‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 263 sur 344 · SPA · texte numérisé non relu

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trois externes : Va scapulaire supérieure, la scapulaire postérieure et la cervicale profonde.

Les veines sous-clavières, au nombre de deux pour chaque artère sous-clavière, font suite à la veine axillaire et vont du sommet du creux axillaire, derrière l’extrémité inférieure du chef interne du muscle sterno-cléido-mastoïdien, où elles se réunissent à la veine jugulaire interne pour former les troncs veineux brachio-céphaliques. p. l.

SODS-GOSTAUX. — Nom donné par les anatomistes à de petits muscles situés en dedans des côtes et s’étendant d’un muscle intercostal interne au muscle intercostal voisin. Ils ont la même action que les muscles intercostaux externes. p. l.

SOUS-CUTANÉ. — Qualificatif employé en médecine pour désigner ce qui est sous la peau : tissu cellulaire sous-cutané, injection sous-cutanée, etc-

Le tissu cellulaire sous-cutané forme au-dessous de la peau une couche, partout en communication avec elle-même, qui occupe tout l’espace compris entre la peau et l’aponévrose et qui communique en plusieurs points avec le tissu cellulaire sous-aponévrotique, notamment à la racine des membres (V. Cellulaire [tissu]).

Les injections sous-cutanées appelées aussi hypodermiques, sont des injections médicamenteuses que l'on pratique à l’aide de la seringue de Pravaz, pour introduire un médicament, sous forme de solution, sous la peau, afin de bâter son absorption et d’éviter l’action nocive qu’il pourrait avoir sur l’appareil digestif si on le faisait prendre par la bouche.

Nous ne referons pas ici la description de la seringue de Pravaz, puisqu’elle a été faite au mot seringue , auquel nous renvoyons le lecteur. Nous ne parlerons que du manuel opératoire, d’ailleurs très simple, de l’injection sous-cutanée. Lorsque la seringue est chargée et qu’on a vissé à son extrémité inférieure l’aiguille creuse, on fait avec le pouce et l’index de la main gauche un pli à la peau, dans lequel on enfonce horizontalement l’aiguille de la seringue tenue de la main droite; puis on pousse lentement le piston, jusqu’à ce qu’on ait injecté la dose voulue. On retire alors 1 aiguille et on lâche la peau. Le pli disparaît et détruit le parallélisme des tissus, ce qui fait que le liquide est dans l’impossibilité de ressortir.

Les injections sous-cutanées sont depuis plusieurs années d’un usage journalier en thérapeutique, et le nombre est grand des médicaments que l’on introduit directement dans l’organisme par ce procédé. Lorsqu’on les pratique, il faut toujours éviter de les faire au niveau des branches artérielles superficielles ou des grosses veines. Lorsqu’elles doivent agir d’une manière générale, il faut préférer les régions de la peau peu riches en filets nerveux et par suite douées d’une sensibilité obtuse, par exemple la région du dos. Par contre, lorsqu'elles sont destinées à combattre des phénomènes locaux, il faut les pratiquer le plus près possible du siège de la douleur. Dr Paul Lauauthe.

SOUS-ÉPINEUX. — Nom donné par les anato-

mistes à un muscle contenu dans la fosse sous-épineuse de l’omoplate, où il s’insère d'une part, pour aller se fixer d’autre part à la grosse tubérosité de l’humérus. Ce muscle est rotateur de l’humérus en arrière. p. l.

SOUS-MAXILLAIRE (glande). — Les glandes sousmaxillaires, au nombre de deux, sont situées de chaque côté, en dedans de l’angle et du corps du maxillaire inférieur, entre les deux ventres du muscle digastrique. Ces glandes pèsent séparément de 6 à 10 grammes; elles présentent une forme oblongue. Leur canal excréteur, nommé conduit de. Whastoni naît du corps de la glande par de fines radicules et va s’ouvrir par un étroit pertuis de chaque côté du frein de la langue. Elle sécrètent la salive dite salive sous-maxillaire. Les artères des glandes sous-maxillaires viennent de l’artère faciale et de l’artère sous-mentale; les nerfs viennent du nerf lingual et, par quelques filets, du grand sympathique. P. L.

SOUS-NITRATE. — (V. Nitrate.)

SOUS-OCCIPITAL. — Nom donné par les anatomistes à deüx nerfs qui naissent des parties supérieures et latérales de la moelle épinière (V. Occipital). P- L-

SOUS-ORBITAIRE. — Nom donné par les anatomistes à un canal creusé dans le plancher de l’orbite. Il est formé en arrière par une simple gouttière qui se convertit bientôt en un canal allant s’ouvrir en avant dans le trou sous-orbitaire, situé à la partie supérieure de la fosse canine. Ce canal renferme l’artère sous-orbitaire , branche de la maxillaire interne et le nerf sous-orbitaire, rameau du nerf maxillaire supérieur. P. L.

SOUS-PUBIEN. — Nom donné par les anatomistes : 1» à un trou ou ouverture de forme ovale, formée par l’ischion et les branches du pubis (V. Iliaque [oa] ) ; 2° à un ligament de l’articulation pubienne fixé de chaque côté à la partie supérieure des branches du pubis; 3° une fosse ou dépression située autour du trou sous-pubien. p. l.

SOUS-SCAPULAIRE. — Nom donné par les ana«

tomistes à un muscle logé dans la fosse sous-scapulaire, aux parois de laquelle il s’insère, pour aller sa terminer à la petite tubérosité de 1 humérus. Ce muscle est adducteur et rotateur de l’humérus en dedans. P- L-

SPARADRAP. — On désigne sous le nom de sparadrap des feuilles de papier ou des tissus de fil, de coton ou de soie, qu’on recouvre uniformément d’un couche médicamenteuse (V. Diachy Ion, Emplâtre, Vésicatoire Albespeyres, Taffetas Marinier , Papier Fayard et Blayn, Thapsia Le Perdriel. Papier Wiinzi , etc., etc. p. l.

SPARTÉINE. — Nom donné par les chimistes à une substance retirée du genêt, qui se présente sous la forme d’un liquide incolore, brunissant au

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contact de l'air, d’une odeur sui generis, vive et pénétrante, d'une saveur extrêmement amère, peu soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther, et insoluble dans la benzine et le pétrole. La spartéine se combine avec les acides pour former des sels, parmi lesquels le sulfate de spa?'téine est le plus stable, et pour cela le seul employé en médecine. La spartéine a la même action que la digitale et le muguet. Ses indications sont, par conséquent, celles de ces deux substances (V. Digitale , Muguet). r. L.

SPASME — Nom donné à la contraction involontaire des muscles, en particulier de ceux qui ne sont pas sous la dépendance de la volonté. p. l.

