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Lorsque l'eau contenue dons celle-ci entrant en ébullition, sortira sons forme de vapeur à l’extrémité du tube fixe F, on obtiendra la pulvérisation du liquide contenu dans le gobelet 11, en plaçant l’extrémité du tuba en métal T, vis-à-vis l’extrémité du
Fig. 1110. — Pulvérisateur Bobueuf, démonté.
tube F. Ce dernier résultat s'obtient en faisant tourner à l'aide du bouton fileté, le tube T qui, au moyen d’un pas de vis, peut monter et descendre dans un écrou fixe. Lorsqu'on veut arrêter la pulvérisation, il suffit d’éteindre la lampe à alcool.
Dr Paul- Labahthe.
PULVÉRISATION. — La pulvérisation est un procédé d'inhalation qui consiste à faire respirer aux malades un liquide médicamenteux ou une eau minérale en poussière ou pulvérisée à l’aide d'appareils spéciaux. D'après Saies-Girons, que l’on peut considérer comme le promoteur de la pulvérisation, celle-ci serait préférable à l’inhalation des vapeurs produites par l’ébullition. Ce sont les eaux minérales sulfureuses et arsenicales qui sont les plus employées par ce procédé, dans le traitement des stomatites, des angines, des laryngites, des enrouements, des ulcérations du larynx, des bronchites, des catarrhes du poumon et de la phthisie pulmonaire.
Les pulvérisations peuvent se pratiquer de deux manières : ou bien on reste pendant un certain temps la bouche béante devant un appareil pulvérisateur en fonction, ou bien on reste pendant le même temps dans une vaste salle remplie dépoussiéré d’eau médicamenteuse produite par un mécanisme approprié. La première manière peut se pratiquer facilement chez soi; la seconde n’est possible que dans les établissements thermaux, p. l.
PUNAISIE. — (V. Oz'ene.)
PUPILLAIRE. — Nom donné par les anatomistes à la méÉnbrane fine et vasculaire qui ferme l’orifice
de la pupille de l'iris, chez l’embryon, et qui disparaît lorsque celui-ci atteint le septième mois de la vie intra-utérine. Chez quelques individus très rares, on a vu cette membrane persister après la naissance, et alors, pour donner la vue au nouveauné, il faut pratiquer une iridectomie (V. ce mot).
PUPILLE. — On donne le nom de pupille, de prunelle ou de noir de l'œil, à l’ouverture circulaire dont le diamètre moyen est de trois ou quatre millimètres, que présente Yiris (V. ce mot) à sa partie centrale. C’est grâce à la pupille que l’iris laisse pénétrer dans le fond de l’œil les rayons lumineux et qu’il gradue leur quantité, en se rétrécissant ou en se dilatant, car la pupille se rétrécit sous l’influence de la lumière et se dilate dans l’obscurité. Cette ouverture peut aussi être rétrécie ou dilatée sous l’influence de certains médicaments et de certaines maladies. C’est ainsi qu’elle se rétrécit sous l’influence de l’opium, de l’ésérine, de l’ataxie locomotrice, etc. (V. Myosis), et qu’elle se dilate sous l’influence de l’atropine, de l’hyosciamine et dans certaines maladies telles que la paralysie des nerfs de la troisième paire, l’amaurose, le glaucome, l’ambliopie, etc. p. l.
PURGATIFS. — On donne le nom de purgatifs à des médicaments qui ont la propriété de provoquer des évacuations alvines. Comme ils sont en très grand nombre et qu’ils agissent avec une intensité inégale, on les divise en trois groupes distincts qui sont : 1° les drastiques; 2” les cathartiques; 3° les laxatifs.
1° Purgatifs drastiques. — Les drastiques sont des médicaments purgatifs énergiques, habituellement employés pour vaincre une constipation opiniâtre ou pour opérer une puissante dérivation. Aussi ne doit-on les prescrire que lorsque la muqueuse gastro-intestinale n’offre aucune sorte d’altération, car les contractions péristaltiques violentes qu’ils déterminent pourraient occasionner des ulcérations ou des ruptures de la dernière gravité. Mais si les voies digestives sont en bon état, ils réveillent avantageusement la paresse des fibres musculaires, font affluer le sang et les humeurs vers les intestins, les débarrassent des matières qu’ils peuvent contenir, expulsent ces matières au dehors et produisent ainsi une révulsion efficace dans le traitement des maladies des organes plus ou moins éloignés de ce point central. De là leur utilité contre les hydropisies, les hémorrhagies cérébrales, les paraplégies, etc...
