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les veines superficielles; un vase destiné à recevoir le sang; de l'eau tiède et des linges pour laver et essuyer le bras.
Ces objets étant préparés, le malade étant couché et à jeun, l'opérateur place à quelques centimètres au-dessous du pli du coude un lien circulaire qu’il serre assez fort pour empêcher la circulation du sang dans les veines sous-cutanées, et amener leur gonflement. Puis, tenant la lancette par les deux faces de la lame entre la pulpe de l'index et du pouce de la main droite, à 5 ou 6 millimètres seulement de la pointe, l’opérateur pique obliquement la veine médiane céphalique, pendant qu'avec sa main gauche, il fixe la peau et la veine tout près du point qu’il veut piquer. 11 retire ensuite la lancette, et le sang coule. Si l’écoulement n’est pas assez rapide il fait contracter les muscles de l'avantbras, en faisant remuer au malade le corps cylindrique qu’il lui a placé dans la main, et on voit alors le sang s’élancer sous forme de jet. Dès que le médecin juge suffisante la quantité de sang écoulé, il enlève le lien circulaire passé au-dessous du pli du coude, et l’écoulement du sang s’arrête immédiatement. 11 lave alors la peau, puis applique sur la plaie la compresse fine pliée en plusieurs doubles triangulaires et imbibée d’eau froide, et la fixe au moyen de la petite bande de deux mètres qu’il dispose en 8 de chiffres autour du pli du coude, et termine en plaçant le membre en écharpe et au repos pendant 24 heures, temps nécessaire à la cicatrisation de la plaie.
La saignée a été pratiquée dès les premiers temps de la médecine. Tour à tour très vantée et très dénigrée, elle est aujourd’hui à peu près abandonnée, bien à tort selon nous, car, si — ce qui est très vrai — on saignait trop autrefois, on ne saigne véritablement pas assez aujourd'hui; et on peut dire que le plus grand nombre des jeunes médecins quittent les hôpitaux, non 'seulement sans avoir jamais pratiqué une saignée, mais encore sans jamais même avoir vu pratiquer cette opération ! On ne peut nier cependant l’efficacité incontestable de la saignée dans la plupart des maladies aiguës développées chez les sujets sanguins et pléthoriques : pneumonie franche, commotions et hémorrhagies cérébrales, éclampsie, etc.
Dr Paul Labarthe.
SAIGNEMENT DE NEZ. — (V. Épistaxis.)
SAINDOUX. — (V. Axonge.)
SAINT-ALBAN eaüx minérales de). — Saint-Alban est un petit hameau du département de la Loire, situé à 7 kilomètres de Roanne, qui possède plusieurs sources bicarbonatées sodiques et calciques gazeuses, utilisées contre les diverses affections chroniques de l'appareil digestif, les manifestations de la diathèse arthritique et certaines maladies de la vessie. p. l.
SAINT-AMAND (EAÜX MINÉRALES DE). — Saint- Amand est une petite ville de 3,000 habitants, située dans le département du Nord, à 12 kilomètres de Valenciennes, qui possède des eaux minérales Dictionnaire rolulaire de Médecine usuelle.
sulfatées calciques et des boues minérales fortement sulfureuses. Les eaux sont administrées en boisson contre les affections du foie et des reins, mais ce sont surtout les bains de boue qui font la spécialité de cette station. Ils sont employés contre les rhumatismes articulaires et musculaires , la goutte chronique, les affections des os, les ulcères aloniques, certaines maladies de peau, etc. p. l.
SAINT-AUBIN (bains de mer de). — Saint-Aubinsur-Mer est un petit bourg du Calvados, situé à lo kilomètres de Caen, où l’on trouve une jolie plage à fond de sable assez uni et un casino, p. L.
SAINT-CHRISTAU (eadx minérales de). — Saint- Christau est une petite station thermale des Basses-Pyrénées, située à 8 kilomètres d’Oloron, qui possède des eaux d’une minéralisation très faible, mais très variée, puisqu’on y trouve du bicarbonate de chaux, des traces de fer, de cuivre et de lithine, de l'azote, de l’acide carbonique libre. On les utilise dans les affections gastro-intestinales, les laryngites chroniques, les angines, les maladies de peau à forme humide, etc. P. L.
SAINT-ÉNOGAT (bains de mer de). — Saint-Enogat est un village de 2,000 habitants, situé dans l'Ille-et-Vilaine, à 5 kilomètres de Saint-Malo, qui possède une plage très fréquentée, abritée par de hautes falaises d’un aspect très pittoresque, p. l.
SAINT-GALMIER (eadx minérales de). — Saint-Galmier est une petite ville de 3,000 habitants, située dans le département de la Loire, à 20 kilomètres de Montbrison, qui possède des eaux alcalines froides, minéralisées spécialement par les bicarbonates de soude, de potasse, et surtout de chaux et de magnésie, et, de plus, très riches en acide carbonique qui s’y trouve naturellement à l’état de dissolution aqueuse et qui maintient les sels alcalins en parfaite dissolution.
Il existe à Saint-Galmier plusieurs sources. La plus ancienne, la plus connue, nous pouvons dire la plus célèbre, est la source Bcidoit, dont l'exportation annuelle dépasse plus de 12 millions de bouteilles, cachet vert, qui sont consommées sur tous les points du globe.
L’eau de la source Badoit est absolument pure, claire et limpide, pétillante grâce à sa richesse en acide carbonique, légèrement alcaline, d’une saveur piquante et très agréable, soit qu’en la boive pure ou mélangée au vin, dont elle n’altère pas la couleur. Elle est légèrement stimulante, apéritive, réveille les estomacs et les intestins paresseux, active leurs sécrétions, régularise leurs fonctions, en même temps qu’elle accroît leurs contractions péristaltiques, ce qui la rend indispensable à toutes les personnes atteintes de gastralgie, de dyspepsies, dont les digestions sont lentes, pénibles, irrégulières, et qui sont sujettes à la constipation.
Du reste, la meilleure preuve de la bonté de la source Badoit c'est le nombre incalculable de médecins qui en boivent tous les jours à leurs repas et qui, tous, contresigneraient cette phrase du spirituel professeur P. Diday, de Lyon : « La source
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Badoit est l'amie des dyspeptiques qui lui doivent l’inappréciable bienfait d’un repas de plus par jour et d’une indigestion de moins par repas;» ainsi que les lignes suivantes écrites par Amédée Latour, de l’ Académie de médecine, dans l'Union médicale, dont il était le rédacteur en chef : « Je le déclare tout net, et cela, tout net aussi je le confesse, par pur égoïsme : j’adore les eaux de Saint-Galmier, et par gratitude en partie double, car une personne qui me tient de près et qui a pour tyran un bien triste estomac, digère comme un charme sousl’intluence des eaux de Saint-Galmier, source Badoit, la seule dont j’ai fait usage. »
L’eau de Saint-Galmier est aussi diurétique, et, par suite, convient encore aux individus affectés de gravelle et de catarrhes chroniques de la vessie.
