STU
STY
roide, doué d’une amertume excessive, et dont 11 gramme correspond à 0er,7o de strychnine pure, possède la même action physiologique et les mêmes usages que l’alcaloïde qui lui sert de base. C’est un médicament soluble dont les diverses préparations pharmaceutiques sont, dans un bon nombre de cas, préférablement employées, sous forme de poudre, de pilules ou de granules. Dr marc. Caubouuves.
Empoisonnement par la strychnine. — L’empoisonnement par la strychnine est presque toujours accidentel en France; mais il n’en est pas de même dans la Grande-Bretagne. Un médecin légiste éminent, mort en février 1887, Gallard, a rapporté plusieurs cas d’empoisonnements criminels, suicides et accidentels, qui ont eu lieu en Angleterre, à l’aide d’une préparation vermicide désignée sous le nom de Bailles vermin Killer,e t contenant une quantité notable de strychnine. Un seul cas d’empoisonnement criminel par la strychnine a été observé en France, et a été jugé devant la Cour d'assises de la Seine-Inférieure en août 1865.
La strychnine produit la mort, chez l’adulte, à la dose de 1 à 2 centigrammes. Aussitôt après l’ingestion du poison, on observe une angoisse et une agitation promptement suivies de spasmes et de contractions toniques. Une raideur générale s’empare des muscles; le corps est renversé dans la position en arrière, la parole est entrecoupée, l’intelligence nette; les membres sont agités de secousses plus ou moins violentes. Celte contraction se dissipe après un temps variable, pour faire place à un instant de calme qui est suivi d'un second accès plus violent que le premier, puis d’un troisième plus violent encore; enfin la mort arrive après un nombre d’accès variable, accès qui augmentent toujours en intensité. Il n’existe pas, chez l’homme, un seul exemple d’empoisonnement dans lequel la mort n’ait été précédée de plusieurs accès convulsifs.
Aussitôt après la mort, survient une rigidité cadavérique remarquable. On trouve à l’autopsie une congestion prononcée des vaisseaux du cerveau, de ses membranes et de la moelle épinière. Le cœur est tantôt rempli de sang, tantôt vide; le sang est fluide.
C’est à tort que l’on a avancé que les individus tués par la strychnine présentaient les lésions de l’asphyxie; on ne trouve aucune altération particulière dans le poumon et dans les organes digestifs.
Le traitement consiste à évacuer l’estomac par les vomitifs et la pompe gastrique et à administrer les antidotes. Les principaux sont le tannin, le chlore et l'iode: le tannin forme un précipité de tannale de strychnine; le chlore, un précipité blanc de trichloroslrychnine; l'iodure de potassium précipite la strychnine ainsi que la plupart des alcaloïdes. D' A. Lotaud.
STUPEUR. — On désigne sous le nom de stupeur un engourdissement des facultés intellectuelles qui rend le sujet inditférent à tout ce qui se passe autour de lui. La stupeur est due à un état congestif du cerveau. p >
STYLET. — Nom donné à un petit instrument de chirurgie dont on se sert pour sonder les plaies et les trajets fistuleux. Cet instrument, en argent ou en acier, long de 15 à 18 centimètres, assez flexible pour prendre facilement la forme des trajets que l’on veut explorer, se compose d’une tige terminée à l’une de ses extrémités par une petite tête arrondie, destinée à explorer les plaies et munie généralement, à son autre extrémité, d’un large chas dans lequel on peut introduire la mèche de charpie ou de linge que l’on veut porter dans la plaie ou le trajet fistuleux. p. l.
STYLO-GLOSSE. — Nom donné par les anatomistes à un petit muscle qui s’insère à l’apophyse styloïde et descend sur les côtés de la langue où il se termine en s’épanouissant en plusieurs faisceaux. Ce muscle est rétracteur de la langue. p. l.
STYLO-HYOÏDIEN. — Nom donné par les anatomistes à un muscle qui s’insère, d’une part, à l’apophyse styloïde et, d’autre part, à la base de la grande corne de l’os hyoïde. Ce muscle est élévateur de l’os hyoïde. p. l.
