Face externe du testicule. — 2. Son bord inférieur
Son bord supérieur, on voit que ce bord se fusionne au niveau de ses extrémités antérieure et postérieure avec l'épididyme,tandis que sa partie moyenne en est indépendante, il en résulte la formation d’un cul-de-sac dans lequel s'engage la tunique vaginale. — 4. g Epididyme.son corps
— 5 Son extrémité antérieure ou tète. —
G. Son extrémité pos- ^ térieure ou queue ; on voit qu’après avoir adhéré au testicule, elle s’infléchit en dedans pour se continuer avec le canal déférent. — 7. Appendice testiculaire —
8, 8. Canal déférent.
— 9. Artère déférentielle. — 10. Artère lesti (groupe antérieur). — 12, 12. Veines spermatiques (groupe postérieur).
Cette situation temporaire peut devenir permanente, soit pour les deux testicules, soit pour un seul. Dans le premier cas, on dit qu’il y a chryptorchidie (V. ce mot); dans le second
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cas, on dit qu’il y a monorchidie (Y. ce mot). Tout testicule arrêté à l'anneau inguinal et, par conséquent non descendu dans le scrotum, ne sécrète pas de sperme. Il en résulte que le chryptorchide est stérile, mais non impuissant puisqu’il peut pratiquer le coït, tandis que le monorchide peut très bien procréer. Presque toujours, lorsqu'un testicule est arrêté à l’anneau inguinal, il s’atrophie.
L 'absence complète des testicules est excessivement rare, leur augmentation de nombre l’est encore davantage.
La position des testicules dans le scrotum peut subir des modifications de position. C’est ainsi que la surface libre du testicule, au lieu de regarder en avant, peut être dirigée en arrière, et l’épididyme en avant. Dans ce cas, s’il survient un hydrocèle (Y. ce mot), le testicule, au lieu de se trouver en arrière, sera placé en avant, et ce fait a une importance très grande, dans les cas où on pratique la ponction, car, comme celle-ci se pratique en avant, on est presque certain de piquer le testicule, si l’on ne s’est pas assuré auparavant de sa véritable position.
Lésions traumatiques du testicule. — Les lésions traumatiques du testicule sont: les contusions , les piqûres et les plaies.
Les contusions sont produites parle rapprochement brusque des cuisses, par un coup de pied, par une chute à califourchon sur le pommeau d’une selle, etc. Elles déterminent une douleur immédiate caractéristique, s’irradiant à l’aine et aux reins, et provoquant souvent la syncope. Lorsque les contusions sont légères, elles se dissipent rapidement sous 1 influence seule du repos et des applications résolutives; lorsqu’elles sont graves, elles déterminent la production d’une orchite ou d’un épanchement sanguin dans le testicule, qui a reçu le nom d ’hématocèle (V. ce mot).
Les piqûres du testicule se produisent surtout lorsqu’on pratique la ponction de l'hydrocèle avec une lancette ou un trocart, elles sont sans gravité et guérissent aisément.
Quant aux plaies par instruments tranchants, elles sont assez rares. Bénignes, si elles portent sur un testicule sain, elles deviennent au conlraire graves, si elles intéressent un testicule enflammé, parce qu’il peut en résulter une hernie de la substance séminifère, qu’il faut se hâter de refouler dans la tunique albuginée.
Inflammation du testicule. — (V. Orchite.)
Testicule syphilitique. — (V. Syphilis.)
Tubercules du testicule. — Les tubercules du testicule ne sont pas rares. On les rencontre chez les gens , faibles, débilités, ayant la plupart du temps des tubercules pulmonaires; ils peuvent cependant se développer chez des individus, vigoureux en apparence, et dont les poumons sont sains.
Ils sont surtout fréquents de 13 à 36 ans, c'està-dire à la période de la plus grande activité fonctionnelle du testicule et peuvent siéger dans un seul de ces organes ou dans les deux. Leur évolution est rarement aiguë. Dans l’immense majorité des cas, cette évolution est lente.