Très recherchée comme eau de table, l’eau de Saint-Galmier remplace très avantageusement les eaux gazeuses artificielles, les eaux de seltz en siphon, qu’une industrie, souvent peu scrupuleuse, livre à la consommation au grand détriment de la santé publique, car ces eaux, fabriquées avec des eaux de rivières ou de petits cpurs d’eau, la plupart du temps non filtrées, presque toujours impures, souillées par les infiltrations du sol, des latrines, des égouts, par les résidus des fabriques, etc., peuvent, par suite, avoir une influence énorme dans la production de la dysenterie, du choléra, etc. De plus, les siphons dans lesquels on les renferme ont souvent leur armature et leur tube central, qui, au lieu d’être en étain fin, sont faits d’un alliage contenant des proportions plus ou moins considérables de plomb, ce qui expose à des dangers d’empoisonnement par ce métal, dangers d’autant plus grands, dit avec raison le professeur Fonssagrives, que l’eau de seltz, très chargée d’acide carbonique, dissout le plomb avec une certaine facilité. Enfin l’usage de l’eau de seltz trop chargée d’acide carbonique, sous une pression habituelle de 7 atmosphères, au lieu de stimuler l’estomac et de faciliter la digestion, amène, comme le fait remarquer l’éminent hygiéniste Bouchardat, « du météorisme, une distension répétée et exagérée de l’estomac, qui ne sont pas indifférents pour la santé. »
L’eau de Saint-Galmier, source Badoit, grâce à sa composition et aux soins apportés à son embouteillage, est d’une conservation parfaiteet se transporte au loin sans altération. De plus, ce qui n’est pas un avantage à dédaigner, elle est d’un prix très minime qui la rend abordable à toutes les bourses.
D' Paul Labaiithe.
SAINT-GEORGES (bains de mer de). — Saint-Georges est un petit bourg delà Charente-Inférieure, situé près de Royan, à l’embouchure de la Gironde, qui possède une plage pittoresque que Michelet affectionnait d’une manière toute spéciale et où l’illustre écrivain a écrit les meilleures pages de son beau livre « La Mer ». p. l.
SAINT-GERVAIS (eadx minérales de). — Saint-Gervais est un village de la Haute-Savoie, situé sur la pente du Prarion, à l’entrée de la vallée de Montjoie, aux pieds des premières montagnes du Mont- Blanc, qui possède plusieurs sources minérales,
sulfatées sodiques et chlorurées sodiques, qu’on emploie contre l’eczéma, le lichen, l’impétigo, le pityriasis, etc.; contre les affections catarrhales des bronches, etc. p. l.
SAINT-HONORÉ (eaux minérales de). — Saint-IIonoré est un bourg de la Nièvre, situé à 10 kilomètres de Moulins-en-Gilbert, qui possède des eaux minérales sulfurées et arsenicales (l’arsenic y a été découvert en 1876 par notre excellent ami le docteur Odin), qu’on administre surtout dans les affections chroniques de l’appareil respiratoire et certaines maladies de peau. p. l.
SAINT-JEAN-DE-LUZ (bains de mer de). — Saint- Jean-de-Luz est une jolie petite ville de 3,000 habitants, située dans le département des Basses- Pyrénées, à 20 kilomètres de Bayonne, au pied des Pyrénées, sur le golfe de Gascogne, qui possède une des plus belles plages de l’Océan par son étendue et la finesse de son sable. p. l.
SAINT-MALO (bains de mer de). — Saint-Malo est une sous-préfecture d’Ille-et-Vilaine, pittoresquement située sur un rocher de granit, presque isolé de la côte, qui possède une très belle plage formée d’un sable très fin, un établissement de bains de mer chauds et un casino bien installé. p. l.
SAINT-NECTAIRE (eaux minérales de). — Saint- Nectaire est un bourg de 500 habitants, situé dans le département du Puy-de-Dôme, à 40 kilomètres de Clermont, qui possède des eaux minérales bicarbonatées et chlorurées sodiques, utilisées contre les rhumatismes, les névralgies, l’arthritisme, la scrofule, etc. p. L.
SAINT-PAIR (BAINS DE MER de). — Saint-Pair est un petit bourg maritime de la Manche, situé à quelques minutes de Granville, qui possède une plage de sable assez fréquentée. p. l.
SAINT-SAUVEUR (eaux minérales de). — Saint- Sauveur est un petit village des Hautes-Pyrénées, situé entre Caulerels et Barèges, dont il n’est séparé que par quelques kilomètres, qui possède des eaux minérales faiblement sulfurées sodiques et azotées, qu’on administre dans deux établissements contre les affections chroniques des voies respiratoires, les névralgies, le rhumatisme, etc. p. l.
SAINT VALÉRY-EN-C AUX (bains de mer de).— Saint- Valéry-en-Caux est une petite ville maritime de la Seine-Inférieure, située à 38 kilomètres de Dieppe, dans une petite anse resserrée entre deux falaises élevées, qui possède une plage très belle, mais à fond de galets, un petit établissement de bains et un casino. P. L.
SAINT-VALÉRY-SUR-SOMME (bains de mer de). — Saint-Valéry-sur-Somme est une petite ville maritime de la Somme, située à 20 kilomètres d’Abbeville, sur la rive gauche de l’embouchure de la Somme, qui possède une plage à fond de galets, un petit établissement et un casino. p. l.
SAINTE-ADRESSE (bains de mer de). — Sainte- Adresse est une charmante petite ville de la Seine- Inférieure, située à quelques minutes du Havre, qui possède une plage à fond de galets et un casino très fréquenté. p. L.
SALADE. — On donne le nom de salade à une préparation culinaire faite avec des feuilles de certaines plantes assaisonnées avec du sel, du poivre, de l’huile, du vinaigre et quelques condiments telj que la moutarde, l’ail, l'oignon, le cerfeuil, etc. Parmi les plantes les plus usitées, nous citerons le cresson, la laitue, la chicorée, le céleri, la barbe de capucin, la raiponce, le pissenlit, la mâche, le pourpier, le concombre, etc. On prépare aussi des salades avec certains légumes tels que les haricots verts, les haricots blancs, les lentilles, les pommes de terre, préalablement cuits à l’eau. Enfin, on prépare aussi des salades de volaille, de bœuf, de homard, d’œufs durs, etc.
Ce n’est pas de ces deux dernières espèces de salade que je parle ici. Je ne m’occupe que de la salade proprement dite, de celle qui est faite avec les feuilles crues de certaines plantes, et je dis avec le l)r Brémond : « Malgré les défauts relatifs de chaque salade en particulier, les salades, en général peuvent être considérées comme des aliments très hygiéniques. En effet, par elle-même, la salade nourrit fort peu, mais comme elle fait manger un peu plus de pain aux pauvres et un peu moins de viande aux riches, elle est utile aux uns et aux autres. Son usage convient surtout aux individus sanguins et nerveux, aux habitants des pays chauds, aux personnes qui ont des tendances aux congestions des poumons ou des organes cérébraux; il est indispensable aux marins ou aux voyageurs atteints de scorbut; il rend des services pendant l’été, principalement aux femmes qui, «ans être malades, voient leur appétit diminuer ou disparaître. Pour tout le monde enfin, la salade est l’appoint utile d’un aliment azoté; mais pour personne elle ne devrait remplacer et constituer à elle seule un repas. »
Malheureusement cette vérité n’est pas assez ■connue du public, et. commel’a fort judicieusement écrit le professeur Coulier : «A côté de l’usage de la salade est l’abus. Celui-ci provient de la facilité avec laquelle on prépare cet aliment, autant que de son goût agréable. S’agit-il, par exemple, d’une ouvrière qui doit, après son travail, s’occuper de sa nourriture? Pour faire cuire un aliment substantiel, il faut du temps, il faut faire du feu; le prix d'ailleurs est plus élevé. Au contraire, une salade est vite épeluchée et bientôt prête, son prix est modique; elle constitue tout le repas. La faim est apaisée, mais ce n’est qu’un leurre, l’aliment azoté fait défaut, et son absence ne tarde pas à se traduire par tous les accidents qu’entraîne une ration insuffisante d’azote. Dans les villes, beaucoup de jeunes filles de la classe ouvrière et même aisée, se ruinent la santé par un pareil régime. »
Je ne ne dirai rien ici de chaque salade en particulier, un article spécial étant consacré à chacune d’elles dans le dictionnaire.
