I II III IV
Fig. 1160. — Sondes.
I. Sonde en gomme à bout filiforme de Guvon. — II. Sonde en gomme à bout filiforme souple, de I.egouest. pour cathétérisme à la suite. — III. Sonde béquille à bout olivaire, à courbure ixe. — IV. Sonde en gomme à double courant.
un pavillon distinct. Ces sondes servent à faire des irrigations continues dans la vessie.
Suivant l’état du canal, de la proslate et de la vessie, on a recours à des sondes rigides, à des sondes flexibles, à des sondes à grande ou à petite courbure, à des sondes à bec coudé, à bout filiforme ou olivaire, à des sondes à double courant, etc.
Les sondes d’homme sont beaucoup plus longues que celles de la femme. Elles mesurent en général, une longueur de trente centimètres. Leur diamètre varie de deux millimètres à neuf millimètres. Les sondes de femme n’ont que quinze centimètres environ de longueur; elles subissent comme diamètre les mêmes variations que les sondes d’homme, mais elles sont à peine courbées et leur bec est toujours cylindrique et arrondi. Cela tient à ce que l’urèthre de la femme est très court, facile à trouver et parfaitement régulier.
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Nous ne dirons rien ici du manuel opératoire de 1 introduction des sondes dans l'urèthre e dans la
A B CBE
Fig. 1161. — Sondes.
A. Sonde en gomme à bout conique effilé. — B. Sonde en gomme à bout coudé, de Mercier, dite à béquille. — C. Sonde en gomme a bout olivaire. — D. Sonde en caoutchouc vulcanisé souple de Xélaton. — E. Sonde cylindrique en gomme.
vessie, il a été exposé longuement à l’article cathétérisme (V. ce mot). Dr Paul Labarthe.
SONDER. — (V. Cathétérisme.)
SOPHISTICATION. — (V. Falsification.)
SOUCI. — Nom donné par les botanistes à un genre de plantes de la famille des Composées. Les deux espèces usitées en médecine sont le souci des champs et le souci des jardins, dont on emploie les fleurs en infusion comme amères et toniques, p. l.
SOUDE. — Nom donné par les chimistes à la combinaison du sodium avec l’oxygène. Elle se présente sous le même aspect que la potasse. On distingue la soude à la chaux, impure, et la soude à l’alcool, purifiée. La soude est très soluble dans l'eau et très caustique. Exposée à l’air, elle absorbe la vapeur d’eau, se liquéfie et se transforme en carbonate de chaux. La soude n’est pas employée en médecine, mais elle forme avec les acides des sels dont les plus usités sont : le borate de soude, le carbonate de soude, le sulfate de soude et le tartrate de soude.
Borate de soude. — (V. Borax.)
Carbonate de soude. — Le carbonate de soude se présente sous l’aspect d’un sel blanc, efïlorescent, très soluble dans l’eau et insoluble dans l’alcool. Il est utilisé en médecine, surtout en bains, à la
dose de 250 grammes pour un bain entier. Le melange constitue les bains alcalins. On emploie ceux-ci pour combattre certaines affections de la peau et dans le traitement du rhumatisme.
Bicarbonate de soude. — Le bicarbonate de soude ou sel de Vichy est un sel blanc, cristallin, présentant une saveur alcaline, soluble dans douze fois son poids d’eau. 11 s’emploie à l’intérieur à la dose de 0,50 centigrammes à 2 grammls. Il augmente la sécrétion du suc gastrique et facilite la digestion: On le donne dans les dyspepsies acides, à haute dose (6 à 12 grammes). 11 agit comme diurétique; il rend le sang plus alcalin, moins nourissant; sous son influence les urines deviennent alcalines. 11 est dissolvant delà gravelle et des calculs. La phlétore et l’obésité sont avantageusement traitées par le bicarbonate de soude à liante dose. Cependant l’usage du bicarbonate de soude, lorsqu’on l’emploie à haute dose, ne doit pas être continué longtemps sans interruption, car il produi rapidement de l’anémie. Ce sel constitue le principe actif des eaux minérales dites alcalines (V. Eaux minérales).
Sulfate de soude. — Ce sel se présente sous forme de cristaux incolores, très solubles dans l’eau. Il est très employé en médecine comme purgatif. On le donne à la dose de 30 à 60 grammes qu’on fait dissoudre dans deux ou trois verres d'eau à prendre de quart d’heure en quart d’heure. On le donne aussi à la dose de 1 à 2 grammes comme diurétique. Dans certains cas, on l’administre sous forme de lavement purgatif à la dose de 15 à 20 grammes.