SPÉCIALISTE. — On donne ce nom aux médecins et aux chirurgiens qui se livrent principalement, ou môme exclusivement, à l’étude et à la pratique de certaines branches de l’art de gqérir. Il est aujourd’hui évident, pour tout esprit réfléchi et impartial, que les spécialistes ont rendu les plus grands services à la science et aux malades, et ont plus fait pour l’une et les autres que tous les médecins encyclopédistes réunis. En effet, qui a donc fait avancer l’art des accouchements si ce n'est

Dubois, Dugès, Cazaux, Depaul, Pajot, Tarnier ?

A qui sont dues les principales découvertes en chirurgie urinaire, sinon à Civiale, Amussat, lleurteloup, Leroy d’Elioles, Mercier, Phillips, Reli quet ? Grâce à qui connaissons-nous bien aujour-

d'hui les maladies vénériennes, si ce n’est à Ricord,

Cullerier, Lagneau, Didav, Rollet, Fournier ?

Quels sont ceux qui ont sorti du chaos la pathologie cutanée, si ce n'est Devergie, Lugol, Hardy,

Bazin, Guibout ? El les maladies de l’enfance,

n’est-ce pas à Billet, Barlhès, Guersant, Giraldès, Roger, Bouchut, Rlache, Parrot que nous de-

vons de les mieux savoir? N'est-ce pas grâce aux travaux de Sichel, Desmarres, Fano, Giraud Teulon, Galezowski, Gillet de Crandmont... que les maladies des yeux sont aujourd'hui si bien connues? Honneur à eux tous, dont la plupart — à chaque découverte qu'ils faisaient, à chaque progrès qu’ils réalisaient, — ont eu à subir les chicanes jalouses, les critiques envieuses, les haines, tantôt violentes, tantôt dissimulées, des encyclopédistes, leurs contemporains, dont les noms sont aujourd’hui ou seront demain, oubliés pour la plupart! r. l.

SPÉCIALITÉ PHARMACEUTIQUE. — Les spécialités pharmaceutiques sont nées et se sont propagées par suite de l’introduction dans la thérapeutique d'un grand nombre d’agents empruntés à la chimie minérale ou organique et qui nécessitent, pour réaliser les desiderata du médecin et du malade, qu'ils soient chimiquement purs, toujours identiques et, de plus, inaltérables.

Les avantages que présentent les spécialités — et ici nous ne parlons que des spécialités sérieuses et non des arcanes, panacées et remèdes secrets, produits d’un charlatanisme éhonté, — s’énumèrent deux-mêmes: Ce sont des médicaments constamment prêts, invariablement identiques dans leur composition, comme dans leurs effets, quelles que Dictionnaire populaire de médecine usuelle.

soient la pharmacie, la ville et la contrée où ils sont achetés, facilement transportables à toute distance, le plus souvent revêtus d'une forme sinon agréable, tout au moins acceptée sans répugnance par les estomacs les plus délicats. Ce sont, en un mot, des médicaments sur lesquels les médecins et les malades peuvent toujours compter.

Le pharmacien qui prépare des spécialités a toujours des locaux vastes et bien appropriés, un outillage spécial coûteux à établir et nécessitant d’incessants perfectionnements, un personnel nombreux, qui, fabricant toujours le même produit, devient d'une habileté extrordinaire. Il achète, directement dans les pays de production et en grandes quantités, des matières premières de premier choix, les contrôle, les analyse et les titre lui-même, de façon à les avoir toujours identiques et de première qualité. Du reste, jamais un pharmacien spécialiste ne spéculera sur le fait de vendre des produits de mauvaise qualité, ou seulement de qualité inférieure, et son intérêt capital sera toujours de faire mieux que ses concurrents. Enfin, le cachet de l'inventeur ou du préparateur est toujours pour le médecin et le malade un moyen matériel de garantie de l’origine de la marchandise qu’ils achètent, en quelque lieu et en quelque maison qu’il se trouve.

Le pharmacien détaillant, malgré tout son savoir et sa bonne volonté, n’a jamais qu’un local restreint et un outillage primitif et très incomplet, un personnel souvent nul ou très limité et généralement inexpérimenté, et se trouve par suite dans l’impossibilité matérielle de préparer lui-même les produits chimiques et même pharmaceutiques d'une préparation compliquée. 11 achète ses matières premières en troisième ou quatrième main, par très petites quantités, sans possibilité de contrôle, et par suite les produits qu’il prépare ne sont jamais identiques, ce dont il est facile de se convaincre en faisant exécuter la même préparation par dix pharmaciens différents et en en faisant faire l’analyse. Souvent même, le pharmacien détaillant achète les produits préparés d’avance, en vrac, chez des droguistes non diplômés et plus ou moins consciencieux. Alors c’est pire. Enfin, lorsque le pharmacien a dans son officine des produits médicamenteux anciens, avariés, il est tout à fait exceptionnel qu'il pousse la conscience jusqu'à les jeter, et presque toujours au contraire, plus soucieux de ses intérêts que de la santé des malades, il les écoulera quand même à ses clients. 11 est donc bien évident qu’il n'y a de sécurité ni pour le médecin, ni pour les malades, à prescrire ou à faire usage de médicaments préparés par le pharmacien détaillant.

Il est donc tout à fait naturel et logique que les spécialités pharmaceutiques soient tous les jours ^ préconisées et prescrites par les médecins et recherchées par les malades. Dr Paul i.abarthe.

SPÉCIFIQUE. — Mot employé en pathologie et en thérapeutique. On désigne en pathologie, sous le nom de causes spécifiques, celles qui déterminent des lésions ou des troubles spéciaux, telles que les virus, les trichines, l’acare de la gale, les poisons, les venins, les microbes, etc. On appelle médica-

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meiüs spécifiques, ceux qui exercent sur l’économie une action spéciale propre à guérir certaines affections : tels sont, le mercure dans la syphilis, la quinine dans l'impaludisme, etc. P. L.

SPÉCULUM. — Nom donné à des instruments destinés à éclairer les cavités naturelles. Leurs

Fig. 11G3. — Spéculum plein de Fergusson.

formes et leurs dimensions varient suivant qu’on se propose d’examiner le vagin, l’oreille, les fosses nasales, l’anus. Nous nous occuperons ici du spéculum uteri, qui sert à l’examen du vagin et du col de l’utérus. 11 existe un grand nombre de spéculums différant les uns des autres par leur forme ou par

Fig. 1 1 64. — Spéculum à quatre valves, de Ricord.

