‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 270 sur 344 · ST H · texte numérisé non relu

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et dans la direction à donner à l'œil après l’opération.

En outre de ce procédé, qui s’applique à la très grande majorité des cas de strabisme, il y a deux procédés, qui s’appliquent à certains cas particuliers: le déplacement du tendon en avant et l’avancement capsulaire.

En résumé, l’opération du strabisme est très simple, très élégante même, très inoffensive, et il est bien peu de cas dans lesquels on ne puisse obtenir un succès complet. n» a. Chevallereau,

Chirurgien-oculiste de la Compagnie du chemin de fer de Paris-Lyon.

STRABOTOMIE. — Nom donné par les oculistes à l’opération du strabisme (V. ce mot). p. l.

STRAMOINE. — Nom donné par le vulgaire au datura stramonium (V. ce mot). p. l.

STRANGULATION. — La strangulation consiste dans une constriction exercée directement soit autour, soit au-devant du cou, et ayant pour effet, en s’opposant au passage de l’air, de suspendre brusquement la respiration et la vie.

La strangulation peut être produite de différentes manières; tantôt la constriction est opérée à l’aide d’une corde, d’un mouchoir, d’une courroie, d’un ruban, d’un lien quelconque; tantôt, et c’est le procédé le plus ordinaire, elle est directement exercée par les deux mains ou par une seule. Il n’est pas besoin ni de beaucoup de force ni de beaucoup de temps pour que l’accès de l’air dans les voies respiratoires soit intercepté. Deux ou trois doigts suffisent même pour produire l’infanticide par étranglement.

La strangulation peut être le résultat d’un homicide ou d’un suicide. On a longtemps nié qu’un individu puisse se donner la mort par étranglement; mais les observations sont aujourd’hui trop nombreuses et trop avérées pour que cette possibilité puisse être mise en doute. Ces exemples sont surtout fournis par des aliénés; on a vu des individus s’étrangler en se serrant simplement le cou avec deux cravates maintenues par plusieurs nœuds. Brierre de Boismont rapporte le cas d’un jeune étranger qui s’est étranglé dans une maison d’aliénés sans qu'on lui ait vu faire le moindre mouvement : étant couché et ayant deux gardiens près de lui il avait déchiré le bas de sa chemise, l’avait roulée en cordonnet, se l’était passée autour du cou, et un simple nœud fortement serré avait suffi pour produire rapidement la mort. Néanmoins il y a homicide dans presque tous les cas de strangulation et l’expert doit toujours rechercher avec soin, lorsque la mort est imputée à un suicide, s’il n’y a pas eu avant la strangulation, un meurtre que l’on. cherche à déguiser.

Signes de la strangulation. — La face des cadavres reste généralement tuméfiée, violacée et comme marbrée, mais l’altération de la physionomie est d autant moins prononcée que la victime est moins forte; elle est très peu marquée chez les nouveaux-nés. La langue est habituellement proéminente, serrée entre les dents ou fixée derrière

les arcades dentaires. On observe quelquefois l’écoulement d’un sang spumeux par la bouche et les narines; mais le signe le plus constant, c’est la formation d’ecchymoses très nombreuses et de très petite dimension sur la fare, sous la conjonctive, au-devant du cou et de la poitrine. Toutes ces parties présentent une série de pointillés rouges qui leur donne un aspect saisissant; mais ce signe n’est pas caractéristique de la strangulation, puisqu’on l’observe aussi dans certains cas de suffocation par compression des parois de la poitrine et du ventre et qu’il n’est, pas rare de le rencontrer à la suite d’un accouchement laborieux ou d’un effort violent ou prolongé. Néanmoins, les ecchymoses ponctuées ne sont jamais aussi prononcées et aussi fréquentes que dans la strangulation.

Outre ces phénomènes extérieurs de la strangulation, il faut mentionner les traces de coups et de blessures qui la compliquent presque toujours.

