‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 186 sur 344 · PHI · texte numérisé non relu

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truisanl la vitalité des ferments organisés et vivants, » et d’insister sur les « avantages qu’il présente pour la facilité et la sûreté de son emploi. »

Les indications du phénol sont celles de l’acide phénique. Il s’emploie à l’extérieur comme hémostatique, dans les hémorrhagies des plaies, des ulcères phagédéniques ou cancéreux , dans les hémorrhagies consécutives aux piqûres de sangsues, aux coupures, etc. En dissolution dans la proportion de 1/4 à 1/20, il constitue un précieux topique désinfectant des plaies, sans les irriter, qui répond admirablement à toutes les indications du pansement antiseptique de Lister. Il constitue aussi un excellent topique contre les brûlures, les piqûres d’insectes, les morsures d’animaux, les contusions, les entorses, etc. Par son action astringente il fait cesser l’irritation et calme les douleurs très rapidement. C’est ainsi que, grâce à son emploi, le Dr Menuet, d’Enghien, est arrivé à faire cesser en dix minutes les cris de douleur d’un enfant assailli par une nuée de guêpes et qui, le lendemain, ne présentait plus que la trace des piqûres, au nombre de 250 au moins.

Le phénol rend aussi de grands services, en lotions dans la variole, dans l’intertrigo, le psoriasis, l’herpès et les affections parasitaires de la peau (poux, gale, etc.); en injections dans les leucorrhées, dans les écoulements des femmes enceintes et des nouvelles accouchées, dans l’ozène,les écoulements purulents de l'oreille; en gargarismes dans les stomatites et les gengivites, les angines, ladiphthérie, etc.

A l’intérieur on administre le phénol dans les fièvres typhoïdes, les dyssenteries, le choléra, la coqueluche, la diphthérie, etc.

Enfin, le phénol est journellement employé comme désinfectant hygiénique en pulvérisations ou en vaporisations dans les hôpitaux civils et militaires, dans les infirmeries, les salles de malades; dans les ateliers, les usines, les casernes, en un mot dans les endroits où l’air se trouve vicié par l’accumulation d'un grand nombre d’individus.

Mais pour obtenir les résultats que nous venons d’énumérer, il faut bien sê garder d’employer ces produits fraudés et falsifies, qu’on rencontre à bas prix dans le commerce et qui n'ont du phénol que le nom; il faut se servir exclusivement du phénol Bobœuf, c’est-à-dire du produit même de linventeur, préparé depuis sa mort, avec ses procédés, par le laborieux chimiste Henri Clostre (V. Bobœuf).

Dr P.-L. Tariude.

PHIMOSIS. — Le phimosis est cet état particulier dans lequel l’ouverture préputiale est trop étroite pour permettre au prépuce d’être ramené en arrière de la couronne du gland. Autrement dit, il y a phimosis toutes les fois qu’on ne peut pas décalotter.

Le phimosis est congénital ou accidentel, celui-ci est occasionné par la présence de chancres sous le prépuce.

Le phimosis congénital présente plusieurs variétés : 1 ouverture peut être excessivement étroite ou au contraire assez large pour pouvoir être ramenée derrière la verge pendant la flaccidité de cet

organe, mais non dans son état d’érection; le prépuce peut recouvrir exactement la verge ou se prolonger au-devant d’elle.

Le phimosis inflammatoire acquiert souvent des proportions énormes.

Le phimosis a plusieurs inconvénients. Il peut : 1° gêner la sortie de l’urine ; 2° déterminer le développement de balano-posthites très rebelles ; 3°empècher le traitement des chancres placés sur le gland ou la face profonde du prépuce; 4° rendre le coït douloureux, etc.; 5° occasionner la stérilité; 6" se transformer aisément en paraphimosis (Y. ce mot).

Il faut donc l’opérer, et pour cela on peut choisir entre deux méthodes : l 'incision et V excision.

L 'incision consiste à diviser, soit avec un bis-

Fig. 10H. — Opération du phimosis par incision.

A. Lame du bistouri introduit à plat entre le prépuce et le gland. — B. Manche du bistouri. — C. Main gauche du chirurgien. — D. Main d'un aide.

touri, introduit à plat entre le prépuce et le gland, soit plutôt avec des ciseaux, la partie dorsale du prépuce, mais il résulte deux lambeaux latéraux uu’il faut encore exciser; l'incision sera donc réservée pour le phimosis congénital dans lequel le prépuce recouvre exactement la verge sans se prolonger au-devant d’elle.

V excision est une méthode d’une application plus générale; elle se pratique souvent par le procédé de Ricord qui comprend trois temps :

Dans le premier temps, on attire le prépuce en avant et l’on trace à l’encre la ligne suivant laquelle on veut inciser, puis on abandonne le prépuce à lui-même, on s’assure ainsi du retrait qu’il éprouvera après la section; et si la ligne tracée ne correspond pas à la couronne du gland, on en trace une autre au point convenable.

Dans le deuxième temps, on ramène le prépuce en avant, on applique une pince derrière la ligne, et l’on coupe en avant d’elle tout ce qui dépasse.

Enfin, dans le troisième temps, la pince est retirée, la peau incisée se rétracte, et l’on aperçoit la muqueuse bleuâtre qui recouvre le gland; on en saisit le bord au milieu de sa partie supérieure et on la fend d’un coup de ciseau jusqu’au niveau de la peau; on peut en réséquer une partie de chaque côté et détacher le frein; si elle a contracté des adhérences avec le gland, on les détache à l’aide

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d’une sonde cannelée. La torsion suffit pour arrêter le sang provenant de la division des petites artérioles; cela fait, on réunit les bords de la mu-

Fig. 1042. — Opération du phimosis par excision.

A. Section oblique du côté gauche du prépuce. — B. Bord droit

du prépuce saisi par la pince. — C. Pince courbe. — D. Ciseaux coupant au-dessus de la pince et le long de la peau.

queuse incisée à ceux de la peau à l’aide de quinze à vingt serres-fines que l’on ne doit pas laisser en place plus de vingt-quatre heures. Dr Léon moynac.

PHLÉBITE. — On désigne sous ce nom l’inflammation des veines. On rencontre fréquemment cette affection ; elle peut donner lieu à des accidents très graves.

Le premier effet de la phlébite consiste dans la formation d’un caillot qui se solidifie, obstrue la veine et la transforme en un cordon imperméable. La longueur du caillot est variable, il remonte parfois jusqu’aux capillaires. Il est plus dur et présente au centre une coloration blanchâtre. Souvent le caillot disparaît et la veine redevient souple et perméable. Dans d’autres cas, des traînées de tissu fibreux s’établissent à travers le caillot, entre les parois veineuses qui se rapprochent et deviennent adhérentes. La veine est alors transformée en une corde fibreuse. Enfin, dans d’autres cas, des abcès se forment sur le. trajet de la veine, le caillot est détruit par la suppuration, et ses détritus, emportés par le courant sanguin, donnent lieu aux redoutables accidents de l 'infection purulente.

La phlébite s’observe à tous les âges. Empis et Péter ont publié des cas de phlébite spontanée survenant dans le cours d’un rhumatisme. On a cité des exemples de cette affection à la suite d’un refroidissement. On l'observe aussi sur des veines atteintes de dilatations variqueuses. Mais, le plus souvent, la phlébite reconnaît une origine traumatique. On l’observe fréquemment à la suite d’une saignée pratiquée avec une lancette malpropre. Toutes les opérations qui intéressent les veines (excision, section, ligature, compression, contusion, déchirement) peuvent lui donner naissance. Les injections irritantes dans les varices sont une cause assez fréquente. Elle complique parfois les plaies contuses, les phlegmons diffus, les anthrax. La phlébite des veines de l’utérus résulte souvent de la

plaie produite par le décollement du placenta, après l’accouchement.

La phlébite s’annonce par une douleur sourde, augmentant par la pression et siégeant sur le trajet de la veine malade. On voit bientôt apparaître du gonflement des tissus environnants; la veine enflammée semble dilatée, bleuâtre, puis elle devient plus ou moins rouge.

Elle se présente sous la forme d’un cordon dur et noueux au niveau des valvules distendues par le sang coagulé. Lorsque la veine est le siège d’une plaie celle-ci présente des bords enflammés, douloureux et sécrétant un pus mal lié. Le membre affecté devient lourd; le moindre mouvement y provoque parfois de vives douleurs. Ces symptômes locaux s’accompagnent de phénomènes généraux plus ou moins intenses. On observe le plus souvent un mouvement fébrile léger, de la céphalalgie, de la soif, de la courbature, un peu d'agitation ; puis ces symptômes disparaissent et tout rentre dans l’ordre. Mais, dans certains cas, on voit survenir des accidents généraux très graves: du frisson, une fièvre intense, des nausées, des vomissements, de l’insomnie, des accidents cérébraux. En même temps la douleur est très vive et le gonflement devient considérable. Ces symptômes doivent faire redouter la suppuration du caillot et l’infection purulente.