Presque tous les purgatifs drastiques sont tirés du règne végétal. La famille des Euphorbiacées fournit l’huile de crolon et l’huile d ’épurge; celle des Cucurbitacées donne l 'élatérium, la bryone, la coloquinte ; celle des Convoi vulacée, le colchique, Vellébore et le cévadille. Enfin, appartenant à diverses familles, nous avons la gomme-gutte, Valoès, la podophylle, l 'agaric blanc et la seconde écorce du sureau qui comptent parmi les plus connus (V. ces mots).
2° Purgatifs catarthiques. — On donne le nom de cathartiques à des médicaments purgatifs de
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moyenne intensité, tenant le milieu entre les drastiques qui sont violents et les laxatifs dont l’action est très faible. Ils produisent un effet local assez rapide et une légère mais prompte dérivation. Ils constituent un groupe de médicaments d’une utilité indispensable dans une foule de maladies soit aiguës, soit chroniques. Il n’est pas d’indisposition, de dérangement ou de trouble gastrique qui ne réclament au début l’emploi d’un cathartique. Les lièvres, les inflammations sont souvent arrêtées au commencement par l'administration d’un de ces agents, dans le cours même des affections morbides les plus graves, un purgatif donné à propos amène une solution heureuse de la maladie. Au déclin, lorsque toutes les ressources de l’art ont été épuisées, une faible dose de l’un de ces médicaments détermine bien des fois une crise salutaire qui marque le premier pas vers la guérison. Enfin, dans les convalescences longues et pénibles tourmentées par la lourdeur de tète, de l’inaptitude au travail, le manque d'appétit et de forces, il faut administrer en même temps que les toniques, de temps en temps quelques purgatifs pour rappeler l’intestin paresseux à l’exécution normale de ses fonctions.
En un mot, les purgatifs cathartiques sont des agents d’une utilité journalière ; j’ose dire que le médecin ne traite guère de malades sans avoir recours à leur influence palliative ou curative. Mais là réside l’écueil ; car il n’est pas indifférent de traiter des malades du même âge, ayant une même maladie, par le même moyen ; il faut avoir égard, en outre, au sexe, au tempérament, au climat, à la constitution médicale régnante et à une foule d’autres conditions qui font de l’observateur judicieux un praticien consommé. Il ne suffît pas de savoir qu’on purge dans telle maladie avec tel remède, on doit encore se demander si dans les circonstances présentes il n’y a pas de contre-indication qui réclame un remède du même ordre ou une médication tout à fait opposée. La question est difficile, épineuse, mérite une connaissance approfondie de l’action physiologique et thérapeutique de tous les médicaments et des diverses phases de la maladie chez les différents sujets qui se présentent à notre observation.
De l’aveu du plus grand nombre des praticiens, le chapitre des cathartiques est, sans contredit, le plus important de tous. 11 n’est pas de médicament dont on use et abuse davantage tous les jours sans le vouloir et sans s’en douter. Employés avec modération et discernement, ils rendent des services immenses, capables de convaincre sur leurs effets les plus récalcitrants, ceux-là même qui n'ont aucune foi absolument en rien. Ils méritent toute notre approbation, ce sont : la magnésie, les carbonate, s u LJ a te, citrate, tarirate, phosphate de magnésie, de soude et de potasse, les eaux minérales sulfatées sodiques et magnèsiques (Chàtelguyon, Rubinât, etc.); le chlorure de sodium, le calomel, ['huile de ricin, la rhubarbe, le séné et le nerprun (V. ces mots).