Fig. lIGü. — Spéculum à bec de canard, de Cusco.

la substance dont ils sont constitués : les uns sont cylindriques comme celui de Fergusson, par exemple, les autres sont munis de valves pleines ou grillées, pouvant se rapprocher ou s’écarter à l’aide

Fig. 1 1 GG. — Spéculum à trois valves de Demouy.

d’une petite vis fixée sur le manche de l’instrument. On construit des spéculums en buis, en ivoire, en verre étamé, en étain, en maillechort et même en argent. Quel que soit le spéculum choisi, on a coutume, en France, de placer la femme qu’on se propose d’examiner sur le bord d’un lit ou sur un fauteuil construit spécialement pour celte opération. La malade est couchée sur le dos, le siège dépassant un peu le bord du lit ou du fauteuil, les

cuisses écartées, les jambes fléchies sur les cuisses, et celles-ci sur le bassin. Les jambes sont tenues par deux aides, ou reposent sur deux chaises placées auprès du lit, ou sur les étriers lorsqu’elle est sur un fauteuil. Le chirurgien, placé entre les deux jambes de la femme, écarte les grandes et les petites lèvres avec l’index et le médius de la main gauche, tandis qu’il pousse avec la main droite le spéculum préalablement, graissé. Le spéculum est Fig. 1167. — Spéculum trivalve à grille, de Alf. Fournier.

Fig. 1168. — Spéculum de bain, indispensable dans le traitement des affections utérines, il complète les indications fournies par le toucher, et permet d’appliquer des pansements à la surface du col. p. l.

SPERMATINE. — (V. Sperme.)

SPERMATIQUE. — Mot employé par les anatomistes pour désigner différenls organes: cordon spermatique , artères spermatiques , veines spermatiques.

Le cordon spermatique est formé par l’ensemble des organes qui se rendent au testicule et qui en parlent. Il se compose: du canal déférent, des artères qui se rendent au testicule, des veines spermatiques qui en proviennent, des lymphatiques, des nerfs, du tissu cellulaire, des enveloppes.

Parmi ces organes, les uns constituent le cordon proprement dit, ils pénètrent d’une part dans le testicule, d’autre part dans le canal inguinal; les autres forment les enveloppes du premier, ils se confondent d’un côté avec les plans de la paroi abdominale, tandis que de l’autre côté ils entou rent le testicule.

Les artères spermatiques naissent de l’artère aorte, au-dessous de l’artère rénale, descendent vers le canal inguinal, en passant devant le muscle psoas et l’uretère, sous le péritoine, parcourent ensuite le canal inguinal dans toute son étendue, sortent par l’anneau inguinal, concourent à former t le cordon spermatique et se terminent par deux branches qui vont, l’une à l’épididyme, l’autre au testicule.

Les veines spermatiques, très nombreuses, naissent du testicule, de l’épididyme et du cordon spermatique, où elles constituent par leur dilatation anormale le varicocèle (V. ce mot), et donnent dans ce cas, au toucher, la sensation d’un paquet de vers. Elles se réunissent en deux ou trois troncs

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qui accompagnent l'artère spermatique, traversent avec elle le canal inguinal, remontent le long de la fosse iliaque, et, arrivées clans l’abdomen, se réunissent en un seul tronc qui se jette, à droite dans la veine cave inférieure, et à gauche dans la veine rénale. Dr Paul Labarthe.

SPERMATORRHÉE. — On donne le nom de spermatorrhée à des pertes séminales morbides, c’est-àdire à des émissions fréquentes et involontaires de sperme, survenant spontanément en dehors de toute excitation ou sous l'influence de stimulants qui, dans l’état de santé, eussent été trop faibles pour la provoquer.

Que les pertes séminales soient involontaires, comme cela a lieu dans la spermatorrhée, ou provoquées par l’abus des fonctions génitales, elles exercent sur l’organisme la même influence fâcheuse; aussi pouvons-nous les réunir dans notre description.

Quelles sont les causes de la spermatorrhée ? — Les pertes séminales peuvent se rattacher à des causes très diverses en elles-mêmes, mais qui agissent à peu près par le même mécanisme: ainsi, elles provoquent une excitation exagérée des organes génitaux à laquelle succède une atonie plus ou moins complète.

1° Les pertes séminales sont la conséquence habituelle des excès vénériens et principalement des habitudes invétérées d’onanisme.

Par une rare exception, elle peuvent se rattacher une continence trop absolue; dans d’autres cas, elles sont occasionnées par des idées, des lectures, des spectacles excitants.

2° Après ces excitations volontaires se placent diverses causes qui agissent directement ou par action réflexe sur les vésicules séminales; telles sont: du côté de la verge et du canal de l’urèthre, l'accumulation de matière sébacée autour du gland, l'herpès préputial, l’inflammation chronique du canal de l’urèthre (surtout dans la région prostatique où viennent s’ouvrir les canaux éjaculateurs) ; du côté du rectum, le passage de boules fgcales très dures qui pressent sur les vésicules, les hémorrhoïdes, les oxyures vermiculaires, etc.; enfin, du côté de la moelle, l’inflammation chronique ou sclérose de cette partie de la moelle d’où procèdent les nerfs qui se rendent aux organes génitaux. Celte inflammation détermine un éréthisme des organes génitaux se traduisant par des érections presque continuelles, par la faculté singulière de répéter le coït un grand nombre de fois dans un court espace de temps, enlin, plus rarement, il est vrai, par des pertes séminales.

Quels sont les symptômes de la spermatorrhée? — Les symptômes de la spermatorrhée sont de deux ordres: les uns se rapportent aux pertes séminales en elles-mêmes, les autres comprennent l’affaiblissement et les désordres produits dans l’organisme par l’émission trop abondante du sperme.

1° Pertes séminales. — Au début, l’émission involontaire du sperme a lieu pendant la nuit (pollutions nocturnes), elle est accompagnée de rêves érotiques, d’érections, de sensations voluptueuses, et le sperme conserve ses caractères normaux.

A mesure que la maladie fait des progrès, les pertes deviennent plus fréquentes, elles ne sont plus précédées de phénomènes d’excitation et s’accomplissent spontanément, sans que la verge soit en érection complète, souvent même elle reste flasque, l’éjaculation est faible, le sperme s'écoule en bavant, sans que son émission soit accompagnée de la moindre sensation voluptueuse. Le malade remarque souvent que lorsqu’il se couche sur le dos, les pertes sont, plus fréquentes, soit en raison de l’excitation de la moelle par la chaleur du lit, soit par le fait, de la pression que la vessie distendue par l’urine peut exercer sur les vésicules séminales.

Alors aussi les pertes se produisent pendant le jour, surtout au moment de l’évacuation des matières fécales et des urines; elles ont lieu sans excitation et sans plaisir ; au moment où le malade se livre à des efforts pour aller .à la garde-robe, il s’écoule par le méat quelques gouttes de sperme, ou bien elles ne se montrent que quelques minutes après la défécation; cet écoulement est provoqué par la pression que les matières fécales exercent sur les vésicules séminales. Chez d’autres, c’est à la fin de la miction, au moment où, pour expulser les dernières gouttes d’urine, le malade contracte énergiquement les muscles du périnée. Chez quelques malades, le sperme, au lieu de s’écouler directement au dehors, remonte dans la vessie, et y séjourne jusqu'à la première miction; cela a lieu lorsqu’un rétrécissement du canal situé au-dessous de la région prostatique gêne la sortie du sperme.

