‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 25 sur 344 · BIP · texte numérisé non relu

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tort, car ces deux vices de conformation n’empêchent que tout à fait exceptionnellement l'accomplissement du coït complet. En revanche ils sont des causes de stérilité.

8° Les hernies volumineuses, les sarcocèles, les hydrocèles, Yèléphantiasis du scrotum sont souvent des obstacles à la copulation.

9° L'absence des testicules est non seulement une cause de stérilité, mais aussi d’impuissance. On a soutenu cependant que les eunuques pouvaient pratiquer le coït. 11 s’agit de s’entendre et, pour cela, de se rappeler qu’il y a plusieurs variétés d'eunuques : 1° les Spndones, privés d’un seul testicule ; 2“ les Thasiaï, bistournés, c’est-à-dire dont on a atrophié les testicules en les froissant entre les doigts ; 3° les eunuques auxquels on a enlevé les testicules; 4“ les eunuques réels, enfin, auxquels avec les deux testicules, on a enlevé la totalité de la verge. H est clair que- ces derniers sont stériles et impuissants d’une façon absolue. Ceux auxquels on a enlevé les testicules mais laissé la verge, sont stériles, mais non pas impuissants; et ils peuvent très bien se livrer au coït. Ce sont même ceux-là Qui donnent le plaisir sans la fécondité,

dont parle Juvénal, comme étant très recherchés par les dames romaines. Quant aux Spndones et aux Thasiai, ils ne sont pas impuissants, ils peuvent meme êlre féconds, aussi à Rome et en Orient les laissait-on contracter mariage.

10’ L imper foration du gland, la gangrène du gland, le cancer du pénis, et en général toutes les plaies et les douleurs locales de lfappareil génital qui empêchent le coït, sont aussi des causes d impuissance.

Causes provenant d'altération ou de maladies du système nerveux. — Toutes les causes agissant : r sur la partie du système nerveux central qui tient les organes génitaux sous sa dépendance; 2° sur I innervation de ces organes, 3° sur les muscles du périnée, rendent impuissant.

Ainsi 1 anémie, la congestion, V hémorrhagie, l'inflammation de certaines parties du cerveau, la paralysie générale, sont suivies d’impuissance. 11 en est de même de certaines maladies d> la moelle, telles que la myélite chronique, l 'ataxie locomotrice, etc.; des lésions du plexus sucré et des nerfs qui animent les organes génitaux.

Les individus atteints d’une névrose (hypochondrie, nostalgie, mélancolie, etc.) deviennent aussi impuissants.

Causes provenant de certaines malades. — La plupart des maladies aiguës rendent généralement impuissant pendant toute leur durée ; les désirs vénériens et les érections ne reviennent que pendant la convalescence.

Plusieurs maladies chroniques exercent aussi une influence très manifeste sur la puissance génératrice. Ainsi l'anémie, la chlorose, la phthisie, la typhi is, Y albuminurie, la phosphaturie, le diabète, entraînent presque toujours une impuissance plus ou moins marquée. Celte influence lunesle sur les fonctions génitales est surtout remarquable dans le diabète.

Causes provenant de certaines professions. —

Certaines professions peuvent entraîner chez les individus qui les exercent une impuissance plus ou moins accentuée. Ainsi les ouvriers qui travaillent le plomb et ses composés, surtout le carbonate de plomb, ou blanc de céruse, sont souvent frappés d’une impuissance incomplète, qui concorde avec les accidenls toxiques et disparaît avec les symptômes propres à l’intoxication saturnine.

11 en est de même des ouvriers exposés aux émanations de sulfure de carbone, tels que ceux qui sont employés dans les fabriques de caoutchouc vulcanisé. Delpech en a rapporté plusieurs cas.

D’après Orfila les ouvriers qui travaillent l'antimoine seraient souvent atteints d’impuissance. Il a. observé chez plusieurs la «flaccidité de la verge, le dégoût du coït, l’impuissance complète avec douleur dans les testicules et l’atrophie de ces organes ainsi que du pénis. »

Causes provenant de l’usage de certains médicaments. — L’usage»thérapeutique prolongé de certains médicaments peut entraîner l’impuissance.