3° Purgatifs laxatifs. — Par laxatifs on doit entendre des médicaments purgatifs qui produisent des évacutions lentes, légères, sans coliques et peu
nombreuses. Il sont complètement inoffensifs pour si longtemps qu’en soit continué l'emploi. Ils rendent des services aux enfants, aux vieillards, aux anémiques, aux convalescents, à tous les sujets affaiblis chez lesquels il est nécessaire de maintenir la liberté du ventre sans leur faire éprouver des fatigues. Si par leur administration ils ont l’avantage de n’occasionner aucun dérangement sensible, ils ont par contre l’inconvénient de manquer souvent leur effet. C’est là une des raisons pour lesquelles ils sont peu usités, eu égard aux cathartiques dont on fait un usage journalier. Sans doute quelques-uns d’entre eux tels que le miel, les pruneaux, les huiles grasses reçoivent des applications constantes, mais on peut dire qu’alors ils sont plutôt employés comme digestifs et émollients que comme véritables purgatifs. Du reste, leur nom indique qu’ils ont la propriété de relâcher, d’amollir, plutôt que de faire évacuer. Ce sont des diminutifs des purgatifs précédents, voilà pourquoi on les désigne également sous le nom de minoratifs. La manne, la casse, le tamarin, la mercuriale, le miel, les pruneaux, les huiles grasses, les fleurs de pêcher, les roses pâles comptent parmi les plus importants (V. ces mots).
Dr Marc. Camboulives.
PURGATION. — On entend par purgation tout à la fois l’absorption d’un purgatif, l’évacuation des matières contenues dans les intestins et un acte thérapeutique dont le but et l’effet consistent dans l’exagération des sécrétions intestinales, en même temps que dans une dérivation ou une réaction favorables sur l’ensemble de l’organisme. p. l.
PURIFORME. — Qualificatif donné aux crachats de la bonchite, de la pneumonie et de la phthisie, qui ont l’apparence du pus et qui en renferment en effet. p. l.
PURPURA. — Mot latin qui veut dire pourpre, conservé dans le langage médical, par lequel on désigne une affection caractérisée par des hémorrhagies ou épanchements de sang multiples, soit dans le tissu cellulaire sous-cutané, soit à la surface des muqueuses, épanchements qui forment sur ces tissus des taches rouges ou noirâtres, d’une grandeur variable, discrètes ou rapprochées, qui ne disparaissent pas sous la pression du doigt, ne déterminent aucune démangeaison et ne sont suivis d’aucune desquamation.
On distingue deux variétés principales de purpura : le purpura simple et le purpura hémorrhagique.
Purpura simple. — Le purpura simple débute en général sans être précédé de symptômes généraux. Cependant, dans certains cas, l’éruption est précédée d’un peu de frissons, de courbature, de céphalalgie, de fièvre ; puis, apparaissent les taches rouges, arrondies, ovalaires ou irrégulières, nettement délimitées, non saillantes, de dimensions variant entre une tête d’épingle et une pièce de vingt centimes, ne s’effaçant pas sous la pression des doigts, si forte soit-elle. Ces taches passent successivement par les teintes diverses que prend le sang
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extravasé dans les tissus, avant de se résorber complètement et parcourent cette évolution dans un espace de temps variant de une à trois semaines, sans laisser, après leur disparition, aucune trace de desquamation. Elles peuvent se montrer sur tout le corps, mais on les observe surtout aux membres inférieurs du côté de la flexion. Elles se développent d’ordinaire en très grand nombre à la fuis; chez quelques individus il se produit plusieurs poussées successives.
Le purpura simple s’observe surtout chez les jeunes sujets, chez les personnes à peau blanche et fine, et qui séjournent dans des habitations humides et mal aérées, n’ont qu’une mauvaise nourriture et sont soumis à un travail excessif et à toutes les causes débili tan tes qui en traînent l'anémie.
Cette affection ne comporte aucun traitement local, mais seulement un traitement général : habitation saine, air pur, ablutions souvent répétées sur tout le corps ou bains fi ais, alimentation douce et fortifiante d’où seront bannies les salaisons et les épices, boissons tempérantes, usage des préparations de fer et de quinquina, en un mot le traitement de l'anémie (V. ce mot).
