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On suture alors les deux lambeaux en C, puis on réunit le bord libre du lambeau A à la peau du bord opposé du pénis, et le bord libre du lambeau C à la peau du bord opposé. On laisse la sonde à demeure jusqu’à cicatrisation complète.
Dans le procédé de Duplay (fig. 614), on fait trois
Fig. 61i.
Opération de l'hvpospadias (Procédé de Duplay).
opérations successives. La première consiste à refaire le canal au niveau du gland C, par l'avivement des deux lèvres de la gouttière et leur réunion par des points de suture, sur une sonde à demeure. Dans la seconde, on refait le nouveau canal, depuis le gland jusqu'à un demi-centimètre environ de l’ouverture de l'hypospodias, à l'aide de deux petits lambeaux latéraux A, A', adhérant au niveau des bords de la gouttière uréthrale, renversés sur la sonde à demeure, de manière que leur face cutanée corresponde au nouveau canal, et on réunit leurs bords libres par des points de suture, toujours sur la sonde à demeure. Enfin, la troisième opération consiste à aviver l’extrémité du nouveau canal B', le pourtour de l'ouverture hypospadianne qui reste D, et à les réunir avec des points de suture.
Dr Paul Labarthe.
HYPOSÜLFITE DE SOUDE. — (V. Soude.)
HYPOTHÉNAR.— Nom donné par les anatomistes à une éminence située à la face interne ou paume de la main, du côté du petit doigt, produite par la saillie des muscles palmaire, abducteur du petit doigt, court fléchisseur du petit doigt et opposant du petit doigt (V. Main). P.
HYSOPE. — L’hysope est une plante de la famille des labiées, qui croît naturellement dans le midi de l’Europe et en France, sur les collines arides, dans
les fentes des rochers, et jusque sur les vieux murs en ruine ; on la cultive aussi dans les jardins. Ses fleurs roses ou blanchâtres, à odeur forte, agréable, d’une saveur un peu amère, qui s’épanouissent en juillet et août, sont employées en infusions, comme béchiques et anticatarrhales, dans les affections des voies respiratoires et contre l’asthme. Elles entrent aussi dans l'eau de mélisse.
HYSTÉRALGIE. — Nom donné aux douleurs variées que ressentent les hystériques, et aux douleurs névralgiques de l’utérus. p i ■
HYSTÉRIE. — L’hystérie est une névrose caractérisée par des troubles variables et complexes du système nerveux de la vie de relation et de la vie organique.
Cette affection qui est presque exclusivement réservée au sexe féminin, mais qui n’est pas absolument rare chez l’homme, a été connue de toute antiquité. Martial en faisait mention dans une de ses épigrammes, il y a plus de dix-huit siècles : Léda, disait-il, se plaignait à son vieux mari d’être hystérique...
Hvstericam vetulo se dixerat esse marito,
Rabelais au XVIe siècle en parlait doctement et connaissait ses rapports avec l’épilepsie, la léthargie et la catalepsie, comme le prouve ce passage qui rappelle l’esprit du curé sceptique de Meudon et la science clinique du médecin de Montpellier : « Nature ha dedans le corps de la femme posé, en lieu secret et intestin, un animal, lequel n'est es homme ; onquel sont engendrées certaines humeurs nitreuses, baur acineuses, acres, mordicantes, lancinantes, chatouillantes amèrement : par la poincture et frétillement doloreux desquelle, car cet animal est tout nerveux et de vif sentiment, tout le corps est en elles esbranlé, tous les sens ravis, toutes affections intérimées,. tous pensements confondus. De manière que, si nature ne leur eust arrosé le front d'un peu de honte, vous les voiriez comme forcenées, courir V aiguillette plus espouventablement, que ne furent oneques les Prœlides et les Thyades bachiques au jour de leurs bacchanales ; parce que cestui terrible animal a colliguance à toutes les parties principales du corps, comme est évident en l' anatomie. Je le nomme animal, suivant la doctrine tant des académiques que des péripalhéliques . Car, si mouvement propre est indice certain de chose animée , comme escript Aristote, et tout ce qui de soi se meut est dict animal, à bon droit Platon le nomme animal, recognaissant en lui mouvements propres de suffocation, de précipitation, de corrugation, de indignation : voiie si violents, que bien souvent par eux est tollu à la femme tout aultre sens et mouvement comme si Just lépothymie, syncope, épilepsie, apoplexie, et vraie ressemblance de mort ( catalepsie ). »
Voulant faire comprendre l’action de la matrice sur les autres parties de l’organisme, Hippocrate avait dit, avant Martial et Rabelais, que la matrice est cause de six cents maux. Malgré cela, l’hystérie, confondue avec d’autres névroses, n’a été bien dé-
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crite que depuis les travaux de Louyer-Villermay, Georget, Dubois (d’Amiens;, Brachet, Landouzy et surtout de Briquet.
Quelles sont les formes de l’hystérie. — On distingue deux formes principales de l’hystérie : Y hystérie convulsive et Yhystérie non convulsive, mais les manifestations de la névrose sont, comme nous le verrons, essentiellement multiples.
Hystérie convulsive. — L’hystérie convulsive est précédée de prodromes variables, d’alternatives de tristesse et de joie exagérée, de pleurs et de rires, d’inquiétude générale, de bâillements, de pandiculations et de soupirs. Puis l’attaque débute par une aura dont la plus constante est une sensation douloureuse du ventre correspondant à l’ovaire, remontant au creux épigastrique avec sensation de boule, s’arrêtant au larynx, avec effet de strangulation et de constriction. Les malades portent alors la main au cou comme pour arracher un poids qui obstrue le passage de l’air, perdent connaissance et tombent.
Cette forme d’hystérie comprend deux variétés : l’hystérie convulsive clonique et l'hystérie épileptiforme.
Hystérie clonique. — Les convulsions ne sont que cloniques ; elles se généralisent immédiatement; elles sont accompagnées de cris et de lamentations. Leur intensité est souvent tellement grande que plusieurs hommes ont peine à contenir une jeune fille de force moyenne.
La tête est rejetée en arrière, en avant, sur les côtés. La figure est congestionnée, mais elle n’a aucune analogie avec celle des épileptiques : elle ne grimace pas. La bouche et les yeux sont exempts de convulsions. Les narines sont agitées violemment et les dents font entendre des grincements. L’ensemble de la physionomie exprime la douleur, la colère et le désespoir.
Les membres sont agités en tous sens. Les mains se crispent et se portent à l’estomac et au cou, comme pour arracher le mal qu’elles y ressentent. La poitrine, presque immobile au début, est agitée par des mouvements précipités ; la respiration est saccadée et rapide, le cœur bat avec violence. Le bassin est souvent propulsé en avant d’une façon cynique.
Le corps se meut comme un ver, par sauts et par bonds. Les mouvements généraux qu’il exécute ressemblent â ceux d’un athlète qui se débat et qui lutte contre un adversaire supérieur.
L’accès dure pendant quelques minutes, mais l’attaque d’hystérie se compose de dix à vingt accès de même durée, entre lesquels les malades restent dans un état syncopal, accompagné de délire hallucinatoire, d’extase, des somnambulisme et parfois aussi de paralysie provenant d’un état congestif des centres nerveux.
Quand l’attaque est terminée, on observe une plus grande régularité dans la respiration, la connaissance revient, une sueur abondante couvre tout le corps, les malades laissent échapper une grande quantité d’urine claire. Le corps est brisé, l’estomac et l’abdomen restent douloureux encore longtemps après. L’intelligence est obscure, l’esprit morose, impatient. Bientôt apparaissent des larmes abondantes et les pauvres malades s’endor-
ment, laissant au sommeil le soin de réparer les désordres de ce violent orage.