Lorsque la phlébite, dans les cas légers, se termine par résolution, elle se prolonge rarement au delà d’une dizaine de jours. Mais la phlébite suppurée est une affection grave qui aboutit fréquemment à la mort: la petitesse du pouls, le refroidissement des extrémités, une diarrhée fétide, des sueurs visqueuses, tels sont les symptômes d’une terminaison fatale.

La présence d’un cordon dur, noueux, plus ou moins profond, sans rougeur superficielle étendue, du gonflement et une douleur sourde, permettront de ne pas confondre la phlébite avec la lymphangite ou un phlegmon commençant.

Le traitement de la phlébite consiste, dès qu’on voit survenir cet accident, à prendre les plus grands soins pour éviter la terminaison par suppuration et l’infection purulente qui aboutit presque fatalement à la mort. On devra garder un repos absolu, car les mouvements peuvent détacher un fragment du caillot et provoquer ainsi des accidents mortels. On a beaucoup insisté autrefois sur la nécessité de pratiquer des émissions sanguines à l’aide de sangsues ou à l’aide de saignées fréquemment répétées. On a vanté aussi l’emploi de la teinture d’iode en badigeonnages sur les veines enflammées, les cautérisations au fer rouge, i’application de larges vésicatoires volants. Mais tout ces moyens thérapeutiques sont aujourd’hui abandonnés et nous préférons le traitement suivant. On entoure d’ouate le membre malade et on l’immobilise en le déposant dans une gouttière. On doit laver soigneusement la plaie qui a servi de point de départ à la phlébite et on y applique des compresses trempées dans une solution antiseptique. Dans la phlébite suppurée, dès que le pus sera collecté, on devra pratiquer de larges incisions afin de lui donner issue et chercher à éviter ainsi l’infection puru-

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lente. Desmon recommande des lavages avec une solution de chlorure de zinc à 1/12- Enfin on n’oubliera pas, c’est là un point important, d’alimenter et de tonifier le malade afin de soutenir ses forces le plus possible. Dr Lodis Thomas.

PHELGMASIE. — Mot employé en médecine comme synonymé à! inflammation (V. ce mot), p. l.

PHLEGMON. — Nom donné par les chirurgiens à des tuméfactions dues à l’inflammation du tissu conjonctif. Si la tuméfaction est limitée, on lui donne le nom de phlegmon circonscrit ; lorsque, au contraire, elle occupe une grande étendue et qu’elle s’accompagne de symptômes généraux graves, elle constitue le phlegmon diffus.

I. Phlegmon circonscrit.— Le phlegmon circonscrit peut être superficiel ou profond.

A. — Le phlegmon superficiel succède souvent à une irritation de la peau, à une écorchure. Dans cette variété de phlegmon, il y a de la tuméfaction. La peau est chaude et présente une rougeur qui disparaît sous la pression du doigt. La tuméfaction est accompagnée d’une induration du point enflammé. 11 existe une douleur locale qui est plus vive le troisième ou le quatrième jour, mais qui diminue au moment où le point central de la tumeur se ramollit pour donner issue au pus de l’abcès qui s’est formé.

Les symptômes généraux manquent souvent.

Lorsqu’ils existent, ils consistent en ce qu’on appelle, en chirurgie, fièvre inflammatoire. L’appétit diminue, la soif augmente, il y a de la constipation, quelquefois on constate des vomissements bilieux. 11 y a de légers frissons, de l’ampleur et de la fréquence du pouls. 11 n’est pas rare de trouver de la céphalalgie, et, chez les enfants, un délire qui ne doit pas inquiéter.

B. — Lorsque le phlegmon est profond , la plupart de ces symptômes manquent; on est forcé d’établir un diagnostic d’après la douleur, les symptômes généraux, et, si la maladie siège sur un membre, d’après la tuméfaction de celui-ci.

Le phlegmon circonscrit présente tous les modes de terminaison que nous avons indiqué précédemment pour l’ inflammation (V. ce mot). Il suppure le plus souvent et donne lieu à la formation d’un abi cès (V. Abcès).

On peut confondre le phlegmon circonscrit superficiel avec un furoncle , un anthrax, un érysipèle (V. ces mots).

Le phlegmon superficiel ne présente pas de gra vité, à moins que l’angioleucite et l’adénite ne viennent le compliquer. Le phlegmon profond est plus grave, à cause du séjour, dans les tissus, d’un pus qui ne trouve pas une issue facile.

Quel doit être le traitement du phlegmon circonscrit? Au début, il faut chercher à obtenir la résolution. On y parvient quelquefois, en supprimant, quand cela est possible, la cause même du phlcgi mon; en frictionnant, deux ou trois fois par jour, i la partie enflammée, avec de l’onguent napolitain , pur, ou mélangé à 1/15' d’extrait de belladone, si , les douleurs sont violentes; ou bien en appliquant | sur le même point un vésicatoire volant. Si, au

bout de quatre ou cinq jours, les symptômes persistent, l’abcès se forme.

Le meilleur traitement, s’il y a suppuration, consiste dans l’incision, qui donne issue au pus, et fait, par suite, disparaître les symptômes inflammatoires. Si la suppuration s’est produite et que le pus soit encore à l’état d’infiltration, l’incision n’en est pas moins excellente, en ce qu’elle amène l’expulsion du liquide purulent déposé dans les mailles du tissu conjonctif. Enfin, s’il y a abcès, à plus forte raison doit-on donner issue au pus.

II. Phlegmon diffus. — Le phlegmon diffus est une inflammation étendue, avec gangrène du tissu conjonctit. On distingue deux espèces de phlegmon diffus : le phlegmon superficiel et le phlegmon profond. Cette division est importante, car les symptômes de la maladie diffèrent dans les deux cas.

On observe le phlegmon diffus plus particulièrement chez les adultes, et notamment chez les adultes hommes, qui sont plus exposés aux accidents qui causent cette maladie. Ce phlegmon se développe, en effet, sous l’influence de contusions profondes, de froissements de la peau, à la suite de piqûres, surtout lorsque les instruments sont chargés de matière septique (piqûre anatomique).

Une écorchure de la peau, irritée par la chaussure ou parles vêtements, peut déterminer la formation d’un phlegmon diffus. Il en est de même de l’inflammation des bourses séreuses, phénomène fréquemment observé pour ces petites cavités closes qui siègent au-dessous des durillons de la main, chez les ouvriers. Chez eux, cette inflammation, durillon forcé, se propage au tissu cellulaire lâche de la racine des doigts, pour gagner le dos de la main et l’avant-bras.

Un panaris peut amener le développement d’un phlegmon diffus de la main ou de l’avant-bras, par propagation de l’inflammation le long de la gaine tendineuse.

On ne sait quelquefois à quelle cause rattacher le phlegmon diffus; mais, dans ce cas, il se montre rarement chez des individus d’une bonne constitution.

Les symptômes sont locaux et généraux.

Tantôt le phlegmon débute par la douleur et la rougeur, tantôt c’est par l’état général, un frisson violent, la fièvre. Dans quelques cas, les deux ordres de symptômes se montrent en même temps.

Les symptômes locaux varient selon que le phlegmon est superficiel ou profond.

A. Phlegmon superficiel. — Dans la première période, période d’inflammation ou d’induration, on observe une tuméfaction très étendue, avec rougeur disparaissant sous la pression du doigt et s’accompagnant d’une induration de la peau dans toute la partie tuméfiée; celte induration connue sous le nom d’empâtement, conserve l’empreinte du doigt qui a comprimé. Le malade ressent une douleur atroce, se propageant quelquefois dans le sens des nerfs superficiels qui traversent le lieu de l’inflammation.

Dans la deuxième période qui est celle de suppuration, on constate la sensation de pulsations artérielles au niveau du phlegmon, la mollesse et

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la fluctuation, signe indicateur de la collection purulente. En même temps, on voit l’épiderme soulevé, çà et là, par un liquide séreux ou sanguinolent. Ces phlyctènes indiquent l'apparition prochaine d'eschares; celles-ci sont dues à la destruction des vaisseaux sous-cutanés parla collection purulente.

La troisième période a reçu le nom d’élimination des eschares. Une inflammation éliminatrice se produit autour des eschares, un sillon circonférenciel se creuse et laisse sourdre le pus. La chute naturelle ou l’ablation de l’eschare permet au pus de s’écouler plus librement ; toutes les surfaces suppurantes se couvrent bientôt de bourgeons charnus.

B. Phlegmon profond. — Dans le phlegmon diffus profond, le malade accuse, le long des nerfs qui traversent le phlegmon, des douleurs atroces, dues à la compression violente des tissus par l’inflammation, compression telle que les liquides circulent difficilement, et que les nerfs eux-mêmes sont comprimés : il y a alors étranglement inflammatoire.

La compression des vaisseaux amène de l’œdème du membre, au-dessous du point malade. La région qui est le siège du phlegmon est généralement tuméfiée et douloureuse à la pression. Dans le phlegmon profond, il n’y a pas de rougeur et il ne se forme pas d’eschares, comme dans le phlegmon superficiel; la fluctuation est obscure. On est donc réduit à établir le diagnostic par l’intensité des symptômes généraux, par la douleur excessive et par l’œdème.

