‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 249 sur 344 · SAT · texte numérisé non relu

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saponine a été retirée pour la première fois de la saponaire, puis de l’écorce du Quillaya, plus connu sous le nom d’écorce de Panama. Un savant pharmacien très connu, M. Lucien Le Beuf, de Bayonne, a fait une étude approfondie delà saponine extraite du Quillaya. 11 a démontré, que l’alcoolat de cette substance a la propriété de former, en solution étendue d’eau, des émulsions permanentes avec le baume du Pérou, le tolu, le copahu, l’huile de ricin, le goudron, les gommes résines et le coaltar. 11 a eu la très heureuse idée d’en faire une application toute spéciale au coaltar, et il a ainsi doté la thérapeutique de son excellent Coaltar saponine Le Beuf (V. ce mot), qui est aujourd’hui la seule forme pharmaceutique sous laquelle on emploie ce médicament. Dr Paul Labarthe.

SARCOCÊLE. — Nom donné par les chirurgiens aux tumeurs du testicule, quelle que soit leur nature (V. Testicule). r. L.

SARCOPTE. — (V. Acarus .)

SARDINE. — La sardine est un petit poisson de mer, connu de tout le monde, que l’on trouve dans la Méditerranée et dans l’Océan, et dont la pêche constitue une branche de commerce très importante, tant est grande sa consommation. Elle se mange fraîche ou conservée dans le sel ou dans l'huile. La sardine fraîche, que l’on mange surtout grillée et mélangée de beurre, est un met fin, délicat, de digestion facile et suffisamment nutritif. La sardine salée est excitante et recherchée surtout par les buveurs. Quant à la sardine à l’huile, conservée dans des boîtes en fer-blanc, que l’on sert dans les repas comme hors-d’œuvre, elle est un peu indigeste, surtout lorsqu’on en mange en trop grande quantité. Celles qui sont conservées dans des boîtes défectueuses, étamées et soudées à l’étain fortement mélangé de plomb, peuvent occasionner des accidents, dus principalement au plomb. Dr Paul Labarthe.

la forme est celle d’un prisme triangulaire, l’enveloppe extérieure brune, et la masse blanche, a été analysée par Isidore Pierre qui a trouvé sur 100

parties :

Amidon 61

Matières azotées (azote 4) 26

Matières grasses 7

Cellulose et ligneux 4

Sels divers 2

Cette analyse, comme le dit avec raison de La Porte, tendrait à prouver que le blé noir contient une quantité d'azote supérieure à la viande fraîche et au froment, une quantité de matières grasses supérieure à l’avoine, et que les gens peu fortunés, privés le plus ordinairement de l’avantage de manger de la viande, trouvent dans les préparations faites avec la grossière farine de ce grain un aliment qui la remplace mieux que les autres céréales.

Comme la farine de sarrasin ne contient pas de gluten, le pain que l’on en fait est compacte et plus ou moins bis ; mais elle sert à préparer des galettes, des bouillies ou des pâtes cuites au four, qui, lorsqu’on a soin de les additionner de beurre, outre qu’elles sont très nutritives, sont aussi très agréables au goût, et d’une assez facile digestion.

ür Paul Labarthe.

SARRIETTE. — La sarriette est une plante herbacée de la famille des Labiées, cultivée dans des jardins, qui répand une odeur fortement aromatique et agréable, et qu’on emploie comme condiment pour assaisonner les salades. p. l.

SATURNE (EXTRAIT DE). — L’extrait de Saturne n’est autre chose que de l’acétate de plomb (V. Plomb). p. l.

SATURNISME. — Nom donné parles médecins à l'empoisonnement aigu ou chronique par le plomb (V. Plomb). p. l.

SARRACÉNIA. — On donne le nom de sarracénia pourprée à une herbe vivace, de la famille des Sarracéniacées, qui pousse dans les terrains marécageux de l’Amérique du Nord, depuis la baie d’Hudson jusqu’à la Caroline, dont l’introduction dans la thérapeutique. remonte à 1864. Les parties de la plante utilisées sont les feuilles et la racine, que l’on administre, avec succès, sous forme de poudre ou d’infusion contre la goutte et les rhumatismes aigus et chroniques. La sarracénia n’agirait pas comme purgatif, mais comme révulsif intestinal journalier, son usage pourrait être prolongé sans danger, ce qui n’est pas un mince avantage. P. l.

SARRASIN. — Le sarrasin, appelé aussi blé noir, est une plante de la famille des Polygonées, originaire d Asie, introduite en Europe par les Maures ou Sarrasins d’Espagne, très cultivée aujourd'hui en L rance, dans la Bretagne, la Normandie, le Limousin, le Berry et le Dauphiné, qui fournit une graine utilisée pour notre alimentation. Cette graine, dont

SATYRIASIS. — On désigne sous ce nom, chez l'homme, un penchant irrésistible, insatiable à pratiquer le coït. Cette maladie s’accompagne souvent d’un délire obscène, plus ou moins violent, et d’hallucinations.

Le satyriasis est rare dans nos climats. On l’observe surtout chez les adultes, cependant la vieillesse n’en est pas exempte, ainsi que le prouve l’histoire rapportée par Pinel, de Jérôme de Cambrai, ce vieillard qui, à l’âge de cent deux ans, fut condamné à mort pour crime de viol.

Les causes du satyriasis sont multiples. L’âge de puberté y prédispose. La continence absolue est une cause fréquente, comme dans l’histoire du curé de Cours, racontée par Buffon. Ce prêtre, après avoir lutté longtemps contre la violence de ses désirs, fut atteint d'un satyriasis accompagné de délire et d’hallucinations qui se termina, ditil, « par une catastrophe qui alarme la pudeur, étonne la nature, déconcerte la religion. » L’onanisme peut déterminer le satyriasis, si l’individu persiste trop longtemps dans ses funestes habitudes.

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Enfin, parmi les causes de cette affection, on trouve l’usage immodéré des substances aphrodisiaques et particulièrement de la cantharide. Cabrol rapporte le fait suivant: Un homme d'Orgon, atteint de fièvre quarte, prit, selon le conseil d’une sorcière, une potion contenant de la cantharide et des orties, ce qui le rendit si furieux à l’acte vénérien, dit Cabrol, que sa femme nous jura sur Dieu « qu'il l’avait chevauchée qualre-vingt-sept fois en deux nuits, sans y comprendre plus de dix fois qu'il s'était corrompu, et même dans le temps que nous consultâmes, le pauvre homme spermatisa trois fois en notre présence, embrassant le pied du lit et agissant contre iceluy comme s'il eût été sa femme. » Le pauvre homme succomba. Le satyriasis est fréquent dans le début de la paralysie générale et dans la période préataxique du tabes dorsalis (Fournier). Les affections cutanées et les irritations de la peau déterminent une ardeur génésique qui a été largement utilisée par les débauchés qui employaient la flagellation.