STYLOÏDE. — Nom donné par les anatomistes : 1° à une apophyse longue et grêle, située à la face inférieure du rocher (V. ce mot); 2° aux saillies osseuses de l’extrémité inférieure du radius et du cubilus (V. ces mots). p. jl.
STYLO-MASTOÏDIEN. — Nom donné par les anatomistes : 1° à une artère, branche de l’artère occipitale, située dans l’aqueduc de Fallope; 2“ à un trou formé par l’orifice inférieur de l’aqueduc de Fallope à la face inférieure du rocher (V. ce mot). p. l.
STYLO-PHARYNGIEN. — Nom donné par les anotomistes à un muscle long et grêle étendu de l’apophyse styloïde à l’aponévrose du pharynx. Ce muscle est élévateur du pharynx pendant la déglutition. p. L.
STYPTIQUE. — On donne le nom de styptique à certains médicaments astringents qui, introduits dans l’économie, resserrent le calibre des vaisseaux. Les principaux stypliques sont : l’alun, le tannin, le sulfate de zinc, le ratanhia, le cachou et les acides minéraux étendus d’une certaine quantité d’eau. p. L.
STYRAX. — Nom donné par les chimistes à un produit obtenu en faisant bouillir dans de l’eau de mer l’écorce d’un arbre appelé liquidambar (V. ce mot), qui se présente sous la forme d’une substance grisâtre, molle, tenace, d’une odeur forte, d’une saveur stimulante, aromatique, mais sans âcreté, très peu soluble dans l’alcool froid, soluble au contraire en toute proportion dans l’alcool chaud. Jadis conseillé contre la blennorrhagie, mais sans succès, le styrax ne sert plus guère qu’à la fabrication de ['onguent styrax, dont voici la formule :
Huile d’olive 375
Styrax liquide 250
SUB
SUB
Colophane
Résine éléni
Cire jaune
employé quelquefois à l’extérieur comme topique stimulant, dans le pansement des plaies et des ulcères atoniques. P. l
SUBDÉLIRIUM. — On désigne sous ce nom une sorte de délire incomplet dans lequel les malades tiennent des propos inintelligibles, sont tourmentés par des rêves continuels ou se livrent à des actes sans but apparent. Le subdélirium se rencontre dans un grand. nombre d’affections fébriles. p. l.
SUBLIMÉ. — Le sublimé corrosif n’est autre chose que le bichlorure de mercure (V. Mercure), p. l.
SUBLINGUAL. — Nom donné quelquefois par les anatomistes à l’artère linguale (V. ce mot), et à une glande salivaire (V. ce mot). p. l.
SUBLUXATION. — On désigne sous se nom une luxation incomplète dans laquelle les surfaces articulaires ne sont pas complètement séparées, p. l.
SUBMERSION. — La submersion peut déterminer deux ordres de phénomènes distincts : ou bien l’individu submergé succombe à une véritable asphyxie après avoir fait des efforts pour surnager et respirer; ou bien, après avoir été précipité subitement dans l'eau, il éprouve un violent saisissement, tombe en syncope, et la mort est alors produite par la congestion cérébrale, l’apoplexie, ou toute autre cause.
Dans le premier cas, on observe une pâleur générale, des excoriations à la face dorsale et au bout des doigts, de la vase ou du sable sous les ongles, quelquefois des plaques rosées ou violacées aux oreilles, aux cuisses et sur d’autres points du corps. Le submergé qui a lutté contre la mort s’est efforcé de remonter à la surface pour respirer, mais il a aspiré de l'eau en même temps que de l’air, de là la formation de l’écume et la présence de l’eau dans les bronches. La présence de l’eau et de l’écume dans les voies respiratoires est aujourd’hui incontestée et constitue, d'après G. Bergeron et Montano, le seul signe constant et certain de la mort par submersion : on trouve environ une cuillerée d’eau et l’écume est blanche, mousseuse avec des bulles fines qui s’affaissent comme des bulles de savon à l’ouverture du larynx et de l’œsophage. L’estomac contient une quantité d’eau plus considérable qui peut être évaluée à un demilitre.
