‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 24 sur 344 · IMI · texte numérisé non relu

IMI

IMP

par les pustules, mais il y a coryza et ophthalmie: tous ces phénomènes peuvent rester à l'état bénin; il n’y a que de minces concrétions lamelleuses et le suintement n’est pas excessif.

Mais il arrive aussi très souvent une extrême abondance de fluide qui forme, en se coagulant, des croûtes épaisses et noirâtres, en sorte que la face entière se trouve couverte d’un masque croûteux repoussant et exhalant une odeur nauséabonde.

Souvent les enfants, tourmentés par une démangeaison insupportable, ne résistent pas au désir de déchirer les croûtes avec les ongles, et il s’ensuit un écoulement de sang qui, mêlé a la matière excrétée, produit des croûtes très noires. Dans cet état, il y a souvent de la fièvre, les glandes parotidiennes et sous maxillaires participent au gonflement de la face qui est alors douloureuse; ces glandes aussi s’enflamment, et il n'est pas rare de les voir suppurer.

Cette variété peut durer longtemps: mais, chose digne de remarque, c’est que, maigri1 les déchirures profondes, les cxcorations très étendues, les croûtes épaisses qui donnent au visage un aspect hideux, elle guérit toujours sans laisser aucune trace de cicatrices.

Le traitement de cette variété de l'impétigo a été exposé par notre éminent confrère Landrieux, dans son remarquable article Gourme.

I mpétigo du ouïr, cm velu. — Lorsque l’impétigo se développe sur le cuir chevelu, toute la tète devient le siège de pustules impéligineuses, discrètes ou confluentes, l a matière visqueuse qui en découle, colle et agglutine les cheveux ; il en résulte des croûtes plus ou moins épaisses, d'un jaune brunâtre, qui se rapprochent et s’accumulent de manière à former une calotte complété. L’impétigo exhale alors une odeur nauséabond)*, les cheveux se couvrent d'u >e grande quantité de poux, et il n'est pas rare de voir se former de petits abcès qu'il faut le plus souvent ouvrir, lorsque le tissu ce'lulaire sous-jacent vient à s’enflammer sur certains points.

L’impétigo granuta/a, qui reproduit la plupart dps symptômes que nous venons de décrire, présente deux particularités signalées par Alibert : la première consiste en ceci, que la pustule se formant à l’orifice du conduit pileux, s’y trouve ordi nairement traversée dans son centre par un cheveu; et la seconde en ce que le fluide visqueux se coagule en croûtes sèches, dures, sphériques, d'un brun foncé ou grisâtre, comparables à de petits grains de sable ou de mortier, ou à de gros grains de poivre. On voit le plus souvent une partie de ces grains adhérer à la surface malade, tandis que d'autres s'attachent autour des cheveux qui en sont tout hérissés. Ces grains sont parfois très friables, et alors on peut, en les écrasant, les réduire en poussière, ressemblant parfaitement à celle du plâtre sali ou du vieux mortier. Quand la maladie dure depuis longtemps, il survient des poux et une odeur repoussante qui infecte les lieux où séjournent les malades : quelques soins de propreté suffisent pour faire disparaître cette odeur.

On comprend que de tels désordres peuvent déraciner les cheveux; souvent il a alopécie qui ne DlCTIONNAUE populaire de Médecine usuelle.

se prolonge pas après la guérison, parce que même dans les cas les plus graves d'impétigo, les bulbes pileux res ont intacts.

Les enfants à la mamelle sont exposés à un impétigo spar\ a du cuir chevelu qui envahit tantôt le devant de la t è : e, sous forme de bandeau, tantôt la face postérieure du crâne : cette variété est connue vulgairement sons le nom de croûte de luit ou gourme (V. ce mot).

Impétigo nu tronc. — Le tronc est rarement envahi par 1 impétigo, et il n'est jamais attaque isolément mais à la suite du développement de la maladie sur d’autres points. On voit alors snr le dos, la poitrine, l’abdomen, des plaques d'impétigo fi/urota ; mais plus ordinairement ce sont les pustules disséminées de l’impétigo sgarsa qui s’y développent.