Les tubercules à marche lente ont généralement un début obscur, et les malades ne s’aperçoivent que tardivement de leur existence. Leur apparition est quelquefois précédée par un écoulement uréthral chronique ou par des hématuries. Les malades éprouvent une douleur vague, débutant plus souvent par la tête de l’épididyme que par la queue ou que parle testicule lui-même; le testicule est moins souple, plus dur et plus sensible; en le pressant entre les doigts, on constate dans sa masse des nodosités et des indurations. Au bout d’un certain temps, souvent après plusieurs mois, le gonflement augmente, les bosselures se ramollissent, elles deviennent fluctuantes, la peau du scrotum rougit, adhère aux parties profondes, puis se ramollit à son tour, et finit par présenter des points fistuleux qui donnent issue à du pus, d’abord épais et bien lié, puis séreux et grumeleux et renfermant les éléments tuberculeux. Dans la grande majorité des cas, les fistules siègent à la partie inférieure et postérieure, au niveau de la queue de l’épididyme, qui est souvent envahie simultanément par les tubercules. Ceux-ci peuvent aussi envahir la prostate et les vésicules séminales. Dans certains cas, rares il faut bien le dire, les fistules finissent par se tarir, la cicatrisation s’opère, mais le testicule est réduit à un état d’induration chronique ou d’atrophie. Le plus souvent les fistules sont intarissables, les fonctions génitales éprouvent une déchéance proportionnée à la destruction des glandes séminales, la fièvre s’empare des malades, les tubercules se généralisent, et la mort survient par épuisement et consomption.
Le traitement des tubercules du testicule doit être en même temps général et local. Le traitement général sera celui de la phthisie ou tuberculose pulmonaire (V. Phthisie). Quant au traitement local, il variera suivant les périodes de la maladie. Dès le début, on fera porter aux malades un suspensoir ouaté. Lorsque les abcès seront ouverts et les fistules formées, on fera d’abord des injections quotidiennes à la teinture d’iode, puis des cautérisations avec le chlorure de zinc, le fer rouge, et, si ces moyens échouent, il faudra enlever le testicule en entier en pratiquant la castration (V. ce mot).
Cancer du testicule. — Le cancer est l'affection la plus grave qui puisse atteindre le testicule. On l’observe surtout chez les adultes, mais on le rencontre aussi chez les adolescents et dans la première enfance. Dans le plus grand nombre des cas il n’affecte qu’un seul testicule. Les variétés que l’on rencontre sont par ordre de fréquence : le carcinome, le sarcome et le lymphadénome. Le squirrhe est beaucoup plus rare.
Le début du cancer du testicule est insidieux et lent. Le malade constate une augmentation de volume de l'organe, accompagnée d’un peu de. gêne et de lourdeur dans la glande et sur le trajet du cordon, et souvent, d’une hydrocèle. Feu à peu, la tumeur acquiert un volume assez considérable, elle est bosselée, irrégulière; le testicule et l’épididyme sont confondus et, le plus souvent, ne peuvent se distinguer l’un de l’autre. Le malade ressent dans le testicule affecté des douleurs très vives, lancinantes, qui s’irradient aux cuisses, aux reins, et
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suivent le trajet du cordon. Au bout d’un temps plus ou moins long la tumeur s’ulcère, la peau du scrotum devient souvent adhérente au cancer, s’ulcère aussi, et donne passage à un gros champignon cancéreux, appelé fongus malin du testicule, qui est fréquemment le siège d'hémorrhagies. Le can- ! cer gagne le cordon, qui est dur, inégal, bosselé, puis les ganglions inguinaux. En même temps le malade perd l’appétit, maigrit, ses téguments prennent une teinte jaune paille, les membres inférieurs sont envahis par l’oedème, et la mort survient fatalement par épuisement et par généralisation du cancer.
Le seul traitement de cette terrible affection est la castration, que l’on doit pratiquer aussitôt que possible, lorsque la nature de la tumeur a été reconnue.
Kystes spermatiques du testicule. — Les kystes du testicule, ou spermatocèles, siègent sur le testi—
! cule même, entre la tunique albuginée et la tunique vaginale; on les rencontre aussi sur la face ! convexe de la tête de l’épididyme. Ce sont des tui meurs en général multiples, quelquefois multilo- : culaires, d’une grosseur variant de celle d’un petit pois à celle d’un grain de raisin et même d’une petite noix, à parois minces, contenant un liquide tantôt clair, tantôt opalin comme le sperme et renfermant des spermatozoïdes. Ces kystes forment sur la surface du testicule une tumeur arrondie fluctuante, lobulée lorsque plusieurs kystes sont ! réunis, adhérente au testicule, mais nettement distincte de celte glande; la peau des bourses conserve son intégrité, le malade éprouve dans la plupart des cas un sentiment de gène et de douleur se propageant le long du cordon.
Lorsque ces kystes sont très petits, on peut les abandonner à eux-mêmes ; lorsqu’ils sont volumineux et douloureux, il fautles ponctionner, les éva- I cuer et injecter une solution de teinture d'iode. Dans bon nombre de cas, une seule ponction évacuatrice suffit pour amener leur guérison.
