‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 303 sur 344 · TOM · texte numérisé non relu

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qu’on rencontre surtout dans le poumon. La matière tuberculeuse se présente sous deux formes différentes : à l’état de tubercules isolés, comme nous venons de l'écrire, et à l’état d’infiltration, c’est-à-dire sous forme d’une substance tantôt grisâtre, tantôt jaunâtre et infiltrée dans les tissus. Les tubercules présentent une double tendance : tandis que leur centre devient jaune et se ramollit, leur périphérie s’organise en tissu fibreux, et selon que l’un ou l’autre de ces deux processus l’emporte, les tubercules aboutissent à des ulcérations ou se transforment en tissu fibreux et constituent ce que Cruveilhier désignait sous le nom de tubercules de guérison.

En 1865, J. -A. Villemin prouvait que l’inoculation de la matière tuberculeuse déterminait la production d’un tubercule local pouvant donner lieu, sous l'influence de certaines causes et après une incubation plus ou moins longue, à une tuberculose généralisée (V. Phthisie). Quelques années plus tard, R. Koch découvrait l’agent infectant et démontrait la présence constante d’un microbe spécial ( bacille de Koch ) dans les produits tuberculeux. Actuellement, le tubercule doit être considéré comme le produit d’une réaction inflammatoire déterminée par le développement dans nos tissus d’un germe infectieux, le bacille de Koch, dont la présence est caractéristique du tubercule. m Louis Thomas.

TDBERCULEDX. — Nom donné aux individus atteints de tuberculose. p. l.

TUBERCULOSE. — La tuberculose est l’affection résultant de l’envahissement d’un ou de plusieurs organes par le tubercule. Ses symptômes varient selon les organes affectés. Parmi ceux qui sont le plus fréquemment atteints de tuberculose, nous signalerons les poumons (V. Phthisie), les méninges (V. Méningite tuberculeuse), le péritoine (V. Péritonite tuberculeuse), les os (V. Tumeur blanche), les testicules (V. ce mot], etc. On distingue généralement trois formes principales de tuberculose : la forme suraiguë, rapidement mortelle, la forme aiguë, la forme fente, essentiellement chronique et pouvant se terminer par la guérison. La tuberculose est une affection contagieuse qui reconnaît un grand nombre de causes prédisposantes parmi lesquelles nous citerons : l’hérédité, les habitations malsaines, une alimentation insuffisante, certaines affections chroniques (diabete, alcoolisme, syphilis), les excès de toute sorte, les chagrins, les grossesses répétées, etc., en un mot, toutes les causes d’affaiblissement et de dénutrition. Le traitement, variable selon le siège de la tuberculose, présente une indication qui cunsiste à favoriser la résistance organique du malade afin de lui permettre de lutter contre l’envahissement des tubercules.

Dr Louis Thomas.

TUMÉFACTION. — On désigne sous ce nom l’augmentation de volume d’une partie du corps produite par le développement d’un abcès, d’une tumeur ou sous l’influence d’une contusion, p. l.

TUMEUR. — On peut, avec Ranvier et Cornil, dé-

finir une tumeur : « Toute masse constituée par un tissu de formation nouvelle ayant de la tendance à persister ou à s’accroître.»

Nous diviserons les tumeurs en trois groupes :

A. Les tumeurs bénignes qui comprennent les kystes, les lipomes, les fibromes, les ostéomes, les papillomes, les angiomes, les myomes, les névromes, les tubercules, les gommes',

B. Les tumeurs a pronostic variable qui comprennent les chondromes, les adénomes, les myxomes, les sarcomes, les lymphadénomes,\es lymphosarcomes, etc. ;

C. Les tumeurs malignes qui comprennent les épitliéliomes et les carcinomes (V. ces mots).

Les tumeurs naissent et se développent en vertu de causes générales qui nous sont inconnues ; elles sont assez souvent héréditaires; certaines d’entre elles, comme le cancer, ne se montrent en général que chez l’adulte ou le vieillard.

Ordinairement leur naissance est spontanée, et ce n'est qu’avec une extrême réservé qu’on peut admettre qu’un traumatisme a été, chez un individu prédisposé, la cause occasionnelle de leur apparition.

