‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 212 sur 344 · PUI · texte numérisé non relu

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matières toxiques. Ai-je besoin d’ajouter que l’accoucheur, la sage-femme, toutes les personnes qui doivent approcher de la femme en couches, les instruments même dont on peut avoir besoin, devront être soumis aux règles d’une propreté minutieuse. Dr A. de Soyre.

PUITS. — Hygiène publique. — Les eaux fournies par les puits présentent de très grandes variétés au point de vue de leurs qualités. Elles diffèrent en raison des différents terrains qu’elles traversent et auxquels elles empruntent leurs principes minéraux; enfin, elles diffèrent encore, en raison de l’emplacement des puits dans le voisinage des usines et de leurs puisards, des égouts, des dépôts d’immondices, de fumier et de purin, des cimetières, des fosses d’aisances, etc., qui sont autant de causes d'altérations graves, entraînant des conséquences déplorables pour la santé publique*

En général les eaux de puits ne sont pas des eaux absolument potables; elles sont pour la plupart crues, douceâtres, séléniteuses, peu aérées; elles cuisent mal les légumes et ne dissolvent qu’incomplètement le savon. Cela tient aux plâtres des remblais qui les saturent de sulfates de chaux, et encore aux chlorures et aux azotates qu’elles renferment habituellement et qu’elles empruntent au sol et à la maçonnerie du puits. Cependant, il y a des puits qui fournissent des eaux véritablement potables, ce sont ceux qui sont creusés et bâtis à la campagne en pleins champs, loin de tout ce qui peut contaminer et altérer les eaux.

Lorsque les puits sont creusés dans les villes, dont le sol est imprégné de matières organiques, la pluie, en tombant, traverse de sol souillé, et, par infiltration, vient se mêler à l’eau que renferment ces puits et cette eau devient mauvaise et parfois réellement toxique.

11 en est de même lorsque, au voisinage des puits, existent des écuries ou des étables, des dépôts de fumier et de purin ou d’immondices. Proust cite à ce propos le fait suivant : Le propriétaire d’une vacherie, dont les puits étaient souillés par les liquides qui s’infiltraient de ses propres étables, accusait un sien voisin d’être la cause de l’altération de son eau. Or celle-ci, avait une odeur de vacherie, et, par l’analyse, on put en extraire l’urée.

Le voisinage des fosses d'aisances ou de matières fécales peut altérer l’eau des puits, au point que celle-ci peut devenir une cause très sérieuse de développement ou de propagation de maladies graves, principalement de la fièvre typhoïde et du choléra. C’est ainsi qu’on a vu, en Angleterre, une épidémie grave de fièvre typhoïde éclater dans un pensionnat des bords de la Tamise, qui ne cessa que lorsqu’on eut reconnu et rebouché une fissure par laquelle des eaux de latrines s’introduisaient dans une citerne dont les élèves buvaient l’eau. C’est ainsi encore que, en France, dans le petit village de Lausen, qui, depuis sept ans, n’avait pas été visité par la fièvre typhoïde, il fut rigoureusement établi que la maladie s’était développée exclusivement chez les personnes qui avaient fait usage de l’sau d’une des fontaines dans laquelle se dé-

versaient les produits des latrines et du fumier provenant d’une maison située très loin de là, et dans laquelle trois personnes avaient été atteintes de fièvre typhoïde pendant les mois de juin, juillet et commencement d’août. L’épidémie de Lausen éclata le 7 du mois d’août. A ce fait rapporté par le professeur Bouchard, on pourrait en ajouter bien d’autres aussi probants.

La proximité des cimetières est aussi une cause sérieuse d'altération de l’eau de puits. Voici ce que disait à ce sujet Jules Lefort, dans une communication à l’Académie de médecine, en 1871 : « Selon la nature géologique du terrain, selon la situation relative des cimetières et des puits, les eaux arrivent, même de très loin, chargées de matières organiques, dans les puits situés soit au niveau, soit en aval des cimetières plus ou moins voisins. Lorsque les couches souterraines des eaux traversent un sol imprégné de sels minéraux solubles ou des substances organiques, ne rencontrant que des détritus de végétaux, la matière qu’elles tiennent alors en dissolution est seulement hydrocarbonée et humique, et semble ne pas être essentiellement nuisible à la qualité de l’eau potable. Mais si elles ont reçu le contact prolongé de matières animales en fermentation putride, cette substance organique devient de nature plus complexe et nuit alors beaucoup à l’eau destinée aux services alimentaires ; très soluble dans l’eau, elle y est en outre accompagnée de sels ammoniacaux, produits ultimes de la décomposition des matières organisées. En dehors du contact de l’air et de la chaleur, ces eaux contaminées peuvent demeurer transparentes et inodores; mais dès qu’elles se } trouvent en contact avec l’air et une température élevée, elles deviennent troubles et prennent la saveur de l’eau croupie. »

Le voisinage des puisards, qu’ils reçoivent les eaux grasses du ménage ou les eaux industrielles, corrompt également l’eau des puits dans lesquels ces eaux s’infiltrent et les rendent toxiques.

Pour assurer le bon état des eaux provenant des ^ puits, il faut remplir plusieurs conditions :

1° La première condition, la plus importante de j toutes, consiste à placer les puits hors de l’atteinte j de tout voisinage suspect.

2° La seconde consiste à bien construire les puits et à les rendre étanches jusqu'à une certaine profondeur, c’est-à-dire, comme le dit le professeur Layet, jusqu’au delà d’une couche imperméable, .J telle que celle formée par de l’argile compacte, ou j | encore par certains grès ou calcaires, qui arrêtera les infiltrations des couches superficielles.

3° La troisième consiste à favoriser le renouvellement de l’eau des puits, surtout lorsque les puits *1 sont neufs, en les vidant fréquemment. En effet, en général, les premières eaux fournies par un puits récemment eyeusé et construit, proviennent des jp infiltrations d’un terrain plus ou moins souillé, de I sorte qu’il faut un certain temps pour que ces eaux soient remplacées par des eaux saines et pures, i c’est-à-dire dépouillées de toute matière organique.

Du reste, les habitants des campagnes savent très bien cela, car tous vous diront que, dans les premiers temps des forages, l’eau que donnent les

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