A côté de ses signes extérieurs communs il en existe de particuliers à chaque mode de strangulation. Si un lien a été serré autour du cou, on trouve une empreinte en rapport avec sa forme, son épaisseur et la manière dont il était disposé et attaché. C’est généralement un sillon transversal, peu profond, non parcheminé et qui a à peine changé la coloration du tégument. Le sillon peut être simple, double ou multiple selon le nombre de tours du lien, mais il e't loin d’être toujours marqué sur toute la circonférence. 11 est fréquentée ne rencontrer que de simples excoriations linéaires qui, d’après Blanchard, pourraient presque suffire pour distinguer la strangulation de la pendaison. La peau est souvent pâle au niveau du sillon et elle tranche par sa coloration avec la teinte violacée des parties voisines. Lorsque l’acte a été accompli à l’aide d’un tourniquet, on en trouve quelquefois des traces sur le voisinage ou sur les parties environnantes.

Lorsque la strangulation a eu lieu avec les mains, la présence d’ecchymoses et d’excoriations sur le cou permet souvent de reconnaître la position des mains du meurtrier et par suite la position respective de l’agresseur et de la victime au moment du crime. Les empreintes digitales sont d’abord d’un rouge vif, puis elles deviennent bleuâtres et violacées. D’après Toulmouche, on pourrait reconnaître si l’individu était gaucher par la nature des empreintes. Lorsque celles-ci sont beaucoup plus marquées à gauche, on peut en effet supposer que la main gauche a été appliquée avec plus de fermeté.

Il ne faut jamais négliger de pratiquer l’autopsie. On trouvera souvent dans le tissu cellulaire profond, entre les muscles du cou et jusque dans le voisinage du larynx et de la trachée, des extravasations sanguines dont rien à l’extérieur n’indiquait la présence. Ces lésions s’observent surtout lorsque la strangulation a été opérée avec la main. Les bronches et la trachée sont souvent remplies d’une écume fine et abondante qui est tantôt blanche, tantôt rosée et sanguinolente, et cet état coïncide presque toujours avec une congestion violacée des muqueuses. Les poumons sont tantôt rose clair ou pâles, tantôt d’une couleur très fon-

cée; ils sont quelquefois le siège d’un engouement peu considérable, tandis que, dans d’autres cas, ils sont volumineux et fortement congestionnés; mais le phénomène le plus caractéristique est un emphysème résultant rie la rupture des vésicules superficielles. Cet emphysème est plus ou moins étendu; il semble d'abord que le poumon est tapissé de fausses membranes, mais il est facile de reconnaître que cet aspect est dù à de petites bulles d’air qu’une piqûre fait immédiatement disparaître. Contrairement à ce qu’avait autrefois affirmé Tardieu, on trouve parfois des ecchymoses souspleurales.

Le cœur n’offre rien de particulier; il est quelquefois vide, mais il contient ordinairement un peu de sang noir et fluide. Le cerveau est le plus souvent à l’état normal, ce qui n’a pas lieu dans la pendaison où l’engorgement sanguin est à peu près constant.

Lorsqu’il y a eu strangulation incomplète et que la tentative a été portée assez loin pour avoir laissé des traces, l’expert légiste se trouve en présence des signes suivants : face gonflée, violette, marbrée, piquetée de rouge, livide. L’écume sort des narines et de la bouche. Les yeux sont sanglants et sous la conjonctive il existe une extravasation ecchymntiquc. Le cou est gonflé et douloureux, la déglutition pénible. Le gonflement s’étend à toute la région cervicale et à la partie inférieure de la mâchoire. L’empreinte des doigts est quelquefois très visible. Les suites d’une tentative de strangulation sont généralement longues et peuvent devenir très graves. Dr A. Lutaud.

STRANGURIE. — Nom donné en médecine à un état morbide caractérisé par une douleur vive au moment de la miction et qui s’observe dans la cystite et dans l’nréllirile aiguë. p. L.

STRüMEUX. — Mot employé en médecine comme synonyme de scrofuleux. P. L.