Les attaques d’hystérie n’ont pas toujours ce caractère d’intensité. Souvent les malades ne tombent pas à terre et ne font que chanceler ; d’autres courent, sautent; d'autres enfin se jettent sur les personnes qui les entourent. Les formes du caractère se montrent là dans toute leur nudité. Les femmes de constitution robuste, ayant une volonté énergique, ont des convulsions violentes, entrecoupées de cris bruyants, de délire maniaque. La jeune tille timide, au contraire, a des convulsions douces, cadencées, se terminant dans la somnolence. Les femmes passionnées sont cyniques, leurs mouvements convulsifs semblent se localiser dans les muscles du bassin.
Hystérie épileptiforme. — Les convulsions débutent, comme dans l’épilepsie, par la forme tonique. Quelques minutes après, apparaissent, comme dans l’hystérie convulsive, les convulsions cloniques. A celles-ci succèdent les attitudes passionnelles, qui se manifestent sous l’empire d’hallucinations actives. Et, de même que dans l’état de mal épileptique , l’on observe les attaques d’hystérie se succédant, s’imbriquant, pour ainsi dire, l’une dans l’autre, et pouvant durer plusieurs jours et même plusieurs semaines. Alors on voit survenir presque toujours une des formes les plus graves de l’hystérie : la léthargie ou la catalepsie, phénomènes qui mettent fin à l’attaque, et qu’il est facile d’ailleurs de provoquer, dans le sommeil hypnotique, chez les hystériques hypnotisables.
Hystérie non convulsive. — Dans sa forme non convulsive, la névrose hystérique se manifeste par des symptômes excessivement variés parmi lesquels nous distinguerons :
1° Les paralysies, intéressant à la fois les muscles de la vie organique et ceux de la vie de relation. La paralysie et l’hémiplégie sont les plus fréquentes ; leur marche est rapide ou progressive ; elles sont presque toujours liées à d’autres manifestations hystériques : convulsions, anesthésie, contracture. Elles sont rarement complètes; elles apparaissent et disparaissent facilement, laissant toujours intacte la contractilité électrique.
2° Les contractures des muscles volontaires et involontaires. Elles affectent, comme les paralysies, les formes paraplégique et hémiplégique. Elles apparaissent subitement, sans cause appréciable, et disparaissent de même, mais elles peuvent durer très longtemps, plusieurs années quelquefois; elles peuvent alterner avec les paralysies et disparaître pendant l’anesthésie provoquée par le chloroforme. La contracture des muscles du bras détermine généralement une flexion forcée, celle des muscles de la jambe une extension avec pied-bot varus-équin. L’application d’un aimant, d’une plaque de métal (or, cuivre ou argent presque toujours), produit le phénomène de transfert.
Les principales contractures hystériques sont celles qu’on observe sur les muscles de la langue, sur les muscles masticateurs ( trismus ), sur les muscles du cou ( torticolis ), sur ceux de la hanche (i coxalgie hystérique), sur ceux des extrémités [tétanie], etc., etc.
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3° L’ anesthésie. Elle peut n’occuper qu’un point limité du corps: peau, muscles, viscères. Je l’ai vue, chez une hystérique, atteinte autrefois de la danse de Saint-Guy, localisée sur la lèvre inférieure. En même temps, il y avait paralysie de tout le membre inférieur gauche et une céphalalgie de tout le côté droit de la tète. Cependant on l’observe fréquemment chez les grandes hystériques sur toute une moitié du corps; c’est l’hémianesthésie, dans laquelle disparaissent non seulement la sensibilité de tous les sens du côté malade, mais encore la sensibilité à la douleur, à la chaleur, etc.
La peau du côté frappé d’anesthésie est pâle, froide, exsangue; la puissance musculaire est relativement beaucoup moins considérable que du côté sain.
L’application des aimants et des plaques métalliques, ainsi que les courants galvaniques déplacent l’anesthésie et la font apparaître du côté opposé. C'est le même phénomène de transfert que nous avons indiqué à propos des paralysies.
4° L'hyperesthésie. Comme l’anesthésie, qui est l'abolition de la sensibilité, l’hyperesthésie, qui en est l’exagération douloureuse, peut se manifester sur la peau, les muscles et les articulations des hystériques. L’hyperesthésie de la sutture sagittale porte le nom de clou hystérique ; celle des muscles de la tête, céphalalgie ; des muscles du rachis, rachialgie ; des muscles intercostaux, névralgie intercostale.
Hystérie viscérale. — Les symptômes d’hystérie non convulsive, qui se montrent sur la peau, les muscles et les articulations, atteignent également les viscères et les appareils physiologiques. C’est ainsi que Y hyperesthésie de l'encéphale détermine la céphalée; de l’estomac, la gastralgie; du foie, 1 hépatalgie; de l’utérus, Vhystéralgie ; du vagin, le vaginisme ; de la mamelle, la mastodynie.
L'ouïe, la vue et l’odorat peuvent également être frappés d'anesthésie, de paralysie, de contracture.
Les convulsions des muscles laryngés déterminent une toux sèche, monotone, fatigante à entendre; le spasme de l’estomac, des crampes et des vomissements; le spasme du pharynx, le hoquet et les rires convulsifs, etc.
La contracture de la vessie amène la rétention d’urine, et celle de l’iris, une myopie temporaire.
La paralysie des muscles du larynx se manifeste par de l’aphonie, du parenchyme pulmonaire, par la congestion bronchique, et comme conséquence, par l’hémoptysie; c’est enfin à la paralysie de l’estomac, de l'intestin, qu’il faut attribuer l’anorexie, la dyspepsie, la constipation et le météorisme, dont souffrent tous les hystériques. Les troubles de la vision et l'amaurose, en particulier, sont sous la dépendance de la paralysie de la rétine.
Les troubles circulatoires sont également le résultat d’une action paralytique des nerfs vasomoteurs. De là, l’anémie et l’hyperémie locale, les congestions et les hémorrhagies : hémoptysie, hématémèse, larmes de sang, sueurs de sang.
C’est aux troubles vaso-moteurs qu’il faut attribuer le curieux phénomène observé par M. Dujardin-Beaumetz sur une femme hystérique. Cette lemme complètement anesthésique sur tout le
corps, conservait pendant plusieurs heures des traces apparentes de tout contact sur les points touchés. En pressant légèrement sur la peau avec une clef, un manche de porte-plume, une allumette, on voyait apparaître une élevure de la peau dans tous les endroits qui avaient subi le contact du corps étranger. On traçait des lettres, un dessin quelconque sur la peau, et presque instantanément les lettres, le dessin étaient accusés par des saillies rouges très proéminentes, ressemblant à de l’urticaire qu’on ferait naître à volonté. Ces saillies étaient telles qu’un aveugle aurait pu les sentir avec la main. C'était une femme lithographique.
Les troubles vaso-moteurs de nature hystérique, peuvent être la cause d’une diaphorèse abondante, comme le prouve l’observation de celte jeune fille, observée par M. Siredey, qni fut subitement prise de sueurs profuses aux pieds et aux mains, avec complications d'embarras gastrique et d’anémie.
Quelques jours après, elle se plaignait de douleurs qu’on attribua à tort à la diathèse rhumatismale et qui disparurent, ainsi que les sueurs, au bout d’un mois, pour faire place à un état léthargique, avec des intervalles d’hallucinations et de délire.
A la léthargie succéda bientôt une anesthésie sensitivo-sensorielle diffuse qui, à son tour, fit place à un nouvel accès de léthargie, à des accidents convulsifs, et enfin à une double amaurose complète.