Névralgie du testicule. — La masturbation, les excès du coït, la continence absolue, les contusions des testicules, la blennorrhagie, l'orchite, l’induration de l'épididyme, le varicocèle, certaines affections des voies urinaires (cystite chronique, maladies delà prostate, etc.), telles sont les causes principales qui peuvent déterminer la névralgie du testicule. Celle-ci est intermittente ou continue. Le malade éprouve dans le testicule une douleur très vive qui suit le trajet du cordon et s’étend dans les bourses; le testicule est fortement rétracté vers l'anneau ; le simple contact de la chemise sur les bourses arrache des cris au malade; dans certains cas, la douleur est telle que celui-ci ne sait quelle position prendre, il se couche en avant, se rejette en arrière, se roule par terre, ou tombe en syncope. Les urines restent claires.
La première chose à recommander à un malade atteint de névralgie du testicule est de porter un suspensoir tapissé d’ouate recouverte de taffetas imperméable; on traite ensuite l’affection sous l’influence de laquelle la névralgie s'est produite. Enfin on fait usage contre la névralgie elle-même des divers moyens préconisés contre les névralgies en
général (V. Névralgie ). Ces moyens réussissent souvent à amener la guérison ; mais il est des cas rebelles et opiniâtres, contre lesquels tout est impuissant, et dans lesquels les malades, désespérés, réclament eux-mêmes la castration comme moyen radical de guérison. Dr Paul Labarthe.
TÉTANOS. — Le tétanos est une affection caractérisée par la contraction permanente et douloureuse de la plupart des muscles et présentant des redoublements convulsifs.
Rare en Europe, surtout en Russie, le tétanos est très fréquent sous les tropiques. Les nègres y sont plus prédisposés que les blancs, les hommes que les femmes et les adultes que les enfants. On l’a observé chez des chevaux, des bœufs et plusieurs singes.
Le tétanos apparaît presque toujours comme une complication de plaies, chirurgicales ou accidentelles; on l’a vu survenir à la suite des plaies les plus graves (amputation, ovariotomie) comme à la suite des plaies les plus insignifiantes telles qu’une piqûre d’abeille, l’extraction d’une dent, une injection hypodermique, une brûlure, etc.
11 résulte des discussions récentes (congrès français de chirurgie, octobre 1 886) qu’il règne une profonde obscurité sur la nature et la pathogénie du tétanos. Pour les uns, le tétanos est une affection d’origine nerveuse, dans laquelle les filets nerveux sensitifs déchirés ou contus transmettent des excitations aux centres nerveux qui à leur tour réagissent par des spasmes et des contractions musculaires. Pour d'autres (Verneuil, Larger), le tétanos est une maladie spécifique, infectieuse, par conséquent contagieuse. Cependant, il est vrai qu’un certain nombre d’observations cliniques tendent à prouver la nature infectieuse du tétanos, mais aucun des nombreux expérimentateurs qui ont tenté d'inoculer cette affection n’ont pu réussir à pratiquer avec succès une seule inoculation.
Le tétanos débute, le plus souvent, dans les quinze premiers jours après le traumatisme. Dans quelques cas il s'annonce par une douleur vive au niveau de la plaie, mais généralement le premier symptôme observé consiste en une constriction des muscles de la mâchoire ( trismus ) : la bouche s’ouvre difficilement, bientôt même les mâchoires, convulsivement serrées, ne s’ouvrent plus. Les muscles de la nuque et du tronc se raidissent à leur tour, le corps forme un arc et ne repose sur le lit que par la tête et les talons. La contracture gagne les muscles du pharynx et détermine une dysphagie qui rend la déglutition impossible; elle envahit les muscles de la face donnant au visage cet aspect particulier désigné sous le nom de « rire sardonique». Cet état de contracture musculaire est permanent, mais sous l’influence des causes les plus diverses et les plus légères, on voit survenir des convulsions extrêmement douloureuses; pendant ce temps, la température s’élève quelquefois jusqu'à 43°, le pouls bat de 120 à l 40, les muscles de la respiration se prennent et le malade succombe aux progrès de l’asphyxie.
On distingue deux formes de tétanos: l’une aiguë durant quelques jours et se terminant par la mort,
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l’autre chronique se prolongeant pendant plusieurs semaines et pouvant guérir.
