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chronique, ce qui peut bien s’expliquer par un défaut de nutrition dans le bulbe pileux.
La desquamation dans le pityriasis est toujours essentiellement sèche, c’est un caractère à noter parce qu’il sert plus que tout autre à établir le diagnostic de la maladie.
Le pityriasis nuBRA est moins fréquent que la variété précédente, mais il se rencontre indistinctement sur toutes les régions du corps, principalement sur la poitrine, le cou, la surface interne des membres, et parfois il peut envahir la totalité de la peau.
Cette maladie s’annonce par du malaise, de l’inappétence, un mouvement fébrile plus ou moins prononcé.
C’est presque toujours après des démangeaisons assez vives qu’apparaissent de petites taches rosées et légèrement saillantes; celles-ci s’étendent, s’approchent les unes des autres, et forment enfin des plaques assez étendues.
On ne s’aperçoit que la démangeaison diminue et qu’elle est remplacée par une sensation de chaleur et de tension douloureuse, que lorsqu’il y a gonflement du tissu cellulaire. Les squames minces et blanches qui se détachent à ce moment de la maladie, ne sont plus furfureuses, mais lamelleuses et folliacées ; et comme elles ne tiennent que très peu, elles tombent au moindre frottement.
La reproduction de ces lamelles est très rapide ; au-dessous d’elles on voit la peau, quelquefois rouge et polie, et quelquefois assez sensiblement rugueuse et sèche. Dans ce dernier cas, il n’est pas rare de voir le pityriasis rubra prendre l’aspect du psoriasis, et être cause de quelque incertitude dans le diagnostic. Mais le plus ordinairement il se termine par une desquamation furfuracée.
Le pityriasis versicolor auquel Bazin a donné le nom de crasse parasitaire, est caractérisé par la présence du cryptogame microscoporon fur fur. Il se montre par une ou plusieurs taches jaunâtres ou brunâtres, faisant saillie au-dessus de la peau, tantôt petites et arrondies, tantôt très étendues et irrégulières; les taches n’occupent que des surfaces limitées, au tronc, au cou, au visage, quelquefois aux membres; elles peuvent aussi envahir tout le corps. Elles deviennent le siège d’une desquamation très légère et continuelle ; et, quoique les petites squames ne paraissent pas à l’œil nu, il suffit de les gratter avec l’ongle ou de les frotter avec un linge dur pour les voir se détacher et tomber en poussière.
La coloration du pityriasis peut s’étendre jusqu’au derme, comme l’a observé Willan; d’autres fois elle reste plus, superficielle, et au-dessous de la squame détachée, on voit la peau colorée en rose. Le pityriasis versicolor est sujet à de fréquentes récidives.
Le pityriasis nigra, comme les autres variétés précédentes, présente une desquamation furfuracée; seulement celle-ci, au lieu d’être blanche, rouge ou jaune, est d’une couleur brune plus ou moins foncée : c’est une diversité de plus dans cette maladie.
A ce sujet, Biett fait observer que tantôt l’épiderme seul est coloré, laissant voir les surfaces
sous-jacentes, teintes en rouge ou en rose, et que tantôt il est transparent, et que c’est la couche sous-épidermique qui est le siège de la coloration noire.
Le pityriasis se développe et s’étend sans brusque changement; il est généralement chronique, excepté dans le pityriasis rubra et alba, dit dartre farineuse. Il en est de même du pityriasis versicolor, qui récidive habituellement au printemps.
Le pityriasis ne se termine jamais d’une manière fâcheuse. Il n’offre aucune gravité par lui-même, il ne compromet jamais l’existence, mais il est une des maladies de la peau les plus rebelles, et sa durée peut être fort longue.
Chez les femmes, le pityriasis devient la cause dune pénible préoccupation par la juste crainte qu’elles ont de perdre leur chevelure. C’est lorsque cette maladie se présente sous la forme de lamelles sèches et larges qu’elle a ses effets les plus désastreux. Il est vrai que dans le pityriasis les cheveux repoussent le plus souvent après la guérison, mais il y a aussi des cas d’alopécie définitive ou partielle, ou totale.
Un état habituel de sécheresse delà peau, ou héréditaire ou acquis, paraît être la cause la plus certaine du pityriasis. Parmi les sujets qui y sont le plus prédisposés, nous citerons les enfants, les femmes, et ensuite, les hommes d’un tempérament bilioso-nerveux.
Les causes occasionnelles étant fort obscures, nous ne pouvons que rappeler ici celles qui se rapportent à l’étiologie de toutes les dartres, tels qu’excès de table, émotions morales vives, grandes
fatigues, etc.
Pendant la convalescence de certaines maladies, on voit souvent le pityriasis se produire.
Comme causes locales, on cite entre autres le passage du rasoir sous le menton et l’action répétée d’un peigne ou d’uno brossa dure sur le cuir chevelu.
Les moyens employés le plus généralement dans le traitement du pityriasis sont : les bains émollients, les bains de vapeur, alcalins ou sulfureux; les douches alcalines ou de vapeur ; les lotions alcalines ou astringentes, des tisanes amères, des laxatifs. Enfin, quelques topiques irritants, l’huile de cade, une pommade oxygénée, des lotions avec l’acide nitrique très étendu. Dans les cas rebelles on essaye encore les préparations arsenicales ou cantharidées. d> Félix Rochard.
PLACENTA. — Anatomie. — On désigne sous ce nom et sous ceux de Délivre, Arrière faix, une masse charnue plus ou moins volumineuse, mais très vasculaires qui est expulsée avec les membranes de l’œuf après l’accouchement. On considère au placenta, pour l’étudier, deux faces et un bord circulaire.
La face externe ou face ütérine est en rapport direct avec la face interne de l’utérus. Cette face du placenta est irrégulière, tomenteuse, mamelonnée, présentant des portions plus ou moins volumineuses, séparées les unes des autres par des sillons de profondeur variable. Ces mamelons prennent le nom de cotylédons. On voit quelquefois un ou plusieurs
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cotylédons séparés de la masse principale à laquelle ils ne sont réunis que par un pont membraneux dans l'épaisseur duquel serpentent les vaisseaux ombilicaux qui se rendent à ce cotylédon ou qui en reviennent. La coloration de cette surface est
Fig. 1072. — Placenta avec cinq cotylédons.isolés.
