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nites, les uréthriles, les otorrhées, l’ozène,le coryza chronique, etc. Une autre eau qui s’emploie sous les mêmes formes que l’eau blanche, c’est l'eau de Goulard (V. ce mot). Quant au cérat et à la pommade saturnées, ils rendent de très grands services contre les érythèmes, les eczémas, les intertrigos, etc. Ils constituent particulièrement un excellent topique contre l’intertrigo des enfants au maillot, développé à la partie supérieure des cuisses et autour des parties génitales, sous l’influence du contact de l’urine. Ce moyen est, selon moi, préférable à la farine et aux poudres d’amidon, de riz, etc., parce que l’enfant qui se mouille sans cesse forme avec ces poudres une pâte molle qui retarde ou empêche la guérison, tandis que les urines glissent sur le cérat et n’irritent point la peau enflammée.
Iodure de plomb. — (V. ce mot.)
Dr Marc. Camboulives.
Empoisonnement par le plomb. — Accidents saturnins. — L’empoisonnement par le plomb s’effectue ordinairement par la muqueuse respiratoire, plus rarement par le tube digestif. Il s’observe chez les ouvriers qui préparent la céruse et le minium, chez les peintres en bâtiments, chez les personnes qui habitent des appartements fraîchement peints, chez les fondeurs de caractères, etc. On peut encore contracter des accidents saturnins en buvant de l’eau qui a séjourné dans des vases de plomb ou du vin altéré avec de la litharge, en mangeant des bonbons colorés, etc.
Le plomb ainsi absorbé, s’élimine par deux voies : par les urines et par la peau. Le dernier mode d'élimination est très manifeste lorsqu’on donne un bain sulfureux à un saturnin ; en effet, au sortir de ce bain, il présente sur les pieds, les jambes, une coloration noire ou bleuâtre, due à un sulfure de plomb qui s’est formé par le fait de la combinaison du soufre avec le plomb.
Les symptômes de l’empoisonnement par le plomb peuvent être divisés en trois groupes': 1° troubles de la nutrition; 2° de la sensibilité; 3° de la motilité.
1° Troubles de la nutrition. — La nutrition est profondément altérée, les individus maigrissent, pâlissent, leurs forces diminuent, ils deviennent profondément anémiques, leur sang est pâle, les globules diminués, souvent on entend des souffles vasculaires. L’appétit devient capricieux, la bouche exhale une odeur fétide, styptique, les gencives présentent un liséré noirâtre à 2 ou 3 millimètres de leur bord libre, ce liséré, assez caractéristique, est dû à la formation d'un sulfure de plomb. En effet le plomb volatilisé se dépose sur les gencives et s’y combine avec l’hydrogène sulfuré qui se dégage dans toute l’étendue des voies digestives.
Souvent toute la peau prend une teinte subictérique et, chose remarquable, pendant les accès de colique, le foie semble diminuer considérablement de volume (Potain).
2“ Troubles de la sensibilité. — Les plus remarquables consistent en coliques fort vives, occupant 1 ombilic, l’épigastre ou la région hypogastrique,
s’irradiant vers les régions voisines. La douleur occasionnée par ces coliques est tantôt sourde, tantôt aiguë, elle est continue mais sujette à des exacerbations irrégulières pendant lesquelles les malades sont en proie à la plus vive anxiété, on les voit se rouler sur leur lit, prendre des positions variées, mais surtout se coucher sur le ventre; en effet, la douleur se calme souvent par une pression graduelle et continue exercée sur le ventre avec la paume des deux mains. Il existe aussi des crampes très douloureuses dans divers muscles et principalement dans ceux du mollet qui deviennent durs comme du bois, dans divers autres points et jointures; souvent avec les coliques, coïncide l’hyperesthésie des muscles abdominaux.
La constipation est opiniâtre, mais il survient souvent des vomissements. Ces coliques sont absolument sans fièvre; abandonnées à elles-mêmes, elles peuvent durer plusieurs semaines, mais convenablement traitées elles disparaissent rapidement. Dans les cas rares où on a pu examiner l’intestin, on a rien trouvé de spécial.
Souvent les malades présentent des anesthésies partielles, de l’analgésie et des troubles cérébraux.
Encéphalopathie saturnine. — Ceux-ci consistent en une céphalalgie vive frontale, accompagnée de vertiges, d’hallucinations, d’un délire furieux ; cet état épouvantable, après avoir duré cinq à six heures , se termine par un sommeil profond , mais les malades peuvent mourir foudroyés. Chez d'autres les convulsions constituent le symptôme prédominant; chez d’autres enfin, c’est le coma.
Les accident cérébraux sont sujets à récidives, ils ne s’accompagnent pas d’altération de la pulpe nerveuse, parfois pourtant on a noté un aplatissement des circonvolutions.
3° Troubles de la motilité. — Les plus légers consistent en un tremblement assez semblable au tremblement alcoolique.
Les plus graves consistent en paralysies presque toujours limitées aux muscles extenseurs, plutôt à ceux des doigts, de la main et de l’avant-bras qu’à ceux des pieds et de la jambe.
La persistance de l’action des fléchisseurs porte la main et l’avant-bras dans une flexion forcée que l’on fait aisément disparaître, mais qui se reproduit aussitôt qu’on abandonne à elles-mêmes les parties par alysées. Les paralysies des autres muscles sont assez rares.
Il est fort rare que la paralysie soit un accident primitif, presque toujours elle succède à des coliques et ne se produit guère que chez des individus depuis longtemps soumis aux émanations saturnines.
La paralysie saturnine enlèverait très rapidement aux muscles frappés la propriété de se contracter sous l’influence de l’électricité (Duchenne). Elle produit très rapidement leur atrophie.
Dans des cas rares, l’intoxication saturnine altère certains sens spéciaux et produit une surdité ou une amaurose passagères.
La maladie est toujours apyrétique; elle peut cependant donner lieu à certaines endocardites, seulement le timbre des claquements valvulaires est plus sec, le pouls a moins d'ampleur.
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Les coliques, les paralysies et les accidents cérébraux ne se rattachent à aucune lésion anatomique appréciable.
