DI
IDI
exemple, il cite une jeune fille de onze ans observée par lui à la Salpêtrière : « Elle était sourde, muette, aveugle. On l’avait trouvée presque mourante, à côté de sa mère, décédée depuis plusieurs jours; c’était le vrai type de {'abrutissement ; elle avait moins d’instinct qu’une huître, puisqu’au moins cette huître sait se nourrir. » Pour lui, cet abrutissement, amentia, est le dernier terme de l’idiotie.
L’idiot est toujours atteint d'imperfections physiques, intellectuelles et morales. Il a le crâne déformé, généralement en pain de sucre. Il a sur sa physionomie un masque spécial de bestalité; il a des tics, il rit stupidement. Son regard est sans expression, et sa bouche, toujours ouverte, laisse voir une dentition irrégulière. Il est petit, chétif, difforme, bouffon. Ses mouvements sont incorrects, maladroits, saccadés. Sa parole faible est bégayante, nazonnante ou zézayante. Il a des tendances à la masturbation et à la pédérastie. 11 est vorace, glouton et malpropre : c’est un dégénéré, un héréditaire, moins qu’un animal; c’est le dernier des êtres humains dans la psychologie morbide. Il est d’ailleurs toujours plus ou moins atteint de paralysie.
Les facultés mentales de l’idiot sont plus que rudimentaires. Indifférent à tout, excepté aux victuailles qui flattent son goût et aux morceaux de clinquant avec lesquels il fait semblant de jouer, le malheureux n’a qu’une existence végétative. Il n’a ni mémoire, ni jugement, ni conscience du bien et du mal. Aussi doit-il toujours être considéré comme irresponsable des crimes et délits qu’il peut commettre, principalement des incendies qu’il a une tendance à allumer, parce que le feu possède pour ses yeux une séduction quelquefois irrésistible, comme tout ce qui brille et influence fortement sa rétine.
Les défectuosités physiques de l’idiot peuvent se résumer en une diminution de la capacité crânienne et l'ossification prématurée des sutures (: microcéphalie ), l’infériorité de poids du cerveau, l’irrégularité des circonvolutions, l’endurcissement de la substance grise et plus encore de la substance blanche, l’arrêt de développement des réseaux capillaires de l’écorce, l’asymétrie crânienne, la voussure de la voûte palatine, et les déformations multiples du squelette et des viscères de l’organisme.
L’imbécile. L’obtusion intellectuelle est beaucoup moins prononcée chez l’imbécile que chez l’idiot. La tête est plus petite qu’à l’état normal, toujours irrégulière; son front est peu développé. La face est élargie transversalement et la physionomie est sans expression.
Physiquement, l’imbécile diffère peu de l’état normal: il n’est plus rachitique comme l’idiot, mais comme lui il est sujet aux hémyplégies partielles, aux contractions, aux pieds-bots. Et plus que lui encore, il se livre à la masturbation et à toutes les pratiques de l’onanisme.
L’imbécile est orgueilleux, vaniteux, menteur, paresseux, égoïste, incapable d’effort intellectuel. 11 possède quelquefois cependant un aptitude spéciale pour la musique. Il est inaccessible aux sen-
timents affectifs. Il parle beaucoup, mais s’arrête souvent, ne sachant plus ce qu’il veut dire ; il interrompt ceux qui parlent, de peur de voir sa pensée lui échapper. Il peut acquérir une certaine instruction élémentaire, mais jamais fournir un travail réclamant de la réflexion et de l’intelligence. Complétons le tableau, en disant que générament l’imbécile a une tendance au mal, au vol, au meurtre, aux passions érotiques ; qu’il est souvent incendiaire ; et, comme l’idiot, qu’il doit être considéré comme irresponsable des actes coupables qu’il peut commettre.
Dans la classe des imbéciles, il y a une catégorie de sujets qu’il faut différencier ; ce sont des dégénérés, qui ne présentent que de la faiblesse d’esprit ; c’est ce qu’on peut appeler des demi-imbéciles.
Physiquement, ils sont ou très grands, plus forts que les individus de leur âge, ou au contraire frêles, délicats, mignards.
Ils ont la tête petite, la face développée, les yeux éteints, les lèvres épaisses; et ils sont assez souvent strabiques.
Les organes sexuels se développent chez eux tardivement et la menstruation ne s’établit chez les filles qu’à un âge assez avancé.
