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flammation du péricarde. Elle est aiguë ou chronique.
1° Péricardite aiguë. — La péricardite aiguë est primitive uu secondaire. Cette première forme est très rare. Le froid peut cependant la produire. La péricardite secondaire est, au contraire, très fréquente. Elle reconnaît deux ordres de causes différentes. Tantôt elle est consécutive à une inflammation de voisinage (pleurésie, pneumonie, endocardite, etc.); tantôt elle est associée à un état général morbide (rhumatisme, tuberculose, variole, scarlatine, mal de Bright). Elle est plus fréquente chez l'homme que chez la femme, chez l’adulte que chez l’enfant.
On trouve généralement dans le péricarde un épanchement de liquide variant de quelques grammes à un litre ou même plus' et des adhérences entre les deux feuillets de cette membrane.
L’invasion de la maladie est variable. Une douleur lancinante, terrible, des frissons, une dyspnée intense, des palpitations violentes, accompagnées d’anxiété précordiale : tel est souvent le début delà péricardite primitive; tandis que dans la forme secondaire, le début est, le plus souvent, lent et insidieux. Dans ce cas, un examen attentif est nécessaire pour découvrir la présence de la péricardite. On observe à la région précordiale une voussure en rapport avec la quantité de l’épanchement. La percussion dénote de la matité dans cette région. La matité et la voussure manquent dans la péricardite sèche. À l’auscultation, les bruits normaux du cœur sont assourdis et s’entendent dans l’éloignement, de plus on perçoit un bruit de frottement, spécial, comparé à un bruit de cuir neuf.
La marche de la péricardite est irrégulière et sa gravité dépend des causes qui ont produit la maladie.
La première indication, dans le traitement, est de combattre l’inflammation au moyen de teinture d’iode, d’huile de croton tiglium, de larges vésicatoires Albespeyres, de ventouses scarifiées ou de sangsues à la région du cœeur. On s’attachera à prévenir les défaillances cardiaques à l’aide de la digitaline d’Ilomolle et Quevenne), mais on n’emploiera celte substance qu’avec une extrême prudence et seulement d’après les conseils du médecin. On combattra la douleur à l’aide de l’opium. Si l’épanchement s’est produit malgré ce traitement, on aura encore recours aux révulsifs cutanés ( vésicatoires Albespeyres, etc.), on conseillera le régime lacté, les diurétiques (nitrate de potasse à la dose de 2 à 4 grammes pour un litre de tisane de chiendent), les purgatifs, particulièrement les drastiques (pilules de Bosredon, grains de santé de Franck, etc.) pour favoriser la résorption de l’épanchement en taisant de la révulsion sur le tube intestinal.
Enfin quant l’épanchement est considérable et l’asphyxie imminente, on devra donner issue au liquide en pratiquant la ponction du péricarde. Cette opération hardie est devenue, grâce aux nouveaux appareils aspirateurs, particulièrement celui de Dieulatoy, sinon complètement inoffensive, du moins plus facile et beaucoup moins dangereuse.
2° Péricardite chronique. — On peut en distinguer deux sortes : l'une succède à la péricardite ai-
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guë, l’autre commence lentement et est chronique dès son début.
La péricardite chronique est souvent liée à une autre affection du cœur. En général, toutes les causes de la péricardite aiguë peuvent lui donner naissance.
Quand cette affection se borne à quelques adhérences, quand l’épanchement est peu considérable, elle passe facilement inaperçue. Souvent la douleur manque complètement et le malade accuse plutôt de l’embarras, de la gêne à la région du cœur qu’une véritable douleur. Mais la percussion dénote une matité plus ou moins étendue, en rapport avec la quantité de l’épanchement ou l’épaisseur des fausses membranes. Les bruits du cœur paraissent assourdis et éloignés. On peut percevoir aussi un bruit de frottement analogue à celui qu’on entend dans la péricardite aiguë.
Parfois la face est pâle, bouffie et les membres sont légèrement infiltrés.
La péricardite chronique est sujette à des alternatives d’exacerbations et de rémissions. C’est une affection grave, parce qu’elle expose le malade à toute la série des complications cardiaques (asphyxie, asystolie, mort subite); mais elle peut guérir et n’est pas, comme le croyaient les premiers observateurs, fatalement mortelle.
Indépendamment des moyens thérapeutiques propres à la péricardite aiguë et qui sont applicables à la forme chronique, on a conseillé quelques moyens différents. Ilope a indiqué l’emploi du mercure à faible dose. On a conseillé les toniques et les amers (extrait de quinquina, de gentiane), les frictions avec des liniments stimulants et les bains sulfureux. Enfin tous les auteurs sont d’accord pour conseiller le repos et un régime composé d’aliments faciles à digérer. df Louis Thomas.