L’action du plomb sur l’organisme s’effectue plus ou moins rapidement, il existe à cet égard des prédispositions spéciales : certaines personnes s’y exposent indéfiniment sans danger; chez d'autres, les accidents surviennent presque aussitôt.
Les accidents débutent souvent par les coliques, parfois l'anémie saturnine les précède pendant un laps de temps plus ou moins long. Abandonnées à elles-mêmes, les coliques peuvent se prolonger plusieurs semaines, mais un traitement convenable abrège beaucoup leur durée.
Les paralysies saturnines ont une marche lente et progressive, leur durée est indéterminée, elles peuvent disparaître en quelques jours ou persister pendant des années ou même toute la vie; la guérison peut être complète et incomplète.
Les accidents cérébraux qui caractérisent l’encéphalopathie saturnine sont toujours très graves, plus de la moitié des malades y succombent et le pronostic doit toujours être réservé, car on a vu des accidents foudroyants succéder en quelques heures aux phénomènes les plus bénins; plus la vie se prolonge, moins le pronostic est grave, car souvent les cas mortels le sont en deux ou trois jours.
La colique de plomb se distingue aisément de l'entérite, de la dyssenterie, etc., par la constipation opiniâtre qui l’accompagne; elle ressemble davantage à un étranglement interne, mais la colique saturnine ne détermine pas de vomissements stercoraux, de plus la marche des accidents et les circonstances particulières au milieu desquelles se développe la colique, mettront sur la voie du diagnostic.
La gastralgie et l’entéralgie étant, comme la colique saturnine, une névrose des nerfs de l’estomac et de l’intestin, le diagnostic se fonde sur la nature des conditions au milieu desquelles se développe la colique.
La paralysie saturnine est facile à reconnaître vu la nature des accidents qui l’ont précédée, vu son siège limité aux muscles extenseurs, etc.
On ne peut reconnaître la nature saturnine des accidents cérébraux que par la connaissance de l’empoisonnement saturnin sous le coup duquel se trouve le malade.
Le traitement prophylactique présente trois indications (Grisolle) : 1° se servir des procédés qui répandent le moins de particules métalliques dans l’atmosphère; 2° renouveler fréquemment cette atmosphère; 3° employer des moyens mécaniques pour s’opposer à la pénétration des molécules de plomb dans les poumons et l’estomac : mettre sur le nez et la bouche des éponges trempées dans de l’eau aiguisée avec de l’acide sulfurique (appareil Paulin), ne pas prendre ses repas dans un atelier, soins de propreté, bains sulfureux, etc.
Les coliques seront surtout traitées par les purgatifs : un mélange à parties égales de miel et de soufre (12 grammes par jour environ) donne souvent de bons résultats; on peut aussi recourir au traitement de la Charité, traitement qui, depuis près kde trois siècles, jouit d’une réputation mé-
ritée et se compose d'émétiques énergiques, de purgatifs très efficaces, et de diaphorétiques narcotiques. 11 ne faut jamais négliger l’usage des bains sulfureux.
La paralysie saturnine sera traitée par l’électricité et aussi par le sulfate de strychnine administré à l’intérieur à la dose de 5 ou 10 milligrammes. Les accidents cérébraux seront combattus de façons diverses suivant leur nature.
Dr Léon Moynac.
Hygiène industrielle et professionnelle. — Le
plomb est une des sources les plus fréquentes des maladies professionnelles, et Napias a eu raison de dire que, dès le moment où il est extrait de la mine jusqu'à la dernière de ses multiples transformations industrielles, il est une menace d’empoisonnement pour les travailleurs et pour beaucoup d’autres personnes. Hirt a compté que sur 1,000 ouvriers employés à l’extraction du plomb dans les mines de Saxe, 870 sont atteints d’affections saturnines. D’après le docteur F.-.T. Bages, le nombre des coliques de plomb observées dans les mines de plomb d’Espagne est considérable. D’après le professeur Proust, ces accidents seraient moins fréquents en France.
Les ouvriers qui fabriquent les diverses préparations du plomb sont tous soumis à l’influence néfaste du saturnisme. Mais les plus frappés sont, sans contredit, ceux qui sont employés à la fabrication de la céruse. Ainsi, notre collègue le docteur II. Desplats a compté dans certaines fabriques de Lille de 32 à 56 malades par an sur 100 ouvriers cérusiers.
Enfin, tous les individus qui font des travaux dans lequel le plomb est employé en nature ou sous forme de préparations diverses, sont exposés aux accidents d’intoxication plombique. En voici la longue énumération par ordre alphabétique: Affineurs, ajusteurs, apprêteurs d’appareils à gaz, artistes peintres (coloristes, enlumineurs d’éventails à la gouache), blanchisseuses, boulangers, bronzeurs, brossiers, broyeurs de couleurs, cardeurs de crins, ceinturonniers, chauffeurs-mécaniciens, colleuses de bandes de journaux, confectionneuses de cahiers de papier à cigarettes, cordiers en fer, couturières, dentellières et blanchisseuses de dentelles, dessinateurs en broderie, doreurs sur bois (restaurateurs de tableaux), doreurs sur laque et vernisseurs de meubles laqués, ébénistes (fabricants de vieux meubles), émailleurs de supports de fils télégraphiques, empaqueteuses de tabac en poudre, de feuilles de thé, de chocolat, etc., employés de bureaux, essayeurs à la monnaie, étameurs, fabricants d’allumettes chimiques, fabricants d’émaux de foute sorte, fabricants d’étiquettes de flacon vitrifiées, fabricants de bâches et capotes de voitures, fabricants de cuirs vernis, fabricants de toiles cirées, fabricants de gants, fabricants de crayons colorés, fabricants de braise chimique au nitrate de plomb, fabricants de cartes glacées pour visite, fabricants de papiers moirés pour caries et sacs à dragées, fabricants de capsules pour bouteilles, fabricants de chromate de plomb, fabricants de mèches à briquets, fabricants de tôle émaillée, fabricants de céruse, fabricants de mi-
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nium, fabricants de litharge, fabricants d’acétate de plomb, fabricants de plomb de chasse, fabricants de potée d’étain, fabricants de papiers peints, fabricants de tuyaux d’orgue, fabricants de verres de mousseline et vitraux à dessins pour portes, cloisons, etc., faïenciers, ferblantiers et plombiers, fleuristes, fondeurs de plomb, fondeurs de caractères d’imprimerie, fondeurs de laiton, fabricants de straas, imprimeurs, correcteurs d’épreuves d’imprimerie, lamineurs en plomb, lapidaires, menuisiers et marchands de vieilles boiseries, orfèvres, joailliers, bijoutiers, ouvriers qui travaillent le cuivre jaune, ouvriers des mines de plomb, ouvriers des manufactures de glaces, ouvriers employés au capsulage des bouteilles, parfumeurs, pharmaciens, peintres en bâtiments, peintres en voitures, peinde décors et attributs, peintres sur porcelaine, plombeurs de wagons de marchandises, polisseurs de camées, potées d’étain, porcelainiers, serruriers, tailleurs d’habits, tailleurs de limes, tailleurs de cristal, teinturiers, tisserands et tisseuses, tuiliers, vérificateurs des adresses sur bandes de journaux, verriers, vitriers.
