‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 296 sur 344 · TOR · texte numérisé non relu

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tion de la voix. On l’a conseillé contre la phthisie, contre les catarrhes pulmonaires, surtout chez les enfants, dans le traitement de certaines affections des voies génito-urinaires et en particulier contre la blennorrhagie. p. l.

TOMATE. — La tomate est une plante de la famille des Solanées, rapportée du Mexique par les Espagnols, vers la fin du XVIII' siècle , dont les fruits, appelés pommes d'amour, sont des baies rouges ou jaunes, molles, divisées en 2 ou 3 loges remplies chacune de plusieurs graines réniformes, et d’un suc acide très agréable au goût. D’après les analyses qui ont été faites, la tomate contiendrait de l’eau, du mucilage, du sucre et un principe aromatique et extractif coloré. Elle constitue un aliment agréable et de très facile digestion, ce qui explique le grand cas qu’en font les habitants des pays chauds qui digèrent lentement et avec peine. La tomate se mange crue en salade, mélangée avec des piments verts, surtout en Espagne. Dans le Midi de la France, on la mange de préférence cuite, farcie ou frite ; on en fait également une sauce avec laquelle on assaisonne différents plats. p. l.

TONIQUE. — On donne ce nom aux médicaments et aux aliments qui jouissent de la propriété d’activer l’action vitale des divers organes de l’économie et d’augmenter leur force d’une manière durable. Ils diffèrent des stimulants en ce que leur action réparatrice, au lieu d’être passagère, est persistante. Les toniques sont très nombreux; parmi les plus usités, nous signalerons : le quinquina, la gentiane, la petite centaurée, le quassia, le Colombo, les préparations ferrugineuses, les peptones, les poudres de viande, le lait, les œufs, la viande, les vins, etc. , p. p.

TOPHUS. — N om donné à de petites tumeurs dures, formées par un dépôt de phosphates ou d’urates, que l’on rencontre généralement au voisinage des articulations chez les rhumatisants et les goutteux. P. l.

TOPINAMBOUR. — Le topinambour, originaire du Brésil et du Mexique et importé en Europe vers le milieu du XVIIIe siècle, est une plante de la famille des Composées, aux racines de laquelle sont attachés de gros tubercules en forme de poire, charnus, fermes et lisses, rougeâtres à l’intérieur, blancs à l’extérieur, dont le goût rappelle celui des fonds d’artichaut, qui constitue un aliment assez nutritif, mais d’une digestion difficile pour les estomacs délicats. Les topinambours se mangent préparés de différentes façons: cuits sous la cendre, bouillis, assaisonnés à la sauce blanche ou sautés au beurre, ou encore frits dans de la pâte comme les salsifis. p. l.

TOPIQUE. — On désigne sous ce nom des médicaments qu’on applique à l’extérieur et dont l’ac tion ne s’exerce que sur leur point d’application; tels sont : les cataplasmes, les emplâtres, les pommades, les liniments, les caustiques, etc. (V. ces mots). p. p.

TORMENTILLE. — Non donné par les botanistes à une plante herbacée de la famille des Rosacées, très commune dans les bois et les terrains secs. Sa racine, courte et épaisse, autrefois employée en médecine, est aujourd’hui inusitée; elle jouit de propriétés astringentes qu’elle doit au tannin qu’elle contient. On s’en servait contre la diarrhée et la dyssenterie chronique et, en lotions, contre les contusions et les épanchements sanguins, p. l.

TORPEUR. — On désigne sous ce nom une sorte d’engourdissement intellectuel qui s’observe chez les malades atteints de certaines affections cérébrales, ou à la suite d’une vive émotion morale, p. l.

TORSION. — On désigne sous ce nom une opération chirurgicale qui consiste à saisir, entre les mors d’une pince, l’extrémité d’une artère sectionnée et à la tordre une ou deux fois sur elle-même. On pratique la torsion des artères pour arrêter les hémorrhagies provenant de la section de ces vaisseaux après les opérations ou les blessures, p. l.