PÉRINÉE. — Anatomie. — On désigne sous le nom de périnée, la région comprise entre les branches descendantes du pubis et la branche ascendante de l’ischion, qui contient toutes les parties molles qui ferment l’orifice du détroit inférieur du bassin (V. ce mot). Le périnée, vu ses rapports avec les organes génitaux, doit être étudié séparément chez l’homme et chez la femme.
Perinée chez l’homme. — Le périnée se compose, chez l’homme, de quatre feuillets aponévrotiques séparés les uns des autres par une couche musculaire, ce qui fait sept plans superposés. La multiplicité de ces couches membraneuses a pour effet d’augmenter la résistance du plancher pelvien.
En allant de l’extérieur vers les parties profondes, on rencontre dans le périnée de l’homme les couches suivantes :
1° La l’EAU, qui est couverte de poils abondants, surtout au pourtour de l’anus, tandis que cette dernière en est généralement dépourvue chez la femme. Assez mince, surtout en arrière, elle présente un raphé ou épaississement médian.
2° L’aponévrose périnéale inférieure, de forme triangulaire comme l’aponévrose moyenne, avec laquelle elle se confond par sa base; elle se continue, par son sommet, avec la gaine fibreuse de la verge.
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3° La couciie musculaire inférieure comprenant cinq muscles qui représentent les côtés de deux triangles symétriques et juxtaposés, dits ischiobulbaires. Ces muscles sont :
Les deux muscles transverses superficiels, éten-
Fig. 1028. — Périnée chez l'homme.
1. Muscle bulbo-caverneux. — 2. Urèthre. — 3, .T AI tiscle ischiocaverneux. — i. Corps caverneux de l'urèthre. — 5. Muscle de Houston. — 6. Aluscle transverse superficiel. — 7. Sphincter de l'anus. — 8. Anus — 9. Coccyx. — 10. Aluscle grand fessier. 11. Aponévrose périnéale superficielle. — 12. Couche souscutanée. — 13. Ischion. — 14. Nerf honteux interne. — 13. Artère honteuse interne.
dus transversalement de l’ischion au raphé périnéal, dont l'action est de comprimer la face antérieure du rectum, de tendre l'intersection du sphincter, de l’anus et du muscle bulbo-caverneux.
Les deux muscles ischio-caverneux qui enveloppent, comme dans un cornet, les racines des corps caverneux de la verge. Ces muscles prennent une part active au phénomène de l’érection, en comprimant ces racines et en chassant vers les corps caverneux le sang qu’elles renferment : de là le nom d 'érecteurs du pénis qu’André Vésale leur a donné ;
Le muscle bulbo-caverneux, muscle impair et médian, qui embrasse le bulbe de l’urèthre dans toute son étendue. Quand il se contracte, il accélère l’émission du sperme et de l'urine. Il concourt de plus à augmenter la turgescence du gland pendant l’érection, en refoulant vers cet organe le sang contenu dans la portion spongieuse du canal de l’iirèthre. C’est ce muscle qui détermine, par ses contractions intermittentes, les saccades de la verge pendant l’éjaculation et la miction.
4° L’aponévrose périnéale moyenne est formée
de deux feuillets : l’un inférieur, l’autre supérieur. Entre ces feuillets rampent les sinus veineux, très développés chez les vieillards. On rencontre aussi dans le sens de cette aponévrose la couche aiusculaire moyenne représentée par le muscle de Guthrie ou transverse profond. Ce muscle rayonne autour de l’urèthre, et sert à expulser le sperme et l'urine contenus dans la portion membraneuse de ce canal. Il a encore pour usage de comprimer les glandes de Cooper, de la grosseur d‘un noyau de cerise, qui sont englobées dans ses fibres, pour en exprimer le produit de sécrétion au moment de l’éjaculation.
5° La couche musculaire supérieure est constituée en arrière par le sphincter de l'anus, muscle circulaire qui forme autour de l’extrémité inférieure du rectum un anneau de deux centimètres de hauteur et de près de un centimètre d’épaisseur, et maintient l’orifice anal fermé; sur les côtés par le muscle releveur de l'anus, et en avantpar le muscle de Wilson qui entoure comme le muscle de Guthrie, la portion membraneuse de l’urcthre ; ces derniers muscles produisent quelquefois, au moment du cathétérisme, un spasme de l’urèthre qui peut être pris pour un rétrécissement organique.
Le muscle releveur de l'anus est une sorte de diaphragme dont les fibres ont leur insertion fixe sur les parois du bassin et convergent autour de l’extrémité anale du rectum. La disposition de ce muscle lui donne une certaine ressemblance avec un entonnoir à sommet inférieur. Son action est de faciliter l’acte de la défécation, car il dilate et attire en haut l’anus, au passage des matières fécales.