Les pertes séminales peuvent encore survenir sous l’influence du plus léger frottement sur le gland, des efforts, de l’équitation, de la vue de certains objets excitants, etc.; enfin, elles peuvent se faire d’une façon presque continue et sans cause appréciable.

Le sperme se reconnaît sans peine à son aspect grisâtre, à sa consistance, son odeur, ses grumeaux allongés, qui rappellent la forme des canaux des vésicules séminales dans lesquels ils se sont moulés, à la façon dont il empèse le linge, etc.; mais, à la longue, le sperme perd ses caractères, il change d’aspect, devient de plus en plus fluide et transparent.

L’examen microscopique permet d'éviter toute erreur; non seulement il fait apprécier les caractères essentiels du sperme, mais encore 1 état et le degré de vitalité des spermatozoïdes. Lorsque la maladie est encore à ses débuts, les spermatozoïdes ne présentent rien d’anormal sous le rapport de leur nombre, de leur volume, de leur vitalité ; mais à mesure que les pertes se répètent, ceux-ci deviennent plus rares, plus petits et moins vivaces, ils cessent de s’agiter un peu de temps après lémission du sperme; plus tard encore, le liquide n’est constitué que par un liquide séreux et fluide dans lequel on ne trouve plus que des débris de spermatozoïdes.

2° Phénomènes r/énéraux. — La répétition des pertes séminales, qu’elles soient involontaires ou provoquées, a sur 1 économie tout entière les plus fâcheux effets. '*

La première manifestation de celte pernicieuse influence consiste en une lassitude insurmon-

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table, en un brisement e une fatigue insolites dans tous les membres; le tabescent éprouve une répugnance invincible pour le mouvement, il est essoufflé par le moindre effort, se plaint de palpitations de cœur, de douleurs dans la poitrine, de pesanteurs de tête, de vertiges, d’éblouissements; il est très sensible au froid, sa vue s’affaiblit, le timbre de sa voix s’abaisse, etc. ; il est pusillanime, égoïste, morose, emporté, etc. Ces malades ont un grand appétit, au début, leurs digestions se font bien, plus tard elles deviennent difficiles et laborieuses.

En général, le mal ne dépasse pas ces limites et c’est un fait dont on doit tenir grand compte en clinique, car si l’on n’a présent à l’esprit que le sombre tableau des tabescents arrivés à la période ultime de leur mal, on s’expose à méconnaître le véritable point de départ de nombreux états dyspeptiques et anémiques, etc.

Dans un degré plus avancé et que l’on observe bien plus rarement, le teint devient pâle, jaune et plombé; les yeux, enfoncés dans l’orbite, sont alanguis, sans expression, cerclés de noir; la faiblesse fait de tels progrès, qu’essoufflé au moindre mouvement, le malade devient incapable de tout travail, son intelligence et sa mémoire présentent le même degré de déchéance; il est frappé d’impuissance: souvent d’ailleurs il a perdu depuis longtemps tout désir de commerce avec les femmes.

Plus tard encore, épuisés au physique comme au moral, ces malheureux, semblables à des cadavres ambulants, perdent peu à peu leurs dernières facultés : leurs pieds s’infiltrent, leurs cheveux tombent, leur vue s’affaiblit, s’éteint, etc., et enfin ils succombent dans le dernier marasme; souvent la phthisie pulmonaire vient hâter leur mort, quelques-uns mettent un terme à leur pénible existence.

Cette dernière partie du tableau des accidents engendrés par les pertes séminales a été magistralement tracée par Tissot et Lallemand ; mais leur description pèche en ce sens qu'elle présente comme un fait ordinaire ce qui constitue heureusement une rare exception.

Quelle est la marche de la spermatorrhée ? — Lorsque le mal est encore à sa première période, il suffit souvent que le malade renonce à scs funestes habitudes pour voir se dissiper graduellement les désordres qui en sont la conséquence. S’il s’agit de perles séminales involontaires, elles sont encore curables, ou du moins un traitement convenable parvient à les diminuer assez pour qu’elles n’altèrent pas la santé.

Mais lorsque les pertes sont arrivées au point de constituer une maladie, leur guérison devient plus difficile. Souvent le malade poursuit pendant de longues années sa pénible existence; il est rare qu’il meure par le fait même des pertes : souvent il est emporté par une maladie intercurrente, parfois légère en elle-même et qui ne devient mortelle que par l’état d’épuisement dans lequel se trouve le tabescent.

Comment reconnaît-on la spermatorrhée ? — Son

diagnostic est en général facile, car il est rare que le malade dissimule son état; il est, au contraire, très enclin à le dépeindre sous de sombres couleurs et à rapporter à ses pertes tous les désordres dont il

souffre. Mais il est des cas où il l’ignore, soit parce que le sperme remonte dans la vessie par suite d’un rétrécissement du canal, soit parce que le sperme mêlé à un écoulement chronique de l’urèthre passe inaperçu; ou encore, ignorant l’importance de ces pertes, il néglige d’en parler.

Quel est le traitement de la spermatorrhée? —

11 faut d’abord rechercher avec soin la cause de la spermatorrhée. Dans la plupart des cas, elle se rattache à des excès vénériens ou à des habitudes d’onanisme : il faut avertir le malade des fâcheuses conséquences qui peuvent en résulter. Nous ne saurions entrer ici dans la description des moyens physiques et moraux par lesquels on a cherché à déraciner chez les jeunes gens ces funestes pratiques qui ruinent leur intelligence et leur santé; nous doutons de l’efficacité des appareils, nous nous adresserions plus volontiers aux moyens moraux, et surtout à des exercices physiques de plus en plus pénibles avec le moins de temps possible accordé au sommeil. Notre ami Paul Labarthe, le savant directeur de ce Dictionnaire, a d’ailleurs traité magistralement la question dans son remarquable article Onanisme (V. ce mot).

Contre les pertes involontaires, le traitement doit d’abord s’attaquer aux causes diverses qui peuvent les produire (vers intestinaux, phimosis, herpès préputial, etc). Lallemand conseillait la cautérisation au nitrate d’argent de la portion prostatique de l’urèthre; ce moyen peut être employé lorsque la spermatorrhée coexiste avec une blennorrhagie chronique. On a encore conseillé les lotions froides, l'usage du bromure de potassium, les rapports génitaux pratiqués à des intervalles fixes, etc.

Dr Léon Moynac.

SPERMATOZOÏDE. — (V. Sperme.)

SPERME. — Le sperme, ou liqueur séminale, est une substance demi-liquide, plus ou moins gélatineuse, filant à la manière de l’albumine, destinée à la fécondation.