TORTICOLIS. — On désigne sous ce nom une affection caractérisée par l’inclinaison vicieuse de la tête sur l’une des épaules et par la rotation de la face du côté opposé. On en distingue deux grandes variétés : 1° le torticolis musculaire ; 2° le torticolis non musculaire.

Le torticolis musculaire est celui qu’on rencontre le plus souvent ; il siège généralement sur le muscle sterno-cléido-mastoïdien, quelquefois sur le trapèze ou le splénius. Il est aigu ou permanent : dans la première forme, la tête s’incline dans une position vicieuse et y reste pendant quelques jours ; dans la seconde forme, la tète est inclinée sur une épaule, le plus souvent la droite, et y demeure définitivement fixée. Ses causes sont nombreuses: le torticolis aigu est généralement d’origine rhumatismale et survient à la suite d’un refroidissement; le torticolis permanent, dû à une contracture ou à une rétraction musculaire, s’observe dans certaines névroses (hystérie, éclampsie, chorée) et quelquefois k la suite d’hémiplégies produites par une lésion cérébrale. Tandis que la forme aiguë, rhumatismale, s’accompagne d’une vive douleur s’exaspérant sous l’influence du moindre mouvement, la forme permanente est sans douleur, mais lorsqu’on essaie de redresser la tète on ne peut vaincre la résistance qu’opposent certains muscles atteints de contracture et de rétraction musculaire. On a signalé plusieurs cas de torticolis dus à la paralysie du muscle sterno-cléido-mastoïdien; l’équilibre se trouvant rompu entre les puissances musculaires du cou. la tête se trouve entraînée du côté opposé au muscle paralysé. Dans cette forme de torticolis on peut ramener, assez facilement, la tête dans sa position normale, mais elle s’incline de nouveau dès qu’on l’abandonne à elle-même. Enfin on a noté un certain nombre de cas de torticolis congénital ; leurs causes sont mal connues, d’après Stromeyer la plupart de ces cas seraient dus à des lésions produites, au moment de l’accouchement, par l’application du forceps.

Le traitement du torticolis varie selon la cause

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qui le produit; dans la forme aiguë, rhumatismale, on recommandera l’emploi de la chaleur, des frictions avec un liniment calmant, des révulsifs et de l’électricité. Dans la forme permanente, avec contracture musculaire, on commencera par essayer l’électrisation sous forme de courants iuterrompus ou mieux de courants continus descendants et peu intenses. Le massage, pratiqué par des mains expérimentées, a donné plusieurs succès. On peut encore recourir à l’anesthésie par le chloroforme, pendant laquelle on obtient la résolution musculaire dont on peut profiter pour appliquer un appareil propre à maintenir la tête redressée. Enfin, lorsque tous ces moyens auront échoué, il faudra en venir, sans hésiter, à la ténotomie; il est nécessaire d'appliquer, après l’opération, un appareil orthopédique qu’on laissera en place pendant deux ou trois mois.

Le torticolis non musculaire dépend d’un grand nombre de causes, il peut être : i° cutané et produit par des cicatrices vicieuses résultant d’un phlegmon gangréneux, d’un lupus, d’un abcès tuberculeux ou d’une brûlure; 2° osseux et articulaire, se rattacher à des lésions osseuses ou articulaires de la portion cervicale de la colonne vertébrale.

Le traitement du torticolis paralytique consiste à chercher à ramener la contractilité musculaire à l’aide de moyens appropriés, tels que le massage, les douches, l’électricité, et à combattre l’attitude vicieuse à l’aide d'un appareil orthopédique.

D' Louis Thomas.