Au début du satyriasis, il se produit des érections fréquentes, tantôt spontanées, tantôt à la vue d'une femme. L’imagination est surexcitée par les images lubriques, le sommeil est troublé par des rêves érotiques; un délire doux ou violent s’empare du malade. Bientôt les désirs deviennent irrésistibles : le pouls est rapide, le regard animé, la face rouge. Une véritable folie s’empare du malade, folie qui détruit la volonté et les autres facultés intelleetuelleset le pousse fatalement au viol. Qu’une femme, jeune ou vieille, belle ou laide, se trouve sur son chemin, il se précipite sur elle, la tue si elle résiste, la viole. De même le grand singe d’Amérique, animé à la vue d’une femme, se jette sur elle et l'entraîne avec lui dans les arbres de la forêt. Dans les moments de calme, le malade épuisé, honteux de ses excès, recherche souvent la mort. La guérison est rare.

Le traitement consiste à éloigner du malade tout ce qui peut exalter son imagination. On s’efforcera en même temps de calmer l’excitation génésique. Le bromure de potassium (sirop de Laroze), le bromure de camphre du D‘ Clin (capsules de Clin) rempliront celte indication. Dans les cas de guérison, pour éviter le retour de cette affection, on conseillera la vie à la campagne, l’hydrothérapie, l’équitation et la promenade. Dr Paul Labarthe.

SAUCE. — On donne le nom de sauces à des condiments composés destinés à varier et à relever la saveur des viandes, des poissons et des légumes. C’est par centaines que l'on compte les sauces qui s'élaborent dans les cuisines pour réveiller les palais affadis et réveiller les estomacs blasés. On ne s’attend pas, je pense, à ce que nous les énumérions ici. Nous nous contenterons de dire avec Fonssagrives, qu’il faut reléguer dans le domaine de la cuisine sensuelle et indigeste, toutes ces sauces de haut goût qui figurent dans le menu des dîners d’apparat : sauce financière, sauce genevoise, sauce aux écrevisses, aux crevettes, au homard, sauce soubise, sauce mayonnaise, ainsi que toutes les sauces anglaises préparées d’avance, renfermées dans des flacons assortis et qu'on ajoute

aux viandes, aux poissons et aux légumes au moment même du repas.

L’habitude peut bien, jusqu’à un certain point, émousser les inconvénients de ces préparations qui sont d ailleurs agréables, et auxquelles le palais s’habitue vite; mais il y aura toujours avantage à se priver de ces condiments de haut goût et à leur préférer des viandes auxquelles un rôtissage bien conduit aura donné un arôme suffisant pour les rendre d’une digestion facile et pour exciter convenablement l’appétit. Les seules sauces qui peuvent varier de temps en temps la monotonie du régime des rôtis, auquel la généralité des estomacs feront bien de s’astreindre, sont les coulis, les jus, la sauce blanche, la sauce au beurre.et la sauce à la crème. Toutes les sauces autres que celles-ci ne font que neutraliser les propriétés salutaires des viandes auxquelles on les associe. Nous signalerons, comme plus particulièrement indigestes entre toutes les sauces, la sauce au vin. En un mot, dussions-nous encourir la malédiction des gourmands qui ont leur ventre pour Dieu, et Brillat-Savarin et Monselct pour augures, nous répéterons avec Socrate: Le travail, la sueur et la faim sont les meilleures sauces pour sssaisonner la viande.

Dr Paul Labarthe.

SAUGE. — La sauge officinale, ou petite sauge, est une plante de la famille des Labiées, très commune en France dans larégion méditerranéenne, où elle croît spontanément et où on la cultive aussi dans les jardins, dont les fleurs d'un rose lilas, terminées en pointe épineuse, d’une odeur forte et agréable, d’une saveur chaude, piquante et aromatique due à une huile volatile, jouissent de propriétés stimulantes, stomachiques et vulnéraires. On les emploie en infusion, en bains ou en fumigations. On prépare aussi en les distillant un alcool de sauge que l’on administre à l’intérieur comme l'alcool de menthe et 1 alcool de mélisse. P- L-

SAULE. — Le saule blanc est un arbre de la famille des Salicinées, très commun, en Europe, le long des ruisseaux, des rivières et des étangs, dont 1 écorce jouit de propriétés toniques, astringentes et fébrifuges, dues à la salicine (V. ce mot) qu’elle renferme, et dont les feuilles sont parfois employées en infusion, dans les campagnes, contre l’hémoptysie et la dysenterie. r. L.

SAUMON. — Le saumon est un poisson de mer qui remonte, au printemps, très avant dans les fleuves et les rivières pour y frayer, et retourne dans le fond des mers à la fin d’automne, il ne se

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rencontre pas dans les affluents de la Méditerranée, mais il est très commun dans les rivières qui se jettent dans l’Océan. On le reconnaît à son corps en fuseau allongé, à sa tète petite relativement à la grosseur du corps, recouverte d’une peau lisse sans écailles, à son museau pointu, à sa large gueule, à ses dents rangées autour de la mâchoire, à son dos épais, d’un bleu d’ardoise, à son ventre un peu large, légèrement argenté et marqué d’étoiles noires, enfin à ses nageoires noirâtres. Sa chair, d’un rose clair très caractéristique avant d’être cuite, et devenant rouge par la cuisson, est ferme, tendre, d’une saveur délicieuse, mais d’une digestion assez difticile, car elle contient beaucoup de graisse. Aussi ne convient-elle ni aux convalescents, ni aux dyspepsiques. p. l.