Sa couleur est blanchâtre; il présente une odeur sui generis que l’on a comparée à celle du chlore, de la fleur de châtaignier, ou mieux de la pâte de gluten humide. Cette odeur offre ceci de particulier qu’elle se développe au moment de l’éjaculation et qu’on ne la trouve ni dans le sperme pur ni dans aucun des liquides qui se mélangent à lui. Sa réaction est légèrement alcaline. Abandonné au contact de l’air, le sperme se dessèche et donne au linge qui en est imprégné une consistance semblable à celle que lui communique l’empois.

Le sperme pur, pris dans le canal déférent, est une matière pâteuse, d’un blanc mat, constituée dans ses neuf dixièmes par des spermatozoïdes.

En arrivant à l’extrémité, à l’ampoule du canal déférent, le sperme se mélange à un liquide bru- • nàtre qui change sa coloration. Dans les vésicules séminales, il devient plus liquide par son mélange avec un liquide grisâtre très abondant, qui donne au sperme éjaculé sa fluidité et qui facilite les mouvements des spermatozoïdes. Dans le coït répété à des intervalles rapprochés, le liquide des dernières éjaculations, à partir de la troisième,

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n’est plus du sperme, mais du mucus des vésicules séminales et du mucus prostatique. Ce mucus prostatique se mêle ensuite au sperme, et comme ce mucus est blanc il donne au sperme la couleur blanche primitive, qu’il avait perdue dans les vésicule séminales. Le liquide visqueux des glandes de Cooper lui communique en partie sa viscosité.

Lorsque le sperme est éjaculé chaque jour il est à peu près homogène, mais lorsqu'il a séjourné pendant cinq ou six jours dans les vésicules séminales, il présente des grumeaux, reconnaissables même dans les taches spermatiques. Ces grumeaux sont dus aux sympexions et proviennent des vésicules séminales.

Composition du sperme. — Lorsqu’on dessèche le sperme, il perd environ 90 p. 100 d’eau. Après évaporation, il reste environ 10 p. 100 d’une matière organique jaunâtre, analogue à la corne, qui répand une odeur de corne brûlée lorsqu’on la calcine, et qui laisse un faible résidu salin. Le sperme peut donc être considéré comme composé d’eau, d’une substance organique qui a reçu le nom de spermatine et d’une petite quantité de sels.

Analyse du sperme (Robin)

Eau

Spermatine

Matière grasse

Phosphate de magnésie et de chaux

— de soude

— ammoniaco-magnésicn . .

1 )> Traces.

La spermatine est une matière organique qui a beaucoup d’analogie avec la mucosine et l’albumine. Comme cette dernière, elle se coagule par l’alcool, et le coagulum se dissout à chaud dans une lessive de potasse; mais si on neutralise la potasse par l’acide azotique, la spermatine ne se précipite pas, comme il arrive pour l’albumine; la spermatine se distingue encore de l’albumine en ce qu’elle ne se coagule point par la chaleur.

La spermatine est fournie en grande partie par les vésicules séminales.

Caractères microscopiques. — Examiné au microscope, le sperme apparaît comme un liquide servant de véhicule à des éléments solides figurés : 1° les spermatozoïdes, éléments caractéristiques du sperme; 2° un certain nombre d’éléments accessoires qui sont : des cellules spermatiques à divers degrés de leur évolution, mais non encore transformées en spermatozoïdes; quelquefois de petits corps particuliers qui prennent naissance dans les vésicules séminales et qui ont été décrits par M. Robin sous le nom de sympexions (concrétions azotées); accidentellement de petites concrétions calcaires qui se sont formées dans les vésicules séminales ou dans les culs-de-sac de la prostate ; des leucocytes, dont la présence en nombre variable est constante; souvent des hématies ou globules rouges venant des vésicules séminales et se montrant surtout chez les vieillards (Dieu) ; des cellules épithéliales de formes diverses provenant des voies spermatiques; enfin presque toujours, apres refroidissement, des cristaux ambrés, prismatiques obliques à base rhomboïdale, cristaux de phosphate de magnésie.

Spermatozoïdes. — Les spermatozoïdes, filaments spermatiques, corpuscules mouvants du sperme, donnent à ce liquide sa propriété fécondante, pourvu qu’ils n’aient pas perdu leurs mouvements.

Découverts en 1677, à Dantzig, par un étudiant en médecine, Louis Hamm, étudiés ensuite par son maître Leewenhoeck, plus tard Kôlliker, Robin, etc., les spermatozoïdes sont extrêmement nombreux. Ils se présentent au microcope comme une myriade d’animalcules nageant dans l’eau.

L’aspect de ces filaments rappelle celui des têtards; leur tête est toujours en avant et leur queue.

Fig. 1169. — Spermatozoïdes.

G. G'. Spermatozoïdes de l’homme. — A. Du cochon d’Inde. — B. Du taureau. — C. Du mouton. — D. Du cheval. — E. Du lapin. — F. Du rat. — H. Du coq. — I. Du moineau. — K. Du pigeon. — L. De la perche — M. Du brochet. — N. O. De la grenouille. — S. Des batraciens ménobranches.

par ses ondulations, dirige les mouvements de ces corpuscules.

Il est inutile de réfuter aujourd’hui l’opinion des savants qui ont voulu comparer ces corpuscules à des animaux, et leur attribuer même une organisation intérieure. Les spermatozoïdes sont des filaments homogènes de protoplasma, sans organisation particulière, et se mouvant comme se meuvent dans un liquide les cellules épithéliales à cils vibratiles, c’est-à-dire par les mouvements des cils.

Les dimensions du spermatozoïde sont : longueur totale, 50 a ; 45 pour la queue, 4 à 5 pour la tôle.

La forme de la tète est celle d’une poire aplatie ayant 3 u de largeur et 1 j a d’épaisseur. La queue, très mince, s’effile et finit en pointe. Entre la tète et la queue il y a un léger rétrécissement appelé col.

Les spermatozoïdes des animaux ont aussi une

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tête, un col et une queue, mais leur configuration est quelquefois extrêmement bizarre.

Les mouvements de ces filaments sont arrêtés par le froid, par l’aclion d’un courant électrique traversant le sperme, par le mélange du sperme avec des acides et avec certaines substances toxiques : opium, strychnine, etc.

Ces mouvements sont favorisés par le contact de liquides alcalins: sérum du sang, lait, liquides des kystes. On sait aujourd’hui d’une manière positive que les spermatozoïdes conservent leurs mouvements pendant huit et dix jours dans les voies génitales de la femelle. En maintenant le sperme éjaculé à une douce température, on peut conserver aux spermatozoïdes leurs mouvements pendant trente-six heures environ.