Les moyens prophylactiques pour éviter le tétanos consistent à laver soigneusement la plaie, à enlever les corps étrangers et à mettre le blessé à l’abri de l’action du froid. Dès que le tétanos est déclaré, on s’empressera de mettre un morceau de bois entre les dents de façon à pouvoir alimenter le malade. Les moyens locaux tels que l’amputation, la résection des nerfs émanant de la plaie sont aujourd’hui complètement abandonnés. Les moyens généraux sont aussi nombreux qu’infidèles, cependant tous ont donné quelques rares succès. Les bains de vapeur, les bains chauds, les sudorifiques, la pilocarpine sont aujourd’hui abandonnés. L’opium, la morphine donnés à l’intérieur ou en injections sous cutanées, le chloroforme, l’éther, le curare, l’alcool à haute dose, la belladone, l’atropine, le bromure de potassium, le sulfate de quinine, les courants continus faibles sur la colonne vertébrale ont donné quelques succès dans des cas de tétanos chronique. Nous accordons la préférence à l’hydrate de chloral qui, administré à la dose de 8, 12 et 15 grammes en vingt-quatre heures, a donné récemment plusieurs cas de guérison. Enfin on a employé dernièrement avec succès le tartre stibié à doses successivement croissantes depuis 0,05 centigr. jusqu’à 0,40 centigr. par jour.
Dr Louis Thomas.
TÊTE. — On désigne sous ce nom l’extrémité supérieure du corps qui se compose de vingt-deux os, dont huit constituent le crâne et quatre la face. (V. Crâne et Face). p. l.
TEXTURE. — Ou désigne sous ce nom l’organisation des tissus et les rapports que présentent entre eux les divers éléments qui les forment. p. l.
THALLINE. — Nom donné à un médicament nouveau découvert par le professeur Skrauss, de Vienne, en 1884, qui se présente sous la forme d’un liquide huileux formant facilement des sels, parmi lesquels celui qu’on emploie le plus est le sulfate de thalline. Celui-ci se présente sous la forme d’une poudre cristalline blanchâtre, possédant une odeur aromatique assez accusée, une saveur amère et salée très désagréable, soluble dans 5 fois son poids d’eau froide, très soluble dans l’eau bouillante, peu soluble dans l'éther et soluble seulement dans 100 fois son poids d’alcool. Administré à l’intérieur à la dose de 0,25 centigrammes par jour, il jouit de la propriété de déterminer un abaissement de température considérable qui fait qu’on l'a conseillé dans les fièvres (fièvre intermittente, fièvre typhoïde, fièvre des rhumatisants, des tuberculeux, etc). Mais il résulte des observations de Dujardin-Beaumetz, Huchard et Jacoud, que le sulfate de thalline a des effets fugaces et que son emploi est assez dangereux. Aussi son usage ne s’est-il pas généralisé. p. l.
THAPSIA. — Nom donné par les botanistes à une plante de la famille des Ombellifères, à tige glabre, atteignant la hauteur d’un homme, à ra-
cines grosses, souvent bifurquées et d’un brun foncé très commune en Algérie, principalement dans la province de Constantine. La racine de thapsia contient, dans sa partie corticale, une résine qui a été introduite dans la thérapeutique européenne par Rebouleau et Le Perdriel, en 1853, sous forme d’un emplâtre connu sous le nom d 'emplâtre Le Perdriel-Rebouleau, journellement employé, qui jouit de propriétés résolutives remarquables, sur lesquelles nous ne reviendrons pas ici, notre collaborateur le Dr Tarride les ayant soigneusement étudiées dans son article Le Perdriel-Rebouleau [Emplâtre de) (V. ce mot). p. l.
THE. — Le thé est dû à un arbrisseau toujours vert, originaire de la Chine et du Japon où on le cultive avec beaucoup de soin. Les feuilles sont les seules parties de la plante d’un usage excessivement fréquent et vulgaire; elles sont oblongues, pétiolées, d'un vert foncé, dentées en scie; elles renferment des glandes nombreuses, pourvues d’une huile essentielle qui donne au thé son arôme et son parfum. On en dépense actuellement en Europe plus de 60 millions de kilogrammes par an.