A. Chorion. — B. Amnios. — C. Cordon ombilical. —
D. Cotylédons isolés.
d’un rouge plus ou moins foncé, et l’on trouve presque toujours dans les sillons et sur les mamelons même, aussitôt la délivrance (V. ce mot), des caillots sanguins plus ou moins considérables. Cette face est en rapport, comme nous l’avons dit,
Fig. 1073. — Placenta (face externe ou utérine).
avec le muscle interne dont elle est séparée par la muqueuse utérine également hypertrophiée et dont les vaisseaux ont acquis un volume considérable. Le boursouflement de cette portion de la muqueuse utérine qu’on appelle comme nous l’avons vu (V. Œuf), muqueuse inter-utéro-placentaire, détermine à sa surface des saillies qui répondent aux creux de la face placentaire, si bien qu’il y a entre ces deux corps une sorte d’emboîtement réciproque. C’est ainsi que les villosités placentaires qui ne sont autres que les villosités choriales hypertrophiées (V. Œuf), se trouvent en contact presque direct avec le sang maternel qui parcourt les vaisseaux
distendus de la muqueuse utérine. En effet, le sang fœtal amené par les vaisseaux ombilicaux jusque dans le fond des villosités placentaires se trouve séparé du sang maternel: 1° par l’épaisseur delà villosité; 2° par la portion de la muqueuse qui forme une paroi au vaisseaux utérins. Mais ces épaisseurs sont excessivement minces, surtout du côté de la muqueuse utérine; elles n’empêchent pas les échanges de s’établir entre le sang maternel et le sang fœtal (V. Fœtus), et au moment de la délivrance, le placenta, en se détachant de la surface utérine, entraîne avec lui la couche superficielle de la muqueuse utérine, si bien que les vaisseaux qui parcouraient cette membrane sont largement ouverts et donnent lieu à l’écoulement sanguin qui accompagne toujours la sortie du délivre.
La face interne ou face foetale du placenta est recouverte par l’amnios, et l’on y voit les principaux rameaux des vaisseaux ombilicaux qui, partant de la base du cordon ombilical, forment des nervures saillantes qui sont faciles à sentir avec le doigt quand les vaisseaux qui les constituent sont distendus par le sang fœtal.
En dehors de ces saillies, la surface interne du
Fig. 1074. — Placenta (face interne ou fœtale).
placenta est généralement lisse et donne sous le doigt qui la parcourt la sensation d’un tissu de soie légère. Le cordon ombilical s’insère généralement dans un point voisin du centre de cette surface. Toutefois, le cordon peut être fixé sur le bord mince du placenta, et celui-ci est dit alors placenta en raquette. Quand le cordon, ce qui est plus rare, aboutit à un point des membranes de l’œuf, et que les vaisseaux ombilicaux se ramifient sur ces membranes avant de gagner le placenta, on donne à cette disposition le nom déinsertion vélamenteuse du cordon ombilical.
Le bord circulaire donne attache aux membranes de l’œuf, c’est-à-dire à l’amnios en dedans, le chorion au milieu et la caduque à l’extérieur. L’amnios, après avoir formé le bord circulaire, passe sur la face interne qu’il tapisse et remonte sur le cordon ombilical auquel il constitue une gaîne. Le
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chorion donne attache aux villosités placentaires et fait corps avec elles puisque ces dernières ne sont autres que les villosités choriales étudiées déjà (v. Œuf), qui prennent une extension considérable. Quant à la caduque qui est formée sur toute la surface extérieure de l’œuf par la réunion de la caduque réfléchie et de la caduque pariétale, après avoir concouru à la constitution du bord circulaire, elle se continue avec la caduque inter-utéro-placentaire qui se dédoublera au moment de la délivrance, une partie étant entraînée par le placenta, l’autre partie restant attachée à la face interne de l’utérus.
Le volume du placenta est très variable : sur l'œuf à terme, il mesure de 15 à 16 centimètres de diamètre. Mais comme cet organe est rarement parfaitement rond, on observe plus généralement une étendue de 17 à 18 centimètres dans un sens, sur 13 à 14 centimètres dans un autre. 11 a en général de 2 à 3 centimètres d’épaisseur au centre, et de 1/2 à 1 centimètre sur les bords. Son poids est de 5 à 600 grammes, bien que j’aie pu en voir de 1200 et même de 1500 grammes.
Le placenta a pour usage de mettre en rapport le sang du fœtus avec le sang de la mère (V. Circulation fœtale, au mot Fœtus).
Insertions vicieuses du placenta. — Le placenta est généralement inséré sur le fond ou sur les parties latérales de l’utérus. Mais dans quelques cas il peut s’être fixé sur le segment inférieur de cet organe, dans un point plus ou moins éloigné de l’orifice interne; il peut même recouvrir complètement cet orifice. Cette situation met la mère et le fœtus dans le plus grand danger, car dans la seconde moitié de la grossesse, alors que cette partie de l’utérus participe plus intimement à l’amplitude générale de l’organe, par suite de l’extension des parois utérines, il n’est pas rare de voir des ruptures se produire dans les moyens d’attache du délivre avec la matrice. De là des hémorrhagies plus ou moins abondantes, qui peuvent se répéter plusieurs fois et qui sont même, dans certains cas, assez graves pour mettre la vie de la mère et celle de l’enfant en grand danger. On donne le nom d 'insertion vicieuse du placenta à cette fâcheuse disposition (V. Tamponnement).
Maladies du placenta. — Le placenta peut présenter certaines maladies : nous avons déjà étudié la dégénérescence hy trafique (V. Môle). Mais cet organe peut être encore envahi par les dégénérescences graisseuse , fibro-graisseuse , calcaires, etc., affections qui, si elles s’étendent sur une trop large surface, peuvent gêner considérablement l’hématose fœtale et entraîner la mort de l’enfant. Des ruptures de vaisseaux utérins qui sont en rapport avec cet organe pendant la grossesse donnent lieu à des formations de caillots qui, s’ils sont trop nombreux, amènent également le même résultat.
Nous avons parlé de l’extraction du placenta après Y accouchement et Y avortement (Y. Délivrance ).
Dr A. de Soyre.
PLAIES. — On désigne sous le nom de plaie toute solution de continuité des téguments et des tissus sous-jacents. Les plaies résultent le plus
souvent d’une violence extérieure. Cependant elles peuvent être produites de dedans en dehors par un fragment osseux détaché du corps de l’os.
Les plaies sont simples quand les bords sont nettement tranchés ; compliquées, quand un vaisseau, un nerf, un muscle, ou un organe important est lésé.
Nous diviserons les plaies en plaies par instruments tranchants, plaies par instruments piquants, plaies par arrachement, plaies par instruments contondants, plaies par armes à feu, plaies empoisonnées.
1° Plaies par instruments tranchants. — On les nomme vulgairement coupures. Elles sont simples ou multiples; superficielles, quand elles n’intéressent que les téguments; profondes, quand les couches sous-jacentes sont atteintes. Au moment où se produit l’incision, on observe trois sortes de phénomènes : 1° la douleur ; 2° Y écartement des lèvres de la plaie; 3° Y effusion du sang.
La douleur généralement vive, est en rapport avec la sensibilité de la partie lésée. Elle est produite par la section des nerfs, aussi on comprend que dans certaines régions (face, doigt, anus), riches en rameaux nerveux, elle soit très vive. D’ailleurs la douleur est variable et diffère selon les races, le sexe, et même, a-t-on dit, selon le degré de culture intellectuelle.
L 'écartement des lèvres de la plaie est plus ou moins considérable, selon que les tissus sont plus ou moins élastiques. Cet écartement est surtout remarquable à la peau, aux vaisseaux artériels et aux muscles.
L 'effusion du sang dépend de l’étendue et de la profondeur de la plaie et surtout du degré de vascularisation de la région lésée. Les plaies de la face, du cou, de la langue, donnent lieu à un écoulement sanguin généralement abondant. On comprend que la section de certaines artères importantes pourra produire de redoutables hémorrhagies (V. ce mot). Enfin, chez certains individus, la moindre coupure devient la cause d’une véritable hémorrhagie. Cet état particulier est désigné sous le nom d 'hémophilie (V. ce mot).