Dr PAUL I.AIIAKTHE.
SALICINE. — La salicine est une substance blanche et cristalline, de saveur très amère, peu soluble dans l’eau froide, soluble dans l’eau bouillante et l’alcool, découverte en 1830, par Leroux, dans l’écorce du saule et que l'on trouve aussi dans les feuilles et l’écorce des peupliers, ainsi que dans le castoréum et l’ulmaire. Cette substance jouit de propriétés toniques et antipyrétiques qui la font employer dans les cas de débilité de l'estomac, dans les diarrhées et contre la fièvre, à la dose de 50 centigrammes à 2 grammes. p. i..
SALICOL DUSAULE. — Le salicol Dusaule est une préparation spéciale, grâce à laquelle on peut maintenant utiliser très facilement et très fréquemment, pour l’usage externe, l’acide salicylique, dont l’emploi était auparavant d’une application difficile. Car, si ce sel, ainsi qu’on a pu le voir à l’article qui lui est consacré, jouit de propriétés désinfectantes et antiseptiques particulièrement remarquables, puisque, d’après Miquel, il suffirait d’un gramme d’acide salicylique pour rendre imputrescible une substance organique/ là où il faut 3 grammes d’acide phénique, par exemple, il a malheureusement un inconvénient grave, le seul du reste qu’on puisse lui reprocher : il n’est que très faiblement et très difficilement soluble dans l’eau. M. Dusaule, ayant constaté que l’acide salicylique devient très soluble dans un mélange de parties égales d’eau et d’alcool méthylique, a eu l’ingénieuse idée de dissoudre ce sel dans de l’alcool méthylique purifié, additionné d’un poids égal d’eau, et d’aromatiser cette solution avec des essences d’une odeur agréable, parmi lesquelles on retrouve une quantité notable d’essence de Wintergreen, dont Bergerôn et Gosselin ont démontré à l’Académie des sciences les propriétés désinfectantes et antiseptiques remarquables. Il a donné à cette préparation le nom de Salicol Dusaule.
Le salicol Dusaule est un produit éminemment stable, d’une odeur et d’une saveur agréable, nullement irritant. Il résulte des nombreuses expériences faites dans les hôpitaux et les cliniques qu’il rend des services précieux dans une foule de cas.
Il s’emploie pur, en temps d’épidémie (variole, choléra, fièvre typhoïde, rougeole, scarlatine, coqueluche) pour assainir les ambulances, infirmeries, lazarets, salles de malades, usines, manufactures, navires, etc., qu’il soit répandu sur les meubles ou le parquet, ou mieux, projeté dans l’air à l’aide d’un pulvérisateur. En lotion, dans la toilette intime journalière des femmes, il agit très efficacement contre les écoulements de diverse nature, leucorrhées, etc., en raffermissant et tonifiant les muqueuses. 11 détruit l’odeur fétide des sueurs locales et donne d’excellents résultats en compresses contre les plaies, la supuration, la gangrène, les cancers, les ulcères, l’eczéma, les engelures, les ulcères variqueux. On l’emploie dans tous ces cas à la dose d’une cuillerée à soupe dans un verre d’eau. A la dose d’une cuillerée à café dans un verre d’eau, il constitue un excellent dentifrice dont on peut se rincer la bouche de temps en temps pour enlever à l’haleine toute odeur et préserver les dents de la carie. Il est également employé en bains et en
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lotions partielles comme insecticide. A la dose de 4 cuillerées à soupe par litre d'eau, il sert à désinfecter les vases et les linges à pansements. Enfin, injecté pur dans l’artère carotide, il peut servir à embaumer les cadavres avant l’ensevelissement.
Dr L. Saint-Antonin.
SALICYLAGE. — On donne ce nom, en hygiène alimentaire, à l’emploi de l’acide salicylique pour la conservation des aliments solides ou liquides.
On sait quel prompt succès a obtenu l'acide salicylique dès son apparition au point de vue de ses applications à la thérapeutique et à l’hygiène : son action antiputride et antiseptique l’a fait adopter par les industriels pour conserver les produits alimentaires sujets à s’altérer. On l’a employé pour conserver les vins, la bière, le lait, le beurre, les poissons et les crustacés frais, la viande, la morue, les harengs salés, les jus de fruits et compotes, les confitures, les sirops, les conserves de légumes, le gibier, la charcuterie, etc.
Malheureusement, il résulte d’expériences et de faits très nombreux, que l'acide salicylique ainsi introduit dans ces diverses substances pour les conserver, exerce une influence très fâcheuse sur la santé des individus qui en font usage. Aussi, le Comité consultatif d’hygiène s’émut, nomma une commission composée de : Bouley, Brouardel,Wurtz, Anibaud, Gallard, P. Girard et Dubrizay, qui, après s’être livrée à des recherches nombreuses, émit, à la date du 15 novembre 1880, par l’organe de Dubrizay, son rapporteur, l’avis suivant :
* 1° L’acide salicylique est une substance dangereuse dont la vente doit être soumise aux règlements qui s’appliquent à la vente des autres substances dangereuses ;
« 2° Cet acide, considéré au point de vue de la conservation des substances alimentaires, n’est antifermcntescible qu’à la condition expresse d’ètre employé à doses élevée^, c’est-à-dire à doses toxiques;
« 3° L’on devra considérer comme suspecte toute substance alimentaire solide ou toute boisson contenant une quantité quelconque d’acide salicylique ou de l’un de ses dérivés, et il y a lieu d’en interdire la vente. »
Ces conclusions furent adoptées par le ministre, et, le 7 février 1881, il adressait à tous les préfets de la République une circulaire ('interdisant la vente de toute substance alimentaire, liquide ou solide, contenant une quantité quelconque d’acide salicylique ou de l’un de ses dérivés. »
Cette circulaire et la mesure qui en fut la conséquence donnèrent lieu à de nombreuses réclamations de la part des intéressés et surtout des puissantes compagnies industrielles qui se faisaient de beaux revenus avec la vente de l’acide salicylique. En présence de ces réclamations, M. Rouvier, ministre du commerce et des colonies renvoya à nouveau, à la date du 30 décembre 1881, la question de l’acide salicylique devant le comité consultatif d’hygiène publique. Celui-ci nomma une nouvelle commission composée de: Wurtz, Ambaud, Bouley Brouardel, Gallard, P. Girard, Grimaux, Pasteur et Dubrizay, qui, par l’organe de Dubrizay, choisi de
nouveau comme rapporteur, présenta les conclusions suivantes :
«Au milieu des réclamations de toute espèce adressées à M. le ministre au sujet de la circulaire du 7 février 1881, la proposition qui a trouvé le plus d’écho parmi les partisans de l’acide salicylique est la fixation d’une dose minimum, au-dessous de laquelle l’emploi de cet acide serait autorisé.
« S’appuyant: 1° Sur les observations de plusieurs faits d’intoxication produite par l’acide salicylique employé à faibles doses; 2° sur les considérations cliniques développées dans son rapport, lesquelles établissent d’une manière péremptoire que l’innocuité des doses les plus minimes administrées d’une manière continue, n’a pas été démontrée et ne doit pas être admise à priori :
« La commission tout entière est d’avis que cette proposition soit rejetée.