Nous ne pouvons, dans un cadre aussi restreint que celui de ce dictionnaire, insister sur le genre de travail ou d’opérations qui exposent à l’intoxication les personnes qui rentrent dans une des catégories que nous venons d’énumérer, non plus que sur la nature du sel plombique qui agit comme poison, ni sur le mode de pénétration du poison. Nous nous contenterons de reproduire in extenso la dernière instruction rédigée par le Conseil d'hygiène et de salubrité de la Seine, en 1881, relatives d’une part aux usines, ateliers ou chantiers, où l’on se livre à la fabrication ou à la manipulation du plomb et de ses composés, d’autre part aux ouvriers.
Instructions du Conseil d’hygiène et de salubrité.—
§ l'“. Prescriptions et précautions relatives aux usines,
ATELIERS ET CHANTIERS OU ON SE LIVRE SOIT A LA FABRICA- TION SOIT A LA MANIPULATION DU PLOMB ET DE SES COMPOSÉS.
— A. Usines à céruse, massicot et minium. — Les usines où l’on fabrique la céruse, le massicot et le minium, doivent être facilement ventilées, balayées, lavées a grande eau dans toutes leurs parties. Les opérations de l'é caillage, de 1 ’épelucliage et de l'écrasage de la céruse et du massicot, doivent être faites sous l’eau ou sur des matières sortant de l’eau et ruisselantes. Les broyages et blutages de la céruse, du massicot ou du minium, seront pratiqués dans des appareils clos, à parois de tôle rivées. Les raclages, cassages, broyages, moutures, brossages de ces substances, seront opérés, autant que possible, mécaniquement. Les manipulations directes avec jet a la pelle, les transports en chariots ou brouettes ouvertes sont interdits pour les matières sèches.
Les fours a calcination peuvent être construits dans les ateliers, a condiliou qu’on prenne les mesures nécessaires pour que toute poussière ou fumée plombique soit entraînée au dehors.
Toutes les semaines, les charpentes, murs et planchers des ateliers doivent être lavés a grande eau pour enlever avec soin toutes les parcelles toxiques. Un tuyau de conduite d’eau, muni d’un robinet au moins par trois hommes, se trouvera à la sortie des ateliers, pour que les ouvriers puissent, deux fois par jour, procéder aux soins de propreté indispensables à leur santé, soins dont il sera parlé au § II.
Les patrons et chefs d'atelier veilleront a ce que les blouses ou autres vêtements de travail restent à. la fabrique pendant que les ouvriers vont prendre leurs repas au dehors. Ces vête-
ments seront battus et brossés plusieurs fois par semaine hors des heures de travail et loin des ateliers.
L’emploi de l’huile diminue d’une façon très efficace les inconvénients constatés dans la fabrication de la céruse à sec ou à l’eau.
Un registre spécial mis h jour à chaque visite par le médecin indiquera l’origine de l’ouvrier, ses précédents patholo giques, ses occupations antérieures dans la fabrique, la nature de son travail actuel, son état de santé au moment de la visite hebdomadaire.
B. Ateliers et chantiers de peintres en bâtiments, broyeurs de couleurs, ponceurs, etc. — Les ateliers et chantiers doivent être bien aérés et largement ouverts partout où il peut se produire des poussières provenant du broyage, ponçage et brûlage des couleurs et peintures plombifères. Les ouvertures doivent être laissées béantes toutes les fois que des peintures ù la céruse seront apposées sur les murs, les meubles, etc., tant que celles-ci ne seront pas desséchées. Les blutages ou tamisages, transvasements, mélanges de couleurs, ne doivent pas être faits dans le local où séjournent habituellement les ouvriers. Toutes les parties de l’atelier doivent être lavées a grande eau chaque fois que des poussières toxiques se seront produites et déposées sur les murs, les charpentes, le mobilier, etc.
Le patron, ou en son absence le chef d’atelier, est tenu de surveiller sévèrement la mise en pratique de ces précautions, et de s’assurer que ses ouvriers, avant d’aller prendre leur repas, quittent leur blouse de travail et procèdent aux soins de toilette nécessaires.
On ne peut que désapprouver entièrement le broyage de la céruse sèche a la main, et son mélange à l’huile au moyen de la molette. Cette pratique est la cause d’un grand nombre d’accidents. 11 est de beaucoup préférable, pour broyer la céruse avec les diverses couleurs, de prendre celle qui a été préalablement mélangée a l’huile dans les fabriques.
C. Autres ateliers où ion manie le plomb et ses diverses préparations. — Partout où l'on manie le plomb, ses alliag’es et ses autres préparations, les chefs d’atelier doivent éviter tout ce qui pourrait mettre inutilement l’ouvrier en contact direct avec le plomb en nature et ses divers composés. Ils doivent veiller a la propreté minutieuse des ateliers et en exclure, par des lavages répétés, toutes les poussières plombiques. Ils doivent autant que possible éviter tous battages, pelletages, trépidations, etc., qui pourraient se produire dans les pièces closes où travaillent les hommes; ces opérations occasionnent et soulèvent des poussières plombiques dangereuses.