SAUMURE. — Nom donné au liquide qui se forme lors de la salaison des substances alimentaires que l’on veut conserver, et qui résulte de la dissolution du sel marin par les liquides qui se sont écoulés des matières salées. Le professeur Raynal, de l’École vétérinaire d’Alfort, a analysé bon nombre de ces liquides en 1855, et voici la composition approximative qu’il a donné de la sau-

mure :

Eau 71,20

Chlorure de sodium . 23,75

Chlorure de calcium traces

Sulfate de soude 3,00

Matières animales 0,29

Albumine dissoute 0,28

Lactate acide d’ammoniaque .... 0,69

Dix ans plus tard, en 1866, Goubaux, son collègue à l’Ecole d’Alfort, a fait avec la saumure des expériences sur les animaux et il est arrivé à ces conclusions que, chez eux, la saumure, à certaines doses, a des propriétés toxiques; qu’elle détermine des vomissements, des selles abondantes et des phénomènes nerveux très graves. A l’autopsie des animaux, il a constaté des altérations matérielles de la muqueuse gastro-intestinale et des centres nerveux. Deux ou trois décilitres de saumure fraîche ou vieille de 3 et 6 ans, injectés dans l’estomac d’un chien pesant 10 kilogrammes, suffisent pour le tuer. D’après Goubaux, les propriétés toxiques de la saumure seraiept dues au sel marin lui-même qui entre dans sa composition pour une forte proportion, ainsi que le prouve l'analyse donnée plus haut. D' Paul Labarthe.

SAUT. — Le saut diffère de la marche en ce que, à un moment donné, le corps se détache entièrement du sol et est projeté plus ou moins loin, en avant ou en arrière, par la détente subite des membres inférieurs et du rachis préalablement fléchis l’un sur l’autre. Le saut est d’autant plus grand que les membres inférieurs sont plus longs: voilà pourquoi tous les animaux sauteurs, comme le lièvre, les sauterelles, etc., ont le train postérieur plus développé que l’antérieur. Le mouvement d’impulsion dans le sens du déplacement est augmenté par le balancement des bras; et il peut être encore plus considérable si le saut est précédé d’un temps de course préalable, c’est-à-dire si l’on « prend son

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élan ». Les tremplins agissent à la façon d’un ressort et augmentent aussi l’étendue du saut. Le saut peut occasionner des fractures de la rotule et des os de la jambe, des luxations du pied, des ruptures du tendon d’Achille et ce qu’on appelle le « coup de fouet » qui n’est autre chose que la rupture des fibres d’un muscle du mollet. g. Witkowski.

SAVEUR. — (V. Goût.)

SCALÈNE. — Nom donné par les anatomistes à deux muscles triangulaires situés dans les parties latérales et profondes du cou : le scalène antérieur, qui s’étend des apophyses transverses des quatre dernières vertèbres cervicales, au bord interne de la face supérieure de la première côte ; le scalène postérieur, qui s’étend des apophyses transversales des six dernières vertèbres cervicales au bord supérieur des deux premières côtes. Ces muscles sont élévateurs de ces deux côtes, c’est-à-dire inspirateurs. p. L.

SCALPEL. — Nom donné à un instrument tranchant à laine fixe, employé pour la dissection anatomique. p. L.

SCAMMONÉE. — La scammonée est une gommerésine que l’on retire de la racine des convolvulus, ou liserons, de la famille des Convolvulacées, originaires de l’Asie Mineure. La plus recherchée est la scammonée d’Alep; elle se présente dans le commerce en morceaux irréguliers plus ou moins volumineux, légers, friables, grisâtres à l’extérieur, à cassure luisante, noire et d’un brun rougeâtre, soluble dans le lait, l’alcool et l’éther, douée d’une odeur forte et spéciale, et d’une saveur comparée, par Gubler, à celle de la brioche. Cette résine jouit de propriétés purgatives et drastiques énergiques , moins accusées avec de fortes doses qu’avec de petites quantités.

Son adminislration s’accompagne généralement de coliques et d’une forte sensation de chaleur à l’estomac et à l’anus. Elle se donne en poudre à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme et rarement deux grammes par jour, le soir en se couchant ou au commencement de l’un des deux principaux repas. Elle est indiquée dans les mêmes conditions pathologiques que 1 ejalap (V. ce mot.) Comme elle n’a pas de goût désagréable, on y a souvent recours pour purger les enfants. p. l.

Fig. 1142.

Scammonée

(racine).

SCAPHOÏDE. — Nom donné palis anatomistes à un os du carpe de la main et à n os du tarse du pied (V. Curpe et Tarse), p. L.

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SCAPULAIRE. — Nom donné par les anatomistes : 1° à la région externe et postérieure de l’épaule constituée par l’os omoplate et par les parties molles qui en garnissent la face postérieure; 2° à plusieurs artères de cette région : l’artère scapulaire supérieure , ou sous-scapulaire, qui est une branche de l’artère sous-clavière; l’artère scapulaire postérieur e,plus connue sousle nom de cervicale transverse, qui est aussi une branche de Tarière sous-clavière; et enfin l’artère scapulaire inférieure, ou sous-scapulaire, qui est la plus volumineuse des branches de l’artère axillaire. p. l.

SCAPULUM. — Synonyme d 'Omoplate (V. ce mot.)

SCARIFICATEUR. — Nom donné à un instrument de chirurgie destiné à faire des scarifications (V. ce mot), qui consiste en une petite boîte en cuivre de forme cubique, dont une des faces est percée de plusieurs fentes parallèles, par chacune desquelles, ou moyen de la pression du doigt sur un ressort, on fait saillir autant de pointes de lancette. Pour se servir de cet instrument, les lames étant rentrées, on applique l’instrument sur la partie que l’on veut scarifier, puis on fait jouer le ressort; les lames sortent et rentrent avec une rapidité extrême et les scarifications sont faites. p. l.

SCARIFICATIONS. — Nom donné par les chirurgiens à de petites incisions superficielles de la peau ou des muqueuses, multiples et assez rapprochées les unes des autres, que l’on pratique avec une lancette, un bistouri ou un scarificateur (V. ce mot), pour produire un écoulement de sang ou de sérosité. Elles ont pour but de décongestionner des parties enflammées ou d’obtenir une action révulsive. p. L.

SCARLATINE. — La scarlatine est une maladie générale, caractérisée par une éruption spéciale, s'accompagrfant presque toujours d’angine et se terminant par une desquamation de l’épiderme.

La cause déterminante de la scarlatine, c’est la contagion. Le contage scarlatineux présente une grande ténacité. Des vêtements, des draps, des objets ayant servi à des scarlatineux peuvent transmettre la scarlatine. On rapporte un cas où cette affection fut transportée par une lettre. C’est au moment de la période de desquamation que la scarlatine paraît être la plus contagieuse. Elle peut cependant se transmettre quand l’éruption est nulle. La scarlatine s’observe généralement à l’état épidémique; mais dans les grandes villes, elle ne disparaît jamais complètement.