Les sueurs reparurent alors, mais avec elles on constata de l’anesthésie sensorielle de la langue; enfin, quelques jours après on observait la disparition de l'amaurose, mais il était survenu de l’anesthésie et de la paralysie partielle des membres inférieurs.
On eût recours, en présence de cette nouvelle complication, à l’application des aimants qui amena la prompte disparition des symptômes nerveux et la diminution de la diaphorèse.
Troubles psychiques. Folie hystérique. — Les facultés mentales et affectives ont un cachet spécial chez les sujets hystérique^. Enfants, elles sont douées d’une intelligence fine et possèdent au plus haut degré le don d’assimilation et d’imitation. Elles sont très impressionnables, coquettes, maniérées, poseuses. Elles sont sujettes aux migraines, aux insomnies, aux cauchemars’, aux terreurs nocturnes, à l'ovarie, aux palpitations de cœur.
Femmes, elles sont fantasques, paradoxales, ergoteuses, contrariantes, acariâtres, superstitieuses, avides de notoriété et d'émotions. Elles manquent presque toujours de sens moral. On les voit rechercher avec le même empressement le sermon d’un grand prédicateur, les péripéties d’un procès scandaleux, les joies de la charité et le triste spectacle d’une exécution capitale. Mobiles dans leurs sentiments, elles passent très facilement des larmes au rire, de la joie excessive à la tristesse, de la tendresse passionnée à la colère hautaine, de la chasteté aux propos lascifs et aux idées lubriques. Elles adorent la publicité, et pour arriver à faire parler d’elles, elles emploient tous les moyens : la dénonciation; la simulation d’infirmités, de maladies, et le revolver; elles sont heureuses de passer pour être victimes de quelque chose ; elles disent avoir
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été violées. Pour arriver à leurs fins, elles trompent tout le monde : mari, famille, confesseur, juge d’instruction, et leur médecin, au besoin, s’il veut bien consentir à être dupe de leurs affirmations ridicules.
Les hystériques ont des accès de délire qui peuvent être considérés, quand ils sont violents et répétés, comme un véritable état de folie aiguë, susceptible de guérison rapide, mais souvent suivi de récidives, jusqu’au moment où la maladie mentale devient chronique, où l’affaiblissement de l’intelligence vient apposer son cachet d’incurabilité.
La plupart du temps, heureusement, le délire n’est que passager. On l’observe :
A. Avant les attaques convulsives, sous la forme de mélancolie ou d’agitation, avec hallucinations de la vue et de l’ouïe.
B. Pendant les attaques convulsives, dans la période des attitudes passionnelles et des poses plastiques, sous les formes les plus variées, par des gestes en rapport avec les hallucinations qui obsèdent l’esprit des malades. On les voit alors exprimer les sentiments les plus opposés, de joie et de tristesse, d’érotisme ou de piété, de frayeur ou d’extase.
C. Après les attaques convulsives, sous la forme de désespoir, avec abondance de pleurs, alternant avec des rires prolongés, suivant que leurs hallucinations sont terrifiantes ou drolatiques.
D. En dehors des attaques convulsives, et dans ce cas, le délire tient lieu de toutes les phases de l’attaque. C’est ce qu’on désigne sous le nom d’hystérie larvée, qui a la plus grande analogie avec l 'épilepsie larvée.
Le délire hystérique a pour caractères principaux une grande exaltation de l'intelligence, la fixité particulière des idées, la perversion des sentiments, l’absence de volonté, la tendance à l’érotisme.
Les impulsions irrésistibles de ces malades sont également un caractère essentiel du délire hystérique. Beaucoup de vols dans les magasins de nouveautés n’ont pas d’autre origine. On peut en dire autant de tous les actes extravagants, ridicules et même criminels. Ces malades n’ont aucune conscience de leurs actions et de leurs paroles et paraissent en état d’absence.
Dans son travail sur les lésions des mouvements volontaires, Stard a publié l’observation d’une dame hystérique qui était sujette à ces impulsions involontaires; il la dépeint ainsi : « Tout à coup, au milieu d’une conversation qui l’intéresse, sans pouvoir s’en empêcher, elle s’interrompt ou elle interrompt la personne qui parle par des cris, des jurons, des mots bizarres, qui contrastent énormément avec son aspect charmant et la distinction de ses manières. Quand elle a ainsi obtenu le silence, par ses jurements et ses propos orduriers et obscènes, elle commence à raconter, d’une façon toute nette et toute crue, les travers, les défauts et les histoires secrètes de la vie intime de chaque personne qui se trouve dans le salon. «
L’auteur ajoute que c’était très embarrassant pour les auditeurs. Je le crois bien.
Quoiqu’il ne faille pas confondre l’hystérie avec
lerotomanie, il est bien certain que les hallucinations des hystériques ont souvent un caractère libidineux. Une malade racontait ses visions à M. Chambard dans des termes qui prouvent bien la vérité de cette assertion. Elle disait:
« Je vois des hommes et des femmes qui font l’amour et ça me fait rire. — Souvent, en rêvant, je vois des singes et des chats, ils courent, ils se mordent, ils crient, ils font l’amour entre eux. Une fois l’un d’eux s’est pendu après moi avec ses griffes à une drôle de place..., il ne me faisait pas de mal. — Les singes faisaient l’amour avec moi et avec M. M.... — Je n’ai eu de rapports qu’une seule fois et avec un seul singe. — Puis, toute la nuit, je me suis amusée avec quelque chose.... c’était celle de M. M... — Les étudiants le savent tous très bien : j’ai fait l’amour avec lui, j’en ai mal aux jointures, mais je recommencerais bien. »
D’autres fois, il est vrai, la même hystérique avait des visions effrayantes, elle voyait des fantômes, des assassins, des précipices, etc.
Les fonctions génitales subissent chez elles, des modifications qui ont une grande importance. Les organes génitaux sont extrêmement sensibles, et par moment d’une frigidité absolue. On a cru pendant longtemps que la non satisfaction des sens était une cause d’hystérie, et c’est là une erreur: les femmes mariées y sont aussi sujettes que les jeunes filles ou les femmes qui vivent dans la continence. Cependant, il faut dire que la maternité et le bonheur d’une vie calme, exempte d’émotions, des contrariétés et des soucis des affaires, coïncide rarement avec la névrose hystérique, à moins que des grossesses et des accouchements laborieux aient amené un déplacement organique et des ulcérations du col de la matrice. En résumé, la continence ne rend pas les femmes hystériques, mais il faut dire que les hystériques sont généralement lascives.
Hystérie précoce. — Les attaques d’hystérie ne sont pas absolument rares à l’âge de 12 ans, bien qu’elles surviennent le plus fréquemment entre 15 et 25 ans. Il y a quelques années, M. le Dr Ilenrot (de Reims) nous faisait connaître l’observation d’une enfant de 12 ans qui eut subitement, et sans raisons connues, des crises convulsives avec suffocation, toux, aboiement et spasmes œsophagiens. Les crises étaient très fréquentes, et ne cédaient à aucun des médicaments anti-spasmodiques employés contre eux. Notre confrère eut recours en dernier ressort à la flagellation, avec une serviette imbibée d’eau froide, au moment d’une attaque. Cette médication fut héroïque, le succès fut complet, comme il l’avait été dans deux autres circonstances différentes chez des malades ayant des crises épileptiformes.
La flagellation, dans cette circonstance, possède évidemment une action réflexe sur le système cérébro-spinal.