Les symptômes généraux sont souvent d’une gravité extrême. On constate d’abord une prostration considérable; le malade est dans le décubitus dorsal; la face exprime la souffrance, les yeux sont caves, les traits tirés. Il y a anorexie et soif très vive ; un enduit blanc jaunâtre couvre la langue qui est humide dans les premiers jours, mais qui, plus tard , devient sèche et quelquefois noire , comme dans certains cas de fièvre typhoïde. Dans les premiers jours, il y a de la constipation; mais, bientôt il survient une diarrhée qui persiste et qui peut entraîner la mort du malade.

Le pouls est plein, large, dur au début; plus lard, petit et faible ; la peau est chaude et brûlante.

Il existe fréquemment un délire assez intense, souvent suivi de somnolcnee et même de coma.

La maladie peut être divisée en trois périodes, que nous avons suffisamment caractérisées : d’inflammation, de suppuration et d’élimination des eschares. La duree est variable. Au minimum, le phlegmon diffus dure trois semaines; mais, ordinairement, on le voit durer un mois, un mois et

[demi, et même davantage. On comprend que le phlegmon diffus profond ait une durée plus longue que le superficiel.

Le phlegmon diffus se termine quelquefois par la guérison, le plus sou\ent par la mort. Dans le premier cas, on constate d’abord un amendement des symptômes généraux, puis la cessation de la fièvre; plus tard les symptômes locaux disparaissent. Après la guérison, il reste une induration et des traces de cicatrices assez analogues à celles de la brûlure.

Dans le deuxième cas, la mort survient, quelquefois, sous l’influence de l’intensité des symptômes généraux; d’autres fois, par suite d'infection purulente : c’est alors qu’on voit, dans le cours de la maladie, le sujet pris de frissons violents précédés d’une coloration jaune terreux des téguments. Son corps est couvert d’une sueur froide et visqueuse.

Le malade succombe aussi quelquefois par épuisement résultant d’une longue suppuration.

Le phlegmon diffus peut être confondu, au début, avec le phlegmon circonscrit , Yérysipèle, la phlébite, l’ angioleucile , un rhumatisme , une névralgie intense (V. ces mots).

Ce que nous avons dit de la terminaison indique que le phlegmon diffus est très grave, et que le malade est exposé à de nombreuses chances de

mort.

Il est plus grave dans certaines régions, au cou, par exemple, à cause du voisinage d’organes importants.

Quel doit être le traitement du phlegmon diffus? Il ne faut compter sur aucun des moyens autrefois employés pour obtenir la résolution, onguents, vésicatoires volants, etc. Velpeau s’est bien trouvé de la compression, au début; mais il faut surveiller attentivement le malade, réappliquer l’appareil dès qu’il se relâche, c’est-à-dire quatre ou cinq fois par jour. Si nous disons, en outre, que ce moyen réussit rarement, et qu’il est dangereux lorsqu’il n’est pas employé avec beaucoup de précautions, on y aura rarement recours. Nous en dirons autant des cataplasmes.

Le vrai traitement du phlegmon diffus, à quelque période qu’on l’observe, est le traitement par le bistouri. De larges et nombreuses incisions, faites dès le début, et sur toute l’épaisseur des parties enflammées, amènent quelquefois la résolution. Ces incisions doivent être parallèles, et distantes les unes des autres de deux travers de doigt. S’il y a collection purulente, on donne issue au pus par une incision située au point déclive. On fera une contre-ouverture, si le foyer est vaste, et l’on pourra, avec avantage, faire passer parles deux ouvertures une mèche ou un tube à drainage. Plus tard, si le pus croupit en quelque point, il faut prévenir des accidents graves en faisant des injections dans la cavité purulente : injections d’eau, d’eau alcoolisée, d’eau phéniquée.

Au début, on pourra employer contre les douleurs les topiques calmants : onguent napolitain belladoné, cataplasmes laudanisés; une pilule d’extrait thébaïque de cinq centigrammes.

Dès que les symptômes fébriles sont calmés, il faut songer à alimenter le malade, en augmentant graduellement les aliments, afin qu’il puisse résister à la suppuration. Lorsque ses forces le permettront, on le fera changer d’air, surtout s’il se trouve dans un grand centre de population.

Pendant toute la durée du traitement, il est utile de tenir le membre dans un repos absolu, et l’extrémité du membre dans une position plus élevée que la racine.

On n’a plus recours aujourd’hui aux sangsues et aux saignées, qui affaiblissent les malades et qui n’empêchent pas la suppuration. On n’en fera

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usage, au début, que dans des cas exceptionnels, chez des hommes sanguins et très vigoureux.

Dr J.-A. Fort.

PHLYCTÈNE. — Mot employé comme synonyme de bulle ou de vésicule (V. ces mots). p. l.

PHONATION. — Mot employé pour désigner tous les actes qui concourent à la production de la voix et de la parole. Elle est limitée chez les animaux à la production de certains sons ; l’homme seul est capable de produire la voix articulée.

L’existence des poumons et du larynx est la condition primordiale indispensable pour la production de la phonation.

Les poumons sont chargés de fournir au larynx la matière première, l’air, que celui-ci utilise comme le ferait un instrument à anche, le hautbois, par exemple.

Le mécanisme de la phonation peut être ramené à trois actes principaux .

1° Emplissage des poumons {ins-pirat ion) de la provision d’air nécessaire pour la production des sons ;

2° Expulsion de cet air ( expiration ) au travers du larynx ;

3° Utilisation de cet air expiré pour la production des sons et transformation des sons en voix articulée au moyen de l’appareil articulateur (bouche, langue, lèvres, dents, palais).

Comme il est impossible de parler sans emplir au préalable l’appareil pulmonaire d’une certaine quantité d'air, l’inspiration et l’expiration sont donc deux temps très importants dans la phonation.

L’introduction de l’air qui doit être utilisé pour la parole doit se faire uniquement par la bouche ; l’inspiration nasale n'est permise que pour la respiration vitale. L’expiration doit avoir lieu également par la bouche de façon à laisser aux organes articulateurs une plus grande puissance pour la transformation du son en voix articulée. Cette transformation est un mécanisme beaucoup plus délicat que le .jeu de la respiration, en raison de la complexité des manœuvres à effectuer et de l’extrême sensibilité des organes articulateurs. Nous avons exposé au mot parole le mécanisme de la production des voyelles et des consonnes. Nous expliquons au mot voix comment le larynx engendre les sons au moyen des vibrations des cordes vocales. Dr a. Chervin.

PHOSPHATES. — Nom donné par les chimistes aux sels résultant de la combinaison de l’acide phosphorique avec une base. Les principaux phosphates employés en médecine sont les phosphates de chaux et le phosphate de fer (V.ce mot), p. l.

PHOSPHATES DE CHAUX. — Les principales préparations de phosphates de chaux, sont: le chlorhydro-phosphate de chaux et le lacto-phosphate de chaux, le bi-phosphate de chaux, qui forment la base de la solution Pautauberge, du vin et du sirop de Dusart , du vin de Baudon (V. Pautauberge , Dusart, Baudon). Comme elles

ont été étudiées à l’article Chaux, nous ne pouvons qu’y renvoyer le lecteur (V. Chaux). p. l.

PHOSPHATE DE FER. — Le phosphate de fer est une poudre d’une couleur bleu ardoise foncé, insoluble et astringente, qui s’administre à la dose de 10 à 50 centigrammes par jour, en poudre, en sirop ou en pilules. Ce sel partage les propriétés du fer pour former les globules sanguins, et du phosphore pour consolider les os ramollis. Il peut rendre des services contre le rachitisme, l’ostéomalacie, la scrofule, et aussi, bien entendu, contre l’anémie, la chlorose et les affections qui en dérivent. Il est à peu près abandonné aujourd’hui, par suite de la préférence qu’on accorde aux préparations solubles de pyrophosphate de fer (V. ce mot). D' m. C.

PHOSPHÈNE. — Nom donné par les oculistes à des apparitions lumineuses qui se produisent lorsqu’on agit sur la rétine, en exerçant avec le doigt

Fig. 1043. — Phosphène nasal

une pression sur le globe de l’œil. Ces apparitions occupent toujours une situation diamétralement opposée au point comprimé. Ainsi lorsqu’on exerce

Fig. 1044. — Phosphène frontal.

la pression oculaire du côté du temporal, le phosphène se produit du côté du nez (fig. 1043); lorsqu’on appuie du côté du front; le phosphène se montre en basC/i^. 1044). La production de ces phosphènes chez un individu qui a une opacité de la cornée ou du cristallin, ou une cataracte, indique à l’oculiste que la rétine est encore sensible à la pression. p. L.

PHOSPHORE. — Chimie. — Le phosphore, retiré d’abord des urines par Brandt, en 1 669, et extrait par Gahn, en 1769, des os calcinés, se rencontre

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dans le règne minéral et végétal à l’état de phosphates, et se trouve dans les os, les nerfs, la moelle et le cerveau des hommes et des animaux.

