se généralise bientôt; c’est ce qui arrive dans les péritonites par perforation: dans tout autre cas, son début, quoique très franc, est moins brusque, il se traduit par des frissons, de la fièvre, des douleurs abdominales, des vomissements verdâtres, le ballonnement du ventre.

Les frissons sont très marqués, ils sont suivis d’une chaleur qui peut atteindre 40° 1/2, la rémission matinale est peu marquée. Le pouls est petit, serré, dur et fréquent.

La douleur abdominale est des plus vives; circonscrite au début, elle se généralise rapidement à moins que la péritonite soit partielle. Cette douleur augmente par le mouvement, la pression la plus légère ; aussi le malade reste couché sur le dos et diminue les contractions du diaphragme, d’où une certaine dyspnée qui est bien plus marquée lorsque la péritonite est diaphragmatique; souvent il survient du hoquet, qui est une contraction spasmodique du diaphragme. La douleur s’exaspère au moment des contractions intestinales.

Les vomissements, phénomène réflexe très important et produit par l’irritation des filets sousséreux du grand sympathique, sont verdâtres, porracés, très fréquents.

Le ventre se ballonne très rapidement et d’une manière uniforme; la percussion donne un son tympanique, sauf dans les parties déclives qui sont mates ; deux conditions produisent donc la tension du ventre: la distension gazeuse des intestins paralysés par le fait de la phlegmasie séreuse et l’accumulation d’une certaine quantité de liquide.

L’auscultation fait entendre parfois un bruit de frottement dû au dépoli des surfaces séreuses. La constipation est habituelle, mais elle peut être remplacée par une diarrhée abondante et un relâchement des sphincters.

Enfin, la figure du malade est profondément altérée, ses traits sont tirés, ses yeux bordés de noir, les lèvres violacées (face grippée).

Si la péritonite doit guérir, on voit en peu de jours survenir une détente générale, la température s’abaisse, la douleur diminue, l’apparence de la face devient meilleure, les nausées disparaissent, etc. Parfois la guérison est imparfaite et la péritonite passe à l’état chronique, elle se termine ainsi principalement dans les cas qui ont présenté dès le début une intensité moyenne. Ces péritonites chroniques sont dangereuses par les adhérences qu’elles laissent après elles et qui entravent à des degrés divers les fonctions des organes abdominaux (douleurs sourdes, constipation opiniâtre, stérilité par adhérences de la trompe de Fallope, avortement par obstacles au développement de l’utérus).

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Dans les cas de phlegmasie très intense, la mort peut survenir en quelques heures ou quelques jours; c’est surtout ce que l’on observe à la suite des perforations intestinales.

Les péritonites partielles ont quelques symptômes spéciaux dont le principal consiste en une douleur circonscrite à leur niveau; à cette douleur se joignent les troubles fonctionnels des organes tapissés par le péritoine enflammé : ictère dans le cas de péritonite hépatique, ténesme vésical et suppression de l’urine si la phlegmasie frappe le péritoine vésical.

La durée de la maladie est généralement en rapport avec le degré d'intensité qu’elle a présenté dès le début, elle peut tuer en quelques heures, se prolonger huit à dix jours ou passer à l’état chronique.

Au début, le diagnostic peut offrir quelques difficultés, car la phlegmasie aiguë de la plupart des \ iscères abdominaux peut simuler une péritonite ; en eftet, l'hépatite aiguë, la néphrite, la cystite et surtout la métrite déterminent de la fièvre, des frissons, une vive douleur abdominale et même des vomissements, mais le météorisme, les vomissements verdâtres répétés, l’aspect grippé de la face et surtout la marche de la maladie, lèveront tous les doutes.

Dans la colique néphrétique, les douleurs suivent un trajet déterminé; d’ailleurs les attaques antérieures, les caractères de l’urine, la cessation brusque de l’accès lèvent tous les doutes.

Enfin, la péritonite constatée, il faut, chose très importante, en reconnaître la cause.