Traitement. — On commencera par laver soigneusement la plaie et lorsqu’elle est superficielle, la guérison s’obtiendra à l’aide d’un pansement simple (V. ce mot), ou d’applications de taffetas Marinier, et la cicatrisation se fera en quelques jours. Dans les cas plus compliqués, lorsque la plaie et l’état général du blessé le permettront, on pratiquera la réunion immédiate (V. ce mot). Lorsque ce procédé ne pourra pas être appliqué on recouvrira la plaie avec un pansement antiseptique (V. ce mot).
2° Plaies par instruments piquants. — Elles
peuvent être produites par un grand nombre d’agents (aiguille, épine, fleuret, baïonnette, etc.), aussi leur aspect est-il variable. Les piqûres sont généralement profondes et étroites, grâce à l’élasticité des tissus. L’hémorrhagie est presque nulle, même lorsque des vaisseaux importants ont été lésés. La douleur est peu sensible, ce qui s’explique par le petit nombre de filets nerveux lésés par l’instrument. Au niveau du thorax ou de l’abdomen, la
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pointe de l’instrument peut atteindre la plèvre, le péricarde ou le péritoine (plaie pénétrante). De même au niveau des jointures, la plaie peut inté- I resser la séreuse articulaire. Dans ces cas on doit craindre des accidents inflammatoires dont le pro- I nostic est des plus fâcheux. Mais dans les cas sim- I pies les piqûres guérissent très rapidement.
Traitement. — Lorsqu’il s’agit d’une piqûre I étroite on doit la mettre à l’abri du contact de l’air i en la recouvrant de diachylon, de taffetas Marinier . ou de collodion. Lorsque la pointe de l’instrument s’est brisée dans la plaie, on cherchera à la retirer,
' si elle est placée superficiellement, mais on ne devra pas s’acharner à sa recherche, on s’exposerait à pratiquer des incisions inutiles et même dangereuses. Il vaut mieux la laisser dans la plaie 1 où elle s’enkystera, à moins qu’elle ne détermine un abcès et soit rejetée par la suppuration. Si, à la I suite d’une piqûre profonde, les tissus s’enflam- ; ment, s’ils sont bridés par des aponévroses et que 1 le malade accuse de violentes douleurs, il faudra < pratiquer une large incision.
Plaies par arrachement. — Elles sont produites par une traction violente. Les engrenages des machines, les courroies de transmission, le nœud coulant d’une corde, sont habituellement les causes de ces plaies. Les parties le plus souvent atteintes • sont au membre supérieur, les doigts et le poignet, au membre inférieur, les orteils et les pieds.
Lorsqu’un membre est soumis à l’arrachement, les ligaments articulaires et les tendons cèdent d’abord, puis viennent les muscles, les nerfs, les vaisseaux et enfin la peau, dont l’élasticité est plus j grande. La surface de section de ces plaies présente , une grande irrégularité. On n’observe généralei ment pas d’hémorrhagie, ce qui est dû à la façon I dont les artères se tordent ou se rompent, la dou- ! leur est peu vive. Benomont rappelle l’histoire d'un enfant qui avait eu la jambe arrachée par une roue , de voiture et .qui, en chemin, ne songeait qu’à la correction que pouvaient lui réserver ses parents ] pour son imprudence.
Traitement. — Ces plaies guérissent généralement assez \ite. On retranchera, s’il y a lieu, les parties saillantes et on appliquera un pansement antiseptique (V. ce mot).
Plaies par instruments contondants. — Les plaies contuses sont produites par le choc d’un corps mousse sur les tissus. Elles sont caractérisées par I leurs bords inégaux, mâchés, déchiquetés, irréguliers. Elles s’accompagnent parfois de vastes décollements qui, dans les régions peu vasculaires, ont ’ une certaine tendance au sphacèle; on n'observe généralement pas d’hémorrhagies abondantes. La douleur est moins vive que dans les plaies par instruments tranchants. Si la plaie contuse est peu étendue et les tissus sous-jacents intacts, la guérison sera rapide, mais si elle s’accompagne de contusions violentes des tissus, on aura à redouter l’inflammation et la gangrène des parties contuses.
Truitemcnt. — Il consistera à tenter la réunion immédiate, quand elle sera indiquée, à saupoudrer la plaie d’iodoforme et à appliquer par-dessus les compresses imbibées d’une solution antiseptique (V. Pansements').
Plaies par armes à feu. — Elles constituent une variété importante des plaies contuses. Elles présentent des bords irréguliers et meurtris. Nous distinguerons les plaies produites par des gros projectiles (boulets, obus), et celles produites par de petits projectiles (balles).
Un boulet, lorsqu’il arrive à la fin de sa course, peut produire des lésions très graves, sans déchirer les téguments. Les parois du thorax et de l’abdomen peuvent rester intactes, tandis que les poumons, le cœur, le foie, peuvent être broyés. Un membre peut être amputé complètement ou tenir encore par quelques lambeaux de peau ou de muscles. Ces plaies s’accompagnent d’un état général grave (lenteur du pouls, vomissements, convulsions, fièvre traumatique, etc.).
Les petits projectiles produisent des désordres moins étendus. Les orifices d’entrée et de sortie des balles présentent un aspect très variable. Le trajet de ces projectiles est extrêmement irrégulier. On a vu des balles arrêtées par les côtes, suivre leur courbure et sortir en un point opposé à celui de leur entrée, sans avoir pénétré dans la poitrine.
Traitement. — La présence des corps étrangers (bourres de fusil, lambeaux de vêtement) dans les plaies par armes à feu, est une cause de complication. Le chirurgien s’appliquera à modérer la réaction inflammatoire autant qu’il le pourra. Quand l’extraction du projectile présentera de trop grandes difficultés, il vaudra mieux l’abandonner dans les tissus que de se livrer à des manœuvres d’extraction dangereuses pour le blessé. Aujourd’hui, grâce aux pansements actuels, on pourra conserver des membres qu’on n’aurait pas hésité à amputer autrefois.
Plaies empoisonnées. — Elles se rapprochent par leur aspect des piqûres. On en distingue plusieurs sortes. Les unes ( plaies envenimées) sont produites par les animaux à venin, les autres ( plaies virulentes) sont dues à la pénétration dans l’organisme d’un virus. Les plaies envenimées s’observent surtout dans les pays tropicaux où elles présentent parfois une grande gravité. En France elles sont généralement bénignes; elles résultent de piqûres de guêpes ou dé abeilles (Y. ce mot). Cependant on a rapporté plusieurs cas où ces piqûres, en grand nombre, ont entraîné la mort. Le scorpion, qu’on rencontre en Algérie et dans le Midi de la France, est muni d’un appareil à venin. Sa piqûre est peu dangereuse. La piqûre de vipère peut déterminer des accidents généraux qui, dans quelques cas, aboutissent à la mort.