On ne saurait admettre qu’une tumeur soit le résultat de la transformation d’un tissu normal; quant à la possibilité de la transformation d’une tumeur bénigne en tumeur maligne, elle tend de plus en plus à être admise par les cliniciens.

La physionomie variée des tumeurs se prête mal à une description générale.

A leur début, elles sont en général peu nuisibles : c’est ce que Virchow désigne sous le nom de stade d’indifférence; elles se présentent sous l’aspect de masses arrondies, plus ou moins volumineuses, dures, molles, fluctuantes ou élastiques et rénitentes.

En général elles ont de la tendance à augmenter de volume : les unes, souvent bénignes, le font en refoulant le tissu du voisinage; les autres, souvent malignes, adhèrent aux tissus voisins et se les approprient.

Les unes conservent pendant toute leur durée leur consistance primitive, les autres se ramollissent et s’ulcèrent; les unes sont toujours indolentes, les autres deviennent très douloureuses.

Toutes les tumeurs malignes et un certain nombre de tumeurs à pronostic variable envahissent les ganglions par le canal des lymphatiques, et leurs éléments, greffes dans le ganglion, le transforment en une tumeur semblable à la tumeur mère.

Les tumeurs bénignes ne déterminent pas d’infection générale et ne récidivent pas après l’extirpation. Les tumeurs à pronostic variable se comportent tantôt comme les tumeurs bénignes, tantôt comme les tumeurs malignes.

Quant aux tumeurs malignes, elles infectent l’économie, se généralisent, récidivent toujours après l’opération et sont constamment mortelles dans un délai, variable pour chacune d’elles.

Le pronostic se trouve exprimé par la dénomination donnée aux trois groupes de tumeurs.

Le traitement des tumeurs est entièrement chirurgical et consiste dans l’extirpation aussi complété que possible de la tumeur, et, s'il en existe, des ganglions envahis. Dr Léon Moynac.

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TUMEUR BLANCHE. — On désigne sous le nom de tumeur blanche une variété d’arthrite chronique caractérisée par des lésions qui envahissent progressivement tous les tissus de l’articulation et par la production de tissu fongueux.

Quel est le siège des tumeurs blanches? — Toutes les articulations, sauf les sutures du crâne, peuvent être le siège de tumeurs blanches : parmi celles qui sont le plus souvent atteintes, nous citerons d’abord la hanche et le genou, puis le coude-pied, le poignet, le coude et les petites articulations du pied et de la main.

Quelles sont les causes des tumeurs blanches?

— Cette affection est de tous les âges, cependant elle atteint son maximum de fréquence chez les enfants et chez les adolescents ; les hommes y sont plus exposés que les femmes. Elle se développe surtout chez les sujets scrofuleux, affaiblis par la misère et par les privations ou débilités par une affection générale telle qu’une fièvre éruptive, la fièvre typhoïde, l’état puerpéral, etc., et chez les enfants nés de parents acooliques ou tuberculeux. De mauvaises conditions hygiéniques, une alimentation défectueuse ou insuffisante, une habitation malsaine, humide, les excès de toutes sortes : telles sont les causes prédisposantes qu'on rencontre le plus souvent. La tumeur blanche se développe chez les individus ainsi débilités, sous l’influence d’un traumastime quelconque (chute, contusion, luxation, entorse) ou d’une lésion de voisinage (hydarthose. arthrite aiguë, etc.

Quelles sont les lésions des tumeurs blanches?

— Des recherches récentes ont démontré que la tumeur blanche était due au développement de follicules tuberculeux envahissant les diverses parties de l’articulation. Nous étudierons successivement les lésions de la synoviale, des os, du cartilage et des parties molles qui entourent l’articulation.