Le traitement doit, dès le début, être fort vigoureusement conduit. Appliquez des sangsues sur l'abdomen, proportionnez en le nombre à la vigueur du sujet. Si le sujet était trop faible pour qu’il fût possible d’employer la saignée, faites sur l’abdomen de larges onctions d'onguent mercuriel; elle me semblent préférables aux applications de collodion élastique, dont l'usage a pu cependant être utile.

lîéhier a préconisé l’emploi continu de la glace sur l’abdomen, ce moyen est fortement aidé par l’emploi de l’opium à haute dose (de 15 à 50 centigrammes par vingt-quatre heures).

Contre les vomissements, employez les boissons glacées, la potion de Rivière, l'eau de Seltz.

Péritonite chronique. — Péritonite tuberculeuse. — Presque constamment liée à la diathèse tuberculeuse (onze fois sur douze), quelquefois à un cancer, la péritonite chronique est très rarement consécutive à la péritonite aiguë.

Son début est souvent difficile à préciser; les malades maigrissent, ils présentent des alternatives de diarrhée et de constipation, quelques-uns vomissent et se plaignent de coliques sourdes. Après un certain temps, étonnés de la persistance d’un état qu'ils jugeaient sans danger, ils viennent réclamer des soins et l’on constate chez eux deux sortes de symptômes, les uns locaux, les autres généraux.

Presque toujours dans les premiers temps de la maladie le ventre est un peu gros, car les intestins fonctionnent mal, il se produit une certaine quantité de gaz; mais le volume de l’abdomen tient surtout à de l’ascite, c’est-à-dire à

la présence dans la cavité péritonéale d’un liquide très souvent purulent ; ce liquide traduit sa présence par de la matité dans les points déclives et par de la fluctuation; mais il est souvent, surtout vers la fin de la maladie, trop peu abondant pour être constaté. Si l’on explore le ventre avec la main étendue à plat, on distingue le relief formé par les intestin englobés et durcis par les fausses membranes; le ventre présente une dureté, une tension et une rénitence tout à fait caractéristiques, car on ne les rencontre dans aucune autre maladie (Grisolle). Cette exploration est généralement peu douloureuse. Même en dehors des poiuts occupés par l’ascite, la sonorité est affaiblie par les fausses membranes. L’auscultation peut révéler des bruits de frottement plus ou moins rares, déterminés par le froissement des fausses membranes.

Le malade est pâle, faible, il présente des alternatives de diarrhée et de constipation, il vomit quelquefois des matières verdâtres; ces vomissements coïncident avec un léger mouvement fébrile et quelques douleurs abdominales, ils révèlent une poussée de péritonite aiguë.

Très fréquemment le malade présente en même temps les signes de la tuberculisation pulmonaire.

Après un laps de temps plus ou moins long (en moyenne sept mois), les malades sont pris de fièvre hectique, de diarrhée colliquative, et ils succombent dans le marasme; cependant la péritonite chronique est curable.

La péritonite chronique se reconnaît à la tension et à la rénitence spéciale de l’abdomen, à l’ascite, aux troubles digestifs (vomissements et diarrhée). Lorsque la péritonite est de nature cancéreuse, les douleurs sont plus vives, l’affaiblissement plus rapide, plus continu, l’ascite mieux marquée, la tuméfaction mieux circonscrite.

Le traitement consiste à soutenir les forces du malade par un régime tonique, de facile digestion, à combattre la diarrhée par le bismuth, le diascordium, les préparations opiacées, etc. Les révulsifs (badigeonnage à la teinture d’iode et vésicatoires Albespeyres appliqués sur le ventre) peuvent rendre quelques services. Dr Léon moynac.

PERMANGANATE DE POTASSE. — (V. Manganèse.)

PERNICIEUSE (fièvre). — (V. Paludéenne.)

PÉRONÉ. — Anatomie. — Le péroné est un os qui, avec le tibia à la face externe duquel il est situé, forme le squelette de la jambe. On lui considère un corps et deux extrémités.