C'est dans la seconde enfance, de 6 à 10 ans, d'après Rilliet et Barthez, qu’elle est la plus fréquente. Les enfants très jeunes jouissent d’une certaine immunité à l'égard de cette maladie. Un voit souvent, au milieu d’une épidémie, des femmes atteintes de scarlatine, continuer à allaiter leurs enfants sans les contagionner. Le sexe ne semble avoir aucune influence.

La scarlatine s’observe dans toutes les saisons, sous tous les climats; cependant dans certains

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pays (l’Angleterre, par exemple), les épidémies revêtent une gravi.té spéciale.

La scarlatine présente souvent, dans son évolution, des anomalies plus ou moins considérables. Je décrirai d’abord une scarlatine régulière et de moyenne intensité.

La période comprise entre le moment où la scarlatine est contractée et celui où elle se manifeste, c’est-à-dire l’incubation, a une durée qu’il est difficile de déterminer. Dans certains cas, elle semble n’avoir été que de 24 heures. Le plus souvent elle est de 5 à 6 jours.

On décrit habituellement dans la marche de la scarlatine trois périodes distinctes : l 'invasion, l'éruption, la desquamation.

La période d’invasion est courte (24 ou 36 heures). Dans quelques cas, rares, elle peut passer inaperçue. Le plus souvent, la scarlatine s’annonce par des symptômes plus ou moins intenses. La fièvre s’accompagne de frissons, de nausées, parfois de vomissements; dans les cas graves, de délire chez l'adulte, et de’ convulsions chez l’enfant. La température s'élève brusquement jusqu’à 40 degrés. La peau est sèche et brûlante. Les malades se plaignent en même temps de douleur dans la gorge au moment de la déglutition. Le voile du palais et les amygdales sont rouges.

L’éruption ne débute pas au visage comme dans la rougeole. Elle se montre d’abord au pli de l’aine, au pli de l’aisselle, puis envahit successivement le tronc, les bras et le visage. Elle se présente sous forme d’une rougeur diffuse, avec un piqueté d’un rouge plus vif et des sudamina. Cette rougeur occupe de grands espaces, sans intervalle de peau saine. Si l’on promène l'ongle sur la peau, la rougeur disparaît momentanément et fait place à une ligne blanche. L’éruption présente une durée de cinq à six jours. La langue est recouverte, au début, d’un enduit blanchâtre, épais, puis elle se dépouille et prend un aspect rouge vif. L’angine est d’abord caractérisée seulement par une rougeur érythémateuse qui, au bout de deux ou trois jours, se recouvre de produits pultacés, peu adhérents à la muqueuse. Elle s’accompagne quelquefois d’engorgement des ganglions du cou.

La période de desquamation commence du sixième au neuvième jour. Lorsque la fièvre et l’éruption ont été violentes, la desquamation commence avant que la fièvre et la rougeur aient disparu. Si, au contraire, l’affection a été légère, la desquamation ne commence que plusieurs jours après la disparition de l’exanthème. Elle débute par les parties qui ont été primitivement envahies. On voit l’épiderme former de petites saillies sèches, parcheminées, se détacher et laisser à nu la nouvelle couche épidermique. Au visage, la desquamation se fait par petites écailles; sur le tronc et sur les membres, ces écailles sont plus volumineuses; enfin, aux mains et aux pieds, l’épiderme tombe par lambeaux, parfois très étendus, semblables à des doigts de gants. En même temps, la gorge et la langue se dépouillent de leur épiderme. Celte période dure généralement dix à quinze jours; mais on l’a vue se prolonger pendant cinquante et soixante jours.

Dans les formes légères, on observe un léger

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mouvement fébrile, un peu de malaise, une éruption insignifiante, une angine peu accusée. La desquamation passe souvent inaperçue; au bout de quelques jours le malade semble entièrement guéri.

Dans les formes graves, malignes, la scarlatine s'annonce dès le début par des symptômes menaçants (fréquence du pouls, température excessive, délire, convulsions, vomissements, diarrhée). La mort peut survenir avant l’apparition de l’exanthème. Cette forme foudroyante est rare. On ne l’observe guère que dans les épidémies.

Trousseau a désigné sous le nom de scarlatine fruste, une forme spéciale dans laquelle l’éruption fait défaut: dans ces cas, la scarlatine se Iraduit par une angine, par de l’albuminurie, par de l’anasarque.

La scarlatine est sujette à certaines complications: l’angine, les phlegmasies séreuses, la néphrite aiguë, le rhumatisme. Ces complications peuvent survenir dans les formes les plus bénignes.

L’angine s’accompagne parfois d’une tuméfaction de l’isthme du gosier pouvant entraîner l’asphyxie. Elle se complique aussi quelquefois de dipthérie ou de gangrène.

Les phlegmasies des séreuses (pleurésie, péricardite, méningites, arthrites) sont fréquentes. Elles ont une tendance à devenir purulentes.

La néphrite aiguë est une des complications les plus fréquentes de la scarlatine. Elle s’accompagne d’albuminurie, d’anasarque, et aboutit quelquefois à l’urémie.

Le rhumatisme scarlatineux affecte généralement la forme articulaire. Il se localise de préférence dans les poignets ou dans le cou-de-pied. Sa terminaison est le plus souvent favorable.

La scarlatine prédispose aux suppurations. Les ganglions lymphatiques du cou deviennent le siège d’abcès appelés bubons scarlatineux.

On ne confondra pas la scarlatine, avant l’éruption, avec une simple angine. Dans la scarlatine la fièvre est plus vive, plus persistante et la température plus élevée. A la période d’éruption, elle se distinguera de la rougeole par la rougeur uniforme de l’exanthème, son début au pli de l’aine ou au pli de faisselle et par l’absence de catarrhe bronchique.

Dans la plupart des cas, la scarlatine se termine d’une façon favorable; mais il ne faut pas oublier que les cas les plus bénins ne sont pas exempts des complications les plus redoutables. Elle est plus grave chez les enfants très jeunes que dans la seconde enfance.

La scarlatine étant essentiellement contagieuse, on devra isoler les scarlatineux jusqu’à la fin de la desquamation. Les objets qui auront été en contact avec eux seront soigneusement désinfectés. On a vanté certains médicaments, la belladone, par exemple, comme préservatifs. L’expérience a prouvé qu’au point de vue prophylactique, ils étaient sans valeur.