« Si, du reste, abstraction faite des considérations médicales, on se plaçait au point de vue purement chimique, cette proposition devrait encore être écartée.
« L’un des membres de la commission, le professeur Grimaux, a reconnu qu’aujourd’hui, dans l’état actuel de la science, il n’existe pas de procédé d’analyse d'une application facile et générale, à l’aide duquel on puisse doser d’une manière précise l’acide salicylique dans toutes les substances alimentaires solides ou liquides. Fixer une dose minimum serait donc prescrire une règle illusoire et inapplicable.
« D’autres défenseurs de l’acide salicylique ont demandé une tolérance absolue, à la condition expresse que le consommateur fut toujours instruit de l’existence de cet acide et de la dose exacte de la quantité employée. Cette deuxième proposition doit être également repoussée.
« D’une part, nous venons de le dire, dans l’état actuel de la science, il n’existe pas de procédé d’analyse d’une application facile et générale à l’aide duquel on puisse doser d’une manière précise l’acide salicylique dans toutes les substances alimentaires solides ou liquides. D’autre part, dans l’état actuel de notre législation, il n’y a pas de loi qui oblige un fabricant à indiquer sur ses produits ni son procédé de fabrication, ni son mode de conservation. L’administration serait donc désarmée en face des récalcitrants.
« La seule proposition que justifie l’observation rigoureuse des faits cliniques et des faits expérimentaux, celle qu’ont adoptée à l’unanimité les membres de la commission est la suivante :
« Maintien des conclusions du rapport du 15 novembre 1880. »
Ce maintien des premières conclusions ne désarma pas les industriels et les fabricants. Aussi en 1886, l’Académie de médecine s’est occupée à son tour de la question, et voici les conclusions du rapport de la commission, composée de Bergeron, Th. Proussel, Guéneau de Mussy, Lagneau, Proust, Léon Colin, Brouardel, Besnier, Gallard, Berthelot et Vallin, lues par ce dernier, dans la séance du 20 décembre 1886 et votées à l’unanimité.
« 1° 11 est établi par l’observation médicale que des doses faibles, mais journalières et prolongées,
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d’acide saücylique ou de ses dérivés peuvent déterminer des troubles notables de la santé chez certains sujets impressionnables à ce médicament, chez les personnes âgées, chez celles qui n’ont plus l’intégrité parfaite de l'appareil rénal ou des fonctions digestives ;
« 2° En conséquence, l’addition de l’acide salicylique et de ses dérivés, même à doses faibles, dans les aliments solides et liquides, ne saurait être autorisée. » Dr Paul Labarthe.
SALICYLATE. — On donne le nom général de salicylate aux sels formés par la combinaison de l’acide saücylique avec certaines bases. Parmi les plus usités nous citerons : le salicylate de soude et le salicylate de lithine.
Salicylate de soude. — Le salicylate de soude, le plus employé de tous, est un sel blanc, léger, cristallisé en paillettes soyeuses, très soluble dans l’eau, dépourvu de saveur caustique et de goût désagréable. Son action physiologique est la même que celle de l’acide saücylique avec la différence qu’il faut l’administrer à des doses deux fois plus fortes pour les mêmes effets.
Le professeur Germain Sée est le premier en France qui ait attiré l’attention du public médical sur ses propriétés merveilleuses contre le rhumatisme articulaire aigu. D’après lui, il faut administrer ce sel à la dose de 4, G, 8 grammes par jour, en plusieurs doses réparties d’une manière à peu près égale dans la journée. Au bout de trois ou quatre jours, la douleur, le gonflement, la fièvre disparaissent complètement, et le malade sera guéri pourvu qu’il continue le remède à doses décroissantes pendant une huitaine de jours, pour éviter les rechutes. Les professeurs Hardy, Vulpian, Guéneau de Mussy, Hérard, Oulmont, etc., ont obtenu des résultats aussi remarquables que Sée. Enfin, d’après Archambauld, Bcrgeron, Cadet de Gassicourt, l’action de l’acide saücylique est absolument le même dans le rhumatisme articulaire aigu chez les enfants que chez les adultes.
Dans les rhumatismes subaigus, chroniques, les arthrites aiguës, noueuses, déformantes, les rhumatismes musculaires, le salicylate de soude, pris en solution à la dose de 4 à 8 grammes pendant plusieurs jours, calme les crises, diminue les engorgements articulaires, fait disparaître en totalité ou en partie, la douleur, la rigidité, l’immobilité du membre. Il s'est montré parfois un remède souverain contre la goutte et a guéri des cas que le colchique n'avait pu améliorer. Dans l’espace de deux à trois jours de traitement, Germain Sée a observé la disparition de la douleur, de la fluxion articulaire, de la rougeur delà peau, de là sensibilité au toucher. 11 est même parvenu à préserver les malades atteints dégoutté chronique de tout accès aigu, en leur prescrivant le remède à des doses modérées continuées pendant longtemps. Il a eu aussi du médicament en question les mêmes effets avantageux contre la gravelle ; sous son influence, les douleurs néphrétiques se sont calmées et les graviers se sont éliminés plus facilement. De son côté, le professeur Vulpian a écrit : « Le salicylate de soude produit de très bons effets dans le traitement
des accès dégoutté. Il guérit souvent ces accès en peu de jours, aussi rapidement que les attaques de rhumatisme articulaire aigu. »
D autres maladies ont été traitées par le salicylate de soude et les résultats ont été, ou nuis, ou peu marqués, de ce nombre sont : les névralgies, les affections douloureuses de la moelle, la fièvre typhoïde, les fièvres éruptives, les fièvres intermittentes, le diabète, le muguet, les gangrènes.
Voici les règles posées par Germain Sée pour l’administration du salicylate de soude : « Pour employer le salicylate de soude, dit l’éminent professeur, le procédé le plus simple c’est la solution. Ce sel non dissous produit les effets les plus fâcheux sur la gorge et sur l’ estomac; aussi je ne saurais accepter l’usage du salicylate en pilules, pastilles, poudres, cachets; car ces formes pharmaceutiques finiraient par déprécier un médicament utile. La seule condition exigible, c’est la pureté du salicylate de soude. » A cet égard, on aura toute garantie en ayant recours à la solution du Dr Clin, le savant pharmacien, lauréat de la Faculté. Chaque cuillerée à bouche contient 2 grammes de salicylate de soude pur, chaque cuillerée à café en contient 50 centigrammes. Cette solution, aromatisée avec l’alcoolat d’écorce d’oranges amères, incolore, par conséquent exempte d’acide phénique, d’un goût agréable et pouvant être prise pure ou dans un peu d’eau, très exactement dosée et toujours identique dans sa composition, permet d’administrer le salicylate de soude pur, et de varier les doses selon les indications qui se présentent. C’est à elle qu’ont généralement recours les médecins des hôpitaux et les praticiens.
Salicylate de lithine. — Le salicylate de lithine joint aux propriétés de la lithine, la double action antirhumatismale, antigoutteuse et antiputride de l’acide saücylique. Il s’emploie contre les rhumatismes, la goutte et les affections catarrhales des voies urinaires pour faire cesser la fétidité des urines. Le meilleur mode d’administration du salicylate de lithine consiste à le faire prendre sous la forme de granules effervescents de Le Perdriel, dissous dans l’eau. Dr Marc. Camboulives.
