‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 240 sur 344 · ROS · texte numérisé non relu

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RONCE. — La ronce est un arbuste sarmenteux rès commun dans les haies et les terres incultes- La décoction de ses feuilles légèrement astringente et tonique jouit d’une vogue exceptionnelle parmi les gens du peuple, qui l’administrent à l’intérieur dans les gastro-entérites, les hémoptysies, en gargarismes dans les affections inflammatoires, scorbutiques, aphteuses, ulcéreuses ou pseudomembraneuses de la bouche, ou en lavements dans les flux muqueux ou la dyssenterie confirmée. p. l.

RONFLEMENT. —Non ionné à un bruit sonore que font entendre pendant 2ur sommeil beaucoup de personnes, surtout celles ui dorment la bouche ouverte.

11 se produit beaucoup plus fréquemment dans 'inspiration que dans l’expiration, et est occasionné ar les vibrations du voile du palais, au moment ù la colonne d’air traverse l’arrière-bouche.

ROSAT (miel;. — On donne ce nom à une prépaation pharmaceutique dont voici la formule :

Roses de Provins séchées et pulvérisées. . . . 1,000 gr.

Miel blanc 6,(i00 —

Alcool a 30° Q. S.

ue l’on emploie en gargarismes à la dose de 20 100 grammes dans un véhicule aqueux. p. l.

ROSAT (pommade). — On donne ce nom à une ommade préparée d’après la formule suivante :

Axonge 1,000 gr.

Cire blanche 8

Essence de roses 2 —

Racine d’orcanette 30

u’on emploie contre les gerçures des lèvres, p. l.

ROSE. — Il y a deux sortes de roses employées n médecine : la rose rouge et la rose' pâle.

La rose rouge, ou rose de Provins , est cultivée n France et dans le sud de l’Europe. On récolte es fleurs quand les pétales sont encore à l'état de outons demi-épanouis, on les fait sécher à l’etuve u sur une claie dans un grenier bien aéré, on les rible et on les conserve dans des boîtes soigneusenent fermées à l’abri de l’humidité; sans ces préautions, leur altération ne manquerait pas de se roduire. Leur odeur est peu prononcée, leur saeur d une astringence assez forte, leur composiion riche principalement en tannin et en acide allique.

11 suit de là que les roses rouges ont une action stringente et tonique avantageusement employée

contre les flux muqueux, séreux ou purulents, les inflammations légères du larynx, la plupart des maladies de la bouche, certaines maladies des yeux, les plaies, les angines, les aphthes, les gerçures des lèvres, etc. On vantait, autrefois, leur efficacité dans la phthisie pulmonaire parce qu’elles tonifient, refrènent le mouvement fébrile, diminuent le flux intestinal, les sueurs et jusqu’aux sécrétions pulmonaires ou bronchiques (Gubler).

On les administre en infusion, en décoction, en poudre ou en sirop suivant les cas.

La rose pâle fournie par le rosier à cent feuilles, sert à diverses préparations dont les plus connues sont : l’essence de rose si recherchée en parfumerie par l'odeur suave qu’elle communique à toutes les substances qui en contiennent; l’eau distillée de rose, fréquemment employée en collyre, comme stvptique dans les conjonctivites, les ophthalmies légères ou pour aromatiser le cérat, le coldcream, etc.; le sirop de rose, bon laxatif chez les enfants à la dose de 10 à 30 grammes, devient un véritable purgatif chez les personnes qui le prennent additionné d’une certaine quantité de séné.

'Dr Marc Camboulives.

ROSEN (liniment de). — On donne ce nom à une préparation pharmaceutique composée de :

Alcoolat de genièvre 90 grammes

Essence de girofle 5 —

Huile muscade 5 —

Huile de ricin 1 —

que l’on emploie souvent en frictions contre les rhumatismes musculaire et articulaire. p. l.

ROSÉOLE. — On donne ce nom à une éruption, caractérisée par l’apparition sur la peau de petites tache* rosées très nombreuses, plus ou moins rapprochées les unes des autres, qui se montre fréquemment chez les enfants au moment de la dentition, et qu’on observe parfois chez les adultes. Cette éruption est souvent confondue avec la rougeole. Elle s’en distingue, en ce qu’elle ne s’accompagne ni du coryza, ni de la bronchite, ni du larmoiement qui caractérisent la rougeole. La roséole est une affection très bénigne, qui disparaît après quatre ou cinq jours de fièvre très légère et d’éruption, et qu’on traite simplement par le séjour au lit, la diète d’aliments solides et le saupoudrage des parties où siégé l’éruption avec des poudres inertes.

Outre celte roséole, que nous appelons la roséole commune , il y a ce qu’on peut appeler les roséoles médicamenteuses, qui sont occasionnées par l’absorption de certains médicaments, tels que le copahu, la térébenthine, l’iode, le sulfate de quinine, les salicylates, etc. Ces diverses roséoles présentent des caractères analogues à ceux de la roséole commune et cèdent facilement après la cessation du médicament qui les a produites.

Enfin, il y a une roséole, grave celle-ci, parce qu’elle est la preuve d’une infection générale de l’individu, je veux parler de la roséole syphilitique (V. syphilis). P. L.

ROT. — (Y. Éructation.)