Les poumons sont augmentés de volume, durs, engoués, crépitants sous le doigt. Ils présentent une coloration grise ou violacée et, au lieu de s’affaisser au moment de l’ouverture du thorax, ils résistent à la main qui les comprime et, si l’on pratique des sections dans le parenchyme, on voit s’écouler une grande quantité d’un liquide spumeux, rosé et sanguinolent. L'examen à la loupe permet facilement de constater que des vésicules pleines d'air, d’un diamètre considérable, sont mêlées à des vésicules très fines et que quelques-unes, très
distendues, se sont rompues et ont laissé échapper de l’eau qui s’est épanchée sous la plèvre.
Tous les auteurs admettent que la fluidité du sang est constante chez les noyés; mais d’après Faure, ce phénomène n’existe pas chez les individus qui ont été retirés de l’eau avant d’avoir cessé de vivre ni chez ceux qui n’y ont été précipités qu’après leur mort.
Dans le second cas, lorsque l’individu submergé succombe à une congestion cérébrale, on ne trouve pas d eau dans l’estomac ni d’écume dans les bronches et la trachée. C’est dans les viscères qu’on retrouve les lésions caractéristiques de l’affection qui a produit la mort. L’état piqueté de la substance cérébrale est alors le fait le plus commun. Dans certains cas, il y a à la fois congestion cérébrale et asphyxie et on trouve réunis les symptômes et les lésions qui correspondent à chacun de ces états.
Médecine légale. — On peut réduire à trois le nombre des questions médico-légales soulevées par la submersion : t" La mort est-elle le fait de la submersion? 2° La mort par submersion est-elle le résultat d’un accident, d’un suicide ou d’un homicide? 3° Combien de temps le cadavre a-Gil séjourné dans l’eau?
1° La mort est-elle le fait de la submersion? —
D’après l’exposé que nous venons de faire, il est facile de voir que les signes de la submersion n’ont rien de caractéristique, si ce n’est toutefois l’écume bronchique et la présence d’un peu d’eau dans les voies respiratoires et l’estomac. 11 sera donc souvent difficile de résoudre cette question et d’affirmer que l’individu submergé a succombé à la submersion. Néanmoins l’expert examinera avec le plus grand soin toutes les circonstances relatives au lieu et à l’état où a été trouvé le cadavre, il pratiquera l’autopsie et notera comme l’indice le plus important la présence de l’écume bronchique. Il notera également l’état du cerveau, du cœur et des vaisseaux, et constatera avec soin la quantité d’eau contenue dans l'estomac.
2“ La mort par submersion est-elle le résultat d'un accident, d'un suicide ou d’un homicide ? —
Les traces de violences que peut présenter le cadavre submergé , telles que liens aux membres, poids suspendus au corps, coups de feu, ne sauraient être des preuves décisives en faveur de l’homicide. On a vu souvent des individus s’attacher eux-mêmes des poids aux jambes et se tirer des coups de feu au moment de se précipiter dans l’eau. L’expert devra donc avoir recours dans ces cas aux moyens qui peuvent faire distinguer le suicide de l’homicide, examiner le siège et la direction des blessures ainsi que la manière dont les liens ont été placés.
Cependant lorsque le cadavre d’un noyé ne présente aucune trace de violences, on doit croire à un suicide ou à un accident, car il est difficile d’admettre qu'un individu puisse être violemment précipité dans l’eau sans opposer une résistance qui laisserait quelques traces. D’un autre côté, la submersion criminelle est plutôt pratiquée dans le but de faire disparaître le cadavre d’un individu homicidé que comme moyen direct d’homicide. Tardieu
SUB
SUG
fait encore justement remarquer à ce sujet que, chez les individus qui ont péri submergés, la cnngcslion et l'engouement sanguin occupent loute l’étendue du poumon, qu’on y observe rarement des ecchymoses sous-pleurales et des épanchements sous-pei icràniens et sous-péricardiques. En sorle que si l'on renconlre ces trois dernières lésions sur des corps retirés de l’eau, on sciait autorisé à conclure que la suffocation a précédé l’immersion, et que l’on n’a noyé qu’un cadavre.