L’intelligence de ces demi-imbéciles est lente, inhabile aux conceptions profondes, mais leur mémoire est parfois prodigieuse : Ils n’ont que cela. Jugement faux, idées enfantines et banales, vanité ridicule, conversation composée de lieux communs, de mots creux et sonores : tel est leur triste apanage.
L’aristocratie possède un nombre considérable de ces demi-imbéciles, êtres incapables et prétentieux, allant à l’église le matin et dans les mauvais lieux le soir, dévots et débauchés, susceptibles de toutes les mauvaises actions, commettant des faux, des indélicatesses, des abus de confiance, sans avoir conscience de ce qu’ils font. Aussi la médecine légale ne laisse-t-elle peser sur eux qu’une responsabilité partielle.
On peut résumer les causes de l’idiotie et de l’imbécillité en un seul mot: hérédité.
Hérédité par transformation d’affections vésaniques et névropathiques : folie, épilepsie, hystérie, chorée ;
Hérédité par consanguinité ;
Hérédité par transmission morbide, diathésique, principalement par la syphilis ;
Hérédité par la conception en état d’ivresse.
Ajoutons enfin à ces causes héréditaires la prostitution de la mère et le libertinage du père, et nous aurons les principaux éléments d’étiologie de ces différentes formes de débilité mentale, pour lesquelles il n’existe aucun traitement.
Dr Edmond Dupouy.
IGASURINE. — L’igasurine, est un alcaloïde de la noix vomique , découvert en 1852, par Desnoix dans les eaux mères qui avaient laissé déposer la strychnine. Elle se présente sous la forme d’une substance blanche cristalline, très amère, peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool. Ses effets physiologiques sont semblables à ceux de la brucine et de la strychnine (V. ces mots) ; ils sont
toutefois plus faibles que ceux de la première et plus intense que ceux de la seconde de ces substances. L'igasurine est à peu près inusitée, p. l.
IGNIPÜNCTÜRE. — L’ignipuncture n'est autre chose qu'une cautérisation ponctuée profonde (V. Cautérisation). P if
ILÉO-CÆCALE. — Nom donné par les anatomistes à la valvule qui sépare le gros intestin de ïiléon et qui s’oppose au retour des matières solides, liquides ou gazeuses, du gros intestin dans l'intestin grêle. C’est à cette valvule que s’arrêtent les lavements administrés par l’anus, aussi lui donne-t-on familièrement le nom de barrière des apothicaires. P. L.
ILÉON. — Nom donné par les anatomistes aux deux cinquièmes inférieurs de l'intestin grêle (V. ce mot). L’iléon fait suite au jéjunum. (V. ce ( mot) et se relie au gros intestin, au niveau de la valvule iléo-cœcale (V. ce mot). p. C.
ILES (os des'. — Nom donné quelquefois à l’os iliaque (V. Iliaque ). P. l.
ILÉOS. — (V. Intestin [ occlusion de 1’].)
ILIAQUE. — Nom donné par les anatomistes à plusieurs organes ou portions d'organes : os iliaque, muscle iliaque, artère iliaque, veines iliaques.
Os iliaque. — L’os iliaque, appelé aussi os coxal, os des îles, os innominè, os de la hanche, est un os plat, volumineux, irrégulier, tordu sur lui-même, formé de trois portions que quelques auteurs anciens décrivaient séparément: 1° lepu6ïs,en avant, avec sa branche horizontale et sa branche descendante, qui forme une partie de la circonférence du trou obturateur ; 2° l 'ischion, en bas, limitant de ce côté le trou obturateur; 3° ïiléon, en arrière: ces trois portions se réunissent au fond de la cavité cotyloïde.
L’os iliaque présente à étudier deux faces, quatre bords et quatre angles.
Face interne. — Elle est divisée en deux parties par une crête saillante qui concourt à former le détroit supérieur du bassin. Au-dessus de celte ligne, on trouve la fosse iliaque interne, sur laquelle s'insère le muscle iliaque. Au-dessous, on trouve le trou obturateur, fermé par la membrane obturatrice. Le muscle obturateur interne s’insère au pourtour de ce trou et sur la membrane. A la partie supérieure du trou obturateur, il existe une gouttière antéro-postérieure, gouttière sous-pubienne, dans laquelle passent le nerf et les vaisseaux obturateurs. Le trou obturateur est limité, en bas, par l’ischion ; en avant, par le corps du pubis ainsi que par une portion osseuse qui le réunit à l’ischion, et qu’on appelle, dans sa moitié supérieure , branche descendante du pubis ; dans sa moitié inférieure, branche ascendante de l’ischion ; en haut, par un prolongement osseux ou brandie horizontale du pubis.