Il se présente dans le commerce sous trois états différents : le phosphore normal ou cristallisable, le phosphore rouge ou amorphe et le phosphore noir. Le premier est le seul employé en médeciné. C'est un corps simple, solide, mou, incolore ou légèrement ambré, inflammable par le frottement, translucide, dégageant une odeur d’ail très prononcée, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther, les corps gras et surtout dans le sulfure de carbone, et répandant des lueurs phosphorescentes dans l’obscurité. Lorsqu’on l'expose dans le vide ou sous l’eau, aux rayons du soleil, il devient rouge, cesse d’ètre lumineux dans l’obscurité et passe à l’état amorphe : à cet état, il n’est pas toxique.

Effets. — A l’état de vapeurs, le phosphore exerce une action irritante plus ou moins vive sur la conjonctive oculo-palpébrale et sur la muqueuse des voies respiratoires, et cette irritation peut déterminer une inflammation plus ou moins intense. Le phosphore enflammé produit des brûlures très douloureuses et graves.

Administré à l’intérieur, à doses très faibles, \ a 5 milligrammes, le phosphore produit dans l'estomac une sensation douce et agréable, stimule l’appétit, facilite la digestion, rend le pouls plus fort, élève la température, accroît momentanément les forces musculaires, excite le système nerveux et exerce une action aphrodisiaque sur l’appareil génital. Mais son usage ne doit pas être continué longtemps, autrement il s’accumule dans l’organisme et finit par déterminer de véritables phénomènes d’intoxication : douleurs gastralgiques, coliques violentes, diarrhée abondante, fièvre, miction pénible et douloureuse, etc. Avalé à doses massives de 10 à 15 centigrammes et au delà, il produit un empoisonnement complet, aigu, très grave, qui se termine par la mort.

Usages. — Le phosphore s’emploie à l’extérieur et à l’intérieur. A l'extérieur, on l’emploie sous

I forme de pommade, à la dose de 1 gramme de phosphore pour 100 grammes d’axonge, contre certaines maladies de peau à forme squameuse; on en a retiré de bons effets contre le lupus, le psoriasis, le pemphigus, et contre les engorgements ganglionnaires. Certains médecins s’en servent pour détruire le parasite de la gale. A l’intérieur, on l’administre comme aphrodisiaque dans l’anaphrodisie et l’impuissance; comme stimulant du système nerveux dans les paralysies anciennes du cerveau ou de la moelle (hémiplégie ou paraplégie), et dans l'ataxie locomotrice; mais dans cette dernière affection, Gubler et notre excellent ami et éminent collaborateur Landrieux n'ont pas remarqué une seule fois d’amélioration vraiment satisfaisante.

Quant au mode d’administration, il faut toujours commencer par des doses très faibles, 1 milligram., pour arriver graduellement à 5 ou 8 milligrammes par jour, en deux ou trois fois, au moment du repas. Le phosphore peut s’administrer en pilules ou en solution dans l’huile. 11 faut avoir bien soin d’en suspendre l'usage après dix à douze jours, de crainte

d’observer les accidents de l’accumulation, et de le recommencer après cinq ou six jours, en débutant de nouveau par 1 milligramme.

Empoisonnement par le phosphore. — L empoisonnement par le phosphore peut être aigu ou chronique.

L’empoisonnement aigu est très fréquent depuis l’emploi des allumettes chimiques, et de la pâte phosphorée destinée à détruire les rats et autres animaux nuisibles.

L’empoisonnement aigu par le phosphore produit : 1° des symptômes locaux; 2° des symptômes généraux beaucoup plus graves et consécutifs à son absorption, qui ont été très bien décrits par Rabuteau.

1° « Aussitôt après l’ingestion de la substance vénéneuse, dit-il, et parfois au moment même de cette ingestion, la victime éprouve des éructations alliacées et phosphorescentes. Puis, au bout de quelques heures, de 5 à 6 par exemple, elle ressent une douleur violente à l’épigastre, douleur qui se propage dans l’abdomen. L’estomac et le ventre sont excessivement sensibles, il y a du météorisme. Il survient des renvois de gaz ayant une odeur alliacée, et, le plus souvent, des vomissements de matières contenant du phosphore, ayant une odeur forte, et lumineuses dans l’obscurité. Ces vomissements s'accompagnent de selles diarrhéiques offrant les mêmes caractères. 11 est rare que les matières vomies et les selles soient sanguinolentes dans cette première série de symptômes. 11 peut se faire que tout se borne à ces accidents, ce qui malheureusement n’est pas commun et ne peut avoir lieu que lorsque le poison contenu dans le tube digestif a été rejeté en totalité ou qu’une minime quantité a pénétré dans la circulation.

2" « La substance toxique se trouve déjà diffusée dans l’organisme. A ce moment, le patient peut succomber rapidement dans le collapsus, par syncope ou dans les convulsions, comme s’il s’agissait d’une intoxication par l’oxyde de carbone ou l’acide cyanhydrique. Mais, en général, les choses se passent de la manière suivante : l'haleine, la sueur et l’urine qui, naguère n’avaient pas d'odeur alliacée et n'étaient pas phosphorescentes, acquièrent souvent cette odeur et luisent dans l'obscurité, ce qui prouve d’une manière frappante la pénétration du poison dans le sang, car on observe la même chose chez les animaux dans lesquels on a injecté dé l'huile phosphorée. Puis il se manifeste une dépression considérable de toutes les fonctions, dépression précédée en général d une excitation de courte durée. Ainsi le pouls, d’abord fort et fréquent, devient petit, insensible, souvent irrégulier; la respiration, d'abord accélérée, devient pénible, faible, stertoreuse ; la température, qui s’était d’abord élevée, s’abaisse d’une manière considérable; les muscles, qui étaient souvent atteints de tremblement, se paralysent; de sorte que non seulement les mouvements sont difficiles, mais qu il survient parfois des selles involontaires, par suite de la paralysie du sphincter anal. Enfin, aux douleurs violentes de l'épigastre et de l’abdomen pendant la première période, aux crampes qui se produisent pendant la seconde période, après la péné-

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tration du poison dans la profondeur de l’organisme, aux sensations de fourmillement, succède une anesthésie parfois complète. »

Ensuite, vers le troisième ou le quatrième jour, surviennent de l’ictère, de l’albuminurie, la stéatose des organes et autres symptômes qui indiquent le trouble de la nutrition. Enfin, la mort arrive, quelquefois précédée de convulsions, mais le plus souvent dans le collapsus et le coma. Dans les cas où la mort ne survient pas à la fin de la première période, elle arrive du huitième au dixième jour.

Le traitement de l’empoisonnement aigu par le phosphore consiste tout d’abord à administrer au malade un vomitif (soit 10 centigrammes d’émétique, soit 2 grammes d'ipécacuanha dans un demiverre d’eau), ou un émétho-cathartique, d’après la formule suivante :

Emétique 10 centigr.

Sulfate de soude 15 grammes.

Eau chaude 250 —

à prendre en trois fois, à un quart d’heure d’intervalle. Marlin-Damourette recommande de préférence, comme vomitif, le sulfate de cuivre, qui serait réduit en phosphure de cuivre; puis comme purgatif la magnésie. Lorsque les effets vomitifs et purgatifs auront été obtenus, il faut faire prendre au malade de l’eau de chaux, de la magnésie calcinée délayée dans de l'eau ; Personne et Laboulbène recommandent l’essence de térébenthine qui, d’après eux, agirait en empêchant dans le sang l’oxydation du phosphore; dans ce cas, il faut une dose d’essence 100 fois plus grande que celle du poison ingéré. On a aussi conseillé les essences de citron, de menthe, de lavande, de romarin, etc. Recommandation importante : il faut bien se garder d’administrer un purgatif huileux, tel que l’huile de ricin, et de faire avaler du lait, car ces substances dissoudraient le phosphore et favoriseraient l'intoxication.

L’empoisonnement chronique est un véritable empoisonnement professionnel qu’on ne rencontre guère que chez les individus qui préparent le phosphore et surtout chez ceux qui fabriquent les allumettes chimiques (V. ce mot).

Les symptômes qui le caractérisent peuvent se résumer ainsi : Du côté des voies digestives : douleurs d’estomac, dyspepsie, coliques, diarrhée; du côté des voies respiratoires : toux, irritation bronchique, étouffements, exhalation par la bouche de vapeurs lumineuses dans l’obscurité; du côté du système nerveux : céphalalgies, engourdissement des membres, phénomènes dépressifs du côté du cerveau; du côté de la peau : coloration jaune de la peau et maigreur progressive.

^ En dehors de ces symptômes, on observe dans l’empoisonnement chronique professionnel par le phosphore, un accident très grave et vraiment caractéristique : c’est la nécrose phosphorée des os maxillaires, que les ouvriers appellent le mal chimique. Pour les uns, cette nécrose serait une manifestation locale d’une intoxication générale; cette opinion n’est guère soutenable. Dès 1846, le DrThéopliyle Roussel affirmait que la nécrose était le résultat de la pénétration du phosphore dans les

maxillaires par les dents malades. En 1875, notre ami Magitot, dans un remarquable mémoire lu à l’Académie des sciences, reposant sur un bon nombre d’observations, a soutenu la même opinion. Il a démontré que « la nécrose des maxillaires d’origine phosphorée reconnaît pour cause unique, pour porte d’entrée invariable et exclusive, une certaine variété de carie dentaire, la carie pénétrante.