Traitement. — Il consiste à appliquer sur le membre piqué une ligature pour empêcher la circulation. On lavera ensuite la plaie. On pourra poser une ventouse au niveau de la piqûre, pour attirer le venin hors de la plaie ou pratiquer la succion avec la bouche, mais à la condition que les lèvres et la muqueuse buccale ne présentent pas d’érosions. On cautérisera la plaie avec le fer rouge ou l’acide azotique qui agissent avec plus d’énergie que l’ammoniaque.
Quelles sont les complications des plaies? — Les
plaies n’évoluent pas toujours vers la guérison sans présenter des accidents locaux ou généraux.
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qui, non seulement retardent la cicatrisation, mais dans certains cas, compromettent la vie du blessé. Ces complications sont les unes primitives (hémorrhagies), les autres consécutives. Parmi ces dernières nous citerons la fièvre traumatique, les hémorrhagies secondaires, l 'érysipèle, la septicémie, l’infection purulente, le tétanos (V. ces mots).
Depuis la vulgarisation des pansements antiseptiques, ces complications redoutables, qui emportaient autrefois tant de blessés, tendent de plus en plus à disparaître. La pourriture d'hôpital a disparu. L’infection purulente et l’érysipèle opératoire deviennent de plus en plus rares et ne tarderont pas à disparaître complètement à leur tour.
Traitement général. — Il ne suffit pas de traiter localement les plaies, lorsqu’elles présentent une certaine gravité. On doit attacher une grande importance au traitement général. La diète, à moins de cas exceptionnels, et les saignées, dont on usait autrefois si largement, seront proscrites. On s’appliquera, au contraire, à donner au blessé une alimentation réparatrice de façon à lui permettre de lutter victorieusement contre les causes débilitantes auxquelles il est soumis. Les blessés seront placés, autant que possible, dans des pièces spacieuses et bien aérées. L’alimentation consistera en viandes rôties ou grillées qui présentent sous un petit volume une grande quantité d'aliments nutritifs. La poudre de viande, dans certains cas, pourra rendre de grands services. On prescrira du vin coupé d’eau (400 à 500 gr. de bordeaux). Enfin, dans les traumatismes graves, on réagira contre la stupeur qui frappe parfois les blessés par des boissons stimulantes, des frictions sèches, des injections d’éther. On ne craindra pas de donner de l’alcool, sous forme de grog ou de potion de Todd, les préparations de quinquina et les toniques.
Dr Louis Thomas.
PLANTAIN. — Le plantain est une petite herbe de la famille des Plantaginées, très commun dans les prairies et le long des chemins, qui possède une action astringente qui fait qu’on l’emploie en injection, lavement, gargarisme ou collyres. p. l.
PLANTAIRE. — Nom donné par les anatomistes, à deux artères et à un nerf du pied (V. Pied), p. l.
PLAQUE MUQUEUSE. — (V. Syphilis.)
PLASMA. — Nom donné par les anatomistes à la partie liquide du sang, dans laquelle sont suspendus ses globules (V. Sang.) p. l.
PLASTICITÉ. — La plasticité, disent Littré et Robin, « est la propriété qu’ont les éléments anatomiques, de se nourrir, de se développer et surtout de se reproduire plus ou moins énergiquement selon leur nature ou selon les conditions accidentelles dans lesquelles ils se trouvent. Dans un autre sens ce mot désigne le plus ou moins d’aptitude que possède un principe immédiat, un aliment ou une humeur, comme le sang, à rendre actifs et énergiques la nutrition, le développement et la reproduction des éléments anatomiques et, par suite,
des tissus. On appelle encore plasticité du sang, la propriété que possède le sang de fournir à la nutrition, au développement et à la reproduction des tissus. Elle est plus ou moins prononcée suivant les individus, le sexe, l’alimentation, etc. » p. l.
PLESSIMÈTRE. — Nom donné par le professeur Piorry à un petit appareil de son invention destiné à pratiquer la percussion médiate (V. Percussion). II se compose d’une plaque d’ivoire, longue de 5 centimètres, large de 3, épaisse de 2 millimètres, graduée en centimètres et en millimètres sur un de bords et munie aux deux extrémités de son grand axe de deux auricules verticales destinées à le maintenir sur la partie du corps à percuter. On percute en frappant de petits coups sur le plessimètre avec les doigts. p. l.
PLÉTHORE. — On donne ce nom en médecine à un état morbide caractérisé par une surabondance de sang dans le système circulatoire. Lorsque la pléthore est générale, elle se manifeste par les symptômes suivants : rougeur de la peau, surtout à la face, augmentation de la chaleur animale, tendance aux hémorrhagies, lourdeur de tête, céphalalgie, vertige, somnolence, gonflement des veines du cou et battements violents des artères carotides, dureté du pouls, douleurs vagues, etc. Les individus atteints de pléthore doivent suivre un régime sévère, avoir une alimentation douce et légère, d’où les viandes noires, les vins généreux et l’alcool seront exclus, prendre des purgatifs fréquents, se faire pratiquer des saignées périodiques, se livrer chaque jour à la promenade après les repas, etc.
Lorsque la pléthore est locale, c’est-à-dire limitée à un organe, le traitement doit varier suivant l’organe qui est atteint. p. L.
PLEURÉSIE. — La pleurésie ou pleurite est l’inflammation de la plèvre. Elle est généralisée ou localisée, et alors elle peut être diaphragmatique, médiastine ou interlobaire. La pleurésie est aigue ou chronique, avec ou sans épanchement; cet épanchement lui-même est de nature variable, séro-fibrineux, hémorrhagique ou purulent. Enfin la pleurésie peut-être une maladie primitive ou secondaire, et l'expérience semble admettre aujourd’hui l’extrême fréquence de la pleurésie secondaire comparativement à la rareté de la pleurésie primitive ou idiopathique.
Quelles sont les lésions de la pleurésie? — Dans la pleurésie aiguë, les lésions anatomiques sont constituées surtout par des modifications pleurales, et par la présence d’un exudat ( épanchement ). La plèvre est épaissie, vascularisée; les vaisseaux sanguins, les vaisseaux lymphatiques sont dilatés, distendus, remplis de globules rouges ou de globules blancs; l’épithélium de la séreuse disparaît, et, à sa place, il y a une couche de fibrine plus ou moins abondante; il s’opère avec le temps, et plus ou moins rapidement, un travail de néo-formation, la plèvre se tapisse de néo-membranes vascularisées, qui, elles-mêmes, vont contribuer à augmenter la quantité du liquide épanché; si les néo-membranes
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de la plèvre pariétale viennent se fixer sur des néo membranes analogues de la plèvre viscérale, on observe alors ces adhérences pleurales qui peuvent jouer un si grand rôle, soit au moment de la thoracentèse, soit ultérieurement pour expliquer les déformations thoraciques, et surtout les lésions broncho-pulmonaires consécutives à la pleurésie (bronchites chroniques et dilatations bronchiques).
L 'épanchement (exsudât interstitiel) est plus ou moins abondant ; de 200 grammes, il peut s’élever jusqu’à 4 ou 5 litres; c’est alors qu’on observe des déplacements considérables des organes du voisinage. Le poumon surtout est refoulé dans la gouttière costo-vertébrale, complètement comprimé et, par suite, son rôle dans l’hématose est complètement nul; si l’épanchement est à gauche, le cœur est refoulé et peut battre à droite du sternum; le toie lui-même, dans les cas d’épanchement à droite, est refoulé plus ou moins en dehors de la cage thoracique. Dans la pleurésie aiguë, le liquide est séreux ou séro-fibrineux, légèrement teinté et, au microscope, on y constate un assez grand nombre de globules rouges et quelques globules blancs.