Chez les enfants, l’hystérie est rarement accompagnée de somnambulisme et de catalepsie, mais on voit nettement se succéder la phase des grands mouvements, la phase des attitudes passionnelles, la période de délire. Les symptômes de la forme non convulsive chez eux peuvent être classés ainsi:
Troubles psychiques, état mental particulier se caractérisant par la coquetterie, l’habitude du mensonge, le désir d'attirer l’attention, et quelque fois hallucinations de la vue et de l’ouïe; troublesde la sensibilité, ils sont très nombreux, mais le plus fréquent est l’ovaralgie ; troubles de la motilité, ils sont rares, mais il existe, des faits certains d'hémiplégie et de monoplégie.
Hystérie chez l’homme. — Elle n’est pas aussi rare qu’on le croit généralement, si l’on tient compte des cas frustes. On a vu souvent, en effet, des accidents hystériques se développer à la suite d’une action traumatique ou d’une brûlure. Parmi les nombreuses observations recueillies par M. Debove, il y en a plusieurs qui sont très remarquables. Dans la première, il s’agit d’un jeune homme impressionnable qui fut pris, à la suite d’une fièvre typhoïde, de mouvements saccadés dans les bras, et dans les jambes d’hyperesthésie cutanée. La langue étant tirée hors de la bouche, il ne pouvait plus parler. Cette crise dura trois jours. Depuis, plusieurs crises semblables, avec hallucinations, contractions irrégulières des muscles de la face; le malade se jetait par terre, criait, chantait, riait et présentait une hyperesthésie générale. Dans la seconde, nous voyons un jeune homme de 23 ans (mère et sœur hystériques), ayant fait des excès, et sujet à de violentes colères. En jour il prend l’habit d’un camarade par le collet et ne peut plus le lâcher, il a des attaques de nerfs, des hallucinations, de l'hémiplégie droite complète. Quelques mois plus tard, il présente des symptômes de bronchite et de congestion pulmonaire. Il a une toux continuelle, des crises dyspnéiques, suivies d'expectoration, d’anorexie, de vomissements. Croyant à une phthisie, on a recours à la sonde œsophagienne et à l’alimentation artificielle. Cette affection reconnue de nature hystérique fut alors traitée par l'hydrothérapie, l’escrime, des courses à pied; et immédiatement on pu constater les heureux effets de ce traitement de la névrose.
Voici la dernière qui est très intéressante à plus d’un point de vue: Un ouvrier tombe sans connaissance sur la voie publique. On le porte à l’hôpital où l’on constate de l’hémiplégie gauche, sans anesthésie. Il sort guéri deux mois après, quoiqu’il eût été traité pour une syphilis hypothétique.
Trois ans après, cet homme éprouve le même accident: hémiplégie gauche, mais avec de l’anesthésie et de la contracture du même côté. On constate, d’ailleurs, la suppression des réflexes, pas de clignement des paupières par le toucher des cornées, pas d’éternuement quand on chatouille la muqueuse pituitaire. Il n’v a pas d’écoulement de sang quand on pique la peau du malade. Enfin, douleur iliaque apparaissant par la pression exercée sur la région qui correspond à celle de l’ovaire chez la femme.
Cette douleur peut être considérée comme un signe pathognomonique de la névrose hystérique.
Elle est produite par la compression d’un plexus nerveux qui existe chez l'homme comme chez la femme, l’ovaire n’agissant chez celle-ci que comme organe nerveux. Et chez certains sujets, on sait qu’il ne joue qu’un rôle nul ou tout à fait secon-
DlCTIONNAIRE POPULAIRE DE MÉDECINE DStTEU.E.
daire dans la production de ce qu’on appelle la douleur ovarienne.
De même que chez la femme, l’hystérie chez l'homme peut se développer dans l’enfance, comme le prouve l’observation du Dr Greffier relative à un garçon qui fut atteint d’hystérie convulsive avec accès de somnambulisme, à l’âge de onze ans.
Quelles sont les causes de l’hystérie ? — L’hérédité est. une de causes principales de l’hystérie; les fortes émotions , les sentiments contrariés, une fausse éducation jouent aussi un grand rôle dans sa production. L’imitation doit être mentionnée également en première ligne parmi les causes principales. Les épidémies célèbres des Ursulines de Loudun, en 1634, qui se disaient ensorcelées par le curé Urbain Grandier,etde toutes les possédées du moyen âge sont, des faits bien certains de contagion nerveuse.
Un exemple remarquable d’épidémie hystérique a été signalé il y a quelques années par le docteur Suligmuller. Neuf jeunes filles de 15 à 27 ans, fraîches, robustes, occupées au travail des champs, devinrent hystériques par contagion.
Comme causes prédisposantes, il faut signaler le travail en plein air par une grande chaleur, l’ingurgitation fréquente d’eau calcaire glacée, l’attitude courbée, d’où hyperémie du cerveau; ensuite une grande sympathie entre toutes ces jeunes filles qui, éloignées de leur pays, formaient comme une seule famille, d’où réaction facile de l’une sur l’autre.
La cause déterminante fut la nouvelle apprenant à l’une d elles qu’un incendie avait ruiné ses parents. Elle fut prise de convulsions hystériques, et successivement toutes les autres présentèrent les mêmes accidents nerveux. Toute la bande riait ou pleurait en même temps, les unes dansaient, les autres se roulaient, etc.
Après avoir inutilement essayé les injections de morphine, le chloral et le bromure de potassium, on. eut recours aux irrigations froides sur tout le corps et aux compresses froides sur la tète, traitement qui fut reconnu comme le plus efficace.
Les diathèses ont peu de rapports avec l’hystérie. Il faut cependant faire une exception pour la scrofule et une de ses formes très commune : le lymphatisme.
J’ai publié, il y a quelques années, dans le Moniteur de la Policlinique, plusieurs observations qui mettent cette proposition en évidence. Il s’agissait d’abord d’une famille, composée de trois jeunes filles et d’un garçon, dont le père était mort à la suite d’alcoolisme et d’excès vénériens. Les enfants étaient tous les quatre très fortement lymphatiques. Deux des filles étaient hystériques et la troisième fut atteinte de tumeur blanche de l’articulation du genou, à l’âge de dix-huit ans. Quant au garçon, je fus appelé à lui donner mes soins pour des" attaques épileptoïdes qui durèrent plusieurs mois et qui disparurent sous l’influence d’un traitement approprié.
J’ai mentionné également l’histoire d’une jeune fille de seize ans qui présentait les apparences les plus remarquables de la pléthore scrofuleuse. Elle eut, pendant un an, une danse de Saint-Guy très
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nettement accusée, qui se transforma ensuite en hystérie convulsive avec complications de troubles psychiques graves et de paraplégie.
Elle guérit, sans récidive, au bout de deux ans. Les moyens thérapeutiques auxquels j’ai attribué la guérison furent l’hydrothérapie et le nitrate d’argent, à la dose de 2 centigrammes par jour, en deux pilules de 1 centigramme, que la malade prenait, la première immédiatement avant son déjeuner et la seconde immédiatement après.
La diathèse rhumatismale est souvent une cause occasionnelle de l’hystérie. La névrose se localise et se greffe, pour ainsi dire, sur une affection rhumatismale insignifiante, intéressant tour à tour presque toutes les articulations. On la reconnaît alors à l’anesthésie cutanée et à des douleurs intolérables qui déconcertent beaucoup les médecins. Caria maladie a une forme essentiellement apyrétique et disparaît brusquement, après plusieurs mois de souffrances, sans laisser de traces, sans déterminer cette raideur articulaire qui est toujours l’arrière-garde de l’arthrite rhumatismale.