Lorsque la scarlatine est légère, il n’y a pas lieu d’instituer un traitement actif. Le malade gardera le lit. On lui donnera des tisanes rafraîchissantes

et du lait, et quelques aliments si la fièvre n’est pas trop intense. On veillera à entretenir dans la chambre du malade une température de 18 à 19 degrés. On évitera de placer le lit dans un courant d'air, et, lorsqu’on ouvrira les fenêtres, pour renouveler l’air, on couvrira soigneusement le malade. Il serait préférable d’avoir deux chambres à la même température; le malade se tiendrait dans l’une pendant qu’on aérerait l’autre. Enfin on donnera un gargarisme émollient contre l’angine.

Dans les cas intenses, lorsque l’hyperthermie menace la vie, on aura recours aux affusions froides. On place le malade dans une baignoire et on verse sur lui deux ou trois seaux d’eau entre 20 et 25 degrés. Dans des cas désespérés, ce traitement a produit des résultats merveilleux . On donnera d’abord, pour abaisser la température, le sulfate de quinine {Capsules Pelletier), à haute dose et l’alcool. Lorsque l’éruption se fait mal, on prescrira l’acétate d’ammoniaque (2 à 4 grammes), des infusions de Jaborandi du D' Coulinho, ou des injections sous-cutanées de pilocarpine. Dans les cas à forme adynamique on donnera avec avantage, le quinquina, l’alcool, le champagne. On combattra l’anasarque avant tout par le régime lacté. On y ajoutera des frictions chaudes sur le corps ou des purgatifs énergiques. On aura recours au chloral en cas de convulsions.

Pendant la convalescence, les malades seront tenus chaudement. Ils ne devront pas sortir avant la sixième ou la septième semaine. En aucun cas, ils ne sortiront avant la fin de la desquamation. C’est pour avoir négligé ces précautions, que des scarlatineux qui se considéraient comme guéris, sont brusquement atteints d’anasarque et d’albuminurie. Dr Louis Thomas.

SCIATIQUE. — Nom donné par les anatomistes à deux nerfs : 1° le grand nerf sciatique; 2° le petit nerf sciatique.

Gp.and nerf sciatique. — Ce nerf est formé par la réunion des branches des plexus sacres. C’est le plus long et le plus volumineux des nerfs du corps. Sa forme est aplatie en haut et arrondie au niveau du creux poplité.

Il sort du bassin par la grande échancrure sciatique et descend verticalement entre le grand trochanter et la tubérosité de l’ischion. Au niveau de la fesse, il est en rapport en arrière, avec le grand fessier qui le recouvre, et en avant avec les muscles jumeaux , obturateur interne et carré crural ; au niveau de la cuisse il est en rapport en arrière, avec le grand adducteur, en avant, avec la courte portion des biceps. Il est accompagné par une branche de l’artère ischiatique.

Sur ce parcours il fournit plusieurs rameaux qui se distribuent aux muscles de la région postérieure de la cuisse: à la longue portion du biceps, au demi-tendineux, au demi-membraneux, au grand adducteur, à la courte portion du biceps.

Arrivé au creux poplité, il se divise un peu audessus des condyles du fémur, en deux branches : 1° le siatique poplité externe , qui se dirige vers le bord externe du creux poplité, contourne la tête du péroné, pénètre dans le long péronier latéral où il

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se divise en deux branches : le musculo-culané et le tibial antérieur. Dans son trajet il donne des branches collatérales qui sont: le nerf saphène péronier et la branche cutanée péronière. 2° Le sciatique poplité interne, plus volumineux que l’interne, qui traverse le creux poplité, s’engage entre les deux muscles jumeaux, et passe dans l’arcade soléaire où il prend le nom de nerf tibial postérieur. Ses branches collatérales sont : le nerf saphène externe et des branches musculaires pour les jumeaux, le soléaire, le plantaire grêle, le poplité, et un rameau pour l’articulation du genou.

Petit nerf sciatique. — Le petit nerf sciatique est formé par une branche collatérale du plexus sacré.

11 sort du bassin par la grande échancrure sciatique au-dessus du muscle pyramidal. 11 descend verticalement sous le muscle grand fessier qu'il innerve et se termine par deux branches : l’une génitale qui se distribue au scrotum chez l’homme et aux grandes lèvres chez les femmes, l’autre fémorale qui descend verticalement dans la partie médiane de la peau de la face postérieure de la cuisse. Dr Louis Thomas.

SCIATIQUE (névralgie). — On appelle névralgie sciatique l'affection douloureuse du nerf de ce nom.

C’est une des névralgies les plus communes. Rare chez l’enfant, elle atteint son maximum de fréquence de 20 à 60 ans. L’homme en est plus souvent atteint que la femme. L'habitation dans un lieu humide ou exposé à de brusques variations de température, est une des causes prédisposantes que l’on rencontre le plus souvent. Quant aux professions, aux excès, à l’hérédité, leur influence n’est nullement démontrée. La cause occasionnelle la plus commune est l’impression du froid humide (immersion prolongée des jambes dans l’eau, repos sur l'herbe mouillée). La sciatique reconnaît encore un autre ordre de causes: le traumatisme ou la compression du nerf dans les cas d’exostose ou de tumeurs pelviennes (cancer de l’utérus, du rectum, etc.)

Les malades accusent d’abord une sensation d’engourdissement, de froid ou de chaleur brûlante sur le trajet du nerf. Bientôt des élancements douloureux surviennent. Souvent la douleur éclate sous forme d'accès si violents qu’ils arrachent des cris au malade. Ces accès sont provoqués par la marche, par la toux, ou quelquefois par la chaleur du lit. Les élancements s’irradient dans toutes les directions (fesse, cuisse, genou, jambe, pied). Entre les accès, le malade se plaint d’engourdissement, parfois de fourmillements. On constate souvent de l’hypéresthésie cutanée, ou, si l’affection est ancienne, un certain degré d’anesthésie. La pression détermine des points douloureux qui sont: le point fessier (échancrure sciatique), le point trochanténien (grand trochanter) le point poplité (creux poplité), le point péronier (tête du péroné), le point malléolaire (malléole externe), le point plantaire (région plantaire externe). Ce dernier point manque souvent. On détermine encore de la douleur en pressant sur le trajet du nerf à la partie postérieure de la cuisse.

Dans les sciatiques simples, sans lésions nerveuses, on observe quelquefois un peu d’atrophie musculaire due à une immobilité prolongée. Mais lorsqu’il existe de la névrite (V. ce mot), l’atrophie est très prononcée.