Quels sont les symptômes de la pleurésie? — Les
symptômes de la pleurésie au début ne sont pas toujours annonces par un grand éclat, et le | médecin doit savoir que les pleurésies latentes sont j d’une grande fréquence, que de fois il en résulte que la pleurésie est méconnue, le malade pouvant accomplir de longs voyages ou se livrer à ses occupations habituelles, alors que sa cavité pleurale contient un ou deux litres de liquide.
Habituellement, cependant, la pleurésie est |l annoncée par un frisson léger, par de la tievre et par un point de côté qui peut sieger sur une suri Jace plus ou moins étendue; ce point de côté semble dù à une névrite localisée des nerfs inter- I costaux; au début la percussion dénote une légère | matité du côté douloureux, et, à l'auscultation, on ! entend un frottement-ràle, conséquence du dépoli ! des surfaces pleurales; la respiration est obscure;
jusqu’alors la pleurésie est sèche, mais, au bout de | deux ou trois jours, l’apparition de l’épanchement ; modifie les signes physiques.
Ces signes varient suivant l’abondance de l’épanchement ; s’il n’y a que 1,500 grammes de liquide I environ, la matité ne remonte en arrière que jusqu’à la partie moyenne de l'omoplate ; à ce niveau, il y a une courbe de matité, courbe à convexité supérieure et dont la ligne, projetée en bas et en dehors, aboutit dans la région sous-axillaire; la matité au-dessous de cette courbe est complète, absolue et, à l'auscultation, le murmure respiratoire est remplacé par une respiration bronchique, qje l'on désigne sous le nom de souille doux, voilé, i lequel s’entend surtout au moment de l’expiration; la voix parlée est remplacée, a ce niveau, par une voix chevrotante (voix de mirliton, égophonie); si le malade parle à voix basse, on entend, à ce niveau, très distinctement les mots (pectoriloquie | aphone). Enfin, un signe qui a une extrême valeur, c’est la disparition plus ou moins absolue des vibrations thoraciques, la main étant appliquée sur le thorax lorsque le malade parle. Si l’epanche-
DlCTXON.NAIRE POPULAIRE DE MÉDECINE USUELLE.
ment est plus considérable, s’il augmente, s’il remplit complètement la plèvre, annihilant le poumon, la matité remonte alors jusque sous la clavicule, et, en arrière, jusqu’à la fosse sus-épineuse; le souffle, l’égophonie même, disparaissent complètement, car la transmission des sons et des bruits ne s’opère plus à travers un poumon refoulé et comprimé; c’est alors qu’on trouve le cœur déplacé et battant à droite de la poitrine, le diaphragme et le foie abaissés, etc.
La dyspnée dans la pleurésie n’est pas un signe sur lequel ont doit se fier absolument; au début la dyspnée est quelquefois intense, mais à partir du 10' jour le poumon sain jouant le rôle d’un organe supplémentaire (respiration puérile), le malade peut n’accuser aucune gène, d’autant plus, qu’à cette période, le point de côté a généralement disparu. La dyspnée du début est souvent du reste provoquée par une pneumonie superficielle qui n’envahit que les alvéoles de la surface du parenchyme pulmonaire.
La fièvre n’est généralement pas très intense dans la pleurésie franche ; lorsque la température axillaire dépasse 39°, il faut rechercher si la pleurésie n’est pas accompagnée d’une péricardite , d’une pneumonie, ou si elle n’est pas la conséquence d'une maladie générale.
Dans la pleurésie essentielle, primitive, à épanchement modéré, il n’est pas rare de voir la fièvre tomber du 15e au 20' jour; c’est alors que commence à s’opérer la résorption du liquide; la zone de matité s’abaisse, l’étendue du murmure respiratoire augmente, les vibrations thoraciques reparaissent graduellement avec toute leur netteté, enfin la mensuration du côté malade annonce le retrait graduel de la cage thoracique. C’est alors que l’auscultation révèle des bruits de frottements dus aux aspérités qui tapissent la plèvre, frottements quelquefois très doux, mais qui dans les pleurésies chroniques prennent le caractère de cuir neuf ; la persistance de ces frottements est le plus habituellement de longue durée, et je dois dire qu’elles ne cèdent que très difficilement à la médication.
Comment reconnaît- on une pleurésie? — Le
diagnostic de la pleurésie est en général facile, par ce fait que le médecin est généralement appelé, alors qu’il y a déjà qn léger épanchement; au début, on doit éviter de confondre une pleurésie avec une pleurodynie, une névralgie intercostale, une congestion pulmonaire ; l’examen des points douloureux, l’auscultation, la présence de râles, l’expectoration caractéristique, l’intensité de la fièvre, permettront d’arriver rapidement au diagnostic. Plus tard, lorsque l’épanchement est constitué, il faudra faire le diagnostic avec les kystes de la face convexe du foie, du bord supérieur des reins et de la rate.
Mais ce qui nécessite surtout un examen méthodique, ce qui met en éveil le tact et la sagacité du clinicien, c’est le diagnostic de la nature et de la variété de la pleurésie. La pleurésie est-elle diapragmatique , elle s’accompagne d’une dyspnée excessive, d’une orthopnée spéciale, rappelant aûso- | lument l’accès d’angine de poitrine ; c’est alors que
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le diagnostic pourra s’établir en étudiant les points spéciaux de la névrite du nerf phrénique (point supérieur sterno-claviculaire, point inférieur souscostal). La pleurésie est-elle interlobaire, la dyspnée est considérable, la matité limitée, et à un moment donné on pourra voir survenir une vomique, conséquence de l’ulcération pulmonaire. La pleurésie gangréneuse s’accompagne d'un état général grave, c’est habituellement une pleurésie secondaire (septicémie, typhus, diabète). Quant aux pleurésies cloisonnées, le diagnostic en est difficile; du reste ce sont plutôt des pleurésies à évolution lente, survenant habituellement chez des malades ayant eu antérieurement une pleurésie. L’examen minutieux des points où persistent les vibrations thoraciques pourra mettre sur la voie du diagnostic.
Quelles sont les causes de la pleurésie ? — Les
causes de la pleurésie sont très variées; et le refroidissement ne joue pas le rôle si important qu’on lui attribue généralement : la pleurésie essentielle, idiopathique, existe, mais elle est rare et peut et doit être considérée comme une exception. Que d’anciens pleurétiques, considérés autrefois comme atteints d’une pleurésie provoquée par un refroidissement, viennent plus tard succomber en proie aux lésions destructives de la tuberculose.