De nombreux faits pourraient être cités à l’appui de ces manifestations capricieuses de l’hystérie. Nous n’en rapporterons qu’un seul qui peut servir de type : Nélaton fut appelé, un jour, auprès d’une dame qui était atteinte d’arthrite du genou droit. Pendant trois mois, elle avait été traitée par des révulsifs, et, pendant six mois, on l’avait immobilisée dans une gouttière, sans aucun résultat. Nélaton se contenta de faire électriser l’articulation et laissa marcher la malade. Petit à petit, le genou revint à son volume normal et le membre reprit ses fonctions. Mais, dix ans après cet accident articulaire, on constatait encore une anesthésie cutanée complète au niveau du genou.
On comprend combien il est nécessaire, dans ces circonstances, de faire un diagnostic rigoureux, sans lequel on est fatalement conduit à ne voir qu’un rhumatisme banal tributaire de médicaments inutiles ou nuisibles.
L 'hystérie locale est donc très importante à connaître; il faut savoir la deviner sous ses masques mystérieux. Car elle n’est pas appelée seulement par le rhumatisme, mais encore, comme l’ont enseigné Brodie et Lassègue, par le traumatisme, par les affections utérines, par les inflammations du larynx et des bronches. Et alors on constate loco dolenti des douleurs violentes, des contractures, de l’hyperesthésie.
L’aphonie de certaines laryngites, les hémoptysies qui compliquent certaines bronchites, l’hystéralgie et le vaginisme n’ont souvent pas d'autre raison d’ètre que l’hystérie locale.
Traitement chirurgical de l’hystérie. — Dans ces derniers temps, quelques chirurgiens se sont avisés de traiter l’hystérie par l’opération toujours très grave de la castration, désignée sous le nom d’ovariotomie normale ou d’opération de Battey.
Comme traitement curatif de l’hystérie, la castration, ainsi que toutes les opérations chirurgicales, proposées dans le même but, doit être considérée comme une hérésie médicale. Si l’hystérie peut avoir son point de départ dans les ovaires, il est certain que cette affection appartient en propre au
système nerveux. Les troubles de l’innervation observés par les chirurgiens qui ont pratiqué la castration avec amélioration dans les symptômes n’étaient que des attaques hystériformes provoquées par des états pathologiques des ovaires, actionnant sympathiquement le système nerveux. Et il en est de ces attaques hystériformes comme de certaines attaques épileptiformes que nous avons décrites et qui cessent avec la cause tangible qui les produit.
Donc, à part le cas où les attaques hystériformes graves se trouvent sous la dépendance d’une affection chirurgicale, on doit rejeter l’opération de Battey, car on exposerait le sujet aux suites dangereuses d’une grande opération sans aucun résultat et dans les mêmes conditions antiscientifiques que l’amputation d’un membre d’où partirait l’aura épileptique.
Quant à l’ablation du clitoris, ou clitoridectomie, elle est tout aussi inutile, et nous sommes heureux de constater que, jusqu’à présent, elle n’a pas été faite en France.
Traitement médical et hygiénique. — Dans l’hystérie convulsive, on pourra essayer de faire avorter l’attaque, en donnant du chloral, sour forme de sirop ou de chloral perlé de Limousin, mais la base du traitement sera l’hydrothérapie. Quand les attaques reviennent à intervalles réguliers, le valérianate double de fer et de quinine sera bien indiquée.
Indépendamment de ces moyens, dans toutes les formes de la névrose, on devra combattre les altérations générales de la constitution, anémie, chlorose, lymphatisme ou scrofule, par le traitement particulier à ces diverses affections.
11 faut exiger la guérison des lésions des organes génitaux, s’il en existe, et régulariser les fonctions menstruelles. C’est un point très important.
Dans la dyspepsie, les amers et les eaux minérales gazeuses et alcalines donneront toujours de bons résultats, de même que la strychnine, l’électricité et le nitrate d’argent dans les paralysies, et les appareils métallothérapiques dans les anesthésies.
On combattra les névralgies par des frictions excitantes, par la vératrine, les bromures alcalins (le sirop de bromure de potassium de Laroze est une excellente préparation). On peut l’employer également dans l’hystérie épileptiforme.
En même temps, on mettra en pratique tous les moyens fournis par l’hygiène morale : éviter toute cause d’excitation et d émotion, procurer aux malades de nombreuses distractions, ne jamais les laisser dans l’isolement, leur faire faire beaucoup de gymnastique, les placer au grand air ; en un mot soustraire le système nerveux aux causes multiples d’épuisement, et régulariser ses fonctions autant que possible. Dr Edmond Dupouy.
HYSTÉRIQUE. — Nom donné aux personnes atteintes d’hystérie. P. L.
HYSTÉROMÈTRE. — (V. Sonde utérine .)
HYSTÉROTOMIE. — L’hystérotomie n’est autre autre chose que le nom scientifique de l'opération césarienne , et je renverrais simplement le lecteur à
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ce dernier mot, si je ne voulais compléter ce qui a été dit précédemment sur cet intéressant sujet.
Ainsi, un nouveau procédé qu'on a appelé opération de Porro, du nom du professeur italien qui l’a vulgarisé de nos jours, mérite qu’on s’y arrête un instant. Frappé des hémorrhagies graves et fréquentes qui accompagnent la section de l'utérus dans l'opération césarienne, hémorrhagies qu’on peut très difficilement arrêter et qui sont dues à la grande vascularité de la matrice au terme de la grossesse, principalement au lieu d'implantation du placenta, le professeur de Pavie pensa qu’il n’y avait pas de meilleur moyen d’éviter ce danger que de sectionner l utérus après avoir établi une forte ligature au-dessus de l’orifice interne du col. Par ce même procédé, il supprimait en même temps les hémorrhagies secondaires, cl surtout le passage des lochies et des produits septiques qui, par la plaie utérine, pouvaient s’épancher dans la cavité péritonéale. Il abandonnait seulement dans le ventre le moignon de l'utérus sectionné comme on y laisse le pédicule d’un kyste de l’ovaire. Quand au traitement et pansement consécutifs, nous renvoyons à l’article Ooariotomie.
L’hystérotomie, telle que je viens de la décrire comme corollaire de l’opération césarienne a, dans ces derniers temps, été très souvent pratiquée pour l’ablation des tumeurs fibreuses ou fibro-kystiques de l'utérus. Quand, après avoir épuisé tous les moyens médicaux pour combattre les hémorrhagies graves et les autres accidents qui sont la conséquence de ces sortes de tumeurs, on se décide à une opération chirurgicale, on ne voit pas toujours exactement si la tumeur qu’il s’agit d’enlever a ou non un pédicule. Si cette tumeur est implantée de
telle façon que la partie pour laquelle elle reçoit ses vaisseaux est rétrécie au point de pouvoir être liée et sectionnée sans laisser une trop grande surface saignante , rien de mieux , et l’on se contente de l’ablation de la tumeur. Mais si cette dernière a sur l’utérus une trop large base d’implantation, ce sera l’utérus lui-même qui fournira le pédicule, et la ligature sera jetée, comme dans l’opération de Porro, à quelques centimètres audessus de l’insertion vaginale du col, puis on sectionnera au-dessus et on agira comme précédemment. On désigne plus volontiers aujourd’hui cette opération par le mot d ’hysterectomie, qui veut dire ablation de l’utérus.
On a appelé également hystérotomie vaginale l’ablation d’une tumeur implantée sur le col et qu’on enlève par le vagin ; ou même l’extraction d’un polype de l’utérus qui est encore contenu dans la cavité de la matrice ou qui vient faire saillie à travers le col de l’organe, jusque dans le vagin et qu’on extrait en suivant cette voie (V. Polype, Utérus}.