Son corps long, mince, grêle, flexible, irrégulièrement prismatique et triangulaire, présente trois faces et trois bords. Sa face externe, la plus régulière, devient postérieure en bas, et donne insertion au muscle long péronier latéral sur sou tiers supérieur, et au cours péronier latéral sur son tiers moyen. Sa face interne est divisée en deux parties par une crête verticale et devient antérieure en bas. Cette crête donne insertion au ligament interosseux qui le sépare du tibia. La partie de la face interne qui est en arrière de la crête, donne inser-

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tion au muscle jambier postérieur. Celle qui est en avant de la crête donne insertion, en haut, au muscle extenseur commun des orteils et, vers la partie inférieure, au muscle extenseur propre du gros orteil. Tout à fait en bas, la face interne, devenue antérieure et même externe, présente une deuxième crête verticale, qui sépare du reste de la face une surface triangulaire, allongée, placée sous l’aponévrose et surmontant la malléole. Enfin la

Fig. 1031. — Squelette de la jambe.

T. Tibia, faee antérieur». — 1. Face interne. — 2. Face externe. — 3. Bord antérieur, crête du tibia. — 4. Épine du tibia. — 5. Surface articulaire externe. — 6. Tubérosité du tibia. — 7. Surface rugueuse sur laquelle s'attache le ligament rotulien, tubérosité antérieure du tibia. — 8. Tubercule de Gerdy. — 9. Facette artieulaire inférieure. — 10. Maléolle interne.

T' Tiiia, face postérieure. — 1. Face postérieure. — 2. Bord externe. — 3. Bord interne. — T. Épine du tibia. — 5. Surface articulaire externe. — 6. Surface articulaire interne. — 7. Tubérosité du tibia. — 8. Facette articulaire pour le péroné. — 9. Facette articulaire inférieure et externe; elle reçoit l'extrémité inférieure du péroné. — 10. Malléole interne.

P. Péroné, face antérieure. — 1. Face externe. — 2. Face interne. — 8. Bord antérieur, crête du péroné. — T. Tête du péroné. — t>. Facette articulaire supérieure. — 6. Malléole externe. — 7. Tubercule antérieur. — 8. Surface articulaire inférieure.

P' Péroné, faee postérieure. — 1. Face postérieure. — 2 Bord interne. — 3. Bord externe. — 4. Tête du péroné. — 5. Malléole externe. — 6. Tubercule postérieur. — 7. Facette de la malléole externe.

face postérieure est rugueuse dans son tiers supérieur, où elle donne insertion au muscle soléaire, et lisse dans tout le reste de son étendue. Elle donne attache en bas au muscle fléchisseur propre du gFos orteil. Le trou nourricier est situé sur cette face.

Le bord intérieur devient externe en bas, et donne insertion à la cloison aponévrotique qui sépare les muscles de la région antérieure, de ceux de la région externe de la jambe. Le bord externe devient postérieur et donne attache à la cloison aponévrotique qui sépare les muscles de la région externe de ceux de la région postérieure. Enfin le bord interne donne attache au muscle jambier postérieur.

L’extrémité supérieure du péroné est volumineuse et renflée. Elle présente : 1° une surface articulaire plane regardant en haut, en dedans et en avant, de 1 centimètre de diamètre environ, qui s’articule avec le tibia ; 2° en avant, un tubercule qui donne insertion à l’origine du muscle extenseur commun des orteils; 3" en dehors, un tubercule pour l’insertion de l’extrémité supérieure du muscle long péronier latéral; 4° en arrière, un tubercule pour l’insertion de l’extrémité supérieure du muscle soléaire; 5° en arrière et en dehors, il existe une saillie qui surmonte la surface articulaire, c’est l’apophyse styloïde du péroné, qui donne insertion au muscle biceps et au ligament latéral externe de l’articulation du genou.

L’extrémité inférieure a la forme d’une pyramide triangulaire à sommet inférieur. Connue sous le nom de malléole externe, cette pyramide présente une base confondue avec le corps de l’os et correspondant à la surface articulaire de l’extrémité inférieure du tibia ; un sommet donnant insertion au ligament péronéo-calcanéen ; une face interne articulaire pour la face externe de l’astragale et pourvue d’une échancrure profonde, à la partie postérieure , pour l’insertion du ligament péronéo-astragalien postérieur, une face externe convexe sous-cutanée ; une face postérieure verticale, pourvue d’une gouttière pour les muscles long et court péronier latéraux. La malléole externe descend plus bas que l’interne, elle est plus saillante.