La pleurésie peut survenir dans le cours des fièvres, et surtout dans le cours de la scarlatine; dans la variole, elle est rare, mais quand elle survient, elle est habituellement purulente: sur 1500 varioleux auxquels j’ai donné mes soins à l’hôpital Saint-Louis (1880-1881), je n’ai observé que dix cas de pleurésies ; dans la fièvre typhoïde, on peut considérer la pleurésie comme une complication rare. Le rhumatisme, la pneumonie, la péricardite s’accompagnent fréquemment de pleurésie. Mais la maladie qui domine l’étiologie de la pleurésie, c’est la tuberculose ; il n’est pas de phthisiques chez lesquels, à un moment donné, on n’observe les signes plus ou moins évidents d’une pleurésie limitée, car je m’empresse de le dire, le plus habituellement, l’épanchement n’est pas extrêmement abondant chez les individus en proie à la tuberculose pulmonaire; il y a cependant des exceptions; c’est ainsi que j’ai eu l’occasion d’observer en 1886 un malade atteint de tuberculose pleurale, chez lequel on put extraire 3 litres de liquide.
Il est donc important, à l’examen d’un pleurétique de procéder à l’auscultalion minutieuse des sommets ; il faudra également prendre 2 fois par jour la température, car toute pleurésie accompagnée d’une élévation thermique considérable dans la soirée, doit faire redouter, soit la purulence de l’épanchement, soit la présence de granulations tuberculeuses.
Enfin, pour en terminer avec le diagnostic, il sera nécessaire d’examiner attentivement le cœur, de faire l’analyse des urines, car les affections cardiaques, les lésions des reins (albuminurie), s’accompagnent d’épanchement pleural, plus ou moins abondant ( hydrothorax ), qui n’ont pas la même nature que l’épanchement consécutif à la pleurésie ; l’hydrothorax pouvant être unilatéral, et par conséquent simuler une pleurésie. Enfin, la pleurésie
cancéreuse peut s’accompagner d’un épanchement pleural plus ou moins abondant ; le cancer de la plèvre peut être primitif, mais le plus habituelle ment il est secondaire, s’observe conjointement avec un cancer du sein, des testicules, de l’utérus. Si l’on a des doutes sur la nature du liquide, il suffira de procédera une ponction exploratrice; le liquide est-il sanguinolent, on peut en conclure que la plèvre est atteinte de carcinome.
Quel est le traitement de la pleurésie? — Le traitement de la pleurésie est variable, suivant la cause, la nature, et surtout l’abondance de l’épanchement. Au début, si le liquide est en quantité modérée, on pourra recourir à l’usage des diurétiques : tisane de pariétaire, d’uva ursi, contenant 4 grammes de nitrate de potasse par litre; l’infusion de poudre de feuilles de digitale (0,30e) agira comme diurétique et comme médication antithermique ; les révulsifs locaux, ventouses sèches, ventouses scarifiées, vésicatoires Albespeyres de petites dimensions, atténueront la douleur et pourront faciliter la résorption de l’épanchement; l’emploi des vins diurétiques, de l’extrait de convallaria maialis sera de quelque utilité.
Sous l’influence de boissons chaudes et sudorifiques (infusion de jaborandi du Dr Coutinho, injections sous-cutanées de pilocarpine), j’ai vu rapidement disparaître des pleurésies à épanchements modérés; enfin le régime lacté absolu m’a donné, dans plusieurs cas d'épanchement abondant, des résultats inespérés, alors que la thoracentèse était considérée par d’autres confrères comme l’unique ressource.
La fièvre est-elle vive, j’engagerai également à recourir à l’emploi raisonné de la quinine et de l’antipyrine. C’est dire que le médecin, au début de la pleurésie, alors que l’épanchement est modéré, doit lutter énergiquement, et ne pas se fier aux ressources problématiques de la nature; il doit considérer la thoracentèse comme Yultima ratio, et non comme le moyen de traitement habituel de la pleurésie. Mais cependant, si ces diverses médications ont échoué, si la maladie est arrivée au vingtième jour sans que l’on constate la moindre résorption, si enfin l’abondance du liquide menace la vie du malade par déplacement du cœur, syncope, thromboses cardiaques, embolies, il faut ne plus s’arrêter aux tergiversations et ponctionner immédiatement. Si le médecin n’a pas avec lui les appareils aspirateurs, qu’il n’hésite pas à ponctionner avec un trocart de moyen calibre muni de la baudruche, ainsi que le pratiquait Trousseau d’après le procédé de Reybard ; j’ai vu ainsi faire de nombreuses ponctions, j’en ai pratiqué moimême fréquemment, et jamais je n’ai vu d’accidents survenir.
Actuellement la ponction de la plèvre est une opération bien simple, que l’on pratique en se servant d’un appareil aspirateur; la ponction (thoracentèse) est faite au moyen d’un trocart de fin calibre, lequel communique avec un récipient dans lequel le vide a été obtenu préalablement. La ponction se fait vers le huitième espace intercostal, et l’évacuation du liquide doit s’opérer lentement, afin d’éviter le déplacement trop rapide du cœur
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i (si la pleurésie est à gauche) et surtout la con- ■ gestion du poumon qui pourrait provoquer l'apparition de l’expectoration albumineuse (œdème j aigu du poumon). Si la pleurésie est abondante, l’évacuation du liquide doit, pour les mêmes motifs, se faire en plusieurs séances; on reviendra à la thoracentèse trois ou quatre jours après une première ponction, s’il y a nécessité.
Pleurésie purulente. — Elle peut être consécutiveà une pleurésie aiguë ; c’est ainsi qu’on a accusé à tort | la thoracentèse faite avec les appareils aspirateurs de déterminer la purulence d’un épanchement qui était primitivement séro-fibrineux; il est plus que certain que dans nombre de cas, on avait employé | des trocarts qui n’avaient pas subi les lavages antiseptiques, et qui par conséquent transportaient dans la plaie les germes qui déterminaient la modification du liquide épanché. La pleurésie purulente est rarement primitive ; elle est presque toujours secondaire (variole, scarlatine, puerpéralité, septi- I cémie, etc.).
Les symptômes physiques sont identiques à ceux de la pleurésie aigue; cependant quelques symptômes lui sont particuliers ; c’est ainsi qu’on voit survenir au bout d’un temps assez rapide, de l’œdème de la paroi thoracique; les espaces intercostaux se dilatent, on peut même constater à leur niveau une certaine fluctuation; les veines de la paroi thoracique deviennent volumineuses. On peut constater au sommet du poumon, à la percussion et à l’auscultation, des signes pseudocavitaires.
En outre des symptômes locaux, l’état général offre des caractères d’une grande importance; le malade s’affaiblit, maigrit, sa face est pâle; il accuse des frissons, des sueurs profuses; la fièvre est constante, mais avec une exacerbation vespérale très marquée, la température s’élevant le soir à 40° : c’est alors, si l’on n’intervient pas à temps, qu’une fistule pleur o-cutanée peut s’établir, et que le pus s’évacue à l’extérieur; d’autrefois la fistule se fait à l’intérieur, fistule pleuro-bronchique, et alors provient une vomique , le malade rendant par l’expectoration des quantités énormes de liquide purulent.