STRYCHNINE. — La strychnine, découverte en 1818, par Pelletier et Caventou, est un alcaloïde que Ton rencontre souvent dans la Jèoe de Snin'- Iijunce et la noix vomique |V. ces mois). Il se présente sous la forme de petits cristaux octaèdres ou en prismes, incolores, d'une saveur amère excès sive et persistante, presjue insolubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool, très solubles, au contraire, dans les acides étendus, et forment avec eux des sels définis aussi amers et. plus solubles qu’eux.

Effets. — Appliquée ;i l’extérieur, sous forme de pommade ou de liniment, la strychnine produit une faible action astrietive sur les lis-us, resserre les vaisseaux capillaires, détermine la pâleur de la peau, la diminution de la chaleur cl agit, par action réflcx -, sur la moelle et sur les nerfs moteurs, qu'elle lait contracter il’unc manière plus ou moins énergique.

Administrée à l’intérieur par la voie, buccale, à des doses modérées 1 a 5 milligrammes), elle stimule 1 appétit, exi ile les fonctions digestives et entretient ia liberté du ventre.; elle agit aus-i sur les reins en augmentant la sécrétion des urines. Mais

son principal rôle, celui qui lui appartient en propre et qui donne une valeur médicale toute particulière, c’est celui qui a trait à ses propriétés tétaniques. Les malades observent, en effet., bientôt après son administration, un resserrement dans les tempes et dans la nuque, des roideurs passagères dans les membres, des verliges, du soubresaut des tendons, des fourmillements, des démangeaisons à la peau, symptômes qui témoignent que le sujet est sous l’influence d’un légpr accès de slrychnisme. Le tout se dissipe avec la plus grande facilité. A undegré plus avancé, le trismus se déclare, les muscles intercostaux se resserrent, les secousses deviennent plus violentes, le corps se raidit et se renverse en arrière, la respiration s’embarrasse, mais l'intelligence reste nette et la guérison peut encore s’obtenir. Il n’en sera pas de même de doses toxiques, les accès se répéteront et deviendront de plus en plus violents, les secou-ses seront si fortes que le corps sera soulevé à une certaine hauteur au-dessus du lit, la parole sera impossible, la respiration de plus en plus gênée sera par moments complètement suspendue, les battements du cœur seront irréguliers et imperceptibles. Encore un accès plus violent que les aulres, et ces horribles souffrances se termineront par une mort instantanée.

Usages. — La première application des strychniques à la Ihérapeulique est due il Fouquier, qui les essaya dans l’hémiplégie. Plus lard, Brelonneau et Trousseau précisèrent leurs indications. Dans les hémorrhagies cérébrales récent s avec hémiplégie, ces médicaments sont inutiles et même nuisibles; il faut altendre que l’épanchement se soit résorbé pour agir efficacement. Dans les maladies de la moelle avec paraplégie, il faut également attendre que les symptômes inflammatoires se soient dissipés pour obtenir de bons résultats. Dans tous ces cas, les doses doivent être suffisantes et alors, chose curieuse, les secousses se manifestent d’abord sur les parties paralysées; c’est même une condition de succès, car lorsque les parties paralysées ne sont pas vivement influencées par la strychnine, il y a peu d’amélioration à espérer (C. Paul).

On emploie encore cet alcaloïde avec succès dans le iraitement des paralysies qui ne dépendent pas de lésions organiques appréciables, soit dans les paralysies générales asthéniques, survenant chez des anémiques, des convalescents, des hystériques, soit dans les paralysies locales di phléri tiques, saturnines, vésicales, reelales. Un certain nombre d’autres maladies lui sont aussi redevables de quelques succès : de ce nombre sont I amaurose, la chorée, la paralysie agitante, l’épilepsie, la dyspepsie, l inconiinence nocturne et diurne d urine, les gastralgies chroniques, les vomissements nerveux, la spermatorrhée et l’impuissance.

Comme c’est un poison d’une grande énergie, la strychnine ne doit jamais s administrer sans inquiétude et ne doit se donner que par doses extrêmement faibles. On en fait. prendre de. 5 à 10 et jusqu’à 15 milligrammes par jour en poudre, piiules, granules.

l.e sulfate de strychnine qui cristallise en prismes rectangulaires Cl se dissout dans 10 parties d eau

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