‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 187 sur 344 · PH T · texte numérisé non relu

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renees d'une fiè\re calarrhale bénigne et le malade succombe, brusquement emporté par un accès de suffocation ou par une syncope.

La forme suffocante présente une marche très rapide. Elle est caractérisée par une dyspnée et une asphyxie croissantes qui éclatent brusquement. La fièvre est peu intense. On n’observe ni douleur, ni toux, ni expectoration, et l’auscultation ne révèle que des râles sans valeur. Colin cite une observation dans laquelle le malade succomba au bout de quatre jours.

La forme typhoïde présente la plus grande analogie avec la fièvre typhoïde. Les malades accusent il’abord de la céphalalgie. Ils ont de l'hébétude, de l’insomnie, du délire. Les dents et la langue se recouvrent de fuliginosités. On observe des épistaxis, des troubles abdominaux, de la congestion pulmonaire, des taches rosées lenticulaires; en un mot, tous les symptômes de la fièvre typhoïde. Cependant dans la phthisie, la stupeur est moins profonde, les râles sont plus nombreux au sommet des poumons et les crachats sont parfois striés de sang.

On a décrit une forme cérébrale dans laquelle la tuberculisation aiguë se révèle brusquement par une perte de connaissance , suivie d’accidents uiéningitiques auxquels le malade succombe rapidement.

Quelle est la durée de la phthisie chronique? —

llien n’est plus variable. Chez les uns la marche est rapide et continue, la phthisie évolue en moins d’un an, chez les autres, et ce sont les plus nombreux, la marche est lente et présente des temps d’arrêt , plus ou moins longs. Souvent chaque hiver provoque une recrudescence. Cependant la maladie peut, grâce aux soins hygiéniques, se prolonger pendant deux, quatre, six, dix années et même davantage. La fièvre exerce une influence désastreuse sur la phthisie. Les maladies fébriles intercurrentes précipitent la marche de cette affection. On voit des malades présenter des excavations pulmonaires étendues et vivre ainsi longtemps avant d'arriver à la période de consomption.

Quelle est la terminaison de la phthisie ? — La terminaison fatale est souvent hàtce par une nouvelle poussée de tubercules ou par une complication (phthisie laryngée, hémoptysie, perforation du poumon, pleurésie purulente, péritonite, méningite). Mais généralement, le phthisique parcourt lentement toutes les phases de la maladie. Quelquefois, il présente, pendant ses derniers moments, des accès de manie se traduisant souvent par un délire loquace. D’autres fois il est en proie à un violent délire érotique. On comprend combien un tel spectacle est pénible pour ceux qui entourent le malheureux malade. Enfin, le plus souvent, le phthisique parvient jusqu’au dernier degré de la cachexie avec la plénitude de ses facultés intellectuelles. La mort \ient le surprendre au moment où sc croyant atteint d’un rhume sans gravité, couliant dans sa guérison, il sc livre plein d’espérance, aux plus beaux projets.

La phthisie peut-elle guérir? — Oui, la phthisie peut guérir et elle peut guérir à toutes les périodes de son évolution. Au début, les tubercules peuvent

se transformer en un tissu fibreux et devenir ainsi inoffensifs. Ces granulations ont été décrites par Cruveilhier qui les appelait granulations de guérison. Les parois des cavernes pulmonaires peuvent aussi se transformer en tissu cicatriciel. Il existe des cas de guérison incontestables.

A quels signes reconnaît-on la phthisie? — Le diagnostic de la phthisie, au début, est souvent difficile. En amaigrissement progressif, une toux sèche, peu intense, des malaises, un léger mouvement fébrile vers le soir, des sueurs pendant la nuit : tels sont les symptômes qui doivent faire redouter l'apparition de la phthisie. La percussion et l’auscultation, pratiquées avec soin, donneront de précieux renseignements et éviteront de confondre les troubles de la chloro-anémie, si fréquents chez les jeunes filles, avec une tuberculose commençante. Les hémoptisies sont le plus souvent symptomatiques de la tuberculose. Cependant elles n'ont pas la même valeur lorsqu’elles surviennent chez une femme au moment de la menstruation. Elles sont fréquentes chez les hystériques. A une époque avancée, on ne confondra pas la phthisie avec la bronchite chronique, les gommes syphilitiques, la gangrène, les abcès du poumon.