Face externe. — Elle présente, au milieu, la cavité cotylorde qui regarde en dehors, un peu en
bas et en avant; elle s’articule avec la tète du fémur, et présente, au fond, une petite surface non articulaire, rugueuse, plus profonde, se continuant en bas avec l’échancrure cotyloïdienne : c'est l’ar-
Fig. G15. — Face interne de l’os iliaque.
A. Face iliaque interne. — B. Épine iliaque antérieure et supérieure.— C. Crête iliaque. — D. Épine iliaque postérieure et supérieure. — E. Épine iliaque postérieure et inférieure. — F. Facette auriculaire. — G. Épine sciatique. — H. Ischion. — 1. Trou sous-pubien — K. Branche ischio-pubienne. — L. Surface articulaire du bord inférieur de l’os iliaque. — M. Éminence ilio-pectinée. — N. Angle du pubis.
r ière-fond de la cavité cotyloïde. Le bord de la cavité, ou sourcil cotyloïdien, donne insertion, à l’état frais, au bourrelet cotyloïdien. 11 présente trois échancrures qui portent le nom des portions d’os quelles séparent : une antérieure, ilio-pubienne ; une postérieure, ilio-ischiatique; une inférieure, ischio-pubienne ou cotyloïdienne. Au-dessus de la cavité cotyloïde, on trouve une gouttière antéropostérieure qui longe le sourcil, c'est la gouttière sus-cotyloïdienne , pour l’insertion du tendon réfléchi du muscle droit antérieur. La surface élargie qui se trouve au-dessus constitue la fosse iliaque externe. Elle regarde en dehors, en arrière et en bas. Elle présente deux lignes courbes, qui se terminent : l’antérieure a l’épine iliaque antérieure et supérieure, la postérieure à la partie moyenne de la crête iliaque. En avant de la ligne antérieure, s’insère le muscle petit fessier; entre les deux lignes, le muscle moyen fessier ; en arrière, le muscle grand fessier. Au-dessous de la cavité cotyloïde, la face regarde en bas, en avant et en dehors; nous trouvons encore là le trou obturateur; en avant de lui le corps du pubis, d’où partent sa branche horizontale et sa branche verticale, qui le réunissent en haut à l’ilium, et en bas à la branche ascendante de l’ischion formant la limite inférieure du trou. Le muscle obturateur externe s’insère sur la face externe de la membrane qui ferme le trou obturateur et au pourtour du trou.
Bord antérieur. — De dehors en dedans , on trouve sur ce bord quatre éminences osseuses et trois échancrures alternant avec elles : 1° l’épine iliaque antérieure et supérieure , où s’insèrent le muscle couturier, l’arcade crurale et le muscle tenseur du fascialata; 2° une échancrure au-dessous, où passe le nerf fémoro-cutané ; 3° l’épine iliaque antérieure et inférieure, où s’insère le muscle droit antérieur du triceps; 4° une gouttière dans laquelle glisse le muscle psoas-iliaque; 5° l’éminence iliopectinée, sur laquelle s’insèrent la bandelette iliopectinée et le muscle petit psoas, quand il existe ; 6° la surface pectinéale, terminée en arrière par une crête, crête pectinéale, qui fait partie du détroit supérieur du bassin ; 7° l’épine pubienne, saillante, qu’il importe de ne pas confondre avec l’angle. Elle donne insertion au muscle premier adducteur, et à l’arcade crurale.
Bord postérieur. — Comme l’antérieur, il présente, de haut en bas, quatre éminences osseuses et trois échancrures. On y trouve de haut en bas :
Fig. 616. — Face externe de l’os iliaque.