On trouve dans le commerce plusieurs variétés de thés qui diffèrent par la couleur, l’enroulement et la grandeur des feuilles; d’où la division des thés en deux groupes bien distincts : les thés verts et les thés noirs. Les premiers ont une couleur verte plus ou moins glauque, leur infusion est blonde et leur saveur aromatique un peu âcre. Les seconds offrent une teinte brune ; leur infusion est plus foncée, moins aromatique, mais plus douce. En d’autres termes, les thés verts sont plus excitants que les thés noirs. Ils s’obtiennent pourtant, d’après la plupart des auteurs, à l’aide des feuilles de la même plante et ces deux groupes ne varient que par le mode de dessiccation. En effet, tandis que les thés verts se préparent par une dessiccation rapide, qui ne laisse que peu de prise aux fermentations et conserve ainsi le plus possible aux feuilles leur coloration naturelle, les thés noirs se fabriquent par une dessiccation lente qui donne aux féuilles le temps de se macérer, de changer de couleur et de perdre en partie leurs propriétés excitantes.
Parmi les thés verts, on distingue : 1° le thé hiswen ou thé hyson, à feuilles grandes, roulées dans le sens de la longueur, c’est un des meilleurs et un de ceux qu’on emploie généralement en France; 2° le thé chulan, qui ne diffère du précédent que par son odeur plus suave et son arôme plus prononcé; 3° le thé perlé, dont les feuilles sont plus petites et repliées dans les deux sens; 4° le thé poudre à canon, dont les feuilles découpées en plusieurs morceaux ont été roulées si finement qu’elles ressemblent à des grains de poudre. Parmi les thés noirs, nous avons : 1° le thé pého, à feuilles très jeunes, recouvertes de duvet, à odeur suave, destinées à l’usage médical; 2° le thé souchon, à feuilles plus âgées, non couvertes de duvet, à odeur faible et à peu près inusitées en médecine.
De même que le café, le thé ordinaire renferme un alcaloïde, appelé la théine , absolument iden-
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tique avec la caféine, en qui il doit ses propriétés excitantes.
De cette analogie de composition doit résulter une identité d'action consécutive. En effet, de même que le café, le thé diminue l’urée, le pouls et la température. Il augmente un peu l’excrétion urinaire, excite le système nerveux, peut causer l’insomnie et provoque la diaphorèse. Comme son congénère, le thé est un médicament d’épargne, capable de soutenir pendant quelques temps les forces des sujets qui en font usage.
Les indigestions, les inappétences, les gastralgies, les dyspepsies, les coliques abdominales, les constipations légères, les lourdeurs de tête, tous les dérangements gastriques, en un mot, sont heureusement traités par ce précieux agent. Les courbatures, les refroidissements, les malaises généraux qui ne reconnaissent aucune lésion organique, guérissent comme par enchantement, à la suite de l'ingestion de quelques tasses d’une infusion de thé très chaud, une douce chaleur se répand dans tout le corps, une abondante diaphorèse ne tarde pas à lui succéder et la cure définitive est certaine. Ce traitement épargne souvent au malade le début d’une affection dont les conséquences auraient pu devenir fort sérieuses.
Le thé s’emploie en infusion depuis la dose de 5 à 10 grammes pour deux litres d’eau bouillante. Le rhum et l’eau-de-vie qu’on 'y ajoute pour lui donner une saveur plus agréable, lui communiquent des propriétés stimulantes plus accusées. Lorsqu’on se propose de combattre l’empoisonnement par l'opium, le thé doit être pris à hautes doses.
Dr Marc. Camboulives.
Falsifications du thé. — Les thés falsifiés sont imprégnés de matières colorantes dans le but de dissimuler les altérations produites par l’humidité ou par l’action prolongée de la lumière.
Les habitants du Céleste-Empire, dit le docteur Avezou, ont l’habitude de consommer le meilleur thé et de nous expédier des feuilles de second choix, roulées avec art, et coloriées artificiellement. Ils se servaient autrefois de l’indigo pour colorer le thé vert, aujourd’hui ils emploient surtout le bleu de Prusse, auquel ils ajoutent un peu de curcuma et de plombagine. Certains industriels vendent sous le nom de thé, des feuilles de prunier sauvage, de frêne, de sureau, d’aubépine, de peuplier, d’orme, de houx et de marronnier, qu’ils colorent avec du bleu de Prusse. On forme aussi une sorte de pâle avec de la poussière de thé mélangé à de l’eau et à de la gomme; on fait sécher cette pâte et on la divise en petites niasses qui présentent l'aspect de certaines espèces de thé. On a même dit que les Chinois mélangeaient le thé vert avec excréments de vers à soie. Enfin, certains commerçants anglais colorent le thé avec des substances encore plus dangereuses que celles employées par les Chinois; ils se servent, en effet, du cachou, du chromate de plomb, du sulfate de fer, du carbonate de chaux, de magnésie, de soude, Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
d’arséniate de cuivre, etc. Chevallier a observé un thé avarié par l’eau de mer qu’on avait coloré en vert à l’aide d’un mélange de chromate de plomb, d’indigo et de talc. On peut reconnaître la présence des matières colorantes à l’aide du procédé suivant qui consiste à placer dans un verre de montre cinq ou six feuilles de thé avec quelques gouttes d’eau, lorsqu’elles sont bien imprégnées on les presse entre les doigts, on trouve alors dans l'eau la plus grande partie des matières colorantes employées. Dr PAUL Labarthe.