Les spermatozoïdes se montrent rarement chez l’homme avant l’àge de 17 ans. On croyait autrefois qu'ils manquaient chez les vieillards, c’est une erreur. Duplay et A. Dieu ont prouvé qu’ils existent dans la moitié des cas; on en a même rencontré chez des nonagénaires.,

Les spermatozoïdes sont le seul élément du sperme fourni par le testicule; lorsque la sécrétion de cet organe n’a pas lieu, il y a infécondité. I.e professeur Gosselin a démontré que les lésions du testicule et de l’épididyme, les inflammations principalement, oblitèrent l'origine des voies spermatiques et produisent temporairement ou pour toujours l’infécondité. Les monorchides, individus chez lesquels un testicule est resté dans l’abdomen, n’ont pas de spermatozoïdes du côté du testicule caché, mais iis peuvent procréer des enfants des deux sexes. Les cryptorchides sont inféconds, quoique leurs testicules cachés aient une structure normale.

Sécrétion du sperme. — La sécrétion du sperme est une sécrétion continue. A mesure que ce liquide est sécrété par les conduits séminifères, il pousse devant lui les portions qui s'y trouvaient déjà, vis à tergo. Les voies spermatiques se remplissent ainsi :

L émission du sperme ne se faisant pas régulièrement, il en résulte que le phénomène de la sécrétion se trouve ralenti lorsque les voies spermatiques sont pleines de liquide. Néanmoins, la sécrétion continue à se produire, parce que le sperme est, à ce qu’il paraît, résorbé lentement au fur et à mesure de sa production.

Lorsque l’excrétion du sperme se répète souvent, au contraire, la sécrétion est activée dans les tubes séminifères, et si elle a lieu plusieurs fois en un court espace de temps, le sperme finit par être uniquement muqueux et dépourvu de spermatozoïdes, parce que ces corpuscules n’ont plus le temps de se développer entre deux éjaculations trop rapprochées.

Lh. Robin n’admet pas que le testicule soit une glande et la formation du sperme une sécrétion. Rour lui, ceux qui disent sécrétion spermatique semblent ignorer ce que sont les spermatozoïdes et les phénomènes de sécrétion. J’avoue, pour ma part, ne pas comprendre la subtilité des arguments du maître, et je pense ne pas être le seul. La fonction testiculaire est une véritable sécrétion, seulement le produit de sécrétion est presque solide, et

les cellules de sécrétion, au lieu de fournir un liquide, se transforment en spermatozoïdes.

Mécanisme de la sécrétion. Formation des spermatozoïdes. — Le mécanisme de cette sécrétion rappelle celui de la sécrétion du lait et de la matière sébacée. Le sérum du sang traverse la paroi des tubes séminifères, les cellules épithéliales profondes de ces tubes et entraîne avec lui les grosses cellule; les plus rapprochées de l’axe des tubes, cellules dans lesquelles se forment les spermatozoïdes de la manière suivante :

Ces cellules sont dites cellules- mères parce qu’elles vont donner naissance à d’autres cellules, cellules-filles, dites spermatoblastes parce que chacune d’elles donnera naissance à un spermatozoïde, i Ch. Robin désigne les cellules-mères sous le nom d’ovules mâles, il les compare à l’ovule femelle parce qu’il s’y fait une segmentation analogue, mais spontanée, du protoplasma.

Le développement des spermatoblastes se fait, selon les espèces animales, par formation endogène (prolifération au dedans de la cellule-mère) ou par bourgeonnement (prolifération en dehors). Dans ce dernier cas, les spermatoblastes sont adhérents à la cellule-mère comme des grains à une grappe de spermatoblastes.

Chez l’homme, les spermatoblastes se développent par formation endogène, et chaque noyau de la cellule-mère, devenu spermatoblasie (cellulelille) s’allonge en forme de filament, pendant que du côté opposé il se renfle et forme la tète du sperma- L tozoïde. On ne sait pas au juste si le noyau s’atrophie ou concourt à la formation du spermatozoïde.

On ne trouve pas de spermatozoïdes libres dans les tubes séminifères; les spermatoblastes se séparent de la cellule-mère vers le rete vasculosum testis, et dans ce point on commence à apercevoir des spermatozoïdes dont le développement se continue le long des voies spermatiques. Tant que les spermatozoïdes sont contenus dans la cellule-mère, ils n’ont point de mouvements, ils n’en possèdent qu’au moment où ils deviennent libres, et ces mouvements sont surtout manifestes lorsque le sperme est délayé par le liquide des vésicules séminales.

Trajet du sperme. — Le sperme sécrété par les tubes séminifères et poussé par la vis à tergo, parcourt les voies spermatiques, c’est-à-dire les cônes efférents du testicule, qui font suite au rete testis, les nombreux replis du canal de l’épididyme, le canal déférent, et arrive aux vésicules séminales où il s’emmagasine et se mélange au liquide produit par ces réservoirs.

Les contractions vermiculaires du canal déférent et de l’épididyme concourent faiblement à la progression de ce liquide.

Pendant l’érection et pendant le coït, la compression du testicule par les muscles qui l’entourent Idartos et crémaster) active singulièrement la sécrétion du sperme et son ascension dans les voies spermatiques. Codard attribuait à l’absence de ces secousses musculaires l’infécondité ordinaire des cryptorchides, sujets dont les testicules sont restés dans le bassin et n’ont pas franchi le canal inguinal.

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Les tubes séminifèfres, l’épididymeet le canal déférent sont toujours remplis de sperme. Il en est de même des vésicules séminales, excepté au moment de l’émission du sperme. Après cette émission, les vésicules séminales se remplissent assez rapidement, non pas de sperme, mais du liqui’de qui lui est particulier; la lumière du canal déférent est trop petite pour permettre au sperme d’y arriver rapidement. Il faut plusieurs heures pour qu'une quantité moyenne de sperme arrive dans ces cavités.

Le sperme est retenu dans les vésicules séminales, et cependant il n'y a pas ici un sphincter comme dans la vessie. La rétention du sperme est due probablement à la disposition suivante : les deux canaux éjaculateurs, étendus des vésicules séminales à l'ùrètlire, sont séparés par un cul-desac en forme de doigt de gant, l’utricule prostatique; l'utricule est toujours plein d’un mucus qui distend ses parois et comprime les deux canaux éjaculateurs dont la paroi est mince et dépressible. Au moment de l’excrétion, le sperme remplit les canaux éjaculateurs et vide l’utricule par compression.

Excrétion du sperme. — Les réservoirs des liquides de sécrétion se \ident d’une manière plus ou moins régulière, dès qu’ils sont suffisamment pleins, comme la vessie, ou à des moments déterminés, comme la vésicule biliaire à chaque digestion; il n’en est pas de même des vésicules séminales qui peuvent renfermer du sperme pendant des semaines, des mois et des années, sans jamais se vider. Dans ces cas, je l’ai déjà dit, il se fait une véritable résorption de la partie liquide du sperme à la surface interne des vésicules séminales.