11 sera toujours facile de s’assurer de la nature de l’épanchement, en faisant une ponction exploratrice avec le petit trocart de la seringue de Pravaz; la purulence nettement indiquée, il n’y a pas d’hésitation dans la marche à suivre; il faudra sans tarder recourir à l’opération de 1 ’empyème (V. ce mot), surtout si l’épanchement purulent reparaît peu de jours après une première ponction aspiratrice. La méthode d’une canule laissée en place, au moyen de laquelle on fait des lavages fréquents me paraît très dangereuse, car elle fait perdre du temps et empêche l’évacuation des fausses membranes volumineuses qui continuent à produire l’irritation pleurale et la formation du pus.
L’opération de J’empyème, consiste à ouvrir largement la cavité pleurale, à débarrasser complètement la plèvre de son contenu, liquide purulent et fausses membranes. Après cette évacuation, on lave la cavité pleurale avec des liquides antiseptiques, et l’on fait un pansement de Lister qui ne sera renouvelé que si la suppuration continue à se
faire. Cette méthode (empyème antiseptique) me semble la plus rationnelle : elle contribue à faire tomber rapidement la température, et empêche l’introduction dans la plèvre des microbes contenus dans l’atmosphère. Si la pleurésie purulente n’est pas accompagnée de lésions tuberculeuses, il n’est pas rare de voir la fièvre tomber rapidement et le malade récupérer ses forces.
La pleurésie s’observe à tous les âges, mais cependant son plus grand degré de fréquence correspond à l’âge moyen; elle devient cependant assez rare chez le vieillard. La fréquence de cette maladie, son importance, son rôle pathogénétique, ses formes chroniques et les altérations qu’elles peuvent déterminer dans la conformation du squelette, les modifications qu’elles impriment au parenchyme pulmonaire, mériteraient une plus longue description, mais je dois me limiter et renvoyer aux divers articles du Dictionnaire qui traitent de ces désordres secondaires. d> e. Landrieux,
Médecin de l’hôpital Saint-Antoine.
PLEURODYNIE. — Nom donné à une variété de rhumatisme musculaire qui a son siège dans les muscles intercostaux, et qui est caractérisé par une douleur intercostale ayant une très grande analogie avec celle de la névralgie intercostale et de la pleurésie. Cette douleur est superficielle, tantôt très aiguë, tantôt sourde, tantôt fixe, et tantôt mobile, elle augmente par la respiration et les efforts de la toux, et surtout par les divers mouvement du corps, mais elle n’est accompagnée ni de chaleur, ni de rougeur, ni de fièvre. Le traitement de la pleurodynie est celui de la névralgie intercostale et des rhumatismes (V. ces mots). p. l.
PLEURO-PNEUMONIE. — Nom donné à une pneumonie compliquée de pleurésie (V. ces mots).
PLÈVRES. — Anatomie. — Les plèvres sont des membranes séreuses situées dans la cavité thoracique, indépendantes l’une de l’autre, et destinées à faciliter le glissement des poumons dans cette cavité. Les plèvres sont séparées par la cloison nommée médiastin (V. ce mot).
La plèvre représente un sac sans ouverture, qui recouvre le poumon et se réfléchit sur le pédicule pulmonaire, auquel il forme une gaîne, pour tapisser ensuite la surface interne de la cavité qui contient le poumon. Cette membrane est partout continue et présente deux surfaces : l’une superficielle ou libre, qui limite la cavité de la plèvre; l’autre profonde ou adhérente, qui adhère à la surface du poumon, à la face supérieure du diaphragme, à la face interne des côtes, etc.
Comme toutes les séreuses, la plèvre présente deux feuillets : l’un viscéral, appliqué sur le poumon ; l’autre pariétal, tapissant la paroi de la cavité.
1° Feuillet viscéral. — La plèvre viscérale ou pulmonaire recouvre le poumon dans toute son étendue. Elle est transparente et adhère intimement au tissu de l’organe, de manière qu’il est impossible de l’en séparer.
2° Feuillet pariétal. — La plèvre pariétale re-
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couvre la face interne des côtes, le médiastin et le diaphragme, et comme elle est partout continue à elle-même, elle détermine la formation de deux culs-de-sac, l’un supérieur qui forme une sorte de
Coupe horizontale du poumon et de la plèvre (figure schématique).
1. Vertèbre. — 2. Paroi thoracique. —3. Racine du poumon. — 4. Plèvre pariétale. — 5. Cavité de la plèvre dans laquelle se font les épanchements. — G. Plèvre viscérale adhérant au poumon. — 7. Poumon.
calotte au-dessus du sommet du poumon, l’autre inférieur qui entoure la circonférence de la base
Fig. 1076.
Coupe verticale du poumon et de la plèvre (figure schématique).
1. Plèvre pariétale. — 2 Cavité de la plève. — 3. Plèvre viscérale adhérente au poumon. — 4. Poumon. — 5. Racine du poumon. — 6. Paroi thoracique. — 7. Diaphragme.
du poumon, et qui est situé entre la face supérieure du diaphragme et les dernières côtes. La plèvre pariétale présente un aspect et des rapports différents dans les divers points de son étendue; elle diffère sur les côtes, sur le diaphragme et sur
le médiastin, et dans ces points elle prend les noms de plèvre costale , plèvre diaphragmatique et plèvre médiastine.
La plèvre costale est épaisse et doublée d'un feuillet aponévrotique qui la sépare de la face interne des côtes. La plèvre costale est en rapport avec la face interne des côtes et les muscles intercostaux internes. A la partie postérieure des côtes, elle recouvre les muscles intercostaux externes, dont elle est séparée par le nerf et les vaisseaux intercostaux ; elle recouvre aussi la tête des côtes et le nerf grand sympathique, pour se réfléchir sur les côtés de la colonne vertébrale et se continuer avec la plèvre médiastine. A la partie antérieure des côtes, la plèvre costale recouvre les cartilages costaux, et, vers les trois ou quatre premières côtes, elle se prolonge jusqu’à la face postérieure du sternum, où elle s’adosse à celle du côté opposé, après avoir tapissé les vaisseaux mammaires internes et le muscle triangulaire du sternum.
La plèvre diaphragmatique tapisse la face supérieure du diaphragme, auquel elle adhère intimement.
La plèvre médiastine tapisse le médiasiin et forme la paroi interne de la cavité qui contient le poumon.
Le cul-de-sac supérieur de la plèvre déborde la première côte (d’un travers de doigt en moyenne), et forme au sommet du poumon un couvercle membraneux immédiatement appliqué sur lui et affectant les mêmes rapports. Parmi ces rapports, je signalerai celui qu’il affecte avec les vaisseaux sous-claviers en contact avec lui.
Le cul-de-sac inférieur de la plèvre forme une gouttière interposée à la face supérieure du diaphragme et à la face interne des côtes. Ce cul-desac inférieur, beaucoup plus déclive en arrière qu’en avant, correspond : en avant, à l’extrémité antérieure de la septième côte, et en arrière, au bord supérieur de la douzième.
Inflammation de la plèvre. — (V. Pleurésie.)
D' J.-A. Four.
PLEXUS. — Nom donné par les anatomistes aux entrelacements que forment, dans certaines régions du corps humain, les nerfs ou les vaisseaux eu s’anastomosant. Les principaux plexus prennent presque tous le nom de l’organe dont ils sont les plus voisins : Plexus brachial , cervical , lombaire , sacré, etc. (V. ces mots). p. l.