Purpura hémorrhagique. — Le purpura hémorrhagique peut être considéré comme une variété de scorbut (V. ce mot). Il se développe après quelques jours de malaises et surtout d'atonie et de débilité extrêmes, et se manifeste par des éruptions cutanées semblables à celles du purpura simple, qui s’accompagnent de lâches analogues sur les muqueuses et d’hémorrhagies des gencives, du nez, d’hémoptysies, d’hématemèses, de métrorrhagies, quelquefois aussi, mais moins souvent d’hématuries. Ces diverses hémorrhagies ne se montrent pas simultanément, certaines même peuvent manquer absolument. Les symptômes généraux sont beaucoup plus prononcés que dans le purpura simple. Il y a abattement physique et moral; le pouls est très petit, le visage devient livide et plombé, le malade maigrit, ses jambes se gonflent et il finit par succomber. Cependant la mort n’est pas la terminaison habituelle du purpura hémorrhagique, et la guérison est bien plutôt la règle, seulement elle se fait attendre un temps plus ou moins long. Le traitement de cette variété de purpura est analogue à celui du scorbut (V. ce mot)
PURULENTE (infection). — (V. Injection purulente}.
PUS. — Le pus est un liquide pathologique, de i consistance crémeuse, onctueux, blanc jaunâtre, qui s’écoule des plaies en suppuration, existe dans la cavité des abcès, etc. Il se compose d’une partie liquide ou sérum, dans lequel flottent un grand nombre de globules ronds, analogues aux globules blancs du sang, auxquels on a donné le nom de leucocythes, formés par une niasse de protoplasma granuleux. On trouve aussi dans le pus de l’albumine et presque tous les sels qui existent dans le sang.
Les physiologistes ne sont pas d’accord sur le mode de formation du pus. Les uns, avecConheim, Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
pensent que les globules du pus naissent spontanément aux dépens d’un blasthène formé pendant la période inflammatoire; d’autres enfin. avecRanvier et Cornil, disent que le pus provient d’une prolifération des cellules plasmatiques.
Lorsque le pus présente les caractères que nous avons indiqués, qu’il est blanc jaunâtre, onctueux, d’une odeur fade, on dit qu’il est de bonne nature ou louable. Mais il peut subir la transformation graisseuse ; ce qui a lieu lorsque le pus a séjourné un certain temps dans une cavité close: dans ces cas, la partie liquide se résorbe et les globules desséchés, graisseux, forment une masse d’un blanc jaunâtre ayant l’aspect d’un fromage. D’autres fois, le pus peut devenir au contraire séreux, aqueux, acide, ainsi que cela s’observe dans les abcès ossifluents. Dans certaines circonstances, les globules de pus peuvent même subir la transformation calcaire, en s’infiltrant de sels calcaires. Parfois le pus est mêlé de sang, comme par exemple dans la suppuration de certains ulcères fongueux siégeant sur des organes très vasculaires; dans les ulcères variqueux, etc., et on lui donne alors le nom de pus sanieux. Dans d’autres, il prend une coloration bleue.
Lorsque le pus s’est formé dansun organe, il est rare qu’il se résorbe; dans l’immense majorité des cas, il tend toujours à se faire jour au dehors (V. Abcès). Dr Paul Labarthe.
PUSTULE. — On donne le nom de pustule à de petites tumeurs circonscrites, un peu saillantes, formées par un petit épanchement de pus au-dessous de l’épiderme. Les principales maladies caractérisées par des pustules, sont l’acné, l’ecthyma, l’impétigo, 1a. vaccine et la variole. P. L.
PUSTULE MALIGNE. — 11 est une maladie virulente qui se développe spontanément chez certains animaux et qui a reçu le nom de ch irbon.
Cette maladie très contagieuse peut se transmettre à l’homme (chez lequel elle ne se développe jamais primitivement) par inoculation ou même par simple contact, et elle porte chez lui le nom de pustule maligne.