Tartrate de soude et de potasse. — Le tartrate de soude et de potasse ou sel de Seignelle est en gros cristaux incolores, inodores, efflorescents et par conséquent prenant la couleur blanche au contact de l’air; sa saveur est légèrement amère, sa solubilité très grande dans l’eau chaude, un peu moins dans l’eau froide. On l’obtient, à l’instar du tartrate neutre de potasse, en saturant la crème du tartrate par du carbonate de soude.
Ce sel appelé quelquefois aussi sel de la Rochelle, était jadis très employé en solution dans la limonade comme purgatif à la dose de 30 grammes. On s’en sert encore aujourd'hui comme purgatif doux en mettant 30 à 60 grammes de ce sel dans deux ou trois verres d’eau. Il agit à la manière des autres purgatifs salins et peut être prescrit dans tous les cas où ceux-ci trouvent leur indication.
Dr Marc. Camboulives.
SOUFFLE. — On désigne sous le nom de souffle des bruits morbides perçus au niveau du cœur et du poumon, lorsque ces organes sont atteints de certaines affections (V. Poumon, Cœur, Insuffisance et Auscultation). P. L.
SOUFFRANCE. — On peut, avec le professeur Robin, de l’Institut, définir très laconiquement la souffrance : « Tout ce qui, de ce qui est perçu, l’est anormalement, depuis le malaise seulement jusqu’à la douleur. » (Y. Douleur et Malaise.) p. L.
SOUFRE. — Le soufre est un corps simple très répandu dans la nature où on le trouve soit à l’état
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libre, soit à l’état de combinaison. A l’état natif, il existe à profusion dans le voisinage des volcans qui en vomissent des proportions énormes. Il existe aussi, mais en petite quantité, dans la composition de plusieurs végétaux et de quelques matières animales. Un grand nombre d’eaux minérales en contiennent à l’état de sulfures alcalins, sans compter qu'il se dégage en outre, sous forme d’acide sulfhydrique, dès substances organiques en décomposition, et sous forme d’acide sulfureux, des terrains volcaniques. Le soufre se trouve donc dans les trois règnes de la nature : c’est un corps solide inflammable, d’une belle Couleur citrine, insipide, inodore, mais acquérant une légère odeur par le frottement ; il est insoluble dans l'eau, peu soluble dans l’alcool, beaucoup mieux dans l'éther et surtout dans l'essence de térébenthine et le sulfure de carbone.
On trouve le soufre dans le commerce sous deux états différents : 1° en bâtons cylindriques, d’un jaune citron, cassants, friables : c'est le soufre en canons; 2“ en poudre cristalline, jaune, très fine : c’est le soufre sublimé ou la fleur de soufre. Ce dernier contient toujours de l'acide sulfurique dont on le débarrasse par le lavage; il forme alors la fleur de soufre lavée, à peu près la seule usitée en médecine.
Le soufre sublimé et lavé étant insoluble dans l’eau, on pourrait croire de prime abord qu’il est insoluble dans les liquides de notre organisme. Mais il n'en est rien, car il se dissout facilement dans les liqueurs alcalines qui le transforment partiellement en sulfure. C’est ainsi que sa solution a lieu dans la cavité buccale au contact de la salive, dans le duodénum en présence de la bile et du suc pancréatique. Dès lors, il est apte à agir direclemensur les tissus et à être absorbé. Dans le tube digestif, il excite légèrement la muqueuse gastro-intestinale. Dans la circulation générale, le soufre agit à la manière des stimulants diffusibles : il fouette la circulation, élève la température, ranime le fonctionnement de nos organes; parfois même il produit un véritable mouvement fébrile avec éruption érythémateuse miliaire ou vésico-pustuleuse. Dans les stations thermales on donne à cette éruption le nom de poussée. Puis le soufre est éliminé en partie par la surface cutanée dont il augmente la transpiration, en partie par les voies respiratoires qu’il a de la tendance à débarrasser des mucosités qui les obstruent. A la longue, il modifie profondément la constitution du sujet et redonne à notre économie délabrée l'énergie, la force et la vitalité nécessaires. Il est bien entendu que pour obtenir ce résultat il doit être donné à de faibles doses; à doses élevées, il irrite tellement les voies digestives qu'il les parcourt très vite sans avoir le temps d’être absorbé et fait dans ce cas l’office de purgatif.