3" Combien de temps le cadavre a-t-il séjourné dans l'eau? — C’est grâce aux beaux travaux de. Devergic sur la putréfaction dans l'eau qu’il est. permis, dans beaucoup de cas, de répondre à celte question. Nous allons rapporter d’après cet éminent médecin légiste, l’ordre d'apparition des phénomènes de la putréfaction dans l'eau; mais nous ferons d'abord remarquer que quelques heures du contact de l’air suffisent pour rendre 1res difficile la tâche do l’expert. Le corps du submergé qui séjourne à l’air s’altère très rapidement et il arrive presque toujours qu’on suppose la mort plus ancienne. qu’elle n’est réellement.
Pendant l’hiver on observe les phénomènes suivants :
P. ndanl les trois premiers jours, nulle alération.
De trois à cinq jours, rigidité cadavérique, l'épiderme des mains commence à blanchir.
De quatre à huit jours, les parties sont 1res souples et ont conservé leur couleur naturelle, l’épiderme de la paume des mains est très blanc.
De huit a dix jours, face ramollie présentant une teinte blafarde, différente de celle de la peau du reste du corps; l’épiderme de la face dorsale des mains commence à blanchir; teinte blanche de la face plantaire des pieds.
Quinze jours : épiderme des mains et des pieds tout à fait blanc et commençant à se plisser; face bouffie, rouge par places; teinte verdâtre de la partie moyenne du sternum.
Un mois ; épiderme des pieds et des mains très blanc, plissé comme par des cataplasmes, face rouge brunâtre, paupières et lèvres vertes, plaque rouge brune, environnée d'une teinte verdâtre à la partie antérieure de la poitrine.
Deux mois : épiderme des mains et des pieds en grande partie soulevé et délaché du derme, face généralement brunâtre tuméfiée, cheveux adhérents, ongles encore adhérents.
Deux mois et demi : épiderme cl ongles des mains détachés, épiderme des pieds délaché, ongles encore adhérents; chez la femme, le Itssu cellulaire sous culané est plus abondant et il est converti en gras de cadavre aux joues, aux sourcils, au menton, à la partie supérieure du cou; il y a également saponification superficielle des mamelles, des aines cl de la partie antérieure des eui-ses.
Ti ois mois et demi : destruction d’une partie du cuir chevelu, des paupières, du nez; saponification partielle de la face, île la partie supérieure du cou et des aines; corrosion cl destruction de la peau sur diverses parties du corps; épiderme des mains et des pieds complètement enlevé, ongles tombés.
Quatre mois et demi : saponification presque totale do la graisse de la face, du cou, des aines el de
la partie antérieure des cuisses; commencement d'incrustation calcaire sur les cuisses; commencement de saponification de la partie antérieure du cerveau ; état opalin de la plus grande partie de la peau ; décollement et destruction de la presque totalité du cuir chevelu, calotte osseuse dénudée, commençant à être très friable.
A une époque plus reculée, il n’est plus possible d’indiquer, même approximativement, les phénomènes de la putréfaction.
Les résultats ont été obtenus pendant l’hiver; s’il s’agissait pendant l’été de fixer, d’après les phénomènes de la putréfaction, le temps pendant lequel un individu a été submergé, il faudrait évidemment tenir compte de la différence des saisons. D’après Devergie, cinq à huit heures de séjour dans l’eau en été correspondent à trois à cinq jours en hiver; vingt-quatre heures équivalent à quatre à huit jours; quatre à quinze jours; douze jours à un mois ou six semaines.
