‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 20 sur 344 · IDE · texte numérisé non relu

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4e opinion. — L'ictère grave est l'expression d’une

nflammation aiguë et diffuse de tout le parenchyme du foie; un exsudât inflammatoire s’épanche dans les cellules hépatiques et sur leur pourtour, les étouffe et, à leur niveau, le foie est détruit et atrophié (Bright, Frerichs, Lebert, etc.)

Un peu plus fréquent chez la femme que chez l’homme, l’ictère grave a été surtout observé de vingt à trente ans chez les personnes débilitées par les excès, par les chagrins, les privations, les maladies antérieures. On a plusieurs fois observé de petits foyers d'ictère grave ; cela prouve t-il sa nature épidémique, contagieuse ou miasmatique?

L'atrophie du foie s’observe encore sous l’influence de certains empoisonnements (phosphore, arsenic, belladone), à la suite de plusieurs maladies (typhus, pneumonie, tubercules), consécutivement à l’oblitération des voies biliaires (tumeurs de nature diverse), mais ce n’est pas là la maladie que l’on désigne sous le nom d’ictère grave.

L’évolution de la maladie peut être divisée en deux périodes : la première d'inflammation, la deuxième d'intoxication.

La première période consiste en symptômes de catarrhe gastro-duodénal : le malade perd l’appétit et le sommeil, il éprouve des nausées et des vomissements bilieux, il souffre de la tête et il est atteint de courbature, d’une fièvre légère, puis l’ictère apparaît. Cette première période a une durée fort variable ; elle peut être courte au point de passer inaperçue ou se prolonger durant plusieurs jours.

La deuxième période est caractérisée par de l'ictère, des hémorrhagies multiples et un état général grave.

L’ictère prend en général une teinte de plus en plus foncée, la face jaune est marbrée çà et là de plaques cyanosées, la conjonctive est congestionnée. La région du foie est sensible, et par la percussion on peut parfois apprécier la diminution de son volume, et au contraire l’hypertrophie de la rate.

Bientôt le sang s’extravase de la plupart des vaisseaux, il se répand à la surface des muqueuses : de là des épistaxis, des hématémèses, des métrorrhagies, du mélæna; il s’infiltre dans le tissu cellulaire en produisant des ecchymoses et du purpura; il peut même s’épancher dans la substance cérébrale, en produisant les symptômes de l’hémorrhagie cérébrale. Ces diverses hémorrhagies doivent être attribuées à l'altération considérable du sang.

L’état général est profondément altéré, d’où le nom d’ictère grave ou typhoïde; la température s’élève à 40 degrés et même au delà, avec une légère rémission matinale ; le malade tombe dans la stupeur, les lèvres et les dents se couvrent de fuliginosités; bientôt survient du délire, des convulsions et un coma mortel.

L'ictère grave dure une semaine environ; on cite quelques cas de guérison , mais ils sont trop rares pour alléger la gravité du pronostic.

Pendant la première période, le diagnostic est à peu près impossible; dans la deuxième, il s’établira sur l’ictère, les hémorrhagies et la gravité de l’état général.

L’empoisonnement par le phosphore peut déterminer des accidents absolument semblables à ceux de l'ictère grave : c’est qu’en effet le phosphore produit la même atrophie jaune aiguë du foie; les antécédents permettront d’établir le diagnostic.

La fièvre jaune ressemble beaucoup à l’ictère grave ; elle s’accompagne, il est vrai , de douleurs lombaires affreuses et d’hémorrhagies gastro-intestinales très abondantes. D’ailleurs plusieurs médecins considèrent l’ictère grave et la fièvre jaune comme étant la même maladie.

Jusqu’à présent les divers traitements employés n’ont produit aucun bon résultat ; on a essayé les purgatifs salins, les toniques administrés sous forme d’extrait de quinquina, d’alcool, etc.

I)r Léon Moynac.

IDÉES FIXES. — (V. Monomanie.)

IDENTITÉ. — Médecine légale. — Les questions

d’identité sont soulevées lorsqu’il s’agit de déterminer : 1° si un individu est bien celui qu’il prétend être, comme lorsqu'un absent reparaît et réclame ses droits de famille ; 2° s’il est celui que l’on présume reconnaître et auquel s’adresse une question judiciaire; 3° si le cadavre ou le squelette soumis à l’examen est celui de tel individu présumé victime d’un assassinat ou d’un empoisonnement.

Dans le premier cas, l'identité s'établit le plus souvent par des papiers et des titres; cependant la loi a précisé certaines circonstances dans lesquelles les connaissances médicales peuvent être requises. On en jugera par l’exposé des articles de la législation qui se rapportent aux preuves de la filiation des enfants légitimes.

Législation. — Code civil. Art. 319. — La filiation des enfants légitimes se prouve par les actes de naissance inscrits sur les registres de l’état civil.

Art. 320. — A défaut de ce titre, la possession constante du titre d’enfant légitime suffit.

Art. 321. — La possession d’état s’établit par une succession constante de faits qui indiquent le rapport de filiationît de parenté entre un individu et la famille k laquelle il prétend appartenir.

Les principaux de ces faits sont :

Que l’individu a toujours porté le nom du père auquel il prétend appartenir;

Que le père l’a traité comme son enfant, et a pourvu en cette qualité à son éducation, à son entretien et à son établissement ;

Qu’il a été reconnu constamment pour tel dans la société;

Qu’il a été reconnu pour tel dans la famille.

Art. 323. — A défaut de titre ou de possession constante, ou si l’enfant a été inscrit soit sous de faux noms, soit comme ne de père et de mère inconnus, la preuve de la filiation peut se faire par témoins.

Néanmoins cette preuve ne peut être admise que lorsqu’il y a commencement de preuve par écrit, ou lorsque les présomptions ou indices résultant de faits constants sont assez graves pour déterminer l’admission.

Ce sont ces présomptions et ces indices que le médecin est quelquefois appelé à constater, et dont il a à déterminer la valeur au point de vue de l’identité.

Les questions d’identité se résolvent d’après les

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