Le charbon se développant chez l’animal débute par des symptôm s généraux qui peuvent ou non s’accompagner de tubercules et d’ulcères cutanés. Chez l’homme, au contraire, la maladie étant, toujours le résultat d’une inoculation, elle débute pav des lésions cutanées au niveau du point inoculé. Ces lésions portent le nom de pustule maligne. Plus tard, et seulement lorsque l’infection s’est produite, apparaissent les symptômes généraux.
Lorsque la pustule a été extirpée ou détruite avant que l’infection ait eu lieu, le malade guérira complètement.
Cette manière de voir, non encore généralement acceptée, n’a commencé à avoir cours que depuis quelques années. Pendant longtemps on a cru l’homme susceptible d’etre atteint de deux variétés d’affections charbonneuses : la pustule maligne et le charbon proprement dit Leurs caractères distinctifs étaient loin d’être nettement tranchés, on admettait entre eux une parenté étroite, mais ce-
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pendant on les considérait comme deux maladies distinctes et, sur la foi de Fournier (de Montpellier), on croyait que le charbon pouvait se développer spontanément chez l’homme. Les symptômes généraux précédaient alors les phénomènes locaux; de plus, l’eschare noire du charbon n’était pas couronnée d’une auréole de vésicules, comme celle de la pustule maligne. Le pronostic du charbon était beaucoup plus grave que celui de la pustule maligne, car dès le début de la maladie l’organisme tout entier était attaqué, etc. Mais, avec Follin, nous ne croyons pas à l’existence de ces deux affections disi nctes.
La pustule maligne est une affection virulente et gangréneuse, d'abord locale, puis infectant l’économie et développée sous l’influence de la contagion du virus charbonneux des animaux.
Quelle est la pathogénie de la pustule maligne?
De nos jours on ne croit plus au développement spontané de la pustule maligne chez l’homme; on sait qu’elle est toujours le résultat du contact et de l’inoculation du virus charbonneux qui se développe spontanément chez les animaux.
Le charbon étant beaucoup plus fréquent dans certaines contrées, la pustule maligne, qu'il engendre, s’observe naturellement dans ces mêmes, régions : Bourgogne, Lorraine, Brie, Beauce , Champagne, Provence, etc.
La pustule maligne ne se développe probablement que sur la peau.
1° Développement du charbon chez les animaux. — Les herbivores paraissent seuls capables d’engendrer l’affection charbonneuse et, par conséquent, de communiquer à l'homme la pustule maligne. Cependant on cite des cas de contagion par un lièvre, par un loup et même par des oiseaux de basse-cour.
Les fourrages humides, de mauvaise qualité, les fatigues excessives, l’usage habituel d’eaux stagnantes et bourbeuses, paraissent être les causes de l’affection charbonneuse, que l’on a désignée par des noms divers : chez le mouton, sang de rate; chez le bœuf, maladie de sang; chez le cheval, fièvre charbonneuse.
2° Agents de la contagion. — Tous les produits des animaux charbonneux peuvent donner à l’homme la pustule maligne; mais le sang et les liquides sont les agents les plus actifs de la contagion. Chose étrange, les poils, les cuirs, malgré les années et les diverses préparations du tannage, ne perdent rien de leur pouvoir contagieux.
3U Modes de transmission. — La maladie est transmise, soit par inoculation, lorsqu’on se pique avec des instruments imprégnés de virus, ou lorsque des surfaces ulcérées sont mises en contact avec lui, soit, chose remarquable et presque unique dans l'histoire des virus, par simple contact avec l’épiderme intact. Aussi, la pustule maligne se montre-t-elle habituellement sur les parties du corps découvertes, les mains, le cou, la face, les bras. Cette maladie ne se développe guere que chez les bouchers, les maquignons, les tanneurs, les charcutiers.
11 semble que le virus charbonneux ne puisse attaquer les voies digestives; on cite, en effet, bien
des cas de personnes ayant mangé des animaux charbonneux sans avoir été incommodées.
La pustule maligne peut-elle se transmettre de l’homme à l’homme? C’est assez probable, sans qu’on puisse cependant l’affirmer. Quant à la transmission de l’homme aux animaux, elle est très certaine.
Quelles sont les lésions anatomiques observées chez les individus morts de pustule maligne? — Le
cadavre des animaux et des hommes qui succombent à la pustules maligne se putréfie très rapidement.