La durée de la sciatique est extrêmement variable. La douleur persiste quelquefois en dépit de tous les moyens. Sa terminaison est presque toujours heureuse, mais les récidives sont fréquentes.

Le traitement de la sciatique est analogue à celui des autres névralgies (V. ce mot). On commencera par des frictions avec un liniment chloroformé. Si la douleur persiste, on appliquera une série de vésicatoires passés à la morphine, ou on pratiquera des pointes de feu sur le trajet du nerf. Duchenne recommande l’usage de l’électricité. Enfin, si la douleur est trop violente, on aura recours à des injections hypodermiques de chlorhydrate de morphine à la dose de un centigramme. Krishaker recommande l’usage des bains prolongés pendant plusieurs heures. Dans les cas de névralgie palustre ou intermittente, on prendra du sulfate de quinine. Enfin, le chlorure de méthyle, employé en pulvérisations sur le trajet du nerf, a donné d’excellents résultats dans des cas où tous les moyens thérapeutiques avaient échoué.

Dr Louis Thomas.

SCIE. — La scie, dont chacun connaît le mécanisme et le mode d’action, est un instrument employé en chirurgie pour la section des os dans les amputations et les résections. Sa forme varie suivant l’os que l’on veut sectionner. p. l.

SCILLE. — La scille est une plante bulbeuse, à fleurs blanches, de la famille des Liliacées, très abondante dans les plaines sablonneuses qui avoisinent les bords de la Méditerranée, dont le bulbe est employé en thérapeutique. Ce bulbe, très gros, qui atteint parfois les dimensions de la tête d’un enfant, est formé de plusieurs tuniques serrées et superposées, dont les plus externes sont rougeâtres, sèches et minces, celles du milieu épaisses et rosées, et les plus internes blanches et mucilagineuses.

Seules, les tuniques du milieu sont utilisées. Elles contiennent du mucilage, du tannin, de la matière colorante, du sucre, des traces d’iode et des sels, plus un principe particulier, la scillitine, substance blanche non cristallisable, neutre, très amère, soluble dans l’eau et l’alcool, insoluble dans l’éther pur. Cet alcaloïde est un poison narcoticoàcre très violent.

A l’état frais, la scille appliquée sur la peau, agit comme irritant, elle provoque de la rougeur et même de la vésication; administrée à l’intérieur, elle détermine une vive inflammation de l’estomac et de l’intestin.

Prise à l’intérieur, sèche, à faible dose (10 à 40 centigrammes, la scille n’irrite pas les voies digestives, est promptement absorbée et passe dans le torrent circulatoire où elle détermine un ralentissement des mouvements du cœur avec une augmentation dans la tension artérielle et un abaissement consécutif de la température; puis survient une

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excrétion urinaire très abondante et une augmentation des sécrétions bronchiques et gastro-intestinales. Administrée à haute dose, elle provoque des vomissements et des selles nombreuses, puis elle agit comme narcotique et peut déterminer la mort par paralysie du cœur.

La scille a en thérapeutique les mêmes indications que la digitale (V. ce mot). D’après certains auteurs, elle lui serait même préférable parce que ses effets ne s’accumulent pas. d-- Paul ladarthe.

SCISSURE. — Nom donné par les anatomistes à des fentes ou fissures normales du cerveau, du foie, de certains os, etc. p. l.

SCLÉRÈME. — On désigne sous le nom de sclérème ou d 'œdème des nouveaux-nés une affection caractérisée par un endurcissement de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané. Le sclérème se développe du premier au cinquième jour de la naissance, quelquefois plus tard. Il atteint surtout les enfants débili tés, mal nourris ou nés avant terme. Le froid est sa cause déterminante. Au début, on observe des plaques indurées qui s'étendent et parfois se généralisent. La peau conserve d’abord la coloration rouge propre aux nouveaux-nés, plus tard, elle prend une teinte jaunâtre. Cette affection s’accompagne d’un abaissement de la température qui descend à 29° et au-dessous. L’enfant pousse des cris aigus faibles et fréquents.

Le sclérème parliel guérit généralement, mais le sclérème généralisé aboutit presque fatalement à la mort. Sa durée est d’environ cinq à six jours. L’ictère, la diarrhée et la pneumonie sont des complications fréquentes.

Le traitement a pour but de réchauffer l’enfant. On enveloppe le malade avec du sable chaud, on le plonge dans des bains chauds, simples ou aromatiques. On active la circulation par des frictions sur le corps avec de la laine ou de l’huile de camomille camphrée. Enfin, on fait boire au petit malade du lait chaud dans lequel on ajoute un peu d’eau-devie. Dr Paul Labarthe.

SCLÉRO-CHOROÏDITE. — La scléro-choroïdite est une inflammation atrophique de la choroïde, compliquée de lésion de la sclérotique. On distingue la scléro-choroïdite antérieure et la scléro-choroïdite postérieure.

La sclêro-choroïdile antérieure est caractérisée par une atrophie de la partie antérieure de la choroïde. Elle s’accompagne d’un soulèvement de la partie correspondante de la sclérotique (staphylôme antérieur). Cette affection entraîne une augmentation du diamètre antéro-postérieur de l’œil. Elle s’observe surtout chez les scrofuleux. Le plus souvent elle débute d’une manière insidieuse. La myopie est un des premiers symptômes accusés par le malade. Les douleurs sont rares. Le corps vitré renferme souvent des corps flottants qui donnent au malade la sensation de mouches volantes. Le pronostic de cette affection est grave, car elle entraîne souvent des désordres- irréparables. Son traitement consiste en émissions sanguines locales et en instillations d’atropine.

Dans la scléro-choroïdite postérieure, l’atrophie siège à la partie de la choroïde située au pourtour du nerf optique. On observe en même temps la production d’un staphylôme postérieur. Cette affection s’observe surtout chez les myopes et chez les individus qui se livrent à des lectures prolongées. L’augmentation du diamètre antéro-postérieur de l’œil, dû au développement du staphylôme postérieur, entraîne une augmentation de la myopie. La vue se fatigue rapidement; les malades accusent la sensation de mouches volantes. La marche de cette affection est très lente. Les progrès rapides de la myopie aggravent le pronostic. Comme traitement, on choisira d’abord des lunettes appropriées à l’état de la vue. On a conseillé les dérivatifs intestinaux (calomel) et les préparations iodurées. Si la maladie progresse on doit, avant tout, condamner la vue à un repos absolu et combattre les poussées congestives par des applications d’eau froide.