Fractures du péroné. — Les fractures du péroné sont fréquentes. Cette fréquence est due au peu de résistance de cet os et aussi au rôle important que son extrémité inférieure joue dans l’articulation du pied avec la jambe. Les causes qui les produisent sont, les unes indirecles, les autres directes. Celles-ci, plus rares, donnent lieu à des fractures qui ont la plus grande analogie avec les fractures des autres os longs. Les causes indirectes consistent en des mouvements anormaux de l’articulation tibio-tarsienne, ou dans l’exagération de mouvements normaux ; tous ces mouvements se produisent ordinairement dans des faux pas.

Il est évident que les fractures directes, siégeant au point frappé, peuvent présenter toutes sortes de variétés. Mais les fractures produites par cause indirectes peuvent siéger sur trois points de la longueur de l’os : lu à la base de la malléole externe, c’est-à-dire au niveau du point qui est en contact avec la surface articulaire du tibia; 2° à trois ou quatre centimètres au-dessus de la malléole; 3° vers le tiers supérieur du péroné.

Le mécanisme de ces fractures a été fort bien étudié par Maisonneuve; nous suivrons la marche que ce chirurgien a adoptée.

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Nous venons de voir que des mouvements exagérés ou anormaux de l’articulation tibio-tarsienne déterminent des fractures indirectes du péroné. Ces mouvements sont les suivants : 1° renversement du pied en dedans; 2° renversement du pied en dehors ; 3° adduction de la pointe du pied; 4° abduction de la pointe du pied.

Lorsque la plante du pied est renversée en dedans, l’astragale, qui est intimement uni au scaphoïde et au calcanéum, tend à suivre le mouvement de la totalité du pied ; sa face externe, en contact avec la malléole externe, s’écarte de cette saillie osseuse, et comme celle-ci est unie au calcanéum et à l’astragale par trois ligaments, elle est arrachée, et la fracture occupe la base de la malléole. Lorsque la fracture ne se produit point pendant ce mouvement, il y a simplement entorse. Cette variété de fracture a reçu le nom de fracture par arrachement.

Lorsque la plante du pied se renverse en dehors, la malléole interne peut être arrachée par le même mécanisme; dans ce mouvement, qui est le contraire du précédent, la face externe de l’astragale repousse la malléole externe. Deux choses peuvent alors se passer; ou bien le ligament interosseux de l'articulation tibio-péronéale est déchiré, ou bien il reste intact; s’il est déchiré, il y a une diastasis de cette articulation, et le péroné, étant pressé à ses deux extrémités par la face externe du calca-

Inéurn et par la partie supérieure du tibia, se fracture vers le tiers supérieur, parce que ce point est le plus aminci ( fracture par diastase). Si le ligament péronéo-tibial résiste, le sommet de la malléole étant repoussé en dehors, ce ligament joue le rôle d’un pivot, et le corps du péroné, flexible, est porté vers le tibia; dans ce dernier cas, si la fracture se produit, c’est toujours à trois ou quatre centimètres au-dessus de la base de la malléole. Pour que cette fracture ait lieu, il faut nécessaire-

Iment que le ligament latéral interne soit déchiré ou que la malléole interne soit fracturée.

Dans l’adduction de la pointe du pied, si le côté externe de la pointe est arrêté par un obstacle, les mouvements des différentes articulations du pied se combinent de manière à déterminer un renversement de la plante du pied en dedans, et par conséquent une fracture par arrachement. Ce faux mouvement se produit quelquefois en courant.