A. Partie antérieure de la fosse iliaque externe. — B. Crête iliaque. — C. Épine iliaque antérieure et supérieure. — D. Épine iliaque antérieure et inférieure. — E. Branche horizontale du pubis. — F. Épine iliaque postérieure et supérieure. — G. Épine iliaque postérieure et inférieure — H. Cavité cotyloïde. — I. Ischion. — K. Trou sous-pubien. — L. Branche ischio-pubienne. — M. Bord supérieur du corps du pubis. — 0. Branche descendante du pubis.
1° l’épine ‘iliaque postérieure et supérieure; 2° une petite échancrure insignifiante ; 3° l'épine iliaque postérieure et inférieure. Ces deux épines donnent insertion aux muscles de la masse commune ; la supérieure est pourvue en dedans de nombreuses rugosités qu’on désigne sous le nom de tubérosité iliaque; en dedans et au-dessous de cette tubérosité, derrière la crête de la face interne de l’os coxal, se trouve une facette articulaire, rugueuse, triangulaire, analogue à celle du sacrum : c’est la facette auriculaire de l’os coxal ; 4° au-dessous de l’épine iliaque inférieure , la grande échancrure
sciatique, convertie en trou à l’état frais par les deux ligaments sacro-sciatiques; 5° plus bas, l’épine sciatique, mince et saillante, donnant insertion par son sommet au petit ligament sacro-sciatique, par sa face externe au muscle jumeau supérieur, par sa face interne au muscle relcveur de l’anus et au muscle ischio-coccygien; 6° au-dessous, la petite échancrure sciatique, convertie aussi en trou par les deux ligaments sacro-sciatiques ; 7° l’ischion, qui sera décrit avec les angles.
Bord supérieur ou crête iliaque. — Plus épais aux extrémités qu’à la partie moyenne, il a la forme d’un S italique ; sa partie antérieure est concave en dedans, sa partie postérieure concave en dehors. Ce bord, dirigé obliquement de dehors en dedans et d’avant en arrière, présente une lèvre interne pour l’insertion du muscle transverse de l’abdomen, une lèvre externe pour le muscle grand oblique, et un interstice pour le muscle petit oblique en avant, et le muscle carré des lombes en arrière.
Bord inférieur. — Le plus court, il correspond aux< branches ascendante de l’ischion et descendante du pubis; il est mince, rugueux chez l’homme, lisse et déjeté en dehors chez la femme ; il donne insertion aux aponévroses du périnée, à la racine des corps caverneux et au muscle ischio-caverneux chez l’homme.
Angle antérieur et supérieur. — Cet angle n’est autre chose que l’épine iliaque antérieure et supérieure déjà décrite.
Angle antérieur et inférieur, ou angle du pubis. — 11 est placé à un centimètre et demi en dedans de l’épine pubienne. Sur sa face interne, on trouve une surface articulaire, rugueuse, allongée, placée sur le corps du pubis et se continuant avec le bord inférieur del’os. En s’articulant avec celle du côté opposé, elle forme la symphyse pubienne. Sur l’angle s’insère le pilier interne de l’anneau inguinal. L’espace qui sépare l’angle de l’épine donne insertion, sur sa lèvre postérieure, au muscle droit de l’abdomen. Immédiatement en avant de cette insertion, s’insèrent le muscle pyramidal et le pilier postérieur de l’anneau inguinal ou ligament de Colles. Cet espace constitue le bord inférieur de l’anneau in-, guinal; le cordon spermatique repose sur lui.
Angle postérieur et supérieur. — Il est formé par l’épine iliaque postérieure et supérieure déjà décrite.
Angle postérieur et inférieur, ou tubérosité de l’ischion. — C’est la portion la plus épaisse de l’os coxal ; c’est sur cet angle que repose le corps dans la station assise. Il se continue par sa branche ascendante avec la branche descendante du pubis; il donne insertion : 1° en arrière et de bas en haut, au muscle demi-membraneux, à la longue portion du biceps et au demi-tendineux réunis, au jumeau inférieur ; 2° en dedans, au muscle transverse du périnée ; 3° en dehors, au muscle grand adducteur et au muscle carré crural.
Les os iliaques s’articulent entre eux, en avant, par la symphyse du pubis ; en arrière, ils s’articulent avec le sacrum qui se trouve enclavé entre eux comme un coin, et avec la colonne vertébrale. Enfin, sur les côtés, par la cavité cotyloïde, ils s’articulent avec le fémur (V. Bassin, Sacrum, Hanche).