La nécrose commence par l’un ou l’autre maxillaire, plus souvent par le supérieur que par l’inférieur. « L’inflammation débute par le périoste alvéolo-dentaire, gagne le corps de l’os, entraîne la suppuration, et souvent aussi donne naissance à de nouvelles formations osseuses qui, à leur tour, prennent part à la formation du pus. Il se forme là un vaste foyer purulent qui décolle le périoste et gagne du terrain. La mortification de l’os et la formation d’un séquestre en sont la conséquence. Tantôt la nécrose s’étend à la totalité du maxillaire, tantôt elle reste limitée à une portion de l’arcade alvéolo-dentaire. L’élimination du séquestre dépend du plus ou moins d’extension de la nécrose; elle se fait, en général, du côté de la bouche. Quant à la régénération, elle a lieu ordinairement au maxillaire inférieur, mais jamais d’une manière complète. Au maxillaire supérieur, l’absence de réparation est la règle. Quant aux symptômes, ce sont : une douleur dentaire, un gonflement phlegmoneux dépassant, le plus souvent, la limite du mal et s’étendant au cou et à la face. Un pus fétide s’échappe au travers de fistules multiples. L’érysipèle est un complication fréquente. Il y a, petit à petit, une véritable résorption d’éléments putrides. L’alimentation devient insuffisante et les symptômes généraux d’épuisement finissent par amener la mort » (Layet).

Le traitement ou plutôt l’hygiène préservatrice de l’intoxication professionnelle par le phosphore consiste dans l’emploi de mesures spéciales les unes aux chefs d’ateliers, les autres aux ouvriers qui fabriquent les allumettes chimiques. Elles ont été exposées tout au long à l’article Allumettes chimiques (V. ce mot). Dr Paul Labarthe.

PHOSPHORE DE ZINC. — Le phosphure de zinc est un sel de couleur grisâtre à reflets métalliques, résultant de la combinaison du phosphore avec le zinc dans des proportions telles qu’il ne contient que le quart de son poids de phosphore. Il a été proposé par P. Vigier pour remplacer les préparations de phosphore. Il s’administre dans les mêmes cas que ce médicament, à la dose quotidienne de 8 à 15 granules dosés chacun à 1 milligramme, p. L.

PHOTOGRAPHES. — Hygiène professionnelle. —

Les photographes sont exposés, dans l’exercice de leur art, à divers accidents. Et d’abord ils sont exposés aux funestes effets produits par les poisons énergiques qu’ils emploient journellement, j’ai nommé le cyanure de potassium, le biclilorure de mercure et le bichromate de potasse (V. ces mots).

Les seuls accidents qui se sont produits dans ces circonstances, dit Tardieu, ont toujours eu pour cause soit l'existence de crevasses ou de coupures existant aux doigts, soit la persistance à frotter

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avec un fragment de cyanure de potassium solide les taches de nitrate d’argent sur la peau, et que le cyanure de potassium fait souvent disparaître.

Dans ce dernier cas, l'épiderme, ramolli d’abord par l’action énergiquement alcaline du cyanure de potassium, est bientôt enlevé par les frottements réitérés, et n’oppose plus aucune résistance à la mortelle absorption de ce produit.

Tous les photographes connaissent le fait suivant, qui a été publié par un de leurs confrères, Davanne : « l'n photographe, M. M..., voulant faire disparaître les taches noires laissées à l’une de ses mains par le nitrate d’argent, les frotta avec un assez gros morceau de cyanure de potassium, et il s’en glissa un petit morceau sous l’ongle d’un des doigts. N’y ayant point d’abord fait attention, il ne tarda pas y éprouver une vive douleur, et en quelques instants il fut pris de vertiges, de telle sorte que tout semblait tourner autour de lui. Pour se débarrasser promptement , il eut la malheureuse idée d’employer du vinaigre, le cyanure de potassium fut aussitôt décomposé, et de l’acide cyanhydrique (qui n'est autre chose que de l’acide prussique) se trouva mis en liberté. Les vertiges arrivèrent au plus haut point, accompagnés de frissonnements, pâleur de la face, œil éteint, dépression profonde des forces, impossibilité de parler, mais conservation de l’intelligence, puis refroidissement des extrémités. Cet état dura près de dix heures. Des frictions froides le long de la colonne vertébrale. Des inspirations d’ammoniaque, une forte infusion de café noir, mirent un terme à ces graves accidents. »

11 peut paraître surprenant que les photographes qui manient journellement le cyanure de potassium, n’éprouvent pas plus d’accidents, alors que, surtout en hiver, le séjour fréquent des mains dans l’eau leur occasionne des gerçures et des crevasses. Cela tient évidemment à ce que, dès que l’épiderme est gercé ou crevassé, le contact du cyanure sur cette partie dénudée provoque un picotement qui avertit suffisamment les photographes d’avoir à prendre des précautions, dont la meilleure consiste dans le lavage immédiat à grande eau de la partie atteinte par le cyanure.

Le bichlorure de mercure qu’on emploie aussi fréquemment en photographie, est un poison très violent, mais la science ne possède aucune observation d’empoisonnement par suite de son emploi.

Le bichromate de potasse, également d’un emploi fréquent en photographie, peut, par un usage répété, déterminer des accidents, car ce produit est un caustique énergique et un poison corrosif

violent.

L’évaporation à laquelle beaucoup de photographes soumettent le bain d’argent pour en tirer parti, sans précipiter l'argent à l’état de chlorure, peut aussi engendrer de graves accidents. En effet, dans le bain d'argent se trouvent mélangés le nitrate d’argent, de l’alcool provenant des glaces collodionnees et l'acide azotique qu'ils y ont souvent ajouté goutte à goutte, c’est-à-dire tous les éléments pouvant produire du fulminate d’argent qui détone au moindre choc.

OtCTIONNAlRE POPULAIRE r>E MÉDECINE USUELLE.

Nous avons eu à soigner, en 1884, pour des acci- | dents survenus à la suite d’une opération de ce genre, un employé de notre ami E. Pirou, l’habile photographe du boulevard Saint-Germain, à qui nous devons la splendide collection, unique au monde, de tous les membres des cinq Académies formant l’Institut de France.

Le séjour de l’opérateur dans l’atelier de développement des clichés est insalubre; l’insalubrité gît dans l’absence de lumière blanche dans le laboratoire et dans le manque d’air.

L’atelier où l’opérateur développe et fixe ses clichés, devant avoir forcément une fenêtre munie.de carreaux jaunes ou rouges, suivant le procédé employé, il s’ensuit que l’œil qui doit s'habituer à voir dans ce milieu obscur, éprouve une tension qui réagit sur le système nerveux, et qu'il doit nécessairement en ressentir une certaine fatigue.

De plus, il est certain que le manque d’air est contraire à toutes les règles d'hygiène. Or, l’acide pyrogallique, employé pour le développement des clichés, en contact avec l’ammoniaque également employé, absorbe rapidement l’oxygène. Il n’est donc pas surprenant que passant chaque jour ur certain temps dans des ateliers hermétiquemeni clos où l’air ne se renouvelle pas, et où, sous l’influence du mélange cité plus haut, l’oxygène diminue de minute en minute, les opérateurs s’étiolent. Si nous ajoutons, par-dessus le marché, les émanations produites par l’ammoniaque et les vapeurs éthérées, nous comprendrons facilement les accidents éprouvés par les opérateurs, tels que céphalalgies, violentes douleurs aux extrémités des doigts, faiblesse dans les membres, etc.

Enfin, comme tous les photographes ont l’habitude de tenir les plaques de préparation entre le pouce et l’index, il en résulte d’une part, une altération profonde de l’épiderme des dernières phalanges de ces doigts, et d’autre part, un certain degré d’insensibilité cutanée accompagnée d’un engourdissement musculaire. De plus, comme cette façon de tenir les plaques exige une contraction analogue à celle qui produit la crampe des écrivains, il en résulte une crampe professionnelle sur laquelle notre ami Napias a insisté, en 1879, dans les annales d’hygiène, et qu'il a appelé la crampe des photographes , Après un certain temps, cette crampe amène une douleur telle, que la flexion de l’index devient impossible.

En outre Napias, qui a été médecin delà Société de secours mutuels des employés photographes, et a pu, à ce titre, faire des observations nombreuses, a constaté que chez ies retoucheurs de clichés, astreints à un travail qui exerce fortement la vue, il se produit à la longue une fatigue et un affaiblissement des yeux. Il a aussi constaté ces fatigues et cet affaiblissement, mais à un très haut degré, chez les photographes qui font des clichés microscopiques. Dr Paul Lauarthe.