Dans aucun cas, l’ouvrier ne sera astreint à broyer ou bluter des préparations plombiques telles que émail en poudre, cristal, potée d’étain, fards, cendres plombiques, couleurs eu poudre a la céruse, etc., autrement qu’en vases clos. On ne doit pas laisser les ouvriers séjourner, et moins encore prendre leurs repas, dans des enceintes où se dégageraient notoirement des poussières contenant du plomb.
§ 11. — Prescriptions et conseils relatifs aux ouvriers. — Les ouvriers qui manient le plomb sous toutes ses formes •" métal, alliages, préparations solubles ou insolubles, doivent considérer comme certain que l’absorption du toxique peut se faire par le simple contact avec la peau, mais qu’elle a surtout lieu par la bouche, les narines et le jeu de la respiration. Us sont, par conséquent, tenus, dans l’intérêt commun, de prévenir tout dégagement de composés plombiques a l’état de poussières et d’éviter tout contact direct inutile avec le plomb et ses préparations. La propreté de leur personne, de leurs vêtements de leurs outils, et en particulier de leurs mains, de leur ligure et plus particulièrement de leur bouche au moment de leurs repas, est une condition indispensable de leur santé. Ces précautions, jointes à. une bonne alimentation, surtout si Ton évite tout excès, et en particulier l’abus des boissons, suffisent pour rendre leur travail à peu près inoffensif.
Tout ouvrier sortant d’une céruserie, plomberie, chantier de peinture en bâtiments, cristallerie, éinailleric, etc., doit, par
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conséquent, se laver les mains, les narines, et se rincer la bouche avec le plus grand soin. Pour cela, après s’être vivement frotté les mains, les avant-bras et les sillons des ongles avec du sable ou de l’argile mis à sa disposition par le patron, il se rincera dans l’eau courante. 11 devra procéder alors au lavage des narines, de la bouche, de la figure, épousseter ses vêtements de ville, éponger ses chaussures, etc.
Tout ouvrier qui sort d’un atelier ou d’une fabrique ayant sur ses mains, ses bras, ses vêtements, des poussières ou maculatures plombiques, s'expose & absorber le toxique, soit par les poumons, soit par la bouche durant les repas. Aucun aliments ne doit être déposé ni consommé dans la fabrique ou l’atelier. Les cérusiers, peintres, émailleurs, auront soin plus qu’aucun autre ouvrier d’éviter toute cause débilitante. La plus dangereuse est l’abus 'des boissons alcooliques.
Il est vivement conseillé au médecin de la fabrique de mettre momentanément au repos les ouvriers qui présenteraient le moindre liséré bleu des gencives, l’acidité fétide de l'haleine, l’insomnie, la colique sèche, la paralysie ou l’analgésie saturnines, et de ne les recevoir de nouveau que lorsque tous ces symptômes se seront parfaitement dissipés. Si une nouvelle attaque de saturnisme reparaissait, le médecin devrait prescrire, ainsi qu’on le pratique dans les usines les mieux tenues, le renvoi définitif de l’ouvrier reconnu incapable de reprendre ce dangereux travail.
Les ouvriers qui manient le plomb et ses composés, doivent recourir à une alimentation suffisante et aussi substantielle que possible, user largement de lait légèrement miellé, manger salé, et éviter les aliments acidulés.
Les bains sulfureux ou savonneux pris toutes les semaines sont fort utiles. Dès le début des accidents, l’ouvrier prendra conseil du médecin. Celui-ci jugera des précautions a prendre et de l’opportunité de l’usage interne de l’iodure de potassium qui, prescrit avec prudence, produit les meilleurs résultats. Ce médicament, qui est employé comme moyen préventif dans plusieurs fabriques françaises du Nord et de la Belgique, ne doit être pris que sur l’ordonnance et sous la surveillance du médecin. L’usage des boissons et limonades sulfuriques, ne saurait être recommandé.
Cette instruction rédigée par une commission du Conseil d’hygiène et de salubrité, composée de llillairet, Ollivier, Cloez, Villeneuve, Desain et Gautier, rapporteur, a été approuvée par le Conseil dans la séance du 23 décembre 1881, et publiée par le préfet de police Camescasse.
D' Paul Labarthe.
PLOMBAGE. — Nom donné à une opération qui a pour but de boucher la cavité d’une dent creusée par la carie dentaire (V. Dent). P. l.
PLOMBIÈRES ;eaux minérales de). — Plombières est un joli bourg de 1,800 habitants, situé dans une vallée profonde de la frontière méridionale des Vosges, arrosée par l’Augronne, qui possède des sources d’eaux minérales sulfatées sodiques, très faiblement minéralisées, dont la température varie de 15 à 70 degrés, et qu’on emploie, les unes à l’intérieur, contre les affections chroniques de l’appareil digestif, telles que dyspepsies, gastralgies, gastrites, diarrhées chroniques, les autres à l’extérieur, contre les rhumatismes articulaires et musculaires aigus et chroniques, contre certaines affections de l’utérus et contre les affections de la peau liées à la diathèse herpétique ou dartreuse. p. l.
PNEÜMATOSE. — Nom donné d’une manière générale aux accumulations de gaz dans nos organes. Lorsque cette accumulation se produit dans la Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
trame même des tissus, elle a reçu le nom d'emphysème; on lui donne les noms de pneumothorax, de physométrie, ou de tympcinite, suivant qu’elle se produit dans le poumon, dans l’utérus ou dans l’estomac ou les intestins (V. ces mots). p. l.
PNEUMOGASTRIQUE. — Le pneumogastrique, ou nerf vague ou nerf de la dixième paire , est le nerf qui tient le plus grand nombre d’organes sous sa dépendance. En effet, il préside non seulement à l’innervation des poumons et de l’estomac, ainsi que son nom l’indique, mais encore à celle du pharynx, de l’œsophage, du foie, du larynx et du cœur.