IL
Fractures de l’os iliaque. — Les fractures de l’os iliaque présentent plusieurs variétés ; les plus fréquentes sont : 1° les fractures doubles verticales ; 2” les fractures de la crête iliaque ; 3° les’ fractures
Fig. 617.
Représentant les articulations des os iliaques: 1° entre eux; avec le sacrum; 3° avec la colonne vertébrale; 4° avec le fémur (l'ensemble constituant le bassin).
I. Ligament vertébral commun ou antérieur de la symphyse sacro-vertébrale. — v2. Disque intervertébral. — 3. Partie inférieure du ligament ilio-lombaire. — 4. Ligament sacro-iliaque antérieur. — 5. Petit ligament sacro-sciatique. — 6. Membrane obturatrice. — 7. Ligament sacro-pubien de la symphyse pubienne; au-dessus, fibres entrecroisées du ligament antérieur.— 8,9. Ligament capsulaire de l’articulation coxo-femorale.
de l'ischion ; 4” les fractures du pubis ; 5° les fractures de la cavité cotyloïde.
1° Fractures doubles verticales. — Ces fractures séparent le bassin en deux moitiés ; en avant, le trait de la fracture occupe ordinairement la branche descendante du pubis et ascendante de l'ischion ; en arrière, l’os iliaque, au voisinage de son union avec le sacrum ; quelquefois il y a décollement de la symphyse sacro-iliaque.
La cause la plus fréquente est une chute sur les pieds, le membre inférieur étant dans l’extension ; le choc se transmet au bassin par la tige rigide que forment les os de la jambe et le fémur, et un large fragment de l’os iliaque est ainsi violemment séparé.
Les symptômes consistent dans le raccourcissement du membre inférieur et la déformation du bassin. Le raccourcissement est produit par l’élévation du fragment pelvien, qui, par suite de la violence qui a produit la fracture, se porte en haut ; en même temps, celui-ci subit un léger mouvement de bascule qui fait saillir son extrémité supérieure, correspondant à la crête iliaque, en dehors, et son extrémité inférieure en dedans : il y a donc élargissement du bassin au niveau de sa grande circonférence, et rapprochement des tubérosités ischiatiques.
On arrivera au diagnostic en palpant attentivement la crête iliaque et en la comparant à celle du côté sain : on fera naître ainsi de la douleur au niveau des points fracturés. On se rappellera que, dans les luxations du fémur, qui seules pourraient
être confondues avec cette fracture, le raccourcissement du membre inférieur est réel, tandis que, dans le cas qui nous occupe, il n’est qu’apparent : en effet, le grand trochanter a conservé ses rapports avec la crête iliaque et l’épine iliaque antérieure. On sentira quelquefois la crépitation et la mobilité anormale ; enfin, par le doigt introduit dans le rectum ou dans le vagin, on pourra constater les modifications apportées par la fracture à la position respective des saillies osseuses du détroit inférieur.
Le pronostic est grave lorsqu’il y a un déplacement considérable du côté de la cavité pelvienne, ou lorsque des esquilles ont blessé un des organes qui y sont contenus. Dans ce cas, en effet, on peut voir se développer des abcès du bassin ; les nerfs sacrés peuvent aussi être lésés, ce qui donne lieu à la paralysie des membres inférieurs.
Le traitement consiste à remettre en place, autant qu’il est possible, le fragment pelvien, et à maintenir la réduction en pratiquant l’extension sur le membre inférieur, et la contre-extension au niveau de l’aisselle. On entourera le bassin avec un bandage de corps.
2° Fractures de la crête iliaque. — Elles sont produites par des causes directes agissant avec une grande force: coup de pied de cheval, passage d’une roue de voiture, etc.
Le fragment peut présenter un volume plus ou moins considérable ; en général, il n’y a pas de déplacement : quelquefois on observe une légère projection en dedans. On constate, au niveau du point fracturé, une douleur à la pression et une ecchymose, due à l’action du corps vulnérant. Lorsqu’il n’y a pas de complication, on peut donc hésiter entre une fracture et une simple contusion : en général, dans la fracture, la marche est plus difficile, la douleur persiste plus longtemps, enfin on peut quelquefois percevoir la crépitation en imprimant à la crête iliaque des mouvements de latéralité.
Le traitement est très simple. Il faut laisser le malade au lit, après avoir serré le bassin avec un bandage de corps.