PHOTOGRAPHIE. — La photographie, n’est pas seulement un passe-temps des plus agréables, c’est un art qui rend tous les jours de plus en plus des services précieux a toutes les sciences d’observation, principalement à la physiologie et à la médecine.

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En physiologie, c’est elle qui a permis au professeur Marey d’étudier les différents mouvements du vol des oiseaux. L’éminent physiologiste du collège de France s’est servi pour cela, d’un véritable revolver photographique avec lequel il a pu obtenir, coup sur coup, une série de photographies instantanées d’oiseaux pendant leur vol.

En médecine, la photographie sert à reproduire

l’opération ou le traitement, et cette double photographie, mieux que la meilleure description, donne une idée exacte et précise de l’état du malade avant et après l’intervention du médecin.

Je n’ai pas, dans un dictionnaire comme celui-ci, à 1 Aire l’historique de la photographie, ni à exposer les différents procédés au collodion humide, au collodion sec ou au gélatino-bromure d'argent, tour à

Fig. 1045.

Appareil photographique Derogy déployé, prêt à fonctionner.

Fig. 1046.

Obturateur universel instantané de Guerry, permettant de varier à volonté le temps de pose de 1 cinquantième à 1 cinquième de seconde

les pièces anatomiques fraîchement préparées ou séchées, et les pièces anatomo-pathologiques; les coupes microscopiques des éléments constitutifs de nos tissus; les monstruosités, les vices de conformation des organes externes, tels qu’un membre difforme, atrophié, hypertrophié, fracturé ou luxé, un moignon d’amputé auquel on veut adapter un appareil de prothèse, etc.

Grâce à la photographie, la médecine peut aussi reproduire les maladies de peau (tous connaissent le bel atlas photographique de l’éminent dermatologiste, le professeur Hardy, et du Dr de Montméja),les tumeurs, en un mot, tous les cas curieux qu’il rencontre dans sa pratique de tous les jours et qui, faute d’un dessinateur — et on en rencontre très rarement en province — seraient perdus pour lui et pour la science.

Depuis que la photographie s’est vulgarisée, il ne se passe pas de semaine où les médecins et les chirurgiens de province n’adressent à nos sociétés savantes des observations intéressantes d’affections chirurgicales ou de maladies de peau, accompagnées de la photographie du sujet, avant et après

tour employés jusqu’à ce jour. Je dirai seulement que de ces divers procédés, un seul — celui au gélatino-bromure, — est vraiment à la portée de tout le monde, facile à exécuter partout, même en voyage, parce qu’il a considérablement simplifié les manipulations, en même temps qu’il permet de produire des clichés avec une rapidité de pose inconnue jusqu’à ce jour et telle qu’on peut vraiment dire que, par lui, on obtient la photographie instantanée.

Parmi les appareils les plus simples, les plus commodes, les plus pratiques et les plus remarquables, aussi bien pour la rapidité de la pose que pour la netteté des clichés, je citerai, comme étant le plus employé, celui de Derogy, l’opticien bien connu du quai de l’Horloge, fournisseur des ministères de l’intruction publique, de la marine, de la guerre, des travaux publics et des missions scientifiques. C’est celui dont je me sers personnellement avec le plus grand succès depuis plusieurs années.

L’appareil Derogy ( fig . 1045) se compose de deux parties distinctes ;

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1° L’appareil photographique proprement dit qui comprend : chambre noire en noyer verni à soufflet conique tournant en peau, chariot brisé et rentrant, bascule, vis à manivelle pour la mise au point, châssis avec glace dépolie extra-fine à charnières, trois châssis négatifs à coulisses entoilées, deux planchettes d’objectifs à double déplacement, un pied brisé et à coulisses en bois verni très soigné, et un objectif aplanétique rectilinéaire. Le tout se démontant et se plaçant dans un sac en toile imperméable à courroie, que l’on peut porter avec soi en bandoulière, ou simplement à la main, comme un petit sac de nuit. A cet appareil, très léger, on peut joindre (pour ma part je le conseille fort à mes lecteurs) l'obturateur universel instantané à trois combinaisons de Cl. Guerry ( fig . 1046), qui s’adapte facilement sur le pavillon de l’objectif. Cet obturateur permet de varier à volonté le temps de pose, de un cinquantième à un cinquième ou un quart de seconde, résultat impossible à obtenir si l’on ouvre et ferme l’objectif avec la main.

2° Les accessoires de l’appareil nécessaires pour développer et fixer le cliché, qui sont : 3 cuvettes de carton durci, 1 châssis positif à glace forte, 1 éprouvette graduée, 1 lanterne de voyage â verres rouge et jaune, 1 flacon compte-gouttes, 1 boîte de glaces au gélatino-bromure d’argent, 1 flacon d’oxalate neutre de potasse, 1 flacon de sulfate de fer pur, 1 flacon d’hyposulfufite de soude, 1 flacon de bromure d’ammonium. Enfin les accessoires nécessaires pour faire des épreuves sur papier : du papier sensible, 1 flacon de chlorure d’or, 1 flacon de craie lévigée, 1 flacon d’eau distillée. Tous ces accessoires sont contenus et enfermés dans une boîte à compartiments. Dr Paul labarthe.

PHOTOPHOBIE. — On donne ce nom à la sensibilité exagérée des yeux à la lumière qui fait que les individus qui en sont atteints redoutent le jour, tiennent leur tète constamment baissée et leurs yeux presque continuellement fermés. La photophobie est un symptôme qu’on observe dans un certain nombre de maladies des yeux, telles que conjonctivites, kératites, iritis, etc. (V. ces mots). p. l.

PHOTOPHORE. — Nom donné par notre éminent confrère de Rouen, le Dr Paul Hélot, et l’habile

électricien G. Trouvé, à un appareil électrique de leur invention. Cet appareil se compose d’une lampe à incandescence dans le vide, comprise dans un cylindre métallique entre un réflecteur et une lentille convergente (fig. 1047).

Très léger et peu volumineux, ce photophore

Le même photophore appliqué sur le front.

s’applique sur le front (fig. 1048). La lumière qu’il fournit est très intense. Un léger déplacement de la lentille en fait varier le champ avec la plus

Fig. 1049.

Le même photophore appliqué sur une table.

grande facilité. Placée dans l’axe des yeux, la lu mière accompagne pour ainsi dire le regard de l’opérateur qui n’a nullement à s’en occuper.

Dans les circonstances où l’on préférerait em-

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ployer l’appareil sans le porter au front, rien n’est plus facile que de le placer sur un support prenant son point d’appui sur une table, le bras d’un fauteuil ou un meuble quelconque (fig. 1049).

La source d’électricité est la pile au bichromate de potasse sursaturée de (1. Trouvé (V. Pile). Elle peut, dans ce cas, fournir sans être rechargée, un grand nombre d’heures de travail, soit d’une façon continue, soit à des intervalles aussi longs qu’on voudra. Pour faire fonctionner le photophore en dehors du cabinet de l’opérateur, on emploie une petite pile portative, dont la durée d’action est forcément limitée par les dimensions. Cependant comme cette pile peut être facilement rechargée au cours même d’une opération, on pourra lui donner la préférence à cause de son prix très peu élevé, dans les cas où on n’aurait l’intention de se servir qu'exceptionnellement du photophore.

Ce puissant appareil d’éclairage électrique trouve son application en médecine dans un grand nombre de circonstances, qu’il s’agisse d’éclairer un champ opératoire profondément situé, ou des cavités naturelles comme la bouche, le nez, la gorge, les oreilles, le vagin, etc. D1 Paul Labarthe.

PHRÉNOLOGIE. — Littéralement, discours ou science de l’esprit, ce nom a été donné par Spurzheim, à la doctrine de Gall, et la phrénologie est l’étude de la conformation du cerveau, au point de vue des localisations cérébrales, et à l’aide des protubérances crâniennes.

L’affirmation des localisations cérébrales peut être considérée comme une des conséquences du grand mouvement scientifique du XVIIIe siècle, et Gall a eu le mérite d’en poser le principe.

Les idées doctrinales du savant anatomiste, sont les suivantes : 1° Les penchants et les facultés des hommes et des animaux sont innés; 2° l’exercice de ces penchants et de ces facultés, aussi bien que celui des qualités morales de l’homme, quel que soit le principe auquel on les rapporte, est soumis à l’influence des conditions matérielles et organiques; 3° le cerveau est l’organe de tous nos instincts, penchants, sentiments, etc.; 4° chacun de ces instincts, penchants, sentiments, etc., a dans le cerveau une partie qui lui est spécialement affectée, un siège déterminé, et le développement de ces diverses parties, se manifeste à la surface extérieure du crâne par des protubérances visibles et palpables.