Employé depuis un temps immémorial, vanté outre mesure par les anciens, le soufre jouit encore d'une réputation méritée dans la plupart des maladies chroniques invétérées : ainsi, il rend des services dans les affections goutteuses, rhumatismales, dans les catarrhes pulmonaires, les bronchites chroniques, dans les diathèses herpétique, scrofuleuse, strumeuse, syphilitique, dans la plupart des maladies de la peau : eczéma, impétigo, psoriasis, li-
chen, herpès, etc., et dans la gale, dont il est considéré comme le spécifique parce qu’il tue rapidement l’acarus.
A l’intérieur, la dose de fleur de soufre lavée est de 1 à 4 grammes au plus, si l'on recherche l'action stimulante ou altérante du remède, et dans ce cas, elle se donne en tablettes ou en pilules. A l’extérieur, la fleur de soufre est d’un usage encore plus fréquents en fumigations, pommades, cérats et glycérés. Dr Marc. Camboulives.
SOUPIR. — Nom donné par les physiologistes à une inspiration lente et profonde suivie d’une expiration rapide produite par la contraction du diaphragme et des muscles intercostaux, et pendant laquelle les poumons se dilatent complètement. Le soupir se produit sous l’influence des affections morales tristes ou gaies; il a pour effet de nous débarrasser d’une sorte de poids qui nous oppresse. 11 diffère du sanglot en ce que ce dernier est involontaire et convulsif. p. l.
SOURCILS. — Nom donné par les anatomistes à une saillie musculo-cutanée, couverte de poils, inclinée de dedans en dehors, et située au-dessus de l'œil. Le sourcil présente une forme arquée, à concavité inférieure. La grosse extrémité ou extrémité interne constitue la tète du sourcil, sa partie moyenne ; le corps du sourcil, et sa partie externe, effilée, la queue du sourcil. Le sourcil est mobile, ses mouvements sont produits par le muscle sourciller. Ils expriment les diverses passions. Les poils du sourcil sont destinés à protéger l’œil contre l'action trop intense des rayons lumineux et contre la sueur qui s’écoule du front.
Les plaies des sourcils peuvent déterminer des hémorrhagies. On doit les panser avec de grands soins de propreté afin d’éviter les érysipèles qui compliquent souvent ces plaies. Lest sourcils sont fréquemment le siège de kystes, particulièrement de kystes dermoïdes. p. L.
SOURCILIER. — Nom donné par les anatomistes à un petit muscle qui s’attache, en dedans, à la partie interne de l’arcade sourcilière de Los frontal, en dehors, à la face profonde de la peau, au niveau de l’origine de la queue du sourcil. Ce muscle a pour action de tirer le sourcil en dedans. Lorsqu’il se contracte, il donne à la physionomie une expression caractéristique de souffrance, et si sa contraction est très grande, cette physionomie rend au plus haut degré l’expression de la douleur physique ou morale. Du reste, on l’appelle souvent muscle de la douleur. p. i.
SOURD. — On appelle ainsi les individus atteints de surdité (X. ce mot). P. L.
SOURD-MUET. — Nom donné à l’individu atteint de surdi-mutité (Y. ce mot). p. L.
SOURDS-MUETS (assistance publique des). — Le sens de l’ouïe est vraiment le sens intellectuel. Intelligence et entendement ne sont-ils pas synonymes? IMaton l’a dit: « La parole est la lumière de l’âme. »
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Ainsi celui qui naît sourd reste muet. La déchéance intellectuelle et morale semblait donc être la fatale conséquence de la privation de l’ouïe. Et cependant les sourds-muets ont été replacés dans l'héritage commun; leur intelligence morte-née en quelque sorte, est ressuscitée grâce à l’Abbé de l’Épée. Son exemple, ses leçons, son dévouement
— Le but de cette institution, installée pour recevoir trois cents garçons, est de préparer les sourdsmuets, suivant leurs aptitudes individuelles, à l’apprentissage d’un métier ou à l’exercice d’une profession libérale.
La durée du cours d’études est de sept ans. Une huitième année peut, toutefois, être accordée en
n’ont pas été stériles, car son œuvre se continue, se perpétue en se perfectionnant.