11 faut tenir compte également des saisons intermédiaires, du temps que le cadavre a séjourné hors de l’eau, de la nature du milieu dans lequel il a été submergé, de l’âge, du sexe, de l’étal d'embonpoint et de santé de l’individu noyé. Nous le répétons, les expériences de Devergie qui remontent à 1829 ont été reproduites sans contrôle par tous les auteurs et l'étude de ces altérations ne repose pas encore sur ces données absolument posilives. Il serait même à désirer que de nouvelles expériences fussent instituées en cette importante question. L'expert ne se prononcera donc qu’avec circonspection et après avoir tenu compte de toutes ces données. Dr a. Lutaud.
SUBSTITUTIF. — Nom donné, en thérapeutique, à un médicament ayant pour but de produire sur un organe malade une phlegmasie différente de celle qui s’y trouve, pouvant se substituer à elle, et se guérissant ensuite avec plus de faeililé que l’autre n’aurait pu faire (Bouchut). C’est ainsi qu’on fait de la thérapeutique substitutive en instillant un collyre au nitrate d’argent dans l’ophthalmie ou en donnant de l’huile de croton dans la diarrhée. Le nitrate d’argent et la teinture d’iode sont les médicaments substitutifs le plus employés. p.
SUC. — On désigne sous ce nom le liquide obtenu par l’expression d’une substance animale ou végétale. Les sucs animaux sont : le suc gastriqu », le suc pancréatique et le suc intestinal (V. diystiou , estomac, pancréas et intestins). Les sucs végétaux so divisent en sucs aqueux, huileux et résineux (V. huile et résine). Les sucs aqueux sont composés de substances entièrement dissoutes dans l’eau; on les obtient par expression, par macération et par grattage. On désigne sous le nom de sucs d'herbes certains sucs utilisés en thérapeutique et qu’on obtient par l’expression de certaines plantes telles que le cresson de fontaine, le cochléaria, le trèfle d'eau. Les sucs entrent dans la composition d’un certain nombre de sirops dont on fait usage en médecine. p. L.
SUCCÉDANÉ. — On donne le nom de succédané à
suc
suc
tout médicament qu'on peut substituer à un autre parce qu’il présente les mêmes propriétés, p. l.
SUCCION. — On désigne sous ce nom l'acte par lequel on attire un liquide dans la bouche en l’aspirant à l'aide des lèvres et de la langue. La succion des plaies empoisonnées constitue un excellent mode de traitement, sans danger pour celui qui la pratique, à condition que la muqueuse buccale ne présente pas d’érosions. p. i,
SUCRES. — Les sucres sont des principes ternaires pouvant être considérés comme formés par l’union du carbone avec les éléments de l’eau. Ils appartiennent à une classe nombreuse de composés organiques que, pour celte raison, l’on a désignés sous le nom d'hydrates de carbone. Tous possèdent une saveur douce sui generis, tous sont solubles dans l’eau et susceptibles de se dédoubler sous l'in fluence d’un ferment, en alcool et acide carbonique.
On peut diviser les sucres en deux groupes distincts: le premier comprend les sucres qui ne fermentent pas directement, mais qui éprouvent la fermentation alcoolique lorsqu’ils ont été transformés en glycose; les principaux sont : le sucre de canne et le sucre de lait ou lactose; le second groupe comprend les sucres qui subissent directement la fermentation alcoolique sous linfluence de la levure de bière ; le plus répandu est la glycose ou sucre de raisin.
Sucre de raisin ou glycose. — Le sucre de raisin (sucre d'amidon, sucre de diabète), se présente dans le commerce sous la forme de masses mamelonnées, incristaliisables, moins solubles dans l’eau froide et plus solubles dans l’alcool que le sucre de canne. Sa saveur est franche, farineuse, trois fois moins sucrée que celle de ce dernier, ce qui rend la glycose très inférieure à la saccharose comme matière sucrante. La glycose existe naturellement dans le sang et quelquefois dans des proportions tellement exagérées qu’on a vu des diabétiques en rendre plus d'un kilogramme par jour. Elle existe encore dans les raisins, les prunes, les figues, les pèches, les abricots, etc., et dans l'amidon et la fécule traités par l’acide sulfurique dilué. C’est une substance très rarement employée en médecine, mais à tort, car il est certains élats cachectiques graves, certaines chloro-anémies profondes où l'estomac est altéré à tel point que les matières azotées ne sont pas les seules à n’être pas digérées, les féculents aussi ne peuvent être absorbés parce qu’ils ne se transforment pas en glycose. Ils sont alors rejetés au dehors sans avoir été brûlés dans l’économie et sans avoir pu servir de nutrition. On comprend qu’en pareil cas la glycose sera un aliment respiratoire précieux, je dirai même un médicament d'utilité réelle.