L’on conçoit aisément quel trouble la doctrine de Gall apportait dans les idées philosophico-scientifiques d’alors. La majorité des savants considérait encore le cerveau comme un organe simple, puisque l’âme était considérée comme simple. Gall, tout en admettant que l’organe cérébral était le siège exclusif de l’âme, le divisait en plusieurs organes, servant chacun de résidence à une faculté. Il reconnaissait ainsi le rôle des circonvolutions; mais lui, anatomiste habile, dit justement Broca, lui qui avait étudié le cerveau avec tant de sagacité, il négligea bientôt l’étude anatomique des circonvolutions mêmes, pour se livrer il celle de chaque faculté qu’il voulut ensuite classer et distribuer méthodiquement dans le cerveau.

C’est à la suite de nombreuses observations que

Gall proposa ses vingt-sept facultés. Selon lui, chacune d’elles est une intelligence douée de la faculté perceptive, d’attention, de souvenir, de mémoire, de jugement et d’imagination : ce qui revient à dire que chaque faculté perçoit, se souvient, compare, juge et imagine. Par conséquent, le même homme peut avoir un jugement prompt sur certains objets et sembler ignorant sur certains autres.

Dès qu’il eut classé ses facultés, il les localisa symétriquement en apparence dans une [partie du

Fig. 1030. — Type crânien donné par Spurzheim, vu de profil.

cerveau, une protubérance crânienne étant toujours le résultat de l’existence de la faculté : d’où absence de faculté, absence de protubérance.

Les idées nouvelles émises par Gall ne séduisirent pas le public de Vienne, qu’il voulut convaincre par des expériences, et c’est à qui redoutait de lui confier son crâne, soit vivant, soit après la mort, et l’on cite des grands de la cour et des médecins ayant pris des dispositions testamentaires pour défendre à leurs héritiers de confier leur autopsie au docteur Gall, ce dernier recherchant surtout pour sa collection les crânes des gens distingués ou s’étant montrés extraordinaires pendant leur vie, de quelque manière que ce fut.

Cependant, comme toute chose nouvelle, la phrénologie— l’on disait aussi la crâniologie ou la crûnologie, — eut ses adeptes, et bientôt le docteur Spurzheim, anatomiste distingué, collaborateur et disciple du maître, différant d’ailleurs avec lui, sur les attributions des facultés, vint augmenter le nombre de celles-ci, qu’il éleva au chiffre de 35, dont voici la nomenclature :

Facultés effectives. — A. Penchants. 1, Amativité. 2, Philogéniturc. 3, Habitabilité. 4, Attachement. 5, Couraga.

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, Destructivité. 7, Constructivité. 8, Acquisivité. 9, Sécrétivité. — B. Sentiments. 10, Amour-propre. 11, Amour de l’approbation, 12, Circonspection. 13, Bienveillance, li, Vénération. 13, Persévérance. 16, Justice. 17, Espérance. 18, Surnaturalilé. 19, Causticité. 90, Idéalité. 21, Imitation.

Facultés intellectuelles. — C. Facultés perceptives. 22, Individualité. 23, Configuration. 24, Etendue. 23, Pesanteur. 26, Coloris. 27, Localités. 28, Numération. 29, Ordre. 30, Phénomènes. 31, Temps. 32, Mélodie. 33, Philologie. — D. Facultés réflectives. 34, Comparativité. 33, Causalité.

Les types crâniens donnés par Spurzheim ont été longtemps et sont presque généralement adoptés

Fig. 1031. — Type crânien donné par Spurzheim, vu de face.

par les personnes qui s'occupent encore de phrénologie. Nous les avons reproduits ici ( fig . 1050,

Mais la phrénologie ainsi comprise ne compte plus beaucoup d'adeptes. Les anatomistes n’ont pas tardé à faire remarquer que les deux parties de la colonne crânienne sont rarement symétriques; que l'on a vu des individus doués d’une' grande mémoire, sans posséder des yeux saillants, et que la bosse de la musique n’existe pas chez tous les musiciens. Cependant, mis sur la voie, les savants ont mieux étudié" depuis Gall, l’anatomie du cerveau; le mouvement qu'il a imprimé à ces études ne s’est pas ralenti; l'on a vu une Société phrénologique fondée à Paris et présidée par l’illustre professeur Bouillaud, et le principe des localisations est demeuré acquis. Broca qui, avec sa grande loyauté, a rendu justice aux efforts de Gall, et qui a attaché son nom à une circonvolution, siège de la faculté du langage, a dit spirituellement « que la fixité du

Fig. 1032. — Type crânien donné par Spurzheim, vu de dos.

actuelles de la physiologie cérébrale ne permettent pas d'admettre un siège particulier pour chaque faculté, pour chaque penchant , mais on peut reconnaître comme probable une localisation par groupe de fonctions et par groupe de circonvolutions ». or A. Dureau.

PHTHISIE PDLMONAIRE. — On désignait autrefois sous le nom de phthisiques tous les malades atteints de dépérissement et de consomption. Aussi on distinguait un grand nombre de phthisies : Morton distinguait quarante espèces. Bayle fut le premier qui ne désigna sous ce nom que la consomption résultant. des lésions pulmonaires. Cependant il compte encore six espèces de phthisies. Laënnec réunit toutes les espèces décrites jusqu'à lui en une seule : la phthisie tuberculeuse. Aujourd'hui le mot phthisie est synonyme de tuberculose et l’on désigue vulgairement sous ce nom l'état de consomption qui résulte du développement dans les poumons cle produits de nature tuberculeuse.

Quelles sont les lésions pulmonaires chez un phthisique? — La matière tuberculeuse se présente sous différents aspects. Au début on observe seulement des granulations tuberculeuses . Les gra-

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sillon de Ilolando n’était pas un pur effet du hasard, et que les lobes occipitaux n’avaient pas été séparés des autres lobes à cette seule fin d’embarrasser les anatomistes, » et notre savant anthropologiste, qui a si bien travaillé pour le principe des localisations, résume ainsi son opinion : « Les cinq 'lobes partiels du cerveau sont des organes distincts; il n’est pas défendu de croire que ces organes distincts ont des fonctions distinctes. » Les données

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nulations sont d’un volume variable. Les plus petites sont à peine visibles à l’œil nu tandis que les plus volumineuses atteignent la dimension d’un grain de chènevis. Elles sont transparentes,, grisâtres et constituent les granulations grises de Louis. Plus tard ces tubercules se ramollissent. Leur partie centrale présente d’abord un point' jaunâtre qui s’étend peu à peu et forme les tubercules miliaires jaunes. Ces granulations sont ellesmêmes formées d’éléments primitifs (follicules tuberculeux) unis entre eux par une substance fondamentale. On voit, à l’aide du microscope, au centre du follicule tuberculeux une cellule (cellule géante) dont on a voulu faire l’élément spécifique de la tuberculose. Les granulations se développent sur les parties des alvéoles (V. poumon), sur celles des vaisseaux sanguins et des vaisseaux lymphatiques. Indépendamment des granulations et des tubercules miliaires, on trouve une substance plus ou moins jaunâtre, comme infiltrée dans le tissu pulmonaire. C’est Vin filtration tuberculeuse de Laënnec. On lui a donné le nom de matière caséeuse , à cause de sa ressemblance avec le fromage.

La substance tuberculeuse se ramollit peu à peu avec les progrès de la maladie. Elle finit par former une bouillie épaisse, plus ou moins jaune. Cette matière est expulsée par les bronches, il en résulte des cavités auxquelles on a donné le nom de cavernes. Les cavernes de formation récente sont arrondies, les anciennes, plus ou moins anfractueuses, renferment une matière verdâtre, parfois sanguinolente et présentant dans certains cas une odeur extrêmement fétide. Les cavernes pulmonaires ont un volume variable pouvant atteindre celui du poing. Elles siègent généralement au sommet du poumon et à droite.

Les lésions tuberculeuses débutent par le sommet du poumon pour envahir ensuite toute l’étendue de l’organe.

Quelle est la fréquence de la phthisie? — La

phthisie pulmonaire est une des affections les plus redoutables et les plus fréquentes. On croit généralement quelle est rare dans les pays chauds; c’est une erreur, car c’est précisément dans les régions chaudes et tempérées qu’on la rencontre le plus fréquemment. Elle est presque inconnue dans les régions boréales. Les altitudes élevées ont sur cette affection une influence préservatrice et curative évidente. On cite généralement trois régions oii la phthisie est rare, ce sont : l’Algérie, l’Égypte et les steppes Kùgis (Russie). Dans nos régions tempérées elle représente environ le tiers des décès généraux. Elle est surtout fréquente chez l’adulte jusqu’à l'àge de trente ans. Les femmes sont plus souvent atteintes que les hommes.