L’affection débute souvent par la synoviale qui est d’abord le siège de lésions inflammatoires; elle est rouge, vascularisée, épaissie. On voit bientôt se développer à sa surface des fongosités, sortes de bourgeons charnus infiltrés de follicules tuberculeux qui apparaissent sous forme de points jaunâtres. Ces fongosités sont baignées dans un liquide trouble, rougeâtre, semblable à du pus mal lié. Les altérations osseuses, tantôt primitives, tantôt succédant à celles de la synoviale, sont caractérisées par un gonflement des extrémités articulaires et par la raréfaction du tissu osseux. Elles aboutissent bientôtà la carie avec production de séquestres. Le cartilage, attaqué à son tour, devient terne; il se ramollit, s’amincit et se décolle, laissant à nu le tissu osseux.

Enfin les capsules et les ligaments articulaires, envahis par les fongosités, ne tardent pas à être détruits. On observe alors des luxations incomplètes des extrémités osseuses. Le tissu cellulaire souscutané se creuse de cavités qui se remplissent de fongosités; la peau finit par s’ulcérer à son tour et l’on voit les fongosités faire saillie à travers les fistules sous forme de bourgeons charnus, rouges et œdémateux.

Quels sont les symptômes et la marche des tumeurs blanches? — La tumeur blanche débute le plus Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

souvent d’une manière lente et insidieuse, elle envahit peu à peu l’articulation, laissant un intervalle plus ou moins long entre chaque poussée nouvelle. Dans certains cas le début est brusque, semblable à celui d’une arthrite aiguë ou d’un rhumatisme articulaire aigu, mais cette forme est rare. La douleur est un des premiers symptômes qui apparaissent dans la forme lente. Elle est d’abord sourde, intermittente, ne survenant qu’à la suite de fatigues et disparaissant sous l’influence du repos. Mais elle devient bientôt permanente et s'exagère sous l'influence de la pression ou des mouvements. Elle présente une particularité remarquable : au lieu d’apparaître au niveau de l’articulation malade, elle se manifeste souvent dans l’articulation qui est située immédiatement au-dessous. Ce phénomène s’observe fréquemment dans la coxalgie où les malades accusent une douleur plus ou moins vive au niveau du genou. Les mouvements de l’articulation deviennent difficiles, le malade immobilise la jointure malade dans la crainte d’éveiller la douleur. Bientôt l’articulation devient le siège d’un gonflement, parfois considérable, produit par un épanchement séreux ou par un œdème péri-articulaire. La peau est blanche, luisante, sillonnée de veines dilatées présentant une coloration bleuâtre. Le membre malade prend peu à peu une altitude vicieuse produite par la contracture de certains muscles. Dans la période d’état, la jointure est le siège d’un gonflement considérable, on perçoit à son niveau une fausse sensation de fluctuation produite par l’accumulation des fongosités et le membre s’atrophie graduellement. La tumeur blanche parvenue à cette période peut encore guérir par la transformation fibreuse des fongosités, mais si les mouvements de l’articulation ne sont pas complètement abolis, ils sont au moins limités. Si les fongosités continuent de se développer, elles envahissent les parties molles qui entourent l’articulation, des abcès se forment, la peau soulevée s’amincit, rougit, s’ulcère et l’on voit s’établir des fistules par où s’écroule le pus. Dans ces cas graves, la guérison a été quelquefois obtenue, mais ce n’est qu’au prix de î’ankylose. Le plus souvent, lorsque la période de si ppuration est établie, on voit se manifester des symptômes généraux graves. La fièvre s'allume et le malade, épuisé par une longue suppuration, ne tarde pas à succomber, emporté par les progrès incessants de la cachexie. Dans un certain nombre de cas, le maladedmeurt phthisique, la mort est due à la généralisation de la tuberculose qui envahit les poumons, le péritoine ou les organes génito-urinaires.

La marche de cette affection est variable ; elle évolue quelquefois très rapidement, en l’espace de quelques mois, mais, le plus souvent, le mal est essentiellement chronique et persiste pendant de^ années avant d’aboutir soit à la guérison, soit à la suppuration.

Quel est le traitement des tumeurs blanches ? —

Le traitement doit être général et local. Il est indispensable de soumettre les malades à un régime tonique; on leur prescrira l’usage de la viande, du vin, du lait, des œufs, de l’huile de foie de morue, des préparations iodées et ferrugineuses. Les bains

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