.Normalement, l’émission du sperme se fait par acte qui a reçu le nom d 'éjaculation (V. ce mol).

Dr J. -A. Fort.

SPHACÊLE. — (V. Gangrène.)

SPHÉNOÏDE. — Nom donné par les anatomistes à un os impair situé à la partie moyenne de la base du crâne, en avant de l’occipital et en arrière de l’ethmoïde. Sa forme rappelle celle d’une chauvesouris ayant les ailes étendues. Il s’articule avec tous les os du crâne. On lui distingue une partie centrale ou corps, et de chaque côté trois prolongements ou ailes du sphénoïde ; le prolongement supérieur constitue la petite aile; le prolongement moyen, la grande aile, et le prolongement inférieur l’apophyse ptérypoïde. Il concourt a former les ca- \ ités orbitaires, les fosses nasales, temporales et zygomatiques. La lente sphénoïdale formée en en haut par la petite aile, en bas par la grande aile et au-dessous parle corps du sphénoïde, fait communiquer l’orbite avec la cavité crânienne ; elle livre passage aux nerfs de l’orbite, à des branches de l’artère méningée moyenne et à la veine ophthalmique. Le sphénoïde est creusé de cavités dites sinus sphénoïdaux qui augmentent de volume avec les progrès de l’âge. p. L.

SPHÉNO-MAXILLAIRE. — Nom donné par les anatomistes à une fente située dans la région

zygomatique, formée par l’os sphénoïde en haut, 1 os maxillaire en bas, 1 os malaire en avant, et l’os palatin en arrière. P L

SPHÉNO-PALATIN. — Nom donné par les anatomistes a un muscle, a une artère et à un ganglion.

Le muscle sphéno-palatin n’est autre que le muscle péristaphylin interne (V. ce mot).

L’artère sphéno-palatine est une branche terminale de 1 artère maxillaire interne, qui pénètre dans les fosses nasales par le trou sphéno-palatin.

Enfin le ganglion sphéno-palatin ou ganglion de Mfckel, est un petit ganglion nerveux situé dans la fente ptérygo-maxillaire. P L

SPHINCTER. — Nom donné par les anatomistes à des faisceaux musculaires situés à l’entrée de certains orifices naturels et destinés à les maintenir fermés en se contractant. Les principaux sphincters sont le sphincter des lèvres (orbiculaire des lèvres), le sphincter des paupières (orbiculaire des paupières), le sphincter de l’anus, le sphincter de la vessie, le sphincter du vagin. i>. i,

SPHYGMOGRAPEE. — Nom donné à un instrument destiné à enregistrer les battements des artères. Cet instrument, dit Gorecki, « se compose, en principe, d’un petit levier que l’on applique sur l’artère radicale comme s’applique le doigt du médecin qui explore le pouls. Ce levier est terminé par une longue aiguille dont la pointe libre traduit par écarts relativement considérables les plus faibles déplacements opérés sur son extrémité en rapport avec l’avant-bras. Devant cette aiguille circule une feuille de papier, mise en mouvement par un mécanisme d'horlogerie, sur laquelle tous les déplacements de l’aiguille se tracent d’eux-mêmes de différentes manières, à l’encre, au crayon, ou par l’effacement du noir de fumée déposé à l’avance sur toute la surface du papier. Toutes les impulsions imprimées par l'artère sont ainsi indiquées par un tracé graphique formant des ondes d’après la longueur desquelles on peut établir la durée comparative de la systole et de la diastole. On constate ainsi toutes les modifications de la circulation, et, à chaque modification correspond une affection spéciale des valvules du cœur ou de l’origine des gros vaisseaux. » Le sphygmographe est un instrument qui rend aux médecins des services précieux, car il reproduit fidèlement les moindres modifications dans l’état des pouls et facilite ainsi singulièrement l’étude des maladies du cœur, et du système circulatoire sanguin. r. l.

SPICA. — Nom donné à un bandage spécial que l’on applique, dans certains cas, à l’aine ou à l’épaule. La description en a été donnée dans le cours de l’article Aine (\. ce mot). i>. L.

SPINA-BIFIDA. — On désigne sous le nom de spina-bifida ou d' hydrorachis, une fissure des arcs vertébraux à travers laquelle font saillie la moelle et ses enveloppes avec une certaine quantité de liquide.

Le spina-bifida siège sur la partie postérieure de

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Fig. 1171. — Coupe antéropostérieure pratiquée sur une moelle atteinte de spina-bifida.

On peut y remarquer:

1" La tumeur formée par le spina-bifida vers la partie inférieure de la colonne vertébrale.

la colonne vertébrale. Il occupe généralement la région dorso-lombaire, quelquefois la région lombosacrée, plus rarement la région cervicale. 11 est ordinairement unique.

La tumeur présente un volume variant de la .grosseur d’une noix à celle d’une tête d’adulte.

de comprendre qu’un arrêt ddns l’ossification des lames vertébrales produit une fissure par où s’engagent la moelle et ses enveloppes : le spina-bifida est alors constitué. Mais ce qu’on ne saurait préciser, c'est la cause de cet arrêt de développement. Cruveilhier suppose qu’elle est due à des adhérences entre la moelle et la peau, avant l’ossification des lames. Cette théorie ne saurait s’appliquer aux cas où il n’existe pas d’adhérences entre la moelle et les parois de la tumeur. On a invoqué les coups, les pressions sur l’abdomen de la mère pendant la grossesse, avec gène dans la circulation fœtale. Mais il faut reconnaître que l’étiologie du spinabifida est encore obscure.

La tumeur est arrondie, elliptique et manifestement fluctuante, surtout au centre. Elle présente une transparence comparable à celle de l'hydrocèle, que l’on reconnaît en plaçant une bougie allumée du côté opposé à celui que l’on observe. Lorsque la tumeur est volumineuse, cette transparence est parfaite, interrompue çà et là par des opacités qui indiquent l’existence d’un épaississement, ou plutôt la position occupée dans la tumeur par la moelle et les nerfs rachidiens. Dans certains cas, on peut, par la pression, réduire le volume de la tumeur. Mais souvent la compression détermine des dou-

Fig. 1170. — Spina-bifida.

Elle est généralement sessile, quelquefois pédiculée. Elle est recouverte parla peau qui, à son niveau, présente un aspect particulier.

Tantôt, elle est amincie et menace de se rompre; tantôt elle est, au contraire, épaissie et vascularisée. L’enveloppe propre de la tumeur est constituée par une expansion de la dure-mère rachidienne. Les parties contenues sont du liquide, la moelle et les nerfs rachidiens. Le liquide est de la sérosité transparente. Dans quelques cas, la tumeur ne contient que du liquide. Mais généralement la moelle pénètre dans la cavité de la tumeur, y contracte des adhérences et rentre dans le canal vertébral. Les nerfs y décrivent, comme la moelle, une sorte de courbe; quelques-uns s’arrêtent dans les parois de la tumeur. La moelle se termine quelquefois sur la paroi postérieure du spina-bifida.