Quelles sont les causes prédisposantes de la phthisie? — L’àge est la première cause à considérer. Cest entre dix-huit et trente ans, selon Laënnec, que la phthisie détermine le plus souvent la mort. On 1 observe aussi, mais plus rarement, chez 1 enfant et chez la, vieillard. Parmi les professions, celles qui nécessitent une vie sédentaire, dans un air confiné, prédisposent à la phthisie. Cette affection est très commune dans toutes les

agglomérations d’hommes vivant dans des habita tions trop étroites, malsaines, froides et humides (prisons, casernes, ateliers, couvents). Une alimentation insuffisante constitue un état de dénutrition et de misère physiologique favorable au développement de la phthisie. On a regardé comme causes prédisposantes la plupart désaffections chroniques: le diabète, l’alcoolisme (Lancereaux), les affections de la moelle, l’aliénation mentale (Charcot), la syphilis. D’après Verneuil, le traumatisme influe sur le développement de la tuberculose. Perraud a démontré que les mariniers qui appuient leur gaffe contre la poitrine deviennent fréquemment phthisiques. On a dit que cette affection était antagoniste avec un certain nombre de maladies (asthme, affections cardiaques, fièvre typhoïde, impaludisme). Cetle théorie n’est nullement prouvée. On range aussi parmi les causes prédisposantes les excès de toutes sortes, en particulier les excès vénériens, les fatigues, les chagrins, les grossesses répétées. En un mot, on peut dire avec Jaccoud que la phthisie est « l’aboutissant de toutes les détériorations constitutionnelles. »

La phthisie est-elle héréditaire? — Pour un grand nombre d’auteurs l’hérédité est la cause dominante dans la phthisie. Pour Louis, elle est héréditaire une fois sur dix, pour Rilliet et Barthez, une fois sur sept, pour Piorry, une fois sur deux. On a même été jusqu’à dire qu’elle était toujours héréditaire et lorsqu'un phthisique niait l’existence de cette maladie, on l’accusait volontiers de vouloir cacher la phthisie comme une tache de famille. On a prétendu que la transmission héréditaire pouvait se faire des enfants aux parents, ce qu’on désignait sous le nom d 'hérédité ascendante. Trousseau disait qu’il était « aussi dangereux pour des parents d’avoir des enfant phthisiques, que pour des enfants d’avoir des parents tuberculeux ».

L’hérédité étant admise, comment doit-on l’interpréter? faut-il penser qu’on hérite directement de la phthisie comme on hérite de la syphilis? Nous ne le pensons pas. On ne devient pas fatalement phthisique parce qu’on a des parents phthisiques, mais on hérite de prédispositions favorables au développement de cette maladie.

La phthisie est-elle contagieuse ? Cette doctrine, soutenue avec un vif éclat par Villemin, compte aujourd’hui d’illustres défenseurs. Des 1865, Villemin a démontré que la tuberculose était inoculable. En inoculant de la matière tuberculeuse à des lapins et à des cobayes, il a réussi à produire chez eux des tubercules. Cette découverte rencontra une vive opposition. On prétendit que les lésions qu’on obtenait ainsi n’étaient pas vraiment tuberculeuses et, qu’on pouvait les obtenir en inoculant des substances diverses (fragments de foin, de charpie, de caoutchouc, etc.). Mais les recherches de Martin sont venues confirmer d’une manière définitive les expériences de Villemin.

Du bacille de la tuberculose. — De la contagion de la tuberculose à sa nature parasitaire, il n’y avait qu’un pas, ce pas a été franchit par R. Rock qui découvrit le bacille de la tuberculose. 11 le cultivai l’isola et réussit, en l’inoculant, à reproduire la tuberculose. Ce bacille a la forme d’un bâtonneti

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très délié, de 3 à 4 millièmes de millimètres de long. Sa présence est constante dans tous les produits de nature tuberculeuse, dans les crachats des phthisiques et dans les globules blancs du sang.

Celte découverte permet de comprendre de nombreux cas de phthisie qu’on ne saurait expliquer autrement que par la contagion. Quelle cause invoquer, autre que la contagion, dans l’observation suivante empruntée aux leçons chimiques du docteur Debove : « Une jeune fille, sans antécédents héréditaires, soignait un phthisique. Elle revient dans sa famille où elle communique la maladie à cinq de ses sœurs qui la soignent, une sixième sœur qui vivait au loin de sa famille, est seule épargnée». Les observations de ce genre sont nombreuses. Comment expliquer autrement l’apparition de la phthisie, dans certaines îles du Pacifique où les naturels, indemnes de cette maladie, ne la connurent qu’après être entrés en rapport avec nous !

Cependant la théorie de la contagion n'est encore acceptée que par un petit nombre de médecins.

Quelles sont les formes de la phthisie? — La

phthisie revêt deux formes principales : 1° la phthisie chronique, c’estla plus fréquente; 2° la phthisie subaiguë ou phthisie galopante.

Phthisie chronique. — On a décrit un certain nombre de signes présomptifs. L’individu destiné à devenir phthisique est maigre, son système musculaire est grêle, le système pileux est, au contraire, très développé, les cheveux et les cils sont longs et soyeux, la main est amaigrie, l’extrémité des doigts est aplatie, les ongles s’hypertrophient et se bombent (ongles hippocratiques). On observe des laryngiles, des bronchites, des pleurésies. Les malades se plaignent d’un « rhume négligé » qui persiste pendant plusieurs mois. Ils maigrissent, les forces s’en vont, l'appétit diminue et les digestions deviennent difficiles. Parfois on observe une hémoptysie (V. ce mot) qui survient sans cause, au milieu d’une santé en apparence excellente. On voit cependant la phthisie se développer chez des gens vigoureux.

On distingue généralement trois périodes dans la marche de la phthisie : la première période, correspondant à la formation des tubercules; la seconde, dans laquelle la substance tuberculeuse se ramollit; et la troisième, ou période terminale, correspondant à la formation des cavernes.

1" période. — La phthisie pulmonaire présente un début lent et insidieux, L’amaigrissement est un symptôme constant. Les malades se plaignent souvent de névralgies, surtout de névralgies intercostales. L’appétit est diminué et parfois perverti. On observe quelquefois des troubles digestifs, des vomissements, de la diarrhée et une soif intense. Les malades sont le plus souvent anémiés. Ils se plaignent de palpitations. Les jeunes filles présentent des troubles menstruels, de la phosphaturie. On observe des accès fébriles, irréguliers qu’on ne sait à quelles causes attribuer. La toux est souvent le premier symptôme qui attire l’attention du malade. Elle est généralement sèche, plus fréquente vers le soir, quelquefois convulsive et s’accompa-

gnant alors d une dyspnée intense. L’expectoration, peu abondante au début, ne présente pas de caractères spéciaux. La voix est altérée, il existe un enrouement persistant. C’est pendant cette première période que les hémoptysies se produisent le plus fréquemment. Elles sont plus ou moins abondantes. L examen de la poitrine révèle un aplatissement de la cage thoracique. A la percussion, on trouve un peu de matité sous l’une des clavicules ou dans lune des fosses sus-pineuses. Au point où la percussion dénote de la matité, le murmure vésiculaire est affaibli, la respiration est saccadée, l’expiration est prolongée. Bientôt on entend quelques craquements secs pendant les grandes inspirations, puis les râles sous-crépitants apparaissent à leur tour.

2e période. — Cette période est caractérisée par le ramollissement des tubercules. Tous les symptômes de la première période prennent une impulsion nouvelle. L’amaigrissement devient considérable, la fièvre revêt les caractères de la fièvre hectique, elle redouble tous les soirs. On observe en même temps des sueurs profuses qui baignent la tète et la poitrine du malade surtout pendant son sommeil. L’expectoration devient épaisse, opaque. Les crachats présentent une forme arrondie ( crachats nummulaires). La toux fatigue les malades par sa fréquence. L'appétit est presque nul, les digestions sont pénibles et s’accompagnent souvent de vomissements alimentaires. La diarrhée est persistante et devient une cause puissante de consomption. La matité augmente; les râles, secs au début, deviennent humides et muqueux. Ils donnent la sensation de bulles d’air traversant un milieu liquide et finissent par produire un véritable gargouillement.

3e période. — C’est dans celte période qu’on observe la formation des cavernes pulmonaires. Le phthisique prend un aspect spécial. L’amaigrissement devient extrême, la face pâlit, les joues se creusent, les pommettes sont saillantes, les yeux se cernent, le malade présente un aspect squelettique. L’expectoration devient puriforme et exhale parfois une odeur infecte. Les crachats verdâtres, parfois striés de sang, nagent dans un liquide visqueux. Ils renferment des bacilles en grande quantité. Si les cavernes sont superficielles, la per-1 cussion fait entendre, à leur niveau, un bruit de pot fêlé. L’auscultation révèle les bruits les plus divers (râles caverneux, gargouillement). La voix est éteinte, soufflante. Parfois, lorsqu’on applique l’oreille au niveau d’une caverne, si l’on fait parler le malade à voix basse, on perçoit ses paroles, comme s’il vous chuchotait à l’oreille. Ce phénomène est désigné sous le nom de pectoriloquie aphone. On observe de l’œdème des membres inférieurs. La diarrhée est souvent incessante. La bouche se remplit de muguet. Secoué par de violentes quintes de toux qui provoquent des vomissements, en proie à une dyspnée intense et épuisé par les sueurs nocturnes, le malade ne tarde pas à succomber, emporté par les progrès incessants de la maladie.

Phthisie aiguë. — La phthisie aiguë, vulgairement désignée sous le nom de phthisie galopante , se présente sous des aspects très différents.

Dans la forme catarrhale, elle revêt les appa-

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