Enfin, quelques auteurs ont encore appliqué le mot d’hvsterotomie vaginale aux incisions qu’on est obligé quelquefois de faire, pendant le travail de l’accouchement, sur le pourtour de l’orifice utérin qui reste rigide, rétracté d’une manière spasmodique, induré ou squirreux. On se sert pour cela d’un bistouri boutonné, légèrement courbe, monté sur un long manche et qu’on nomme hystérotome. On pourrait également appeler hystérotomie la petite opération qu’on est obligé de faire quand les lèvres du col utérin sont agglutinées ou qu’il y a oblitération sur une plus ou moins grande étendue de la cavité cervicale. Dr A. de Soyre.
ICHOR. — Nom donné à la sérosité mêlée de sang et de pus qui s’écoule de la surface d’une plaie ulcéreuse. p. l.
ICHTHYOL. — L’ichthyol est un nouveau médicament extrait par distillation d’une roche bitumeuse, trouvée en 1880, près de Seefeld, dans le Tyrol, par Schroeder, roche qui renferme un grand nombre de pétrifications qui paraissent avoir été des poissons et des animaux marins préhistoriques. Cette substance, d’une odeur très pénétrante, peu agréable, se présente sous la forme d’une masse molle, de consistance analogue à celle de la vaseline, et d’un aspect rappelant celui du goudron. Elle diffère toutefois des goudrons végétaux et minéraux connus, par son odeur d’abord, puis par ses propriétés physiques et chimiques ; elle est soluble en partie dans l’éther et dans l’alcool, et totalement dans un mélange de ces deux liquides; mélangé à l’eau, elle s’émulsionne ; enfin elle est miscible avec les huiles et la vaseline en toute proportion. L’analyse chimique y a découvert environ 10 p. 100 de soufre et une notable quantité d’oxygène, ainsi que du carbone, de l’hydrogène et des traces de phosphore.
Les premières applications de 1 ’ichthy ol à la thérapeutique sont dues au professeur Unna. Le savant dermatologiste allemand frappé des fortes proportions de soufre contenues dans ce produit, a cherché à l’utiliser dans le traitement d’un certain nombre de maladies de la peau. Il résulte des observations publiées en 1885, dans le Centralblatt fur Thérapie, que l’ichthyol lui a donné des résultats excellents dans le traitement de l’eczéma, surtout de l’eczéma circonscrit et humide des mains et des bras, de l’eczéma papuleux des surfaces de flexion et des eczémas parasitaires. Il emploie ce médicament d’après la formule suivante :
Vaseline 100 grammes
Ichthyol . . 15 à 20 —
pour les adultes et
Vaseline 100 grammes
Ichthyol 5 à 10 —
pour les enfants. Sous son influence, les surfaces suintantes se dessèchent, l’épiderme se reforme, les douleurs et les démangeaisons parfois si pénibles disparaissent avec une rapidité étonnante. Unna a aussi employé avec succès l’ichthyol contre le favus et l’acné rosacée. Far contre ce médicament ne lui a pas donné grand résultat contre le psoriasis.
Ajoutons, en terminant, que Unna a employé l’ichthyol en frictions dans le traitement des rhumatismes articulaires et musculaires chroniques, te que ce médicament a produit la disparition des douleurs avec une rapidité qu’il qualifie lui- même d’étonnante. Dr Paul Labarthe.
ICHTHYOSE. — Nom donné par les dermatologistes à une maladie de peau qui est « caractérisée par une hypersécrétion, avec épaississement hypertrophique, induration, rugosités, et souvent exfoliation de l’épiderme qui se détache alors en lamelles, tantôt minces et pulvérulentes, tantôt piquantes et cornées ; de sorte que la peau ressemble à la peau écailleuse d’un poisson, ou à la peau épaisse, sèche et raboteuse d’un saurien. » (Guibout)
Cette affection qui est généralement héréditaire, et qu’on rencontre dans les deux sexes, débute dans la première ou la seconde année de la vie, et présente une plus grande intensité en hiver qu’en été. Les sujets qui en sont atteints sont toujours malingres, chétifs et délicats. Les fonctions de la peau s’accomplissant très mal, il en résulte des troubles consécutifs des organes internes thoraciques ou abdominaux qui altèrent profondément la santé, si bien que presque tous finissent par arriver à un état complet de marasme, et succombent à la phthisie ou à la fièvre hectique.
L’ichthyose est, jusqu’à présent du moins, une maladie incurable, cela ne veut pas dire qu'il faille l’abandonner à elle-même, au contraire. Il faut chercher à faire tomber les squames par des bains, par des douches, par des frictions avec du savon mou de potasse, de la graisse, de l’huile de foie de morue, ou encore par l’enveloppement au caoutchouc ; ramollir la peau à l’aide de bains alcalins
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quotidiens, au sortir duquel, la peau, étant essuyée, sera frictionnée avec un glycérolé d’amidon; enfin instituer une médication interne tonique (ferrugineux, arsenic, quinquina, colombo, etc.) qui mette le malade à même d’opposer une plus grande résistance à la maladie. Dr Paul Labarthe.
ICTÈRE. — On donne le nom d’ictère à la présence de la bile dans le sang, se traduisant par la coloration jaune de la peau et des muqueuses et l'élimination par l’urine des pigments biliaires.
L’ictère est un symptôme commun à des états pathologiques très divers.
Caractères de l’ictère. — La présence de la bile dans le sang se traduit : 1° par la coloration jaune de la peau et des muqueuses; 2° par la présence du pigment biliaire dans l’urine, les sueurs, les larmes, etc. A ces signes fondamentaux viennent s’en joindre d’autres moins importants, tels que la décoloration des matières fécales, le ralentissement du pouls, les troubles digestifs, etc.
La coloration jaune débute par la face et plus particulièrement par les conjonctives et la muqueuse sublinguale, puis elle s'étend aux tempes, aux ailes du nez et finalement à tout le tégument (cependant elle peut rester circonscrite); les parties supérieures du corps sont donc envahies les premières, c’est aussi, en général, par elles que commence la disparition de l’ictère. Il est à peine besoin d’ajouter que cette coloration jaune se rattache au dépôt de pigment biliaire dans les couches profondes de l’épiderme.
La matière colorante de la bile circulant avec le sang va naturellement imprégner tous les tissus, tous les liquides normaux ou pathologiques, en un mot, toutes les parties de notre organisme qu’aborde le sang, les viscères, les milieux de l’oeil, les produits pathologiques, tels qu’épanchements pleuraux, etc.
La peau est souvent le siège de démangeaisons et parfois d’une desquamation furfuracée.
La matière colorante s’élimine par l’urine, la sueur, les larmes et le lait.
L’élimination du pigment biliaire par l’urine est très rapide et très active, et souvent même elle commence avant la manifestation de la teinte jaune. L’urine est épaisse, rare, très brune, couleur acajou; bien que ces caractères physiques soient très significatifs, on peut les contrôler à l’aide de certains procédés chimiques qui isolent la matière colorante de la bile et en décèlent des quantités même fort minimes et inappréciables à la simple vue. Le procédé le plus simple consiste à placer l’urine dans un tube en verre et à y verser goutte à goutte un peu d’acide nitrique, l’acide coule au fond du récipient et entre les deux liquides apparaît une zone verte très caractéristique.
Dans les ictères par occlusion des voies biliaires, les matières fécales sont décolorées, grisâtres, très dures. On sait que c’est à la bile qu’elles doivent leur couleur normale, brune ou verdâtre. Dans les ictères symptomatiques d’une maladie générale, d’une fièvre palustre, d’un empoisonnement, les matières sont, au contraire, bilieuses, verdâtres, molles ou même liquides.