Lorsque la plante du pied est portée dans l'abduction (ce mouvement s’observe encore dans les mêmes conditions que le précédent, seulement l’obstacle arrête la pointe du pied sur son bord in-

( terne), l’axe horizontal du pied, et, par conséquent, de l’astragale, exécute un mouvement de rotation autour d’un axe vertical passant par le milieu de la jambe et tombant sur le centre de l’astragale. Dans ce mouvement, la partie antérieure de l’astragale se porte en dehors, et la partie postérieure en dedans; les deux malléoles reçoivent une pression inverse, l’externe tend à être portée en ar- ! rière et en dehors par la face externe de l’astragale,

, qui presse sur elle, et la malléole interne en dedans I et en avant, par la face interne de l’astragale. Ce mouvement peut produire une fracture des deux os de la jambe, et lorsqu’il donne lieu seulement à une Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

fracture du péroné, on voit cet os se briser à quelques centimètres au-dessus de la malléole. Maisonneuve a donné à cette fracture le nom de fracture par divulsion.

11 y a donc trois variétés de fractures du péroné :

1° fracture par arrachement; 2° fracture par diastase; 3° fracture par divulsion.

1° Fracture par arrachement. — La déformation est rare, et la crépitation difficile à sentir. On est, le le plus souvent, obligé d’établir le diagnostic sur la présence de l’ecchymose , du gonflement et de la douleur siégeant au niveau de la base de la malléole. On peut quelquefois obtenir la mobilité anormale, en embrassant la partie inférieure de la jambe de la main gauche, le pied de la main droite, et en renversant celui-ci successivement en dedans et en dehors, l’un des pouces étant appuyé sur le sommet de la malléole.

On peut ainsi percevoir, dans quelques cas, la crépitation. Il peut arriver , le déplacement étant un peu considérable, que le bord interne du pied soit légèrement relevé, et que sa face dorsale regarde en dehors.

Cette variété de fracture est fréquemment compliquée de fracture delà malléole interne, d’entorse et d’épanchement sanguin intra-articulaire, comme toutes les fractures qui communiquent avec les articulations.

2“ Fracture par diastase. — Autour du cou-depied, on constate de la douleur et de la tuméfaction, un écartement des malléoles, souvent le renversement du pied en dehors, et une certaine mobilité de l’astragale entre les deux malléoles. Il n’est pas rare de voir l’axe de la jambe tomber en dedans de l’axe antéro-postérieur du pied.

C’est au niveau de la partie supérieure du péroné qu’on perçoit une douleur fixe, très vive, et quelquefois la crépitation, qui trahit le véritable siège de la fracture. On constate en même temps la présence d’une ecchymose, qui occupe dans certains cas, toute la longueur du péroné.

3° Fracture par divulsion. — Il y a de la douleur, delà tuméfaction, souvent une ecchymose au niveau du péroné, à quelques centimètres au-dessus du sommet de la malléole, un écartement léger entre les malléoles. Ordinairement, il existe, au niveau du point fracturé, une dépression formée par l’enfoncement des deux fragments, coup de hache (Dupuytren). On peut percevoir la mobilité anormale et la crépitation, en usant du procédé que nous avons indiqué pour la fracture par arrachement. La pointe du pied est quelquefois déviée en dehors, et la malléole interne fait saillie ; dans ces cas, l’axe delà jambe tombe sur un point voisin du bord interne du pied. De même que la fracture par arrachement, elle se complique d’entorse et de fracture delà malléole interne.

On pourrait confondre ces fractures avec une entorse; mais, dans la fracture, la douleur est

Fig. j, 103v2.

Fracture du péroné par arrachement.

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située le long du péroné, dans le point correspondant à la solution de continuité, tandis que, dans l’entorse, elle est beaucoup moins localisée, et répond à l’articulation et aux ligaments qui l’en-

Fig. 1033.

Fracture du péroné par divulsion.

vironnent. Dans la fracture, nous trouvons encore une tuméfaction circonscrite, puis tous les signes propres aux fractures, et qui, lorsqu’on peut les percevoir, ne peuvent laisser aucun doute : mobilité anormale , crépitation, déformation du pied.

Dans les cas difficiles, il faut se rappeler que les symptômes de l’entorse existent autour de l’articulation, dans le plus grand nombre de cas.

On fera le diagnostic

des diverses variétés entre elles par la comparaison de leurs symptômes.

Peu graves, ces fractures guérissent assez vite.