3° Fractures de l’ischion. — Produites, comme les précédentes, par des causes directes, telles que coups, chutes sur le siège, ces fractures s’observent rarement. Leurs symptômes sont très obscurs ; ce n’est que par l’exploration du vagin et du rectum, pratiquée avec beaucoup de soin, qu’on peut arriver dans certains cas, à constater le déplacement de l’ischion, la mobilité anormale et la crépitation.
Il suffit de faire rester le malade au lit pendant le temps nécessaire à la consolidation.
4° Fractures du i*ubis. — Un corps vulnérant, agissant directement sur le pubis, peut fracturer cet os en différents points : tantôt au niveau de son corps, tantôt au niveau de sa branche descendante; dans certains cas, le pubis est enfoncé vers la cavité pelvienne : il existe alors une fracture bilatérale.
On comprend que la vessie et l’urèthre, qui affectent, dans les deux sexes, des rapports si intimes avec la face postérieure du pubis, soient fréquemment lésés dans les fractures de cet os: c’est ce qui
fait leur principale gravité. On a vu des esquilles déchirer l’urèthre, séjourner dans le canal, et être retirées ensuite soit par le méat, soit par des orifices fistuleux.
Les symptômes ne sont bien accusés que lorsque la fracture est double ; le cathétérisme sera souvent d’une grande utilité pour le diagnostic.
Il faut s’appliquer à ne laisser subsister aucun déplacement, car les fragments vicieusement consolidés pourraient comprimer les organes urinaires; ensuite, il faut maintenir autant que possible la réduction, pendant la durée de la consolidation. Mais, comme il est bien difficile d’agir efficacement sur le pubis, ce n’est guère qu’en donnant au malade une bonne position, variable suivant les cas, qu’on peut espérer un heureux résultat.
o° Fractures de la cavité cotyloïde. — Souvent causées par une chute sur les pieds, ces fractures présentent plusieurs variétés : tantôt c’est le rebord supérieur, le sourcil de la cavité cotyloïde, qui est séparé du reste de l’os ; dans ce cas, il y a fréquemment luxation concomitante du fémur ; tantôt le fond de la cavité présente plusieurs fissures étoilées ; tantôt, enfin, la tête du fémur, défonçant la cavité cotyloïde, pénètre dans le bassin.
Dans les cas où il y a déplacement du fémur, et, par conséquent, raccourcissement du membre inférieur, la crépitation, lorsqu’elle peut-être perçue est le meilleur signe qui puisse faire distinguer cette fracture d’une simple luxation coxo-fémorale.
Il faut faire la réduction, si la tête fémorale a abandonné la cavité articulaire, et condamner le malade au repos, en pratiquant l’extension, si l’on craignait de voir le déplacement se reproduire.
Luxations de l’os iliaque. — (V. Hanche.)
Muscle iliaque. — (V. Psoas.)
Artères iliaques. — - Il existe plusieurs artères iliaques : 1° Les artères iliaques primitives ; 2° les artères iliaques externes et internes qui sont les branches de bifurcation de l’iliaque primitive.
Artère iliaque primitive. — L’artère iliaque primitive est une branche terminale de l'aorte. Elle s’étend de la quatrième vertèbre lombaire à la symphyse sacro-iliaque. Elle est dirigée de haut en bas, de dedans en dehors et d’arrière en avant. Elle a une longueur de 6 centimètres, ne fournit aucune branche collatérale et se bifurque en iliaque externe et iliaque interne. Dans son trajet, elle est recouverte par le péritoine et croisée quelquefois par l’uretère. Elle recouvre la cinquième vertèbre lombaire et la veine iliaque primitive. Celle du Côté droit croise d’abord à angle droit la veine iliaque gauche, puis recouvre la droite.
Artère iliaque externe. — Cette artère fait suite à la précédente ; elle suit la même direction et prend le nom de fémorale au moment où elle croise la face inférieure de l’arcade crurale. Elle fait saillie le long du bord externe du muscle psoas contre lequel elle est fixée par un dédoublement du fascia iliaca. Dans son trajet, elle est recouverte par le péritoine, par le canal déférent qui la croise chez l’homme, le ligament rond et les vaisseaux utéroovariens chez la femme, déplus, celle du côté gauche est recouverte par le côlon iliaque, tandis que l’intestin grêle, à sa terminaison, recouvre celle du
côté droit. Elle est accompagnée par la veine iliaque externe, qui occupe son côté postérieur en haut et son côté interne en bas. De nombreux ganglions
Fig. 618. — Artère iliaque primitive et ses branches.