Le sang présente une fluidité remarquable; il transsude à travers les parois veineuses et dessine leur trajet par des traits bleuâtres. Davaine y a constaté la présence d’un grand nombre de bactéridies, sous forme de filaments déliés, de bagueltes droites ou courbées. La muqueuse digestive est çà. et là soulevée par des épanchements sanguins interstitiels ; elle présente «les ulcérations résultant d’une décomposition rapide; les hémorrhagies ne sont même point rares.
On a pris, mais à tort, pour des pustules malignes, quelques phlyctènes développées sur les muqueuses stomacale et intestinale. Les poumons et la rate sont gorgés d’un sang fluide et noirâtre.
Examen de la pustule. — Au microscope, on constate, dans la substance demi-opaque qui forme la pustule, des globules sanguins et graisseux altérés et un grand nombre de bactéridies. Au dessous de l’eschare et de l’aréole, le tissu cellulaire est dense et infiltré de sang ou de sérosité sanguinolente.
Quels sont les symptômes de la pustule maligne?
— Nous adoptons la classification de Baimsberg, qui admet trois périodes :
1° Période d’incubation; 2° d’éruption; 3° d’infection.
1° Période d’incubation. — Elle comprend le temps qui s’écoule entre le moment du contact et l’apparition de la première manifestation locale. Sa durée varie de quelques heures à trois ou quatre jours, et très exceptionnellement davantage. La rapidité variable de son début tient probablement au plus ou moins d’épaisseur de l’épiderme (on n’a jamais observé de pustules dans la paume des mains ou la plante des pieds), à son absence, au degré de concentration du virus, peut-être à la température dont l’élévation hâte l’éruption.
2° Période d'éruption. — La pustule se présente sous l'aspect d’une petite tache rouge comparable à une piqûre de puce. Très rapidement la tache s’élève sous forme d’un petit cône induré mobile, tronqué et surmonté à son sommet d’une vésicule remplie de sérosité transparente. La démangeaison est assez vive; le malade déchire cette vésicule, et au-dessous d’elle apparaît une plaque noire à surface inégale et mamelonnée r c’est l’eschare. La tuméfaction, la rougeur et l’induration des parties voisines faisant d incessants progrès, l’eschare semble être déprimée. Mais très rapidement se développe autour d’elle une couronne de vésicules.
En ce moment la pustule maligne est donc composée ; 1° d’une eschare noirâtre de 1 à 10 millimètres environ; 2° d’une couronne de vésicules
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d un jaune transparent disposées autour de l’eschare; 3° au-dessous de l’eschare, de la couronne et même au delà, d'un volumineux noyau induré et élastique; 4° enfin, sur tout le pourtour, d’une •/onc érythémateuse rouge, dont la teinte va, en s affaiblissant, se continuer avec celle des parties voisines.
I rés rapidement, la tuméfaction, à la fois œdémateuse et dure, gagne les régions voisines; de telle sorte que le cou, la face, la poitrine, etc., présentent un gonflement énorme. L’eschare fait également des progrès, elle envahit le tissu cellulaire sous-cutané, puis la peau correspondante. La démangeaison du début fait place à un sentiment de pesanteur et d’étranglement.
Tous ces phénomènes se déroulent en deux ou quatre jours; alors apparaissent les symptômes généraux, indices de l’intoxication.
3° Période d'intoxication. — Le premier indice
Fig. UH. — Pustule maligne.
1. Eschare noire de 1 millimètre à 1 centimètre. — 2. Couronne des vésicules d'un jaune transparent disposées autour de l’eschare. — 3 Noyau induré et élastique. — i, o. Zone rouge enflammée et tuméfiée.
est la lièvre; le pouls devient fréquent; la température s’élève; le malade souffre de la tète et n’a plus d'appétit.
Alors surviennent des syncopes, de vives douleurs à 1 épigastre, des nausées, des vomissements, de la diarrhée; le ventre se ballonne, et le malade succombe en quelques jours dans le délire et le coma.