Quel est le traitement de la phthisie? — Si l'on obtient rarement la guérison radicale de la phthisie, on peut du moins obtenir une curabilité relative qui permet au phthisique d’atteindre un âge souvent avancé. Le traitement comprend les moyens pharmaceutique et les moyens hygiéniques.

Traitement pharmaceutique. — Au début de la phthisie le traitement local consiste en révulsifs qu'on applique sur les régions malades. On emploie des badigeonnages à la teinture d’iode et des vésicatoires Albespeyres. Aujourd’hui on préfère appliquer une série de pointes de feu avec le thermocautère.

La toux sera combattue à l’aide de préparations opiacées. L’extrait thébaïqne, par exemple, à la dose de 0,05 centigrammes pour une pilule à prendre le soir en se couchant. Si la toux est riche, on associe à l’opium des expectorants, si elle s’accompagne de catarrhes, on prendra des balsamiques. La créosote est un médicament précieux; elle diminue l’expectoration et stimule l’appétit. On peut l’employer sous forme de capsules Darlois, de gouttes Livonie unes, de solution Pautauberge, etc. Viennent ensuite les autres balsamiques [goudron Freyssinge, sirop de sève de pin de Lagasse, capsules Lagasse à la gemme de pin , thérébenthine, etc.).

Contre l'expectoration on a vanté les inhalations d’iode, de goudron, de créosote, d’acide phénique. Germain Sée préconise, dans la phthisie à forme catarrhale, la préparation suivante :

Eau -00 grammes

lodure de potassium 15 —

Extrait thébaïque 0,50 centigr.

à prendre à la dose de deux cuillerées à soupe par jour.

L’iodoforme a été récemment employé pour diminuer et surtout pour désinfecter l’expectoration. On le donne à la dose de 0,10 à 0,20 centigrammes par jour, sous forme de pilules.

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Contre les hémoptysies, on aura recours à Veau de Léchelle, à l 'hydrogemmine Lagasse, au seigle ergoté, au perchlorure de fer, etc.

Les sueurs profuses des phthisiques constituent une cause de déperdition qu'il importe de faire cesser promptement. On a proposé un grand nombre de médicaments : l’agaric blanc, le phosphate de chaux (sirop ou vin de Dusart,vin de Baudon, etc.), le tannin, le sous-acétate de plomb, le coto. On emploie généralement l’agaric à la dose de 20 centigrammes. Le sulfate neutre d’atropine (Vulpian) constitue le moyen le plus actif de combattre ces sueurs. On le prescrit sous forme de pilules du Dr Clin, de un demi- milligramme. On donne 1 à 3 pilules par jour. Peter a employé avec succès les lotions d’eau froide vinaigrées.

La dyspepsie sera traitée par les préparations de pepsine et de pancréatine {pepsine Boudault, pepsine Chapoteaut, élixir de pepsine de Catillon , élixir eupeptique de Tizy, pancréatine Defresne, etc).

Les vomissements seront combattus par l’opium et la belladone, la teinture alcoolique de noix vomique, les eaux et les préparations effervescentes (potions de Rivière). Debove regarde le lavage de 1 estomac et l’alimentation artificielle comme le meilleur moyen d’arrêter les vomissements des phthisiques.

La diarrhée constitue un obstacle souvent insurmontable et contre lequel viennent échouer la plupart des moyens thérapeutiques (laudanum, astringents, nitrate d’argent, etc.). Le diascordium et le sous-nitrate de bismuth, administrés sous forme de bols, réussissent souvent à diminuer le flux intestinal. Debove recommande l’emploi de la poudre de viande (poudre de viande de Catillon).

La fièvre chez les phthisiques est un des symptômes les plus tenaces. Au début, elle est due le plus souvent à la congestion pulmonaire; on la traitera par le sulfate ou le tannate de quinine ( capsules Pelletier). Jaccoud préfère l’acide salicylique qu’il donne à la dose de i à 2 grammes (solution du B" Clin). La teinture d’aconit et la digitaline Homolle et Quévenne ont donné de bons résultats. On a vanté aussi les injections hypodermiques de bromhydrate de quinine. Dans la troisième période, la fièvre, due le plus souvent à la résorption putride, résiste à tous les médicaments que nous venons d’énumérer, mais elle cède parfois facilement à l’emploi du phénate de soude.