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ROTULE. — Anatomie. — La rotule est un petit os court, de forme triangulaire, aplati d’avant en arrière, situé à la partie antérieure du genou. Elle présente à étudier deux faces et une circonférence. Sa face antérieure, convexe est pourvue de stries verticales; elle donne insertion à quelques fibres du muscle triceps, tandis que d’autres glissent sur elle pour former le tendon rolulien. Elle est séparée de la peau par la bourse séreuse prérotulienne. Sa face postérieure, articulaire, est divisée par une crête verticale en deux parties inégales : la portion externe, plus large, qui s’articule avec le condyle externe du fémur; la portion interne, qui s’articule avec le condyle interne, et présente en dedans une petite dépression en rapport avec le bord antérieur du condyle interne. Sa circonférence, large en haut, où elle constitue la base de la rotule, présente des rugosités pour l’insertion du tendon du muscle triceps; mince sur les côtés, où elle forme les bords, donne insertion aux ligaments rotuliens. En bas, elle forme une pointe ou sommet sur lequel s’insère le tendon rotulien. La rotule est fixe dans la flexion de la jambe, mobile dans son extension.

Fractures de la rotule. — Les fractures de la rotule peuvent être verticales, transversales, obliques ou comminutives. Des chocs directs peuvent produire ces fractures; elles reconnaissent souvent pour causes une chute sur le genou ou la contraction violente du muscle triceps crural; cette dernière produit toujours une.fracture transversale.

Dans les fractures verticales, il n’existe pas de déplacement, si ce n'est pendant la flexion du genou, car, dans ce mouvement, les deux fragments latéraux sont écartés, étant maintenus parles ligaments latéraux de la rotule. Dans les fractures transversales, de même que dans les précédentes, les tissus fibreux qui entourent la rotule peuvent être intacts; mais lorsqu’ils sont déchirés, on observe le déplacement suivant : le fragment supérieur est soulevé par le muscle triceps, et l’écartement qui sépare les fragments peut être considé. rable. Chaque fragment est sollicité en arrière, l’inférieur par le tendon rotulien, et le supérieur par le triceps; il en résulte que les surfaces fracturées ne sont pas exactement parallèles, elles regardent un peu en avant.

Quant aux symptômes, les voici : le malade éprouve une douleur vive au niveau de la fracture. Après la chute, il est rare qu'il puisse se relever. Il lui est impossible de marcher, si ce n’est à reculons, car dans ce mouvement, le muscle triceps est à l’état de repos. 11 est quelquefois facile de placer les doigts dans l’espace qui sépare les deux fragments de la rotule, et, s’il n’y a pas de déplacement, on peut encore, à moins qu’on en soit empêché par le gonflement, sentir une rainure au niveau de la fracture. La crépitation n’est pas toujours facile à obtenir, surtout s’il se trouve une distance considérable entre les deux fragments. Pour la percevoir, il faudrait les rapprocher et leur imprimer de légers mouvements de latéralité en sens inverse. Mais ce signe, dans les fractures avec écartement est absolument inutile à rechercher,

puisque cet écartement seul met la solution de continuité hors de doute.

Les fractures de la rotule se compliquent, et cela beaucoup plus fréquemment que les autres fractures articulaires, d'épanchements sanguins dans l’articulation et d’arthrite.

Ces fractures guérissent lentement, et il n’est pas rare de voir la consolidation ne se faire qu’au bout de deux mois. Lorsqu’il n’y a pas de déplacement, il se fait une consolidation osseuse ; mais lorsque la fracture est transversale, avec déplacement, il reste une pseudarthrose caractérisée parla production d’une grande quantité de tissu fibreux étendu entre les deux ligaments. La présence de ce cal fibreux ne gène pas considérablement la marche, et les malades s’y habituent au bout d’un certain temps. Ces fractures récidivent quelquefois. Leur récidive est parfois plus fréquente lorsqu’elles sont transversales et produites par les contractions du triceps; il n’est pas rare, dans ces cas, de voir les deux rotules se fracturer en même temps par la contraction simultanée des deux triceps.

Dans tous les cas de fracture de la rotule, le traitement consiste à donner au membre la position qui serait la moins gênante, s’il était ankylosé, c'est-à-dire l’extension. Lorsqu’il n’y a pas de déplacement,il suffit de placer le membre dans unegouttière jusqu'à consolidation complète. Lorsqu’il y a déplacement, les chirurgiens ont employé plusieurs appareils pour rapprocher les fragments, mais la plupart sont infidèles. De nos jours, il est fréquent de voir placer le membre simplement dans l’extension et dans l’immobilité jusqu’à guérison.

Malgaigne a imaginé, pour maintenir en rapport les deux fragments de la rotule, de piquer chacun d’eux avec un crochet qui traverse 1a. peau ; les deux crochets, ou griffes, sont ensuites rapprochés au moyen d’une vis de rappel pour ramener les fragments en contact. Ces griffes de Malgaigne ont causé des accidents; on les emploie rarement.

Nous avons obtenu les meilleurs résultats de l’appareil suivant, que nous avons appliqué quatre ou cinq jours après l’accident dans une fracture transversale, lorsque l’inflammation, qui était intense eut disparu. Le membre a été mis dans l’extension complète; les deux moitiés d’un bouchon ordinaire coupé en long ont été placées du côté convexe, au-dessus et au-dessous de la rotule, avec de l’ouate; par-dessus chaque moitié du bouchon, nous avons appliqué un petit coussin de l’épaisseur d’une compresse graduée; puis nous avons mis une bande roulée, en disposant les circulaires de façon à rapprocher les bouchons entraînant les deux fragments; par-dessus le tout, une bande dextrinée. Après douze jours, le gonflement ayant disparu, nous avons enlevé l'appareil, tout allait bien; nous l'avons appliqué de nouveau et nous l’avons recouvert d’une couche de plâtre; au bout d’un mois le malade marchait déjà. Deux mois apres, il ne restait plus qu’une petite raideur; les fragments étaient presque en contact.

Luxations de la rotule. — (V. Genou.)

Dr J.-A. Fort.

ROTULIEN. — Nom donné par les anatomistes

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