‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 211 sur 344 · PUE · texte numérisé non relu

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lonté ou négligence à être vus. La publicité, quelles que soient les circonstances qui l'accompagnent, constitue seule le crime.

Devergie prétend qu’il est fort rare qu’on s’adresse à la compétence médicale pour des faits de ce genre, « caries actes se sont nécessairement passés en présence de témoins et les preuves ressortent des témoignages mêmes ». Mais Tardieu fait judicieusement remarquer qu'il ne saurait en être ainsi. Les outrages publics à la pudeur peuvent être l'effet d’un dérangement intellectuel; ils peuvent être la conséquence d'une maladie ou d’une infirmité locale, telles que dartres au pourtour des parties sexuelles, affection des voies urinaires, etc. 11 appartiendra donc au médecin d'expliquer les causes qui, chez les personnes inculpées, auront pu faire croire à des actes impudiques. C’est, par exemple, un vieillard que la difficulté d’uriner retiendra trop longtemps dans certain point de la voie publique et chez lequel des mouvements propres à faciliter la miction ont pu éveiller l’attention du public et être pris pour des actes impudiques. C’est quelquefois un prurit intense qui aura porté les accusés à des attouchements qui ne sauraient être considérés comme attentatoires à la pudeur.

Ce n’est donc pas pour fournir la preuve des faits que le médecin pourra être consulté, mais pour apprécier les raisons présentées par la défense.

Ce sont souvent des vieillards qui se rendentcoupables de ces sortes d’outrages, souvent aussi des prostituées que l’ivresse ou les mauvaises passions font sortir des règles des convenances, règles qu’elles ne sont déjà que trop disposées à violer. IVous croyons néanmoins que le médecin ne sera appelé à donner son avis que dans un petit nombre de cas d’outrages publics à la pudeur et lorsqu'ils auront été entourés des circonstances que nous avons signalées plus haut. nr a. lutaud.

PUERPÉRAL (état). — Quelques auteurs comprennent sous le nom d 'état puerpéral tout l’espace qui s'écoule depuis la fécondation jusqu’au retour des règles, soit environ six semaines après l'accouchement. Pour d’autres, et c’est le plus grand nombre, l’état puerpéral ne commence qu’après l'accouchement et se termine également par le retour de couches. Il ne faut pas oublier que la réapparition des règles après l’accouchement se fait à des époques très variables. Chez quelques femmes la menstruation reprend son cours régulier 6, 7 ou 8 semaines après la délivrance. Chez d'autres, cette fonction ne se manifeste à nouveaux que 3, 4 ou 6 mois après l'accouchement. C’est pendant l’état puerpéral que la matrice, fortement distendue dans le cours de la grossesse, diminue graduellement pour reprendre à peu près le volume qu’elle avait avant la gestation. Il ne faut pas oublier cependant que l’utérus ne descend jamais à des limites aussi oasses; il reste toujours après une première grossesse plus volumineux qu’il ne l’était dans l’état de vacuité. Quand cet intervalle qu’on désigne sous le nom d’état puerpéral se passe sans accidents on dit que les suites de couches sont régulières, si au contraire un état inflammatoire survient, on dit que

les suites de couches sont irrégulières ou pathologiques. Dr A. DE SOTRB.

PUERPÉRALE (Fièvre). — On confondait autrefois sous le nom de fièvre puerpérale tous les accidents qui survenaient dans le cours de l’état puerpéral. En réalité la fièvre puerpérale, considérée comme une affection particulière, comme une entité morbide, ayant des caractères toujours les mêmes, en un mot comparable à ce qui s’observe dans la fièvre typhoïde, n’existe pas.

On peut observer dans le cours de l’état puerpéral toutes les maladies inflammatoires qui se rencontrent en dehors de cet état. Ces maladies empruntent-elles à la situation propre de la femme à ce moment un cachet particulier qui les rend plus graves? Cela est possible, et quelques auteurs considèrent, par exemple, qu’une pneumonie, une pleurésie, une bronchite même, survenant après l’accouchement, est plus lente à se guérir qu’en tout autre temps. On peut également ajouter que ces affections étrangères à l’état puerpéral ont également une certaine action sur les modifications physiologiques qui s’accomplissent du côté de l’utérus, et que par leur présence elles apportent un certain trouble au travail de régression de la matrice et qu’elles prolongent l’état puerpéral hors de ses limites habituelles.

Quant à la fièvre puerpérale proprement dite, nous devons la considérer comme un véritable empoisonnement, qu’on désigne aujourd’hui sous le nom mieux approprié de septicémie puerpérale (V. Septicémie). Les femmes sont intoxiquées par la pénétration dans leur organisme d’un véritable poison, de produits septiques, et, sous l’influence de cette cause générale, nous voyons se développer des symptômes locaux variables selon les individus et l’état hygiénique général. Ce sont tantôt des péritonites, tantôt des métrites ou des métro-péritonites, ou bien des phlébites, de la lymphangite, du rhumatisme, etc. (V. ces mots). Quelquefois on est en présence d’une véritable infection purulente ou putride (V. ces mots).

Quant à la cause de cette intoxication, il faut surtout la chercher dans l’absorption des produits de la décomposition de tissus organiques qui s’opère à la surface des plaies. Ce sont principalement la plaie placentaire, les lésions vaginales ou vulvaires consécutives à l’accouchement, qu’il faut considérer comme, la porte d’entrée des produits septiques. La conclusion à tirer de là est simple. 11 n’y a pas de précaution de propreté, aussi minutieuse qu’elle soit, qu’on ne doive prendre. Il faut que les plaies vulvaires soient lavées fréquemment avec un liquide antiseptique et mises à l’abri du contact des germes morbides par l’interposition d’un tissu (gaze, ouate, charpie), imprégné luimême de produits antiseptiques. Enfin, dès que les premiers accidents apparaissent, il faut, par des lavages portés jusque dans la cavité utérine, faire ses efforts pour modifier la surface de la plaie placentaire, tâcher d’entraîner leâ produits en décomposition qui peuvent se trouver dans l’utérus et entretenir dans cet organe une atmosphère antiseptique, qui s’oppose à la production de nouvelles

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