Ainsi Yarsenic, qui à petites doses agit comme excitant de l'appareil génital, détermine une véritable impuissance lorsqu’on en fait usage pendant longtemps, ou lorsqu’on l’absorbe à haute dose. Muller, Delioux de Savignac, Devergier, Imbert-Coubeyre, Charcot, et d’autres médecins, en ont rapporté plusieurs observations.

L'iodure et surtout le bromure de potassium, en raison de l’action sédative qu’ils exercent sur le pouvoir excito- moieur de la moelle épinière, empêchent les érections et déterminent une impuissance complète chez les individus qui en font un usage prolongé. L’acide snlicylique et le bromure de camphre produisent les mêmes effets. Je n’en dirai pas autant du camphre qui a une réputation usurpée d’anaphrodisiaque, et qui n'a certainement jamais déterminé l’impuissance. Tout au plus, peut-il amener une lorpeur momentanée de l’appareil génital.

La morphine, Y opium, la belladone, la jusquiame. et en un mot, les narcotiques et les stupéfiants en général, exercent sur l’appareil génital une action sédative manifeste, qui à la longue devient une véritable impuissance, surtout chez les buveurs d'opium et les morphiomanes. L’abus du tabac , qu’il soit fumé, prisé ou chiqué, produit des effets analogues.

On a voulu aussi incriminer la digitale, mais l’accusation portée contre celte substance me semble comme à Siredey fort exagérée.

Le hachisch, que beaucoup de personnes se figurent être un excitant remarquable du système génital,est au contraire un anaphrodisiaque véritable et c’est à son usage habituel qu'est due incontestablement l’anaphrodisie et l’impuissance que l’on observe si fréquemment chez les peuples de l’Orient.

Quant à Yaguus castus, à la laitue , au nénuphar, qui étaient jadis cités comme des anaphrodisiaques déterminant une impuissance réelle, il est aujourd hui parfaitement établi que cette propriété leur était bien indûment attribuée.

Causes provenant de l'alimentation. — L’alimentation joue un rôle important dans la production

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do l'impuissance. Ainsi, ['intempérance par excès d'aliments ou île baissais, surtout d 'alcool, do café et de h èip, est une cause t'ré< 1 1 »cn le d'impuissance momentanée, qui. à la longue devient durable, surtout lorsque les individus sont parvenus à l 'obésité ou à ['ni onlis'iie.

CaUSKS PROVENANT DK L’AGE, DE I.A CONSTITUTION, DU

tempérament, du CL< mat. - Tant le monde admet l’influence de 1 àee, de la constitution, du tempérament et du climat sur la puissance génésique de l'homme. Celle-ci est dans sa plénitude de 20 à 45 ans id commence, à partir de ce moment, à diminuer sans qu’il soit possible de déterminer d’une maniéré précise l’âge où elle s’éteint. Elle est plus forte chez les individus doués d’un tempérament vigoureux et robuste, que chez ceux d’une nature faible et délicate, et comme l’a dit avec raison Lafontaine :

Un muletier à ce jeu vaut trois rois.

Enfin, le climat exerce une influence incontestable sur le développement du sens génital. Ainsi en Orient et dans les pays chauds, un grand nombre d’hommes sont absolument impuissants des l’âge de trente ans.

Causes provenant de l’abus de l’appareil génital. — Les excès vénériens, de quelque nature qu’ils -oient, mnsl urb < lion, onanisme buccal, ci ïl, sont sans contredit la cause la p us terrible d'impuissance, entraînant la spermatorrhée et les pâtes séminales.

C \ USES PROVENANT DE L’ABUS DE l/ORGANE INTELLEC- TUEL. — S'il est vrai que le travail de l’intelligence appliqué aux lettres, aux sciences ou aux arts, poursuivi dans une mesure raisonnable et sans se départir des règles d'une bonne hygiène, soit un stimulant du système nerveux en général et aussi du système génital, l’abus et l’excès, entraîne un affaiblissement de la force virile, l'éloignement des désirs vénériens et finalement l’impuissance.