Chaque fois qu’un individu est atteint d’ictère, son pouls diminue de fréquence, il peut tomber à 40 pulsations et même au-dessous. Le nombre des mouvements respiratoires diminue, mais d’une façon moins notable; la température reste normale. De telle sorte que soixante pulsations peuvent, chez un ictérique, être l’indice de la fièvre.
Les troubles digestifs accompagnent fréquemment l’ictère; la langue est blanche, l’appétit, diminué, la soif vive, le malade éprouve un sentiment de pesanteur au niveau de l’estomac et il se plaint d’un malaise général, et parfois d’un embarras intestinal que l’on peut rapporter à la suppression de la bile qui, à l’état normal, joue un certain rôle dans la digestion des matières grasses.
L’ictère coïncide fréquemment avec des hémorrhagies; dans les fièvres graves, la fièvre jaune, l’hépatite diffuse, on observe, en même temps que la coloration jaune de la peau, des hémorrhagies par diverses muqueuses; mais, même dans l’ictère catarrhal le plus bénin, il y a très souvent des épistaxis.
Y a-t-il entre l’ictère et les hémorrhagies une relation de cause à effet ? Quelques auteurs le croient et attribuent les hémorrhagies à l’action dissolvante de la bile sur les éléments globulaires du sang, d’autres n’y voient que les effets d’une même cause générale ou de l’anémie.
La marche, la durée et les terminaisons de l’ictère sont entièrement subordonnées à ses causes ; l’ictère catarrhal, ou par cause morale, disparaît en quelques jours; celui qui se rattache à un calcul s’efface peu de temps après l’arrivée du calcul dans l’intestin, mais persiste indéfiniment si le calcul oblitère les voies biliaires ; il en est de même dans les cas de compression par des tumeurs, etc.
Comment se produit l’ictère. — Le sang normal ne renferme pas de bile, la bile est sécrétée par le foie, et pour qu’il y ait ictère, il faut que la bile, au lieu de parcourir ses voies naturelles pour arriver dans l’intestin, éprouve dans son cours normal une déviation qui la fasse passer dans le sang.
L’ictère tient à ce que la bile, au lieu de se diriger vers les canaux hépatiques, se dirige vers les veines sus-hépatiques ; or, cette fausse direction se rattache à des causes très diverses, les unes parfaitement connues, les autres entourées encore d’une certaine obscurité.
Dans quelles maladies s’observe l’ictère? —
L’ictère s’observe : 1° Lorsqu’il existe un obstacle
MÉCANIQUE SUR LE TRAJET DES VOIES BILIAIRES. La bile
s’accumule en arrière de l’obstacle jusque dans la cellule hépatique, et de là elle pénètre dans les veines sus-hépatiques et dans la circulation générale.
Le mécanisme de cet ictère est parfaitement démontré : liez le canal cholédoque chez un animal, vous allez le voir devenir ictérique au bout d’un certain temps (deux jours en moyenne). Or, les causes d’occlusion peuvent être à l’intérieur ou à l’extérieur des canaux excréteurs de la bile : dans le premier ordre se rangent : les calculs biliaires, plus rarement les vers intestinaux qui s’engagent dans le canal cholédoque, l’inflammation catar-
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rhalede la muqueuse qui tapisse les voies biliaires; cette inflammation , qui est souvent l’extension d'un catarrhe stomacal et intestinal, produit un gonflement et une prolifération épithéliale suffisants pour déterminer la stase biliaire, c’est le mécanisme de l’ictère catarrhal.
Les causes d'occlusion placées à l’extérieur des voies biliaires comprennent tous les changements de volume, de forme, de rapports, éprouvés parles organes voisins (cancer du pylore, du foie, brides péritonéales, tumeurs du foie, engorgements ganglionnaires, etc.).
2° Ictère dans les maladies du foie. — L’ictère est plus rare, moins prononcé dans les maladies du foie que dans les cas d’occlusion des voies biliaires. On l’observe :
Dans la congestion du foie, il est probable que cette congestion exagère la sécrétion biliaire de telle sorte que les voies biliaires, tout en restant libres, se trouvent insuffisantes à éliminer cette quantité anormale de bile ; il y a donc stase biliaire et ictère.
Les gens atteints de maladies du cœur présentent fréquemment une suffusion jaunâtre des sclérotiques et une teinte brune de la peau ; elle se rattache à la compression des canalicules biliaires par les veines sus-bépatiques dilatées et gorgées de sang. .
L 'hépatite aiguë peut donner lieu à l’ictère, mais ce symptôme n’est ni constant, ni même ordinaire; lorsqu’il s’observe, on peut le rattacher soit à un catarrhe concomitant des voies biliaires, soit à l’oblitération de quelques canaux biliaires autour du foyer, soit, dans le cas d’abcès, à la pression qu'il exerce sur les voies biliaires.
L’ictère grave s’accompagne d’un ictère dont la teinte s'accentue de plus en plus. Cet ictère a été expliqué de plusieurs façons; au début il paraît se rattacher à la congestion hépatique.
Les tumeurs du foie (hydatides, cancer) peuvent accidentellement produire l’ictère par la compression de quelques canaux biliaires.
L’ictère existe rarement dans la cirrhose-, lorsqu’on l’observe, on peut l’attribuer, si l’affection est encore à ses débuts, c’est-à-dire dans sa phase congestive, à l’exagération de la sécrétion biliaire; si, au contrairè, elle est à sa fin, à l’occlusion de quelques canaux biliaires par les brides de la capsule de Glisson (V. Foie).
En résumé, l’ictère n’est point la règle dans les maladies du foie ; lorsqu’il existe, il se rattache soit à une hypersécrétion de la bile rendant les canaux biliaires insuffisants, soit à une compression accidentelle des canaux ou des capillaires biliaires; les ictères survenus dans les maladies du foie rentrent donc, en réalité, dans la classe des ictères par obstacles mécaniques.
3° Ictère dans les maladies générales , les fièvres, les empoisonnements. — L’ictère s’observe dans le cours de certaines fièvres, dans la fièvre jaune dont il constitue le symptôme principal, dans les fièvres palustres, etc. Dans les pays chauds, il complique la plupart des maladies générales (on sait combien les maladies du foie sont fréquentes dans ces régions) ; dans nos pays, on voit souvent
des états bilieux se déclarer sous forme endémique, saisonnière, etc.
L’ictère se voit encore dans certaines affections localisées ( pneumonie , pleurésie , érysipèle, brûlure, etc.), sans que dans bien des cas on puisse invoquer une action de voisinage.
Enfin, il s’observe dans plusieurs empoisonnements, tels que infection purulente et putride, empoisonnement par le phosphore, Y alcool, Yéther et le chloroforme, par le venin des serpents à sonnettes, etc.
Le mécanisme des ictères de ce groupe n’est point aussi saisissable que celui des autres variétés; il faut, mais sans bien grandes preuves, invoquer un état congestif du foie, produit soit par sympathie, soit par l’action d’une température élevée, une perversion fonctionnelle qui entraînerait la bile vers le sang, une influence nerveuse particulière et de nature inconnue.
4° Ictère par émotion morale. — Depuis bien longtemps on a remarqué qu’une violente émotion pouvait provoquer l’apparition d’une jaunisse survenant tout d’un coup ou seulement au bout de quelques heures. Villeneuve parle de deux jeunes gens qui, à la suite d’une discussion, mirent l’épée à la main ; l’un d’eux devint pâle subitement, de sorte que l’autre, effrayé de cette transformation, laissa tomber son arme.