Son origine apparente a lieu sur le sillon latéral du bulbe, au-dessous du glosso-pharvngien et audessus du spinal; cette origine se fait par huit ou dix filaments qui convergent les uns vers les autres, Son origine réelle procède d’un noyau de cellules situées dans le bulbe, sur les parties latérales du plancher du quatrième ventricule, au-dessous du noyau d’origine du glosso-pharyngien.
Les huit ou dix filaments qui se détachent des parties latérales du bulbe se réunissent en un faisceau qui traverse le trou déchiré postérieur entre le nerf glosso-pharyngien et le nerf spinal. Arrivé au cou, le pneumogastrique, dont l’aspect est d’abord raboteux et irrégulier, descend sur les côtés du pharynx, derrière les artères carotides et la veine jugulaire interne; plus bas il pénètre dans la poitrine, croise la face postérieure des bronches et s’accole à l’œsophage : il pénètre avec ce conduit dans l’abdomen et s’étale sur les deux faces de l’estomac, en se plaçant, le pneumogastrique gauche sur la face antérieure de cet organe, et le pneumogastrique droit sur sa face postérieure.
Pour la facilité de l’exposition, nous étudierons successivement le pneumogastrique dans les diverses régions qu’il traverse, c’est-à-dire : A. au niveau du trou déchiré postérieur; — B. au cou; — C.dans le thorax; — D. dans l’abdomen.
A. Au NIVEAU DU TROU DÉCHIRÉ POSTÉRIEUR. — Le nerf pneumogastrique accolé au nerf spinal, traverse le trou déchiré postérieur dans une petite gaine ostéo-fibreuse intermédiaire à celle du nerf glosso-pharyngien qui est en avant et à celle de la veine jugulaire interne qui est en arrière.
A ce niveau, le pneumogastrique présente un ganglion dit ganglion supérieur, auquel aboutissent ou duquel partent les rameaux suivants :
1° Quelques filets qui le relient au nerf spinal ;
2° Un rameau important dit auriculaire d'Arnold ou rameau de la fosse jugulaire (Cruveilhier) ;
3° Une anastomose avec le glosso-pharyngien ;
4° Une anastomose avec le grand sympathique.
B. Portion cervicale. — A sa sortie du trou déchiré postérieur, le pneumogastrique présente un second ganglion bien plus développé que le premier, c’est le plexus gangliforme, long de 3 centimètres environ et qui est contourné en demi-spirale par le nerf grand hypoglosse.
Le nerf descend alors verticalement sur les côtés du cou, appuyé sur l’aponévrose prévertébrale, logé dans l’angle formé en arrière par la juxtaposition de la veine jugulaire interne avec les artères carotide interne et carotide primitive, et renfermé
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dans la même gaine; le grand sympathique suit, à 5 millimètres en dedans, un trajet parallèle.
Au niveau du plexus gangliforme, le pneumogastrique reçoit : 1° la branche interne du spinal ,
Fig. 1077. — Nerf pneumogastrique gauche.
1. Crochet attirant en avant le corps thyroïde. — 2. Trachée. — 3. Poumon gauche attiré en avant. — 4. Diaphragme. — 5,18. Nerf pneumogastrique appliqué sur l’œsophage. — 6. Estomac. — 7. Aorte. — 8. Portion cervicale du nerf pneumogastrique. — 8'J6. Ple-xus pulmonaire. — 8". Ganglion cervical du grand sympathique. — 9. Plexus gangliforme du pneumogastrique. — 11. Nerf glosso-pharyngien. — 12. Nerf laryngé supérieur. — 13. Plexus pharyngien. — 14. Nerf récurrent du coté gauche (la ligne du n° 14 se poursuit en blanc jusqu’au plexus pharyngien). — 15. Nerf récurrent. — 16. Plexus pulmonaire. — 17. Rameaux du pneumogastrique étalés sur la face antérieure de l’estomac. — 19. Filets du pneumogas-
I trique se rendant au foie. — 22. Chaîne du grand sympathique.
et cette branche, ainsi que le démontre l’expérimentation, ne fait, que s’accoler au pneumogastrique pour aller former le nerf pharyngien et le nerf récurrent.
A ce niveau le nerf vague s’anastomose encore : 2° Avec le grand hypoglosse ;
3 Avec l’anse nerveuse formée par les branches antérieures des premier et deuxième nerfs cervicaux ;
4° Avec le glosso-pharyngien;
5° Avec le ganglion cervical supérieur.
Dans son trajet cervical le pneumogastrique fournit trois nerfs : 1° le ou les nerfs pharyngiens ; 2° le nerf laryngé supérieur; 3° le nerf cardiaque supérieur .
C. Portion thoracique. — Dans le thorax, le pneumogastrique présente des rapports differents à droite et à gauche.
A droite, il passe entre l’artère et la veine sous-clavière en les croisant verticalement; puis il descend derrière la veine cave supérieure, atteint l’œsophage et se loge dans le sillon qui le sépare de la trachée; au niveau de la racine des bronches, le pneumogastrique devient plexiforme, se divise en filets aplatis, et forme, en s’anastomosant avec des filets du grand sympathique, le plexus pulmonaire, appliqué sur la face postérieure des bronches.
Plus bas encore, il gagne la face postérieure de l’œsophage et pénètre dans l’abdomen par le trou œsophagien du diaphragme.
A gauche, le pneumogastrique, d’abord parallèle aux artères carotide et sous-clavière, croise verticalement la face antérieure de la crosse de l’aorte, gagne la face postérieure de la bronche gauche où il forme le plexus pulmonaire correspondant, et s’applique sur la face antérieure de l’œsophage pour pénétrer avec lui dans l’abdomen.
Dans le thorax, le pneumogastrique fournit : 1° le nerf récurrent gauche, déjà étudié; 2° des nerfs cardiaques ; 3° des nerfs pulmonaires (plexus pulmonaires); 4° des nerfs œsophagiens.