SALICYLIQDE (acide). — L’acide saücylique, lorsqu’il est pur, se présente dans le commerce sous la forme de longues aiguilles blanches, neigeuses, cristallines, inodores, d’un goût âcre désagréable, très peu solubles dans l’eau, très solubles dans l’alcool, l’éther et la glycérine. Il forme avec les bases des sels très solubles, dépourvus d’amertume et de causticité, parmi lesquels nous citerons : le salicylate de soude et le salicylate de lithine (V. ces mots).
L’acide saücylique pris à l’intérieur aux doses moyennes de 2 à 4 grammes, détermine un peu d’irritation sur tout le trajet de la muqueuse avec laquelle il est en contact; pour certaines personnes même il cause une légère sensation de brûlure, suivie ou non de nausées et parfois de vomissements. S’il est donné en solution assez étendue et par doses fractionnées, ces phénomènes ne se produisent pas, le malade ne ressent aucun malaise, l’acide est rapidement absorbé et passe dans la
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circulation où sa présence sc fait sentir par la diminution du mouvement fébrile, l’abaissement de la température, l’apaisement de la douleur; puis, son élimination par les urines, qui sont augmentées grâce à son action, commence au bout d’une heure pour ne cesser qu’un à deux jours après, au bout desquels son action est complètement épuisée. Pendant ce temps, un certain nombre de malades éprouvent des vertiges, des hallucinations de la vue, des bourdonnements d’oreille, de la surdité, en d’autres termes une espèce d’ivresse salicylique qui n’est pas sans avoir certaines analogies avec l’ivresse quinique. Ces phénomènes se passent sous l'influence de fortes doses; ils sont beaucoup plus rarement produits par des doses minimes qui cependant sont insuffisantes pour le traitement de quelques maladies.
Appliqué pur à l’extérieur sur le derme dénudé ou les tissus sous-jacents ou sur les muqueuses, l’acide salicylique produit une action irritante assez forte et provoque une douleur plus ou moins vive. En solution an centième, il jouit de propriétés désinfectantes et antiseptiques très remarquables; d’après les recherches expérimentales de Miquel, il occuperait même le premier rang parmi les désinfectants antiseptiques.
D’après ce que nous venons de dire sur l’action physiologique de cet acide, on peut comprendre le rôle important qu’il occupe dans la thérapeutique. Il peut rendre des services contre toutes les fièvres, telles que la fièvre typhoïde, la fièvre cérébrale, la fièvre puerpérale, les fièvres intermittentes, rémittentes et continues, les fièvres éruptives; les inflammations : pneumonies, pleurésies, néphrites, péricardites, érysipèles; les rhumatismes : rhumatisme articulaire aigu, subaigu, chronique; les arthrites : arthrite aiguë, subaiguë, blennorrhagique, déformante, noueuse; les affections goutteuses : goutte aiguë, chronique; les affections rénales et vésicales : concrétions, gravelle, catarrhes; les névralgies, céphalées, migraines, etc. Mais c’est contre le rhumatisme articulaire aigu et les accès de goutte inflammatoire qu’il a rendu jusqu’ici les plus signalés services, sans compter les précieux avantages qu’on en retire tous les jours pour l’usage externe comme désinfectant, antiputride et antiseptique.
Les usages de l’acide salicylique sont variés. A l’intérieur, il se donne en poudre, en solution, en sirop ou en vin. La poudre se prend dans du pain azyme ou mieux dans une potion à la dose de 50 centigrammes à 2 grammes, la gangrène pulmonaire, la dyssenterie, les affections adynamiques et ataxiques de mauvais caractère; elle s’administre aussi contre le rhumatisme articulaire aigu à de hautes doses pouvant s’élever à 2, 4 et 6 grammes par jour en plusieurs prises.
A l’extérieur, on emploie des solutions plus ou moins fortes pour le pansement des blessures et des plaies, injections, lavements, gargarismes désinfectants. On a aussi recours à la pommade et la glycérine salicylées qui sont très efficaces pour la cicatrisation des plaies, ainsi que la ouate et la charpie salicylées, que l’on prépare en les trempant dans une solution d’acide salicylique, à raison de
3 grammes par litre d’eau, et les séchant ensuite. Plusieurs chirurgiens ont même une tendance à la substituer à l’acide phénique si désagréable par son odeur. Rappelons en terminant que l’acide salicylique forme la base de salicol Dusaule (V. ce mot), et entre dans la composition du Vinaigre de Pennes (V. ce mot), deux excellentes préparations désinfectantes, antiputrides et antiseptiques.
Dr Marc. Camboulives.
SALIES-DE-BÉARN (eadx minérales de). — Saliesde-béarn est une jolie petite ville de 9,000 habitants, située dans le département des Basses-Pyrénées, à 10 kilomètres d’Orthez, qui possède des eaux chlorurées sodiques excessivement riches (216 grammes de chlorure de sodium par litre), très efficaces contre l’anémie, le lymphatisme, la scrofule, les rhumatismes, les affections chroniques de l’utérus, etc. p. l.
SALIES-DU -SALAT (eaüx minérales de) — Saliesdu-Salat est une petite ville de la Haute-Garonne, située dan$ l’arrondissement de Saint-Gaudens, qui possède des eaux chlorurées sodiques et sulfatées calciques, utilisées contre l’anémie, le lymphatisme, la scrofule, etc. p. l.
SALINS (EAUX minérales de). — Salins est une petite ville de 7,000 habitants, située dans le Jura, qui possède des eaux chlorurées sodiques fortes, utilisées contre l’anémie, le lymphatisme, la scrofule, etc. p. l.
SALINS (eaüx minérales de). — Salins, jadis ville
importante, est aujourd’hui un modeste village de la Savoie, situé à 1 kilométré de Moutiers, qui possède des eaux chlorurées sodiques fortes, utilisées contre l’anémie, le lymphatisme , la scrofule, etc. p. l.
SALIVAIRES (glandes). — Les glandes salivaires ont pour fonction de sécréter la salive. Elles sont au nombre de six : les deux parotides, les deux sousmaxillaires et les deux sublinguales, ho nom de ces glandes marque leur situation : les premières sont situées au devant des oreilles, les secondes au-dessous de la mâchoire inférieure, et les dernières sont dissimulées sous la pointe de la langue.
Les glandes salivaires appartiennent à la variété des glandes en grappe : elles sont donc composées de nombreux grains ou acini, qui s’ouvrent dans de petits tubes dits canaux excréteurs, aboutissant à un conduit commun destiné à verser dans la cavité buccale le liquide sécrété par les acini.
La glande parotide et la glande sous-maxillaire déversent le produit de leur sécrétion dans la bouche par un conduit spécial, tandis que le liquide de la glande sublinguale s’écoule par cinq ou six conduits, qui s’ouvrent au niveau du bord supérieur de cette glande.
Le conduit de la parotide et appelé canal de Sténon et celui de la glande sous-maxillaire canal de Warlhon, du nom des anatomistes qui les ont signalés les premiers. Le canal de Sténon s’ouvre dans la bouche, au niveau de la deuxième grosse
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molaire supérieure, par un orifice que l’on peut sentir avec la pointe de la langue et que l’on prend souvent pour une Ulcération. Le canal de Warthon vient s’ouvrir sur les côtés du frein de la langue.
I)r G. WlTKOWSKI.
SALIVATION. — On donne ce nom à l’exagération de la sécrétion de la salive. Elle s’observe dans les gingivites, les aphthes, les stomatites simples, les stomatites syphilitiques, mercurielles, etc., certaines dyspepsies, etc. On la combat d'abord en soignant les lésions locales qui la déterminent, puis en faisant prendre aux malades des solutions astringentes, ou mieux le chlorate de potasse sous forme de pastilles Deihan ou de pastilles Palangié, ou le borate de soude, sous forme de pastilles de Vigier. p. l.