En France, tous les moyens qui peuvent servir à l’éducation et à l'instruction de ces déshérités du sort sont mis en application dans trois grands établissements charitables qui relèvent de l’Etat : les Institutions nationales des Sourds-Muets de Paris et de Chambéry, l'Institution nationale des Sourdes- Muettes de Bordeaux.
Institution nationale des Sourds-Muets de Paris.
raison de circonstances particulières qui justifieraient cette faveur.
L’État entretient des bourses dans l’Institution nationale des Sourds-Muets de Paris. On admet aussi dans l'Institution des élèves boursiers des départements, des villes et des administrations hospitalières, ainsi que des pensionnaires des familles. Le prix de la pension est fixé pour ces derniers à mille francs par an, à moins d’une réduction qui ne peut être accordée que par le ministre de l'in-
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térieur. Le prix de la bourse concédée par les départements, les villes et les administrations hospitalières est de six cents francs.
Les demandes d’admission gratuite doivent être adressées au ministre de l’intérieur. L’engagement doit y être pris d’acquitter la somme de trois cent vingt francs pour payement du trousseau, qui est toujours k la charge des familles et qui est payable avant l’entrée dans rétablissement. Ces demandes d’admission doivent en outre, être accompagnées des pièces dont l’énumération suit: acte de naissance de l’enfant, certificat d’un médecin (désigné par l’administration préfectorale et dont la signature doit être légalisée), constatant que l’enfant est atteint de surdité complète et incurable, qu’il jouit de toutes ses facultés intellectuelles, qu’il n’est pas épileptique, qu’il n’est atteint ni de scrofule au second degré, ni de maladie contagieuse, ni d’aucune infirmité qui le rende inhabile aux travaux dont les sourds-muets sont capables ; enfin, qu’il a eu la petite vérole ou qu’il a été vacciné avec succès.
Les enfants ne peuvent être reçus dans l’institution avant l’âge de dix ans ni après treize ans révolus, à moins qu’ils n’aient reçu un commencement d'instruction.
Institution nationale des Sourds-Muets de Chambéry. — Dans cet établissement, les enfants sourdsmuets des deux sexes reçoivent l’instruction intellectuelle et sont préparés, suivant leur aptitude individuelle, à l’exercice d’un métier ou d’une profession agricole. La durée du cours d’études est de six ans. Les admissions en qualité de boursiers ne sont prononcées qu’en faveur d’enfants ayant dix ans révolus ou n’ayant pas dépassé leur quinzième année. Le prix de la pension est, pour les familles, de six cents francs par an; celui des bourses fondées par les départements, les communes et les administrations charitables, est fixé à cinq cents francs. Les frais du trousseau sont de deux cent quarante francs une fois payés.
Les pièces à produire pour l’admission sont les mêmes que pour les Institutions nationales de Paris et de Bordeaux.
Institution nationale des Sourdes Muettes de Bordeaux. — Cette institution, destinée aux jeunes sourdes-muettes, obéit aux mêmes principes que celle de Paris. On y donne aux jeunes filles atteintes de cette infirmité, l’instruction intellectuelle et on leur y apprend les travaux manuels de leur sexe. Les études y ont une durée de six ans; une prolongation d’une année peut être accordée aux élèves qui se sont fait remarquer par leur conduite et leur application.
Le ministre de l’intérieur nomme aux bourses de l'État. Le prix de la pension payée par les familles varie entre six cents francs au minimum et mille francs au maximum, suivant leur position de fortune. Le prix des bourses départementales, communales ou hospitalières est de cinq cents francs par an. Toute élève, à quelque titre qu’elle ait été admise, est tenue de verser, en entrant dans l’établissement, une somme de trois cents francs, représentative de la valeur du trousseau qui lui est fourni par l’institution.
Il existe de plus, en France, un certain nombre d’écoles départementales et d’institutions privées affectées à l’instruction des sourds-muets.
Méthodes diverses pour l’instruction des sourdsmuets. — Méthode mimique. — Cette méthode est constituée par un ensemble de procédés destinés à enseigner aux sourds-muets notre langue parlée. Ces procédés sont au nombre de cinq: signes mimiques, écriture, mimophonie (ou pseudo-parole), dactylologie et dessin. La dactylologie, qu’on a dénommée parfois écriture en l'air, est l’art d’exécuter avec les doigts les lettres de l’alphabet.