La fissure vertébrale qui donne passage à la tumeur est due à un arrêt de développement dans l’ossification des lames vertébrales. Le plus souvent cette lésion s’étend à plusieurs vertèbres.

On sait que le canal rachidien est d’abord ouvert à sa partie postérieure; ce n’est que plus tard, que le développement des lames et des apophyses épineuses vient combler cette ouverture. Il est facile

2° L'absence de soudure des laines vertébrales qui livrent passage à la tumeur formée par la hernie des enveloppes de la moelle.

3° La moelle dissociée en nombreux faisceaux dont les uns tapissent les parois de la poche, tandis que d’autres flottent dans la cavité, etc.

leurs plus ou moins vives, et des phénomènes de compression médullaire qui se traduisent par de la paralysie ou des convulsions. La station debout, les efforts, les cris, l’expiration augmentent le volume de la tumeur; tandis que la position horizontale et les grandes inspirations la font diminuer.

Chez certains individus, la santé générale ne semble pas altérée et les fonctions sont intactes. Mais souvent on observe des troubles de la motilité et de la sensibilité du côté des membres inférieurs.

Généralement la tumeur continue à augmenter de volume, la peau devient rouge, s’ulcère et le liquide s’échappe. L’inflammation se propage des parois de la tumeur aux méninges et détermine une ménin-

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gite, rapidement mortelle. Dans des cas heureux, mais rares, le pédicule s’oblitère et la tumeur s’atrophie peu à peu. On a vu des malades atteindre l’âge de 40 à 50 ans.

On voit que le spina-bifida, lorsqu’il est pédiculé peut se terminer d'une façon favorable. Les tumeurs pédiculées siègent généralement à la région cervicale et ne contiennent souvent que du liquide. Mais dans les autres cas, si la tumeur ne s’ulcère pas, les enfants maigrissent rapidement, deviennent faibles et languissants, ils ont des incontinences d’urine et de matières fécales et finissent par succomber.

Avant d’entreprendre aucun traitement, il faut protéger tout d’abord la tumeur par un moule en gutta-percha et la surveiller attentivement. Quand on aura vu qu’elle augmente incessamment de volume, on essaiera d’abord de la compression. Cette méthode a donné un certain nombre de succès. J. Marton a conseillé de pratiquer une ponction à l’aide d'un trocart et d’injecter dans la tumeur 2 à 4 grammes d’une solution d’iode à 2 p. 100 clans la glycérine. Dans les cas où la tumeur communique par une large ouverture avec le canal rachidien, on a pu appliquer, quelquefois avec succès, la ligature élastique. On ne saurait recommander une trop grande prudence dans le choix et dans l’application d’une méthode de traitement. Dr Louis Thomas.

SPINAL. — Nom donné par les anatomistes à des artères, à des muscles et à des nerfs.

Les artères spinales naissent de l’artère vertébrale et se distribuent à la moelle; elles se distinguent en spinales antérieure et postérieure ; la première descend sur la face antérieure de la moelle; la seconde sur la face postérieure.

Les muscles spinaux sont des muscles contenus dans les gouttières vértébrales, qui s’insèrent aux vertèbres : ce sont les muscles sous-lombaire, long dorsal et transversaire épineux.

Les nerfs spinaux sont des nerfs qui naissent de la moelle épinière.

Le nerf spinal est un nerf qui naît du bulbe et des parties latérales de la moelle cervicale. Il monte dans le crâne par le trou occipital et il en sort par le trou déchiré postérieur. 11 se divise en deux branches : la branche interne qui se jette dans le pneumogastrique et la branche externe qui s’épuise dans les muscles sterno-mastoïdien et trapèze.

Le nerf spinal est un nerf moteur, il préside aux mouvements volontaires des muscles du larynx; sa section entraîne l’aphonie. p. L.

SPLANCHNIQUES. — Nom donné par les anatomistes : 1° aux cavités qui renferment les viscères, ce sont : le crâne, la poitrine et l’abdomen ; 2° aux branches nerveuses du grand sympathique, situées de chaque côté de la colonne vertébrale. On divise les nerfs splanchniques en grand splanchnique et petit splanchnique. Ils ont pour fonctions de régler la circulation des viscères contenus dans l’abdomen. p. L.

SPLANCHNOLOGIE. — Nom donné parles ana-

tomistes à la partie de l’anatomie descriptive qui comprend l’étude des viscères. p. l.

SPLEEN. — (V. Hypochondrie .)

SPLÉNIQUE. — Nom donné par les anatomistes à une artère et à un nerf.

L'artère splénique, la plus volumineuse des trois branches qui forment le tronc cœliaque, se porte transversalement de droite à gauche, suit le bord supérieur du pancréas et se termine dans la rate.

La veine splénique, formée par les veines qui naissent de la rate, constitue une des origines de la veine porte. p. l.

SPLÉNITE. — On désigne sous ce nom l’inflammation de la rate (V. Rate). p. l.

SPORADIQUE. — On donne ce nom aux maladies qui apparaissent isolément et en dehors des influences épidémiques. r. l.

SPORES. — Nom donné par les botanistes aux organes reproducteurs des plantes cryptogames. L’air atmosphérique contient un certain nombre de spores qui jouent un rôle considérable dans le développement de certaines maladies infectieuses, p. L.

SPUMEUX. — Norti donné aux crachats et aux liquides de l’économie présentant un état particulier, analogue à l’écume, produit par leur mélange avec de l’air. p. l.

SQUAME. — On désigne sous ce nom des pellicules épidermiques se détachant de la peau, dans certaines maladies, sous forme de fragments plus ou moins étendus (V. Desquamation). p. l.

SQUELETTE. — Nom donné par les anatomistes à la charpente osseuse du corps humain. On peut diviser le squelette en trois grandes régions : la tête , les membres el le tronc. Les os, dont l’ensemble constitue le squelette, sont, d’après Sappey, à l’àge de 22 à 25 ans, au nombre de 198 répartis de la

façon suivante :

Colonne vertébrale 24

Sacrum et coccyx . 2

Crâne 8

Face 14

Os hyoïde 1

Côtes et sternum 23

Membres inférieurs 30 = 60

Membres supérieurs 32 — 64

Total. . . . Ï9fT

Le squelette d’un adulte pèse environ de dix à douze livres. On a remarqué que le côté droit pesait un peu plus lourd que le côté gauche. Cette différence résulte pour les uns de la prédominance du côté droit sur le gauche, tandis que pour les autres elle en est la cause.

Le squelette diffère selon les sexes; Littré et Robin donnent les caractères suivants : « Celui de la femme est plus petit, plus grêle; les' saillies osseuses sont bien moins prononcées. Les membres abdominaux ayant proportionnellement plus de

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