D. Artère iliaque primitive. — E. Artère iliaque interne ou hypogastrique. — F. Artère iliaque externe. — G. Artère épigastrique. — H. Uretère. — I. Incision ordinairement employée pour faire la ligature de l’iliaque interne. — J. Veine Iliaque. — K. Fascia transversal is coupé et renversé. — L. Vaisseaux spermatiques ou ovariens. — M. Muscle psoas. — 0. Intestins recouverts par le péritoine. — P. Erigne éloignant le6 lèvres de la plaie. — Q. Épine iliaque antérieure et supérieure.
et vaisseaux lymphatiques l’entourent. Le nerf génito-crural est accolé sur sa partie antérieure. Elle fournit deux branches : l’artère épigastrique e, t l’artère circonflexe iliaque (V. ces mots).
Artère iliaque interne. — Branche terminale interne de l’iliaque primitive, l’artère iliaque interne, appelée aussi hypogastrique , naît au niveau de la symphyse sacro-iliaque, et se porte verticalement en bas vers la partie supérieure delà grande échancrure ischiatique. Elle a une longueur de 2 à 5 centimètres; elle est accompagnée par la veine hypogastrique, qui est placée derrière elle; elle est recouverte par le péritoine.
Elle fournit 11 branches chez la femme et 9 chez l’homme : lre Y ombilicale ; 2e la vésicale; 3e la vaginale ; 4e 1 "'utérine; 3e Y hémorrhoïdale moyenne, 6e la sacrée latérale ; 7e Y ilio-lombaire ; 8' Yobturatrice; 9e la fessiére ; 10e Y ischiatique ; 11e la honteuse interne (V. ces mots).
Veines iliaques. — Il y a des veines iliaque
PRIMITIVE, ILIAQUE EXTERNE et ILIAQUE INTERNE, répondant aux artères du même nom.
Veine iliaque primitive. — Elle est située au devant de la cinquième vertèbre lombaire et de la base du sacrum ; elle est formée par la réunion des veines iliaque interne et externe, et se termine à la veine cave inférieure. Elle a la même longueur que l’artère, ses rapports ont été décrits avec ceux de cette artère. Elle reçoit une seule branche, la veine sacrée moyenne.
Veine iliaque externe. — Cette veine présente les mêmes limites et le même trajet que l’artère correspondante ; au niveau de l’arcade fémorale, elle est placée au-devant de l’artère, plus haut, elle
IMM
IMP
se place en arrière et en dedans d’elle, contre le muscle psoas. Elle reçoit les veines hépathiques et les veines circonflexes iliaques.
Veine iliaque interne. — La veine iliaque interne, ou hypogastrique, accompagne l’artère du même nom. Elle est située sous le péritoine, en avant du muscle pyramidal et du plexus sacré, elle reçoit autant de branches veineuses que l’artère fournit débranchés artérielles, excepté la veine hémorrhoïdale moyenne, et la veine omôi/ma/e. Chacune de ces nombreuses veines est double pour chaque artère, et avant de se jeter dans l’iliaque interne, les deux veines se réunissent dans une seule. Il y a donc dans le bassin, allant se jeter dans l’iliaque interne deux veines vésicales, deux vaginales, deux utérines, deux sacrées latérales, deux ilio-lombaires , deux ischiatiques, deux fessières, deux obturatrices et deux honteuses internes (V. ces mots). Ces nombreuses branches se répétant de chaque côté du bassin, on voit l’énorme quantité de sang veineux contenu dans cette région. Dr j.-a. fort.
ILIO-LOMBAIRE. — Nom donné par les anatomistes à une artère provenant de l’artère iliaque interne, au niveau de la base du sacrum, qui remonte derrière le muscle psoas et se divise en deux branches, l’une ascendante, l’autre transversale. Elle est destinée à compléter le système des artères pariétales de l’abdomen. p. l.
ILION. — Nom donné par les anatomistes à la partie postéro-supérieure de l’os iliaque (V . ce mot).
ILIUM. — S\ nonyme d’os iliaque (V. ce mot).