Impétigo des membres. — Dans l’impétigo des membres, les plaques impétigineuses de f rme figurata présentent des d > positions particulières, suivant qu’on les observe aux membres supérieurs et aux membres inférieurs. Dans le premier cas, les surfaces sont larges et prennent une forme ovalaire ; tandis que dans le secon I, c'est-à-dire aux membres inférieurs, ces plaques sont petites et assez exactement circulaires.

L'impétigo s/ msn attaque principalement les jambes, et quand il se présente là sous forme de croûtes rugueuses, épaisses, noirâtres, adhérentes, on lui donne le nom d’impétigo xrabidn. Les jambes se tuméfient, deviennent œdémateuses, les ongles des orteils et des doigts peuvent même être altérés.

Quelles sont la marche, la durée et la terminaison de 1 impétigo '? — Nous avons vu que la marche de l'impétigo pouvait être aiguë ou chronique. L'état d’acuité qui appartient a l'impétigo figurât a apparaît souvent sur les joues pendant plusieurs années de suite au printemps; tandis que i’mipét go sp r a, qui appartient à l'étal chronique, se manifeste à l'automne, persiste pendant l'hiver, et ne disparait qu'au retour des premiers beaux jours.

La durée de l'impétigo est toujours longue, mais principalement dans la forme chronique, oit il peut durer des années et même toute la vie. Dans la forme aiguë on ne peut guère obtenir la guérison de I impétigo avant trois, quatre ou cinq semaines.

Quelle est la gravité de l impètigo ? — I, impétigo ne présente de gravité qu’eu raison de sa ténacité, de son étendue, et lorsqu’il affecte les vieillards, ou des individus à constitution détériorée.

Quelles sont les causes de l'impétigo? I.cs causes de I impétigo sont prédisposant' s et ccasionw l/es.

Causes prédisposantes. — <>n remarque que l impéligo affecte de préférence les personnes douées d’un tempérament lymphatique ou sanguin et dont la peau est fine; les petits enfants à l'époque de la dentition. C’est à cet âge que se manifeste principalement l’impétigo du cuir chevelu et de la face.

D'autres causes prédisposantesde l’impétigo sont : le séjour dans un lieu bas et humide, une nourriture insuffisante, mal-aine: ajoutons encore que le printemps et 1 automne sont les deux saisons qui ont le plus d'influence sur l’apparition de l’impétigo.

IMP

IMP

Causes occasionnelles. — Àlibert a remarqué que l'impétigo se monlrait chez les gourmands qui ne savent pas régler leur repas. On a vu de même cette maladie se développera la suite de vives émotions morales, d’un violent exercice ; mais les causes occasionnelles les plus évidentes sont des agents extérieurs, ayant leur action directe sur la peau, tels que : l’exposition prolongée à l’action du soleil, des fourneaux incandescents.

Les substances irritantes, les frictions trop souvent répétées, enfin le manque de propreté chez certains ouvriers, suffisent pour développer et entretenir l'impétigo.

Les causes de cette éruption impéligineuse sont parfois très difficiles et même impossibleà découvrir.

Quel est le traitement de l’impctigo? — Au début de l’impétigo, alors que les symptômes inflammatoires existent, on a l’habitude d'appliquer sur l’éruption des cataplasmes émollients de lécule, des cataplasmes Hamilton, des lotions de guimauve ou de pavots, de pommades adoucissantes.

Mais, si la maladie occupe de larges surfaces, on tempère l’inflammation par de grands bains, et par des purgatifs salins doux, pendant plusieurs jours de suite.

Si leruption persiste malgré ces moyens, on emploie des bains alcalins, des lotions astringentes, acidulés, des pommades légères au précipité rouge ou au calomel.

Dans l’état chronique, l’impétigo est traité par des moyens plus énergiques, tels que : des purgatifs drastiques, des bains sulfureux, au sublimé, ou salés.

Comme cette affection atteint les constitutions essentiellement lymphatiques, on emploie avec avantage les composés iodés, tels que l’iodure de potassium ( sirop de Laroze), l’iodure, de fer (pilules Blartcard ), le sirop de raifort iodé de Grimault l'huile de foie de morue, les tisanes amères, la décoction de feuilles de noyer, les toniques, sont aussi conseillés. Enfin, en dernière ressource, on a recours aux préparations arsénicales

D"- Félix Rochard.

