‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 241 sur 344 · ROU · texte numérisé non relu

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à un ligament épais et large, formé d’un faisceau fibreux qui va du sommet de la rotule à la partie antérieure et supérieure de la tubérosité rugueuse du tibia, et qui assujettit larotule. P. L.

ROUGEOLE. — La rougeole est une des fièvres éruptives les plus fréquentes; elle s'observe surtout dans la première et la seconde enfance, mais cependant il n’est pas rare d'en constater des cas nombreux dans l'âge adulte. Peu d’individus échappent à cette affection; les récidives sont rares.

Cette maladie ne liait pas spontanément; elle est le résultat d’une transmission qui s’opère surtout au moment de la période de desquamation ; cependant il est également certain que la transmission peut s’opérer facilement par l’intermédiaire des sécrétions bronchiques; le poison de la rougeole est inconnu, mais, il n’est pas douteux que celte maladie infectieuse par excellence ne soit provoquée surtout par la présence de microbes d’une nature spéciale.

Tous les auteurs admettent, dans cette maladie, une première période, dite d’incubation, laquelle, d’après le résultat des expériences et des recherches cliniques, peut durer de neuf à onze jours. La seconde période est celle d’invasion : son début n’est jamais brusque; elle est caractérisée par un état fébrile constant, mais accompagné de remittences dans la matinée; la température, généralement, devient de plus en plus élevée ; il y a un malaise général, de la courbature, des frissons légers; enfin un catarrhe oculo-nasal qui s’accuse de plus en plus; par suite de la propagation de l’inflammation aux sinus frontaux, la céphalalgie devient très intense; le malade est pris d’éternuements fréquents; les conjonctives oculaires et surtout palpébrales deviennent le siège d’une injection notable; le malade accuse quelquefois un larmoiement incessant; des épistaxis se renouvellent fréquemment chez les enfants; vers le troisième jour le catarrhe envahit le larynx, la trachée, puis les bronches; la voix devient rauque, la toux fréquente, quinteuse; il peut même, chez les enfants, survenir les phénomènes morbides qui caractérisent le pseudo-croup ou laryngite striduleuse. Cette période dure en moyenne trois jours; il n’est pas rare cependant d’observer des cas où elle peut persister pendant sept jours, sans qu’on voie apparaître l’éruption caractéristique.

Chez les jeunes enfants, cette période peut s’accompagner de phénomènes convulsifs plus ou moins violents ; si l’accès est unique, le pronostic ne sera pas plus sérieux; mais au contraire, si les accès se répètent, si la température s’élève au delà de 40°, on pourra redouter une complication sérieuse du côté des centres nexveux.

L’éruption commence par la face, puis s'étend progressivement au cou, à la poitrine et aux membres; elle est généralement achevée dans l’espace de vingt-quatre à trente-six heures. L’éruption est constituée par des plaques rouges, de 2 à 6 millimètres de diamètre, plus ou moins rapprochées, affectant quelquefois la forme de croissants, de demi-cercles. Dans quelques cas exceptionnels, rougeole boutonneuse, le centre de chaque macule

est plus ou moins saillant, et ne s’efface pas par la pression.

L’exanthème est précédé, du reste, pendant douze ou vingt-quatre heures, par une éruption analogue qui s’observe à la voûte palatine, sur le voile du palais, sur le pharynx et sur les conjonctives palpébrales.

L’éruption persiste trois ou quatre jours; elle peut disparaître même plus tôt ; mais les disparitions brusques peuvent être la conséquence d’une complication plus ou moins grave du côté des voies respiratoires ou des centres nerveux.

Pendant la période d'éruption, les phénomènes de catarrhe se modifient; le larmoiement cesse, ainsi que les éternuements, mais la voix reste modifiée dans son timbre; la toux devient plus catarrhale et est suivie d’une expectoration plus ou moins abondante ; aux râles sibilants de la première période succèdent des râles humides qui occupent les bronches moyennes et de petit calibre; les crachats deviennent quelquefois nummulaires, nageant dans une sérosité plus ou moins abondante, d’où leur ressemblance avec ceux des phthisiques.

Le plus habituellement la fièvre ne tombe pas avec l’éruption, et une détente réelle ne s’observe qu’à la fin de l’éruption, c’est-à-dire vers le septième ouïe huitième jour. C’est alors que la desquamation apparaît; elle débute par la face et se fait par minces lamelles épidermiques.

Nous avons décrit jusqu’à présent la forme normale, régulière de la rougeole; les formes anormales sont nombreuses, nous allons seulement signaler les plus importantes. Dans quelques cas, leruption prend un caractère hémorrhagique, sans cependant qu’on se trouve en présence de la forme hémorrhagique de la rougeole. Le catarrhe intestinal, que l’on observe si fréquemment chez les jeunes enfants à la première période, peut persister pendant l’éruption, et s’accompagner de symptômes dysentériques.

Les formes graves varient suivant les épidémies; elles sont également influencées au premier chef par l’organisme sur lequel la maladie rubiolique fait son apparition : que l’affection se développe sur un enfant scrofuleux, de graves désordres sont à redouter du côté des muqueuses et du système ganglionnaire ; l’enfant est-il de race tuberculeuse, la rougeole va déterminer l’éclosion rapide des bacilles de la tuberculose.

Une des complications les plus fréquentes de la rougeole chez les jeunes enfants, et surtout dans la classe pauvre, est l’apparition, à la période d’invasion ou d’éruption, de la bronchite capillaire; cette complication est une des plus redoutables, c’est elle qui est cause de la mortalité excessive de la rougeole dans certaines épidémies et surtout dans les classes pauvres.

Dans la forme nerveuse, les convulsions ont précédé l’éruption; elles peuvent céder pendant deux ou trois jours, lorsque se montre l’éruption, puis reprendre de nouveau avec une nouvelle intensité, et l’enfant succombe dans un état comateux ; il n’est pas rare d’observer simultanément de l’albumine dans les urines , de telle

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