Sucre de canne. — Le sucre de canne qui est le type des matières sucrées est retiré de la canne à sucre et de la betterave, d’où les noms de sucre de canne, sucre de betterave. On cultive la canne à sucre sous les tropiques, en Asie, en Afrique et en Amérique; la betterave est principalement cultivée dans le nord de la France. Qu’on ait recours à l’une
ou à l’autre de ces deux plantes, elles fournissent un sucre qui diffère des autres principes sucrés par sa belle cristallisation et par son goût exquis. 11 se dissout à parties égales dans l’eau froide et en toutes proportions dans l'eau bouillante. Peu soluble dans l’alcool, il est absolument insoluble dans l'éther. Le sucre se présente sous plusieurs formes. I :s plus ordinaires sont le sucre blanc raffiné et le sucre candi; puis nous avons les sucres plus ou moins impurs connus sous les noms de cassonades et de mélasses. Enfin si l’on porte le sucre ordinaire à la température de 180 degrés, il fond en un liquide gluant et incolore qui, par le refroidissement, se prend en une masse transparente, amorphe, vitreuse, connue sous le nom de sucre d'orge; vers 220 degrés il perd deux équivalents d’eau et se transforme en un corps brun, le caramel ; en élevant davantage la température, il se décompose entièrement et laisse pour résidu un charbon très noir, léger et boursouflé.
Sucre de lait ou lactose. — (V. Lactose, Lait.)
Usage du sucre comme aliment et médicament. — Pris en petite quantité, le sucre est un aliment respiratoire par excellence, il entretient la respiration et contribue à la formation et à l'augmentation des matières grasses de l’économie. Pris, au contraire, en trop grande quantité, il rend la langue épaisse, pâteuse, donne delà soif, des douleurs d'estomac, de la perle d’appétit et de la constipation, enraye les fonctions digestives et cause de l’embarras gastrique. Des dérangements fonctionnels s’observent très fréquemment chez les enfants qu’on a habitués aux sucreries; ils deviennent pâles, chétifs, sans vigueur, ils ont un dégoût prononcé pour tous les aliments azotés sans exception; aussi les substances réparatrices étant prises par eux en quantité insuffisante, leurs organes se développent incomplètement et ils conservent parfois toute leur vie les caractères marqués de la cachexie scrofuleuse. Une nourriture choisie, l’exercice et le grand air, ne sont-ce pas là les trois conditions essentielles pour le développement régulier de nos organes !
En médecine, le sucre présente des indications variées. Il favorise la sécrétion de la salive, calme la sécheresse de la gorge, facilite l’expectoration, apaise les toux fatiguantes laryngées et bronchiques: aussi est-il très fréquemment employé contre les angines et les rhumes. Parfois il devient un excellent digestif, un bon palliatif de la pyrosis et de la gastralgie lorsqu’il est pris dans un verre d’eau sucrée, aromatisée ou non avec de l’eau de fleurs d’oranger. Les insufflations de sucre en poudre avec ou sans calomel sur les taches et les ulcères de la cornée, les applications topiques de cette môme poudre sur les aphlhcs et les gerçures du mamelon produisent souvent de très bons résultats. Le sucre peut même jouer dans certains cas le rôle d’un véritable désinfectant, c’esl lorsque, brûlé sur une pelle chauffée au rouge, il répand des vapeurs épaisses et très odorantes qui servent à neutraliser les mauvaises odeurs de la chambre d’un malade. Le sirop de sucre lui-même est un médicament d’un usage universel. Il n’est pas jusqu’à la cassonade et la mêlasse qu’on n'ulilisc quelquefois par