D. Portion abdominale. — Les deux pneumogastriques pénètrent dans l’abdomen en même temps que l’œsophage auquel ils sont accolés et présentent une
terminaison différente.
Le gauche, placé sur la face antérieure de l’œsophage, s’étale sur la face antérieure de l’estomac recouvert par le péritoine; il se divise en rameaux aplatis qui s’anastomosent avec des rameaux du plexus solaire; ces rameaux s’irradient en divers sens, les uns vers la grosse tubérosité de l’estomac, d’autres sur sa face antérieure, d’autres remontent vers la petite courbure et, placés entre les deux feuillets de l’épiploon gastro-hépatique, gagnent la face inférieure du foie auquel ils se distribuent en suivant les divisions de la veine porte.
Le droit, placé sur la face postérieure de l’œsophage, s’étale sur la face postérieure de l’estomac et lui fournit quelques filets; mais la plupart de ses rameaux vont se jeter dans la partie interne du ganglion semi-lunaire droit, qui reçoit par sa
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partie externe le grand splanchnique, branche du grand sympathique; ces deux nerfs et les ganglions semi-lunaires forment l’anse mémorable de Wrisberg.
Fonctions du pneumogastrique. — Le pneumogastrique tient sous sa dépendance trois grandes fonctions de l’économie: la respiration, la circulation et la digestion; mais il est dans la physiologie de ce nerf bien des points encore peu élucidés, aussi est-il difficile d’exposer rapidement ses actions multiples.
1" Le neuf pneumogastrique est un nerf mixte. — L’est-il dès son origine, ou bien ses propriétés motrices lui viennent-elles de son anastomose avec le nerf spinal, qui fournit , comme nous l’avons vu, un gros rameau au plexus gangliforme? Les deux opinions ont été soutenues.
2° Influence du pneumogastrique sur la respiration et la phonation. — Les nerfs laryngés président à la sensibilité de la muqueuse du larynx et à la contraction de ses muscles, par conséquent à la phonation et à la respiration. Or, chose étrange, le nerf spinal paraît présider plus particulièrement à la phonation (nerf vocal de Cl. Bernard), et le pneumogastrique à la respiration.
Si, par la section, on étudie l’influence spéciale de chacun des nerfs laryngés, on constate que : 1° le nerf laryngé supérieur est un nerf sensitif présidant a la sensibilité des parties auxquelles il se distribue; 2° le nerf laryngé externe, branche du laryngé supérieur, est un nerf moteur présidant à la contraction du muscle crico-thyroïdien ; aussi sa section entraîne-t-elle une certaine raucité de la voix par suite du relâchement des cordes vocales; 3° le nerf laryngé inférieur est un nerf moteur présidant à la contraction de tous les muscles du larynx, sauf à celle du crico-tyroïdien antérieur; sa section pratiquée des deux côtés détermine l’asphyxie par paralysie des muscles dilatateurs de la glotte (crico-aryténoïdiens postérieurs), et une aphonie complète chez les animaux adultes, incomplète chez les jeunes animaux, en raison de la conformation de leur glotte (Longet).
Lorsqu’on ouvre la trachée chez les animaux auxquels on a sectionné le pneumogastrique, on prévient leur asphyxie immédiate, mais ils ne tardent pas à succomber, et l'on trouve leurs poumons vivement congestionnés.
3° Influence sur la digestion. — Il est probable que la section du rameau pharyngien gênerait les contractions du pharynx; on n’a pu s’en assurer, vu la difficulté de cette section ; en tout cas, la section du pneumogastrique au cou entrave la déglutition œsophagienne, paralyse l’estomac et, par suite, suspend son influence mécanique sur la digestion.
De plus, sur des chiens à fistule gastrique, on a constaté qu’après cette section la quantité du suc gastrique était diminuée et que tantôt il conservait son acidité, tantôt il devenait alcalin.
4° Influence sur la circulation. — La section des nerfs pneumogastriques détermine une grande accélération des mouvements du cœur; par contre, l’excitation de ce nerf par un courant d’induction entraîne le ralentissement de ces contractions; le
pneumogastrique peut donc être considéré comme un nerf d’arrêt du cœur. nr Léon Moynac.
PNEUMONIE. — La pneumonie est l’inflammation du parenchyme pulmonaire ou tissu propre du poumon. Cette affection est une des phlegmasies aiguës qu’on observe le plus fréquemment. Elle était connue dès la plus haute antiquité, mais elle était alors confondue avec un grand nombre d’autres affections pulmonaires. Laennec fut le premier qui sut la distinguer et donner une description exacte de ses lésions et de ses symptômes.
Quelles sont les lésions de la pneumonie? — On décrit généralement trois degrés dans les lésions anatomiques : 1° Y engouement) 2° Yhépatisation rouge; 3° Y hépatisation grise.
Vengouement est caractérisé par une congestion intense. Le poumon a une coloration rouge foncé, violacée. Il est augmenté de volume et présente parfois l’empreinte des côtes. Il crépite moins sous les doigts. La région congestionnée est imprégnée d’une sérosité rougeâtre, s’écoulant à la section; les capillaires sont gorgés de sang. Cette période dure de 24 à 48 heures.
Dans Y hépatisation rouge, la portion du poumon malade est transformée en une masse fibrineuse, dont la coloration, rouge intense, rappelle celle du foie. Les alvéoles et les conduits lobulaires (V. poumon) sont remplis par un exsudât fibrineux. La partie du poumon ainsi transformée est dense et tombe au fond de l’eau. Généralement, au bout de 5 ou 6 jours, la résolution s’opère, les éléments sont résorbés sur place ou expulsés par les crachats.
L 'hépatisation grise est caractérisée par la fonte purulente de l’exsudât fibrineux. Le poumon prend une teinte grisâtre, son tissu devient friable. Si l’on fait une section, on voit s’écouler un liquide purulent. Les alvéoles sont remplies par une sorte de bouchon formé de globules de pus. Ce troisième degré ne s’observe pas lorsque la pneumonie se termine par résolution.