On doit chercher à favoriser la nutrition par tous les moyens possibles. L 'arsenic est un des meilleurs reconstituants. 11 peut rendre, surtout au début, de grands services. On le prescrit sous toutes les formes (granules d’arséniate de soude, liqueur Fowler, eaux minérales arséniées). En cas de diarrhée la médication arsénicale doit être suspendue.

L huile de foie de morue pancréatique de D fresne produit d’excellents résultats. Elle favorise i la nutrition des phthisiques. On voit l’appétit renaître les forces revenir et on note bientôt une aug.in ntation de poids. Les malades la supportent très -ton. On doit la donner aux repas à la dose de une à quatre cuillerées par jour. Jaccoud arrive quel uefois à donner jusqu’à 300 grammes d’huile de lme de morue par jour.

Dictionnaire populaire oe Méoecine usuelle.

La glycérine (glycérine Catillon, glycérine Rocher, etc.) constitue un médicament d’épargne qui rend de grands services. C’est une substance analogue à l’alcool. On l’administre à la dose de 60 à 100 grammes par jour.

Les sels de chaux, lelacto-phosphate, le chlorhydro-phosphate de chaux, le bi-phosphate de chaux ( sirop ou vin de Dusart, vin de Baudon, solution Pautauberge, etc.), jouissent d’une grande renommée justifiée par les résultats obtenus.

L’utilité des préparations ferrugineuses, contestée par les uns a été affirmée par les autres (Gallard, Peter). Elles combattent l’anémie et concourent au relèvement des forces (V. Anémie).

Enfin pendant la pénible agonie qui, chez certains phthisiques, se prolonge quelquefois pendant des mois, il est un médicament, dit Dujardin- Beaumetz , qui donne de merveilleux résultats, c’est la morphine. Les injections sous-cutanées d’une solution de chlorhydrate de morphine constituent le meilleur mode d’administration.

Les eaux sulfureuses (Eaux-Bonnes, La Bassère, Saint-Honoré, Cauterets, Amélie-les-Bains, Uriage), agissent de plusieurs façons. Elles améliorent l’état général et excitent les fondions digestives. Elles modifient heureusement les sécrétions pulmonaires, grâce à l’élimination du soufre par les poumons. Mais on doit les administrer avec prudence. Leur action stimulante peut augmenter la diarrhée et produire des hémoptysies. Aussi on n’enverra à ces eaux que des malades atteints de lésions peu avancées et sans fièvre. Le sulfureux Pouillet produit les mêmes effets que les eaux sulfureuses et on l’administre dans les cas où il n’y a pas de fièvre.

Les eaux arsénicales (La Bourboule, Royat, etc.) influent d’une manière favorable sur la nutrition. Elles conviennent surtout à la phthisie développée chez des arthritiques. On peut aussi faire usage des eaux ferrugineuses d’Orezza, de Renlaigue, etc.

Traitement hygiénique. — 11 est d’une grande importance. Parmi les différents moyens dont l’hygiène dispose, l’alimentation occupe la première place. Le pronostic de la phthisie est, pour ainsi dire, lié à l’état du tube digestif. « Entourez de soins pieux les fonctions de l’estomac » a dit avec raison le professeur Peter.

Comment le phthsique doit-il se nourrir? — On a beaucoup vanté le lait, particulièrement le lait d’ànesse. Cependant le régime lacté exclusif ne convient pas. Mais les malades se trouveront bien de prendre chaque jour trois ou quatre tasses de lait non bouilli et, si c’est possible, venant d’être trait. Nous ne citerons que pour mémoire le koumys dont on a fait autrefois tant de bruit. Béhier recommande l’usage du beurre et des corps gras (grais-e de veau, de cheval, etc.). La viande crue a été regardée comme un médicament spécifique de la phthisie. Elle présente l’avantage d’être très facilement digérée. Pour bien la préparer, il faut la racler avec un couteau afin d’enlever toutes les parties fibreuses. Jaccoud la fait prendre associée à de l'alcool. Elle présente l’inconvénient de renfermer quelquefois des œufs de tænia. Le sang est un remède populaire, très répandu, surtout dans les grandes villes, où de nombreux phthisiques vont,

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