Dr Paul Labarthe.

SCLERODERMIE. — On décrit sous ce nom une affection caractérisée par un épaississement et une induration de la peau chez l’adulte.

La sclérodermie se développe sous l’influence de causes peu connues. Les femmes y sont plus sujettes que les hommes. Dans un certain nombre de cas, on a pu l’attribuer à un refroidissement. Quel-

La peau des dernières phalanges est rouge bronzé, indurée, les phalangettes sont atrophiées.

ques auteurs en ont fait une manifestation rhumatismale. D’après les recherches les plus récentes, cette affection doit être considérée comme étant d’origine nerveuse.

La sclérodermie débute généralement par une rougeur érysipélateuse s’accompagnant de douleurs

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plus ou moins vives et siégeant de préférence aux extrémités supérieures ou inférieures. La peau et le tissu cellulaire sous-cutané deviennent durs et se rétractent. L’épiderme reste intact, mais l'inflammation a de la tendance à gagner en profondeur les os et les articulations. Tantôt la peau est blanche comme du marbre, tantôt elle présente une teinte bronzée et un aspect analogue aux cicatrices de brûlure. Ses fonctions restent généralement intactes, la sensibilité et la température ne sont pas

On observe la même altération des phalanges et des cicatrices au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes.

modifiées. La rétraction imprime aux organes les déformations les plus singulières ; lorsqu’elle siège à la face, le visage, ne trahissant plus les émotions, devient semblable à un masque de cire.

La sclérodermie a une durée indéterminée ; elle s’accompagne parfois de symptômes généraux (troubles nerveux), mais elle ne menace pas l'existence du malade.

On a préconisé contre elle les traitements les plus variés. L’iodure de potassium, les alcalins, les reconstituants (fer, arsenic, quinquina) les bains, le massage, les courants continus ont donné de bons résultats. Dr Paul Labarthe.

SCLÉROSE. — On désigne sous le nom de sclérose une induration morbide des tissus et, en particulier du tissu nerveux, du cerveau ou de la moelle. Par le fait d’une inflammation chronique, le tissu conjonctif de l’organe prolifère (Wirchow), ou bien il se forme un tissu nouveau (Robin), dont le développement et la rétraction étouffent les éléments essentiels de l’organe, c’est-à-dire les cel-

lules et les fibres nerveuses du cerveau et de la moelle.

Les scléroses du cerveau et de la moelle coïncident habituellement, mais avec prédominence, dans l’un ou l’autre de ces organes.

Sclérose du cerveau ou encéphalite chronique. — La sclérose du cerveau ou encéphalite chronique, est une maladie très rare, mais qui peut se montrer à tout âge; ses causes sont à peu près inconnues (action du froid, de l’alcoolisme, etc.

Les symptômes de cette affection peuvent être répartis en deux groupes.

Le premier groupe comprend les symptômes qui traduisent le travail pathologique présidant à la prolifération celluleuse. Ce sont des céphalalgies vagues, intermittentes, paroxystiques souvent compliquées de vertige, plus rarement d’un mouvement fébrile.

Le second groupe comprend les symptômes résultant de la perte de l’organe. Ce sont des troubles intellectuels très constants (perte de la mémoire, embarras de la parole, mélancolie, etc.), des paralysies frappant certains muscles de la face et les sphincters revêtant rarement la forme hémiplégique, mais embrassant toute la circonscription d'un nerf; ces paralysies sont du reste disséminées de façon à indiquer des régions cérébrales multiples, et Jaccoud insiste sur la valeur de ce fait au point de vue du diagnostic. D’ailleurs, on peut observer toutes les variétés des troubles du mouvement (convulsions, contractures, tremblement, ataxie), des troubles de la sensibilité plus rares, mais pouvant présenter toutes sortes de formes: anesthésie cutanée, musculaire, troubles des sens spéciaux, etc. Quant à la nutrition générale, elle n’a rien à voir avec l'encéphalite et continue à être bonne.

La durée de la maladie est souvent très longue : elle mesure plusieurs années.

La sclérose cérébrale se distingue de la sclérose de la moelle par les désordres de 1 intelligence et les troubles des nerfs crâniens.

Le traitement consiste adonner les mercuriaux à dose altérante, l’iodure de potassium, le nitrate d’argent, de 1 à 7 centigrammes par jour, la strychnine; en outre à faire la médecine des symptômes.

Sclérose de la moelle ou myélite chronique.

Au point de vue clinique, il faut distinguer deux sortes de sclérose, selon que le processus morbide siège dans le cordon antéro-latéral ou dans le cordon postérieur. Nous étudierons donc une sclérose antéro-latérale et une sclérose postérieure.

L’étiologie est la même dans les deux cas. La sclérose de la moelle s’observe surtout de 20 à 43 ans. L’hérédité a une certaine influence sur sa production. Les causes de congestion médullaire favorisent le développement de la myélite chronique chez les individus prédisposés (tels sont les excès vénériens, le coït debout, la. masturbation, les fatigues corporelles, les accouchements répétés, l’action du froid. Certaines scléroses se rattachent à la syphilis, au rhumatisme et à 1 alcoolisme.

1. Dans la sclérose axtéro-latérale, les lésions peuvent être disposées de trois façons : 1“ elles occu-

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pent d’une manière uniforme la plus grande étendue du cordon ; 2° elles sont circonscrites dans un petit espace; elles sont disposées sous forme de plaques disséminées (sclérose en plaques).

La sclérose antéro-latérale peut débuter de deux manières : tantôt par une paralysie, à marche lente, tantôt par des douleurs spinales, des convulsions et des contractures; dans ce cas, l’altération de la moelle s’est propagée aux méninges. Quel que soit le début, ce qui domine c’est la paraplégie. On sait, en effet, que les cordons antéro-latéraux de la moelle servent à la transmission des excitations motrices. On distingue, dans la marche de cette affection, trois périodes.

Dans la première le malade se fatigue très vite; de plus, sa marche est particulière, car ses jambes décrivent un demi-arc de cercle, puis les pieds retombent lourdement sur le sol : c’est ce que l’on exprime en disant que le malade marche en fauchant.

Dans la seconde phase, c’est à peine si le malade peut faire quelques pas, et il les fait en glissant, car la pointe du pied ne quitte plus le sol; il tient habituellement les jambes écartées afin de faciliter son équilibre.