IMPRIMEURS. — Hygiène professionnelle. — (V.

Typographes.)

IMPUISSANCE. — L’impuissance, appelée aussi anaphrodisie, est l’incapacité dans laquelle se trouve un individu, homme ou femme, d accomplir le coït complet. Elle diffère de la stérilité, en ce que celleci consiste dans l’inaptitude de l’homme à féconder et de la femme à être fécondée, quoiqu’ils accomplissent le coït complet.

Impuissance chez l’homme. — Le coït complet exige de la part de l’homme : l’érection, l’intromission de la verge et l’éjaculation accompagnée de sensation voluptueuse. Toutes les causes qui s’opposeront à un ou plusieurs de ces temps du coït complet, seront des causes d’impuissance.

Ces causes proviennent : de vices de conformation de l’appareil génital; — de l’altération ou de maladies du système nerveux; — de certaines maladies; — de certaines professions ; — de l’usage de certains médicaments; — de l’alimentation, de l’âge, du tempérament et du climat; — de l’abus

de l’organe intellectuel; — de l’abus des organes générateurs; — de la femme; — enfin de diverses causes morales et autres.

Vices de conformation de l’appaleil génital. — 1° If absence congénitale de la verge. — Ce vice de conformation est heureusement très rare. Il en existe cependant plusieurs exemples : Schenck et Cattier en ont publié chacun un. Fodéré, dans sa Médecine légale, rapporte celui d’un soldat qui, avec des testicules normaux, n’avait pour tout pénis qu’un simple mamelon perforé « qui se renflait en la présence des jeunes personnes du sexe et d’où sortait, par le frottement, une humeur blanche». Nélaton a rapporté, en 1834, dans la Gazette des hôpitaux, l'observation d'un enfant nouveau-né de deux jours, parfaitement conformé, ayant ses deux testicules dans les bourses, chez lequel « il y avait une absence complète de pénis; à sa place, il n’y avait pas de traces, il n’v avait pas de cicatrice ».

2° La brièveté et la petitesse du pénis, dues à un arrêt de développement. Roubaud cite le cas d un étudiant brésilien dont la verge en érection, atteignait à peine la grosseur d’un piquant ordinaire de porc-épic et était longue de deux pouces. En 1878 j’ai donné mes soins à un petit bossu, âgé de 29 ans, atteint d'hémorrhoides, dont la verge, à l’état de flaccidité, avait le volume d’un porte-plume d'écolier et atteignait à peine, pendant l’érection, le volume d’un cigare d’un sou. Ce malheureux n’avait jamais coïté, mais il se livrait à la masturbation et se faisait pratiquer la succion de la verge de temps en temps. 11 est évident qu’un pénis trop petit rend le coït complet impossible, car lorsqu'il est introduit dans le vagin, la récipocité des frottements constituant le coït ne peut guère avoir lieu par suite l’excitation nécessaire pour maintenir l’érection et amener l’éjaculation faisant défaut, on peut dire que l'homme doté d'un aussi petit membre viril est un impuissant.

3° La grosseur exagérée du pénis. Cette anomalie, lorsqu’elle existe, peut constituer un obstacle au coït, et par suite, être une cause d'impuissance relative. Mais cette cause n’est que temporaire et l’impuissance disparaît dès que l’homme trouve une autre femme dont le vagin est proportionné à son pénis, ou lorsque, après plusieurs tentatives répétées, le conduit vulvo-vaginal de la femme avec laquelle il ne pouvait pas coïter tout d’abord, a été suffisamment dilaté.

4° L'eléphanliasis du prépuce et celui de la verge sont des causes d’impuissance.

5° La direction vicieuse conyéni/ate du pénis, généralement due à une lésion des corps caverneux ou de l’urèthre et les déviations secondaires consécutives à des indurations partielles des corps caverneux, ou à des brides cicatricielles, ou à des adhérences avec les parties voisines, qui entraînent la verge en haut, en bas ou latéralement pendant l’érection, peuvent rendre dans certains cas le coït' impossible.

0° La bifurcation de la verge et Yexlrophie ou hernie de la vessie, sont aussi des causes absolues d’impuissance.

7° Certains auteurs ont cité Vépispadias et Yhypospadias comme entraînant l’impuissance, c’est à

Page 1