On a cherché à expliquer sa production de deux manières :
1° Par un spasme du canal cholédoque occasionnant un arrêt de la bile; mais, outre que le peu de fibres musculaires contenues dans les parois de ce canal rend l’existence de ce spasme fort peu probable, comment expliquerait-il l’apparition subite de l’ictère, alors que la ligature du canal cholédoque n’est suivie de jaunisse qu’au bout de quarantehuit heures ou de trois jours ?
2° Par une action nerveuse aussi inconnue dans sa nature et son mécanisme, mais du même ordre que celle qui détermine l’apparition du sucre dans l’urine après la piqûre du plancher du quatrième ventricule.
•> 5° L’ictère est fréquent chez les nouveaux-nés ; il peut, sans nul doute, se rattachera diverses causes, telles que : embarras gastrique et catarrhe des voies biliaires, érysipèle du cordon ombilical, etc.; mais il est un ictère qui leur est spécial, qui se dé-' veloppe quelques heures ou quelques jours après la naissance, et se dissipe rapidement. A quoi tient-il ? Est-ce à une congestion hépatique produite par le fait de l'impression de l’air froid sur la peau ? Estce aux changements produits dans la circulation hépatique par la dilatation du poumon qui aspire le sang veineux et diminue ainsi la pression dans les capillaires hépatiques?
Comment reconnaître les causes de l’ictère ?
— Nous venons de voir que l'ictère est un symptôme commun à des états pathologiques très divers : dans les uns il n’est qu'un épiphénomène sans importance, telles sont les teintes ictériques ou subictériques observées chez les gens atteints de maladies du cœur, dans le cours de pneumonie, etc., infection purulente, fièvre palustre, etc.; dans ces diverses circonstances, la constata-
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tion de cette teinte peut indiquer un état congestif du foie, mais elle ne fournit que bien peu d’éléments au diagnostic et au pronostic.
Cette réserve faite, examinons les cas les plus ordinaires.
Voici un ictère bien prononcé qui est survenu chez une personne d’un certain âge qui, tout d’un coup, probablement deux ou trois heures après son repas, a été prise de douleurs fort vives dans l’hypochondre droit et l’épigastre, douleurs suivies de vomissements ; l’ictère ne s'est manifesté que plusieurs heures après la crise ; vous diagnostiquez aisément l’obstruction du canal cholédoque par un calcul; si la douleur a disparu, c’est que le calcul est arrivé dans l’intestin; filtrez les matières, vous y trouverez le corps du délit : si les douleurs persistent, le calcul est encore engagé.
L’ictère est survenu chez une personne qui souffre peu, mais qui, depuis quelques jours, éprouve des symptômes d’embarras gastrique : il s’agit d’un ictère simple ou catarrhal.
L’ictère est survenu tout à coup chez une personne bien portante, à la suite d’une colère, d’une frayeur, d’une vive émotion, les circonstances dans lesquelles il se produit, le bon état de la santé générale vous apprennent qu’il s’agit d’un ictère par émotion morale.
Voici un malade qui, depuis une ou deux semaines ou seulement depuis deux ou trois jours, présente les symptômes d’un catarrhe gastro-intestinal avec ictère, lorsque vous constatez une aggravation notable dans son état : sa température s’élève à 40°, il ne dort plus, son pouls est petit, fréquent, irrégulier, sa jaunisse se marbre de plaques bleuâtres, il survient des hémorrhagies par le nez, les muqueuses utérine, digestive, etc.; enfin il est pris de délire, de convulsions, et il tombe dans un coma, bientôt mortel : c’est un ictère grave ou hépatite aiguë, maladie heureusement fort rare.
Quant aux tumeurs du foie, cancer, kystes hydatiques, l’ictère n’occupe dans leur séméiologie qu’un rôle très secondaire. J Dr Léon Moynac.
ICTÈRE SIMPLE OU CATARRHAL. — L’ictère catarrhal est celui qui se rattache à l’inflammation catarrhale des voies biliaires, inflammation que l’on a encore désignée sous le nom d ' angiocholite .
La membrane muqueuse qui tapisse les voies biliaires, s’enflamme, se gonfle, oblitère ces conduits et empêche l’arrivée de la bile dans l’intestin ; la bile s’accumule dans le foie, passe dans le sang et va colorer tous les tissus ; voilà l’origine de l’ictère catarrhal.
Cette inflammation survient souvent au printemps et en automne par le fait des refroidissements ; elle peut régner d’une façon épidémique comme les embarras gastriques; elle n’est souvent que l'extension d’un catarrhe gastro-intestinal produit lui-même par des écarts de régime. Elle peut être symptomatique de calculs biliaires.
Les symptômes sont d’abord ceux d’un embarras gastrique (langue sale, anoxerie, malaise général, léger mouvement fébrile ou plus simplement une douleur dans l’hypochondre droit): au bout de quel-
ques jours (quatre à dix) l’ictère apparaît. La coloration jaune débute par la face, souvent par les conjonctives, puis elle se généralise en présentant une intensité variable, tous les liquides de l’économie (sueur, larmes, lait), les liquides pathologiques eux-mêmes, prennent la coloration jaune ; dans des cas très rares la coloration de l’humeur aqueuse fait voir les objets en jaune. L’urine est très épaisse et l’on peut y révéler la présence des matières colorantes de la bile en la traitant par la teinture d’iode ou l’acide nitrique versé goutte à goutte, l’acide gagne le fond du vase et entre les deux liquides apparaît une zone verte au-dessus de laquelle se trouvent souvent diverses nuances (bleu, rouge, jaune). Très souvent le malade éprouve des démangeaisons pénibles, sa peau prend un aspect huileux.
Le pouls devient très lent, probablement par une action directe de la bile sur les contractions cardiaques.
Les matières fécales devant leur coloration à la bile sont nécessairement décolorées dans les cas d’ictère, elles présentent un aspect argileux, grisâtre.
Le foie est augmenté de volume, ainsi que la vésicule biliaire, par rétention de la bile, ce que l’on peut constater par la percussion qui est souvent un peu douloureuse.
Dès que l’ictère s’est manifesté, il survient une grande amélioration dans les symptômes généraux ; quelques malades, quoique encore très jaunes, reprennent leurs occupations, la fièvre tombe, et en huit à dix jours, la teinte morbide a disparu. Mais il n’en est pas ainsi lorsque l’ictère est symptomatique de calculs (V. Foie [calculs du]).
Le traitement consiste à s’occuper d'abord de l’embarras gastrique, que l’on traite par des vomitifs, des purgatifs, des boissons acidulés et la diète. S’il existe de la diarrhée on administrera la médication propre à cette affection (V. Diarrhée). Plus tard, si la constipation apparaissait, on aurait recours aux médicaments employés contre cet état (V. Constipation ). Dr Léon Moynac.
ICTÈRE GRAVE. — On désigne sous ce nom une maladie caractérisée, au point de vue clinique, par de l’ictère, des hémorrhagies multiples et des phénomènes ataxo-adynamiques, et, au point de vue anatomique, par une atrophie jaune aiguë du foie, très probablement de nature inflammatoire.
Quelle est la nature de l’ictère grave?
opinion. — L’ictère grave est une maladie générale analogue aux pyrexies et engendrée soit par un ensemble de causes débilitantes (Trousseau), soit par un poison d’une nature particulière agissant spécialement sur le foie (Budd).
opinion. — L’ictère grave aurait pour point de départ une accumulation de la bile dans le foie ; cette accumulation serait due à une hypersécrétion (Henoch) ou à une stase par paralysie des conduits biliaires (von Dusch); elle détruirait mécaniquement les cellules hépatiques.
3e opinion. — L’ictère grave n’est autre chose que la fièvre jaune éclatant dans nos climats sous une influence inconnue (Béhier).
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