Quelquefois la mort est plus rapide; elle survient brusquement, sans cause appréciable, ou par le fait de l’obstacle que la tuméfaction apporte à certaines fonctions (c’est ce que l’on observe au cou, par exemple). Toutefois, il n’est pas fort rare de voir la pustule guérir spontanément; une vive inflammation s’établit autour de la partie malade, qui est expulsée comme une eschare.
Quelle est la gravité de la pustule maligne? — La pustule maligne est très grave; abandonnée à elle-même, elle est habituellement mortelle; les guérisons spontanées sont l’exception; mais, prise à temps et convenablement traitée, elle guérit toujours.
Avec quoi peut-on confondre la pustule maligne?
— 1° Avec la piqûre d'un insecte (cousin, abeille, etc.). — Il existe au début une certaine analogie qui peut laisser dans le doute, car souvent ces piqûres développent une papule surmontée d’une vésicule, mais la coloration est uniforme; il
n’existe ni eschare centrale, ni couronne de vésicules; on retrouve parfois l’aiguillon de l’insecte.
2° Avec un furoncle. — Le furoncle présente, il est vrai, une tumeur conique, rouge, dure à son sommet recouvert d’une vésicule; mais les douleurs du furoncle sont pulsatives, térebrantes, tandis que la pustule est le siège d’une vive démangeaison. Au-dessous de la vésicule du furoncle, on ne trouve pas l’eschare de la pustule; au contraire, on voit sourdre du pus. Or, la pustule ne présente ni pus ni douleur spontanée; de plus, elle est entourée. d’une couronne de vésicules inconnues au furoncle; l’apparition du bourbillon lèverait tous les doutes.
3° Avec l’eclhyma. -r- Les pustules de l’ecthyma offrent une teinte noire centrale qui pourrait être confondue avec l’eschare de la pustule, mais que l’on distingue aisément, l’ecthyma étant formé par une grosse vésicule opaline, pleine de pus, dont la partie noire occupe le centre.
Quel est le traitement de la pustule maligne? — Comme prophylaxie, on évitera avec soin de toucher aux animaux morts du charbon, ou du moins on aura le soin de s’enduire d’une couche de graisse ou d’huile. Les animaux seront enfouis assez profondément pour que les mouches ne puissent y puiser le principe virulent et le transporter au loin. Ce mode de contagion est assez fréquent.
On brûlera la litière, les vêtements, en un mol tous les objets qui ont pu toucher l’animal infecté.
Ce n’est point le lieu de rappeler ici les travaux de Pasteur sur la prophylaxie des affections charbonneuses par la culture de ces virus et l’inoculation préservatrice de ces virus affaiblis.
Lorsque la pustule maligne est développée, le traitement n’est pas douteux : il faut l’extirper complètement, puis cautériser la surface saignante, soit au fer rouge, soit plutôt à la potasse caustique ou au chlorure de zinc.
Lorsque la pustule est plus avancée dans son évolution et qu’il existe une tuméfaction énorme, après avoir extirpé les parties malades, on peut, à l’exemple de Denonvilliers et de Labbé, faire de larges incisions dans les parties tuméfiées et y éteindre plusieurs fers rouges.
. Le professeur Verneuil extirpe la pustule maligne au moyen du thermo-cautère, puis avec le même appareil, il pose des pointes de feu autour de la plaie, et à un travers de doigt de cette dernière.
Ces pointes de feu ne doivent être séparées que par un espace de 12 à 15 millimètres. A l’aide d’une seringue de Pravaz, il injecte profondément, dans les points envahis par l’œdème, et de 5 en 5 centimètres, dix gouttes de la solution suivante : teinture d’iode 1 gramme, eau distillée 200 grammes. < Par dessus la plaie, il dispose une compresse de mousseline pliée en plusieurs doubles et imbibée’ ; d’une solution au 40m” d’acide phénique. Enfin, il administre à l'intérieur, outre la potion de Todd, un julep dont chaque cuillerée renferme 2 à 4 i gouttes de teinture d’iode; une cuillerée toutes les » deux heures.
Le professeur Trélat combat la pustule maligne par une large incision cruciale; il cautérise profondément la partie escharifiée au moyen de la