Dans la troisième phase, la paraplégie est à peu près complète; le malade ne peut se tenir debout, il reste couché, et c’est seulement alors qu’il peut imprimer quelques mouvements à ses jambes; à partir de ce moment, condamné à vivre dans un lit ou un fauteuil, il voit ses muscles s’atrophier d’une manière progressive.

Au début, les mouvements réflexes sont exagérés dans les membres paralysés, car la sclérose séparant le segment inférieur de la moelle de l’influence cérébrale, le met dans les meilleures conditions pour la production des mouvements réflexes; mais plus lard, si le segment inférieur est à son tour envahi par la sclérose, les mouvements réflexes disparaissent.

Certains malades sont atteints d’anesthésie plantaire, ils ne distinguent plus la nature des objets sur lesquels ils marchent, mais ils éprouvent une sensation uniforme de coton ou de duvet; cette circonstance est très fâcheuse au point de vue de la marche qu’elle rend incertaine et chancelante, même à une époque où les muscles ont une certaine vigueur. Nous avons vu à l’article ataxie que le malade s’aide beaucoup du sens de la vue pour guider ses pas, ses yeux lui fournissent des renseignements que cesse de lui donner la plante des pieds; de même dans la sclérose antéro-latérale avec anesthésie plantaire, si l’on vient à fermer les yeux du malade, il en résulte un tel embarras dans la marche qu’il s’arrête et se refuse à avancer, tant il redoute une chute qu'il se sent impuissant à prévenir.

Avant que la paraplégie ne soit très accentuée, on peut observer des raideurs, des crampes et des contractures qui sont le reflet de l’excitation des racines antérieures englobées dans le processus morbide.

Signalons encore la rétention et l’incontinence d’urine, la constipation, liées à la destruction du segment de la moelle qui commande à la vessie et au rectum.

La durée de la maladie est assez variable; elle peut être évaluée en moyenne à quatre ou six ans; la mort est la conséquence de l’ascension de la paralysie, des eschares, du dépérissement ou de quelques complications, telles que cystite, pleuro-pneumonie, etc. La guérison est impossible, car les éléments nerveux sont détruits sans retour parle processus morbide.

La sclérose antéro-latérale se distingue de la sclérose postérieure ou ataxie locomotrice :

1° Par les troubles de la motilité; il y a paralysie dans la sclérose antéro-latérale, tandis que dans l’ataxie il y a désordre des mouvements avec conservation de la force musculaire.

2° Par les troubles de la sensibilité; généralement la sclérose antéro-latérale est peu douloureuse ; l’ataxie est, au contraire, remarquable par l’acuité des douleurs fulgurantes.

3° Les désordres de la vue, de l’ouïe, les paralysies transitoires des nerfs moteurs oculaires communs ou moteurs externes sont spéciaux à l’ataxie.

Nous avons vu que la sclérose antéro-latérale pouvait être régulièrement disposée sur tout le trajet des cordons ou se présenter sous forme de plaques disséminées.

Jusqu’ici les moyens employés comme traitement ont été peu efficaces; ils ont consisté:

1° En révulsifs sur le trajet de la colonne vertébrale : cautères, moxas, cautérisation au fer rouge, hydrothérapie, électrisation parles courants constants, etc.

2° En agents employés à l’intérieur : arsenic, belladone, iodure de potassium, mercure, nitrate d’argent, phosphore, etc.

3° S’il existe des douleurs, on les calmera par les préparations opiacées, le chloroforme, etc. Enfin, on veillera à ce que l’urine ne s’accumule pas dans la vessie et à ce qu’il ne se forme pas d’eschares; les matelas à eau et à air sont très utiles pour cela.

11. Sclérose postérieure. — La sclérose postérieure n’est autre chose que V ataxie locomotrice (V. ce mot). Dr Léon Moynac.

SCLÉROTIQUE. — La sclérotique, appelée aussi cornée opaque, est une membrane fibreuse, peu extensible, qui constitue l’enveloppe résistante du globe de l’œil. Elle est percée en arrière d’un orifice qui livre passage au nerf optique et présente en avant une ouverture dans laquelle s’enchâsse la cornée transparente. Elle donne insertion aux muscles de l’œil. Elle a un millimètre d’épaisseur en arrière, un peu moins en avant. Sa couleur, d'un blanc azuré chez les enfants, devient bleu opaque chez les vieillards. Sa surface externe est en rapport avec l’aponévrose orbito-oculaire, sa surface interne avec la choroïde qui la sépare de la rétine. Elle est percée d’un grand nombre de petits orifices qui donnent passage aux nerfs et aux artères du globe oculaire. p. l.

SCLÉROTITE. — On désigne sous ce nom l’inflammation superficielle de la sclérotique. Elle débute par une petite tache lie de vin qui s’épaissit peu à peu et forme une bosselure. Cette affection,

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généralement chronique, se développe très lentement et dure quelquefois un an ou deux. Elle paraît spéciale aux rhumatisants et aux arthritiques. Son traitement consiste en scarifications sur le point malade, en applications de compresses chaudes, de douches de vapeur et en instillations d’atropine. On traitera en même temps la diathèse dont elle dépend. r. l.

SCOLIOSE. — Nom donné par les chirurgiens à une déviation latérale de la colonne vertébrale ou rachis, indépendante de toute altération organique des os ou des ligaments.

La scoliose se produit souvent vers l’âge de 15 ans, sans causes bien appréciables. On l'attribue au lymphatisme, à une croissance trop rapide, à l’inaction prolongée, à de mauvaises conditions hygiéniques, etc.

On a également invoqué la rétraction musculaire, à laquelle Jules Guérin a fait jouer un si grand rôle dans la production des luxations congénitales, du pied-bot, du strabisme, etc. Ajoutons que la claudication, quelle qu’en soit la cause, entraîne toujours des inflexions latérales du rachis.

La scoliose est la plus fréquente de toutes les déviations du rachis :

celui-ci a la forme d’une S italique; la courbure supérieure a ordinairement sa convexité dirigée à gauche, la région dorsale est au contraire convexe à droite et la région lombaire redevient convexe à gauche; cette disposition n’exprime que la généralité des faits. Les vertèbres présentent une déformation en rapport avec l’incurvation du rachis, ainsi leur corps est hy-

Fig. 1145. — Scoliose.

La colonne vertébrale a la forme d'un S italique; les courbures sont au nombre de trois. —

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