Nous reproduisons plus haut l’alphabet-manuel en usage pour les sourds-muets.
La plupart des sourds-muets ont une aptitude toute spéciale pour tous les ouvrages qui touchent directement à la reproduction de la forme et, par suite, pour le dessin. C’est à cette aptitude que le langage mimique a emprunté l’une de ses inspirations: la combinaison des signes naturels et conventionnels destinés à représenter les opérations de la pensée. Ainsi pour désigner une maison, le sourd-muet en figure la forme générale avec ses mains disposées en forme de toit. Pour désigner une église, il ajoute au signe de maison celui de prière. Pour signaler un oiseau, il indique le bec et les ailes.
On a dit des signes mimiques, qu’ils jouent le même rôle dans l’esprit du sourd-muet, que les propositions et les mots dans l’esprit de ceux qui parlent, lui servent à fixer ses idées, à les comparer entre elles, à les combiner ensemble, à s’entretenir avec lui-même aussi bien qu’avec ses semblables.
Certains esprits soutiennent que le langage mimique est indispensable au premier développement intellectuel de l’enfant et que l’élude de l’articulation ne devrait commencer qu’après un certain temps de séjour dans les établissements d’instruction.
Méthode orale pure. — Cette méthode qui offre le moyen d’instruire les sourds-muets parla parole, n’est pas nouvelle. Depuis le seizième siècle, l’articulation et la lecture sur les lèvres fait partie des procédés employés pour l’éducation des sourdsmuets.
' Lecture sur les lèvres, parole, écriture, telle est dans cette méthode, la gradation suivie pour l’instruction du sourd-muet. L’emploi des signes est rigoureusement exclu de cet enseignement et les premières communications du maître avec l’élève ne s’établissent qu’au moyen du langage d’action. Le professeur prend un peu de droite et de gauche et surtout dans son propre fonds. Il n’existe pas en effet de méthode proprement dite. L’ouvrage qui veut paraître nouveau n’est que la réédition de ce qui a été dit et redit. Le mode d’enseignement varie suivant les dispositions naturelles de tel ou tel élève.
L’articulation a un grand avantage : c’est d'éveiller l’attention et la curiosité de l’ouïe. Or, comme nous l’avons dit au début de la présente étude, le sens de l’ouïe est vraiment le sens intellectuel. Mais il semble que des résultats réellement satisfaisants ne peuvent être obtenus que pour les sujets qui
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ont parle. Pour bien exprimer sa pensée clans une langue, il faut que l'intelligence formule cette pensée dans cette même langue; le sourd-muet qui a parlé est seul en état de formuler sa pensée au moyen des mots de la langue dont il a fait usage. Du reste, l’oreille la moins exercée, et nous en parlons par expérience, distingue immédiatement d’après la parole articulée si elle vient d’une personne atteinte de surdité congénitale ou de surdité acquise, tant est sensible la différence des sons.
Quant à la lecture sur les lèvres, les élèves arrivent à saisir plus ou moins bien la parole sur les lèvres de leur professeur aux mouvements duquel ils sont habitués. Mais, à leur sortie des établissements d’instruction, la question se pose de savoir s’ils pourront lire sur les lèvres du premier interlocuteur venu
Des constatations qui précèdent il semblerait résulter que l’enseignement de la méthode orale pure doit être restreints aux jeunes sourds-muets qui seraient en état de pouvoir en profiter, c’est-à-dire aux sujets qui ont entendu et parlé pendant les premières années de leur existence, et nous ajouterons même à ceux qui sont doués d’une intelligence exceptionnelle.
Il y aurait donc lieu de déterminer la somme d’instruction indispensable à un sourd-muet pour gagner facilement sa vie et à ne pas viser au delà pour la grande généralité qu’il faut diriger, le plus tôt possible, sur les ateliers où, occupés à des travaux industriels, ils trouveront un emploi plus utile de leur temps qu'en poursuivant sans profit pour eux leurs éludes intellectuelles. On les mettra de la sorte en état de suffire à leur existence par le travail, et il ne faut pas oublier que cette nécessité s'impose, puisque la plupart des jeunes sourdsmuets placés dans nos institutions, appartiennent à des familles pauvres. 11 faut donc leur assurer un enseignement professionnel pratique et bien constitué.
méthode dite PHoxoMiMiQUE. — Cette méthode consiste dans l’application des moyens propres à permettre renseignement simultané des sourdsmuets avec les entendants-parlants.