PLIE. — La plie est un poisson de mer, comestible, très commun, ressemblant à la sole, dont on mange surtout deux variétés : le carrelet et la limande. Le carrelet est d’une couleur cendrée, mêlée de noir dessus, tandis que la limande est jaunâtre dessus, tous deux sont blancs dessous. La chair de la plie est blanche, molle, visqueuse, un peu fade, mais nourrissante et d’une digestion facile, surtout si on la mange frite; cuite au vin blanc, elle ne convient pas aux convalescents et aux dyspeptiques. Celle du carrelet est généralement plus estimée que celle de la limande, p i.
PLOMB. — Le plomb est un métal solide, d’un
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(blanc bleuâtre, doué d’un éclat assez vif, qu’il perd rapidement à l’air, tellement mou qu’il peut être rayé par l’ongle, doué d’une odeur et d’une saveur
(désagréables, soluble par la plupart des acides, et précipitant en noir par les sulfures alcalins.
11 est très employé dans les arts, le commerce et l’industrie.
On l’utilise en chirurgie, tantôt sous forme de fils métalliques, tantôt sous forme de lames minces, Les fils métalliques servent à faire des ligatures. Les lames minces sont employées pour le pansement des ulcères de la jambe, des plaies végétantes, de l’onyxis. Ces lames s’appliquent comme le taffetas d’Angleterre, et sont maintenues par des bandelettes agglutinatives. Le plomb est doux et frais au contact de la plaie, il réprime les bourgeons charnus exubérants, met à l’abri de toute éraillure la cicatrice qui commence à se former.
Le plomb forme plusieurs composés qui sont employés en médecine, mais presque tous à l’usage externe, ce sont : le protoxyde de plomb, Yoxyde rouge de plomb, le carbonate de plomb, Y acétate de plomb, et Yiodure de plomb.
Protoxyde de plomb. — Le protoxyde de plomb se présente sous deux états différents : tantôt sous forme de poudre jaune, non cristalline et non fondue, c’est le massicot; tantôt sous forme de petites lames d'un jaune rougeâtre, ayant subi la fusion et étant devenues cristallines en se solidifiant, c'est la litharge.
Le massicot est inusité en médecine.
La litharge combinée, avec les graisses et les huiles fixes, entre dans la composition de la plupart des emplâtres résolutifs, fondants et maturatifs, tels que l’emplâtre simple, l’emplâtre diapalme, l’emplâtre de Xigo, l’emplâtre de diachylon, etc. Ces emplâtres s’étendent ordinairement sur de la toile ou sur des bandelettes de sparadrap; il sont tous astringents et conviennent en applications topiques pour opérer la résolution des tumeurs, amener la guérison des vieux ulcères et des plaies suppurantes.
Oxyde rouge de plomb. — L’oxyde rouge de plomb appelé aussi plombute de plomb ou minium, est une poudre rouge, non cristalline, insoluble dans l’eau. Comme la litharge, cette poudre sert à la préparation d’emplâtres résolutifs, destinés au traitement des mêmes affections morbides.
Carbonate de plomb. — Le carbonate de plomb, appelé aussi blanc de plomb, blanc de céruse, céruse, est un sel blanc, pulvérulent, inodore, insipide, insoluble dans l'eau. C’est un poison dangereux à plusieurs titres, ainsi qu’on le verra plus bas à l'article empoisonnement par le plomb. On lui attribue, comme aux oxydes de plomb, des vertus astringentes et résolutives servant à la cicatrisation des plaies. On le croit, en plus, capable de produire un certain degré de sédation dans le traitement de quelques névralgies rebelles. 11 forme la base de la fameuse pommade de Rhazis, préparée avec une partie de céruse pour cinq d’axonge. Il sert également à la confection d’un cérat antinévralgique composé de deux parties de carbonate de plomb pour une partiede cérat de Galien, et d'un emplâtre de céruse peu usité, mais avec lequel cependant
Constantin Paul prétend avoir eu des succès constants dans le traitement de l’ongle incarné que les chirurgiens traitent par l’extirpation. Pour cela, ce médecin ramollit entre les doigts un peu d’emplâtre et l’introduit sous le bourrelet fongueux. Dès ce lendemain ce bourrelet est moins rouge, moins gonflé, moins douloureux ; il s’atrophie bientôt et la guérison se fait en quelques jours.
Enfin, le blanc de plomb entre dans la composition de quelques cosmétiques dangereux, destinés à blanchir la peau du visage (Y. Fards).
Acétate de plomb. — On distingue deux acétates de plomb : Y acétate neutre de plomb et Y acétate basique de plomb.
L’acétate neutre de plomb, ou sel de Saturne, est ua sel à petits cristaux blancs, prismatiques, agglomérés, efflorescents, d’une saveur d’abord sucrée, puis astringente, d’un arrière-goût métallique, désagréable, très soluble dans l’eau. Il est rarement employé à l’extérieur, mais, en revanche, il est assez souvent prescrit à l’intérieur. A petites doses, il arrête la diarrhée, rend la circulation plus lente, le pouls plus petit, rapetisse le calibre des vaisseaux et diminue les sécrétions urinaire, sudorale et bronchique. S’il est trop longtemps continué, il finit par déterminer la colique sèche, l’anesthésie, etc., en un mot, tous les accidents de l’intoxication saturnine. De plus, il offre l’inconvénient,, comme produit soluble, de noircir les dents, de donner à la bouche un mauvais goût et un vilain aspect. Il se prescrit à la dose de 10 à 50 centigrammes par jour, en poudre, en potion, mais de préférence en pilules, seul ou combiné avec l’opium, la digitale. On l’utilise aussi en lotions ou en pommade contre les contusions, les érythèmes et les eczémas chroniques.
L’acétate basique de plomb, appelé aussi acétate tribasique de plomb, sous-acétate de plomb, extrait de Saturne, est un sel blanc, cristallisé en lames opaques. On ne l’emploie pas en médecine à l’état de pureté; mais on fait un fréquent usage de l’extrait de Saturne, solution formée d’acétate neutre de plomb mêlée à une certaine proportion de litharge et d’eau distillée. On emploie à volonté 10 à 30 gouttes, jusqu’à 10 à 30 grammes d’acétate liquide par litre d’eau; c’est sous cette forme que le sous-acétate est le plus souvent usité et prend le nom d 'eau blanche.
L’extrait de saturne se prescrit, comme les autres astringents, dans le but de contracter les tissus, resserrer les vaisseaux capillaires, résoudre les inflammations chroniques, favoriser la cicatrisation des plaies de mauvaise nature et diminuer ou tarir la sécrétion purulente des muqueuses.
Il se prescrit à l’extérieur, comme astringent résolutif sous les formes les plus variées. L’eau blanche, une des plus simples, s’obtient en versant quelques gouttes d’extrait de saturne dans une cuvette remplie d’eau. 8 à 10 gouttes suffisent pour j donner à l’eau une couleur laiteuse et un certain degré d’astringence; elle est très souvent employée en lotions, en fomentations contre les coups, les contusions, les ecchymoses, les entorses, les bosses sanguines ou autres; en lavements contre les flux séreux et muqueux; en injections contre les vagi-
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