SALIVE. — On donne le nom de salive au liquide incolore, limpide et un peu visqueux qui est versé dans la bouche par les canaux excréteurs des glandes salivaires proprement dites, et par ceux des glandes labiales, linguales et palatines. Sa réaction est alcaline. Elle ne pouvait pas être acide, parce qu’elle eut attaqué les dents. C’est ce que l’on observe chez les dyspeptiques qui ont des rapports acides.
La salive se compose en moyennepour 1,000 parties, de 990 parties d’eau, de 6 parties de matières animales et de 4 parties de sels.
La grande quantité d’eau qui entre dans la composition de la salive permet à ce liquide d’imbiber les aliments, de les ramollir et dedissoudre les parties solubles qu'ils renferment.
Les matières organiques contenues dans la salive se composent de mucus et d’un ferment particulier, auquel Berzélius a donné le nom de ptyaline.
C’est l’abondance de ce mucus qui rend le produit de sécrétion des glandes sublinguinales et sous-maxillaires plus visqueux que celui des autres glandes salivaires. L’usage de ce mucus est de faciliter le glissement des aliments dans la partie supérieure des voies digestives.
La salive fournie par des glandes parotides renferme une faible proportion de mucus et une grande quantité d'eau. Cette composition explique la fluidité de ce liquide et, par suite, la propriété qu’il a d’imprégner les aliments et de faciliter la gustation et la mastication.
La ptyaline, ou ferment organique de la salive, a reçu de Mialhe le nom de diaslase salivaire, par analogie d’action avec la diastase qui se développe au moment de la germination dans les graminées ; ce ferment jouit de la propriété de transformer la fécule en dextrine, puis en glucose. La diastase salivaire fait donc subir aux aliments féculenls la même transformation, et le goût sucré que prend, en moins d’une minute, un morceau de pain bien cuit, trituré dans la bouche, vient de cette réaction chimique.
Les sels qui se rencontrent dans la salive sont des composés de soude et de potasse, des phosphates et des carbonates terreux, du chlorure de sodium ou sel marin, et du sulfocvanure de potas- 1 sium. Celle dernière substance existe en si faible
quantité, que sa présence a été contestée par un grand nombre de physiologistes.
Ce sont les sels de soude et de potasse, et aussi la nature albumineuse de son mucus qui font mousser légèrement la salive quand on l’agite : telle est la raison pour laquelle, pendant les attaques d’épilepsie, la salive devient mousseuse. Cette circonstance est bien connue des individus qui simulent cette maladie, soit pour exciter la compassion des passants, soit pour se faire exempter du service militaire : ils se servent, pour donner le change, d’un procédé qui était en usage à la Cour des miracles, si l’on en croit Victor Hugo : « Un jeune hubin, dit-il dans Notre-Dame de Paris, prenait leçon d’épilepsie d’un vieux sabouleux qui lui enseignait l’art d’écumer en mâchant un morceau de savon. »
Les phosphates et carbonates terreux qui sont à l’état de dissolution dans le liquide salivaire, se déposent autour du collet des dents mal entretenues et constituent le tartre dentaire.
L’homme sécrète environ 1,300 grammes de salive dans les 24 heures. Cette sécrétion est constante; mais elle peut être activée ou ralentie suivant les circonstances. Elle est activée par la présence d’un corps sec dans la cavité buccale, et ralentie ou même suspendue, quand la substance est de nature molle ou liquide. On sait que les coureurs entretiennent l’humidité de la bouche en roulant un caillou dans cette cavité. Certaines substances, dites masticatoires, ont aussi la propriété d’activer la sécrétion salivaire. Parmi ces substances, nous citerons les feuilles de tabac roulées en corde et connues vulgairement sous le nom de « chiques »; la racine de pyrèthre, le piment, le gingembre, etc.
Dans les inflammations delà bouche et principalement dans la stomatite mercurielle, on observe souvent une augmentation notable de la sécrétion salivaire. Chez les enfants en bas âge, la salivation abondante est l’indice d’un travail d’évolution dentaire : on dit alors qu’ils bavent.
Enfin les impressions morales vives exercent encore une influence plus ou moins marquée sur la sécrétion de la salive: c’est ainsi que la vue ou le souvenir d’un mets favori nous fait venir « l'eau à la bouche », et que la peur empêche, par sécheresse de la muqueuse buccale, l’articulation des
mOtS. Dr G. WlTKOWSKI.
SALSEPAREILLE. — Nom donné par les botanistes à un genre de plantes de la famille des Asparaginées, communes dans presque toute l’Amérique du Sud, dont la racine, longue de lm.10 à 2 mètres, et de la grosseur d’une plume d’oie, a joui pendant longtemps, à force de réclames, d’une vogue assez grande comme diurétique, sudorifique et dépu rative. Cette vogue n’a jamais été justifiée et la vérité scientifique c’est que ses effets sont à peu près nuis au point de vue thérapeutique. En revanche, à haute dose, cette racine cause des nausées, des vomissements, de la prostration des forces et du dégoût pour les aliments. p. l.
SALSIFIS. — Le salsifis est une plante potagère de la famille des Chieoracées, dont la racine pivo-
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tante, allongée et charnue, est utilisée dans l'alimentation comme légume, et que l’on mange bouillie et sautée, ou frite dans de la pâte, ou en ragoût. C’est un aliment peu nutritif, mais léger et n’embarrassant pas l’estomac. p. l.
SALUBRITÉ. — (V. Hygiène.)
SANG. — Le sang est un liquide alcalin, d’une couleur rouge éclatante dans les artères et rouge sombre dans les veines, d’une saveur salée, d’une odeur spéciale rappelant celle de l’animal dont il est tiré. C’est de beaucoup le plus important des liquides de l’organisme. On admet aujourd’hui que la masse totale du sang renfermé dans le corps humain est en moyenne de 5 à 6 litres.
Composition du sang. — Tel qu’il circule dans les vaisseaux le sang se compose d’une partie liquide, le plasma, et d’une partie solide représentée par les globules sanguins.
1° Plasma du sang. — Ce liquide renferme une grande quantité d’eau, qui tient en dissolution des substances albuminoïdes (albumine, fibrine), des principes sucrés (glycoses), des matières grasses (oléine, margarine, stéarine), et des sels (phosphate de chaux, chlorure de sodium).
Le plasma contient de plus des éléments accessoires qui proviennent de la décomposition des tissus (acide carbonique, urée, acide urique, créatine) et qui doivent être éliminés par les poumons, la peau ou les reins.
Enfin, dans certains états morbides, le plasma sert encore de véhicule à des organismes microscopiques que l’air tient en suspension et qui donnent au sang des propriétés virulentes. Ainsi Davaine et Pasteur pensent que le charbon est dû à la présence dans le sang d’un infusoire du genre bacterium, et, d’après ces savants, le charbon doit être appelé la maladie de la bactéridie, comme la trichinose est la maladie de la trichine, comme la gale est la maladie del’acarus.
L’eau entre pour les trois quarts dans la composition du plasma. Elle donne au sang sa fluidité, sans laquelle le fluide nourricier ne pourrait circuler librement. Quand la proportion d’eau perdue par le plasma est très importante, le sang s’épaissit et cesse de circuler. C’est ce que l’on observe dans le choléra. Aussi a-t-on cherché à guérir cette maladie en injectant directement de l’eau dans l’appareil circulatoire.
