ANALYSE COMPARÉE
entiers
desséchés verts
Amidon, dextrine, mat. sucrée .
Substances azotées
Matières grasses
Cellulose
Sels minéraux
Eau
Total. . .
Les pois secs sont beaucoup plus nutritifs que les pois verts. On voit, d’après ce tableau, que le pouvoir alimentaire des pois cassés est un peu supérieur à celui des pois secs entiers; ceux-ci, en effet, ne contiennent que 23,8 p. 100 de matières azotées, tandis que ceux-là en renferment 25,4 p. 100. Les pois secs servent â préparer des soupes, des purées et des ragoûts. Ils ne conviennent pas aux estomacs paresseux, non plus qu’aux dyspeptiques, à cause des gaz qu’ils développent dans l’intestin, mais ce reproche ne s’adresse qu’aux pois secs entiers :
Est inflativum cum pdlibus
Pellibus ablatis, sunt bona pisa satis.
C’est peut-être la lecture de cet aphorisme de l’école de Salerne qui a donné l’idée de prépareras pois cassés. Ceux-ci, en effet, privés de leur peau, perdent leurs propriétés carminatives et deviennent silencieux.
Nous ne dirons rien ici des conserves de petits pois, renvoyant nos lecteurs au mot légume.
Dr Paul Labarthe.
POIS A CAUTÈRE. — (V. Cautère.)
POIS CHICHE. — Le pois chiche est une variété de pois, caractérisée par une tige rameuse, une gousse courte et velue renfermant une ou deux graines, à peu près rondes, marquées d’un point saillant qui leur donne l’aspect d’une virgule, très commun en Italie, en Espagne et dans le midi de la France. Le pois chiche se mange cru avec du sel, ou cuit en soupe et en ragoût. Il est moins nutritif et plus indigeste que les pois ordinaires; on s’en sert beaucoup torréfié pour falsifier le café. P. L.
POISON. — Le poison, dit Toulmouche, est toute substance qui, prise à l’intérieur ou appliquée à l’extérieur du corps, est capable de donner la mort, ou tout au moins de détruire ou d’altérer profondément la santé. L’empoisonnement est l’ensemble des symptômes produits par l’administration du poison ; il est défini par Tardieu : « un état morbide accidentel qui résulte de l’action spéciale qu’exercent sur l’économie certaines substances minérales ou organiques délétères ».
POI
POI
Le poison ne diffère du médicament que par la différence des doses : le premier pervertit les fonctions, le second tend à les ramener à l’état normal. C’est à tort que l’on confond souvent le poison avec les virus : le poison est une substance pondérable et éliminable, agissant suivant la dose, tandis que les virus ne sont pas éliminables et n’agissent pas proportionnellement à la dose.
Quelles sont les voies d’introduction et d'absorption des poisons? — L’absorption d'un poison n’a lieu que lorsqu'il est mis en contact avec les éléments anatomiques ou qu’il peut se mélanger avec les humeurs, c’est-à-dire lorsqu’il se trouve à l’état gazeux ou soluble. Le poison peut être introduit dans l’économie par les voies suivantes :
A. Par l’ingestion gastro-intestinale, c’est le procédé le plus ordinaire.
B. Par l’injection dans le torrent circulatoire. Ce procédé d’absorption, qui est le plus rapide, est généralement employé par les physiologistes.
C. Par les voies respiratoires. Ce mode d’absorption, qui est spécial aux gaz et substances dissoutes dans des liquides dialysables, s’effectue avec une grande rapidité.
D. Par la méthode endermique, qui consiste à appliquer le poison sur le derme, préalablement dénudé.
E. Par injection dans le tissu cellulaire souscutané.
F. Par l’absorption cutanée.
La voie d’introduction a une certaine importance en médecine légale. L’intoxication par les voies respiratoires ou par absorption cutanée est le plus souvent accidentelle (professions et industries insalubres), tandis que l’ingestion est le mode le plus fréquent de l’empoisonnement criminel.
La rapidité de l'absorption dépend non seulement du procédé d’introduction, mais encore de certaines conditions physiologiques. C’est ainsi que les individus affaiblis et à jeun absorbent plus rapidement les poisons que ceux qui sont robustes et en pleine digestion. Certaines substances peuvent, par leur action spéciale sur les capillaires, retarder l'absorption ou atténuer ses effets. On admet, en effet, que l'ingestion simultanée d’opium et de tartre stibié produit un effet inférieur à la somme des effets que produiraient séparément ces deux poisons (Briand et Chaudé).
Comment se distribuent les poisons dans l’organisme? — Les poisons se distribuent aux tissus en obéissant à une influence d’électivité. Cette influence n'est pas encore très bien expliquée dans l’état actuel de la science; Rabuteau a cependant pu formuler la proposition suivante : Une substance agissant sur des éléments anatomiques déterminés et se trouvant en circulation dans le sang impressionne d’autant plus vivement les organes composés de ces éléments anatomiques, qu’ils sont plus irrigués. Cette loi n’a pas encore été démontrée pour toutes les substances toxiques, mais la proposition suivante, émise par le même auteur, est maintenant acceptée par tous les toxicologistes : les métaux sont d’autant plus actifs que leur poids atomique est plus élevé.
Comment s’éliminent les poisons? — Les poi-
sons s’éliminent par les reins, puis parles glandes, les voies respiratoires et la peau. Les substances fixes sont généralement éliminées par les reins, tandis que les voies respiratoires éliminent les principes volatils. Les produits éliminés par les glandes salivaires sont le plus souvent réabsorbés. Le rôle éliminateur de la peau et des muqueuses est moins important. La peau élimine cependant les substances volatiles et gazeuses, et même les substances solides, car ses propriétés d’élimination sont plus grandes que ses propriétés d’absorption. Les glandes intestinales sont des organes puissants d’absorption.
La durée de l’élimination a une grande importance en médecine légale, mais nos connaissances toxicologiques sont malheureusement très restreintes sur ce sujet. On sait que l’élimination des alcaloïdes de l’opium commence environ une heure après l’ingestion et devient complète au bout de trois jours, que les substances toxiques métalliques s’éliminent moins vite que les substances végétales, etc., mais ce sont là des données générales assez incertaines. Nous reviendrons sur les questions relatives à la durée de l’élimination en étudiant chaque substance isolément; mais nous ferons remarquer dès à présent que la loi ainsi formulée par Chatin : « La promptitude de l’élimination est, chez les divers animaux, en raison inverse de la faculté de résister au poison », n’est nullement confirmée par les faits.
Classification des poisons. — Quoique l’étude médico-légale de l’empoisonnement ne porte que sur un nombre restreint de substances, il n’en est pas moins nécessaire d’établir une classification des poisons, afin que ceux-là mêmes qui ne sont que très rarement employés puissent être indiqués dans le groupe auquel ils appartiennent.
Un grand nombre de classifications ont été proposées : les premières étaient basées sur l’histoire naturelle et sur l’origine du poison, les autres sur les caractères cliniques, et enfin les dernières sur l’expérimentation physiologique.
La première classification rationnelle, c’est-àdire ayant pour base l’action que les poisons exercent sur les éléments anatomiques et les humeurs, est due à Taylor. Cet auteur n’admet que deux classes de substances toxiques : la classe des irritants et celle des neurotiques. Jugeant cette classification insuffisante, Rabuteau en a proposé une autre, basée sur le même principe, et qui nous paraît répondre aux données actuelles de la physiologie expérimentale. Cet auteur divise les poisons en cinq grandes classes :