Le poumon droit est le plus souvent atteint. On observe, d’après Grisolle, 11 pneumonies droites pour 6 gauches. La lésion siège généralement dans les lobes inférieurs. Cependant chez les vieillards et les alcooliques, elle occupe fréquemment le sommet.
Quels sont les symptômes de la pneumonie? —
Le plus souvent, la pneumonie débute brusquement. Le malade accuse une courbature intense, puis, au bout de quelques heures survient un frisson remarquable par son intensité et sa durée ; mais toujours unique. La température axillaire s’élève à 39°. On voit alors apparaître les symptômes qui accompagnent une fièvre intense : malaise général, céphalalgie, soif, quelquefois des vomissements. Dès le premier jour ou au commencement du second apparaissent les signes fonctionnels : point de côtés, dyspepsie, toux, expectoration.
Le point de côté existe presque toujours et le malade se plaint d’une douleur parfois très vive, s’exaspérant sous l’influence de la respiration ou des efforts de la toux et siégeant au niveau du mamelon. Le point de côté disparaît rapidement. 11 peut manquer chez le vieillard. Avec le point, de côté appa-
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raît une dyspnée caractérisée par une augmentation des mouvements respiratoires : on compte chez l’adulte 40 à 50 inspirations par minute, au lieu de 15 ou 20. Ces chiffres s’élèvent, chez l’enfant, à 70 ou 80. La toux est un des premiers symptômes. Elle est d’abord sèche, quinteuse, très fatigante pour le malade. Chez le vieillard, elle manque quelquefois. Vers le treizième jour, Y expectoration s’établit. Le malade rejette des crachats qui présentent un aspect caractéristique. Ils renferment du sang; ils sont visqueux, adhérents au vase, ambrés, rougeâtres, ou, selon l’expression consacrée, rouillés.
La percussion dénote, au niveau de la région malade, tantôt de la submatité, tantôt un léger tympanisme.
L’auscultation fait entendre le plus fin et le plus sec de tous les râles : le râle crépitant. On l’a justement comparé au bruit qu’on obtient en froissant une mèche de cheveux entre ses doigts. On l’entend à la fin de chaque inspiration. C’est un des meilleurs signes de la pneumonie. Pendant quelques jours, tous ces symptôme s’accentuent.
Le pneumonique présente un faciès caractéristique; il a les yeux brillants, les pommettes rouges et brûlantes, la face injectée, la langue sèche. La dilatation des narines à chaque inspiration est l’indice d'une violente dyspnée. Le délire qu’on observe à cette période est généralement doux, cependant chez les alcooliques il est peut-être très violent. Si l’on applique l’oreille au niveau de la région congestionnée et qu’on fasse parler le malade , sa voix arrive éclatante, métallique. Ce phénomène est connu sous le nom de bronchophonie. En même temps la respiration prend un timbre rude et soufflant : c’est le souffle tubaire. La température oscille entre 39 et 40,5, et le pouls entre 100 et 170.
Au bout d’un temps variable (6 à 8 jours) on voit survenir une brusque défervescence de la température qui tombe à la normale. Tous les autres symptômes disparaissent : la toux diminue, l’expectoration change de nature, les crachats deviennent muqueux, gris. Le souffle tubaire cesse, la matité se dissipe et l’on perçoit le râle crépitant du retour. C’est un râle plus humide que celui du début et qui s’entend aux deux temps de la respiration.
Si la pneumonie doit atteindre la troisième période, la température se maintient au-dessus de 40°. Les crachats prennent une coloration jus de pruneau, le pouls est petit et irrégulier, le malade est couvert de sueur et en proie à un délire quelquefois violent. Ce troisième stade aboutit presque toujours à une terminaison mortelle.
On voit quelquefois une seconde pneumonie se déclarer du côté opposé, dans le cours d’une pneumonie aiguë. La dyspnée augmente, la température s’élève et le pronostic s’aggrave.
L’inflammation du poumon comprend des formes différentes. La forme que nous venons de décrire, et qui est désignée sous le nom de pneumonie lobaire, est la plus fréquente. On distingue encore les variétés suivantes :
1° La pneumonie lobulaire ou broncho -pneumonie (V. Bronchite capillaire ) ;
2° La fluxion de poitrine, qui n’est pas une véritable pneumonie, et dans laquelle les bronches,
la plèvre et même les muscles du thorax sont atteints ;
3° La pneumonie infectieuse qui se présente d’emblée avec tous les symptômes d’une infection générale et qui parfois emporte les malades en l’espace de quelques jours ;
4° La pneumonie bilieuse qui s’accompagne d’ictère. Cet ictère peut être consécutif à une inflammation catarrhale des voies biliaires ou dépendre d’un état général grave.
On voit assez souvent survenir, dans le cours d’une pneumonie , un épanchement pleurétique, plus ou moins abondant. Cette complication constitue la pleuro-pneumonie. Le souffle devient alors plus intense, la matité augmente et la dyspnée s'accentue. La pneumonie peut aussi se compliquer de péricardite. Dans ce cas la terminaison est souvent fatale.
Quelles sont les causes de la pneumonie? — La
pneumonie s’observe surtout chez l’adulte. D’après Grisolle, c’est de 20 à 30 ans qu’elle atteint son maximum de fréquence. Cependant elle n’est pas rare chez l’enfant où elle existe souvent sous forme de broncho-pneumonie. Chez le vieillard elle siège généralement au sommet et elle présente une gravité exceptionnelle. L’influence du sexe a été reconnue depuis longtemps. Grisolle a établi qu’elle était plus fréquente chez l’homme que chez la femme, mais cette différence est beaucoup plus apparente que réelle, et dans les pays oùles femmes se livrent aux mêmes travaux que les hommes, elles sont atteintes de pneumonie aussi fréquemment que ceuxci. Les constitutions affaiblies et débilitées par des fatigues, par des privations ou des excès de tout genre sont prédisposées à cette maladie. Mais il n’y a là rien d’absolu, la pneumonie frappe souvent des individus dans le cours d’une santé florissante. On a soutenu, mais sans raison, que les bossus étaient plus souvent atteints de pneumonie que les sujets dont le thorax est normal. On a dit aussi que les individus exposés aux émanations du tabac ou des vapeurs fétides, ou à l’action de substances irritantes étaient prédisposés à contracter cette affection. Mais ces faits ne sont nullement prouvés. La pneumonie est plus fréquente dans nos climats aux changements de saison, où on l’observe parfois à l’état épidémique.