Nous savons que toute cause qui enlève au sang une certaine quantité d’eau, comme la fièvre, la diarrhée, les transpirations et les hémorrhagies abondantes, produit le sentiment de la soif.
L’albumine du plasma sanguin possède les propriétés du blanc d’œuf, qui, nous le savons, n’est autre que de l’albumine à peu près pure. C’est pourquoi le sang se coagule sous l’influence de la chaleur et peut servir aux mêmes usages que les blancs d’œuf dans la clarification des vins et des sirops.
L’albumine donne au sang sa plasticité. Cette substance empêche, en effet, la transsudation du sang à travers les parois des vaisseaux. Aussi, dès que la quantité de l’albumine diminue d’une ma-
nière sensible dans le sang, le plasma s’épanche dans les tissus et détermine les hydropisies.
Le sang tiré des vaisseaux d’un animal vivant ne tarde pas à se séparer en deux parties : l’une solide, de couleur rouge, le caillot; l’autre liquide et jaunâtre, le sérum. Le caillot comprend la fibrine coagulée emprisonnant dans sa trame les globules sanguins; le sérum est formé de tous les autres éléments du sang. C’est grâce à la coagulation de la fibrine que l’on voit souvent les hémorrhagies s’arrêter spontanément dans un vaisseau ouvert, par suite de la formation d’un caillot obturateur. Sous l’influence de certaines maladies qui ralentissent le cours du sang, la fibrine peut se coaguler, même pendant la vie, à l’intérieur des vaisseaux, comme dans la phlébite , les anévrysmes artériels.
Pendant la vie, la fibrine existe donc à l’état de dissolution dans le sang. Normalement elle s’y trouve dans la proportion de 3 p. 100. Elle diminue dans la fièvre typhoïde, le scorbut et le purpura; elle augmente au contraire dans le rhumatisme articulaire aigu et la pneumonie.
On constate encore dans le sang la présence de la glycose, qui est élaborée par le foie. Ce produit secrété en trop grande abondance, s’accumule dans le sang et détermine le diabète sucré.
Parmi les nombreuses substances minérales contenues dans le sang, les plus importantes sont :1e chlorure de sodium ou sel marin, le phosphate et le carbonate de chaux.
Le sel marin donne au sang sa saveur salée. On le retrouve dans toutes les humeurs et dans tous les tissus de l’organisme.
Le phosphate et le carbonate de chaux concourent surtout à la nutrition et à la réparation du tissu osseux.
En outre de ces principes constituants, le sang charrie vers les organes chargés de leur élimination les résidus provenant des combustions organiques qui se passent dans nos tissus. Parmi ces produits de combustion, les principaux sont: l’acide carbonique, l’urée et l’acide urique. Si ces éléments viennent à s’accumuler dans le sang, soit par l’insuffisance de leur élimination, soit par l’augmentation de leur production, ils donnent lieu à différents états morbides: l’acide carbonique, à l’asphyxie; l’urée, à l’urémie; l’acide urique, à la goutte et à la gravelle urique.
2° Globules sanguins.— En examinant une goutte de sang au microscope, on voit nager dans ce liquide deux sortes de corpuscules : ce sont les globules rouges ou hématies et les globules blancs ou leucocytes.
I. Globules rouges. — Le sang doit sa coloration aux globules rouges. Leur nombre est considérable : on en compte de cinq à six millions par millimètre cube, c’est-à-dire par goutte de sang. Leur forme est celle d’un petit disque excavé sur ses deux faces. Cette disposition leur permet de s’empiler les uns sur les autres, à la façon des pièces de monnaie.
Le diamètre des globules est en moyenne de sept millièmes de millimètre; or, les plus petits capillaires de l’économie mesurent, environ quatre mil-
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lièmes de millimètre : ils ne pourraient donc pas traverser ces vaisseaux s’ils ne possédaient pas une grande élasticité qui leur permit de s’allonger en tout sens.
Les dimensions des globules sanguins ne sont
Fig. 1139. — Globules sanguins (Grossissement 400).
1. Globules rouges de l'homme vus de face ; l'un d'eux apparaît elliptique, parce qu’il est vu presque de profil. — 2 Globules blancs ou leucocytes. — 3. Deux globules rouges vus de profil. — 4. Trois globules de grenouille. — 5. Les mêmes vus de profil.
pas en rapport avec celles du corps, puisque les globules de la grenouille sont doubles de ceux de l’homme et présentent un volume plus considérable que ceux de la baleine.
Les globules du sang sont composés d'une substance organique analogue à de l’albumine demi-solide, la globuline, qui est teintée en rouge par une matière colorante appelée hématosine ou hémoglobine. Cette matière possède une grande affinité pour l’oxygène; elle perd son éclat sous l’influence de l'acide carbonique : de là vient la différence de la coloration du sang artériel et veineux.
Cl. Bernard a démontré qu’en se combinant avec l’hémoglobine l’oxyde de carbone détruit la faculté capitale du globule sanguin , qui est d’absorber l’oxygène, et explique ainsi les effets toxiques de la vapeur de charbon.
L’hématosine contient une certaine quantité de sesquioxyde de fer. Le poids total de fer métallique contenu dans toute la masse du sang s’élève environ à 5 grammes.
Lorsque la matière colorante du sang diminue en notable quantité, les tissus se décolorent et la peau prend une teinte verdâtre plus ou moins accentuée :
; de là les noms de pâles couleurs, de chlorose ou d anémie donnés à cette maladie.
De tous les éléments du sang, les globules rouges sont ceux qui en constituent la partie la plus utile. Aussi, comme nous le verrons bientôt, peut-on sans inconvénient faire la transfusion du sang, après avoir enlevé par le battage toute la fibrine qu’il contenait. Dieffenbach a de plus démontré que | le sérum, introduit seul dans le torrent circulatoire, était incapable de ranimer les animaux privés de vie à la suite d’une hémorrhagie abondante.
Grâce à l’hématosine qu'ils renferment, les globules sanguins possèdent une grande affinité pour l’oxygène : ce sont eux qui puisent ce gaz régénérateur dans les poumons et le distribuent à tous nos tissus, en prenant en échange l’acide carbonique provenant de leur décomposition. Les globules sanguins représentent donc Je véritable siège de Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
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cette importante fonction qu’on désigne sous le nom d 'hématose ou d’artérialisation au sang.
Si, par l’intermédiaire de l’appareil respiratoire, l’air exerce une influence salutaire sur le sang, il n’en est pas de même lorsqu’il est introduit directement à l’intérieur des vaisseaux; dans ce cas il provoque rapidement la mort, parce que le sang mélangé à l’air ne peut traverser les capillaires des poumons ou du cerveau et suspend les fonctions de ces organes. Cet accident s’observe surtout dans les opérations pratiquées vers la partie supérieure du thorax; l’air s’introduit alors spontanément par une veine ouverte en faisant entendre un sifflement particulier.
IL Globules blancs. — Ces globules ont encore été appelés leucocytes, parce qu’ils sont incolores. Relativement aux globules rouges, les leucocytes sont peu nombreux. On compte à peu près un globule blanc pour mille hématies. Quelquefois le nombre des globules blancs augmente dans des proportions considérables; ils constituent alors la leucocy thémie. Cette maladie est le plus souvent symptomatique des engorgements chroniques du foie, de la rate et des ganglions lymphatiques.
Le diamètre des globules blancs est en moyenne
Fig. 1140.