6U L’aponérose périnéale supérieure est une lamelle aponévrotique qui recouvre le muscle releveur de l’anus et constitue la dernière couche du périnée.
Périnée chez la femme. — Nous avons vu que le périnée comprend chez l’homme l’ensemble des parties molles qui forment le plancher du bassin. Chez la femme, les accoucheurs donnent ce nom à la région comprise entre la vulve et l’anus. Sa longueur est de trois centimètres environ. Mais, grâce à l’élasticité des diverses parties qui entrent dans sa constitution, il se laisse facilement et peut, au dernier temps de l’accouchement, mesurer jusqu’à huit centimètres.
Le périnée de la femme est formé du même nombre de couches que celui de l'homme. Sans compter la peau, il se compose donc de cinq couches superposées : deux plans musculaires compris entre trois plans aponévrotiques. La multiplicité de ces couches concourt à donner au plancher du bassin une certaine résistance.
Les muscles du périnée de la femme ont tous leurs analogues dans le sexe masculin. Le plus superficiel est le sphincter de l'anus, dont les fibres s’entre-croisent en forme de 8 avec celles du muscle constricteur du va;/in. Le dernier rétrécit l’orifice du vagin et permet à la femme d’exercer une constriction plus ou moins énergique de la verge pendant. la copulation.
On rencontre encore, sur les côtés, les muscles Iransverses et les muscles ischio-caverneux. Les premiers sont destinés à élargir l’orifice vulvaire; ils agissent donc comme antagonistes du muscle constricteur du vagin. Les muscles ischio-caverneux qui, chez l’homme, embrassent les racines des corps caverneux de la verge, recouvrent chez la femme les racines du clitoris. Ces muscles concourent à l’érection du clitoris en y chassant le liquide sanguin que contiennent ses racines; ils
Fig. 1029. — Périnée chez la femme.
A. Clitoris. B. Méat urinaire. — C. Muscle ischio-caverneux — D. Muscle constricteur du vagin. — E. Muscle transverse du périnée. — F. Muscle releveur de l’anus. — G. Sphincter anal. — H. Anus. — K. Artère honteuse interne. — L. Branches hemorrhoidales. — M. Artère superficielle du périnée. — N. Artère bulbeuse du vagin. — 0. Artère caverneuse ou clitoridienne. — P, P. Muscles grands fessiers.
tavorisent de plus les frottements de cet organe en 1 attirant en bas, vers la verge pendant le coït.
Enfin, on trouve profondément les muscles ischiococcygien et releveur de l'anus, qui se confondent par leur bord contigu et semblent ne faire qu’un seul et même muscle. Leur action est identique dans les deux sexes; nous l’avons déjà indiquée plus haut à la description du périnée de l’homme.
Déchirures du périnée. — Le périnée se déchire quelquefois pendant l’accouchement, soit à cause de sa faible résistance au moment où la femme se livre tout à coup à de violents efforts qui chassent brusquement la tète de l’enfant jusqu'à la vulve avant que le périnée ait le temps de se distendre graduellement; soit par suite du développement exagéré du fœtus. Le plus souvent la déchirure du périnée est peu accusée; quand elle descend jusqu à l’anus, on la dit complète et, dans ce cas, elle
transforme le rectum et le vagin en un vaste cloaque. C’est pourquoi les excréments liquides et les gaz s’échappent involontairement par la vulve ainsi agrandie et constituent une infirmité des plus pénibles. On y remédie par une opération appelée la périnéorrhaphie (V. ce mot). D’ G. Witkowski.
PÉRINÉORRHAPHIE. — N om donné à une opération chirurgicale qui a pour but de remédier aux déchirures du périnée survenues pendant l'accouchement et qui consiste à aviver les bords de la solution de continuité avec un bistouri, puis à les rapprocher et à les maintenir en contact absolu, à l’aide de grosses serres-fines à mors plats et larges recouverts d’amadou, ou à l’aide de points de suture, jusqu’à ce que leur réunion soit complète.
A quel moment faut-il pratiquer la périnéorrhaphie? Les uns, parmi lesquels Daniau, Diéffenbach, Doléris, etc., veulent qu’on opère tout de suite après l’accouchement; Nélaton disait d’attendre sept ou huit jours après l’accouchement; la plupart des chirurgiens préfèrent attendre pour opérer, la cessation de l’état puerpéral, c’est-à-dire le retour de la menstruation. p. l.
PÉRIODE. — Mot employé dans le langage médical pour désigner les changements qui s’opèrent dans le cours d’une maladie continue [période d'invasion, d'augment, d'état, de déclin ), et aussi la durée du temps qui s’écoule entre deux accès d’une maladie à forme intermittente. p. l.