Lorsqu’il y a écartement des malléoles, la récidive est à craindre. S’il y a complication d’entorse, il faut condamner le malade au repos le plus absolu, car il pourrait survenir une inflammation lente, ou une tumeur blanche, surtout chez les sujets prédisposés.

Dans la majorité des cas, la fracture est assez simple pour qu’on puisse appliquer un appareil inamovible; en général, il n’y a pas de déplacement.

On commence d’abord par s’occuper du traitement des complications, celui de la fracture vient ensuite.

Dans le cas où le pied serait fortement renversé en dehors, on pourrait appliquer l’appareil de Dupuytren pour le diriger dans le sens oppposé. Il faut toujours l’immobiliser dans sa direction normale ; sans cette précaution, il pourrait rester définitivement dévié.

Fig. 1033.

Fracture du péroné avec le coup de hache très accusé en A, et une projection du pied en dehors.

Luxations du péroné. — Les deux articulations du tibia avec le péroné peuvent être le siège de luxations. Ces luxations de l’articulation péronéotibiale supérieure sont excessivement rares; quant

à celles de l’articulation péronéo-tibiale inférieure, on n’en connaît qu'un exemple rapporté par Nélaton. Aussi n’en dirons-nous rien. Dr J.-A. Fort.

PÉRONIER. — Nom donné par les anatomistes à des muscles et à un artère de la jambe.

Les muscles péroniers sont a» nombre de trois :

1° Le muscle péronier antérieur qui s’étend de la moitié inférieure du bord antérieur et de la face interne du péroné, à l’extrémité postérieure du cinquième os métatarsien ; c’est un faisceau du muscle extenseur commun des orteils;

2° Le muscle long péronier latéral, qui s’insère en haut à la tète du péroné, en bas à la partie externe de la base du premier métatarsien, et qui a pour action d’abaisser fortement le bord interne du pied et de relever par conséquent son bord externe;

3° Le muscle court péronier latéral , situé audessous du précédent, qui s’insère d’une part aux deux tiers inférieurs de la face externe du péroné, et à des cloisons aponévrotiques qui le séparent des muscles de la région antérieure et postérieure de la jambe ; d’autre part, à l’extrémité postérieure du cinquième métatarsien. Il a pour action d’élever le bord externe du pied et de tourner sa pointe en dehors.

L’artère péronière est une brancha de bifurcation du tronc tibio-péronier qui descend à la partie profonde de la région postérieure de la jambe, le long de la face interne du péroné et va jusqu’à la malléole externe au-dessus de laquelle elle se divise en deux branches : la péronière antérieure qui traverse le ligament interosseux à sa partie inférieure, descend sur le dos du pied et donne des rameaux aux parties voisines; la péronière postérieure, qui descend derrière la malléole externe et fournit des rameaux à toute la partie externe du pied. Toutes deux s’anostamosent av*c les artères voisines. d* Faux labarthe.

PERSIL. — Le persil est une plante à odeur très agréable, de la famille des Ombellifères, originaire de la Sardaigne, qui croît spontanément en Provence et qu’on cultive dans tous les jardins à cause du grand usage qu’on en fait comme assaisonnement dans les préparations culinaires.

En médecine, on utilise la racine, lee feuilles et les fruits de cette plante. La racine, grisâtre, grosse comme le petit doigt, administrée en décoction est diurétique; elle est très usitée dans les campagnes pour combattre les engorgements des viscères abdominaux, l’ascite, l’hydropisie; elle fait partie des cinq racines apéritives. Les feuilles fraîches et pilées jouissent d’une vogue populaire comme résolutives sur les contusions, les piqûres d’insectes et surtout contre les engorgements phlegmoneux ou laiteux des mamelles. Dans ces derniers temps, Péraire les a affectées au traitement des fièvres intermittentes et des maladies à forme périodique avec un certain succès; il les a employées fraîches sous forme de suc, d’hydrolat, d'alcoolature, d’extrait ou de sirop. Les semences sont très aromatiques; données en infusion, elles ont des propriétés carminatives dans les gastralgies et les flatulences.

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