TOUCHER (sens dd). — Le toucher est celui des cinq sens qui nous permet d’apprécier les propriétés tangibles des corps, telles que l’étendue, la forme, la consistance, la température, la sécheresse ou l’humidité, l'état poli ou rugueux d’une surface. Le toucher réside sur toute la surface tégumentaire, mais la sensibilité tactile est plus ou moins développée selon les diverses régions de la peau. La main, grâce à la sensibilité exquise de son enveloppe cutanée et à la multiplicité de ses mouvements qui lui permet de se mouler exactement sur les objets, constitue le siège par excellence du toucher. L’organe propre du toucher est constitué par une série de petites saillies mamelonnées, contenues dans le derme et que l’on désigne sous le nom de corpuscules du lad. Ces corpuscules ou papilles nerveuses sont surtout nombreux à la face palmaire des mains et des doigts, où ils forment de petits renflements auxquels aboutissent l’extrémité terminale des fibres nerveuses destinées à transmettre aux centres nerveux les impressions tactiles. Après la main, les lèvres et la langue, grâce à sa forme et à sa mobilité, sont les organes du toucher les plus développés. p. l.

TOUCHER. — Au point de vue médical, on appelle toucher un mode d'exploration qui s’opère avec le doigt indicateur, introduit soit dans le vagin, soit dans le rectum, et qui permet de se rendre compte de la situation, de la direction, de la conformation et des modifications physiologiques ou morbides des organes contenus dans le bassin. D’après ce que nous venons de dire il faut distinguer deux sortes Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

de toucher : le toucher vaginal et le toucher rectal.

Le Toucher vaginal se pratique ordinairement avec l’index seul, et dans ce cas les trois derniers doigts sont fermés dans la paume de la main, le pouce seul étant étendu. Quand, dans cette position l’index est introduit dans le vagin, le médius et les autres doigts repliés appuient fortement contre le périnée et le repoussent; cela permet à l'indicateur d’aller plus profondément explorer les culs-de-sac du vagin. Avec un doigt bien exercé le toucher peut donner toutes les indications qu’on demande à ce mode d’investigation. Le toucher vaginal s’opère la femme étant couchée sur le dos, ou maintenue dans la station debout. Nous allons indiquer rapidement les diverses notions qu’on peut acquérir par ce procédé.

Pour le diagnostic de l’existence et de l’âge de la grossesse on reconnaîtra le ramollissement du col, son raccourcissement et son effacement, la perméabilité de ses orifices, les modifications du segment inférieur de la matiice, la présence ou l’absence d’une partie fœtale reposant dans le cul-de-sac antérieur du vagin, et par conséquent l’existence d’un ballottement.

L’index, pour entrer dans le vagin, si la femme est recouverte d’un drap, devra su ivre le sillon anovulvaire, remonter par conséquent le long du périnée. Au moment de pénétrer dans le vagin, le doigt peut se rendre compte de l’état des organes génitaux externes, il sentira si les grandes lèvres, le vestibule et le pourtour du clitoris sont le siège de dilatations variqueuses ou de végétations. Il reconnaîtra les lésions produites par les accouchements antérieurs, à la vulve, au périnée comme au col. On s’assurera par le toucher de la bonne conformation du bassin et des parties molles du canal vulvo-utérin. Ceci peut avoir une importance capitale pour décider s’il faut laisser la grossesse se continuer jusqu’au terme ou s’il faut provoquer l’avortement. C’est par le toucher qu’on peut savoir quelle est la présentation et la position de l’enfant au moment du travail de l’accouchement et qu’on peut suivre la marche de l’expulsion fœtale.

Dans le vagin, le toucher permettra de reconnaître la présence d’un kyste du vagin, d’un kyste de l’ovaire, d’une tumeur fibreuse, d’une exostose, d'un rétrécissement de ce conduit, etc.

Pour les maladies des organes génitaux internes, c’est encore le toucher qui met en évidence un changement de situation ou de direction de l’utérus. L'augmentation du volume de l’organe, congestion, engorgement, hypertrophie, son degré de sensibilité, la présence de productions morbides sur le col et les différences de eonsi-dance de son tissu, etc.

Tout ce que nous venons de dire s’adresse surtout aux cas où la femme est maintenue couchée. Quand on pratique le toucher vaginal, la femme étant debout, on veut principalement se rendre compte des modifications dans la situation et la position de l’utérus, et de l’intégrité des articulations du bassin.

Le Toucher rectal, qu’on ne pratique qu’après avoir vidé au préalable le rectum par un ou plusieurs lavements, s’emploie d’abord q land on veut explorer l’anus, le rectum et les organes qui

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