La plionomimie est la parole décomposée par les gestes. C’est un alphabet onomatopique formé de gestes et décomposant la parole; en somme un alphabet dactylologique avec cet inconvénient grave que le sourd-muet peut défigurer les mots eu ne donnant pas l’orthographe.
Le vrai terrain du procédé phonomimique paraît être la salle d’asile où le petit sourd-muet peut en effet, par ce procédé, prendre à l’exercice général la part que lui permet là son infirmité. Le séjour du sourd-muet dans une école de parlants semble donc ne pouvoir être qu’une préparation à son admission dans une école spéciale.
Statistique des sourds-muets. — D’après les renseignements fournis par la statistique, le nombre des sourds-muets en France est, en chiffres ronds, de2j,000, c’est-à-dire de f sur 1,408 habitants pour une population ayant dépassé l’àge de deux ans. 11 faut en effet retrancher de l’effectif total de la population les enfants âgés de moins de deux ans, puis-
que les cas de surdité qui existent parmi eux ne sont pas encore connus.
Le nombre des sourds-muets est de 100 à 200 pour les départements des basses -Alpes, des Alpes-Maritimes, de l’Aude, des Bouches-du-Rhône, du Calvados, de la Charente, de la Charente- Inférieure, du Cher, du Doubs, de la Drôme, de l’Eure, d’Eure-et-Loir, du Gers, de l’Indre, des Landes, de Loir-et-Cher, du Loiret, du Lot, de Lot-et-Garonne, de la Lozère, de la Marne, de la Haute-Marne, de la Mayenne, de l’Orne, de la Haute-Saône, de la Sarthe, des Deux-Sèvres, de Tarn-et-Garonne, du Var, de Vaucluse, de la Vienne, de la Haute- Vienne.
De 201 à 400 dans les départements dont l’énumération suit : Ain, Aisne, Allier, Alpes (Hautes-), Ardèche, Ardennes, Ariège, Aube, Aveyron, Cantal, Corrèze, Corse, Côle-d’Or, Creuse, Dordogne, Gard, Garonne (Haute-), Gironde, Hérault, Ille-et-Vilaine, Indre-et-Loire, Jura, Haute-Loire, Maine-et-Loire, Manche, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Morbihan, Nièvre, Oise, Pyrénées (Basses-), Pyrénées-Orientales, Seine, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise , Somme, Vosges, Yonne.
De 401 à 600 en ce qui concerne : Les Côtes-du- Nord, le Finistère, l’Isère, la Loire, la Loire-Inférieure, le Pas-de-Calais, le Rhône, la Saône-et-Loire, la Haute-Savoie, la Seine-Inférieure.
De 601 à 0j3 dans le Puy-de-Dôme, la Savoie, le Nord.
Causes générales de la surdi-mutité. — Quant aux causes générales de la surdi-mutité, le lecteur les trouvera énumérées à l’article Surdi-mutité, de notre savant collaborateur le Dr Baratoux, si compétent en la matière.
Affirmons seulement, en terminant cet article, que, contrairement à une opinion mondaine erronée mais fort accréditée, les facultés intellectuelles et morales du sourd-muet sont en principe les mêmes que celles de l’entendant parlant et qu’on en peut faire un citoyen utile à lui-même et à la Société. TllIGANT DE beaumoxt.
SOUS-ACÉTATE. — (V. Acétate.)
SOUS-CARBONATE. — (V. Carbonate .)
SOUS-CLAVIER. — Nom donné par les anatomistes à un muscle, à une artère et à des veines.
Le muscle sous-clavier est un petit muscle fusiforme, couché sur la face inférieure de la clavicule, qui s’insère en dedans, au cartilage de la première côte et, en dehors, à la partie externe de la face inférieure de la clavicule. Son action consiste à appliquer contre le sternum l’extrémité interne de la clavicule.
L’artère sous-clavière naît à droite du tronc brachio-céphalique et à gauche de l’aorte. Ces deux artères décrivent une courbe à concavité inférieure; elles s’étendent jusqu’à la partie moyenne de la clavicule où elles prennent le nom d'artères axillaires. L’artère sous-clavière fournit sept branches collatérales : deux supérieures : la vertébrale et la thyroïdienne inférieure ; deux inférieures : la mammaire interne et l 'intercostale supérieure, et
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