ILLUSION. — On donne ce nom, en médecine mentale, à un trouble des sensations qui fait que l’on interprète d’une façon fausse et erronée une sensation réellement perçue. Elle diffère de Y hallucination (V. ce mot), qui, elle « est une perception sans objet », ainsi que l'a fort justement dit le professeur Bail, résumant la définition d’Esquirol. Chez les aliénés, les illusions sont favorisées par le délire aigu ou partiel. Elles sont aussi un symptôme fréquent dans les affection cérébrales chez les enfants. L. P.
IMAGE. — En physique, on donne le nom d’image à la représentation d’un objet. Il y a des images réelles et des images virtuelles (V. Vision).
IMBÉCILLITÉ. — (V. Idiotie.)
IMBIBITION. — On donne ce nom à la pénétration d'un liquide dans les interstices des molécules d’un corps solide ou d’un tissu. Larcher a donné le nom d 'imbibition cadavérique de l’œil à une tache livide qui se montre au côté externe , puis au côté interne du blanc de l’œil, qu’il considère comme un signe certain de la mort. Cette tache se produit moins rapidement en hiver qu’en été, sur le cadavre dont les yeux ont été fermés que sur ceux dont les yeux sont restés ouverts. p. l.
IMMERSION. — On donne ce nom en hydrothé-
rapie à l’action de plonger le corps entier ou seulement une partie dans l’eau (V. Bain). p. L.
IMMOBILISATION. — On donne ce nom en chirurgie à un mode de traitement qui consiste à immobiliser une partie du corps, une articulation malade (arthrite, tumeur blanche, coxalgie, etc.), un membre fracturé, etc. L’immobilisation s’obtient à l’aide de divers appareils qui ont reçu le nom d 'inamovibles (V. ce mot). p. L.
IMMUNITÉ. — On donne le nom d’immunité à une disposition particulière d’un individu qui fait qu’il rie contracte pas certaine maladies. Elle est congénitale ou acquise. Comme exemple d’immunité acquise, nous citerons : la variole, la syphilis et en général les maladies virulentes, qui n’atteignent d’ordinaire qu’une fois la même personne ; les immunités des médecins, des infirmiers et infirmières pour plusieurs maladies contagieuses, dues à une sorte d’acclimatement, etc. p. L.
IMPERFORATION. — On donne ce nom à un vice de conformation caractérisé par l’occlusion complète et permanente de canaux ou d’ouvertures, qui devraient naturellement être ouverts, tels que l’anus, le vagin, l’urèthre, etc. L’imperforation peut être congénitale ou accidentelle. L’imperforation accidentelle est le résultat de la réunion des parois de ces canaux ou ouvertures, à la suite d’une inflammation ou d’une plaie. On remédie aux imperforations par diverses opérations qui varient suivant l’organe imperforé (V. Anus, Vagin, Urèthre )
IMPÉTIGO. — L’impétigo est une maladie superficielle de la peau, non contagieuse, aiguë ou chronique, caractérisée par de petites pustules discrètes ou agglomérées, confluentes, distendues par une matière puriforme qui, en se desséchant au contact de l’air, donne lieu à des croûtes plus ou moins épaisses, irrégulières, étagées, jaunâtres, verdâtres et même noirâtres. L’impétigo apparaît sur toutes les parties du corps. C’est une affection très commune qui compte pour un neuvième sur la totalité des maladies de la peau.
Impétigo aigu. — Cette maladie ne commence généralement qu’après un malaise, des lassitudes dans les membres, de l’inappétence, des dérangements dans les fonctions digestives, il y a aussi de la fièvre. Mais le plus souvent l’éruption n’est annoncée que par un peu de rougeur et de tuméfaction accompagnée parfois d’une vive démangeaison. D’autre fois, elle apparaît tout à coup, tantôt sur une surface légèrement érythémateuse, tantôt sur des points de la peau paraissant complètement sains. Il y a des pustules remplies d’une matière jaune clair, puriforme, dont l’afflux toujours croissant en détermine bientôt la rupture. Ces pustules au début sont généralement petites agglomérées, acuminées et peu saillantes au-dessus du niveau de la peau. Au moment où elles se rompent, c’est-àdire trente-six ou quarante-huit heures après leur première apparition, la peau se couvre d’une matière visqueuse, d’un jaune serin ou soufré ; celle-