Aspect que présente une goutte de sang dans la leucocythémie.
Les leucocytes sont très nombreux, et les globules rouges sont empilés les uns sur les autres comme à l'état normal.
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d’un millième de millimètre; aussi ne peuvent-ils, comme les hématies, traverser les plus petits capillaires, qui, nous l'avons dit plus haut, mesurent quatre millièmes de millimètre.
Les leucocytes s’observent en très grande abondance dans le chyle et dans la lymphe. On pense aussi que ces corpuscules sont identiques à ceux qui donnent au pus sa couleur et sa consistance. Leurs fonctions sont encore inconnues. Cependant, les physiologistes s’accordent à leur reconnaître la faculté de se transformer en globules rouges.
Usage du sang. — Semblable à la sève des végétaux, le sang concourt à former, à nourrir et à réparer tous nos organes, de là le nom métaphorique de chair coulante, que lui a donné Bordeu.
Brown-Séquard a démontré qu’on peut ramener à la vie pendant un moment, un membre ou une tête séparés du tronc depuis un quart d’heure en faisant circuler dans ces organes du sang emprunté à un animal vivant.
Qu’un obstacle passager ou permanent, s’oppose à la distribution du sang dans un organe quelconque, les fonctions et même la vie de ce dernier sont aussitôt suspendues; telle est la cause de la perte de connaissance par arrêt de la circulation cérébrale et celle de la gangrène spontanée des extrémités, due à l’obstruction des vaisseaux des membres inférieurs.
De tous temps, on a attribué au sang sorti des
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vaisseaux, des propriétés vivifiantes qu'il ne possède certainement point. Ainsi, autrefois, le sang de bouc avait la réputation de dissoudre la pierre dans la vessie, et le sang humain passait pour guérir l’épilepsie. Les Romains atteints de cette affection se précipitaient dans l'arène des cirques et buvaient avec avidité le sang des gladiateurs tombés. En Egypte, il paraît que les roi£ atteints d’éléphantiasis, prenaient pour se guérir des bains de sang humain.
De nos jours on a appliqué le sang au traitement de l’anémie et des débilités musculaires ou articulaires ; on l’emploie sous forme de pilules ou de bains, et l’on va jusqu’à le boire tout fumant à l’abbatoir! Or, il faut bien le dire, toutes ces pratiques répugnantes, sont inutiles et n’ont aucune valeur scientifique, car, sorti de l'organisme, le sang n’est plus qu’une substance inerte et un aliment indigeste. D* G. Witkowski.
SANG-DRAGON. — Nom donné à une résine rouge brun foncé, opaque, fragile, à cassure luisante, à odeur balsamique agréable, à saveur légèrement astringente, très peu soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther et les huiles fixes et volatiles, que l’on retire des fruits d’une espèce de palmier, et qui jouit de. propriétés astringentes et hémostatiques. On l’emploie à la dose de 0,50 centigrammes à 5 grammes. P. L.
SANGSUES. — Les sangsues appartiennent à la famille des Hirudinées. Leur corps, composé d’une série d’anneaux est allongé et contractile. Il se termine par deux extrémités en forme de disque dont l’animal se sert comme de ventouses. L’extrémité antérieure, ou bouche, est munie de trois mâchoires divergentes qui font à la peau une incision triangulaire. Les sangsues habitent les marais et les eaux stagnantes.
Les espèces employées en médecine sont au nombre de deux : la sangsue grise et la sangsue verte.
Le meilleur procédé pour l’application des sangsues, consiste à les mettre dans un vase qu’on renverse sur la partie, après avoir préalablement lavé cette partie à l’eau tiède. La succion dure environ trois quarts d’heure. Au bout de ce temps les sangsues, gorgées de sang, tombent d’elles-mèmes. Cependant, si elles restent fixées à la peau, on les détache facilement en faisant tomber sur elles du vin ou du sel marin. On ne doit jamais les arracher violemment.
Une sangsue tire, en moyenne, de 15 à 20 grammes de sang. Si on veut prolonger, après leur chute, l’écoulement du sang, il suffit d’appliquer sur les piqûres un large éataplasme, qu’on renouvelle toutes les heures. Le plus souvent, l’écoulement sanguin s’arrête, dès que les sangsues sont tombées; dans le cas où il persisterait, on ferait des applications de poudres astringentes (alun, colophane), d’amadou, d’eau vinaigrée. On peut encore toucher la plaie avec du coton trempé dans une solution de perchlorure de fer. Si les bords de la morsure s'enflammaient, il suffirait d’y appliquer des cataplasmes.
Pour conserver les sangsues, on doit les tenir dans un vase opaque, rempli d’eau au trois quarts qu’on renouvellera tous les deux jours.
On doit jeter toutes celles qui auraient été appliquées sur des bubons et, d'une façon générale, sur des parties malades, lorsqu’on pourra craindre la contagion; quant aux autres on pourra les utiliser de nouveau, après les avoir fait dégorger. Cette opération consiste à les presser, à plusieurs reprises, entre le pouce et l’index, d’arrière en avant.
On peut appliquer des sangsues sur toutes les parties du corps, même sur certaines muqueuses (fosses nasales, gencives, col utérin, etc.). Cependant il faut excepter le trajet des gros vaisseaux sanguins et les parties enflammées. On doit surveiller avec soin le voisinage des orifices naturels. Si une sangsue s’introduit accidentellement dans la bouche, dans l’œsophage, dans l’anus ou dans le vagin, on doit immédiatement faire prendre des boissons, des lavements ou des injections d’eau salée.
Les sangsues constituent un moyen thérapeutique dont on a souvent abusé. Cependant on les emploie avec avantage pour combattre une inflammation locale; dans ce cas on applique une dizaine de sangsues sur la partie qui est le siège de l’inflammation. Elles sont également indiquées, à titre de dérivatif, dans les congestions cérébrales et, comme saignée, dans les états pléthoriques généraux. Dans ces deux cas on en applique de 10 à 20 à la marge de 1 anus. Dr Paul Labarthe.
SANGUIN (système). — On donne le nom de système sanguin à l’ensemble des organes, cœur, artères, veines et capillaires qui, sous le nom de vaisseaux sanguins, transportent le sang dans toutes les parties du corps. C’est par le système sanguin que se fait la circulation du sang. p. l.
SANGUINARINE. — Nom donné à un alcaloïde,
extrait de la racine d’une herbe vivace appelée sanguinaire du Canada, qui se présente sous la forme d’une poudre blanche, amorphe, pouvant cristalliser en aiguilles, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther et les huiles, d’une saveur âcre, provoquant l’éternuement lorsqu’on l’approche du nez. La sanguinarine prise à petite dose (2 à 5 centigrammes) agit comme stimulante et tonique ; à dose plus élevée, elle agit comme purgative et vomitive. Elle est peu usitée en France. p. l.
SANIEUX. — Nom donné au pus de mauvaise nature, séreux et sanguinolent, dégageant une odeur fétide, qui est sécrété par les plaies et les ulcères atteints de pourriture d’hôpital, ou d’infection putride, ou simplement atoniques, et ne marchant pas vers la cicatrisation. p. l.
SANTAL. — Nom donné en botanique à des arbres de la famille des Santalacées qui, poussent dans les Indes anglaises, les Iles de l’Océanie, les Moluques, etc. On distingue dans le commerce trois sortes de bois de Santal : le santal blanc, le santal citrin ou jaune et le santal rouge; seul, le santal citrin est employé en thérapeutique.
Le santal citrin est un arbre assez semblable au
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