THÉBAIQUE (extrait). — Nom donné en pharmacie à l’extrait aqueux d’opium (V. Opium), p. l.
THÉNAR. — Nom donné par les anatomistes à une éminence située à la face interne ou paume de la main, du côté du pouce, produite par la saillie des muscles opposant, court abducteur du pouce, court fléchisseur et abducteur (V. Main). p. l.
THÉOBROMINE. — Nom donné à une substance riche en azote qui s'extrait des fèves de cacao (V. Cacao). p. l.
THÉRAPEUTIQUE. — Nom donné à cette partie de la médecine qui s’occupe du traitement des maladies. p. L.
THERMALES (eaux). — (V. Eaux minérales.)
THERMO-CAUTÈRE. — On donne ce nom à un instrument employé en chirurgie pour pratiquer les cautérisation* (V. ce mot). Presque tous les anciens cautères sont aujourd’hui remplacés par l’ingénieux thermo-cautère de notre ami, le D' Ra-
des
Fig. 1207. — Thermo-cautère du D' Paquelin.
quelin. Cet instrument est basé sur la propriété que possède le platine de rester incandescent, après avoir été préalablement chauffé au rouge, tant qu’il est maintenu au contact d’un mélange d’air et de vapeurs d’essence minérale. Il est formé de
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quatre parties qui sont : — 1° un flacon contenant de l’essence minérale et dont le bouchon en caoutchouc est traversé par deux tubes métalliques; l’un conduit dans le flacon l’air qui lui est fourni par une soufflerie, l’autre est destiné à porter dans le cautère, à l’aide d’un tube en caoutchouc, l’air qui sort du flacon chargé de vapeurs d’essence minérale ; — 2° une soufflerie composée d’une poire en caoutchouc communiquant avec un ballon élastique ; — 3° le cautère qui n’est autre chose qu’une chambre de platine à laquelle aboutissent deux tubes concentriques, l’un, central, par lequel arrive le mélange d’air et de vapeurs minérales, l’autre, externe, par lequel se dégagent les produits de la combustion. Le cautère se visse sur un manche en bois renfermant un tube métallique relié au flacon par un tube en caoutchouc; — 4° une lampe à alcool.
Pour se servir de l’instrument on commence par chauffer au rouge le cautère en le portant sur la flamme de la lampe à alcool, puis on fait fonctionner la soufflerie en exerçant sur la poire des pressions intermittentes.
Les quatre parties dont se compose le thermocautère sont contenues dans une boîte, ce qui permet de transporter facilement l’appareil. p. l.
THERMOMÈTRE. — On donne ce nom aux instruments destinés à mesurer la température. Sous l’influence des maladies, la température du corps peut descendre au-dessous, ou, au contraire, s’élever au-dessus du degré naturel qui varie entre 35°, 8 et 37°, 5, il est donc très important de la déterminer exactement. On peut prendre la température des
Fig. 1208. — Thermomètre médical a maximu et son étui.
malades dans l’aisselle, dans la bouche, dans l’anus ou dans le vagin; la température axillaire est inférieure de quelques dixièmes de degrés à la température prise dans l’anus ou dans le vagin. Pour avoir une indication thermométrique exacte, il faut maintenir le thermomètre en place pendant dix minutes environ. On se sert généralement, en médecine, du thermomètre dit à maxima dont la graduation est indiquée sur la tige : dans cet instrument, la colonne mercurielle, grâce à une disposition spéciale, ne redescend pas lorsqu’il retire le thermomètre. Par ce procédé, le médecin n’a pas besoin d’être près du malade pour lire le degré ; il peut même s’en rendre compte une journée après, si l’on a eu soin de placer l’instrument sur un plan horizontal. Pour se servir à nouveau de ce thermomètre, il faut lui imprimer plusieurs secousses en le tenant dans la main par sa partie supérieure, jusqu’à ce que la colonne mercurielle redescende et reprenne sa place dans le réservoir : l’on peut alors reprendre la température à nouveau. p. l.