Causes d'impuissance chez l'homme provenant de la femme. — La femme peut contribuer à déterminer l’impuissance chez l'homme. Ainsi, un vagin trop large, un vagin sans cesse baigné de (lueurs blanches, ou au contraire complètement sec, peu vent, en débilitant, en affaiblissant la verge au lieu de l’exciter, faire cesser l'érection dès le commencement du coït et rendre celui-ci impossible. L’immobilité de la femme pen lant le coït peut aussi avoir les mêmes conséquences.

Causes morales et autres. — Ces causes sont très nombreuses et plus fréquentes qu’on ne le croit. 11 y a des individus qu’une influence morale excessive rend incapables d'accomplir le coït, et condamne momentanément à l’impuissance. Ainsi on voit souvent des jeunes maris, que la peur de ne pas sortir à leur honneur d’une première tentative rend impuissants pendant plusieurs jours. On voit des individus entrer en érection, rien qu’en pensant à la femme aimée absente, et dont la verge reste molle quand ils sont auprès d'elle. Certains ne peuvent coïter qu’avec la même femme et restent absolument froids devant d’autres femmes plus jolies et plus séduisantes. D’autres, au contraire, deviennent impuissants par la cohabitation

avec la même femme et retrouvent toute leur vigueur g n i talc en présence d’une étrangère.

Beaucoup restent froids et impuissants devant une femme toute nue, qui sont excités au plus haut [toi n t devant une femme en chemise, ou bien en grande toilette, et réciproquement. On rencontre des individus qui ont une telle perversion du sens génital, qu’ils ne peuvent pratiquer le coït que dans une position donnée, et restent impuissants lorsqu’ils essayent la copulation dans une autre position, souvent plus commode et pouvant procurer des sensalions voluptueuses plus vives. Enfin, il y a des individus que certaines odeurs et certains parfums empêchent complètement d’entrer en érection alors que ces mêmes odeurs et parfums excitent vivement l’appareil génital d’autres personnes, etc., etc.

Traitement de l’impuissance. — On comprend d’après l’exposé qui précède, que le traitement de l’impuissance est complètement suburdonné à celui de la cause.

L'impuissance liée à un vice de conformation de l’appareil génilal est incurable, dans les cas où une operation ne peut être pratiquée. Il en est de même de celle qui est liée à une altération ou à des maladies du système nerveux. Dans ce cas, il faut simplement chercher à enrayer la désorganisation de la substance cérébrale par un traitement énergique.'

L’impuissance qui existe dans le cours des ma- | ladies aiguës, disparaît après la guérison de ces maladies. Celle qui est sous la dépendance des maladies chroniques, suit les mêmes fluctuations que ces maladies, et son meilleur traitement est encore celui de ces maladies elles-mêmes.

L’impuissance provenant de l’exercice de certaines professions cesse lorsqu’on abandonne ces professions. Il en est de même de celle qui est occasionnée par l’usage de certains médicaments.

Quant au traitement général de l’impuissance le voici en quelques mots: régime tonique et réparateur ; emploi de la gymnastique, de l’hydrothérapie, du massage, de i’électrieilé ; administration, mais avec une prudenceextréme et jamais sans l’avis du médecin, de certains aphrodisiaques : strychnine, phosphore et surtout fumera aphro ti'iacu ; enfin et par dessus tout, rejet absolu des cantharides et de la flagellation |V. ces mots).

Impuissance chez la femme. — L 'absence du vagin, son occlusion congénitale complète, ou son rétrécissement très prononcé, Yéléphantiusis de la vulve et du clitoris, la cyslocèle vaginale, le prolapsus utérin , l’ allongement hypertrophique du col île l'utérus, la hernie de l'intestin dans les grandes lèvres , telles sont, avec le vagisnisme, les causes qui, en s'opposant à l’intromission du pénis, entraînent l’impuissance chez la femme. Toutes ces causes réclament pour disparaître une opération chirurgicale, sauf le vi ginisme, dont le traitement est médical. Nous renvoyons donc le lecteur aux articles qui leur sont consacrés dans le dictionnaire.

Médecine légale. — Notre Code ne fait pas mention de l impuissance comme cause de nullité de mariage. Labarthe.

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