PÉRIOSTE. — Le périoste est une membrane fibro-élastique entourant tout le squelette, sauf au niveau des surfaces articulaires et aux points qui donnent attache aux tendons et aux ligaments. Il est d’un blanc jaunâtre et présente une épaisseur généralement en rapport avec le volume de l’os. Le périoste adhère à l’os sous-jacent d’autant plus intimement que l’os appartient à un sujet plus avancé en âge. Cette adhérence est due, en partie, aux nombreux vaisseaux sanguins qui passent du périoste dans les canaux de Havers (V. Os). L'enveloppe des os renferme encore, des artères et des filets nerveux en grande abondance.
Chez le fœtus et pendant la période d’accroissement des os, on observe à la face interne du périoste une couche de petites cellules, désignées sous le nom de couche ostéogène. Elle préside, par sa transformation en tissu osseux, à l’accroissement des os et à leur reproduction lorsqu’ils ont été frappés de mortification. Les nombreuses artérioles qui passent du périoste dans les canalicules de l’os portent à ce dernier les éléments de sa nutrition. Aussi la destruction du périoste, entraînant celle de ses vaisseaux, a pour résultat de priver l’os des ses principes nutritifs.
Elle est une cause fréquente de nécrose (v. ce mot), surtout si la lésion présente une certaine étendue; aussi le chirurgien doit-il attacher un grand intérêt à conserver le périoste lorsqu’il pratique la résection d’un os ou son évidement, car il est assuré d’obtenir ainsi la reproduction de l’os. Ollier, chirurgien de Lyon, a démontré qu’un lambeau du périoste, détaché sur un animal vivant et fixé dans
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Jcs parties molles d’un autre animal, peut reproduire un os de même dimension. Dr Louis Thomas.
PÉRIOSTITE. — Nom donné à une maladie produite par l’inflammation du périoste. On distingue deux types différents : la périostite circonscrite, la périostite diffuse ou phlegmoneuse.
La périostite circonscrite est aiguë ou chronique. La forme aiguë reconnaît des causes locales, telles que des contusions, l’existence d’un ulcère au niveau d’un os superficiel, l’ostéite, etc., et des causes générales qui sont le rhumatisme, la scrofule et particulièrement la syphilis.
Au début, les malades accusent une douleur parfois très vive, exagérée par la pression. On observe du gonflement et une fièvre plus ou moins intense.
La périostite peut se terminer par résolution, par suppuration ou passer à l’état chronique. Le second mode de terminaison est le plus fréquent. Il s’annonce par des frissons irréguliers et un gonflement plus ou moins considérable de la région malade.
On utilisera, au début, la teinture d’iode en badigeonnages, les vésicatoires volants, les frictions d’onguent mercuriel. Mais le meilleur procédé consiste à pratiquer de bonne heure des incisions profondes, pénétrant jusqu’à l’os. Dans la périostite chronique, l’emploi des révulsifs et, en particulier, des pointes de feu, donne de bons résultats. Lorsque l'affection est d’origine scrofuleuse ou syphilitique, il faudra instituer un traitement général approprié.
La périostite diffuse se distingue de la précédente par l'étendue de l’inflammation et l’intensité des syptômes généraux.
Parmi les causes prédisposantes, on a cité des conditions hygiéniques défectueuses, certaines affections antérieures (variole, rougeole, etc.). Les causes occasionnelles sont généralement le froid, des fatigues excessives et le traumatisme.
Cette affection siège généralement à l’extrémité des os long et le plus souvent aux membres inférieurs. Chassaignac rapporte un fait curieux où presque tous les os de la moitié du corps étaient atteints.
Le premier symptôme est une douleur parfois excessive. Bientôt apparaît une tumeur dure, puis la fluctuation ne tarde pas à devenir facilement appréciable. La peau est souvent le siège de marbrures érythémateuses.
Les symptômes généraux font rarement défaut. Le malade accuse des douleurs vagues, des frissons, une soif vive, une céphalalgie intense. Parfois on observe de l’agitation, du délire même; parfois, au contraire, le malade est plongé dans une stupeur profonde et la mort survient dans le coma.
La périostite diffuse est une affection grave.
On a proposé un grand nombre de moyens de traitement tels que : teinture d’iode, sangsues, ventouses, vésicatoires Albespeyres, pointes de feu. Mais, à tous ces procédés, on devra préférer une large incision pénétrant jusqu’à l’os et l’usage des antiseptiques (V. Pansements).
Dans certains cas, compliqués de nécrose de l’os, on a dû recourir à la trépanation ou à l’amputation.