THON. — Le thon est un poisson de mer très commun dans la Méditerranée, et qu’on pêche aussi dans le golfe de Gascogne, qui a la forme générale d’un maquereau, mais d’un maquereau énorme, car son poids varie de 10 à 100 kilos. Frais, sa chair est rougeâtre, ferme et grasse, savoureuse et appétissante et aussi nutritive que la viande de boucherie, mais elle est d’une digestion difficile et ne convient qu’aux estomacs vigoureux. Le thon frais se mange rôti, en court-bouillon, à la mayonnaise et en omelette. Cette dernière, préparée d’après la recette de Brillat-Savarin, constitue un véritable régal. Le thon salé et conservé en baril, ou mariné dans l'huile et conservé dans des boîtes hermétiquement fermées, se mange en hors-d’œuvre comme les sardines et les enchois. p. l.
THORACENTHÈSE. — On désigne sous ce nom une opération qui consiste à pratiquer une ponction à travers les parois du thorax, afin de donner issue à un liquide contenu dans la plèvre dans les cas de pleurésie. Cette opération ayant été décrite au mot pleurésie par notre éminent collaborateur et ami le Dr Landrieux, nous ne pouvons qu’y renvoyer le lecteur (V. Pleurésie). p. l.
THORACIQUE. — Nom donné par les anatomistes aux deux membres supérieurs ou bras ; à la cavité du thorax (V. ce mot); à deux artères appelées aussi artères mammaires (V. Mammaire), p. l.
THORAX. — Anatomie. — Nom donné par les anatomistes à la cavité osseuse formée en avant par le sternum, sur les côtés par les côtes et par les cartilages costaux et en arrière par la comy lonne vertébrale; elle est limitée en haut par ''i'-' la clavicule et le cou et en bas par le diaphragme. Le thorax a la forme d’un cône à base inférieure; il est destiné à loger et à protéger les organes de la respiration ( poumons ) et l’organe central de la circulation (cœur). Il se dilate et se resserre alternativement pendant les mouvements d’inspiration et d’expiration.
Contusions du thorax. — Bien que la flexibilité du thorax le protège, dans une certaine mesure, contre l’action des corps contondants, les chutes, les coups, les pressions auxquels cette partie du corps est si souvent soumise, déterminent des contusions plus ou moins graves.
Ces contusions s’accompagnent habituellement de fractures de côtes; nous avons consacré un article spécial à leur étude et nous n’y reviendrons pas.
Dans d’autres cas, les parois du thorax sont contusionnées sans que les côtes soient fracturées : c’est le cas que nous allons étudier.
Dans d’autres cas encore le poumon est contusionné, sans que les parois du thorax soient perforées ou déchirées ou fracturées.
Il est très ordinaire d’observer des fractures de côtes survenant à la suite de contusions du thorax : la contusion des parties molles peut être négligée et toute l’attention du chirurgien doit se concentrer sur la fracture. Il est souvent fort difficile de préciser si la contusion est simple ou s’il existe, en même temps, une fêlure de côte ; cette incertitude
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est peu regrettable, puisque le même traitement convient à ces deux genres de lésions.
Cependant on observe assez souvent une simple contusion des parties molles; elle se traduit par une douleur au niveau du point contus, douleur augmentant par la pression et par les mouvements du thorax; aussi le malade retient-il instinctivement sa respiration et il en résulte une dyspnée plus ou moins intense.
La partie atteinte est rouge, gonflée et présente une ecchymose qui se montre très vite après l’accident et ne progresse pas comme l’ecchymose liée à une fracture.
En général, la contusion guérit en quelques jours ; l’ostéite, la pleurésie sont des complications rares.
Le traitement consiste à immobiliser le thorax par un bandage de corps, après avoir recouvert la partie conluse de linges trempés dans des liquides résolutifs ou de cataplasmes. Si la douleur ne se calme pas, on applique des sinapismes, on fait des injections sous-cutanées de chlorhydrate de morphine. S’il survient un phlegmon, on a recours à l’application de sangsues.
Plaies du thorax. — Les plaies du thorax se divisent en deux groupes : 1° les plaies non pénétrantes, c’est-à-dire limitées à la paroi thoracique; 2° les plaies pénétrantes, dans lesquelles la paroi a été percée.
Plaies non pénétrantes. — Les plaies de la paroi thoracique offrent de nombreuses variétés relatives, les unes à la nature de l’agent vulnérant, les autres à la profondeur de la plaie et aux organes ou tissus lésés.
