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ci se coagule, puis se concrète en petits cristaux friables, plus ou moins brillants, et bientôt il en résulte des croûtes jaunes, inégales, irrégulières, ayant de la ressemblance avec le suc gommeux de certains arbres, ou bien avec du miel desséché.
Les parties sur lesquelles reposent les croûtes sont entourées d’un cercle érythémateux, et même près d’elles on aperçoit çà et là de petites pustules isolées.
Les croûtes sont toujours superficielles, quels que soient leur forme et leur volume. Lorsqu’elles tombent, soit spontanément, soit par des lotions émollientes, les choses apparaissent sous un nouvel aspect : la peau qui recouvrait ces croûtes est rouge, luisante, en partie excoriée, véritable dénudation épidermique qui varie de forme et de profondeur. A ce moment il s’opère sur les points dénudés ou excoriés un suintement de la matière concrescible. Les nouvelles croûtes qui en résultent sont sensiblement plus minces que celles produites par la rupture des pustules, elles tombent d’elles-mêmes au bout de quelques jours, se reproduisent plus minces pour retomber de nouveau, et ainsi de suite pendant vingt ou trente jours.
Vers cette époque ordinaire de la terminaison de la maladie, l'inflammation s’étant peu à peu effacée, les croûtes diminuant toujours de volume, le suintement se tarit, les surfaces excoriées se couvrent d’un épiderme très fin, cependant la peau reste encore rouge, luisante, tendue. La coloration rouge, brune, persiste pendant quelque temps et ne disparaît que lorsque tous les tissus affectés ont repris leur aspect naturel.
Si l’inflammation abandonne les surfaces affectées, pendant que dure cette période décroissante, on observe dans certains cas une exfoliation de lamelles épidermiques exactement semblables à l’exfoliation épidermique terminale de l’eczéma.
D’autres fois l’impétigo prend un caractère d’acuité très intense qui le rapproche des éruptions à marche fébrile. La chaleur, la rougeur, la tuméfaction, la démangeaison qui précèdent l’apparition des pustules sont tellement vives que le malade éprouve un extrême malaise et de la fièvre. La congestion qui est alors très largement développée semble annoncer un érysipèle. Mais tous ces phénomènes se dissipent dès que les pustules ont acquis leur entier développement ou qu’elles se rompent.
Impétigo chronique. — Nous avons vu l’impétigo aigu se terminer après trois ou quatre semaines; quant à l’impétigo chronique, il peut durer des mois et même des années. Dans ce cas de chronicité, les croûtes ne sont pas entourées d’une aréole inflammatoire, et la peau malade sur laquelle elles reposent n’est que faiblement colorée en rouge. Il n’existe que peu ou point de démangeaison et presque pas de chaleur; néanmoins le suintement continue sur la surface dénudée, d’autres croûtes s’y forment, celles-ci sont plus épaisses, plus dures, plus adhérentes ; elles sont grises ou noirâtres ; et lorsqu’elles ont acquis un certain volume, la matière impétigineuse se fait un pas-
sage à travers les fissures de leurs parties les plus sèches, et celle-ci va se stratifier au-dessus en une couche distincte ; alors les croûtes sont très volumineuses et d’un aspect rocheux. Signalons ce fait qu’elles ne se produisent pas par des pustules nouvelles, comme l’a dit Rayer, mais bien par l’écoulement continu du suintement, tel que nous venons de le décrire.
Au sujet de ces stratifications, Alibert fait remarquer en ces termes que « les lois que suit la nature dans la configuration de ces croûtes, sont absolument celles des concrétions lapidifiques. Il est évident que si la transsudation s’effectue sur une partie du corps dont la situation est verticale, les croûtes qui en proviennent s’allongent comme les stalactites observées dans certaines grottes; dans le cas contraire, elles prennent, en se coagulant, une consistance tout à fait aplatie, et s’étendent dans le sens de leur longueur. »
Variétés d’impétigo suivant la forme. — Au point de vue de la forme, nous avons deux variétés : la première appelée figurata, parce que les plaques impétigineuses, quelle que soit leur étendue, présentent une forme déterminée circulaire ou ovale ; la seconde, sparsa, parce que les plaques pustuleuses sont disséminées et n’offrent, aucun dessin régulier. Outre ces différences de forme que nous venons de signaler, il y a encore des caractères propres à chacune de ses variétés; c’est ainsi que la figurata appartient à la jeunesse, qu’elle est presque toujours aiguë et occupe de préférence la face, tandis que la sparsa e.st généralement chronique et affecte principalement les membres ; mais le plus souvent on la voit aux plis des articulations.
Quoique ces deux formes caractéristiques de l’impétigo se reproduisent sur toutes les parties de la peau, il est certain que l’état morbide subit des modifications suivant les régions où il se localise; de là les différentes variétés de la face, du cuir chevelu, du tronc et des membres.
Variétés d’impétigo suivant le siège. — Impétigo de la face.— Les pustules impétigineuses peuvent apparaître isolément sur toutes les parties de la face. La forme figurata a son siège de prédilection sur les joues; la forme sparsa se développe sur le menton, entre les poils de la barbe, à la lèvre supérieure.
En général, l’impétigo tend à envahir les fosses nasales, les ailes du nez, les régions mastoïdiennes, les oreilles ; il s’étend même daps le conduit auditif externe et sur les parties latérales du cou.
Aux paupières, il se complique souvent d’ophtalmie et détermine une inflammation des follicules des cils; il peut encore exister sur les arcades sourcilières.
il y a un impétigo général de la face appelé croûtes de lait en langage vulgaire et aussi gourmes (V. ce mot).
Chez les très jeunes enfants, cette maladie débute généralement par les joues et le front ; elle est accompagnée d’un violent prurit; de petites pustules superficielles d’un blanc jaunâtre ne tardent pas à se répandre sur les lèvres, le menton et les oreilles ; le nez et les paupières ne sont pas envahis