Parmi les causes occasionnelles, le froid est une des plus fréquentes. La pneumonie peut succéder aussi à un traumatisme (coup d’épée, fracture de côte). Ces cas de pneumonie traumatique sont relativement rares. On a décrit dernièrement un microbe spécial qui serait la cause de ces pneumonies infectieuses si rapidement mortelles.
Toutes les causes que nous venons d’énumérer ne suffisent pas à déterminer une pneumonie, il faut encore que l’individu qui les subit soit en état d’opportunité ou de réceptivité morbide.
Tous les symptômes que nous avons indiqué ne permettront pas de confondre la pneumonie avec d’autres affections.
Quel est le traitement de la pneumonie ? — On
a cru pendant longtemps, qu’à l’aide de saignées répétées, on pouvait juguler la pneumonie. Aujourd’hui cette méthode est complètement aban-
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donnée. Quelques auteurs ont même conseillé l’expectation pure et simple, qui doit être également rejetée, car, même dans les pneumonies essentiellement bénignes, on trouve toujours quelque soulagement à apporter au malade. Tout d’abord on exigera le repos au lit, on donnera, comme boisson, des tisanes chaudes, et comme nourriture, du lait et du bouillon. La douleur du point de côté, parfois si vive, sera calmée par l’application de ventouses scarifiées ou de sangsues ou même par une injection sous-cutanée de chlorhydrate de morphine. Depuis longtemps on a proposé, contre la fièvre, le tartre stibié. On le donne à la dose de 0,15 à 0,30 centigrammes dans une potion gommeuse à prendre par cuillerée toutes les heures. On emploie aussi la digitale à la dose de 0,50 à 1 gramme de poudre de feuilles en infusion, ou 15 à 20 gouttes de teinture dans une potion. Trousseau recommande la formule suivante :
Kermès 2 grammes.
Extrait de digitale 20 centigrammes.
Savon médical U- S.
pour 20 pilules. 1 pilule toutes les 2 heures.
Le sulfate de quinine Pelletier est encore indiqué pour combattre la fièvre pneumonique; on en prescrit 0,50 à 1 gramme à prendre en deux fois (le matin et dans la journée).
La toux sera calmée par des préparations opiacées, auxquelles on ajoutera pour favoriser l'expectoration, du kermès, ou de l’oxyde d’antimoine (0,50 à 1 gramme).
Chez les individus débilités ou atteints de pneumonie adynamique, on prescrira de l’alcool, sous forme de potion de Todd, qu’on prendra par cuillerées d'heure en heure. On pourra ajouter 2 à 4 grammes d’extrait mou de quinquina.
Si le délire est très accentué, on donnera du musc à la dose de 0,50 à 1 gramme.
L’utilité des vésicatoires a été niée par Laënnec et par Louis. Nous pensons que leur usage doit être réservé pour la seconde période, dans le but de dissiper l’induration pulmonaire. On doit éviter leur emploi, au début de la pneumonie, chez l’enfant surtout, car ils augmentent inutilement la douleur et l'agitation pendant la période fébrile.
D' Louis Thomas.
PNEDMOPHILE. — Le pneumophile est un appareil qui sert à aspirer de l’air chargé des essences balsamiques du goudron de pin, provenant d’un liquide appelé lui-mème pneumophile. Il se compose d'un flacon de verre ( fig . 1078; qu’on remplit avec le liquide générateur jusqu’au cordon passé sous le récipient des vapeurs, en ayant soin de ne pas dépasser la ligne AD, et que l’on bouche hermétiquement de manière à ne laisser passer l’air extérieur que par le tube CD. Un tube en caoutchouc qui traverse le bouchon obturateur du flacon sert à aspirer. Ce tube se termine par un embout de bois.
Pour se servir de cet appareil, on aspire longuement par le tube en caoutchouc, l’air qui, après avoir pénétré par le tube CD et traversé le liquide, arrive dans les poumons chargé des vapeurs bal-
samiques contenues dans la partie du flacon qui leur sert de récipient. Il est nécessaire, quand on aspire, de fermer les lèvres dès qu’on a saisi l’em-
bout avec les dents, et de respirer longuement de façon que l’air aspiré ne passe ni par le nez ni entre les lèvres, mais à travers la couche du liquide pneumophile, pour qu’il arrive directement dans les poumons.
Le pneumophile est un appareil d'un emploi très simple et très commode, auquel on peut avoir recours dans les divers cas où les inhalations de goudron sont indiquées (V. Goudron ). p. L.
PNEUMOTHORAX. — On donne le nom de pneumothorax à la présence de fluides aériformes dans la cavité pleurale.
Peut-être la plèvre altérée peut-elle produire des gaz; mais, en tout cas, ce pneumotorax essentiel est fort rare.
Le mécanisme du pneumothorax consiste en une perforation de la plèvre, dont l’accès est ainsi ouvert à l’entrée de l’air ou du gaz qui y pénètrent au moment de la dilatation du thorax.
Cette perforation peut siéger sur le feuillet viscéral, et elle est produite habituellement par des tubercules ramollis, plus rarement par la gangrène, par la rupture de foyers apoplectiques, de vésicules emphysémateuses, d’abcès.
Elle peut siéger sur le feuillet pariétal et résulter d’une altération des organes voisins, cancer et ulcère de l’estomac, hydatides et abcès de foie, ganglions tuberculeux, rupture de l'œsophage et surtout d’un traumatisme, plaie pénétrante de poitrine, fracture de côtes. Enfin le point de départ peut être dans la plèvre elle-même : cest ce qui a lieu lorsqu’un épanchement pleurétique s’ouvre dans les bronches.
Le pneumothorax débute brusquement, c’est l’habitude, ou d’une manière insidieuse, ce qui est plus rare.