Si la solution de continuité n’entéresse que la peau et le tissu cellulaire, rapprochez-en les bords par quelques bandelettes agglutinatives, vous obtiendrez souvent une réunion immédiate. Mais si, plus profonde, elle a divisé quelques-uns des muscles volumineux de la région (pectoraux, dentelé), vous devez chercher à lutter, par quelques points de suture et surtout par une position convenable du bras, contre l’écartement des fibres musculaires. Lorsqu’une artère superficielle a été intéressée, la première indication est de jeter sur elle un fil à ligature ou bien d’en pratiquer la torsion ; dans quelques cas, la plaie extérieure étant étroite ou oblique, le sang ne peut que difficilement s’écouler au dehors, il s’accumule dans les interstices cellui laires, décolle les muscles et forme rapidement une tumeur plus ou moins volumineuse. Si elle atteint , rapidement de grandes dimensions, ouvrez-la et I procédez à la recherche du vaisseau blessé; mais si | cet épanchement sanguin est faible, limité, cher- I chez par la compression à arrêter ses progrès et à i faciliter la résorption du sang épanché.
Les balles lancées par les armes de guerre traversent fréquemment de part en part la poitrine; l mais il arrive, plus souvent qu’on ne le croirait, i qu’elles contournent les côtes et s’arrêtent au-des- >| sous des muscles, ou bien les traversent dans un j point plus ou moins éloigné, quelquefois diamétra- I lement opposé à leur orifice d'entrée.
Les plaies des parties molles de la poitrine, j qu’elles soient en canal ou en gouttière, se cicatri-
sent assez lentement en raison de l’attrition profonde produite par le projectile, des mouvements du thorax et surtout de l’ostéo-périostite des côtes frôlées par la balle. Si la balle est restée dans les parois de la poitrine, il faut l’extraire soit par la plaie agrandie, soit par une contre-ouverture faite à son niveau; le pansement ne présente rien de spécial.
Les fractures des côtes, de leur cartilage et du sternum, par armes à feu, sont fort graves : car, au danger que présente toute fracture compliquée, se joint ici la possibilité d’une inflammation de voisinage du poumon et de la plèvre. On les traitera comme les fractures compliquées; la persistance d’un séquestre pourra plus tard réclamer la résection partielle d’une côte.
Plaies pénétrantes. — Nous ne pouvons embrasser ici les nombreuses variétés de plaies pénétrantes de poitrine. Nous nous contenterons de jeter un coup d’œil général sur leur physionomie, renvoyant le lecteur aux mots Cœur, Poumon, Emphysème, Pneumothorax, etc.
Une plaie pénétrante de poitrine donne immédiatement lieu à des symptômes que l’on peut diviser en deux groupes :
A. Les uns sont la conséquence habituelle de tout violent traumatisme, ils n’empruntent à la région blessée aucun caractère spécial; il suffit donc de les mentionner; c’est la pâleur syncopale du visage, la petitesse du pouls, les sueurs froides, la perte de connaissance, etc.
B. Les autres, au contraire, appartiennent spécialement aux plaies pénétrantes de poitrine, puisqu’ils proviennent des désordres que la blessure des organes intra-thoraciques apporte à leur jeu : ce sont la dyspnée, le passage de l’air par la plaie, l’hémorrhagie.
Dyspnée. — Aussitôt après la blessure, le malade éprouve une grande anxiété respiratoire, elle peut aller jusqu’à la suffocation. — Cette dyspnée peut se rattacher à des causes très nombreuses, à la douleur qui entrave les mouvements du thorax, à l’affaissement du poumon, à l’emphysème, à des épanchements gazeux ou sanguins dans la plèvre, à l’infiltration du sang dans le poumon, etc.
Passage de l'air par la plaie. — L’air entre et sort avec force par la plaie (c’est là un signe1 pathognomonique de la pénétration), c’est la conséquence des mouvements du thorax.
Hémorrhagie. — Le sang est versé en quantité très variable, il peut être craché (hémoptysie), sortir par la plaie, s’épancher dans la plèvre, s'infiltrer dans le tissu cellulaire, etc.
En présence d’une plaie de poitrine, le premier soin est de rechercher si elle est ou non pénétrante, et quels sont les organes intéressés.
Le passage de l’air par la plaie vous indique la pénétration mais non la profondeur de la blessure, l’hémoptysie est également un signe de pénétration, mais sa valeur est loin d’être absolue.
On devra puiser des renseignements à diverses sources et prendre en considération . le siège de la blessure plus ou moins favorable à la pénétration, suivant que la région est mince et molle, ou épaisse et osseuse; la direction oblique ou perpendiculaire